Sarkozy piégé par son propre camp ? La lettre qui peut tout faire exploser | Vincent Brengarth & Inès Bernard
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Questions et réponses
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Qui sont les autres protagonistes de l'affaire ?
- 4:35OuverteRéponse directe
Pourquoi Anticor s'est joint à cette procédure ?
- 6:26OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que l'attestation de Guéant change concrètement ?
- 9:46RelanceRéponse directe
Nicolas Sarkozy essaie de se décharger sur Guéant ?
- 12:43OuverteRéponse directe
Cette attestation facilite-t-elle la condamnation de Sarkozy ?
- 16:21OuverteRéponse directe
Un enjeu du procès : la probité des hommes politiques ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:14InvitéChiffre
« Le clan Sarkozy est accusé d'avoir récupéré une somme d'environ 50 millions d'euros issus de l'argent public libyen. »
- 17:04InvitéChiffre
« On parle de potentielle corruption, c'est 10 ans d'emprisonnement. »
Temps de parole
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Nouveau rebondissement dans l'affaire des financements libyens de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Il avait été condamné en septembre dernier à 5 ans de prison ferme pour association de malfaiteurs. L'affaire, actuellement jugée par la cour d'appel de Paris, est relancée par le témoignage accablant de Claude Guéant. L'ancien bras droit de Nicolas Sarkozy, absent du procès pour des raisons de santé, a fait parvenir une attestation dévastatrice pour la défense de l'ancien président de la République. Il affirme dans cette lettre que Nicolas Sarkozy lui a confié une mission pour venir en aide au beau-frère de Muammar Gaddafi, sur demande de l'ancien chef d'état libyen lui-même.
Des accusations réfutées par Nicolas Sarkozy, mais qui mettent à mal le récit du prévenu. Cette lettre va-t-elle enterrer définitivement l'ancien président de la République ? Quelles sont les conséquences concrètes du versement de ce nouvel élément au dossier ? On en parle tout de suite avec Vincent Brengart, avocat d'une des parties civiles dans le procès, et Inès Bernard, déléguée générale d'Anticor, également partie civile dans l'affaire. C'est parti pour le premier entretien de cette édition. Bonsoir, merci à vous deux d'être avec nous sur le plateau du Média.
Avant toute chose, j'aimerais qu'on regarde cet extrait d'une chronique réalisée par notre journaliste Nadia Sweeney, pour recontextualiser un peu l'affaire. Le clan Sarkozy est accusé d'avoir récupéré une somme d'environ 50 millions d'euros issus de l'argent public libyen, en échange de plusieurs choses. D'une part, de favoriser le retour du régime de Gaddafi sur la scène internationale, puisqu'à l'époque, la Libye est mise au banc des nations. Elle est accusée d'avoir commandité plusieurs attentats terroristes sur le sol européen, et d'avoir opéré une répression extrêmement sanglante contre sa population.
La France de Sarkozy devait, en échange de ce financement, aussi fournir du nucléaire civil à la dictature libyenne, ou encore trouver une solution à la situation pénale d'un certain Abdallah Senoussi. C'est le beau-frère du guide suprême libyen, chef des renseignements militaires, et condamné en 1999 par la France à la prison à vie pour son rôle dans l'attentat du vol DC-10 qui a eu lieu en 1989 et qui a causé la mort de 170 personnes, dont 54 Français. Vincent Braingart, vous, vous êtes l'avocat de Sherpa, qui est une des associations qui s'est constituée partie civile dans ce procès. On vient d'entendre le nom d'Abdallah Senoussi. Qui sont les autres protagonistes de l'affaire ?
Les autres protagonistes de l'affaire, en tout cas pour ce qui concerne notamment le volet Senoussi, ce sont les proches collaborateurs, les anciens proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy, à savoir Brice Hortefeux et Claude Guéant, auxquels on reproche d'avoir rencontré dans une certaine opacité Abdallah Senoussi, qui est une personne qui a été condamnée par contumace, par nos juridictions, à une peine extrêmement lourde pour sa responsabilité dans l'attentat du DC-10.
