Discours de la présidente du colloque
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30présidenteFait
« mon père était lui-même militant pour l'indépendance dans ce bidonville »
- 1:45présidenteFait
« mes parents n'avaient que l'éducation en tête et ne voulaient que leurs enfants réussissent »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
benah écoutez bonjour merci à madame la présidente Madame la Directrice merci également donc à Christine qui tout à l'heure m'a été présenté et qui grâce à elle nous permet de se retrouver ici et j'avoue que je suis profondément comment dire honoré et fier d'être aujourd'hui devant vous puisque j'ai été choisie pour présider ce colloque cette rencontre sur les femmes hors la loi alors on on me demande de me présenter c'est jamais très facile mais on va essayer donc je suis né à Argenteuil dans les bidonvillees d'Argenteuil pendant la guerre d'Algérie ce qui va expliquer d'ailleurs après pourquoi mon engagement parce que il est évident que mon père était lui-même militant pour l'indépendance dans ce bidonville et très jeune j'ai été confronté au problèmes de racisme de discrimination du colonialisme en fait qui était importé ici sur enfin qui dont les conflits étaient ici en France et dès mon plus jeune âge à l'école je je me souviens d'une discrimination puisque j'étais encore en CP lorsque la maîtresse m'a m'a comment dire interpellé de manière assez violente en me disant que mon père était un criminel un assassin parce que son frère était mort pendant la guerre d'Algérie petite fille de 7 ans à cette époque ne peut pas tout comprendre et donc ça a été par violence que je me suis exprimé contre elle et je me suis retrouvé à 7 ans devant un conseil de classe et exclu de l'école tout simplement parce que j'avais répondu à cette à cette maîtresse et ça m'a marqué pour toute la vie raison pour laquelle je suis devenue une militante antiraciste anticolonialiste et antisexisme puisque c'est la même logique je veux dire qui exclut et qui discrimine c'est aussi pour cette raison parce que je suis née dans ce bidonville d'un papa analphabète enfin pas complètement pucequil était arabisant mais qui pas enfin qui savait pas lire écrire français et d'une maman qui avait été avait eu sa scolarité interrompu très jeune à cause de la guerre et qui était devenue donc couturière et la fille est née d'une famille où mes parents n'avaient que l'éducation en tête et ne voulaient que leurs enfants réussissent et je me souviens combien de fois mes parents dit me dire tu dois être la meilleure tu dois être bonne à l'école tu dois réussir tu dois pas être bête comme nous alors que ils étaient loin d'être bêtes hein mais pour eux c'était réussir c'était une revanche sur leur vécu sur leur exil et puis bah mon père ne le savait peut-être pas mais c'est vrai que que éduquer une femme c'est éduquer un peuple hein comme le ditent certains c'est un proverbe chinois il me semble et c'est vrai que ils nous ont poussé et et la manière dont j'ai vécu j'ai j'ai des anecdotes par exemple mes parents qui me faisaiit réciter mes leçons alors qu'il savait pas lire écrire et qu'un jour je m'en suis aperçue parce qu'il tenait le cahier à l'envers je veux dire c'est c'est pour vous dire comment pour eux l'école était essentielle la parole de la maîtresse était sacrée à cette époque et que même si la maîtresse avait dit quelque chose qui ne me plaisait pas je n'avais qu'à me taire parce que c'était elle qui avait toujours raison je dirais peut-être pas ça aujourd'hui à mes enfants mais bon en tout cas je peux vous dire que euh c'est grâce à eux que j'ai réussi à faire des études que je me suis je suis allée à la fac que je me suis j'ai passé un doctorat que je suis devenue avocate parce que ils m'ont tellement poussé je veux dire parce qu'il voulait une autre anecdote lorsque j'ai demandé à mon à mes parents de venir à ma soutenance de doctorat mon père m'a dit mais tu fais pas médecine pourquoi doctorat mais parce que pour eux docteur c'est le tout Bible quoi c'était le médecin et voilà ça était plein d'anecdotes comme ça qui permet de dire que le fait d'avoir eu en fait j'ai fait mentir Bourdieu qui disait que un médecin reproduit un médecin et queun ouvrier reproduit un ouvrier mon père ouvrier analphabète en tout cas en français et ma mère également déscolarisée n'ont pas