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Discours / meetingLCP (sur YouTube)· 1 juillet 2025 10 minActualité / polémiqueRetraitesInstitutions & électionsSolidarités & familleEnvironnement & énergie

Estelle Mercier présente la motion de censure déposée par les Socialistes contre le gouvernement

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 85 %Défensif 15 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Estelle MercierFait
    « Le 16 janvier dernier, dans une lettre adressée au président des groupes parlementaires socialistes, vous aviez pris l'engagement d'organiser une concertation sur les retraites avec les partenaires sociaux. »
  • 1:00Estelle MercierFait
    « Si les partenaires sociaux ne parvenaient pas à un accord global, vous présenteriez néanmoins les avancées issues des travaux à l'Assemblée et en tout état de cause, le parlement aura le dernier mot. »
  • 2:30Estelle MercierFait
    « Vous avez méthodiquement vidé de son sens le conclave sur les retraites. »
  • 3:30Estelle MercierFait
    « Vous avez autorisé explicitement le patronat français à ne pas faire de concession puisque vous l'avez conforté dans son intransigence. »
  • 8:30Estelle MercierFait
    « Vous aviez le devoir d'être un rempart contre l'extrême droite et à cela aussi vous avez échoué. »
  • 9:30Estelle MercierFait
    « Votre méthode inefficace ne sert qu'un seul intérêt, le vôtre, qu'une seule ambition, rester au pouvoir. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Madame la présidente, monsieur le premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, chers collègues, donner sa parole, c'est prendre un engagement, faire une promesse que l'on ne peut rompre sans se déshonorer. Monsieur le Premier ministre, en rompant votre promesse, vous avez choisi le déshonneur. Cette faute vous engage pleinement et elle appelle à une réponse claire de notre assemblée, la censure de votre gouvernement.

Le 16 janvier dernier, dans une lettre adressée au président des groupes parlementaires socialistes, vous aviez pris l'engagement d'organiser une concertation sur les retraites avec les partenaires sociaux. Vous vous étiez alors engagé par écrit à ce que je cite "Si les partenaires sociaux ne parvenaient pas à un accord global, vous présenteriez néanmoins les avancées issues des travaux à l'Assemblée et en tout état de cause, le parlement aura le dernier mot. À ce moment-là, souvenez-vous, monsieur le Premier ministre, la France n'a pas de budget, les Français sont inquiets.

L'économie est en berne et nous, députés socialistes, nous vous avons tendu la main. Nous vous avons tendu la main car nous avons voulu croire que dès lors que l'intérêt des Français était en jeu, un dialogue était possible. Un dialogue entre les socialistes et vous et votre gouvernement. un dialogue entre les partenaires sociaux pour que s'ouvre enfin les discussions sur la réforme des retraites sans totem ni tabou comme vous l'avez vous-même écrit dans votre discours de politique générale.

Et pourtant, depuis lors, vous n'avez eu de cesse de revenir sous vos engagements, déjà en écartant progressivement l'hypothèse d'un retour de l'âge légal à 62 ans avant même la fin des discussions entre les partenaires sociaux. En disant ensuite devant cette assemblée il y a quelques semaines que si aucun accord n'était trouvé, c'était la réforme borne qui s'appliquait. Puis en refusant de présenter un texte sur les retraites devant le parlement, reprenant les avancées même minimes de cette concertation.

En agissant de la sorte, monsieur le Premier ministre, vous avez méthodiquement vidé de son sens le conclave sur les retraites. Vous avez autorisé explicitement le patronat français à ne pas faire de concession puisque vous l'avez conforté dans son intransigence et vous n'avez eu de cesse de saboter toutes les initiatives de compromis. Et si vous aviez imaginé que les socialistes pourraient se contenter de mesurettes même positives intégré à la Vavite dans le PLFS 2026 mais ne modifiant rien les équilibres fondamentaux, vous vous êtes lourdement trompé.

Monsieur le Premier ministre, plutôt que diriger ce conclave en exemple de dialogue et de concertation, vous en avez fait un simulacre et vous avez fragilisé durablement la démocratie sociale. Pire encore, par vos renoncements successifs, vous avez trahi non seulement la parole donnée aux députés, mais surtout la parole donné aux Français, à ces millions de citoyens qui se sont massivement mobilisés dans les rues pour dire non à cette réforme injuste, à ces millions de citoyens qui ont très clairement exprimé leurs préférences pour l'abrogation de cette réforme en 2024, à ces millions de travailleuses et de travailleurs qui chaque jour souffrent dans leur corps de leur travail et des conditions dans lesquelles ils s'exercent. À ces millions de travailleuses et de travailleurs pour qui attendre 2 ans de trop, c'est attendre 2 ans de de plus, c'est attendre 2 ans de trop.

à ces millions de travailleuses et travailleurs qui ont espéré en janvier en en janvier que les choses allaient changer. Pour eux, cette trahison est une nouvelle brutalité et une nouvelle déception car ils sont les premières victimes de ce terrible impôt sur la vie qui est le recul de l'âge de départ à la retraite. Jean Jorè disait la colère née de l'espoir trahi.

En agissant ainsi, monsieur le Premier ministre, vous ravivez les braises d'une contestation populaire que l'espoir d'une négociation avec les partenairire sociaux et devant le parlement avait un temps apaisé. Monsieur le Premier ministre, pendant que vous cherchez minutieusement à gagner du temps et ainsi rester au pouvoir par des manœuvres dilatoire, c'est aux français que vous faites perdre du temps. Vous vous gargarisez d'avoir tenu plus longtemps à Matignon que Michel Barnier ou Bernard Casneuve, mais votre seul héritage visible, c'est un arbre.

