Jordan Bardella dénonce "une génération physiquement d'ici mais dont l'âme est ailleurs"
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Avec Elodie Fauret, nous recevons ce matin dans le grand entretien Jordan Bardella. Bonjour à vous. Bonjour, merci de votre invitation. Président du Rassemblement National, député européen, les auditeurs de France Inter pourront vous interroger directement dans quelques minutes. Ils nous appellent dès maintenant au 01 45 24 7000. Ils peuvent aussi réagir via l'application France Inter. Jordan Bardella, la première ministre Elisabeth Borne, a accordé un entretien hier à nos confrères du Parisien Aujourd'hui en France. Elle veut prévenir de nouvelles violences.
En fin de semaine, à l'occasion du 14 juillet, et dans la lignée des émeutes qui ont éclaté après la mort du jeune Naël, Elisabeth Borne promet, je cite, des moyens massifs pour protéger les Français, ainsi que l'interdiction de la vente de mortiers d'artifice. Est-ce que ce sont les bonnes mesures ?
Écoutez, quand on vient de vivre plusieurs nuits de chaos et d'émeutes, qui ne sont pas les premières en France d'ailleurs, et sur lesquelles le Rassemblement National a probablement mis les bons diagnostics avant tous les autres mouvements politiques, déclarent qu'elle a besoin de temps pour comprendre et pour poser le diagnostic, on se dit que si Mme Borne était médecin, on aurait le temps de mourir.
Parce que précisément, on connaît les causes de la racine, de ce qui s'est déroulé dans notre société, dans notre pays depuis plusieurs jours, à savoir une politique pénale laxiste, un affaiblissement continu des moyens donnés aux forces de l'ordre, et bien sûr une politique d'immigration complètement folle, qui a suscité des tensions communautaristes dans d'innombrables quartiers.
On va y venir, mais sur les mesures pour les jours qui arrivent.
Aujourd'hui, il faut d'abord, il faut aujourd'hui un sursaut sécuritaire, il faut donner les moyens aux forces de l'ordre de mener leurs actions, et de ce point de vue-là, les moyens donnés aux forces de l'ordre ont été en continuelle diminution depuis plusieurs années. Deuxièmement, il faut un sursaut pénal, parce que vous pouvez doter les forces de l'ordre de moyens conséquents.
Si on ne change pas la politique pénale, notamment à destination des mineurs, et vous savez que nous réclamons un tour de vis en matière pénale, un tiers des délinquants interpellés, des émeutiers interpellés, étaient des mineurs, il faut un tour de vis en matière pénale, il faut lever l'excuse de minorité, qui existe aujourd'hui en très grande partie pour couvrir les mineurs, abaisser la majorité pénale, et surtout nous sommes favorables, nous, à des mesures privatives de liberté, à des peines de prison, mais vous savez que pour les mineurs, ce n'est pas des peines de prison, c'est des centres d'éducation, voire de redressement, qui sont spécialement conçus pour les mineurs, dès le plus jeune âge, dès le premier délit, avec des peines de prison très courtes, qui puissent permettre aux jeunes de prendre conscience de la gravité de leurs faits, parce qu'encore une fois, quand on tire sur un policier au cocktail Molotov, ou qu'on s'en prend à des représentants de l'État, on n'est pas une victime de la société, mais on est un délinquant, voire un criminel, et on doit être jugé comme tel.
Donc sur le court terme, vous êtes convaincu ou pas par ce que dit Elisabeth Orr ? Non, pas trop, très honnêtement pas trop. Vous parlez de réponse pénale, quand on regarde le nombre de détenus en France, ça fait partie de la réponse pénale, 2015-2023, 66 000 détenus en 2015, 73 000 aujourd'hui, c'est 1000 de plus chaque année, on ne peut pas dire que, si je vous suis, vous faites le diagnostic d'une situation sécuritaire qui s'aggrave, on ne peut pas dire qu'emprisonner de plus en plus de monde, ça fonctionne. Mais combien d'alternatives à la prison ?
C'est ça la réalité, c'est que la multiplication des alternatives aux peines, des mesures privatives de liberté, c'est-à-dire à des bracelets, à des aménagements de peines, sont considérables dans notre société. Aujourd'hui, pour faire le plus grand... Là, je parle du nombre de détenus. Mais il n'y a pas que le nombre de détenus, il faut regarder le nombre de détenus, qui certes est en augmentation, ce qui dit beaucoup de l'ensauvagement de notre société, et deuxièmement, il faut regarder le nombre considérable d'alternatives à la prison, et c'est bien ça le problème.