produit je veux dire des ouvriers que ce soit moi mes frères et sœurs on a tous réussi professionnellement en tout cas et en tout cas dans notre vie sociale parce que ils nous ont on avait jamais le droit de sortir en fait c'était la bibliothèque la maison l'école la bibliothèque la maison l'école je veux dire c'est clair et c'est vrai que c'est une époque je le reconnais aussi aussi qui était peut-être moins difficile les parents travaillaient il y avait pas de chômage et ça ça joue beaucoup nous sommes dans un j'étais je venais d'un bidonville et après nous étions dans un quartier qui n pas qui ne sont pas les quartiers d'aujourd'hui à cette époque c'était pas la drogue qui circulait c'était pas c'était c'était un quartier difficile certes mais c'était pas ce qu'on connaît aujourd'hui euh dans dans la même zupe où j'ai grandi je veux dire les choses ont changé parce qu'on a été abandonné par les pouvoirs publics ils ont été abandonnés exclus et plus qu'abandonnés ils ont été parfois même méprisés c'est aussi une des raisons pour laquelle je me suis mise à militer parce que je ne supportais pas cette manière d'être mise à l'écart je veux dire c'était pour moi quelque chose qui était trop important dans la vie et il fallait sauver ces générations donc j'ai commencé mon militantisme a à faire du soutien scolaire simplement parce que je considérais qu'il fallait que nos petits frères et nos petites sœurs réussissent c'était un peu ce que mes parents m'avaient transmis il fallait réussir à l'école puis après c'est vrai que je me suis plus orientée sur la question du combat des femmes parce qu'à cette époque beaucoup de mes j'ai eu cette chance moi mais beaucoup de mes copines se sont retrouvées soit parce qu'elles ont été mariées malgré elle soit parce que elles sont certaines même une s'est suicidé parce que elles ne voulaient pas je veux dire de ce mariage elles ont été pour beaucoup d'entre elles prises par un un système patriarcal qui était d'une autre époque peut-être ou en tout cas d'un autre lieu mais qui en se reproduisait assez facilement en France sans qu'il y ait ces comment dire ces ce droit qui pouvait permettre de les protéger comme aujourd'hui et donc je avec des copines à la suite donc du décès de cette camarade de d'enfance on a monté une association qui qui s'appelait à cette époque expression maghrébine au féminin l'expression magrbino féminin disait tout simplement nous ne voulons pas de rupture familiale parce que la rupture familial c'est aussi le vide et c'est se retrouver prise on en reparlera au griffes de tout le monde et on le sait mais en même temps nous voulons une protection de l'État et de la société parce que nous pensons que seul on peut pas je veux dire on pourra pas s'en sortir et c'est aussi une des raisons qui nous a permis de d'avancer dans la lutte contre les discriminations spécifiques aux femmes par exemple je rappelle toujours d'ailleurs ce cet accord il y a une époque où il y avait des enfants qui étaient volés de leur maman pour être emmené en Algérie par exemple et un bateau avait été fait pour récupérer ses enfants et il y a une chose qui m'a toujours marqué c'est que nous étions exclus nous de ce dispositif pourquoi parce que nous étions franco-algérienne ou franco-marocaine ou franco-tunisienne donc pas entièrement française aux yeux de la politique française et la ministre de des femmes de cette époque sous mitteran malheureusement je dis malheureusement parce que je veux dire gouvernement de gauche on aurait pu espérer mieux euh et bien les les les femmes françaises avaient le droit et avaient eu un accord avec l'accord l'Algérie par exemple pour récupérer leurs enfants et pas nous parce que nous n étions pas entièrement françaises donc nous ne pouvions pas récupérer nos enfants parce que l'Algérie ou le Maroc nous considérant comme algérienne ou comme marocaine nous étions exclus du dispositif et et ça c'était pour moi encore une des discriminations sur lesquelles nous nous sommes battus et puis on s'est aussi battu contre l'exclusion des petites filles en foulard en 88 89 tout simplement parce qu'on considérait que et on le considère toujours que exclure une enfant de l'éducation c'est la renvoyer dans les griffes de l'obscurantisme pour nous il faut mieux rentrer d'Illes c'était un de nos slogans à cette époque laiss CZ les rentrer