Présentation du plan de soutien à la filière automobile française
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- 3:00E. MacronFait
« La Chine ayant été touchée d'abord, puis étant repartie, les Etats-Unis étant touchés après l'Europe mais très fortement. »
- 3:30E. MacronFait
« L'approvisionnement s'est arrêté, parfois, raréfié partout. Les usines se sont, dans de nombreux cas, arrêtées. »
- 4:30E. MacronChiffre
« Nous serons à fin juin vraisemblablement à environ 500 000 véhicules invendus par rapport à la saison précédente. »
- 8:00E. MacronChiffre
« 7 000 euros pour l'achat d'un véhicule électrique par des particuliers, 5 000 euros pour les entreprises et les collectivités et même 2 000 euros pour les véhicules hybrides rechargeables. »
- 9:00E. MacronPromesse
« Nous accélérerons également le déploiement des bornes électriques sur tout le territoire, pour atteindre dès 2021 l'objectif des 100 000 bornes qui était initialement fixé pour 2022. »
- 11:00E. MacronChiffre
« Au total, c'est un effort de plus d'un milliard d'euros que consent ainsi l'Etat pour soutenir la demande. »
- 12:00E. MacronChiffre
« 200 millions d'euros de subventions pour accompagner les équipementiers, l'ensemble des entreprises sous-traitantes de la filière dans leur transformation et leur montée en gamme. »
- 13:00E. MacronChiffre
« Nous avons décidé la création d'un fonds d'investissement de 600 millions d'euros pour intervenir en fonds propres sur l'ensemble des entreprises de la filière. L'Etat apportera 400 millions d'euros et chacun des 2 grands constructeurs français mettront eux-mêmes 100 millions d'euros dans ce projet. »
- 14:00E. MacronChiffre
« L'Etat au total apportera un peu plus de 8 milliards d'euros d'aides au secteur. »
- 15:00E. MacronPromesse
« PSA a ainsi décidé de fortement augmenter sa production de véhicules électriques et hybrides sur le sol français. En 2019, aucun véhicule de ce type n'était produit par PSA sur notre sol. En 2021, l'objectif de 130 000 véhicules devrait être tenu. »
- 17:00E. MacronChiffre
« 150 millions d'euros seront mobilisés pour contribuer à l'effort de relance de la filière. »
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... -E.
Macron : Bien, madame, monsieur le ministre, monsieur le député, monsieur le maire, madame le maire, monsieur le préfet, mesdames, messieurs, monsieur le président directeur général, monsieur le directeur, mesdames, messieurs. Je suis très heureux d'être parmi vous aujourd'hui à Etaples, dans cette région que je connais bien, parmi celles et ceux qui, depuis plusieurs semaines, sont à pied d'oeuvre pour permettre aux lignes de montage de tenir, repartir, et notre industrie automobile de redémarrer pleinement. Et je veux vraiment vous féliciter pour tout le travail qui a été conduit durant ces semaines difficiles, où nous avons dû décider du confinement pour des raisons sanitaires.
Et vous avez su établir les protocoles sanitaires pour que l'activité se poursuive sur ce site, avec beaucoup de contraintes, avec des réductions substantielles. Et je vous en remercie. L'automobile mondiale traverse une crise profonde.
Ce depuis plusieurs mois. Nous avons un ralentissement de l'activité qui est observé depuis la fin de l'année 2019, qui est lié à plusieurs facteurs et qui a touché plusieurs marchés, et qui, des constructeurs à l'ensemble des sous-traitants, avait commencé à beaucoup affecter toute la filière. D'autre part, l'automobile mondiale et donc française a à traverser des transitions profondes.
La transition de l'électrique, celle aussi du véhicule autonome, qui nécessitent de l'innovation, des changements profonds dans la manière de produire, et des transformations très profondes, un vrai choc d'innovation dans notre industrie. Puis 3e phénomène, ce fut la crise liée au Covid-19. La crise sanitaire que nous venons de vivre a porté en effet un coup d'arrêt massif et brutal à notre filière automobile, en France, en Europe, à travers le monde, avec des rythmes différents.