Et en fait, ce que suggère le dossier, et un certain nombre d'éléments convergent vers cette idée, c'est que ces rencontres avec Senoussi sont intervenues en pleine connaissance de cause de Nicolas Sarkozy et qu'elles s'inscrivent dans le cadre d'un pacte de corruption plus global.
Alors que lui, justement, Nicolas Sarkozy, il nie avoir été à l'initiative de ces rencontres.
Il nie avoir été à l'initiative de ces rencontres, mais on sait aussi qu'à ce moment-là, il y a une obsession de la part de ce régime, il y a une obsession de la part de Kadhafi, pour lesquelles, eh bien, Senoussi est l'un des hommes forts. C'est de faire en sorte que le mandat d'arrêt qui le concerne soit levé, c'est de faire en sorte que cette condamnation ne soit pas mise à exécution par la justice française.
Et par conséquence, ce que l'accusation estime, et ce qui est corroboré par les éléments qui ont été mis en exergue dans le cadre de l'information judiciaire, c'est qu'il y a eu des tractations pour faire en sorte qu'une discussion intervienne et que l'une des contreparties de ce pacte de corruption soit la levée du mandat d'arrêt qui concerne Senoussi.
Et c'est pour ça que depuis le début, d'ailleurs, de l'information judiciaire, et d'ailleurs aussi bien dans le cadre du procès de première instance que jusqu'à présent, dans le cadre du procès en appel, ça embarrasse Nicolas Sarkozy qu'on lui attribue une responsabilité dans les rencontres qui sont intervenues entre ses collaborateurs et Senoussi. Mais rencontres dont on doit dire, notamment concernant Brice Hortefeux, que sans les révélations médiatiques et sans notamment les révélations de Bédiapart, elles n'auraient probablement jamais été connues et jamais reconnues de Brice Hortefeux lui-même.
Inès Bernard, vous, vous êtes déléguée générale d'Anticor, qui est aussi partie civile du procès. Pourquoi est-ce que vous avez décidé de vous joindre à cette procédure ? Alors, on a décidé de vous joindre à cette procédure parce que ce procès, il est énorme. En fait, ce dont on parle, c'est du potentiel financement par un État étranger, un État qui est pratiqué le terrorisme, en fait, le terrorisme d'État, de la campagne présidentielle d'un ancien président de la République. Et cette campagne présidentielle, elle s'est avérée payante. Il faut voir, en fait, la gravité de ces faits potentiels et surtout les conséquences sur notre vie démocratique.
Parce que nous, à Anticor, on est une association de lutte contre la corruption et pour l'éthique en politique. On essaie d'expliquer tous les jours quelles sont les conséquences de la corruption, des infractions à la probité sur la vie démocratique. Et en fait, quand on nous dit que c'est potentiellement une élection présidentielle qui aurait été volée, en fait, aux citoyens, puisqu'on a de l'argent étranger, de l'argent d'une dictature qui serait intervenue dans cette campagne présidentielle victorieuse, encore une fois, ce sont des faits qui sont proprement scandaleux et qui portent atteinte extrêmement profondément au pacte démocratique.
C'est pour ça qu'on a décidé, avec Sherpa et avec Transparency International France Anticor, de se constituer partie civile conjointement dans ce dossier. C'est la première fois que les trois associations de lutte contre la corruption sont intervenues ensemble, de main dans la main, dans un procès. C'est dire l'importance des faits présumés. Et puis, voilà, on est là à nouveau forcément en appel. Et peut-être avec une position un peu plus ferme, parce qu'on a aussi été ébranlés par la défense de Nicolas Sarkozy à la suite de sa condamnation en première instance pour association de malfaiteurs. Nicolas Sarkozy qui n'a eu en réalité de cesse que d'accuser les juges.
Et les médias, ce qui, à notre sens, constitue une atteinte à l'état de droit, une atteinte à la démocratie extrêmement grave et extrêmement dangereuse. Donc, on est aussi à Anticor extrêmement attentif à cela. Alors, Vincent Brignat, pour revenir au dernier rebondissement dans cette affaire, l'attestation qui a été fournie par Claude Guéant et qui concerne Abdallah Senoussi, qu'est-ce qu'elle change concrètement ?