en foulard elles ressortiront en une jein ou miniupe elles porteront ce qu'ell V parce que finalement elles auront acquis les moyens de se défendre or malheureusement en les excluant de l'école on les exclut d'un savoir et donc on leur retiit la force et l'outil qui leur permettrait je veux dire de se battre de se défendre et de choisir leur vie donc voyez-vous le militantisme pour moi fait partie en même temps jeis dire de mon ADN quelque part et c'est en tant que personnalité entre guillemets locale associative que j'ai été élue la première fois MRE adjoint de ma ville Argenteuil donc cette ville de 115 120000 habitants aujourd'hui dont 70 % de l'habitat est un habitat en logement social précarité très grande et qui est une ville qui a toute une richesse historique mais qui aujourd'hui a une population très précaire je veux dire dans un je veux dire d'un face à une crise qui les a qui les touche de plein fouet avec un taux de chômage énorme et avec une population qui avoisine 30 40 % de personnes étrangères ou d'origine étrangère parce que qu'on le veille ou non quand une carte de résidence même si on vit en France pendant 30 40 50 ans on reste toujours d'origine étrangère donc 30 à 40 35 à 40 % de personnes d'origine étrangère dans C qui fait que les politiques sociales avec les hupes et toutes les politiques de la ville qu'on a connu ont transformé ces territoires en territoires oubliés de la République en territoire exclus en territoire précaire où tous les extrémismes de tout genre de tout poil comme on dit qui peut aller de l'extrême droite française à l'extrémisme religieux arrive à faire son terro parce que malheureusement c'est sur ces précarités sur cette exclusion sur ces discriminations qu'ils arrivent je veux dire à à vivre tout simplement donc le le militantisme je veux dire pour moi était naturel et en même temps était je dire ça vous ça vous pouvait pas être autre chose je ve dire si on veut vivre normalement et si on veut s'en sortir on est obligé de s'engager et l'engagement était fait partie de ma réalité et puis ça a été aussi tout le combat qu'on a mené au côté des femmes algériennes pour le statut des femmes le statut personnel j'y reviendrai tout à l'heure ça a été tout le le je veux dire l'engagement nous avons eu au côté des femmes alors les femmes tunisiennes ont plus de chance on va dire parce qu'elles ont plus de droit et plus de statut mais au côté aussi des femmes marocaines qui vivaient trop souvent et et on l'a vu les répudiations la polygamie on a été au côté des femmes palestiniennes qui se battent et qui se bataient et se battent toujours pour leur pour leur pays tout simplement leur reconnaissance de leur pays on a été au côté VO c'est une association de femmes qui se veut solidaire des femmes d'ici et d'ailleurs c'est pour ça que nous appelons aujourd'hui femmes pluriell parce que alors il y a aussi des hommes on est mixte dans notre association mais c'est vrai que bon on a beaucoup plus de femmes que d'hommes ça c'est clair mais dans le mouvement associatif il paraît que c'est plus féminin que masculin donc c'est pas une exception pour nous et c'est nous nous travaillons beaucoup dans la solidarité au côté des femmes que ce soit des femmees ici qui se retrouve et je j'en parlerai là tout de suite qui se retrouve dans des Sit situation complètement très difficile ou bien des femmes de là-bas je veux dire que l'on au côté desquelles on on arrive à se faire comment dire à les aider tout simplement par différents moyens et cette solidarité internationale les femmes je veux dire me semble fondamentale pour faire avancer les combats parce que que ce soit de l'un ou de l'autre côté de la Méditerranée quand le combat et les droits des femmes avanent d'un côté il avance de l'autre je veux dire il les sociétés il fait tomber des taboux et grâce à ça on arrive à faire avancer voilà pour me présenter un peu alors c'est vrai que j'ai été sénatrice j'été députée j'ai été voilà j'ai j'ai grimpé dans la vie politique ce qui m'a pas empêché de rester une militante associative en premier et je jusqu'à aujourd'hui d'ailleurs parce que je suis contre le cumul des mandats donc je considérais que après deux mandats je devais m'arrêter et même le cumule dans le temps je suis contre ceux qui cumulent 30 ans de mandat voilà je considère que 10 11 ans de mandat doivent