Lyhanna : le gouvernement sous pression...
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:15OuverteRéponse directe
C'est devenu un scandale d'Etat. Ce drame embrase le débat politique. Est-ce un scandale d'Etat?
- 0:30RelanceRéponse directe
Pourquoi récuser la faute de l'Etat?
- 1:00RelanceRéponse directe
Vous n'êtes pas sur la même ligne que le ministre de la Justice. Pourquoi?
- 2:30RelanceRéponse directe
G.Darmanin dit qu'il faut sanctionner des défaillances individuelles. Vous dites que c'est un système. Pourquoi?
- 3:30OuverteRéponse directe
Le Premier ministre propose la perpétuité pour les violeurs récidivistes. Faut-il légiférer?
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Faut-il un fichier accessible aux parents comme en Pologne?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:45E.CiottiFait
« C'est naturellement un scandale d'Etat qui traduit une défaillance d'Etat, une défaillance des gouvernements. »
- 1:15E.CiottiChiffre
« On a 3 procureurs pour 100 000 habitants en France. Un procureur, en moyenne, doit traiter 2000 affaires. »
- 3:00E.CiottiChiffre
« Les moyens qu'on consacre à la sécurité, à la justice et à la défense nationale, dans notre richesse nationale, ont été divisés par 2, alors que la société est plus violente. »
- 4:15E.CiottiChiffre
« Il y a eu, l'an dernier, 160 000 agressions sexuelles contre des enfants. C'est une toutes les 4 minutes dans notre pays. »
- 5:00E.CiottiChiffre
« 80 % de ces agressions se déroulent dans un cadre intrafamilial. »
- 9:00E.CiottiFait
« Il manque aussi des places en structures psychiatriques. »
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A demain, même lieu, même heure. ... - C.Roux: Bonsoir.
Bienvenue dans "C dans l'air". C'est devenu un scandale d'Etat. Des centaines de rassemblements hier dans toute la France devant les tribunaux pour dénoncer les manquements de la justice après la mort de Lyhanna.
Ce matin, les ministres de la Justice et de l'Intérieur ont été auditionnés au Sénat. Ce drame embrase le débat politique. Bonsoir, E.Ciotti.
Merci d'avoir accepté cette invitation. Vous êtes maire UDR de Nice et député des Alpes-Maritimes. La mère de Rosa, une enfant de 11 ans violée par Jérôme Barella en 2025...
Elle était menacée de harcèlement alors qu'elle voulait relancer les enquêteurs. C'est un scandale d'Etat? - E.Ciotti: C'est naturellement un scandale d'Etat qui traduit une défaillance d'Etat, une défaillance des gouvernements.
L'Etat, c'est une nébuleuse. Derrière l'Etat, il y a un gouvernement, des gouvernements qui, depuis des années, font des choix politiques. Aujourd'hui, on réagit face à l'horreur de ce drame.
Mais on a réagi chaque fois avec la même intensité. Au final, il y a de l'émotion et on passe à la banalisation, puis à l'oubli. Malheureusement, des affaires aussi dramatiques, et celle-là atteint un niveau d'horreur insupportable, se multiplient.
Je récuse la faute de l'Etat. - C.Roux: Pourquoi? - E.Ciotti: C'est la faute de responsables politiques qui, depuis des années, n'ont pas placé la protection de nos concitoyens, au premier rang d'entre eux les enfants.
Le risque zéro n'existe pas. Il y aura toujours, dans une société humaine, des dérapages. Notre devoir, le devoir d'un élu, qu'il soit national ou local, c'est de resserrer les mailles du filet pour que la protection soit maximale.
Je le dis depuis des décennies. On n'a pas consacré aux moyens de sécurité, de justice, des moyens considérables. C'est une question de moyens.
On a 3 procureurs pour 100 000 habitants en France. Un procureur, en moyenne, doit traiter 2000 affaires. Comment voulez-vous qu'il traite 2000 affaires?
On a un effondrement des enquêteurs de police judiciaire. Rien que dans ma ville, on a eu un double assassinat sur fond de trafic de stupéfiants il y a 15 jours. On a 97 enquêteurs qui travaillent dans la police judiciaire en moins.
Ces enquêteurs sont en surcharge de travail. On a de l'émotion, on appelle à des lois nouvelles, mais avant d'avoir des lois nouvelles, donnons les moyens. - C.Roux: Au fond, vous n'êtes pas sur la même ligne que le ministre de la Justice, qui va essayer de chercher des responsabilités individuelles.