Nous, on est favorables au rétablissement de peines planchées, il existe des peines maximales, il doit exister des peines minimales, à la fin des remises automatiques de peines, et surtout à l'expulsion systématique des délinquants et crimiels étrangers, parce que, permettez-moi de compléter votre chiffre, il y a dans nos prisons 25% de détenus.
Est-ce qu'il faut emprisonner davantage de personnes aujourd'hui en France ?
Est-ce que ça ne suffit pas, 73 000 ? Moi, je pense qu'il faut, notamment s'agissant des mineurs, la mise en place de centres éducatifs fermés, dès le plus jeune âge.
Deuxièmement, il faut que les mineurs qui sont, je dirais, dans des situations d'exposition à la violence beaucoup plus fortes, et pour les cas, je dirais, les plus désespérés, des centres de redressement qui soient encadrés par des militaires, c'est une proposition assez ancienne qui avait été faite à l'époque par le président Sarkozy et par Ségolène Royal, que Gérald Darmanin a proposé, notamment pour le territoire de Mayotte, il faut que cette mesure puisse être mise en place au niveau national, parce qu'encore une fois, si on ne sévit pas dès le premier délit, dès le premier acte de violence, dès le premier larcin en réalité, eh bien, on tombe dans une spirale de la récidive, et c'est bien ça le problème.
Demandez à aller discuter avec n'importe quel policier.
Mais il y a tout un débat sur l'efficacité des courtes peines, notamment sur la récidive. Il y a même des policiers qui expliquent que certaines courtes peines, que certaines personnes qui passent en prison, jeunes et qui restent quelques mois en prison, ressortent encore plus, moins réinsérées dans la société qu'encore elles n'étaient avant.
Je suis en désaccord total avec cela, pour une raison très simple, c'est que, un, nous ne l'avons jamais essayé en France, et que, deuxièmement, les pays où ça a été mis en place, notamment aux Pays-Bas, notamment dans les pays d'Europe du Nord, ont des taux de récidive qui sont beaucoup, beaucoup mieux que les taux de récidive que nous avons en France. Et je vous invite d'ailleurs à vous intéresser aux travaux de Maurice Berger, qui est un pédopsychiatre, qui est spécialiste des phénomènes de violence chez les jeunes, et qui plaide également pour ce type de mesures.
Encore une fois, si on ne donne pas le sentiment d'une fermeté, d'une réponse pénale immédiate, dès le premier larcin, et surtout du retour de l'ordre et de l'autorité dans notre société, alors on continuera de voir, émeute après émeute, des violences se commettent sur notre sol. Là, il y a eu des condamnations de prononcer, Jordan Bardella. On a perdu une génération. Est-ce qu'on va continuer à sacrifier les suivantes ?
Quand je vous écoute, j'ai l'impression que personne n'est jamais condamné. Il y a eu des condamnations de prononcer après les émeutes de ces derniers jours.
Monsieur, je vous dis un, que les peines ne sont pas suffisamment fermes dans notre société. Deuxièmement, je pense que l'atteinte à l'intégrité physique doit retrouver un caractère sacré. Vous touchez à l'intégrité physique d'un représentant de l'État, vous touchez à l'intégrité physique d'un fonctionnaire de police. Vous devez vous exposer quasi automatiquement, par l'intermédiaire notamment des peines planchées, à une mesure privative de liberté. Et nous nous sommes favorables à ce qu'il n'y ait aucun aménagement de peine pour des peines de prison qui soient supérieures à six mois fermes, de manière à redonner un caractère sacré à l'atteinte à l'intégrité physique.
Il faut rétablir une échelle de valeur, une échelle des peines dans notre société. Et c'est en tout cas l'ambition qu'elle aute. Mais je vais vous dire, Madame Bande comme Monsieur Macron sont coupables en réalité. Ils sont coupables parce qu'ils savent que nous sommes aujourd'hui au bord de la guérilla dans un certain nombre de territoires. Et ils sont coupables de ne pas avoir entendu les différentes alertes qui ont été posées par leurs prédécesseurs. Monsieur Calvard, l'ancien patron des services de renseignement, en 2016 devant une commission parlementaire, parle d'un pays au bord de la guerre civile.
