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interviewRMC· 18 avril 2024 20 min

🔮 DIRECT - L'intĂ©grale de l'interview de Xavier Bertrand, prĂ©sident de la rĂ©gion Hauts-de-France,...

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:02
Invité

Les mineurs avaient Ă©tĂ© mis en examen pour assassinat dans une autre affaire. La France s'en souvient, celle de Shem Sedgin Ă  Viry-ChĂątillon, colligien de 15 ans, lui aussi passĂ© Ă  tabac. Xavier Bertrand, Gabriel Attal sera ce matin Ă  Viry-ChĂątillon, oĂč il doit notamment annoncer un grenelle sur la violence des mineurs, une grande concertation avec les familles, avec les maires, les associations, les professeurs et les forces politiques. Est-ce que c'est ce qu'il faut pour venir Ă  bout de ce flĂ©au ?

0:30
Xavier Bertrand

Non, ce n'est pas ce qu'il faut. Si on veut mettre un terme à ces massacres, parce que ce jeune à Grande-Synthe visiblement a été massacré, c'est qu'il faut aussi des sanctions. Il faut des réponses, des réponses qui soient dures. Bien évidemment, ça ne suffira pas. Il y a tout un travail de fond à mener, mais il faut aujourd'hui qu'on mette un terme à cette impunité en France.

0:53
Invité

Quand vous dites des sanctions, vous parlez de sanctions pénales, de sanctions éducatives, parce que tout cela est envisagé.

0:59
Xavier Bertrand

Attendons la fin de l'enquĂȘte. Mais ceux qui se sont rendus coupables de ce massacre devront rĂ©pondre de leurs actes, et ce, quel que soit leur Ăąge. Cela fait maintenant des annĂ©es que je porte cette idĂ©e que l'excuse de minoritĂ© ne peut plus ĂȘtre appliquĂ©e systĂ©matiquement.

1:18
Invité

Oui, peut-ĂȘtre pour expliquer pour nos tĂ©lĂ©spectateurs et nos auditeurs ce qu'est l'excuse de minoritĂ©. Il y a deux choses. Il y a le fait qu'en dessous de 13 ans, il y a une prĂ©somption de non-discernement. Donc en dessous de 13 ans, on considĂšre que le jeune ne sait pas ce qu'il fait. Et puis entre 13 et 18 ans, les peines sont allĂ©gĂ©es. Vous vous souhaitez, pour bien comprendre, que les jeunes soient traitĂ©s, jugĂ©s, sanctionnĂ©s comme des adultes ?

1:39
Xavier Bertrand

Qu'ils soient comme des adultes. Parce que les jeunes d'aujourd'hui, ce n'est plus le droit des mineurs, la justice des mineurs, comme on l'imaginait en 1948. On est en 2024 aujourd'hui. Mais vous savez, ce problĂšme, il est Ă  la fois sur les mineurs, mais il n'est plus globalement. Aujourd'hui, la rĂ©ponse pĂ©nale n'est pas suffisamment rapide, elle n'est pas suffisamment forte. Il y a trop d'impunitĂ© dans notre pays. Il y a beaucoup trop d'impunitĂ©. Et on peut casser cela. Vous savez, le code pĂ©nal en lui-mĂȘme, il n'est pas laxiste, mais c'est l'application du code pĂ©nal qui doit ĂȘtre rapide et qui doit ĂȘtre ferme.

Je porte depuis des annĂ©es Ă©galement cette idĂ©e d'avoir Ă  nouveau des peines minimums. Il y a des peines maximums en France. Il faut des peines minimums pour casser cette impunitĂ©. Et lĂ , encore une fois, qu'est-ce qu'on attend pour le faire ? Vous avez parlĂ© d'un Grenelle. M. Macron est au pouvoir depuis sept annĂ©es. Sept annĂ©es qu'il est au pouvoir. Et mĂȘme si M. Attal, aujourd'hui, utilise les mots, les mots pour qualifier les choses, mais les actes, les enseignants sur le terrain, les Ă©lus sur le terrain, les Ă©ducateurs me disent, mĂȘme quand on entend sur un plateau de tĂ©lĂ©vision les mots qui sont des mots justes, ce que l'on veut, c'est des actes.

