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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 1 avril 2019 33 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & internationalSanté

Compte-rendu du Conseil des ministres du lundi 1er avril 2019

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 10:00RelanceRéponse partielle

    Vous avez affirmé dans L'Express en juillet 2017 que vous assumiez de "mentir pour protéger le président de la République". Pourrons-nous vous croire ?

  • 10:00RelanceRéponse directe

    Emmanuel Macron n'aurait-il pas manqué de sagesse sur l'affaire Geneviève Legay ?

  • 13:00OuverteRéponse partielle

    Le président de la République ne s'ouvre pas à de nouveaux horizons en nommant ses proches conseillers ?

  • 16:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que le gouvernement entend poursuivre la réforme des retraites cet été comme prévu ?

  • 19:00OuverteRéponse partielle

    Gérald Darmanin a évoqué un acte II du quinquennat. Le président est-il d'accord ?

  • 22:00OuverteRéponse directe

    Les élus corses boycottent la rencontre du président. Quelle est la réaction du gouvernement ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00S.NdiayeFait
    « Il a souhaité que ce temps qui s'ouvre devant nous soit mis à profit pour établir un diagnostic de ce que nous avons compris, de ce que nous avons entendu de ce débat long que nous avons eu avec les Français. »
  • 5:00S.NdiayeChiffre
    « Ce n'est pas moins de 344 millions d'euros de moyens nouveaux qui ont été débloqués dans le cadre de cette stratégie nationale pour l'autisme. »
  • 6:00S.NdiayeChiffre
    « Depuis octobre 2018, c'est une dizaine de postes de chefs de clinique en pédopsychiatrie qui ont été créés et des centres de recherche et d'excellence, 3, dont le développement est en cours. »
  • 7:00S.NdiayeFait
    « Nous mettons en place un forfait d'intervention précoce, de diagnostic précoce, qui permet pour les familles d'avoir un reste à charge zéro dans la détection du trouble autistique. »
  • 10:00S.NdiayeFait
    « Les paroles auxquelles vous faites référence sont des paroles qui ont été sorties de leur contexte, des paroles qui ont été tronquées. »
  • 12:00S.NdiayeFait
    « Un travail considérable a été réalisé par Jean-Paul Delevoye depuis maintenant près d'un an, de concertations avec les organisations syndicales. »
  • 31:00S.NdiayeFait
    « Le président de la République a affronté au 2d tour de l'élection présidentielle une responsable du Front national. »
  • 46:00S.NdiayeFait
    « Nos concitoyens nous ont demandé de la considération et nous ont demandé de l'écoute. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... -S.Ndiaye: Bonjour à tous.

Vous êtes très nombreux aujourd'hui. Le président de la République a débuté le Conseil des ministres aujourd'hui en accueillant de manière chaleureuse ses 3 nouveaux secrétaires d'Etat: Amélie de Montchalin, Cédric O et moi-même. Il a ainsi salué l'entrée au gouvernement de personnalités engagées de longue date dont la compétence dans leurs domaines respectifs est connue et qui pour lui incarnent la diversité, la jeunesse et l'émergence d'une nouvelle génération en politique.

Le président de la République a ensuite rappelé, dans le contexte du Grand débat national, que nous étions aujourd'hui dans une période particulière. Période particulière dans laquelle il convient à la fois de remercier les Français pour leur engagement au cours de ce Grand débat. Ils ont été nombreux à participer à ce Grand débat à travers les cahiers de doléances, à travers les contributions déposées sur le site Internet du Grand débat national, à travers les milliers de réunions auxquelles ils ont participé partout en région.

Période particulière également parce que c'est le moment des remontées du Grand débat avec un point d'orgue qui aura lieu le 8 avril autour du Premier ministre et des garants, et qui permettra de détailler ce que sont ces remontées et ce que les Français nous ont dit au cours de ces semaines et de ces mois qui viennent de s'écouler. Il a souhaité que ce temps qui s'ouvre devant nous soit mis à profit pour établir un diagnostic de ce que nous avons compris, de ce que nous avons entendu de ce débat long que nous avons eu avec les Français. Ce débat, il ne doit pas être l'occasion de renier ce que nous sommes, de renier ce que nous avons fait dans les 1ers mois et les 1res années de ce quinquennat, de renier ce qui nous a animés depuis le début: la volonté à la fois de libérer, de protéger et d'unir nos concitoyens.

