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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 14 juin 2022 24 min

Clément Beaune : "Je pense qu'il y a un danger, un certain nombre de dérives dans ce qui s'appelle Nupes"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le ministre délégué chargé de l'Europe, candidat ensemble aux législatives à Paris. Questions et réactions au standard d'Inter 0145 24 7000 et sur notre application. Clément Beaune, bonjour.

0:23
Christine Pirès Beaune

Bonjour Nicolas Demorand. Bonjour.

0:24
Présentateur

Et merci d'être à notre micro. Léa Salamé, ensemble, sort de ce premier tour des législatives au coude à coude. Avec la NUP, vous n'êtes pas certain d'avoir la majorité absolue à l'Assemblée Nationale, alors qu'au lendemain de la présidentielle, cette majorité vous était quasiment assurée. Question simple, Clément Beaune, qu'est-ce qui a déraillé ?

0:46
Christine Pirès Beaune

D'abord, on est dans le combat législatif encore. Donc, tous ceux qui depuis dimanche soir, notamment chez Jean-Luc Mélenchon, expliquent que c'est joué, qu'il y a une victoire ici ou là. Moi, je suis très prudent. On est en train de mener ce combat. Il y a une circonscription sur deux, dont la mienne, dans laquelle c'est un duel entre NUP, c'est souvent la France insoumise, pour parler clair, et nous, à nous d'expliquer, de convaincre. Après, il faut être très clair, nous sommes la majorité sortante. C'est un deuxième mandat. Et pour, moi je n'étais pas député précédemment, mais pour beaucoup de parlementaires, c'est une réélection qui est en jeu.

Et donc, il y a forcément un peu plus de difficultés, il faut le noter.

1:22
Présentateur

C'est l'usure du pouvoir, c'est ça ?

1:24
Christine Pirès Beaune

Mais ça existe, il y a eu des crises, il y a eu des fatigues, bien sûr, mais moi je ne veux pas être dans l'usure, dans le dépit, dans la fatigue. C'est un combat. Pour moi, c'est un premier combat électoral d'ailleurs, c'est enthousiasmant. Et donc, je veux expliquer pourquoi il y a un danger d'un côté, et pourquoi il y a aussi un projet, surtout, auquel je crois, sur l'écologie, sur nos services publics, sur l'Europe, de l'autre côté. C'est ça que je défends aujourd'hui, comme tous les candidats d'ensemble et de la majorité.

1:45
Présentateur

On va parler des projets, mais vous dites que c'est enthousiasmant, c'est un combat enthousiasmant, c'est votre première campagne, effectivement. Mais plus largement, si on dépasse votre cas personnel, vous ne regrettez pas d'avoir pas plus fait campagne en Macronie, de ne pas avoir plus défendu votre projet ? Et j'ai envie de vous dire, surtout, d'avoir suscité un élan. Il n'y a pas d'élan. On a l'impression que ça a été le service minimum de la part de la majorité pendant toutes ces semaines qui espéraient passer sans faire campagne.

2:10
Christine Pirès Beaune

Non, je ne crois pas. Écoutez, moi, je ne vais pas aller pour avoir des regrets. On a cinq jours du deuxième tour, qu'on se batte, que justement, on explique pourquoi notre projet est important sur beaucoup de mesures sociales, écologiques, qu'on n'a peut-être pas assez valorisées, pas assez expliquées. Cette élection législative, ces élections législatives, elles s'inscrivent aussi dans la continuité d'une élection présidentielle. On a beaucoup parlé de ces élections présidentielles, vous-même, dans le débat public.

Il y a peut-être d'ailleurs, chez les électeurs, l'inverse, qui explique parfois la démobilisation, c'est-à-dire qu'ils ont une forme d'épuisement, ils ont l'impression qu'on leur a trop parlé. Moi, je pense qu'on ne parle jamais assez de politique, mais il faut l'entendre aussi, expliquer. Donc moi, je n'ai aucun regret. J'ai un combat, je peux vous dire que moi, ça fait six mois, comme beaucoup de candidats, de part et d'autre d'ailleurs, à être sur les marchés, à faire des portes à portes, à expliquer, à porter un projet.