On veut justement pouvoir faire face et on veut surtout faire reculer cette barbarie.

2:52
Invité

Xavier Bertrand, pour revenir sur l'excuse de minoritĂ©, vous dites que les jeunes d'aujourd'hui soient jugĂ©s comme des adultes. Aujourd'hui, cette excuse de minoritĂ©, elle peut ĂȘtre levĂ©e par les juges. Exceptionnellement, ils peuvent motiver le fait de juger un jeune comme un adulte, mais ce n'est pas fait. Qu'est-ce qui vous fait croire que si l'exception devient la rĂšgle, il y aura davantage de condamnations fermes pour ceux qui se rendent coupables de meurtre ou d'assassinat ?

3:18
Xavier Bertrand

Eh bien, vous devez en faire la démonstration. C'est qu'il n'y aura pas la possibilité de la mettre de cÎté. Voilà, tout simplement.

3:25
Invité

Mais il y a une individualisation des peines et les juges ne seront pas obligés de choisir la peine maximale. Elle est là, elle est constitutionnelle.

3:31
Xavier Bertrand

Oui, mais c'est d'ailleurs la raison pour laquelle je le dis. L'excuse de minorité est une chose et les peines minimums, notamment pour la récidive ou pour des cas les plus graves, doivent bien évidemment s'imposer. Mais encore une fois, ce que je dis là ne demande pas de réforme constitutionnelle.

3:45
Invité

Pour les dénoncants ou pour la récidive, pour préciser...

3:48
Xavier Bertrand

Moi, j'Ă©tais partisan, vous le savez, sous Nicolas Sarkozy. Ça avait aussitĂŽt Ă©tĂ© Ă©cartĂ© aprĂšs 2012. Il y avait des peines planchers qui avaient fait preuve de leur efficacitĂ©. Et pour les mineurs, l'excuse de minoritĂ© ne doit plus ĂȘtre aujourd'hui la rĂšgle.

4:03
Invité

Xavier Bertrand, vous proposiez aussi en 2021, candidat à la présidentielle, que les jeunes les plus dangereux, les mineurs les plus dangereux soient encadrés de façon militaire. Est-ce que vous le souhaitez toujours ? Bien sûr. C'est les centres éducatifs fermés ?

4:14
Xavier Bertrand

Bien sĂ»r. Mais les centres Ă©ducatifs fermĂ©s, il n'y en a pas partout. Oui. Encore une fois, aujourd'hui, vous avez un problĂšme de rĂ©ponse pĂ©nale. La police essaye de faire le plus rapidement possible, dans les meilleures conditions, son mĂ©tier. D'ailleurs, regardez, on ne sait pas quelle sera la suite de l'enquĂȘte. Il y a eu tout de suite des interpellations.

4:31
Invité

14 et 15 ans, je le répÚte.

4:32
Xavier Bertrand

DerriÚre cela, c'est la réponse pénale. Vous prenez la question des émeutes, des émeutes de juin dernier. J'avais écrit aux gardes des Sceaux pour savoir exactement ce qu'il en était, quelles avaient été les suites. Il y avait un peu plus de 5 500 personnes qui avaient été interpellées. Il y en avait 1 700 qui avaient fait l'objet d'une condamnation pénale. Mais derriÚre, quand vous prenez sur l'ensemble, 20 % seulement ont purgé normalement une peine de prison. 20 % seulement. Tous les actes ne nécessitaient pas d'aller en prison. Mais non seulement, vous avez aujourd'hui des difficultés parce qu'il y a un numerus clausus qui ne dit pas son nom pour la prison.

Il n'y a pas assez de places de prison. Ça fait des annĂ©es qu'on nous dit qu'il faut des places de prison. Moi-mĂȘme, Ă©lu local, dans le Saint-Quantinois, j'avais fait des propositions pour accueillir une prison. Jamais eu de rĂ©ponse positive. Jamais. On nous dit que les Ă©lus n'en veulent pas. Ça n'est pas vrai. Et puis, il y a aussi autre chose. C'est que l'alternative Ă  la prison n'existe pas suffisamment fortement aujourd'hui en France.