Il dit que ce n'est pas une question de moyens. Il dit qu'il y a eu des défaillances et qu'il faut qu'elles soient sanctionnées. Vous dites, comme les magistrats, qu'on ne peut pas répondre à la masse de plaintes qui sont désormais déposées pour des violences sexuelles concernant des mineurs, mais aussi des femmes. - E.Ciotti: Dans cette affaire, bien sûr qu'il y a des défaillances individuelles.
Il faudra que les responsables soient sanctionnés. Mais de façon globale, quand un magistrat a 2000 affaires, quand on demande de façon très démagogique que, d'ici le 14 juillet, c'est-à-dire dans 36 jours, on traite 70 000 dossiers...
Comment voulez-vous que les services d'enquête, les services locaux de police judiciaire, les sections de recherche de la gendarmerie et les services interdépartementaux de police judiciaire puissent absorber ces 2000 affaires par jour, s'il fallait les traiter? C'est ridicule. C'est de la démagogie.
G.Darmanin se défausse... - C.Roux: Sur les magistrats. - E.Ciotti: C'est un peu sa nature.
Mais c'est un système. On me demandait tout à l'heure s'il fallait qu'il démissionne. Lui ou un autre, c'est le même sujet.
Ce qu'il faut changer, c'est le système global, qui fait que la sécurité n'est pas la priorité depuis des décennies de ceux qui nous gouvernent. - C.Roux: L.Nunez disait: "Peut-être que l'institution ne protège plus." Il a dit ça devant les sénateurs ce matin.
G.Darmanin a dit hier: "C'est un dysfonctionnement terrifiant." Des ministres en charge qui constatent l'échec de leur administration, vous dites qu'ils ne sont pas responsables et qu'ils ne peuvent rester en fonction? - E.Ciotti: Ce sont des faux ministres, quelque part.
Ils commentent leur impuissance. Ils sont dans un système où on ne gouverne plus le pays depuis 2024, même de 2022. Il y a eu des orientations politiques depuis l'élection de F.Hollande, poursuivies par celles d'E.Macron, qui n'ont jamais fait de la sécurité de nos concitoyens une priorité nationale.
Les moyens qu'on consacre à la sécurité, à la justice et à la défense nationale, dans notre richesse nationale, ont été divisés par 2, alors que la société est plus violente. Nos services de protection ont été dévitalisés. On n'a pas suffisamment de magistrats, de policiers et de gendarmes.
On a aussi une approche juridique, notamment dans nos hautes juridictions, qui confine à une forme de naïveté. La sécurité n'est pas une valeur constitutionnelle qui, aujourd'hui, prime sur les autres. On a eu des décisions du Conseil constitutionnel ahurissantes de naïveté.
Il faut remettre la sécurité au premier rang de nos priorités sur le droit et sur les moyens. - C.Roux: Le Premier ministre, à l'Assemblée nationale cet après-midi, propose la perpétuité pour les violeurs récidivistes, au lieu d'une peine de 20 ans aujourd'hui.
Il propose que, dans le cadre de crimes contre les enfants, les actes d'enquête soient effectués dans les 3 mois. Est-ce qu'il faut légiférer? Est-ce qu'il faut cette loi intégrale, comme l'a fait l'Espagne, pour prendre en charge?
Est-ce qu'il faut de nouveaux outils législatifs pour faire mieux? - E.Ciotti: Sans doute.
J'en proposerai également. Je veux proposer que le fichier des auteurs d'infractions sexuelles soit accessible pour les parents. Un parent doit savoir... - C.Roux: Tous les parents? - E.Ciotti: Oui.
Un parent doit savoir si son enfant est au contact d'enseignants, d'éducateurs, dans une école, dans un centre de loisirs...
Si la personne qui encadre son enfant n'a pas été mise en examen...
En Pologne, le nom des délinquants sexuels est public. - C.Roux: Ca passerait, en France? - E.Ciotti: Je crois qu'à un moment, ça serait une étape nouvelle.
Il faut que les autorités qui aient accès à ces fichiers puissent les contrôler au moins chaque année. On contrôle, quand on recrute...
J'ai vu un sujet...
Je viens d'être élu maire de Nice. On a eu une affaire similaire. - C.Roux: Avec un animateur qui a été mis en examen pour viol et agression sexuelle sur des enfants. - E.Ciotti: Une enquête a été faite.
L'auteur présumé est en détention. La justice a fait parfaitement son travail. Il y a 4 personnels en cause.
On va demander les sanctions les plus lourdes. Il faut une exemplarité de toute la chaîne. J'ai reçu les parents.
Ca a été mon 1er rendez-vous à l'hôtel de ville. On a cette exemplarité, on doit la porter. Accès à tous les fichiers, confusion des peines, suppression des aménagements de peine...