Donc voilà, moi, je ne vais pas être dans la question de savoir si on aurait dû faire une émission de plus, une émission de moins, une interview de plus, une interview de moins. Non, c'est porter une campagne, porter un projet, avoir de l'enthousiasme. C'est ça la question de l'élection. Mais c'est ce qu'on fait ce matin. Écoutez, s'il faut avoir plus d'enthousiasme, plus de combativité, faisons-le maintenant. Moi, je n'ai pas l'impression qu'on en a manqué. Et vous savez, l'exercice est toujours difficile, vous le connaissez par cœur. Quand, par exemple, le président de la République donne une interview ou fait un discours, on dit de quoi se mêle-t-il.

Quand il ne le fait pas, on dit il est en retrait, il ne fait pas campagne, il est trop discret.

3:20
Présentateur

Ce n'est pas le président de la République, c'est la première ministre, qualité d'une discrétion, ça fait trois semaines qu'elle est nommée.

3:24
Christine Pirès Beaune

La première ministre, par ailleurs, elle mène sa première campagne elle-même, dans le Calvados. Elle a fait beaucoup, je crois, de médias. Écoutez, on ne va pas faire le décompte, peut-être qu'il faut le faire davantage, faisons-le. Moi, j'ai un enthousiasme, un combat que je mène, parce que je pense très sérieusement qu'il y a à la fois un danger, un certain nombre de dérives dans ce qui s'appelle NUPES, mais qui est en réalité Jean-Luc Mélenchon, point barre, et nous, qui portons un projet qui nous motive sur beaucoup de sujets.

3:49
Présentateur

Dans les 58 duels NUP-RN, la position de la majorité a semblé floue. Elisabeth Borne a d'abord envoyé les deux extrêmes dos à dos avant de préciser « pas une voix ORN ». Et là, il semblerait que le mot d'ordre soit au cas par cas. Ça veut dire quoi ? Expliquez-nous. Dans certaines circonscriptions, vous appellerez à voter NUPES, et dans d'autres, vous appellerez à voter blancs ? Non, écoutez, il faut être très clair.

4:14
Christine Pirès Beaune

D'abord, la ligne, elle a été rappelée, en effet, par la première ministre dimanche soir. C'est pas une voix pour le Rassemblement National, pas une voix pour l'extrême droite. C'est très clair, d'ailleurs, symétriquement, Jean-Luc Mélenchon avait dit cela tant mieux à l'issue du premier tour le 10 avril. Il n'avait pas été davantage précis, il n'avait pas été plus loin. Donc, les leçons qui consistent à dire « vous n'êtes pas clair », là où les autres n'ont pas ressenti le besoin d'une grande clarté, et là où il n'y a eu aucune consigne, d'ailleurs, de la part de Jean-Luc Mélenchon, il y a beaucoup plus de duels entre ensemble et le RN, j'aimerais entendre la même clarté.

Et puis, moi, je l'ai toujours dit, pas tourné autour du pot, je l'ai dit pour la présidentielle, je ne mets pas de signe égal entre l'extrême gauche et l'extrême droite. Je combats l'extrême gauche aujourd'hui de toutes mes forces parce que je pense qu'il y a une dérive à gauche et que le Mélenchonisme, ce n'est pas la gauche. Mais je n'ai pas besoin de caricaturer, ils se caricaturent eux-mêmes. Donc, voilà, pour moi, c'est très clair. Quand il y a un choix à faire, c'est jamais, jamais, jamais le choix de l'extrême droite.

5:06
Présentateur

Pour vous, oui. Mais par exemple, Edouard Philippe, ce matin dans le Figaro, dit « je veux bien appeler à voter pour un candidat communiste opposé au RN, mais je ne peux pas appeler à voter pour un candidat insoumis ou en tout cas certains candidats insoumis qui s'inscriraient en dehors de l'idéal républicain. » Donc, pour lui, ce n'est pas une évidence dans un duel RN contre NUP, ce n'est pas une évidence qu'il n'y a pas un signe égal.

5:29
Christine Pirès Beaune

Edouard Philippe, il a été...

5:31
Présentateur

Il n'est pas le seul.