Il faut bien se figurer que, jusqu'à présent, la stratégie qui a été un peu mise en œuvre par Nicolas Sarkozy, c'est celle de la distanciation. La distanciation pour un peu maintenir éloigné à la fois Brice Hortefeux et Claude Guéant en disant notamment que ses rencontres avec Senoussi, si opaques soient-elles, si étranges soient-elles, ne sont absolument pas de sa responsabilité et surtout qu'il n'en aurait jamais été informé et que cette information ne lui serait jamais parvenue.
Et je pense qu'en fait, s'il réaffirme avec autant de virulence, avec autant de force, qu'il n'était pas au courant de ces rencontres, c'est parce qu'évidemment, il a parfaitement conscience de l'importance que ces rencontres peuvent avoir dans le schéma corruptif et dans le schéma de ce pacte.
Et donc, c'est une position qu'il avait adoptée en première instance, c'est une position qu'il avait été adoptée dans le cadre de l'information judiciaire, cette distanciation, dont on a vu notamment qu'elle était encore plus affirmée dans le cadre de débats de première instance où on avait le sentiment finalement que si c'était bien d'anciens collaborateurs, ils avaient pu malgré tout agir sur leur propre initiative et pour ce qui concerne Claude Guéant, avec la suggestion qu'il aurait pu aussi y trouver un enrichissement personnel et par conséquent des intérêts qui n'ont rien à voir avec les intérêts de l'État.
On était resté là en première instance avec aussi des déclarations à la suite de la première condamnation qui suggéraient là encore qu'il n'était pour rien dans les agissements de ses anciens collaborateurs. Et en fait, on est passé un cran au-dessus dans le cadre des débats en appel parce que très clairement dans le cadre du débat en appel, désormais Nicolas Sarkozy met clairement en cause la probité de Claude Guéant. Et donc, on n'est pas simplement dans un phénomène, si je puis dire, de distanciation, on est dans un phénomène de dissociation quasi pleine et entière. Et il y a vraiment eu une attaque assez virulente qui a été menée à son endroit.
Il faut rappeler ici que, compte tenu de son état de santé, Claude Guéant ne peut pas comparaître. Il n'avait pas comparu en première instance, mais avec à chaque fois des interrogatoires qui étaient vraiment chronométrés, limités dans le temps, compte tenu de son état de santé. Mais là, son état de santé ne lui permet même pas de comparaître. Et donc, en fait, c'est un absent. Et donc, Nicolas Sarkozy s'attaque à un absent. Et peut-être qu'il a parié, et probablement d'ailleurs, qu'il a parié sur son absence et sur le fait qu'il ne réagirait pas à ces attaques. Sauf que Claude Guéant, devant la brutalité de ces attaques, a réagi. Et il a produit une attestation.
Une attestation, en fait, qui est un revirement majeur. Déjà parce que c'est la première fois, depuis le début du procès, qu'il prend la parole. Et surtout, dans cette attestation, il y a deux points qui sont des points fondamentaux. Le premier, c'est qu'il réaffirme que tout ce qu'il a fait, il l'a fait pour Nicolas Sarkozy et en pleine et entière loyauté. Et surtout, il indique qu'il a pu informer Nicolas Sarkozy de la rencontre intervenue avec Sénoussi et que, par conséquent, il était parfaitement au courant. Et ça, c'est l'épine dans le pied aujourd'hui pour la défense de Nicolas Sarkozy.
Et on peut penser que, finalement, c'est la virulence de l'attaque qui a amené à cette riposte et qui, aujourd'hui, est de nature à crucifier pénalement, judiciairement Nicolas Sarkozy.
Alors, Inès Berland, justement, je voulais vous relancer là-dessus. Est-ce que vous avez l'impression aussi qu'en fait, Nicolas Sarkozy essaie de se décharger de toute responsabilité sur Claude Guéant ? Et en fait, ça lui est revenu en pleine figure, quelque part ? Complètement, oui. Oui, oui, là, c'est vraiment l'arroseur à rose. Et il l'a chargé depuis des jours durant ce procès en appel, plus, vraiment beaucoup plus que ce qu'il a pu faire en première instance. Il a dit très clairement hier qu'il remettait en cause sa probité, ce qui est, bon, on l'entend, et ce n'est pas moi qui vais défendre la probité de Claude Guéant.
