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interviewFrance Culture (sur YouTube)· 1 octobre 2022 22 min

Une nuit au musée d'Anne Frank : quand la littérature réveille les mémoires

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

une nuit face à l'absence quand tu écouteras cette chanson c'est votre dernier livre Lola fond bonjour bonjour Il est paru chez Stock vous revenez sur une nuit passée dans l'annexe du musée anne frank à Amsterdam le musée le plus vite du monde il est question dans ce livre aussi de votre propre histoire de votre rapport aux absents mais vous rendez tout d'abord hommage à une jeune fille follement aimée je cite élevée au randicaux Anne Frank une jeune fille irrévérencieuse et lucide sur son temps mais dont la voix a été parfois réécrite pour la rendre peut-être plus audible pour la rendre en tout cas différentes Lola la font lorsqu'on vous a proposé de passer une nuit au musée puisque c'est cela l'origine de ce livre pourquoi avoir choisi la maison d'Anne Frank alors c'est difficile de répondre parce que ça s'est imposé à moi comme une évidence comme quelque chose de d'urgent à faire donc j'ai su tout de suite que je voulais je passer la nuit au musée Anne Frank et rétrospectivement je peux l'expliquer par le fait justement que je viens d'une famille du côté de ma mère qui a été décimé par la Shoah je peux aussi l'expliquer par le fait que comme vous dites Anne Frank est une adolescente une icône adolescente et que je m'intéresse beaucoup aux icônes adolescentes également sur l'adolescence on s'était vu hier dans les matins pour chavirer et vous revenez donc là aussi sur une adolescence même s'il s'agit d'une autre adolescence d'une jeune fille follement aimée effectivement c'est à mon sens la seule jeune fille juive aussi aimée et aussi haï en même temps parce que ça on en parle moins mais elle est quand même le coeur de cible de négationnistes parce que son journal fait preuve aussi vous revenez d'ailleurs dans votre dernier livre vous revenez sur la manière dont on a nié très tôt en fait l'existence de cette femme considérant par exemple que ce pouvait être une création de son père enfin je ne sais pas d'ailleurs si et il faut évoquer toutes les théories il y a eu tellement d'attaques dès le départ en fait effectivement des négationnistes que moi j'ai choisi dans le récit de ne pas leur donner une grande place parce que à mon sens il se ressemblent tous dans leur volonté d'effacer de l'histoire la Shoah mais c'est c'est important quand même parce que le musée aujourd'hui est ce surveillance constante qu'il y a vraiment tout un système de sécurité parce qu'il n'y a pas que l'amour autour d'Anne Frank c'est un livre qui évoque donc cette nuit que vous avez passé dans ce lieu qui est peut-être le lieu de la peur majuscule alors j'imagine que le fait de décider d'y passer cette nuit et vous le raconter quelque chose qui suscite toutes sortes de tourment de cauchemars c'est difficile pour moi de d'employer le mot peur pour moi qui rentre dans l'annexe parce que j'en sors et que eux n'en sont pas sortis et que donc je peux pas mettre en comparaison avec avec cette histoire c'était vraiment l'obsession pendant que j'écrivais je peux dire que j'étais très anxieuse et quand même temps j'ai décidé d'y aller donc voilà c'était c'était mon choix en fait j'ai eu oui je pense que j'ai eu toutes sortes d'empêchements mais finalement j'y suis allé voilà j'ai mon corps à décrété que j'étais malade la veille mais finalement non il y avait beaucoup d'anxiété parce que finalement comme vous disiez au début c'est un musée du vide et c'est un musée de l'absence et peu à quoi on est confronté quand on entre dans l'annexe qui est finalement un appartement vide des combles avec des pièces extrêmement étroites c'est on est confronté à l'absence de la famille Franck et de l'autre famille qui était là et on est en quelque sorte au bord de la Bible et voilà c'est vrai j'ai passé 10 heures et je crois qu'il y a des fois où il faut c'est le moment de se pencher sur un abîme avec une distance raisonnable mais il faut qu'on regarde ce qui nous fait peur aussi donc on vous a installé un lit de camp que vous n'avez j'imagine pas utiliser tant il était compliqué pour vous Lola fond de de s'endormir dans