5:29
Invité

Mais quelle serait l'alternative pour les jeunes ? C'est les centres éducatifs fermés.

5:32
Xavier Bertrand

Les centres Ă©ducatifs fermĂ©s, ça, c'est la premiĂšre des choses. Et puis mĂȘme... Des bracelets Ă©lectroniques pour les mineurs. Des bracelets Ă©lectroniques. Mais allons jusqu'au bout. Les travaux d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Il ne s'agit pas d'appliquer des travaux d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral Ă  ceux qui seront coupables de ces massages.

5:45
Invité

Il y a des travaux d'intĂ©rĂȘt Ă©ducatif qui ont Ă©tĂ© annoncĂ©s par Gabriel Attal en janvier Ă  l'AssemblĂ©e nationale, notamment.

5:51
Xavier Bertrand

Cela fait maintenant 4 ans que j'ai proposé au titre du Conseil régional des Hauts-de-France d'accueillir des TIG au sein du Conseil régional. Vous savez combien d'injustices m'ont envoyé ?

6:01
Invité

Dites-moi.

6:01
Xavier Bertrand

5. En 5 ans.

6:03
Invité

TIG et Travaux d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.

6:04
Xavier Bertrand

Maintenant, il y a avec le procureur Damien, oĂč on va essayer autre chose, le travail non rĂ©munĂ©rĂ©. Mais en 5 ans, j'avais interpellĂ© le garde des Sceaux, il n'y a pas de suite. Il y en a marre des discours. Il y en a marre des actes. Moi, ce que je propose en tant qu'Ă©lu local, parce que je pense qu'on doit trouver des solutions partout, c'est des solutions. Et on ne me les donne pas. C'est ça aussi le fond du problĂšme.

6:23
Invité

Xavier Bertrand, il y a quelques instants, vous évoquiez les émeutes de l'été dernier. Quand on regarde les chiffres, que ce soit des condamnations des mineurs, ou dans l'ensemble, ou celles précisément au moment des émeutes, il y a aussi un fait majeur qui apparaßt. 87% des 54 000 condamnations de mineurs par an, ce sont des jeunes garçons. 91% des condamnés pendant les émeutes, ce sont des hommes de moins de 25 ans. Est-ce qu'il y a une question sociétale, éducative, qui doit aussi nous interroger sur la façon dont on élÚve aujourd'hui des jeunes garçons ?

6:52
Xavier Bertrand

Bien sĂ»r, mais je ne veux pas que la question sociĂ©tale l'emporte sur la rĂ©ponse qui doit ĂȘtre une rĂ©ponse pĂ©nale, une rĂ©ponse d'autoritĂ© et une rĂ©ponse de sanction. Mais bien Ă©videmment, vous devez vous poser toutes ces questions, mais encore une fois, il y a des rĂ©ponses qui existent. Il y a la question de l'autoritĂ© Ă  l'Ă©cole. Il y a l'autoritĂ© dans la sociĂ©tĂ©. Il y a la question aussi de la responsabilitĂ© parentale. Vous savez, l'Ă©ducation, c'est l'affaire des parents avant que ce soit l'affaire de l'Ă©cole.

7:15
Invité

Il faut responsabiliser les parents, taper au portefeuille pour ceux qui, par exemple, ne sont pas assez impliqués.

7:20
Xavier Bertrand

Certains d'entre eux, mais ce sont aussi des idées que nous avons portées à une époque, notamment la suspension des allocations familiales quand les enfants n'allaient pas à l'école.

7:28
Invité

Qui avait été votée, notamment lorsque vous étiez le patron de la droite française.

7:32
Xavier Bertrand

J'avais appuyĂ© cette proposition qui, Ă  l'Ă©poque, Ă©tait celle d'Éric Ciotti, dĂ©putĂ©. Sauf que quand on l'avait votĂ©e, les enfants avaient retrouvĂ© le chemin de l'Ă©cole. Et ce n'est pas le hasard. C'est tout simplement parce qu'il y avait une forme de dissuasion avec cette sanction. Vous savez, quand il y a la certitude de la sanction, il y a un effet de dissuasion. Pas pour tous, mais pour beaucoup d'entre eux. Et puis vous avez aussi une autre question. C'est celle des rĂ©seaux sociaux. Les rĂ©seaux sociaux qui sont Ă©galement ce dĂ©fouloir de haine, de violence.