suffire pour faire avancer les combats donc je me suis arrêtée j'ai toujours été une militante associative donc je suis restée militante associative la vie politique n'était pas mon biftech je suis avocate donc je je je veux dire je suis pas précaire je et ça c'est très important parce que très souvent on s'accroche à la vie politique parce que professionnellement on a rien d'autre c'est ce que j'ai pu rencontrer or moi je dire j'ai un métier j'ai pas besoin de m'accrocher à la vie politique je dirais j'ai un métier je travaille et je peux subvenir à mes besoins sans avoir besoin d'avoir un mandat et en même temps je peux continuer mes combats dans la vie associative parce que VI même dans la vie politique c'est devenu des combats aussi c'est des combats que je continue à mener dans la vie politique ça va de soi bien entendu je veux dire mais en même temps je veux dire c'est marché sur deux jambes tout simplement c'est la vie politique et la vie associative qui se complète alors voilà un petit peu pour me présenter de manière j'aiessayé d'être assez brève mais enfin ça me permet aussi de de se connaître mieux euh ce colog pour moi me semble tout à fait essentiel parce que trop souvent en tant qu'avocat d'ailleurs on rencontre des femme que l'on considère comme hors la loi mais que je ne jamais considéré comme hors la loi et il me semble très souvent que ce sont parce que ce sont des femmes qui ont osé soit faire tomber des tabous soit transgresser des lois injustes et je l'ai toujours dit je préfère transgresser plutôt que suivre et me conformer à une loi injuste voilà donc dans ces cas-là je serai moi et je suis moi aussi hors la loi mais euh il me semble important aujourd'hui de dire que c'est parce que on est hors la loi qu'on arrive à faire avancer les combats alors dans ce parcours personnel je j'ai traversé euh on va dire toutes ces arènes du militantisme politique et associative que ce soit comme je vous l'ai dit dans les couloirs du Sénat ou du Parlement mais que ce soit aussi à travers les combats des associations et je vois que le véritable progrès souvent je veux dire provient des marges souvent provient justement de ceux que l'on a voulu marginaliser je je dis toujours les femmes ne sont pas minoritaires on on a voulu les minoriser et on les minorise or nous nous refusons cette minorisation et c'est la raison pour laquelle nous ne sommes pas du tout minoritaires nous ne sommes pas du tout marginalisés enfin n nous refusons cette marginalisation et nous sommes hors la loi parce que justement nous refusons cette marginalisation et que le progrès aujourd'hui d'une société arrive à émerger grâce à ces femmes qui se retrouvent la loi donc avant de de se plonger dans tous les récits que nous allons avoir au niveau historique et pas seulement d'ailleurs ces récits d'audace de résilience je voudrais quand même honorer certaines femmes en particulier si tu le permets en particulier toutes ces femmes qui se sont levées qui ont qui viennent de différentes cultures et qui ont réussi à à à comment dire à faire émerger je veux dire ces principes que nous évoquons tout le temps de liberté d'égalité et de fraternité et qu'il leur donne un sens qui est un sens au-delà du sens politique mais qui est un sens dans la réalité concrète et ça c'est important il me semble alors elles se sont ces femmes élevées contre l'injustice contre toutes les tyrannies contre toutes les dictatures contre souvent le système patriarcal système colonial raciste et dans toutes ces femmes et ben on peut pas ignorer déjà les femmes sans papier parce que en tant qu'avocate je suis spécialisée en droit des étrangers et et je m'occupe beaucoup des femmes sans papi ces femmes sans papier je d'une manière assez générale souvent on les aide on les héberge parfois même on les cache mais il faut le savoir que elles vivent des conditions insupportables elles se retrouve très souvent exploité elle travaillent souvent au noir euh pour pour pas grand-chose souvent même dans des conditions complètement illégales alors si on veut parler de elle en tant que hors la loi on devrait parler des employeurs hors la loi je ve dire qui les emploie dans des enfin qui qui les utilise en fait hein pour faire des choses qu'elle n'auraient jamais pu demander à d'autres femmes françaises ou avec papier qui auraient refusé de telles conditions