Dans cette période, il convient aussi pour le gouvernement, et le président de la République a eu l'occasion de le rappeler dans son intervention de propos liminaires, d'étudier avec beaucoup de considération l'ensemble des propositions qui émergent et qui émergeront à travers l'analyse qui en sera faite du Grand débat, de ne rien sous-estimer et de tout étudier avec la même attention. Il souhaite qu'à l'issue du Grand débat, nous puissions renouveler le projet national, le construire et le partager avec nos concitoyens en nous appuyant sur des mesures concrètes qu'il aura lui-même dans les semaines à venir l'occasion, avec le collectif gouvernemental, de détailler. C'était les mots d'introduction du président de la République.

Nous avons ensuite examiné un certain nombre...

écouté un certain nombre de communications, pardon. D'abord, une communication de Nicole Belloubet, ministre de la Justice, qui a présenté un projet de loi ratifiant l'ordonnance relative à la protection des données personnelles et portant modification de la loi du 6 janvier 1978. Il s'agit en quelque sorte d'effectuer un toilettage, de rendre la loi relative à l'informatique, aux fichiers et à la liberté plus lisible pour en faciliter la lecture, avec une entrée en vigueur au 1er juin 2019.

Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d'Etat auprès du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, a pour sa part présenté un projet de loi visant à faciliter la poursuite des parcours professionnels des conjoints de nos personnels diplomatiques en vertu d'un accord qui a été signé le 22 décembre 2017, en particulier avec le gouvernement arménien. Je prendrai l'habitude de ne pas commenter les mesures nominatives, donc je passe là-dessus. Le point le plus important de ce Conseil des ministres a été consacré par la secrétaire d'Etat Sophie Cluzel, en charge des personnes handicapées, à une communication relative à la mise en oeuvre de la stratégie nationale pour l'autisme.

Vous vous en souvenez, cette stratégie avait été présentée par le gouvernement et par la secrétaire d'Etat il y a maintenant un an. Après une très longue concertation qu'elle avait eu l'occasion de mener avec les différentes parties prenantes, à la fois les malades, leur famille, les professionnels de santé, les professionnels de l'éducation, nous avions abouti à cette stratégie qui avait à la fois pour objectif de prendre en compte toutes les différences et toutes les expériences diverses vécues par les personnes autistes, leurs familles et les acteurs professionnels. Cette stratégie, et je pense que c'est important de le rappeler, était largement construite avec les familles.

Elle s'est traduite par 100 engagements. Je vais aujourd'hui vous donner le détail et vous dire en quoi ils ont été appliqués depuis cette 1re année. Et un engagement financier conséquent, puisque ce n'est pas moins de 344 millions d'euros de moyens nouveaux qui ont été débloqués dans le cadre de cette stratégie nationale pour l'autisme.

Le 1er engagement, c'était d'abord de faire en sorte qu'on comprenne mieux ce qu'étaient les troubles du spectre autistique, que l'on fasse en sorte d'accélérer la connaissance et de lutter contre les idées reçues sur ce qui conduisait un enfant à être autiste ou un adulte à vivre l'autisme. Depuis octobre 2018, c'est une dizaine de postes de chefs de clinique en pédopsychiatrie qui ont été créés et des centres de recherche et d'excellence, 3, dont le développement est en cours. Ce 1er engagement est un engagement important parce que c'est parce qu'on a une bonne connaissance de ce que sont les troubles du spectre autistique, qu'on est le mieux à même à la fois de les accompagner, mais également de les détecter.

Le 2e engagement, et je profite de cette transition, c'était celui de faire en sorte de mener une action résolue pour permettre une détection précoce des enfants présentant des troubles autistiques. Ca se traduit concrètement par le fait que les familles seront désormais mieux accompagnées, y compris financièrement, puisque nous mettons en place un forfait d'intervention précoce, de diagnostic précoce, qui permet pour les familles d'avoir un reste à charge zéro dans la détection du trouble autistique. Et nous faisons également en sorte que des plateformes de diagnostic spécialisées se déploient.

Une trentaine seront en place dès le mois de juin. Le 3e engagement de cette stratégie visait à faire, dans l'idée d'une société inclusive que nous défendons depuis le début du quinquennat, à faire en sorte que les enfants victimes de troubles autistiques soient mieux inclus à l'école. Nous avons donc augmenté le nombre d'unités maternelles...

Pardon, d'unités d'enseignement maternelle autisme qui, à terme en 2022, sera triplé. Et, dès la rentrée 2019, nous permettrons l'ouverture de 30 nouvelles unités. Une dizaine d'unités supplémentaires, d'unités pour l'élémentaire, seront également ouvertes à la rentrée 2019.