8:00
Invité

Qu'est-ce qu'on en fait, Xavier Bertrand ?

8:01
Xavier Bertrand

Moi, je suis pour et je vais porter ce combat pour que l'on supprime l'anonymat sur les réseaux sociaux. Vous pouvez menacer quelqu'un, vous pouvez l'injurier, vous pouvez le diffamer, vous pouvez le menacer de mort. Mais derriÚre la sanction, ce sera trÚs difficile à appliquer. Et seulement pour les cas les plus graves. Sur un sujet comme celui-ci, ça ne me dérange pas qu'on puisse utiliser un pseudo. Mais l'anonymat, il faut y mettre un terme.

8:26
Invité

Xavier Bertrand, je le disais, dans quelques minutes, Ă  10 heures, Gabriel Attal est attendu Ă  Viry-ChĂątillon, 100 jours aprĂšs sa nomination Ă  Matignon. Il sera d'ailleurs ce soir l'invitĂ© exceptionnel de BFM TV, oĂč il sera interrogĂ© sur l'Ă©cole, la sĂ©curitĂ©, le pouvoir d'achat. Évidemment, et on va y revenir, Xavier Bertrand. Mais d'abord, une question toute simple. Est-ce que c'est un bon Premier ministre, Gabriel Attal ?

8:46
Xavier Bertrand

Posez la question au français, vous l'aurez la réponse. Il pense comme moi. Un Premier ministre qui n'a pas de majorité absolue. Qu'est-ce qu'il peut faire ? Des émissions. Prononcer des discours. Il n'y a pas, et c'est le péché originel de ce quinquennat, M. Macron n'a pas voulu avoir une majorité absolue à l'Assemblée, ce que les Français lui ont refusé.

9:06
Invité

Vous dites poser la question aux Français, nous, quand on leur pose la question, sondage est là pour BFM TV, il trouve Gabriel Attal compétent, dynamique, audacieux, courageux et sympathique. Est-ce que vous aussi, vous lui trouvez ses qualités ?

9:16
Xavier Bertrand

Efficace Ă  combien de pourcents ?

9:17
Invité

Efficace, ils sont quelques-uns Ă  dire, il est encore trop tĂŽt pour juger de son action au bout de 100 jours.

9:21
Xavier Bertrand

Vous savez, les Français, ce qu'ils veulent, c'est que leur responsable politique soit efficace. Et c'est le problÚme. Aujourd'hui, mais attendez, on parle de la santé un court instant ? On en parle. Ce soir, vous allez l'interpeller sur les questions de santé ? C'est-à-dire ? Les questions de santé, aujourd'hui, la pénurie de médicaments dans notre pays. On a eu des annonces sur des annonces, des plans sur des plans de la part des ministres de la Santé. Allez dans une pharmacie, vous avez un enfant en bas ùge ? Moi, c'est aussi mon cas. C'est mon cas aussi. Eh bien, je vais vous dire une chose, c'est effectivement la chasse au trésor pour avoir certains médicaments. C'est une honte.

9:51
Invité

Mais c'est la responsabilité de Gabriel Attal, c'est de sa faute ?

9:53
Xavier Bertrand

Attendez, il est au pouvoir ou pas ? Alors, il est au pouvoir, il doit le rĂ©gler. Il y a des Ă©poques oĂč il n'y a pas eu de pĂ©nurie de mĂ©dicaments. Donc, aujourd'hui, sur la pĂ©nurie de mĂ©dicaments, ils font quoi ? Et il y a un sujet qui risque d'aggraver la situation. Vous avez Biogarant. Biogarant, c'est une entreprise française qui dĂ©pend du groupe Servier. Vous savez, le groupe Servier qui avait Ă©tĂ© bien connu. Je m'Ă©tais opposĂ© Ă  eux sur la question du mĂ©diator parce qu'ils avaient vendu ce poison. Biogarant est aujourd'hui en vente. Produit justement des gĂ©nĂ©riques. Vous avez aujourd'hui deux acheteurs potentiels, des groupes indiens.