La Chine ayant été touchée d'abord, puis étant repartie, les Etats-Unis étant touchés après l'Europe mais très fortement. L'approvisionnement s'est arrêté, parfois, raréfié partout. Les usines se sont, dans de nombreux cas, arrêtées.
Le secteur a connu une baisse d'activité en moyenne de plus de 80%. C'est sans précédent hors temps de guerre. Les concessions ont fermé, les Français confinés ont cessé d'acheter, et les ventes d'automobiles ont elles aussi chuté de 80%.
Ce qui signifie qu'aujourd'hui, il y a plus de 400 000 véhicules sur le marché français qui auraient dû être vendus et qui ne l'ont pas été durant les dernières semaines. Nous serons à fin juin vraisemblablement à environ 500 000 véhicules invendus par rapport à la saison précédente. C'est du jamais vu pour ce secteur qui représente près de 16% du chiffre d'affaires de notre industrie, 4 000 entreprises, près de 400 000 salariés, si je prends l'ensemble de l'aval et des services, près du double.
Un secteur qui incarne aussi le génie de notre nation. Notre pays ne serait pas le même sans ces grandes marques, Renault, Peugeot, Citroën, sans tous les modèles passés et actuels et l'ensemble des équipementiers qui rendent possibles ces marques comme elles rendent possibles aussi toutes les grandes marques internationales. Et être ici sur ce site de Valeo en est l'exemple parfait au sein d'une entreprise qui, durant les 10 dernières années, a su tout à la fois diversifier très profondément l'ensemble de ses clients à travers le monde en renforçant son empreinte industrielle en France.
Mais le défi de l'automobile, c'est un défi de l'identité française, c'est un défi pour l'identité de cette région des Hauts-de-France, où cette industrie joue un rôle particulier. Et c'est un défi pour l'emploi et la situation économique et sociale de notre pays. Face à cette crise inédite, notre 1re réponse a été de préserver les femmes et les hommes, les entreprises et le savoir-faire.
Le secteur automobile a ainsi largement bénéficié des mesures d'urgence mises en place par le gouvernement, et je veux remercier le ministre de l'Economie et des Finances, la ministre du Travail, qui ont été particulièrement mobilisés sur ces aspects. 1 500 sites industriels du secteur ont ainsi demandé la mise en place du chômage partiel pour 250 000 salariés. Ce sont autant de situations de chômage définitif que nous avons évitées dans cette période.
C'est un soutien de plusieurs centaines de millions d'euros. 300 millions d'euros de prêts garantis par l'Etat ont été accordés aux entreprises du secteur. La nation a donc répondu présent en soutien à l'ensemble de ces entreprises, comme je l'avais dit à nos concitoyens dès le mois de mars, quoi qu'il en coûte.
Et nous continuerons à le faire, puisque pour éviter les défaillances, des aides apportées dès le mois de mars continueront à être utilisées, notamment en ce qui concerne l'activité partielle. Ce n'est pas suffisant cependant car il nous faut non seulement préserver, mais aussi transformer pour faire face aux défis que j'évoquais. Il nous faut penser et construire l'après.
Notre industrie est confrontée à des défis majeurs qui, comme je le disais, étaient là avant le Covid-19. Et il nous faut trouver aujourd'hui à la fois les moyens de défendre notre tissu industriel sur toute la chaîne de valeur, relancer la machine et déstocker, et préparer demain. Et l'après dans l'industrie automobile, c'est le monde de la motorisation électrique.
L'après dans l'industrie automobile, ce sont les véhicules autonomes. Et c'est bien cette avant-garde que notre pays doit incarner. Mais l'après se prépare dès maintenant dans la consolidation de notre tissu industriel.
Et nous ne saurions embrasser les défis de demain, si nous laissons des entreprises, petites ou grandes, des constructeurs comme leurs sous-traitants tomber dans la période difficile que nous sommes en train de vivre et que nous allons vivre durant les prochains mois. Pour ce faire, nous nous devons d'être unis. Constructeurs, l'ensemble des sous-traitants et leurs salariés, l'Etat, bien entendu, avec plusieurs objectifs.