Et nous avons également attaché une attention particulière à ce que les personnels qui suivent au quotidien ces élèves dans le milieu scolaire soient mieux formés pour la prise en charge des troubles du spectre autistique. Ils ont d'ailleurs été recrutés. Ils seront, pardon, recrutés dès la rentrée 2019.

Notre objectif est de faire en sorte que l'enfant qui fait face à des troubles du spectre autistique ne soit pas dans des ruptures de parcours et que sa prise en charge dès la maternelle et tout au long de sa scolarité se fasse dans la continuité, y compris vis-à-vis des personnels qui l'entourent. Le 4e engagement, qui était celui de la stratégie nationale sur l'autisme, était de faire en sorte que les adultes autistes soient des citoyens à part entière. On sait aujourd'hui que de nombreux adultes qui sont dans cette situation sont hospitalisés de manière tout à fait inadéquate dans des établissements de santé mentale.

Et notre souhait est de faire en sorte qu'ils puissent être inclus dans la société, avoir un accès à un logement autonome et pourquoi pas avoir accès à une activité professionnelle. Et c'est d'ailleurs dans ce cadre-là que nous doublons le montant des crédits d'emploi accompagné en direction de ces publics qui, du coup, ont été portés à 12 millions d'euros en 2019 et ils seront portés à 17 millions d'euros en 2020. Le dernier engagement, c'était également dans la stratégie pour l'autisme, de répondre aux attentes des familles et des aidants qui vivent des situations au quotidien qui sont des situations difficiles, qui ont besoin de dispositifs de soutien.

Et c'est ce que nous nous sommes engagés à faire avec la création, dès 2019, de groupes d'entraide mutuelle dans les départements et la création à venir de maisons de répit. Pour résumer, la mise en oeuvre de la stratégie est ainsi engagée avec détermination par l'ensemble des membres du gouvernement, puisque vous comprenez à travers ce que je viens de vous dire, c'est un sujet qui est largement porté de manière interministérielle, et la nomination de Claire Compagnon, justement, comme déléguée interministérielle pour l'autisme au sein des troubles du neurodéveloppement il y a un an permet aujourd'hui de réaliser un travail pour l'ensemble des ministères de manière coordonnée, toujours avec ce souci de faire en sorte que le scandale que représente la prise en charge insuffisante des personnes adultes et des enfants en situation d'autisme puisse trouver une solution de manière rapide de manière également à ce que les familles puissent expérimenter un changement réel dans le quotidien de ce qu'elles ont à vivre. Voilà en quelques mots en quoi consistait le Conseil des ministres.

Je me livre désormais au jeu des questions/réponses. -Bonjour. Paul Larrouturou, "Quotidien".

Bonjour, Mme la porte-parole. Vous avez affirmé dans L'Express en juillet 2017 que vous assumiez de "mentir pour protéger le président de la République", je vous cite. Pourrons-nous vous croire?

Et, puisqu'il est question de vérité, il est désormais officiel que Geneviève Legay a été poussée par un policier à Nice le samedi 23 mars. Vendredi, le procureur de la République a reconnu que le chef de l'Etat n'a pas dit la vérité dans son interview à Nice-Matin lundi 25 mars en déclarant que cette dame n'a pas été en contact avec les forces de l'ordre. Emmanuel Macron n'aurait-il pas manqué de sagesse? -S.

Ndiaye : Alors, je vais, donc, répondre à vos 2 questions, la 1re, qui me concerne directement. Les paroles auxquelles vous faites référence sont des paroles qui ont été sorties de leur contexte, des paroles qui ont été tronquées. Je crois qu'un certain nombre d'entre vous étaient d'ailleurs présents au moment où je les ai prononcées.

Elles visaient à protéger la vie privée du président de la République dans un moment de vie personnelle. C'était ce qui était ma fonction à l'époque, de faire en sorte de défendre et de protéger le président de la République. Aujourd'hui, en tant que ministre, j'ai une nouvelle responsabilité.

J'aborde d'ailleurs ces fonctions avec beaucoup d'humilité, beaucoup de sincérité. Pour ceux qui me connaissent, vous savez que j'ai toujours un certain franc-parler. Ce qui est certain, c'est qu'aujourd'hui, dans mon rôle de porte-parole du gouvernement, l'engagement qui est le mien, c'est que les propos que je tiendrai sont des propos qui refléteront ce qu'est l'action du gouvernement qui auront vocation à rendre plus intelligible, plus claire, cette action au quotidien en direction des Français.