5:31
Christine Pirès Beaune

Oui, je crois qu'Edouard Philippe, pour l'avoir lu ce matin, il est très clair sur le principe. Après, qu'il y ait un ou deux cas où il y a des gens qui ne soient pas républicains, y compris à la France insoumise, la question peut se poser. Il se trouve que je crois dans aucun des duels qui est sur la table. Très concrètement, il y a ce sujet.

Mais en effet, moi, je n'ai pas besoin de mettre un signe égal pour dire qu'il y a des candidats, des candidates souvent d'ailleurs à Paris, celles que j'affronte, Mme Mécary, Mme Obono à Paris aussi, Mme Simonnet, qui ont jugé utile de faire venir Jérémy Corbyn, antisémite pro-Assad, dans une campagne, qui ont insulté la police, qui ont expliqué que le président de la République était une immondice. C'est ce qu'a dit Mme Mécary, l'adversaire que j'affronte. Donc, il y a ça aussi à la France insoumise.

6:15
Présentateur

Je précise pour que ce soit bien clair que Mme Mécary, on l'a entendu dans le journal de 8h pour les temps de parole et également dans le journal de 6h30 et que par ailleurs, nous l'avons invité à débattre avec vous ce matin. C'est intéressant,

6:26
Christine Pirès Beaune

Mme Mécary a refusé le débat. Et donc, toute la journée, on nous dit qu'on ne veut pas débattre de cette élection. Moi, j'en serais ravi. La candidate que j'affronte ne veut pas débattre.

6:34
Présentateur

Mais un mot, tout de même, pour prolonger là encore la question de Léa. quand vous aviez besoin des voix des Insoumis au second tour de la présidentielle pour gagner face à Marine Le Pen, là, vous aviez des valeurs communes avec Jean-Luc Mélenchon. Mais aujourd'hui, il est en dehors de la République ? Moi, je n'ai pas dit ça. Soyons très clairs. Mais si vous l'avez un peu dit, depuis dimanche soir,

6:53
Christine Pirès Beaune

je vais vous dire ce que je pense très profondément. Pas vous, Clément Beaune,

6:56
Présentateur

mais vous l'avez un peu dit dans la majorité.

6:58
Christine Pirès Beaune

Moi, je n'ai pas besoin, encore une fois, de caricaturer ou d'excès. Ils en font assez eux-mêmes chez Jean-Luc Mélenchon. Je ne dis pas qu'ils sont en dehors des valeurs de la République en général. Je ne dis pas que Jean-Luc Mélenchon est en dehors des valeurs de la République. Je dis en revanche qu'il y a des choses qui m'inquiètent. Oui, quand on tient un discours, M. Mélenchon connaît les médias, connaît le débat public qui consiste à dire la police tue, point, dans une campagne électorale, ça, ça me pose un problème au regard de principes républicains. Quand des députés, Mme Mécari, Mme Obono font venir M.

Corbyn, parlent de battage médiatique, Mme Mécari, autour de l'affaire Sarah Halimi, je pense qu'il y a des problèmes de rapport à des principes républicains. Vous connaissez les règles. Ne faites pas le débat de la circonscription à ce micro.

7:35
Présentateur

Vous connaissez les règles. Très bien.

7:37
Christine Pirès Beaune

Vous pouvez les jouer. Très bien. Je peux citer d'autres exemples. Je ne dis pas que la France insoumise en général pose problème et qui ne sont pas anecdotiques. Maintenant, il n'y a pas besoin, encore une fois, d'excès. Je n'ai pas mis de signes égales, je le répète, je l'ai toujours dit, je le dirai, c'est ma colonne vertébrale politique. Ça ne m'empêche pas de contester des mesures sur le fond, parlons-en, sur le programme de NUPES. Ça ne m'empêche pas de condamner un certain nombre d'actions et de propos.