Bien sûr qu'on doit aller plus loin. Mais la question, le préalable...
On peut mettre la perpétuité, mais si on ne trouve pas l'auteur, si on laisse passer...
Il faut les moyens. - C.Roux: J.Barella était inscrit au fichier Taj.
Il était aussi dans Cassiopée, un autre fichier pour le parquet. - E.Ciotti: Le fichier des antécédents judiciaires aux mains des enquêteurs...
Ils n'ont pas connecté. - C.Roux: Il était connu des services mais n'avait jamais été condamné.
Son dossier n'était pas considéré comme prioritaire. Est-ce qu'il ne faudrait pas un fichier de police pour inscrire des gens qui ont un signalement, comme les fichés S? - E.Ciotti: Le fichier des antécédents judiciaires, dès qu'il y a une mesure de garde à vue, la personne rentre dans ce fichier. - C.Roux: Il n'avait pas été placé en garde à vue.
Il n'avait pas été entendu. - E.Ciotti: C'est la faute qu'il faudra pointer.
Pour inscrire une personne dans un fichier, il faut au moins un élément de suspicion. La garde à vue le fait rentrer dans le fichier national des empreintes génétiques. Ce n'est pas dans le Taj.
C'est dans le fichier national des empreintes génétiques. - C.Roux: Ce fichier n'aurait rien changé?
Il n'avait pas été condamné. - E.Ciotti: Il faudrait une mesure de garde à vue.
Là, il y a manifestement une faute lourde, dans ce dossier. - C.Roux: Le choc de la mort de Lyhanna heurte l'ensemble des Français.
Il y a eu des manifestations devant les tribunaux hier, dont certaines ont été interdites, celle qui devait avoir lieu devant le ministère de la Justice. Ca vous a choqué que ces manifestations soient interdites? - E.Ciotti: Je comprends les Français qui protestent.
Ils expriment leur colère. Ce qu'ils veulent, c'est des réponses. Le risque zéro n'existe pas.
Notre devoir, c'est d'aller au maximum dans les degrés de protection. Là, on n'y est pas, et de très loin. - C.Roux: Sur ces images et dans ces manifestations hier, il y avait assez peu d'hommes.
Vous le regrettez? Où étaient les papas, les frères, les oncles? - E.Ciotti: Je ne sais pas. - C.Roux: Est-ce que les hommes doivent s'emparer de ce sujet?
Je vous pose la question parce que, quand on refait le casting des secrétaires d'Etat aux droits des femmes, des secrétaires d'Etat à la protection de l'enfance, ce sont toujours des femmes. - E.Ciotti: Je dirais que c'est peut-être une forme de réduction, de posture.
Il faut saisir au plus haut, à tous les niveaux, ces sujets. Ca concerne les hommes et les femmes. - C.Roux: On appelle ça "les ministères sociaux". - E.Ciotti: Peut-être que dans les priorités des gouvernements, cette question n'a pas été placée au premier rang.
Ca doit être la priorité du garde des Sceaux. Il faut que ce soit une priorité nationale. Il y a eu, l'an dernier, 160 000 agressions sexuelles contre des enfants.
C'est une toutes les 4 minutes dans notre pays. Ce chiffre est terrifiant. 80 % de ces agressions se déroulent dans un cadre intrafamilial.
J'en parlais récemment avec un responsable de la police judiciaire, qui me disait qu'ils donnaient une priorité à ces actions, mais qu'ils manquaient terriblement, cruellement d'effectifs. Je parlais avec lui du trafic de stupéfiants. Il me dit: "On peut pas tout faire." Le garde des Sceaux a envoyé plus de 60 circulaires.
Chaque jour, la priorité change. Quand tout est prioritaire, il n'y a plus de priorité. Je dis que la responsabilité est politique.
Quand on est un gouvernement qui ne s'abrite pas derrière les fonctionnaires, on est le chef. C'est ceux qui nous gouvernent qui nous ont placés dans cette impuissance. - C.Roux: Qu'attendez-vous du gouvernement? - E.Ciotti: Pas grand-chose.
Il est en bout de course. Il n'a pas de budget. Il est face à son impuissance.
Le gouvernement va s'agiter, il va parler, avec des larmes de crocodile. On va appeler l'émotion, on va faire un texte un peu alibi...
On passera ensuite à autre chose. Il y aura une affaire de stupéfiants et ça deviendra la priorité. On ne se rend pas compte qu'il manque cruellement des magistrats et des enquêteurs.
Il manque aussi des places en structures psychiatriques. C'est toute une chaîne qu'il faut réarmer. On ne peut pas le faire avec ceux au gouvernement. - C.Roux: Et cette loi intégrale?
Éric Ciotti