Et j'espère que vous me jugerez sur les propos que je tiens et non pas sur ceux que l'on me prête. Votre 2e question portait sur Geneviève Legay. Au moment où le président de la République s'est exprimé, les faits qui ont été ensuite portés à la connaissance du grand public, d'ailleurs par le procureur lui-même, n'étaient pas forcément connus, en particulier le fait qu'il y ait pu y avoir un contact entre un membre des forces de l'ordre et Mme Legay.

Ce que je souhaite évidemment faire en 1er lieu, c'est renouveler mes voeux de prompt rétablissement et ceux de l'ensemble du gouvernement à l'attention de Mme Geneviève Legay en souhaitant le plus sincèrement du monde qu'elle puisse rapidement se remettre. Je veux quand même souligner que les images qui étaient alors disponibles et qui avaient été visionnées au moment où le président de la République s'est exprimé avaient conduit le procureur de la République à conclure dans un 1er temps qu'il n'y avait pas eu de contact direct. Des éléments nouveaux ont été portés à notre connaissance, qui ont fait que ces éléments de compréhension ont été changés.

Le policier, d'ailleurs, qui avait été entendu dans un 1er temps a rectifié son témoignage en admettant lui-même que la personne qu'il avait écarté de son chemin n'était pas un homme, comme il l'avait avait déclaré initialement, mais bien Mme Legay. Il y a désormais une enquête initiée par le parquet de Nice qui permettra de rechercher les causes des blessures subies par Mme Legay. Ces causes, nous aurons à en connaître.

Il convient de déterminer à travers l'enquête qui adviendra maintenant s'il s'agit d'un geste volontaire ou d'un geste involontaire de la part des forces de l'ordre. Vous le savez, le procureur de la République a ouvert vendredi une information judiciaire du chef de violences volontaires par personne de l'autorité publique. Elle a été confiée à plusieurs juges d'instruction et nous suivrons évidemment avec attention le développement de cette enquête. -Bonjour.

Alison Tassin pour LCI et TF1. Le président de la République, en nommant 2 de ses proches conseillers aux secrétaires d'Etat, ne s'ouvre pas réellement à de nouveaux horizons. On aurait pu le penser avec notamment la crise des Gilets jaunes...

Est-ce que c'est un président qui se recentre sur ses proches, qui restreint son cercle? Et, par ailleurs, vos 2 départs laissent des chaises vides. Il va donc falloir notamment renommer des conseillers.

Est-ce que cela va intervenir bientôt? Et est-ce qu'il y en aura autant qu'avant? -S.

Ndiaye : Alors, pour ce qui est de la nomination des conseillers au cabinet du président de la République, vous me permettrez désormais de ne pas répondre à cette question, puisqu'elle appartient au cabinet du président de la République...

Enfin, pardon, il appartient au président de la République de nommer les membres de son cabinet. Je n'en fais désormais plus partie. Et donc, je vous renverrai vers le service de presse de l'Elysée, qui est d'ailleurs ici largement représenté.

Vous évoquez l'idée d'une solitude, finalement, du président de la République. Je crois que ce qu'a construit le président de la République, ce qui a été construit dans le cadre de la campagne présidentielle, ce qui a été construit par le Premier ministre dans ses 2 premières années de mandat, puisqu'on arrive quasiment à 2 années de mandat, c'est au contraire la démonstration du contraire. Ce gouvernement, il est fabriqué avec des gens qui viennent d'horizons différents, des gens qui sont des professionnels de la politique, en quelque sorte, qui ont des expériences d'élus, des gens qui sont issus de la société civile, des gens qui sont avant tout des engagés au service de notre pays.

Ces horizons différents, ces gens qui viennent de la droite, ces gens qui viennent de la gauche, ces gens qui viennent de la société civile, ils forment un collectif gouvernemental qui a une seule et unique vocation, celle de la transformation profonde de notre pays. Je ne crois pas que l'on puisse dire, simplement parce que le président de la République fait la promotion de talents dans son entourage, de talents qui sont pour le coup, je parle en connaissance de cause me concernant et concernant Cédric O comme d'ailleurs Amélie de Montchalin, de personnalités qui sont engagées en politique depuis longtemps, qui voient une mutation de leur engagement politique, pour ceux qui étaient auparavant conseillers. Mais j'ai eu l'occasion d'avoir des responsabilités politiques dans une autre vie, donc je n'ai pas été que conseillère, même si je l'ai été aussi avec beaucoup de bonheur. -Valérie Astruc, France2.