8:01
Présentateur

Encore un mot sur le paysage politique, Clément Beaune, il y a la percée de la NUP et puis il y a le RN qui fait 6 points de plus qu'en 2017 dans un scrutin qui ne lui est pourtant pas favorable, extrême gauche, extrême droite. Comment expliquez-vous cette poussée de radicalité en France ? Malheureusement, c'est un phénomène

8:19
Christine Pirès Beaune

qu'on ne voit pas qu'en France. Il est européen, il est occidental, on l'a vu avec différents phénomènes aux Etats-Unis de Donald Trump, au Royaume-Uni avec le Brexit, même en Allemagne avec l'AFD, le parti extrême droite. Je vais vous dire, moi je traite très prudent, je pense que c'est le combat d'une génération celui contre les extrêmes. Moi je me suis engagé comme citoyen puis en politique après le 21 avril 2002, depuis les extrêmes ont monté. Donc oui, bien sûr, moi je prends comme responsable politique, y compris personnellement, une part de responsabilité. Laquelle ?

Ça veut dire qu'on n'a pas assez su mobiliser, pas assez su convaincre, pas assez su expliquer, peut-être, ce qu'on faisait.

8:53
Présentateur

Mais n'est-ce pas aussi la réponse des Français à ce qu'est le paysage politique aujourd'hui, à savoir un centrisme qui ne laisse comme alternative politique que les extrêmes ? Moi je veux bien

9:03
Christine Pirès Beaune

prendre une responsabilité mais il faut que tout le monde joue le jeu. On nous expliquait que par exemple NUPES, ça allait être le remède miracle pour mobiliser tout le monde et faire reculer l'abstention. Prenons ensemble nos responsabilités, ça n'est pas le cas, elle a augmenté. Ce que j'ai vu entre 2017 et 2022, oui vous avez raison, c'est une montée extrême. Je le regrette et je le combats. Mais qui a reculé le plus pendant cette période ? Ce sont les forces politiques traditionnelles, le Parti Socialiste notamment et les Républicains, qui ont cru sans doute que spontanément on allait revenir à la bonne vieille politique de papa et ça n'a pas été le cas.

Donc ça veut dire que prenons tous nos responsabilités, retroussons nos manches, sachons parler aux jeunes d'écologie, d'Europe. Moi je pense que par exemple quand on est jeune, je le dis dans la campagne au niveau local et national, qu'on s'intéresse au drame climatique qu'on est en train de vivre, on ne peut pas être anti-européen. C'est un projet motivant de dire que c'est au niveau européen qu'on va interdire les véhicules thermiques, que c'est au niveau européen qu'on va supprimer les émissions de gaz à effet de serre. Peut-être qu'il faut le dire avec le cœur, avec l'énergie, avec l'enthousiasme. Moi c'est ce que je veux faire.

10:00
Présentateur

Elle a manqué de cœur cette campagne ?

10:01
Christine Pirès Beaune

Mais pas cette campagne en général. Notre vie politique manque parfois de cœur et de sincérité. Moi j'ai envie de me battre. Moi je m'engage dans un premier combat politique et on est beaucoup d'autres. Je ne résume pas mon cas personnel parce que je considère que ce n'est pas une chose sale de s'engager en politique. Je dis aux jeunes qui marchent pour le climat c'est formidable ce que vous faites mais allez dans un parti politique, allez gueuler dans une réunion publique, allez dire que vous voulez être élu municipal, élu régional ou élu national. Ce n'est pas sale. Au contraire, c'est très bien.

10:25
Présentateur

Elle a peut-être manqué de cœur cette campagne comme vous dites.

10:29
Christine Pirès Beaune

Pas seulement cette campagne je le dis en général.

10:30
Présentateur

A-t-elle aussi manqué de cohérence en tout cas sur le fond du projet d'Emmanuel Macron ? Est-ce que vous pouvez nous dire où il en est, où vous en êtes, idéologiquement parlant ? Il y a eu, il a nommé Elisabeth Borne après avoir hésité dit-on avec son opposé idéologique puisque c'était une élue LR, une élue locale LR Catherine Vautrin. Il a nommé Papendia et à l'éducation nationale après avoir nommé 5 ans Jean-Michel Blanquer. On peut dire qu'ils sont à l'opposé idéologiquement à l'éducation nationale.