En revanche, je me permets de sourire quand j'entends Nicolas Sarkozy remettre en cause la probité de quelqu'un, lui-même condamné définitivement, d'une part pour corruption, d'autre part pour financement illégal, d'une autre campagne présidentielle, la suivante, qui était une campagne qu'il avait perdue, néanmoins, il a été condamné définitivement pour le financement de cette campagne. Oui, donc, vraiment, l'arroseur à roser. Ses attaques, lui, sont revenues en boomerang. Et comme le disait Vincent, ses attaques, elles étaient quand même pas très claires. En tout cas, je laisse apprécier le fait d'attaquer quelqu'un qui est malade, qui n'est pas présent au procès.
Il me semble, il nous semble en tout cas un anticorps qui ne s'attendait pas à ce que Claude Guéant réplique, ce qui, à mon sens, laisse songeur. Mais oui, l'étau se resserre considérablement en ce qui concerne le pacte de corruption. Et moi, je veux revenir sur ce pacte de corruption parce que ce dont on parle là, c'est la prétendue contrepartie qui aurait consisté à revoir la situation pénale du beau-frère, vous avez dit, de Kadhafi. Mais ce beau-frère de Kadhafi, c'est un terroriste.
Et Vincent, tu l'as dit également, condamné définitivement pour avoir assassiné, en réalité, 170 personnes parmi lesquelles figurent des Français et dont les survivants, les familles, sont aussi partie civile dans ce procès et ont été reconnues recevables à ce constitution de partie civile justement parce que ces faits sont en fait en lien. Donc oui, cette contrepartie-là, Nicolas Sarkozy, jusque-là, et c'est ce qui ressort aussi du jugement en première instance, ce que considéraient les juges, c'est qu'ils ne pouvaient ignorer en fait que Claude Guéant, que Brice Hortefeux, ses deux plus proches collaborateurs, avaient agi pour ce terroriste.
Maintenant, d'après ce que nous dit Claude Guéant, en fait, c'était lui qui était à l'initiative puisque quand, devant Kadhafi, Nicolas Sarkozy dit potentiellement, bien sûr, c'est Claude Guéant qui le dit à Claude Guéant, Claude, voyez ça, ça veut dire qu'il est à l'initiative en fait de cette contrepartie, du fait de revoir le mandat d'arrêt de ce terroriste condamné à la perpétuité pour avoir encore une fois assassiné 170 personnes. Donc en fait, c'est quand même pas anodin. C'est vraiment tout son narratif qui est mis en mal en fait.
Et puis on est vraiment sur, pour moi, un changement, un autre temps, c'est un anticorps, un changement de position entre je ne pouvais, on ne pouvait pas, voilà, il ne pouvait pas ignorer, il est condamné quand même parce que voilà, c'est aussi ce que dit la jurisprudence, l'association de malfaiteurs. Et là, finalement, en fait, c'est lui qui initie. C'est très très différent quand même. En tant qu'avocat, Vincent Breingart, est-ce que vous considérez, vous, que ça va faciliter les démarches dans ce dossier et ça va jouer en votre faveur pour la condamnation de Nicolas Sarkozy ?
C'est un tournant majeur qu'on vient de connaître. C'est un tournant majeur parce qu'il faut dire que depuis le début de ce procès en appel qui a débuté maintenant il y a plusieurs semaines, il ne se passait pas grand-chose. Il ne se passait pas grand-chose à l'exception d'un interrogatoire qui était extraordinairement bien mené par le président de la Cour d'appel et qui a mis en difficulté notamment Brice Hortefeux dans sa position.