Il se trouve que certains députés En Marche, s'agissant de la réforme des retraites par points, se demandent s'il n'est pas possible de reporter voire d'enterrer cette réforme dans la mesure où le contexte social est très tendu. Donc question: est-ce que le gouvernement, est-ce que l'Elysée entend poursuivre cette réforme et le faire cet été comme prévu? -S.Ndiaye: Vous le savez, je vous l'ai rappelé dans mon propos introductif, le président de la République a été très insistant au cours du Conseil des ministres pour dire qu'il ne fallait pas renier ce que nous étions.

La réforme des retraites, pour avoir un système de retraite qui soit plus transparent, qui apporte plus d'égalité, est un engagement de campagne du président de la République. Comme tous ses engagements de campagne, son souhait est qu'il puisse être mené à son terme. Un travail considérable a été réalisé par Jean-Paul Delevoye depuis maintenant près d'un an, de concertations avec les organisations syndicales, à la fois sur ce que devait être le point d'arrivée de cette réforme, mais aussi ce que devait être, et c'est l'objet des concertations qui ont débuté depuis quelques semaines maintenant, ce que devaient être les modalités de convergence des différents régimes.

Je crois que c'est un travail qui a été fait avec beaucoup de sincérité, qui a été fait avec le souci constant d'associer les organisations syndicales et les partenaires sociaux de manière plus large. C'est un travail qui devra se poursuivre parce que nous n'avons pas le temps d'attendre. Pour que notre système soit plus juste et plus transparent, il convient de le réformer et de le réformer maintenant. -Bonjour.

Loïc Signor, CNEWS. Ce matin, Gérald Darmanin a estimé que s'il y avait vraiment un acte II du quinquennat, il faudrait changer la façon de gouverner, allant même jusqu'à dire que la méthode qui avait été employée jusqu'à présent n'avait pas marché. Est-ce qu'il en a été question au Conseil des ministres?

Est-ce que le président de la République est d'accord avec ça? Et si oui, a-t-il donné des pistes de changement de façon dont il veut gouverner? -S.Ndiaye: Ce n'est pas un point que nous avons directement abordé en Conseil des ministres.

Néanmoins, vous l'avez entendu, le Premier ministre comme le président de la République ont eu l'occasion à de nombreuses reprises ces dernières semaines de s'exprimer sur le sujet, à travers notamment les débats auxquels ils ont été amenés à participer. La conviction qui est celle du gouvernement, c'est que les Français, à travers y compris leur participation massive au Grand débat, ont montré leur envie de participation. Leur sentiment également sans doute que la décision publique, la décision politique se prenait de manière trop éloignée par rapport à leur quotidien.

Et donc il est évident qu'à l'issue de ce Grand débat, nous aurons à coeur de faire en sorte que les citoyens voient la décision publique se rapprocher d'eux. Le président de la République a d'ailleurs eu cette expression à plusieurs reprises, celle de la mise en place d'une république délibérative. Ce sera sans doute un des éléments qu'il conviendra d'examiner dans les suites du Grand débat. -Bonjour.

Marine Pennetier de Reuters. J'ai une question sur la Corse. Emmanuel Macron s'y rend jeudi.

Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni ont annoncé leur intention de ne pas participer à la rencontre et ont appelé à une journée de mobilisation, une demi-journée "île morte". Est-ce que le point a été évoqué en Conseil des ministres? Et le cas échéant, quelle est la réaction du gouvernement à ce boycott? -S.Ndiaye: Ce point particulier du déplacement à venir en Corse du président de la République n'a pas été abordé.

Sachez néanmoins que de manière générale, nous avons toujours été dans ce gouvernement très attachés au dialogue avec les élus corses. Il y a un ministre, une ministre en l'occurrence, en particulier qui est chargée de suivre ces relations depuis le début du quinquennat. Vous la connaissez, c'est la ministre en charge des Collectivités territoriales.

Elle a eu l'occasion de manière récente de faire un déplacement sur l'île, de faire un point sur l'ensemble des sujets qui avaient été lancés, à la fois en matière de développement local, en matière de développement économique. Nous sommes attachés, pour notre part, à ce que ce dialogue se poursuive et nous espérons qu'il pourra se poursuivre de manière sereine dans les jours et les semaines à venir. -Bonjour, Mme la ministre.