ce sont souvent des femmes monoparentales très souvent ce sont des femmes qui se retrouvent avec des otf lestf c'est l'obligation de quitter le territoire français ce sont des femmes qui se retrouvent parfois avec des interdictions de retour alors que leurs enfants souvent pas tout le temps mais nés en France euh sont scolarisés et euh si elles sont seules c'est parce que souvent elles ont fui la violence la violence patriarcale la violence familiale la violence euh conjugale aujourd'hui les femmes françaises ou certaines femmes en situation régulière je dirais certaines parce que les femmes algériennes ne sont pas protégées et bien sont protégés par la loi parce qu'il y a eu des lois j'ai été une des porteuses de cette loi au Sénat qui permet de protéger ces femmes étrangères ou ces femmes euh victimes de violence conjugale pour leur permettre d'être régulariser et malheureusement par exemple l'Algérie a refusé avec un accord de protéger et donc les femmes algériennes ne peuvent pas utiliser cette loi pour dire qu'elle demande protection et être régularisée alors que que d'autres femmes je veux dire d'autres pays peuvent être régularisé sur cette bien sûr il faut des plaintes il faut des condamnation il faut tout ça on peut pas simplement dire je suis victime de violence il y a des voilà il y a des éléments je veux dire dans le dossier mais elles sont quand même régularisées ce que ne peut pas malheureusement certaines autres femmes comme les femmes algériennes il y a aussi les femmes demandeus d'asile je m'occupe beaucoup des femmes déboutées du droit d'asile pourquoi sont-elles déboutées et bien souvent elles ont fui l'exision qui existe encore malheureusement dans certains pays elles ont fui les mariages les mutilation les les mariages forcés les voilà elles ont fui là aussi le système patriarcal qu'elles connaissent et malheureusement l'OFPRA ne reconnaît pas toujours il y a par exemple une chose qu'il faut savoir l'OFPRA c'est l'office excusez-moi l'ofpr c'est l'office français qui donne la reconnaissance de la protection pour les réfugiés d'accord et donc l'OFPRA ne reconnaît pas toujours l'OFPRA reconnaît lorsqu'une femme c'est horrible ce que je vais vous dire hein reconnaît lorsqu'une femme risque l'excision elle ne reconnaît pas lorsqu'elle a déjà été excisée parce que le mal a déjà été fait malheureusement et lorsque ces femmes ont une petite fille alors elles peuvent le reconnaître pour protéger la petite fille il y a aussi autre chose aujourd'hui qui est devenue très scandaleux c'est qu'on demande à des médecins de regarder si c'est une excision complète des petites ou des grandes lèvres et que si elle a été totale et qu'on ne peut plus rien faire et bien on lui refusera la protection puisque elle risque plus rien par contre s'il reste quelque chose et qu'elle risque de se retrouver une deuxième fois excisé et bien là on va le reconnaître c'est affreux ce que je suis en train de vous dire mais c'est une réalité c'est une réalité sur lequel bien sûr on n jamais pu nous beaucoup d'avocats pour la défense du droit des étrangers refusent cette manière de faire de l'OF pra et nous sommes tout le temps en train de faire des recours à la cour d'appel mais c'est inhumain d'autant plus que l'on sait que ces femmes très souvent elles ont passé un parcours horrible elles ont se sont retrouvé en Libye vendu vendu comme esclave elles se sont retrouvées esclaves sexuell elles se sont retrouvées donc malgré elles prostitué elles ont vendu leur corps pour payer leur voyage souvent elles sont elles ont été bien sûr non seulement violées mais aussi et et violenté bien entendu mais aussi victime de viol collectif y compris par des militaires ou des gardiens dans leur prison en Libye ou ailleurs le le viol fait fait partie du parcours de ces femmes demandeuses d'asile quand elles arrivent ici en Italie ou en France on entend beaucoup parler d'Italie en ce moment et quand elles arrivent ici elles sont de nouveau souvent entre les griffes de de ses passeurs de ses hommes et de ses y compris de ces femmes macrelles je veux dire qui les mettent dans des maisons pour les obliger à payer je veux dire leur voyage le fait qu'elles soit ici et lorsque l'on veut dénoncer ça il nous faut sans aré justifier des justifications qu'on a du mal à apporter comment voulez-vous avoir des preuves noir sur