Faire en sorte qu'aucun modèle produit en France ne quitte le territoire français en production. Et donc avoir une ambition clairement défensive, qui est de défendre notre tissu industriel, de nous battre pour aider l'ensemble des salariés du secteur et de leurs employeurs. Ensuite, augmenter la valeur ajoutée produite en France.
Ca veut dire mettre notre industrie automobile au coeur du défi de la modernisation, de l'électrique et de l'autonome. Et bien évidemment cela veut dire aussi porter cette ambition écologique en maximisant les activités en France sur ces secteurs, en particulier l'électrique. Et je veux saluer le travail conduit par la ministre des Transitions, le ministre de l'Economie et des Finances, avec l'ensemble du secteur, afin de nous mettre d'accord sur un objectif mobilisateur : faire de la France la 1re nation productrice de véhicules propres en Europe, en portant à plus d'un million par an sous 5 ans la production de véhicules électriques, hybrides rechargeables ou hybrides, et de consolider en parallèle notre empreinte industrielle.
C'est tout le sens du plan de soutien et de relance décidé avec l'ensemble, justement, de la plateforme automobile, que je souhaite vous présenter aujourd'hui. Un plan historique face à une situation historique et terriblement difficile que notre pays va avoir à affronter. Ce plan, il se tient en 3 axes.
Le 1er axe d'action de ce plan, c'est le soutien de la demande. En effet, la plateforme automobile, et je veux ici saluer le rôle, le travail du président Luc Chatel et de l'ensemble de ses équipes aux côtés des ministres, à clairement identifier le besoin que j'évoquais tout à l'heure, ce sont ces 400 000 véhicules invendus à ce jour. Et donc ce qu'il nous faut réussir à faire, c'est que nos concitoyens achètent davantage de véhicules dans les semaines à venir, et en particulier davantage de véhicules propres.
Pas dans 2 ans, 5 ans ou 10 ans. Maintenant. Tout renouvellement du parc de véhicules est bon écologiquement.
A chaque fois qu'un de nos concitoyens change un vieux véhicule essence ou un vieux diesel pour un véhicule neuf diesel, essence, hybride, et encore mieux électrique, nous réduisons nos émissions, et nous nous mettons en situation de respecter nos objectifs. Ce qui montre qu'on peut réconcilier l'objectif écologique et l'objectif économique. Et c'est le but des 2 instruments que nous avons décidés ce matin ensemble.
Le 1er : le renforcement de la prime électrique. Les véhicules électriques et hybrides rechargeables bénéficieront de mesures de soutien exceptionnelles pour les particuliers comme pour les entreprises. 7 000 euros pour l'achat d'un véhicule électrique par des particuliers, 5 000 euros pour les entreprises et les collectivités et même 2 000 euros pour les véhicules hybrides rechargeables qui, jusqu'alors, étaient exclus de toutes ces primes existantes.
On parle de ces montants et même plus puisque pour les personnes qui vivent ou travaillent dans des zones à faible émission, la prime pourra être bonifiée. Et parce qu'il ne peut y avoir de véhicule électrique sans système de recharge, nous accélérerons également le déploiement des bornes électriques sur tout le territoire, pour atteindre dès 2021 l'objectif des 100 000 bornes qui était initialement fixé pour 2022. C'est le 1er volet de ce soutien à la demande, qui est là aussi une offre inédite.
Aucun autre pays européen n'a un système de soutien aussi ambitieux pour les véhicules électriques et hybrides, et aussi ambitieux exclusivement financé par l'Etat. Le 2e volet, c'est la prime à la conversion exceptionnelle que nous avons décidée, qui est une véritable prime de relance, qui va permettre pour l'achat de véhicules diesel et essence dernière génération, hybrides et électriques, de faciliter pour plus des 3/4 des Français l'achat en apportant cette aide, avec là aussi beaucoup de simplicité. Les 3/4 des Français seront éligibles.
Il suffit d'avoir un revenu fiscal de référence inférieur à 18 000 euros net. Un particulier qui met au rebut son véhicule polluant, diesel ou essence, pour un véhicule plus propre, neuf ou d'occasion, dans toutes les catégories que je viens d'évoquer, sera aidé à hauteur de 3 000 euros par l'Etat, et même 5 000 euros s'il s'agit d'un véhicule électrique. Ce dispositif, là aussi exceptionnel, sera disponible à partir du 1er juin pour les 200 000 achats à venir.