Il a vanté la planification écologique lors de l'entre-deux-tours après avoir mis l'accent au début quand il lance sa campagne et quand il expose son programme sur des mesures de droite comme la réforme la retraite à 65 ans ou le RSA sous condition. Est-ce qu'il n'est pas en train de devenir un peu illisible Emmanuel Macron ? Est-ce que le en même temps la pensée complexe n'a pas atteint ses limites ?

11:17
Christine Pirès Beaune

Je ne crois pas. Je prends un exemple pour être concret. La planification écologique. Contrairement à ce qu'on dit Emmanuel Macron ne l'a pas découverte entre les deux tours. Elle était dans le programme regardez-le avant le 10 avril avant le premier tour. Sur l'écologie je prends cet exemple aussi parce qu'il me tient à cœur sur le plan idéologique et politique. Pendant 5 ans on a mené ce combat au niveau international européen notamment. Sans Emmanuel Macron et le premier discours qu'il prononce dès son arrivée en juin 2017 sur ce sujet on n'aurait pas sauvé les accords de Paris. Donc on a eu un programme.

11:47
Présentateur

Les associations trouvent que le bilan est mauvais et le bilan écologique du premier mandat n'est pas bon.

11:52
Christine Pirès Beaune

On peut sans doute faire mieux. Je pense qu'il y a des choses qu'on n'a pas assez dites et pas assez portées à notre crédit à nous de le montrer. Au niveau européen s'il n'y a pas la France aujourd'hui il n'y aurait pas un engagement de tout notre continent et de notre pays pour être neutre en émission de gaz à effet de serre attendu Jean-Luc Mélenchon et la planification pour le faire. Donc c'est un réformisme économique attentif à la justice sociale sérieux sur la laïcité et engagé pour l'Europe. Je crois que sur ces lignes sur ces 3 ou 4 points clés nous n'avons jamais dévié. Pardon de prendre le sujet européen qui me tient à coeur. On va y venir sur l'Europe et l'Ukraine il y a aussi

12:26
Présentateur

des changements de lignes.

12:28
Christine Pirès Beaune

Je crois qu'on peut dire beaucoup de choses juste d'un mot là-dessus sur l'engagement européen à la fois en matière de souveraineté de défense d'autonomie de l'Europe le président de la république j'ai été à ses côtés depuis des années n'a jamais dévié d'un pouce sur cela quand c'était difficile et que ce n'était pas très à la mode d'être pro-européen.

12:45
Présentateur

Un mot Clément Beaune justement sur l'Europe à deux semaines de la fin de la présidence française de l'UE quelle mesure quelle réforme restera citez-en une à nos auditeurs Je citerai

12:59
Christine Pirès Beaune

le salaire minimum en Europe par exemple

13:01
Présentateur

Ça ce n'est pas la présidence européenne C'est la présidence française de l'Union Européenne ça avait déjà été amorcé avant

13:08
Christine Pirès Beaune

Vous le savez des négociations européennes ça met longtemps plusieurs mois mais la France l'a porté avant sa présidence et la France l'a fait aboutir pendant sa présidence Je prends des exemples parce que parfois on ne sait pas exactement ce que fait l'Europe ça c'est très concret Tous les pays européens auront l'obligation d'avoir un salaire minimum Le nôtre ne va évidemment pas baisser mais ceux qui n'en ont pas en auront un ça évite ce qu'on appelle le dumping social la concurrence déloyale On va interdire les véhicules thermiques en 2035 au niveau européen C'est un défi industriel social énorme On est le premier continent à faire ça Là aussi c'est fort c'est enthousiasmant et ça se fait par l'Europe Et je crois que cette présidence française elle a été évidemment marquée par la guerre en Ukraine On a dû faire face à cette crise Mais on a fait des choses sur l'égalité entre les femmes et les hommes sur l'écologie sur le social inédite et sans doute inespérée

13:55
Présentateur

il y a encore quelques mois Pierre Aski a en parlé il y a une dizaine de minutes Emmanuel Macron se rend aujourd'hui et demain en Roumanie et en Moldavie On évoque une visite possible d'Emmanuel Macron à Kiev jeudi en compagnie du chancelier Scholz et du président du conseil italien Mario Draghi Est-ce que vous pouvez nous le confirmer ?