Monsieur Hollande, lui-même, dans son bouquin à vos confrères d'Avey et l'homme, parle lui, il dit les rapports qui me remontent sur la situation des banlieues me font penser à une situation de guerre. On est en 2016. Donc, ils sont au fait de tout ça. Ils savent tout ça. Ils sont coupables de ne pas agir. Et je pense qu'il est temps aujourd'hui de remettre de l'ordre en premier lieu dans cette territoire.
Vous parlez d'une des causes de ce qui s'est passé. Vous dites que c'est l'immigration. Gérald Darmanin, devant le Sénat, a donné ces chiffres. C'est-à-dire qu'il y avait moins de 10% des émeutiers interrogés qui étaient étrangers. La semaine dernière, le député ARN, Jean-Philippe Tanguy, expliquait que le problème, finalement, c'était est-ce que ces gens, ces émeutiers, se sentent ou non français. Donc, si je résume en gros, le problème, c'est que c'est potentiellement des émeutiers nés en France, français, mais pour certains qui ne se sentent pas français. Totalement. Qu'est-ce qu'on fait ? Alors, vous, vous êtes au pouvoir demain. Qu'est-ce qu'on fait pour ces gens-là ?
Marine Le Pen, la semaine dernière, elle disait on ne fait rien. J'assume les erreurs de mes prédécesseurs. Mais concrètement, on fait quoi ?
Mais y a-t-il une génération de perdus ? La réponse est oui. Voilà. Maintenant, on ne peut pas... Mais on fait quoi de cette génération ? Eh bien, on oppose à ceux qui veulent défier l'ordre public une politique pénale qui soit ferme, irréprochable et absolument implacable à l'égard de tous ceux qui commettent des crimes et des délits dans notre société parce que c'est bien là le sujet. Évidemment qu'il y a un lien entre l'immigration et ce que nous avons vécu il y a quelques semaines. Ceux qui cassent sont les petits frères de ceux qui cassaient en 2005.
Et on voit bien là dans ces territoires qu'est arrivée à l'âge adulte une génération qui, pour paraphraser Max Gallo, est physiquement d'ici, est incontestablement d'ici mais dont l'âme est ailleurs. Et de gens qui... On casse parce que
ses grands-parents sont d'ailleurs.
Qui a dit cela ?
C'est une question que je vous pose
à la lumière de ce que vous venez de dire. Non, je dis qu'il y a une génération aujourd'hui qui est arrivée à l'âge adulte dans ces quartiers et qui ne rate jamais une occasion pour exprimer à l'égard de notre pays une haine et une violence qui est absolument irrationnelle. Moi, vous voyez, je n'ai pas une conception ethnique ou raciale de la nationalité française. Je pense que le concept de nation à la française justement n'est ni une race ni un conglomérat de communautés.
Jean-Philippe Loury a parlé de nationalité faciale.
Oui, le terme faciale veut dire de premier abord c'est un terme administratif c'est-à-dire la nationalité française n'est pas simplement un bout de papier. Je veux dire quand on tire...
C'est un terme administratif nationalité faciale ?
Oui, le mot faciale est un terme administratif mais il n'y a pas de connotation. Je pense que ça a été mal compris d'ailleurs dans la manière dont ça a été explicité sur BFM TV vendredi matin mais que nous n'avons pas une conception ethnique ou raciale de la nationalité française. C'est-à-dire qu'on peut parfaitement être issu de l'immigration, se sentir pleinement français, se sentir pleinement appartenir à la communauté nationale mais je dis juste une chose être français ce n'est pas simplement un titre administratif. Être français c'est aussi partager une histoire, une culture, des coutumes, des mœurs, un art de vivre. Vous voyez ?
Et la question que je pose à ceux qui me disent aujourd'hui mais il n'y a pas de lien entre l'immigration et ce qu'on a vécu. Je veux dire quand on brûle une école, quand on tire sur des fonctionnaires de police, quand on rentre à la voiture bélier chez un élu de la République française, est-ce qu'on se sent lié à la communauté nationale ? Donc si on ne voit pas qu'on a raté quelque chose aujourd'hui dans notre société, alors à ce moment-là, moi je ne peux rien faire devant le déni. Mais on a raté, il y a une génération qui est effectivement une génération de perdus à laquelle il faut opposer des règles très strictes en matière pénale.