Ça veut dire que si ce sont des Indiens qui achĂštent, il y a tous les risques que cette production de gĂ©nĂ©riques soit faite ailleurs qu'en France. Il y a des emplois Ă  la clĂ© et il y a ensuite de la disponibilitĂ© des mĂ©dicaments. Je demande au gouvernement de s'opposer Ă  cette vente. Ils en ont les moyens tant qu'on n'aura pas un acheteur europĂ©en.

10:43
Invité

DeuxiÚme sujet, la taxe lapin. Passer à Bruno Le Maire, taxe lapin parce qu'il faut des recettes et on voit aussi la question des déficits et des comptes publics. Effectivement, un certain nombre de mesures sur la santé, le doublement de la franchise médicale, de la franchise sur les boßtes de médicaments. Et la taxe lapin, 5 euros pour ceux qui n'honoreraient pas le rendez-vous chez le médecin.

11:00
Xavier Bertrand

5 euros.

11:01
Invité

Ça vous choque ?

11:01
Xavier Bertrand

La consultation d'un gĂ©nĂ©raliste est Ă  26,50. Vous ne trouvez pas qu'il y a un dĂ©calage ? Qu'elle devrait ĂȘtre plus importante cette taxe lapin ?

11:07
Invité

Vous trouvez que 5 euros, ce n'est pas assez ?

11:08
Xavier Bertrand

Évidemment. Le mĂ©decin, bien Ă©videmment, il ne produira pas d'actes. Mais en attendant, c'est un rendez-vous qui n'existe pas pour les autres. Elle doit ĂȘtre de combien, Philippe Bertrand, cette taxe ? Pour certains, elle ne sera pas assez dissuasive.

11:20
Invité

Mais c'est-à-dire qu'il faut qu'elle soit équivalente à la consultation ?

11:23
Xavier Bertrand

Poser la question aux mĂ©decins plutĂŽt que d'avoir imposĂ© cette dĂ©cision sans concertation avec les mĂ©decins. Mais 5 euros pour moi, ça n'est pas suffisant. Puis il y a aussi autre chose. Le Premier ministre, parce que c'est lui qui a annoncĂ©, ce n'est mĂȘme pas le ministre de la SantĂ©. Ils disent qu'il faut moins de formalitĂ©, moins de paperasse pour les mĂ©decins. Mais c'est aux mĂ©decins de gĂ©rer ça. Mais certainement pas. C'est Ă  la sĂ©curitĂ© sociale de gĂ©rer cette taxe lapin. Et en mĂȘme temps, sur les questions de santĂ©, allons jusqu'au bout des choses. Le gouvernement est en train de programmer la mort des cliniques privĂ©es. Des cliniques privĂ©es.

Vous savez, en France, le systÚme français repose sur une partie publique et une partie privée. Il y a l'hÎpital et il y a les cliniques privées. Ils ont décidé d'augmenter...

12:04
Invité

Je rappelle pour ceux qui nous écoutent que vous avez été ministre de la Santé, Xavier Bertrand.

12:07
Xavier Bertrand

Merci. Ils ont décidé d'augmenter les tarifs de 0,3%. Quand on sait ce qu'est justement l'inflation aujourd'hui, ça veut dire que des services vont fermer. Et aprÚs, on va se plaindre qu'il y a trop de difficultés à l'hÎpital public. Les infirmiers libéraux sont aujourd'hui dans une situation des plus précaires qui soit. Sur ces sujets-là, sur la santé, marrent des discours, marrent des grandes déclarations. Il nous faut des actes.

12:30
Invité

Je rappelais que vous étiez ministre de la Santé. Vous avez été aussi ministre du Travail. Vous avez fait des classes moyennes l'un de votre credo. Il se trouve que Gabriel Attal en fait aussi l'un des marqueurs de son action politique. Est-ce qu'il a raison de vouloir améliorer la vie des classes moyennes ? Est-ce que vous percevez dans son discours une volonté ou en tout cas une compréhension des enjeux que vous aviez posés sur la table au cours des précédents mois ?