Ce qui veut dire que cette offre exceptionnelle commencera le 1er juin pour 200 000 véhicules, pour aider ainsi l'ensemble des constructeurs et des concessionnaires à déstocker mais ne sera valable que pour les 200 000 véhicules vendus dans ce cadre et à la suite de cette annonce. Au total, c'est un effort de plus d'un milliard d'euros que consent ainsi l'Etat pour soutenir la demande. C'est le plan d'urgence indispensable, sans quoi nous serions amenés à avoir des constructeurs qui réduisent leur production, et à avoir véritablement des volumes fortement réduits pour toute la chaîne.
Le 2e axe d'action consiste à investir pour produire en France les véhicules de demain. Continuer à investir, continuer à innover sur le sol français, c'est indispensable pour préserver notre empreinte industrielle, nos emplois, et en créer de nouveaux. C'est en France que le véhicule propre qui équipera l'Europe et le monde dans les années à venir s'inventera et se produira.
Des moyens financiers très conséquents seront ainsi consacrés à la modernisation des chaînes de production, à la robotisation, la numérisation, l'innovation écologique et l'industrie 4.0. Ainsi, nous allons mobiliser 200 millions d'euros de subventions pour accompagner les équipementiers, l'ensemble des entreprises sous-traitantes de la filière dans leur transformation et leur montée en gamme.
J'y reviendrai. Ce sont ces investissements qui permettent de déclencher des projets, comme celui que Valeo a décidé. Deuxièmement, nous avons décidé la création d'un fonds d'investissement de 600 millions d'euros pour intervenir en fonds propres sur l'ensemble des entreprises de la filière.
L'Etat apportera 400 millions d'euros et chacun des 2 grands constructeurs français mettront eux-mêmes 100 millions d'euros dans ce projet. Et j'invite d'ailleurs tous les constructeurs présents en France ou souhaitant s'y développer, à contribuer à ce fonds d'investissement. Son objectif est triple.
Moderniser l'ensemble de la filière, et donc des sous-traitants. Consolider en particulier les secteurs de la sous-traitance qui seront fragilisés dans la période à venir. On a beaucoup d'entreprises qui sont encore de petite taille, et on le sait, dans nos régions, elles sont très importantes pour l'emploi, pour l'industrie dans nos régions, mais elles sont parfois fragiles, et on va avoir besoin de les regrouper, de les consolider.
Ce fonds permettra de financer ces rapprochements. Et nous savons que dans les prochaines semaines et les prochains mois, nous aurons aussi des entreprises, de petite taille ou de taille moyenne, qui seront confrontées à des chocs très durs et qu'il faudra soutenir en fonds propres pour éviter qu'elles ne fassent faillite. Ce sera aussi l'objectif de ce fonds, à faire ce qu'on appelle le retournement.
C'est véritablement un objectif pour accompagner en fonds propres notre industrie automobile. Nous tirons là les enseignements de ce que nous avons vécu il y a 10 ans, et qui sera plus violent encore cette fois-ci. 3e volet : nous investirons aussi pour soutenir l'innovation, la recherche-développement de l'industrie automobile française, en cohérence avec nos grands axes technologiques pour le véhicule du futur.
Dès 2020, 150 millions d'euros seront mobilisés pour contribuer à l'effort de relance de la filière. Et le ministre de l'Economie et des Finances comme la ministre des Transitions feront en sorte que les projets les plus avancés puissent démarrer avant la fin du mois d'août, et je les remercie pour le travail à venir sur ce volet, en lien avec la plateforme. Le 3e axe et dernier axe de ce plan qui en découle, c'est au fond le pacte entre l'Etat, les entreprises et l'ensemble des salariés du secteur que nous sommes en train de sceller et dont je souhaiterais faire véritablement un exemple et une source d'inspiration pour l'ensemble de l'industrie française.
L'Etat au total apportera un peu plus de 8 milliards d'euros d'aides au secteur. Les constructeurs ont pris en contrepartie une série d'engagements forts qui consistent à relocaliser la production à valeur ajoutée en France et à consolider et maintenir la totalité de la production industrielle sur nos sites. PSA a ainsi décidé de fortement augmenter sa production de véhicules électriques et hybrides sur le sol français.