ce lieu là avec cette jeune fille qui est un symbole aujourd'hui mais un symbole de quoi c'était vraiment ma question c'est à dire que je me suis rendu compte que je ne savais pas grand chose quand je suis rentrée dans le musée je savais un peu ce que peut-être vous savez ce que tout le monde sait c'est-à-dire que j'ai lu le journal quand j'étais ado même avant et puis qu'est-ce qu'il m'en reste finalement le parcours d'une jeune fille les les ennuis avec sa mère beaucoup de choses qui m'ont ému un petit cahier rouge et blanc et je me suis rendu compte qu'en fait d'abord moi je n'ai pas lu la bonne version du journal parce que la version intégrale elle a été republiée en 97 alors là il faut il faut effectivement que vous nous donniez des explications parce que en fait le Journal d'Anne Frank c'est une œuvre qui a été large vont remanier postérieurement avec des tentatives des traductions donc il faut que vous fassiez une genèse de tout ça c'est difficile il n'a pas il a été malmené moi c'est vraiment ce que ce que je voudrais dire c'est qu'il a été malmené parce que d'abord on ne devrait pas l'appeler journal c'est la première chose que j'ai apprise parce que j'ai eu la chance de rencontrer une des dernières témoins encore en vie Laurine Nussbaum qui a été l'ami de Margaux Franck la grande sœur avant qu'elle ne rentre en clandestinité et cette dame est aujourd'hui la spécialiste littéraire du journal et je dis littéraire donc ça veut dire que Anne Frank n'est pas seulement une petite jeune fille qui a écrit son journal c'est une jeune femme une jeune fille qui a fait œuvre et ça c'est important parce que nulle part sur aucune quatrième de couve du journal jusqu'à aujourd'hui on ne dit Cannes Franck en mars 44 dans l'annexe a décidé de réécrire intégralement son journal pour en faire un récit à partir du moment où on réécrit on est une autrice elle a fait des choix littéraires et ça qui est important elle voulait l'appeler récit de l'annexe le choix de le vendre comme un journal c'est pour moi un biais éminemment sexiste parce que ça l'a ça la ramène à une figure qui aurait été uniquement dans le ressenti dans la spontanéité non non elle a réécrit elle a écrit tous les jours et ce qui est très bouleversant c'est que dans l'annexe elle s'est battue tous les jours pour avoir son petit coin de table et pour écrire tous les jours elle voulait être publiée en tout cas ça lui déni tout simplement le qualificatif d'artistes oui tout à fait de quelqu'un qui prend en main son récit qui il y a vraiment quelque chose de bouleversant quand on lit le journal c'est que on y est présent c'est-à-dire qu'elle s'adresse à des lecteurs elle va vers le futur et elle alors d'une façon tragique parce que clairement on ne peut pas on ne peut pas ne pas voir qu'elle a une pression de ce qui va leur arriver qu'elle parle d'une arrestation qu'elle parle de l'antis traumatisme des nazis tout ça ça n'est pas seulement un récit familial comme on l'a souvent dit et donc c'est écrit d'Anne Frank vous dit cette spécialiste donc de l'oeuvre d'Anne Frank Laurine Nussbaum elle vous dit lire cette œuvre c'est assister à l'épanouissement d'une adolescente face à l'adversité pas une allusion au régime nazi ni à la choix parce que là aussi c'est la transformation dont cette oeuvre a été l'objet vous disiez malmené c'est cela justement ce que Laurine Nussbaum m'a dit et que vous citez c'est le l'incroyable préface écrite par Léonor Roosevelt à la parution aux États-Unis qui parle effectivement tranquillement de d'un récit d'adolescence sans jamais dire le mot nazisme elle dit face à l'adversité alors moi je me suis intéressée au mot qu'on évite et vous parliez tout à l'heure des des différentes versions effectivement les Hollandais quand ils l'ont publié le journal ils ont recommandé qu'on coupe tous les toutes les pages qu'il y avait à sa sexualité parce qu'elle parle beaucoup de sexe les Allemands eux quelques mois plus tard ils ont réintégré les passages où elle parlait de sexe mais ils ont demandé que ce soit enlevé toutes les pages qui pourraient offenser le peuple allemand donc vous imaginez bien que c'était à l'époque toutes les allusions à l'antisémitisme nazi il y a eu comme ça des versions incessantes son texte et a été malmenées dans tous