12:53
Xavier Bertrand

Mais comprendre, c'est la moindre des choses quand on a du pouvoir. Mais il faut faire, il faut dĂ©livrer. Et mĂȘme en 100 jours...

12:58
Invité

Pour l'instant, il y a un cap qui est fixé. C'est-à-dire la lutte contre la fraude, la désmicardisation, les 2 milliards de baisse d'impÎt.

13:04
Xavier Bertrand

Quand vous voyez la situation du pays, vous n'avez pas un jour Ă  perdre. Vous n'avez pas un jour Ă  perdre. Aujourd'hui, quand vous ĂȘtes au pouvoir, vous devez agir. Dans ma rĂ©gion, qu'est-ce qui touche les classes moyennes ? Le pouvoir d'achat. J'aide ceux qui prennent leur voiture pour aller travailler. 240 euros que je leur verse.

13:20
Invité

C'est-Ă -dire qu'il faut des mesures d'urgence sur l'essence par exemple ?

13:22
Xavier Bertrand

J'aide les classes moyennes, notamment quand les enfants doivent passer le permis de conduire. Le permis de conduire est devenu un impÎt qui ne dit pas son nom. Je les aide. Et j'aide les classes moyennes, c'est-à-dire celles et ceux qui travaillent. J'aide aussi pour la garde d'enfants. L'allocation de rentrée scolaire dans les Hauts-de-France, elle est versée à tout le monde, quels que soient les revenus.

13:40
Invité

Vous demandez Ă  l'État de reprendre vos idĂ©es pour soulager le pouvoir d'achat des classes moyennes.

13:43
Xavier Bertrand

Ça fait un moment justement que je propose Ă  l'État. Mais bien Ă©videmment, les discours leur suffisent. La seule chose qui intĂ©resse les Français, et quand vous voyez l'exaspĂ©ration qui monte aujourd'hui, ce sont des rĂ©sultats, c'est qu'on change leur vie. Je pense qu'au gouvernement, ils ont renoncĂ© Ă  changer la vie des Français. Ils sont aujourd'hui certainement fatiguĂ©s, mais en tout cas, ils n'ont plus envie de changer la vie des Français. Prenez notamment sur la classe moyenne, regardez l'interview aujourd'hui du patron de Michelin sur la question du salaire dĂ©cent. Il dit que le SMIC n'est plus un salaire dĂ©cent et il a raison.

Qu'est-ce qu'ils attendent au gouvernement, notamment sur le carburant ? En septembre dernier, on me l'a reprochĂ©, j'avais indiquĂ© que l'augmentation du prix du carburant Ă©tait une bonne affaire pour l'État parce qu'Ă  chaque fois que le prix du baril augmente, c'est le cas aujourd'hui, les taxes augmentent. Monsieur le maire, qu'est-ce qu'il attend pour convoquer tous les distributeurs, tous, et de leur imposer ce que Total a dĂ©cidĂ© de faire ? C'est-Ă -dire que le prix du carburant est plafonnĂ© aujourd'hui Ă  1,99€ chez Total. Qu'est-ce qu'il attend ? Il attend qu'il y ait aujourd'hui une montĂ©e en puissance. J'ai dit, oui, attendez, M. Attal s'occupe de tout comme M. Macron.

Alors dans ces cas-là, posez-lui la question ce soir. Les distributeurs, le prix coûte tant, qu'est-ce qu'ils attendent pour l'imposer à tout le monde ? Ce que Total fait, tout le monde doit le faire.

14:59
Invité

J'en viens Ă  Xavier Bertrand, donc Ă  la confĂ©rence de la France insoumise qui aurait dĂ» avoir lieu Ă  l'universitĂ© Lille 3 ce soir. Jean-Luc MĂ©lenchon, Rima Hassan, qui est sur la liste insoumise aux europĂ©ennes, devait prendre la parole. Cette confĂ©rence a Ă©tĂ© annulĂ©e par la prĂ©sidence de l'universitĂ© au nom notamment de la sĂ©curitĂ© des personnes et des biens. Vous aviez appelĂ© Ă  l'annulation de cette confĂ©rence et Jean-Luc MĂ©lenchon vous a pris Ă  partie hier lors d'un meeting pas loin Ă  Roubaix. Écoutez.