blanc de certaines choses c'est très compliqué et très souvent ces femmes on a du mal à les faire reconnaître et elles se retrouve après sans papier pendant des années aéré en France et de nouveau exploité et c'est elle qu'on considère comme hors la loi orors la loi parce que sans papier h la loi parce que venu illégalement hors la loi parce que on les considère comme clandestines elles sont pas elles sont pas enfin elles sont pas invisibles ces femmes elles travaillent elles vivent d'ailleurs elles sont bien obligées de travailler pour vivre je veux dire mais on refuse de les reconnaître toutes ces femmes à qui Onon on refuse de reconnaître certains droits il y a aussi aujourd'hui pas mal de femmes à qui on a refusé le droit à l'avortement par exemple parce que le refus du droit à l'avortement est encore une réalité de nos jours y compris en Europe je vous le rappellerit Malte par exemple reste un des pays européens où le droit à l'avortement est toujours interdit condamné en Pologne les conditions il a été légiféré en 2019 mais les conditions c'est tellement draconiennes que aucune femme ne peut je dire remplir ses conditions et en plus elle doivent en polonne al nous on a eu une femme polonaise qui nous a expliqué ça elles doivent justifier qu'elles ont fait partie ou qu'elles ont été victimes d'un viol ou d'un inceste pour le justifierin et et et il faut que l'homme soit condamné comme la procédure judiciaire pour faire condamner l'homme dure des années et ben l'avortement c'est foutu hein et ben oui malheureusement c'est une réalité et ce sont des pays européens alors ne me parlez pas des autres pays je dire dans d'autres pays plus du Sud où l'avortement peut peut peut être accepté dans trois cas par exemple au Maroc c'est le cas mais pas seulement en Tunisie aussi et puis en Afrique subsaharienne aussi on en connaît parfois le viol ou l'inceste et surtout lorsque la vie parfois lorsque la vie des femmes est en danger mais c'est parfois c'est pas pour tout et pas pour tout le monde pas pour toutes ces femmes et pire pire elles sont criminalisées elles deviennent des criminelles elles sont condamnées alors ell aussi souvent se retrouve en exil et ça dans mon parcours d'avocat j'en rencontre je pourrais vous donner je me suis dit que quand je sera la retraite je vais écrire un livre sur toutes ces toutes ces vies que j'ai croisé parce que les gens comme vous comme nous si j'avais pas été avocate n'aurais jamais pu imaginer d'ailleurs il y a eu il y a pas très longtemps un papier qui a été écrit dans le monde sur le parcours de ces femmes je vous le conseille il est très poignant il y a encore ces femmes dans certains pays comme en Algérie où elles sont toujours sur l'autorité parentale où elles n'ont toujours pas le droit sans l'autoriser l'autorisation du père paternel donc de de voyager ou de faire voyager leurs enfants jusqu'à aujourd'hui ils nont elle risqueent encore une une fois la condamnation pour enlèvement d'enfant alors que c'est leur propre enfant il y a des conditions de plus en plus comment dire conna est mal qu'on ne je veux dire qu'on narrive pas à saisir mais ces femmes sont considérées comme hors la loi elles sont considérées comme lors la loi parce queelles se retrouvent au cœur même de lois injustes de lois sexistes sans parler de loi lo raciste je veux dire parce que malheureusement je veux dire les les les phénomènes sont je dis toujours que la logique de discrimination sexiste raciste colonialiste reste toujours la même et c'est toujours dans l'exclusion et dans la discrimination de ces femmes qui toujours c'est elles qui sont victimes ou la majorité du temps parce qu'elles sont doublement victimes elles sont victimes bien sûr de je veux dire de ce système mais en plus elles sont victimes aussi des hommes qui qui et parfois même des femmes malheureusement qui sont rentrées dans ce système et qui tirent profit de ce système et donc ell se retrouvent doublement victime c'est la raison pour laquelle je considère que toutes ces femmes hors la loi sont loin d'être hors la loi au contraire c'est leur résistance leur résilience leur refus leur leur volonté leur courage d'aller jusqu'au bout qui fait avancer notre société lorsque l'on regarde par exemple la question de des homosexuels combien les tabouts ont été je veux dire très fort la criminalisation qui existe