Il ne se passait pas grand-chose parce qu'on n'a pas vu dans les déclarations prélables notamment de Nicolas Sarkozy et même dans les déclarations qui ont suivi de changements véritables de position pour expliquer l'effet qu'on lui reproche et pour expliquer en fait l'effet pour lesquels des juges ont estimé qu'il y avait matière à le condamner et matière à le condamner en plus à une peine lourde donc aucun changement et en fait effectivement sur la rhétorique de l'arroseur arrosé le bouleversement est induit par son propre positionnement et c'est d'autant plus fort qu'en fait vous avez vraiment pour moi une rencontre entre plusieurs choses pour moi on est face à quasiment une tragédie grecque pourquoi est-ce qu'on est face à une tragédie grecque ?
parce qu'il est question de loyauté il est question d'honneur et en fait pour comprendre en fait ce que représente ce revirement il faut dire déjà mettre en perspective avec la personnalité de Nicolas Sarkozy c'est-à-dire que son exercice présidentiel ne peut pas laisser penser qu'il n'y avait pas une étroitesse des liens avec ses collaborateurs et que ses collaborateurs n'étaient pas ses obligés et qu'il n'était pas l'homme au courant de toutes les informations je veux dire on ne peut pas l'imaginer et tragédie grecque aussi parce que comme le disait à juste titre Inès Claude Guéant est absent et en fonction évidemment des éléments qui nous parviennent on comprend en tout cas qu'il est dans un état de santé particulièrement dégradé donc il s'attaque quand même à une personne dont l'état de santé est extrêmement dégradé et il s'attaque à quelqu'un qui jusqu'à présent a fait preuve de la loyauté la plus pleine et entière et pour vous donner aussi à cet égard une anecdote on a dans les éléments du dossier qui ont été discutés par exemple des échanges de SMS qui interviennent avec des membres de sa famille et ces SMS en fait les enfants de Claude Guéant ils disent mais en fait quand est-ce que tu vas dire sauf ta peau mais quand est-ce qu'en fait tu vas finir par donner les indications et donc c'est pour ça que lorsque vous avez déjà la présence de ces SMS cette loyauté pleine et entière qu'on a vu aussi lors du procès de première instance parce qu'on a bien vu si vous voulez dans les jeux de regard dans les jeux de défense que tout le monde était un peu au diapason de la défense de Nika Sarkozy non seulement en fait c'est une rupture d'effet une rupture par rapport à la position de Nika Sarkozy et surtout ce qui vient voler en éclats c'est cette espèce d'unité qui existait jusqu'à présent dans le cadre de la défense où tout le monde s'inscrivait dans le siège de la défense de Nika Sarkozy là en fait c'est un ultimatum qui est lancé et on a vu d'ailleurs l'avocat de Claude Guéant s'exprimer ce matin sur RTL en disant qu'on comprend qu'il est susceptible que son client de la position de Nika Sarkozy je ne sais pas si on se rend compte c'est-à-dire qu'il est en train de nous dire en fait que si Nika Sarkozy a une position encore plus virulente et encore plus affirmée il risque de donner d'autres indications et on comprend bien évidemment que ces indications seraient de nature à mettre à mal sa défense donc toute la question ça va être de savoir est-ce que Nika Sarkozy va évoluer est-ce qu'il va opérer un nouveau revirement en disant finalement je suis peut-être allé un peu trop loin ou est-ce qu'il va confirmer son positionnement et s'exposer à ce que Claude Guéant Inès Bernard
est-ce qu'un des enjeux de ce procès ce n'est pas aussi celui de dire sur la question de la probité des hommes politiques on ne peut pas se comporter de faire des choses illégales et s'en sortir impunément c'est ça aussi qui se joue là en appel on l'espère profondément à Anticor et c'est ce qu'on a vu après le jugement de première instance nous on peut à aucun moment on peut souhaiter que des personnes se retrouvent en prison en revanche que des responsables publics puissent être condamnés comme des justiciables comme les autres lorsqu'ils ont enfreint la loi et commis des infractions parmi les plus graves on parle de potentielle corruption c'est 10 ans d'emprisonnement que ces personnes là puissent répondre devant la justice et faire l'objet de condamnations qui soient fermes et donc de peines qui le soient également c'est extrêmement important bien sûr bien sûr parce que c'est la question de l'exemplarité quand des infractions aussi graves sont commises potentiellement au plus haut niveau de l'état il faut voir combien c'est en capacité de rejaillir non seulement sur tous les citoyens mais