14:14
Christine Pirès Beaune

Non je ne peux pas vous le confirmer Je n'ai pas d'informations à ce sujet à cette heure

14:19
Présentateur

Le en même temps Macronien s'est fait sentir dans la gestion de la crise ukrainienne même si vous en défendez Les Ukrainiens mais aussi beaucoup d'Européens de l'Est et d'Européens en général ont été choqués par la phrase du président de la République appelant à ne pas humilier la Russie Même Hillary Clinton interrogée sur France Culture ce week-end estimait que dire il ne faut pas humilier la Russie de Poutine c'était une vision dépassée Vous la maintenez cette phrase ce matin Vous nous dites clairement il ne faut pas humilier la Russie de Poutine

14:43
Christine Pirès Beaune

Je vais expliquer deux choses Le président de la République d'abord ça fait quand même une vraie différence il n'a pas dit il ne faut pas humilier Vladimir Poutine Il l'a dit très clairement depuis le départ là où beaucoup d'autres avaient des complaisances et des connivences qu'il y avait un agresseur qui était la Russie de Vladimir Poutine C'est très clair Notre soutien à l'Ukraine il a été total, complet sur le plan humanitaire militaire en tant que présidence française de l'Union Européenne Donc je vois qu'il n'y a aucune ambiguïté là-dessus Quel est l'intérêt de dire

15:09
Présentateur

il ne faut pas humilier la Russie ?

15:09
Christine Pirès Beaune

Ce qu'a dit le président de la République il l'a dit notamment devant le Parlement Européen en disant il faut penser à la suite l'adhésion de l'Ukraine à l'Union Européenne il faut la construire l'après il faudra à un moment donné avec la société russe le peuple russe trouver les chemins d'une cohabitation d'une réconciliation ce jour-là il ne faudra pas être dans un esprit

15:27
Présentateur

de revanche du milieu C'est les bombes russes qui tombent sur le Donbass

15:30
Christine Pirès Beaune

et c'est aujourd'hui

15:32
Présentateur

qu'on dit il ne faut pas humilier les Russes

15:33
Christine Pirès Beaune

Mais là encore ça n'était pas pour dire M.

Poutine et ça n'était pas pour dire maintenant c'est quand on construira l'après et la réconciliation Aujourd'hui aucune ambiguïté il y a un agresseur qui est la Russie il y a un ennemi de l'Ukraine qui est la Russie on souhaite la victoire de l'Ukraine et on fait tout pour l'assurer Donc voilà il faut être très simple et très clair là-dessus et là où certains à l'extrême gauche comme à l'extrême droite nous expliquaient tout ça était du pipeau qu'il n'y avait pas de menaces russes nous l'avons toujours dit nous avons maintenu néanmoins le dialogue mais sans naïveté et pendant cette guerre les paquets de sanctions les livraisons d'armes à l'Ukraine tout ça a été organisé notamment par la France qui a été je crois par la voix du Président de la République le pays qui a le plus été en contact avec le Président Zelensky en particulier

16:14
Présentateur

Avant une question européenne au standard un mot sur Ursula von der Leyen qui a promis d'apporter la semaine prochaine une réponse à la candidature de l'Ukraine à l'UE les pays de l'Est sont globalement favorables à une procédure accélérée la France et l'Allemagne semblent elles plus réservées qu'en est-il exactement Clément Beaune ?

16:32
Christine Pirès Beaune

Oui il y a deux choses différentes sans être trop techniques la Commission européenne va nous donner un avis pour savoir s'il faut reconnaître que l'Ukraine est candidat à l'adhésion à l'Union Européenne et nous déciderons les chefs des tels gouvernements décideront à la fin du mois de juin je pense qu'il faut donner ce signal à l'Ukraine être ouvert à cette candidature après lancer un processus d'adhésion je le dis très honnêtement sinon on crée des désillusions demain ça prend du temps parce que d'abord c'est un pays en guerre donc l'urgence c'est d'arrêter la guerre ensuite de reconstruire l'Ukraine et puis de le faire adhérer dans de bonnes conditions et pour l'Union Européenne et pour l'Ukraine à notre club donc oui il faut donner un signal positif je crois le plus vite possible il faut ensuite engager un processus long et ce qu'on a dit c'est qu'en attendant il ne faut pas laisser tomber l'Ukraine ça ce serait une erreur donc on peut avoir un débat mais il faudrait un projet politique intermédiaire ce qu'on a appelé la communauté politique européenne pour que l'Ukraine fasse partie rapidement de la famille européenne sans être à court terme un membre complet de l'Union parce que ça ça prend du temps