encore dans certains pays la la manière dont elles étaient considérées en France il y a eu de tels mouvements que la loi comme le Pax ou après le mariage pour toutes a permis de faire avancer les choses et c'est la loi qui a aussi permis de faire tomber certains tabous qui ne sont pas encore tombés complètement mais ça avance ça avance les femmes transgenres qui continuent à se battre pour faire reconnaître leur identité parce qu'elles ont choisi un une une autre comment dire de pas être femme ou de pas être homme tout simplement un autre genre et qui sont encore aujourd'hui victime non seulement d'une discrimination sociale sociétal mais aussi légal parce que le droit à la reconnaissance d'une nouvelle identité n'a pas encore été entièrement reconnu en France il est en cours et je l'espère mais aujourd'hui ces femmes se retrouvent trangant elles ont fait des choix différents qui sont pas nos choix mais elles ont fait des choix qu'on doit respecter parce que la dignité le le droit les les droits humains nous obligent à respecter ce que chacun et chacune a décidé de faire de son corps et bien malheureusement ce combat n'est pas encore gagné mais ces femmes donc qui se retrouvent voir la loi parce que elle continue parce que nous sommes à leur côté parce que nous avons des décidé souvent les avocats et pas seulement mais aussi les les associations de femmes les associations dans lesquelles vous militez sont à leur côté font avancer les choses ça a été le cas d'ailleurs des des femmes révolutionnaires à certaines époques nous avons tout à l'heure parlé de Louise Michel De Rosa parc de Giselle Alimi qui s'est battu contre le colonialisme aujourd'hui je pourrais vous parler de Ahed Tamimi qui se bat contre l'armée israélienne qui veut voler ses terres en Palestine et bien on s'aperçoit que toutes ces femmes très souvent sont emprisonnées elles sont exilées pire on utilise l'asile psychiatrique comme un enjeu c'est devenu un enjeu politique l'asile on les fait passer pour des folles on considère que on les a écoutez si je me souviens bien lorsque Louise Michel est revenu en France des médecins l'ont demandé son internement considérant que elle était elle devait aller en acide psychiatrique et et jusqu'à aujourd'hui je fais souvent des hacha en tant que femme avocate les hachau excusez-moi c'est les hospitalisations d'office oui vous m'interrompez quand je c'est le langage professionnel oui donc je vais terminer attendez donc toutes ces femmes en hospitalisation d'office parce que elles se sont soulevées contre un système contre une discrimination quelconque et bien on veut les affaires internées alors que ce sont je rencontre parfois des femmes tout à fait saines d'esprit sur lesquelles moi aussi je me bats contre leur internement et on les fait interner parce que l'asile est devenu aussi un outil politique et ça c'est grave alors je pense que aujourd'hui si ces femmes elles ont choisi d'être la loi c'est pas par désir de chaos non c'est parce qu'il y a une forte aspiration à la justice à la liberté à l'égalité à la dignité et et je remercie votre association et tous ceux et tout celles qui aujourd'hui ont décidé de s'interroger sur ces questions de questionner tous ces paradis existants chercher à comprendre parce que je pense que une des premières choses c'est pas de juger c'est de comprendre et je pense que la société ne peut évoluer que si on arrive à les comprendre et les défendre parce que comme je le dis toujours et d'ailleurs Voltaire disait même si je suis pas d'accord avec vous je vous laisserai vous exprimer je ne suis pas d'accord toujours avec ces femmes qui décident de porter un foulard ou qui déciine mais je me bat à leur côté parce qu'elles l'ont choisi ça peutit paraître bizarre mais je pense que c'est le droit au respect des choix de chacune et c'est là moi en tant qu'avocat en tout cas je dois être donc je vous remercie d'être ici pour identifier ces nouvelles voies qui nous permettont de construire un avenir meilleur là où une égalité existe et où l'exception deviendra la règle et on aura plus besoin d'être hors la loi en tout cas s'il y a un choix à faire avec ces femmes qui ont choisi d'être hors la loi sachez que même devant une loi injuste même si je dois transgresser cette loi je chois d'être hors la loi avec elle [Applaudissements] merci
Alima Boumediene-Thiery