15:26
Présentateur

Pour moi, l'universitĂ©, c'est un monument. C'est un grand moment d'y ĂȘtre. Alors quelle tristesse de voir des petits chafouinages misĂ©rables. Le prĂ©sident de la rĂ©gion, la main sur le cƓur, disant, il ne faut pas laisser les antisĂ©mites entrer ni Ă  l'Ăźle, ni nulle part dans le pays, dans les universitĂ©s françaises. Tu es bĂȘte. Tu es bornĂ©. Tu es obtu.

15:55
Invité

Qu'est-ce que vous lui répondez, Xavier Bertrand ?

15:58
Xavier Bertrand

BĂȘte, il a dit ? Obtu et bornĂ©, c'est ça ? Oui. Alors je suis un gaulliste bĂȘte. Je suis un rĂ©publicain bornĂ©. Et je suis moi un universaliste obtu. Et je l'assume. Et je l'assume.

16:08
Invité

Vous souhaitez réduire au silence Jean-Luc Mélenchon comme il le dit ?

16:11
Xavier Bertrand

Il Ă©tait rĂ©duit au silence hier ? Certainement pas. Il a tenu ce qui est un meeting politique. Mais tenir un meeting politique dans une universitĂ©, je suis dĂ©solĂ©, ça n'a pas sa place. Et le prĂ©sident de l'universitĂ© a eu raison. C'Ă©tait une confĂ©rence, ce n'Ă©tait pas un meeting sur le papier. Attendez. Avec en plus une association qui nie l'existence d'IsraĂ«l. C'est-Ă -dire qu'il y a une reconnaissance internationale de l'État d'IsraĂ«l et il la niait. Vous savez, ce qui se passe aujourd'hui avec la France insoumise.

16:36
Invité

Vous évoquez le logo de cette association.

16:37
Xavier Bertrand

Le logo de cette association qui nie l'existence d'IsraĂ«l a mĂȘme existĂ©. Cet antisionisme est si proche de l'antisĂ©mitisme. Monsieur MĂ©lenchon aujourd'hui a basculĂ© depuis longtemps. Moi je suis un rĂ©publicain, il ne l'est plus.

16:49
Invité

Mais on est dans un état de droit, Xavier Bertrand. Il y a la légalité ou l'illégalité. Est-ce que ce que fait cette association est légale ou illégale ? Et est-ce que Jean-Luc Mélenchon tombe sous le coup de la loi Guesso ou non ?

17:01
Xavier Bertrand

S'il prononce, s'il tient des propos antisĂ©mites, il tombe sous le coup de la loi et il doit ĂȘtre condamnĂ©. Il n'a pas Ă©tĂ© empĂȘchĂ© de s'exprimer. Hier soir, il a tenu son meeting. Alors, quel est le problĂšme ? Le problĂšme, c'est qu'aujourd'hui, il y a une confusion des genres. Et d'ailleurs, je vois que le prĂ©sident de l'universitĂ©, il Ă©tait un peu seul. Vous avez entendu la ministre de l'Enseignement supĂ©rieur, vous, sur ce dossier ? Absolument pas. Et donc, encore une fois, il faut arrĂȘter de dĂ©tourner les yeux. Il faut arrĂȘter aujourd'hui de faire du pas de vague.

Quand il y a des conférences comme celle-ci, dans le contexte dans lequel on est, qui sont aussi sur un fond d'antisémitisme qu'il faut combattre dans notre pays, alors je suis désolé, on doit dire stop.

17:38
Invité

L'antisémitisme, c'est une question de droit, Xavier Bertrand. Je vous repose ma question. Si l'activité de cette association qui est agréée en préfecture est légale, pourquoi interdire une conférence de cette association ?

17:47
Xavier Bertrand

Parce que ça n'a pas à voir lieu dans une université, dans une université française, trÚs clairement. Et si ces propos sont caractérisés de façon antisémite, ils tombent sous le coup de la loi.