17:26
Présentateur

et on y va au standard donc où nous attend Francis que je salue bonjour bienvenue oui bonjour on vous écoute

17:34
Auditeur

bonjour bonjour bonjour à Clément Bonne et bonjour aussi aux animateurs de France ma question m'était sur les 3% et le déficit français mais finalement elle est sans importance moi je voudrais savoir qu'est-ce qui motive de Moran et Salamé d'inviter le seul ministre très en difficulté à Paris et sans contrepartie on a beau nous dire que madame Macari ne veut pas venir sur France Inter on ne peut pas trop y croire

18:10
Présentateur

écoutez pourtant Francis c'est la stricte pure et simple vérité l'invitation en fait au débat a été refusée et voilà donc et ce qui nous motive c'est aussi qu'il est ministre de l'Europe à l'heure actuelle et que nous avions des questions à poser sur l'Ukraine alors qu'on annonce peut-être un voyage d'Emmanuel Macron dans deux jours à Kiev voilà Francis donc ça vous pouvez nous croire on vous le dit croyez-nous sur parole Francis cela dit poser une question sur le déficit de la France et la règle des 3% comment la France compte-t-elle atterrir de 6,5 à 3 Clément Beaune

18:56
Christine Pirès Beaune

en réduisant progressivement notre déficit on est loin de l'austérité de 6 à 3 en 5 ans bon ça fait une dizaine de milliards d'euros d'économie par an Jean-Luc Mélenchon de manière très organisée fait répéter partout par les membres de son parti depuis dimanche soir aux surprises qu'il y aurait une cure d'austérité cachée les 3% en 2027

19:17
Présentateur

on a posé la question hier à Gabriel Attal on vous la repose ce matin Jean-Luc Mélenchon dit qu'il y aurait un agenda caché que vous alliez retirer 80 milliards du budget pour tomber dans les clous pour payer en gros le déficit et tomber dans les clous et que vous allez devoir augmenter les impôts et notamment la TVA

19:32
Christine Pirès Beaune

faux totalement faux je le dis parce que c'est ça qui intéresse les auditeurs et les français aucune augmentation de la TVA n'est prévue les impôts c'est écrit noir sur blanc là aussi dans le programme présidentiel qu'on reprend pour législative on va les baisser comme on les a baissés pendant 5 ans donc je crois qu'on est crédible là dessus en revanche oui on va réduire le déficit ça c'est une vraie différence avec la France Insoumise qui veut 300 milliards de dépenses supplémentaires par an qui veut 150 milliards d'euros supplémentaires et le reste c'est de la dette nous on va réduire progressivement raisonnablement le déficit entre 6 et 3% d'abord il y a des dépenses de crise qui vont disparaître j'espère par exemple qu'on dépense un peu plus de 20 milliards d'euros pour bloquer les prix de l'énergie du carburant dans 2 ou 3 ans l'inflation ne sera pas la même et puis surtout réduire le déficit et baisser la dépense ça n'est pas tout à fait la même chose réduire le déficit ça se fait aussi par la croissance par le plein emploi qui apporte plusieurs dizaines de milliards d'euros supplémentaires si on arrive à réduire le chômage comme on l'a fait au même rythme pendant 5 ans entre 2022 et 2027 donc il n'y a pas de plan caché les documents dont font état M.