les sens et le clou en fait ce que j'ai découvert et qui qui à mon sens n'a pas été beaucoup beaucoup écrit c'est la façon dont les Américains pour en faire une oeuvre entre guillemets universelle l'ont lissé Broadway puis Hollywood et là il y a vraiment quelque chose quand je suis tombé dessus j'ai vraiment vraiment été sidéré parce que au moment où il est question d'en faire une pièce à succès sur Broadway le producteur et la productrice plus tard engage un scénariste spécialiste des comédies familiales et qu'est-ce qu'il fait il coupe tout ce qui a trait à la judéité parce qu'il faut que ça soit universel et il trouve ça beaucoup trop juif et beaucoup trop sombre comme histoire pour en faire un succès en fait il ne fallait pas que ce récit soit démoralisant oui oui et c'est vrai que quand vous tombez sur la critique d'un journaliste dans le New York Times qui dit ah mais c'est formidable cette pièce parce qu'on en sortant en fait on éprouve aucune haine contre le nazisme et puis finalement on a assisté au tourment de l'adolescence vous dites bien qu'il y a un problème de réécriture et que c'est une deuxième mort en fait pour Anne Frank le la chose qui qui est intéressante c'est que on parlait d'amour et en quelque sorte l'admiration l'adoration dédouanes de tout c'est une figure expiratoire vous aimez Anne Frank vous lisez Anne Frank et alors vous n'avez plus besoin de lire quoi que ce soit sur la joie et ça c'est vraiment un vrai problème il y a aussi un problème d'identification parce que si tout le monde si tout adolescent peut s'identifier à Anne Frank alors qu'est-ce qui se passe effectivement le directeur du musée m'a tout de suite dit qu'il y avait vraiment un grand nombre de visiteurs qui s'identifiait à elle qui ne voulait pas quitter sa chambre qui déposait des fleurs et puis des journaux intimes et il y a cette phrase un petit peu c'est vrai que elle a été mise à toutes les sauces si j'ose dire en fait c'est un petit peu nous sommes tous Anne Frank le problème c'est que si nous sommes tous Anne Frank il n'y a plus d'Anne Frank et que comme disait Bettelheim puisque on retient uniquement du Journal d'Anne Frank souvent quand on parle d'elle contient cette petite phrase je crois malgré tout en la bonté des hommes et Bettelheim me disait à ce sujet si tous les hommes sont bons il n'y a plus d'âge fit parce que c'est important ce qu'on retient des textes iconiques et là évidemment qu'elle a écrit je croise on a bonté des hommes mais juste avant elle écrit tout un paragraphe sur sa terreur des hommes sur sa terreur de la guerre sur l'antisémitisme des nazis on peut citer ce passage on ne me fera pas croire que la guerre n'est provoquée que par les grands hommes les gouvernants et les capitalistes au nom les petites gens aiment la faire au moins autant sinon les peuples ce serait révolté contre elle depuis longtemps c'est extraordinaire quand même ce passage on aurait pu le retenir pourquoi on retient pas ce passage là qui montre sa maturité alors le moi ce que j'ai découvert c'est que l'image d'Anne Frank qu'on a aujourd'hui qui est celui du Nikon d'une petite jeune fille assise à son secrétaire c'est plutôt le la suite d'Hollywood en fait du film mais parce que comme vous le dites aussi Lola la France cette histoire est tellement démoralisant tellement noir que finalement on se sent quasiment obligé de l'édulcorer vous dites d'ailleurs que pendant très longtemps vous avez refusé de lire les récits sur la Shoah que vous aviez une sorte de réticence et enfin s'il y a une chose qu'on peut bien comprendre c'est cela quoi oui parce que c'est vrai que à un moment donné il faut se pencher sur ce qu'on pourrait appeler son héritage d'où on vient et quand on vient d'une famille ou finalement ce qui prédomine c'est l'absence et c'est la mort comment y trouver une place moi je me dis que finalement on peut faire quelque chose de ça et que si on n'a pas effectivement de nom et puis de moi je ne peux pas savoir qui était mes arrières grands-parents je ne peux rien de savoir en fait je ne peux pas aller trouver ils sont morts de façon anonyme dans des convois qui les menaient à Auschwitz comme mes grands tentes et je me dis que en dépit de tout ça dans l'absence dans le vide il faut trouver une façon de laisser une