En 2019, aucun véhicule de ce type n'était produit par PSA sur notre sol. En 2021, l'objectif de 130 000 véhicules devrait être tenu. L'engagement pris est celui, toutes choses égales par ailleurs, de 450 000 véhicules produits sur le sol français.
Ce qui représente de la part du groupe PSA 360 millions d'euros d'investissements d'ici 2022. Les sites de Poissy, de Rennes, de Mulhouse, de Sochaux seront concernés par ces engagements. Et je me félicite de l'annonce faite en ce moment par PSA de localiser à Sochaux la production de la 3008 électrique.
C'est une décision importante, une marque de confiance pour le site de production France, et notre capacité à relever ensemble ce défi. Renault, de son côté, a pris ce matin plusieurs engagements qui seront confirmés d'ici la fin de semaine. D'ici à 2022, la production de véhicules électriques sera triplée en France et quadruplée d'ici 2024.
L'objectif est un objectif de 240 000 véhicules. Renault a pris la décision, et je me suis entretenu ce matin avec son président, de développer le nouveau moteur électrique de l'Alliance, 100kW, à Cléon. Projet initialement prévu en Asie.
Renault a aussi acté ce matin sa décision de rejoindre le programme européen de batteries électriques, qui est un programme principalement franco-allemand, comme vous le savez, qui regroupait entre autres côté français PSA et Total Saft, Renault va s'y adjoindre, rentrer au capital, et développer aussi le projet. Parlant aujourd'hui de Renault, de ses nouvelles ambitions et de ses engagements, je veux également avoir un mot pour vos collègues et nos amis du site de Maubeuge et de Douai, dans le Nord. Je me souviens, en novembre 2018, de la visite effectuée là-bas et des investissements auxquels le groupe Renault s'était alors engagé pour Maubeuge et l'ensemble du tissu productif dans le Nord à hauteur de 450 millions d'euros.
Et je n'ai pas l'habitude d'oublier les engagements que j'entends. C'est pourquoi j'entends que le département voisin de celui où nous nous trouvons aujourd'hui, ce département du Nord, puisse aussi être au rendez-vous des ambitions du groupe. Et je demande à ce que l'ensemble des salariés de Maubeuge et de Douai puissent avoir toutes les garanties sur leur avenir, leur capacité à produire et à oeuvrer dans le groupe Renault.
Je souhaite aussi que l'ensemble des sous-traitants, si importants pour le tissu industriel et productif, aussi bien à Maubeuge qu'à Douai, puisse avoir une visibilité claire et des garanties. C'est pourquoi, ayant ce mot et ces exigences, je veux ici redire à l'ensemble des élus de Maubeuge comme de Douai le soutien qui sera celui de la nation et l'engagement du gouvernement. Le ministre de l'Economie, qui a eu l'occasion avec moi de s'entretenir ce matin avec le président de Renault, et a pu avoir plusieurs des élus, présidera dès lundi prochain une table ronde avec Renault, l'ensemble des industriels et sous-traitants concernés, les syndicats, les élus qui sont aussi concernés, pour, dans le dialogue, trouver les solutions qui permettent précisément d'être au rendez-vous de l'ambition industrielle que nous nous donnons collectivement.
Le prêt de 5 milliards d'euros de l'Etat ne saurait être conclu avant que ces discussions n'aboutissent, et il dépendra de l'issue de celles-ci. Pour ce qui est des sous-traitants, plusieurs grands projets sont aussi lancés. Michelin et Faurecia ont décidé de développer la pile hydrogène à Lyon, avec un engagement de 50 millions d'euros par an d'investissements, de 150 millions d'euros de recherche et développement, et plus de 200 créations d'emplois.
Enfin, Valeo, et je remercie Jacques Aschenbroich pour son engagement, a décidé en effet 100 millions d'euros d'investissements et de projets sur le projet 48 Volts, que nous avons vu ensemble et que vous m'avez présenté. Et l'Etat participera à hauteur de 40% à cet investissement total. Et donc ce sont 40 millions d'euros d'investissements de l'Etat dans le cadre de ce projet qui va toucher les 4 grands sites français productifs, mais au 1er chef celui d'Etaples, et qui va permettre non seulement de consolider l'empreinte industrielle et les emplois, mais, je le sais aussi, de continuer à les développer, et donc de développer de l'emploi, mais également de la valeur ajoutée sur les sites français.