17:59
Invité

Pour bien comprendre, ça veut dire que la conférence qui est annoncée ce soir à Lille par les Insoumis dans un autre lieu, vous n'en demandez pas l'annulation.

18:07
Xavier Bertrand

S'il y a un risque de trouble Ă  l'ordre public, le droit permet justement de l'interdire.

18:12
Invité

Donc, vous envisagez de demander l'interdiction du meeting de ce soir ?

18:15
Xavier Bertrand

Aujourd'hui, le reprĂ©sentant de l'État, mais s'il y a le moindre trouble Ă  l'ordre public, la rĂ©ponse est oui. Mais Ă  l'universitĂ©, ça n'avait pas lieu. Quelle honte d'organiser cela Ă  l'universitĂ© ?

18:26
Invité

Est-ce que vous demandez la dissolution de l'association qui a organisĂ© cette confĂ©rence ? Puisque vous vous dites qu'elle nie l'existence de l'État d'IsraĂ«l.

18:32
Xavier Bertrand

On va le faire quatre fois, cinq fois, dix fois. Je vous l'ai dit, s'il y a des propos antisémites, ils tombent sous le coup de la loi.

18:37
Invité

Non, mais si l'association nie l'existence de l'État d'IsraĂ«l, ça tombe sous le coup de la loi. Et dans ce cas-lĂ , vous en demandez la dissolution. Si ce n'est pas le coup, ça veut dire qu'elle a le droit d'organiser des confĂ©rences.

18:45
Xavier Bertrand

Le droit d'organiser des conférences, je suis désolé, dans le contexte dans lequel on est, l'antisionisme, c'est aussi le fauné de l'antisémitisme. On décide de combattre l'antisémitisme, oui ou non ? Pour moi, la réponse est oui. Chaque jour, à chaque moment.

18:58
Invité

Les Insoumis, d'ailleurs, tiendront cette conférence, ils annoncent ailleurs à Lille. Il y a un sénateur, les Républicains, Stéphane Lerudulier, qui demande leur dissolution. Est-ce que vous soutenez son action ? Il demande la dissolution de la France insoumise.

19:11
Xavier Bertrand

Je combats la France insoumise et je continuerai Ă  la combattre. Et dans ces Ă©lections europĂ©ennes, je combats tous les extrĂȘmes. Et vous savez, ces Ă©lections europĂ©ennes, aujourd'hui, elles sont mortes. Ce ne sont plus des Ă©lections europĂ©ennes. Pourquoi ? M. Macron aura rĂ©ussi l'exploit de transformer ça en rĂ©fĂ©rendum pour ou contre Macron. VoilĂ  ce qui s'est passĂ©. Depuis le dĂ©but, en ciblant notamment les extrĂȘmes et surtout en ciblant le Rassemblement national, on s'aperçoit qu'il y a maintenant un rĂ©fĂ©rendum pour ou contre Macron. Et vous connaissez la rĂ©ponse.

Parce qu'il y a une majorité de Français aujourd'hui qui sont mécontents du président de la République et mécontents de ce gouvernement. C'est terrible que l'enjeu européen ait disparu. Hier, dans cette émission, Apolline de Malherbe n'a posé qu'une question sur l'Europe à M. Bardella. Tout le reste, c'était sur la politique nationale. Vous le voyez, c'est devenu un référendum pour ou contre Macron.

19:58
Invité

Parce qu'il y a beaucoup de sujets de politique nationale.

20:01
Xavier Bertrand

C'est devenu un tour de l'élection présidentielle, mais en tout état de cause. Je vous le dis, aujourd'hui le Front National n'a aucune solution, aucune. Et moi, je continuerai à apporter des solutions concrÚtes, sérieuses, pour encore une fois, changer, améliorer la vie des Français.

20:15
Invité

Merci Xavier Bertrand. Les questions europĂ©ennes, il en sera question ce soir avec Gabriel Attal, invitĂ© exceptionnel de BFM TV. Merci d'ĂȘtre venu Ă  ce micro ce matin, Xavier Bertrand. Bonne journĂ©e Ă  vous, bonne journĂ©e Ă  tous.