trace alors un livre c'est une trace c'est la preuve qu'on est en vie mais c'est aussi un hommage aux morts et finalement le quand tu écouteras cette chanson c'est aussi la question de l'héritage de façon plus large c'est à dire que on croise des gens qui nous laissent une chanson à écouter qui nous laisse une lettre qui nous laisse un objet ma grand-mère m'a laissé une médaille Anne Frank et elle m'a dit de ne jamais l'oublier et qu'est-ce qu'on fait de ce que les gens nous laissent est-ce qu'on leur doit pas quelque chose comme une sorte de fidélité qu'est-ce que vous en avez fait parce que donc la question du judaïsme de l'antisémitisme n'existe dans votre œuvre sauf erreur de ma part qu'à partir de votre le dernier roman on la trouve elle est le thème principal de ce récit bien sûr quand tu écouteras cette chanson ça veut dire que finalement cette médaille vous a fallu du temps pour pour la transformer en écriture oui il m'a fallu beaucoup de temps il m'a fallu aussi trouver de quelle façon en parler parce qu'au moment où je me suis dit je vais aller dans la Maison Anne Frank et puis je vais écrire autour de ça il était hors de question de me mettre en parallèle à elle je crois que cette histoire l'histoire d'Anne Frank l'histoire des Franck parce que il y a Margot Franck il y a auto extraordinaire le père le père est absolument extraordinaire vous racontez je trouve que c'est une scène absolument bouleversante et quand il lui a fallu déménager évidemment il ne pouvait pas déménager de manière libre comme nous le ferions et donc il l'emportait dans sa serviette progressivement les différents objets qu'ils allaient avoir besoin d'utiliser dans leur refuge oui et il y a quelque chose de qui m'a vraiment renversé dans les premières minutes où j'étais dans l'annexe justement c'était que je me suis trouvée au milieu d'un espace vide et j'ai vu un rectangle de papier peint qui était encadré et j'ai cru qu'ils avaient encadré du vide en fait et j'étais dans l'apénombre et je me suis approché et j'ai vu que le père autofranc avait tracé dans ce petit rectangle des traits de crayon très fins pour mesurer la croissance de ces deux filles parce qu'en dépit de de leur situation elle grandisse là dedans donc il y a quelque chose de vivant aussi dans l'annexe et puis c'est aussi un endroit qui a permis à une œuvre de se faire mais ces petits traits de crayons dans la nuit ils sont à la fois renversants parce que ils ne s'en sont pas sortis sauf auto Franck et aussi il y a une beauté en fait mais alors on pense beaucoup à cet homme alors peut-être parce que on peut plus ou moins s'identifier à lui et notamment au crainte de ne pas pouvoir protéger ses enfants il a j'ai appris quand j'étais à Amsterdam j'ai rencontré des historiens j'ai rencontré des personnes qui voilà qui travaillent sur le sujet depuis très très longtemps et qui m'ont dit que auto Franck était avait été accusé d'avoir fait le mauvais choix c'est-à-dire que il aurait dû je déteste comment on dit ça c'est affreux il aurait dû se séparer de ses filles et puis les mettre à la campagne etc alors oui je ne sais pas ce qu'il aurait dû faire il a il a fait ce qu'il a pu en fait j'ai l'impression et il y a le fait qu'il est caché le journal de sa cadette sous son lit tous les soirs dans l'annexe parce qu'elle le lui demandait c'est je sais pas c'est c'est tellement c'est tellement énorme ce père tellement éclairé aussi il faut le dire une famille tellement éclairée qui en voyait ses filles à Montessori qui leur laissait lire tout ce qu'elle voulait et qui protégeait l'écriture de la petite âne il y a donc ce thème de de l'adolescence il y a le thème aussi de votre adolescence parce que il faut dire le la la font que vous avez eu une vie singulière en ceci que à l'âge donc de quelques mois jusqu'à l'âge de 12 ans et vous avez été en vulgarie en Roumanie vous avez vécu une existence alors ce n'est pas une existence dérange puisque pas du tout ce qu'on vécu évidemment les réfugiés après guerre mais vous avez vécu de manière un peu anachronique la vie de ce que beaucoup de Juifs ont vécu avant la guerre en étant en Bulgarie en Roumanie dans des pays qui ont été souvent inhospitaliers très inhospitalier pour eux moi j'étais une enfant je veux dire j'ai eu une vie très