Tancrède Bonora pour l'émission "C à vous". On a appris la mort d'un jeune homme de 31 ans, Ange. Est-ce que vous avez plus d'informations sur les conditions de son arrestation et pourquoi sa famille a été prévenue si tard?

Aujourd'hui, qu'est-ce que vous répondez à sa famille? -S.Ndiaye: Alors, je souhaite évidemment présenter mes condoléances à la famille d'Ange Dibenesha.

La perte d'une vie est toujours un événement terrible, et j'adresse mes pensées les plus vives en particulier à sa mère. Je crois qu'en la matière, il faut toujours agir avec prudence. Il y a malheureusement beaucoup de contrevérités qui ont circulé sur les réseaux sociaux au sujet de la réalité de ce qui s'est passé avec la mort malheureuse d'Ange Dibenesha.

Je vous en citerai une seule. Il a beaucoup été dit qu'il était décédé à l'issue de sa garde à vue. Il n'a jamais été mis en garde à vue.

Il a été contrôlé en raison d'une conduite erratique sur le périphérique parisien. Il a été contrôlé. A la suite de son contrôle, il est décédé.

Je crois qu'il faut faire vraiment attention, en la matière, à ne pas répandre des informations qui sont inexactes. La mère d'Ange Dibenesha a eu l'occasion elle-même de lancer un appel au calme. Et je nous inviterai collectivement à respecter la douleur de cette famille et à ne pas utiliser ce fait malheureux pour des polémiques qui sont vaines et inutiles. -Et justement, est-ce que vous, vous avez des informations sur les conditions de l'arrestation? -S.Ndiaye: Sur les conditions de l'arrestation, c'est-à-dire?

Qu'est-ce que vous voulez savoir plus précisément? -Sur les conditions de l'arrestation, c'est-à-dire comment est-ce qu'il a été contrôlé et pourquoi est-ce qu'il est mort 48 heures plus tard? Et pourquoi est-ce que sa famille a été prévenue si tard? -S.Ndiaye: Alors, sa famille a été prévenue le plus vite possible, compte tenu des informations sur l'identité d'Ange Dibenesha dont les forces de sécurité disposaient.

Donc les choses ont été faites au plus vite en fonction de ces informations-là. Après, sur le contenu même de l'arrestation, je n'ai pas d'éléments en tant que tels qui me permettent de vous apporter le type d'éclaircissement que vous souhaitez, si ce n'est qu'aujourd'hui, il n'y a pas d'enquête pour violences policières, si c'est le sous-jacent de votre question, qui ait été ouverte. -Bonjour.

Greg Viscusi, de l'agence Bloomberg. Le Premier ministre irlandais sera à Paris demain pour parler de Brexit. Alors, est-ce qu'il y a des divergences entre les 2 pays?

L'Irlande, évidemment, avec sa frontière, fait absolument tout pour éviter un hard Brexit. Les Français semblent accepter l'idée que l'on puisse arriver à cela. Est-ce que vous avez parlé de ça ?

Quelle est la position de la France? -S.Ndiaye: Alors, je vais vous annoncer quelque chose qui ne vous surprendra pas, mais je prendrai l'habitude de ne pas commenter les sujets à caractères internationaux.

Néanmoins, concernant le Brexit...

Concernant le Brexit, je ferai une exception parce que c'est un sujet qui nous touche... qui touche potentiellement directement les Français dans leur quotidien.

La rencontre avec Leo Varadkar, le Premier ministre irlandais, dans le contexte du Brexit, a évidemment...

Du Brexit qui, d'ailleurs, n'a pas encore vraiment eu lieu...

A évidemment vocation à permettre un échange de vues entre le président français et le président irlandais, à évidemment l'assurer du souhait que l'Irlande reste dans l'Union européenne et que le Brexit ne vienne pas, comment dire...

Ne vienne pas détacher l'Irlande de l'Union européenne. Vous le savez, un Conseil européen se réunira le 10 avril pour examiner un plan alternatif au plan actuel ou constater, malheureusement, la possibilité d'une sortie sans accord. Je vous renverrai à cette échéance-là.

Les 2 présidents auront de toute façon, j'imagine, l'occasion de s'exprimer à l'issue de leur rendez-vous. -Bonjour. Cyril Graziani, France Inter.