Enfin, tout cela n'est possible que parce qu'il y a aussi l'engagement des salariés. Et je veux remercier tous les salariés que j'ai pu voir aujourd'hui sur votre site ainsi que leurs représentants. Parce que vous avez su maintenir tout au long de cette crise la production par le dialogue social, par le travail conduit entre l'entreprise et les organisations syndicales.
Mais au niveau de la branche, je veux saluer l'extraordinaire travail fait par la métallurgie et les organisations syndicales et patronales. L'accord qui a été conclu permet à ce stade déjà de montrer une dynamique de préservation de l'emploi, de maintien des compétences et de développement des compétences, et de solutions nouvelles en matière d'alternance pour que nos jeunes continuent à rentrer dans la filière. Ce que j'ai demandé à la ministre du Travail, avec le ministre de l'Economie et des Finances, c'est de pouvoir, dans les prochains jours, sur la base d'ailleurs de ce modèle, travailler sur un cadre que je souhaite plus largement discuter avec l'ensemble des organisations syndicales et patronales la semaine prochaine au niveau national.
Mais ce que nous allons faire au niveau de l'automobile, ce sont des accords dont la vocation est de préserver dans nos entreprises les emplois et les compétences, et de savoir faire ce que parfois nos voisins allemands ont su plus vite et mieux faire que nous, et ce que nous avons trop peu fait dans notre pays, c'est-à-dire essayer d'éviter à tout prix les plans sociaux et les faillites, pour négocier au niveau de la branche et de l'entreprise des plans qui permettent d'ajuster l'activité, parfois de la réduire, d'accepter du chômage partiel, aménager des réductions d'activité, avec des concessions qui sont faites par les employeurs, des concessions qui sont faites par les salariés, et la branche qui s'engage et l'Etat qui s'engage pour à certains endroits maintenir du pouvoir d'achat, à d'autres accélérer les compétences, et utiliser justement ce temps qui est libéré par du chômage partiel provisoire pour réussir à former, à monter en compétence, à aller vers les nouveaux emplois ou les nouvelles qualifications qui existent dans la filière. Ce défi ne peut être relevé que par le dialogue social, que parce que nous saurons ensemble ne pas céder aux passions de la division, parfois de la démagogie, mais par la négociation concrète, savoir que nous avons tous et toutes un seul objectif : nous battre pour l'emploi et l'industrie dans l'automobile partout en France. Ce plan sera évidemment abondé, complété par ce que nous avons initié avec la chancelière Merkel la semaine dernière.
Le plan de relance franco-allemand à hauteur de 500 milliards d'euros, qui, je l'espère, donnera lieu à une réponse plus ambitieuse encore de la Commission européenne, a vocation à soutenir les secteurs, les régions les plus en difficulté dans notre Europe. Et il a donc vocation à accompagner, de même que le Green Deal européen, les ambitions que je viens d'assigner et les engagements que nous venons de prendre, la nation tout entière. Voilà, mesdames et messieurs, ce que je voulais vous annoncer aujourd'hui, en remerciant à nouveau les ministres, l'ensemble du secteur de l'automobile, ses industriels, ses salariés.
Il s'agit d'un plan de défense de notre emploi industriel qui va être confronté à l'une des plus graves crises de son histoire. Il s'agit d'un plan de souveraineté industrielle automobile qui a vocation à relocaliser de la valeur ajoutée et à nous battre pour que la valeur ajoutée et les secteurs d'avenir se fassent en France. Et il s'agit donc bien d'un plan d'avenir de l'automobile du XXIe siècle.
Je vous remercie pour votre engagement, pour les choix faits, mais il nous reste encore, comme vous l'avez compris, énormément de travail et beaucoup d'engagement à avoir. Merci beaucoup. Merci pour votre attention et votre engagement. (Applaudissements) (...) Merci beaucoup.
Emmanuel Macron