Corbière M. Mélenchon et d'autres ils sont parfaitement publics ils sont parfaitement publics ils n'ont pas découvert quelque chose d'ailleurs s'ils faisaient leur boulot de député ils l'auraient su parce que ça a été présenté au parlement

20:39
Présentateur

alors il y a une question sur l'application de France Inter c'est Jacques qui la pose c'est plutôt une exclamation la République En Marche avait promis la Startup Nation et nous ressort le RPR chercher l'erreur Jean-François Copé lui-même pointait l'ironie de l'histoire avec des LR qui ne vont pas bien mais dont on peut avoir besoin comme groupe pivot dans la future Assemblée Nationale éventuellement on attendra et on verra ce que donne le second tour Clément Beaune que répondez-vous à la fois à Jacques et à Jean-François Copé ?

21:12
Christine Pirès Beaune

ça me fait rire parce que l'évocation du RPR suscite une forme de plongée nostalgique dans la vieille politique mais je ne vois pas en quoi on serait devenu le RPR de l'époque de l'époque Chirac ou autre donc j'avoue que je ne comprends pas bien la question aussi la question c'est de savoir s'il y a un risque de majorité relative c'est peut-être ça qui est derrière avec une droite pivot oui bah d'abord le risque de majorité relative il est entre les mains des françaises et des français et moi je me bats j'explique ce matin que si on n'a pas de majorité forte et donc absolue effectivement le pays serait bloqué et il faudrait trouver des coalitions au cas par cas ou autre et donc je pense que ce n'est pas une bonne nouvelle pour l'avancée démocratique on a parlé d'Ukraine j'ai dit un mot d'inflation on a parlé d'écologie je crois que sur tous ces sujets on a besoin non pas d'une pensée unique mais en revanche d'une capacité et d'une majorité d'action et donc ça c'est important je le dis pour ceux qui vont faire un choix dimanche

22:04
Présentateur

Othello sur l'application d'Inter dit que c'est beaucoup plus facile mais irresponsable de promettre la retraite à 60 ans et c'est même un mensonge donc il est contre la promesse faite par la NUP c'est plutôt courageux de dire qu'il va falloir partir à la retraite plus tard comme le font tous les européens la réforme des retraites c'est pour maintenant juste après le deuxième tour de l'élection législative quel qu'en soit le résultat on ne change pas de cap politique si nous avons bien sûr

22:35
Christine Pirès Beaune

la majorité pour voter les lois c'est la condition mais c'est effectivement plus facile de promettre une liste au Père Noël dont même le Père Noël sans doute aurait un peu honte tellement elle va loin notamment avec la retraite à 60 ans mais beaucoup d'autres choses que de dire les choses telles qu'elles sont c'est qu'il faudra collectivement travailler un peu plus longtemps mais on a beaucoup caricaturé cette réforme cette réforme elle permet aussi de financer une revalorisation des petites pensions c'est très important à 1 100 euros et c'est pas ni 64 ni 65 quoi qu'il arrive pour tout le monde il y aura une différenciation en fonction des carrières longues de la pénibilité c'est très important et le président Denis Calendrier je finis juste là-dessus pour 2023 donc il y aura un temps de discussion et de concertation

23:12
Présentateur

Clément Bonne si vous perdez dimanche si c'est Caroline Mécari puisque c'est votre opposante qui gagne dans l'onzième arrondissement à Paris vous ferez quoi vous arrêterez la politique vous devrez sortir du gouvernement ça c'est la règle fixée par Emmanuel Macron mais vous ferez quoi vous avez tout juste 40 ans vous rentrez en politique vous ferez quoi

23:29
Christine Pirès Beaune

écoutez on peut faire plein de choses la vie est longue mais je crois vous m'avez rappelé d'ailleurs les règles je les connais toutes et je pense que c'est d'ailleurs sain qu'on prenne des risques en politique moi j'aurais pu ne pas faire de politique ne pas me présenter aux élections je veux le faire parce que j'y crois parce que moi je crois que c'est une belle chose l'engagement politique et l'engagement électoral et je crois que ça va marcher je me bats pour et le reste je crois n'intéresse pas beaucoup les auditeurs c'est des questions de sort personnel je ne ferai pleurer personne sur mon sort je vous rassure Clément Bonne merci d'avoir été au micro d'Inter ce matin

Clément Beaune : "Je pense qu'il y a un danger, un certain nombre de dérives dans ce qui s'appelle Nupes" — Christine Pirès Beaune · Pourquijevote