très normale et puis voilà je suis avec mes parents qui étaient professeur de littérature donc il n'y avait rien de tragique évidemment je pense que la judé en ce qui me concerne je m'en suis elle a eu deux facettes elle a eu celle d'un d'une fidélité aux morts qui a été vraiment très importante c'est à dire que mes grands-parents rescapés vraiment mon sens dit qu'il fallait lutter si ça revenait et il y avait d'un autre côté mon désir de m'en éloigner et de et de me recréer d'une façon différente c'est à dire que je j'ai eu pendant l'adolescence c'est assez banal mais envie de faire partie d'une majorité d'un groupe qui ne soit ni stigmatisé ni plein et à un moment donné on se rend compte qu'il faut faire face et que il faut faire face à ce qu'on est et c'est quand même là on en a pas parlé mais c'est quand même pour moi très singulier de parler d'Anne Frank de parler de toute cette période quand on tourne de nous tellement de pays européens font le choix de l'extrême droite c'est difficile de faire comme si j'avais écrit un récit qui n'avait aucun rapport avec ce qui était en train de se passer non non mais moi je me le dis je me dis mais j'ai pas dit ça veut dire pour moi de raconter ça comme si c'était complètement du passé la phrase sur la bonté des hommes évidemment dans le contexte de la guerre en Ukraine elle résonne de manière absolument actuelle absolument et c'est vrai que je l'Italie la Suède tous ces tous ces choix de l'extrême droite font que d'une certaine façon quand j'étais dans l'annexe je n'avais pas l'impression d'être complètement dans le passé en fait évidemment qu'il y a des gens qui se cachent encore pour ne pas être assassiné justement le fait de relier cela le fait de d'avoir de l'empathie parce que c'est quelque chose que vous poursuivez au fur et à mesure de votre écriture le la la font avec les craintes de jeunes filles avec également les traumatismes d'enfance c'est un autre thème que l'on retrouve dans votre oeuvre cette fois-ci on le retrouve démultiplié avec ce moment où vous devez vous confronter aux angoisses d'Anne Frank moi j'ai j'ai pendant la nuit j'ai marché sans cesse et j'ai compté le nombre de pas dans le disposer dans l'annexe et il y a à peine 40 pas entre la bibliothèque la fausse bibliothèque qui fait porte d'entrée en fait dans l'annexe parce que c'est une porte c'est une porte factice en fait qui dissimule la vraie et puis la chambre ça veut dire que cette jeune fille elle a eu pendant 25 mois 40 pas comme voyage et que là c'est uniquement l'écriture qui est son voyage et que ce voyage il nous est envoyé et qu'on doit le lire pour ce qu'il est on peut pas se permettre dans d'enlever des bouts et puis de de faire ce qui nous arrange avec ce texte et quand j'étais dans l'annexe et que je marchais et que j'allais venais je me suis rendu compte que j'étais incapable de rentrer dans sa chambre et que j'ai réussi à passer la tête vers 5h du matin parce que je me suis demandé pourquoi des millions de gens viennent dans cette chambre d'adolescente une chambre où on voit encore les photos d'actrices que les les photos de il y a une photo de Elizabeth II à l'âge de 12 ans qui est là et pourquoi on se précipite dans cette chambre alors que peut-être que le cœur de cette histoire il est dans dans son œuvre il est dans ce cas-là écrit et dans ce qu'elle nous a écrit et le fait justement de continuer à écrire pour vous vous écrivez beaucoup le fait de chercher à transmettre puisque au final cette médaille elle est devenue de la littérature la LA FONT oui c'est vrai cette médaille est devenue la littérature enfin en tout cas elle est devenue une histoire oui il y a vraiment quelque chose de la transmission et j'ai l'impression que c'est par l'histoire des autres on arrive à la sienne souvent et sans vouloir spoiler donc la fin du récit finalement ma seule façon de trouver une place dans cette histoire et notre façon de trouver une place peut-être dans cette abîme de l'absence d'Anne Frank c'est peut-être en passant parfois par des choses minuscules comme un objet comme on peut pas l'appréhender comme quelque chose d'énorme c'est trop grand pour pouvoir l'appréhender quand tu écouteras à cette chanson c'est le très beau récit que vous publiez aux éditions Stock merci beaucoup merci