Mais elle n'est que pénale la réponse pour cette génération-là ? Il n'y a pas d'autres choses à faire ? Je ne sais pas, moi par exemple, le maire de Châteauroux, Gilles Laverousse, disait qu'il faut recréer dans les quartiers des postes de police mixtes réunissant les policiers municipaux et nationaux. Est-ce qu'il n'y a pas des choses ?
Donc la réponse est sécuritaire. Mais en fait, je vais vous dire, il faut...
Oui, mais un peu aussi social, de remettre du lien.
Il faut remettre du commun dans notre société. Et pour remettre du commun dans notre société, tout commence par l'école. Je veux dire, ça fait des années que l'école a abandonné l'enseignement des savoirs fondamentaux, que l'école a banni de ses programmes un certain nombre de passages glorieux de l'histoire de France et que précisément, l'école a enseigné à toute une génération la repentance permanente. C'est-à-dire que la France avait toujours tout mal fait dans son histoire. On peut être issu de l'immigration, se sentir pleinement français. Et je dis qu'il y a aujourd'hui à l'égard de cette génération une faille notamment éducative et qu'il faut aujourd'hui responsabiliser les parents.
Je veux dire, quand vous avez des gamins de 14-15 ans qui sont aujourd'hui dans les rues qui tirent au côté de Molotov sur les forces de l'ordre, où sont les parents ? Donc moi, je suis favorable à ce qu'on responsabilise les parents et il est absolument inadmissible que les Français qui bossent, les Français qui travaillent dur soient contraints aujourd'hui de payer la facture des 1 milliard d'euros de dégâts. Et en la matière, moi je souhaite que les aides sociales aux familles de mineurs récidives soient supprimées de manière à payer en partie les dégâts qui ont été causés.
Parce que, vous voyez, quand à 14 ans on est dehors et qu'on tire sur des policiers, je suis désolé, mais les parents ont une responsabilité. Pas d'aide sociale pour qui précisément,
Jordan Bardella ? Pour les parents de mineurs récidivistes. Donc c'est pour une condamnation ?
C'est pour une interpellation ? Ah oui, à partir du moment où vous avez un casier judiciaire... Condamnation ? Exactement. Écoutez, l'Assemblée nationale reposera et on déposera d'ailleurs. On déposera, vous avez raison de m'interroger dessus, et on déposera un projet de loi en ce sens à l'Assemblée nationale dans lequel on donnera l'intégralité des modalités. Mais juste, moi je fixe le principe. Et je pense que le principe ne peut pas être de faire bénéficier et de bénéficier de manière plus large de la solidarité nationale alors que vous avez commis à l'égard de la communauté nationale des agressions contre les représentants de l'État ou contre le mobilier urbain.
Oui, alors c'est deux cas précis. C'est attaque contre le mobilier urbain ou contre les représentants de l'État. C'est pas pour les autres condamnations. Si vous voulez, vous n'avez pas attaché votre ceinture, on va peut-être mettre en place une graduation dans l'échelle du droit, si vous voulez. Mais ça veut dire que, j'imagine une fratrie de quatre enfants, il y en a trois qui s'en sortent très bien, il y en a un qui est condamné deux fois, donc plus d'allocations familiales. Est-ce qu'il n'y a pas le risque de faire plonger les trois autres ? Non, je ne le crois pas.
Mais dans une fratrie, généralement, quand les parents sont derrière, la fratrie réussit. Et quand les parents ne sont pas derrière, manifestement, on a, comme la famille Traoré, une famille qui est composée quasi intégralement de gens qui ont un casier judiciaire et qui ont été condamnés pour de l'extorsion de fonds, du trafic de drogue, des violences, et qui vont s'illustrer ensuite aux côtés de l'extrême-gauche dans les manifestations parisiennes.
Mais la proposition du gouvernement, possiblement, qui évoque une amende forfaitaire pour les jeunes dès la première connerie, entre guillemets, ça, ça vous paraît aller dans le bon sens ?
Mais ça me paraît non seulement nécessaire, mais ça me paraît encore une fois être un principe de bon sens. Il faut responsabiliser les parents. Encore une fois, je veux dire, c'est la loi française. Dans la loi française, le fait de faire preuve de carence éducative manifeste au point de mettre en danger la moralité, l'éducation, la sécurité de son enfant est puni par la loi. C'est de mémoire l'article 227-17 du Code pénal qui prévoit qu'en cas de carence éducative manifeste, la famille est responsable et peut-être éventuellement judiciarisée. Donc, il faut encore une fois appliquer les lois dans notre société.