François Hollande, ce matin dans une interview au Parisien, l'affirme: l'extrême droite arrivera un jour au pouvoir, en 2022 ou plus tard. Comment est-ce que vous réagissez à ces propos d'un ancien président? Et est-ce qu'ils sont à mettre en lien avec ceux d'Ismaël Emelien, qui expliquait la semaine dernière que si Emmanuel Macron ne réussit pas, si on ne réussit pas, mais si Emmanuel Macron ne réussit pas d'ici 2022, il ne sera pas candidat. -S.Ndiaye: Je vais vous répondre très simplement.

Le président de la République a affronté au 2d tour de l'élection présidentielle une responsable du Front national. C'était Marine Le Pen. S'il y a dans ce pays des gens qui sont profondément conscients du risque que l'extrême droite arrive aujourd'hui dans ce pays au pouvoir, c'est évidemment à la fois les membres de la majorité présidentielle, et en particulier au 1er chef d'entre eux, le président de la République.

Il a vu l'occasion, dès son élection, de dire que nous avions une obligation impérative de réussite parce que, et c'est d'ailleurs ce que la crise des Gilets jaunes montre également, parce que les attentes de nos concitoyens en matière de transformations, en matière de justice, en matière de réformes, sont extrêmement profondes. Donc oui, le risque est réel. D'ailleurs, les élections européennes nous permettront sans doute de le voir.

Et nous voyons à travers l'Europe des mouvements populistes et des mouvements nationalistes émerger, être forts. Nous avons évidemment une responsabilité particulière et il nous appartient d'apporter des réponses qui puissent convaincre nos concitoyens que d'autres voies sont possibles et en particulier celle du progressisme. -Et sur la 2e question? -S.Ndiaye: Pardon, rappelez-la moi. -"Si on ne réussit pas d'ici 2022, Emmanuel Macron ne pourra pas être candidat." -S.Ndiaye: Je crois que vous avez une interprétation un peu extensive des propos d'Ismaël Emelien.

Ce dont je suis certaine aujourd'hui, c'est que nous avons un impératif de réussite. C'est ce à quoi nous nous attelons au quotidien. Et à l'instant où nous sommes, à peu près à la moitié du quinquennat, il est bien prématuré de se préoccuper d'une éventuelle réélection.

Notre objectif du quotidien, c'est d'être dans l'action, c'est de faire en sorte de transformer profondément et de manière concrète le quotidien de nos concitoyens. Pour l'instant, le reste ne nous intéresse pas. -Rym Momtaz, de Politico.

Pourquoi est-ce que Mme de Montchalin a été nommée secrétaire d'Etat chargée aux Affaires européennes et Mme Loiseau était ministre ? Est-ce qu'il y a une rétrogradation des Affaires européennes? -S.Ndiaye: Non.

Vous imaginez bien que compte tenu de l'actualité très riche qui est celle de l'Union européenne, compte tenu des échéances qui sont celles du Brexit, il n'y a évidemment pas la volonté d'expliquer, en aucune manière et en aucune sorte, que les sujets européens seraient moins importants. Il ne m'appartient pas directement de commenter les choix d'ordre protocolaire à l'intérieur du gouvernement. C'est un choix du président de la République. -Jérôme Rivet, de l'AFP.

Sur la fin du Grand débat, on connaît maintenant l'intervention du Premier ministre le 8 avril. Est-ce que l'on peut toujours s'attendre à une intervention du président à la mi-avril, et sous quelle forme ? Est-ce que c'est plus clair ? -S.Ndiaye: Vous n'êtes pas sans ignorer que je ne suis plus conseillère du président de la République, donc son agenda et notamment son agenda médiatique, lui appartiennent.

Et je vous inviterai à vous rapprocher du service de presse de l'Elysée pour en savoir plus. Néanmoins, je peux apporter une forme de réponse à votre questionnement. Et d'ailleurs, je l'ai dit dans mon propos introductif.

Les réponses au Grand débat national seront des réponses qui auront vocation à renouveler le projet national. Et il est évident qu'il appartiendra sans doute au président de la République, mais aussi à l'ensemble du gouvernement et au Premier ministre en particulier, de détailler la manière dont nous voulons retisser ce lien avec les Français autour d'un projet national renouvelé. -J'ai une dernière question.

Je voulais juste compléter la question de Jérôme. "Un projet national renouvelé", est-ce que vous pourriez, avec une manière un peu moins, on va dire, vague, expliquer un petit peu plus ce qui pourrait être les options de sortie du Grand débat ? On voit beaucoup de pistes qui commencent à se dessiner, des conseillers territoriaux, des mesures fiscales.