Oui, un arbre pronté à la vavite comme votre politique, sans racine, sans vision et déjà en train de dépérir pendant que les Français eux subissent votre immobilisme. Depuis 6 mois maintenant que vous êtes au gouvernement, nous vivons dans une cacophonie gouvernementale. Nous ne voyons ni cap, ni stratégie, ni vision pour la France et surtout rien qui concerne les préoccupations des Français.

Au contraire, nous assistons à des régressions historiques en matière de transition écologique et de santé publique. Loi du plomb, moratoire sur les énergie renouvelables, réouverture de Fenheim. En s'alliant au vote du Rassemblement national, une partie de votre socle commun sabre à la hache les quelques mesures écologiques prises pendant les mandats d'Emmanuel Macron.

Mais monsieur le Premier ministre, quelle sera donc la prochaine étape ? Quel engagement piétinerez-vous demain ? Quelle promesse oublierez-vous demain à l'ône de la préparation budgétaire ?

Comment croire en votre fiabilité ? Et ne pas penser que vous adopterez par 493 le budget 2026 au mépris encore une fois du débat parlementaire. Par votre posture, mais aussi par vos propos, vous avez fait le jeu de l'extrême droite tandis que vous prétendiez œuvrer pour le dialogue et le compromis avec les députés de l'Arc républicain.

Vous avez participé à lui ouvrir grand les portes, reprenant ces mots, submersion migratoire, faisant alliance avec elle. Vous avez trahi le Front républicain. Nous ne pouvons nous résoudre à cette porosité inquiétante que vous entretenez avec l'extrême droite et que nous combattons de toutes nos forces.

En trahissant vos promesses, vous avez ouvert la porte à la défiance. Cette défiance qui fait le terreau de l'extrême droite de ces discours populistes que nous voulons tenir à distance du pouvoir. Vous aviez le devoir d'être un rempart contre l'extrême droite et à cela aussi vous avez échoué.

Monsieur le premier ministre, vous qui faites souvent référence au destin d'Henri I, l'histoire gardera de vous que tel François Ravayak, vous avez poignardé la liste de vos engagements. Et ce n'est pas un geste d'égarement, c'est un acte délibéré et méthodique. Vous n'avez pas trahi dans l'instant, vous avez trahi dans la durée.

À chaque recul, à chaque renoncement, à chaque silence, vous avez enfoncé un peu plus cette lame funeste. Face à vos trahisons, face à la crise de confiance que vous avez installé, face à votre mépris de la représentation nationale et à travers elle de l'ensemble des Français, vous avez montré que vous n'êtes pas l'homme de la situation. Pour tous ces reculs, pour toutes vos concessions qui nourrissent l'extrême droite au lieu de la combattre, pour cette fragilisation organisée du dialogue social et démocratique, nous demandons la censure de votre gouvernement.

Et ce n'est là ni un outil de déstabilisation, ni un instrument de chaos institutionnel. C'est un acte de clarté et de responsabilité. Une main tendue aux Républicains sincères, à celles et ceux qui refusent que la France soit gouvernée en dialoguant davantage avec l'extrême droite qu'avec la gauche républicaine.

Monsieur le Premier ministre, parce que notre démocratie et les Français méritent mieux qu'un premier ministre volontairement immobile qui ne respecte pas ses engagements. Parce que pour nousistes et parlementaires, la démocratie et le pluralisme ont un sens parce que la parole donnée aux citoyens et le fondement de notre action politique. Trahir cette parole, renoncer à ses engagements, c'est fragiliser une fois de plus le colosse au pied d'argile qui'est notre République.

Nous appelons donc à un changement clair. Nous portons ici une ambition, celle de retrouver le chemin du progrès, du dialogue sincère et d'un changement de méthode. Nous souhaitons désormais pouvoir trouver à Matignon un interlocuteur responsable, respectueux du parlementarisme.

Un premier ministre qui travaille sur les sujets qui préoccupent réellement les Français. Pouvoir d'achat, justice fiscale, justice sociale, éducation, écologie, accès à la santé, accès à la culture. Un premier ministre qui donne un cap, qui a une ambition pour la France autre que le cumil des mandats et le scrutin proportionnel. des sujets hors sol et hors d'âge qui ne sont pas à la hauteur des enjeux écologiques, économiques et démocratiques que nous traversons.

Votre méthode inefficace ne sert qu'un seul intérêt, le vôtre, qu'une seule ambition, rester au pouvoir. Il est désormais temps d'en changer pour une méthode servant avant tout l'intérêt des Français. Monsieur le Premier ministre, vous vous étiez engagé à ce que le Parlement ait le dernier mot et comme vous ne semblez pas tenir cette promesse, nous allons vous y aider.

Et là, je m'adresse à vous. collègues députés, vous qui avez dénoncé la réforme des retraites en 2023, vous qui l'avez qualifié d'injuste, de brutal et contraire à l'intérêt des Français, aujourd'hui vous avez l'occasion de rester fidèle à vos engagements. Voter cette motion de censure, c'est adresser un message clair au français, le message qu'on ne peut impunément piétiner la parole démocratique ni bafouer le dialogue social.

Alors chers collègues députés, je vous le dis, en votant cette motion de censure, vous avez le dernier mot. Je vous remercie madame la députée. [Applaudissements]

Estelle Mercier présente la motion de censure déposée par les Socialistes contre le gouvernement — Estelle Mercier · Pourquijevote