Le problème de notre pays n'est pas qu'il manque de lois, mais que les lois ne soient plus appliquées parce que, encore une fois, l'État aujourd'hui a failli dans son rôle de protection des Français. Et moi, je veux dire que si nous arrivons à la tête de l'État, nous ferons de la sécurité et du retour de l'ordre républicain un impératif de notre mandature.
Vous avez parlé de l'éducation, Jordan Bardella. Quand on lit un rapport parlementaire de 2018 sur le financement qui est alloué, par exemple, à un département comme celui de la Seine-Saint-Denis, les deux parlementaires qui l'ont rédigé expliquent qu'il y a moins d'argent par habitant pour les habitants de Seine-Saint-Denis pour la santé, pour l'éducation qu'ailleurs. Est-ce que ça ne passe pas par là aussi ? Remettre des moyens équivalents et égaux pour l'ensemble des citoyens de ce pays ?
Je pense que chaque citoyen du territoire français doit avoir et doit pouvoir bénéficier des mêmes droits, des mêmes devoirs et dans les mêmes conditions d'un accès aux services publics. Maintenant, l'honnêteté m'oblige à vous dire que nous avons depuis 30 ans maintenant dans notre pays déversé 90 milliards d'euros dans les banlieues au titre de la politique de la ville. Les plans marchals pour les banlieues qui visent à dire il y a de la pauvreté donc il y a de la délinquance donc il faut mettre de l'argent public. C'est en moyenne un plan marchal tous les 3 ans depuis un peu plus de 30 ans dans notre société.
Moins de 1% du budget de l'Etat selon un chercheur cité ce matin par le journal de l'Opinion.
90 milliards d'euros mais combien pour les villages du Cantal ou les villages de la Creuse ? Parce que vous voyez les départements les plus pauvres de France ce sont justement les territoires euros et je peux vous dire que dans les territoires euros c'est faux ce que vous dites Jean-Dane Bardella. Moi monsieur j'ai grandi en Seine-Saint-Denis et dans le quartier où j'ai grandi qui est probablement un quartier arrosé très largement par la politique de la ville j'étais montre en main à 17 minutes de métro de la station Champs-Elysées-Clémenceau c'est-à-dire du centre de Paris.
Et je peux vous dire qu'à Saint-Denis il y a des hôpitaux il y a des services publics quand les bâtiments scolaires sont hors normes
par exemple quand les bâtiments scolaires ne tiennent plus enfin il y a quand même des exemples
d'établissements publics scolaires
qui sont dans un état très dégradé. Excusez-moi
moi je ne vous fais pas des rapports de sociologues je vous parle de ce que je connais. Et je peux vous dire que ces quartiers ont été arrosés d'argent public depuis des années et que dans les campagnes les plus reculées de notre pays dans le fin fond du Cantal ou de la Creuse là-bas il n'y a pas de service public là-bas les médecins partent les uns après les autres là-bas il n'y a pas de bureau de poste là-bas les casernes de gendarmerie ferme là-bas on ferme des écoles on ferme des gares et on ne brûle pas des voitures et on ne tire pas pardonnez-moi et on ne tire pas au cocktail molotov sur les forces de l'ordre pour exprimer une colère.
Donc je veux juste te dire une chose quand on éduque correctement ses enfants quand on veut que ses enfants réussissent quand on est derrière il n'y a aucune raison pour que les enfants deviennent délinquants ou deviennent criminels et il n'y a encore une fois aucune prédisposition à la violence je tiens à le finir et même dans les banlieues il y a des familles issues de l'immigration qui ont parfaitement éduqué leurs gamins et pour qui il est très insultant d'entendre que parce qu'on vient de ces quartiers on finit forcément criminels ou délinquants.