aussi sur tous les autres élus et nous à Anticor on a à coeur de le dire parce qu'on est une association qui est aussi très engagée au local et dans un certain nombre de dossiers dans les départements et en fait c'est extrêmement compliqué de demander des comptes à des élus locaux et de dire que la probité que l'exemplarité c'est extrêmement important quant au plus haut niveau de l'état il y a des infractions aussi graves qui sont commises sans que la justice puisse être rendue et que cette justice puisse être rendue fermement et dernier point à mon sens c'est encore plus important que la justice puisse être rendue parce que l'enquête et l'instruction ont finalement duré très longtemps plus de 10 ans et moi on m'a bien souvent interrogée et notamment les médias étrangers me demandent pourquoi est-ce que Nicolas Sarkozy est jugé si longtemps après les faits en réalité parce que la justice économique et financière est exsangue dans notre pays et ça c'est un point aussi important que cette justice qui est particulièrement exsangue qui a des difficultés considérables à enquêter à instruire il y a l'enquêteur qui était chargé du dossier Nicolas Sarkozy est venu en première instance témoigner il était quasiment seul sur ce dossier il faut voir dans quel contexte la justice est rendue dans notre pays qu'une enquête une instruction aussi considérable puisse être néanmoins malgré tous ces obstacles menés à bien et que des responsables publics puissent être jugés par une juridiction qui est indépendante et être condamnés si cette juridiction considère qu'ils ont commis des infractions c'est bien sûr c'est une immense victoire pour notre pays Vincent Braingart ça fait près d'un mois déjà que le procès s'est ouvert c'était le 16 mars il me semble qu'est-ce qui va se passer ensuite c'est quoi les prochaines étapes
alors le procès maintenant va se consacrer à d'autres aspects du dossier en lien avec d'autres prévenus mais qui s'inscrivent toujours dans le sillage de cette affaire avec soit des faits qui sont connexes soit qui s'inscrivent dans le même schéma même si on a terminé on a presque terminé la partie en lien avec la responsabilité de Nicolas Sarkozy et de ses anciens ministres mais le fait est qu'aujourd'hui cette nouvelle attestation est un élément qui est un élément majeur et donc ce qui a été prévu c'est que le 29 avril le jour où les auditions des représentants des associations anticorruption étaient prévues et bien on puisse aussi réinterroger Brice Hortefeux et Nicolas Sarkozy sur cette association et je pense que on connaîtra le dénouement de ce revirement le 29 avril et c'est vraiment une interrogation lourde c'est-à-dire qu'aujourd'hui je pense que Nicolas Sarkozy est considérablement mis en difficulté considérablement mis en difficulté parce que personne ne comprend vraiment les raisons pour lesquelles il a à ce point grossi le trait contre Claude Lian si ce n'est précisément pour vouloir se dissocier en sachant parfaitement la réalité la réalité des choses et donc désormais quelle attitude va-t-il adopter parce que je pense que non seulement d'un point de vue judiciaire c'est absolument pas payant parce que ça met en exergue au contraire un embarras ça met en exergue aussi un manque d'élégance d'une certaine façon de sa part par rapport à des comportements qui sont survenus et je pense aussi que la juridiction n'est pas dupe parce que les juridictions correctionnelles sont habituées à ce que devant elles des prévenus fassent supporter toute la responsabilité soit sur des morts soit sur des absents et si je peux dire c'est quasiment une règle que l'histoire judiciaire a largement montré c'est cette capacité quand c'est imprévenu à pouvoir se défausser sauf que malheureusement je pense que tout le monde est aussi un peu conscient du stratagème qui peut exister derrière ça et je pense aussi que non seulement ce stratagème peut conduire à une confirmation de la décision de première instance si ce n'est même à son aggravation compte tenu de ce qui a été manifesté et compte tenu du fait qu'on est encore moins dans le début d'une reconnaissance de la gravité des faits mais au contraire dans un déni qui désormais est un déni qui oblige même à se séparer de ceux qui ont fait jusqu'à présent preuve de la plus grande loyauté donc si je puis dire c'est une faute qui s'ajoute à une erreur stratégique de défense
Merci beaucoup Vincent Breingart merci à vous Inès Bernard d'avoir été avec nous sur le plateau du Misa TV et on continuera à suivre évidemment les suites de cette affaire Sous-titrage Société Radio-Canada