Est-ce que là-dessus, on pourra commencer à avoir des éléments de la part du gouvernement? -S.Ndiaye: Bien sûr.

Mais comme je vous l'ai indiqué tout à l'heure, nous venons de terminer, de mémoire, le 18 mars, d'arrêter la plateforme de contribution, la plateforme Internet de contribution. Nous sommes dans un moment, aujourd'hui, où il y a, par des professionnels en l'occurrence, et sous l'autorité des garants, un examen de l'ensemble des remontées, qu'elles soient sous forme de cahiers de doléances, qu'elles soient sous forme de contributions qui ont été déposées sur le site du Grand débat national. Et ce temps, nous devons le respecter.

Ca doit être un temps de restitution. Il se soldera, pardon, par un moment de restitution objective. C'est l'objectif du 8 avril, vous l'avez souligné, je crois, dans une des interventions précédentes.

Au cours de laquelle à la fois les membres du comité des garants et ainsi que le Premier ministre auront vocation à s'exprimer sur ce qu'ont été ces remontées. Nous souhaitons également que ce moment soit, avant qu'il y ait des annonces sur ce que sera la réponse du gouvernement, la réponse politique du gouvernement et du président de la République aux aspirations, aux propositions qui ont émergé du Grand débat, il y a la nécessité d'avoir un moment de diagnostic. Un diagnostic pour expliquer ce que nous avons compris de ce que les Français nous ont dit au cours de ces semaines et au cours de ces mois.

Il est, de fait, trop tôt pour vous donner des pistes de ce que cela pourrait être parce que, et vous l'avez vu, les ministres sont invités à s'exprimer pour participer aux débats. Les Français eux-mêmes ont fait un certain nombre de propositions qui seront examinées dans la phase de remontée. Et donc on est à un moment donné où, si j'ose dire, tout est sur la table et rien n'est décidé. -Dernière question.

Jean-Rémi Baudot, pour la radio Europe1. Juste un mot sur la pratique, la manière dont vous voyez votre fonction de porte-parole. Ce matin, vous avez dit que ce ministère était le ministère de la parole, mais aussi le ministère de l'écoute.

En quoi est-ce que ça consiste concrètement ? Est-ce que vous irez à la rencontre des Français vous-même sur le terrain ? Comment voyez-vous votre rôle politique dans ce ministère?

Et puisque vous en avez parlé il y a quelques instants, vous dites "pas de commentaires sur les sujets à l'international". Qui sera le porte-parole du gouvernement sur les sujets internationaux ? Merci. -S.Ndiaye: Je vais commencer par répondre à votre 2e question.

J'imagine que vous connaissez Jean-Yves Le Drian et son équipe brillante, Jean-Baptiste Lemoyne et désormais Amélie de Montchalin. Ils auront à coeur de porter la voix internationale du gouvernement et vous pourrez vous tourner vers eux pour toutes les questions relatives à la situation internationale. J'imagine également que les équipes du président de la République seront à votre service pour vous donner toutes les informations utiles sur les positions françaises à cet égard.

La manière dont je conçois mon rôle politique, j'aborde les choses avec beaucoup d'humilité, parce que je ne prétends pas tout savoir. Mon sentiment profond est qu'au cours de ce Grand débat, nos concitoyens nous ont demandé de la considération et nous ont demandé de l'écoute. Mon prédécesseur avait pris l'habitude de faire des rencontres avec les Français.

Je ne sais pas si sur la forme, c'est ce que je poursuivrai. J'ai besoin de quelque temps pour m'installer et pour y réfléchir. Ce dont j'ai la conviction profonde, c'est qu'il est du devoir des gens qui sont aujourd'hui responsables politiques de montrer aux Français, de montrer à leurs concitoyens qu'ils sont capables, non seulement de les écouter, mais aussi capables de les entendre.

Peut-être que dans cette 1re partie du quinquennat, avons-nous pu donner le sentiment que nous n'étions pas forcément dans cette écoute-là, alors que bien au contraire, c'était notre volonté. Il s'agit aujourd'hui d'en apporter encore plus fortement que jusqu'à maintenant la démonstration. Et c'est ce à quoi j'espère participer.

Je crois que nous avons épuisé les questions. Je n'ai aucun doute sur le fait que nous aurons l'occasion de nous revoir, ce que je ferai avec énormément de plaisir. Je vous souhaite donc un bon appétit et un bon après-midi.