Farid nous appelle du département de l'Essonne vous pouvez nous appeler 01 45 24 7000 questions pour vous Jordan Bardella bonjour Farid
bonjour à tous bonjour à tous bon écoutez moi ça fait au moins 40 ans que je subis ces déclarations la lepénisation des esprits et en particulier notamment dans les contrôles policiers liés aux stupéfiants et en l'occurrence en général ça se finit assez mal régulièrement et ça fait 40 ans que ça dure votre question Farid je veux dire que M. Bardella est favorable à la légalisation du cannabis si par exemple il pense que ça pourrait améliorer les relations la situation économique d'une part mais surtout au niveau social améliorer la relation entre la jeunesse et la police
merci à vous Farid pour cette question Jordan Bardella
mais la police n'a pas de problème avec la jeunesse me semble-t-il la police a un problème parce qu'elle représente l'autorité légitime de l'Etat à l'égard de trafic en drogue donc quand on a des quartiers entiers qui sont aux mains de trafic en drogue qui font régner la loi et l'ordre leur droit et leur ordre sur ces territoires qu'ils fouillent les gens qui rentrent dans des immeubles et encore une fois je vous parle de ce que je connais parce que c'est mon expérience personnelle et que c'est précisément ce à quoi j'ai été confronté à Saint-Denis vous n'avez pas de problème avec la police moi j'ai grandi dans une cité HLM je me suis toujours extrêmement bien comporté et je n'ai jamais eu le moindre souci avec les forces de l'ordre voilà donc quand on se comporte correctement on n'a pas de soucis avec l'Etat on n'a pas de soucis avec le rapport à la police et si j'en crois d'ailleurs le dernier sondage qui a été publié par BVA un peu plus de 75% des Français d'ailleurs je crois 77% des Français soutiennent la police nationale et encore une fois je veux dire les Français qui subissent tous les jours les méfaits des trafics de drogue sont parfaitement au fait de tout cela donc je suis opposé à la légalisation du cannabis
Une question politique quand vous appelez devant le commissariat de Nanterre la semaine dernière messieurs Éric Ciotti et Éric Zemmour à venir travailler avec vous ça veut dire quoi ? c'est votre union des droites dure à vous ? vous les invitez à rejoindre votre future liste pour les européennes ? qu'est-ce que ça veut dire concrètement ?
Écoutez moi j'entends notamment les républicains reprendre bon ça c'est comme les français ont l'habitude une grande partie des mesures que propose le rassemblement national le seul souci c'est que les républicains en tout cas si j'en crois les intentions de vote ont quand même peu de chances de se retrouver aux manettes or le rassemblement national lui va probablement être amené à gouverner dans les prochains mois voire dans les prochaines années donc moi j'invite l'ensemble de ceux qui veulent contribuer au retour de l'autorité à la défense de la nation française plus largement à venir travailler à nos côtés à venir peut-être nous faire savoir quels sont leurs projets de loi quelles sont les mesures qu'ils pourraient apporter à la communauté nationale mais encore une fois moi je suis pour rassembler l'ensemble des amoureux de la France et l'ensemble de tous ceux qui veulent protéger notre pays le sauver et le préserver
le journal du dimanche dernière question Jordan Bardella n'était pas en kiosk hier ces journalistes sont en grève depuis 18 jours ils protestent contre l'arrivée à leur tête d'un proche d'Éric Zemmour Geoffroy Lejeune c'est une bonne nouvelle pour vous cette nomination
à la tête de la rédaction de JDD je ne suis pas membre du parti d'Éric Zemmour maintenant je note que dès qu'il y a un peu de rééquilibrage dans le système médiatique encore une fois la presse est libre je n'ai pas à me prononcer sur le fond des décisions mais je note que dès qu'il y a un peu de rééquilibrage dans les médias et qu'en fait un certain nombre d'idées qui sont des idées plutôt majoritaires dans le pays l'arrêt de l'immigration la volonté de défendre notre identité qui sont probablement les convictions personnelles de Geoffroy Lejeune et bien ça pose problème pour une certaine partie de la presse la question que je pose c'est est-ce que là c'est l'immense majorité de cette rédaction mais vous avez raison mais est-ce que si M.
Plenel par exemple le patron de Mediapart avait été nommé à la tête du JDD est-ce que les journalistes je ne peux pas vous répondre en même temps vous êtes pour la presse libre parce que vous connaissez la réponse
vous êtes pour la presse libre en même temps vous avez boycotté BFM il n'y a pas très longtemps parce que le choix d'une journaliste ne vous convenait pas
parce que nous avions un différent avec BFM TV sur la manière dont était non traité d'ailleurs le mouvement puisque nous n'avions pas de journalistes qui nous suivaient mais permettez-moi de ne pas évoquer devant une maison concurrente les différents qu'on peut avoir avec des groupes de presse et qui se sont réglés d'ailleurs d'un commun accord et donc vous répondez
à nouveau à ce média désormais
totalement très bien
merci à vous Jean-Anne Bardella du Vité de France Inter ce matin bonne journée à vous
Jordan Bardella