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InterviewFrance Culture — Sens politique (sur Site radio)· 15 mars 2025 43 minComplaisantFond programmatiqueInstitutions & électionsAgriculture & alimentationEnvironnement & énergieSolidarités & famille

Loïg Chesnais-Girard, président de la Bretagne : "Sur la décentralisation, il faut un nouvel état d'esprit, pas une loi"

Source d'origine 3 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 81 %Attaque 7 %Défensif 12 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:53OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui fait qu'à 16 ans, on veut s'engager au sein de sa commune ?

  • 3:05OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça joue aussi d'avoir une grand-mère maternelle qui était adjointe au maire ?

  • 3:37OuverteRéponse directe

    Loïc Chénat-Girard, vous qui avez été un temps tenté par Emmanuel Macron.

  • 4:04OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour vos 50 ans ?

  • 4:38OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ça veut dire être un artisan de la politique ?

  • 6:33OuverteRéponse directe

    Que pourrait faire l'État central pour décentraliser très concrètement ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:59Invité politiqueFait
    « Le plaisir de vivre ensemble. »
  • 2:04Invité politiqueFait
    « A l'époque, c'était les grandes années SIDA. »
  • 3:40Invité politiqueFait
    « J'ai effectivement un parcours qui fait que j'ai choisi la famille de la gauche, j'ai choisi d'adhérer au Parti Socialiste et j'ai choisi d'assumer, encore une fois, cette ligne qui concilie le progrès humain et aujourd'hui le progrès environnemental et l'envie de bien vivre. »
  • 4:46Invité politiqueFait
    « C'est d'abord effectivement en comparaison avec les rentiers qui, pour certains d'entre eux, ne savent pas ce que c'est que la décision face aux gens, face aux hommes et aux femmes que vous recroisez en faisant vos courses à la boulangerie ou en allant chercher vos enfants à la garderie. »
  • 5:47Invité politiqueFait
    « Et je le dis avec force, ceux qui dans le même temps disent qu'ils ne veulent pas du Mercosur, la main sur le cœur, et qui dans le même temps disent qu'il faut enlever les normes, enlever les règles, enlever les charges et tout ira bien, se trompent. »
  • 6:01Invité politiqueFait
    « La protection des agriculteurs européens, ce sont les normes européennes que nous mettons et les règles à l'entrée sur le marché. »
  • 6:42Invité politiqueFait
    « Nous pouvons faire équipe de France. L'objectif n'est pas de dire qu'il y a les méchants élus nationaux et les gentils élus locaux. C'est bien plus complexe que cela. »
  • 8:03Invité politiqueFait
    « Ce n'est pas plus d'argent, je le redis. C'est de répartir les décisions autrement. »
  • 8:08Invité politiqueChiffre
    « Aujourd'hui, 8 euros sur 10, c'est décidé à Paris. »
  • 9:19Invité politiquePromesse
    « Je le souhaite de tout cœur et nous y mettons beaucoup d'énergie. »
  • 9:23Invité politiqueFait
    « Il faut que l'Union européenne fasse un choix et que nous soyons capables de mettre des moyens pour accompagner nos agriculteurs et trouver des solutions aux impasses. »
  • 10:20Invité politiqueFait
    « Parce qu'il faut nourrir tout le monde et que de faire croire que je ne vais nourrir que 20% des gens les plus riches serait une folie. »
  • 11:32Invité politiqueFait
    « Faire en sorte que nous soyons capables de choisir que l'alimentation fait partie de notre souveraineté et donc qu'on met des moyens pour accompagner les transitions et faire en sorte que nos agriculteurs vivent bien de leur travail tout en étant fiers des produits. »
  • 13:03Invité politiqueFait
    « C'est d'abord d'affirmer que nous avons besoin d'eux. D'affirmer la fierté d'avoir des agricultrices et des agriculteurs dans tous les systèmes de production. »
  • 14:14Invité politiqueFait
    « D'abord, il ne faut plus appeler ça une politique agricole. Ça doit être une politique agricole et alimentaire parce que le sujet c'est l'alimentation. »
  • 14:21Invité politiqueFait
    « Nous sommes 450 millions d'européens. Si nous dépendons comme pour le pétrole, comme pour l'informatique, comme pour l'énergie de d'autres, nous allons vivre des moments très compliqués. »
  • 15:44Invité politiqueChiffre
    « Nous sommes déjà à 22% en bio. »
  • 16:40Invité politiqueChiffre
    « Nous fabriquons 100 millions de repas par an, c'est quelques dizaines de centimes par repas supplémentaire. »
  • 18:04Invité politiqueChiffre
    « Nous y avons mis 80 millions d'euros pour rénover les rails. »
  • 18:58Invité politiqueFait
    « Je suis le premier à me dire que les petites lignes il faut les remettre en route. »
  • 20:59Invité politiqueFait
    « Un nouvel état d'esprit, pas besoin d'une loi. »
  • 22:08Invité politiqueFait
    « Les sanctions ont produit leurs effets mais il y a encore bien entendu beaucoup à dire et à faire. »
  • 23:05Invité politiqueFait
    « N'avions-nous la capacité initialement ? C'est une vraie question d'abord quand on voit l'état de nos armées. »
  • 23:25Invité politiqueFait
    « Mais nous devons changer de production, changer de rythme de production. »
  • 23:50Invité politiqueFait
    « La douche est froide mais ça fait déjà 10-15 ans que nous parlons de cela. »
  • 24:48Invité politiqueFait
    « Il a déjà des conséquences depuis 3 ans, nous voyons la montée en puissance de certains producteurs qui sont sous-traitants des grands donneurs d'ordre nationaux. »
  • 26:17Invité politiqueChiffre
    « 2 bretons sur 10 travaillent pour nourrir la population française. »
  • 26:15Invité politiqueChiffre
    « 2 bretons sur 10 travaillent pour nourrir la population française »
  • 26:26Invité politiqueChiffre
    « plus de 10% des hommes et des femmes qui travaillent en Bretagne travaillent dans les domaines de la défense ou de la cybersécurité »
  • 27:13Invité politiqueFait
    « c'est un vrai sujet pour notre société »
  • 27:15Invité politiqueFait
    « le vieillissement du pays n'est pas regardé en face »
  • 27:25Invité politiqueFait
    « la capacité d'ailleurs à garder des actifs pour faire tourner nos usines ou pour garder nos écoles ouvertes »
  • 27:32Invité politiqueFait
    « le prendre soin de nos aînés est indispensable à notre qualité de vie »
  • 30:33Invité politiqueFait
    « pas une voix ne manque dans le groupe de la majorité »
  • 31:03Invité politiqueFait
    « l'enseignement du breton est un sujet compliqué dans la république »
  • 31:17Invité politiquePromesse
    « je me bats année après année comme mes prédécesseurs pour faire en sorte que dans l'école de république on puisse en prendre le breton »
  • 31:33Invité politiqueFait
    « j'ai fait en sorte que l'on puisse entendre du breton dans les trains »
  • 31:58Invité politiqueFait
    « perdre une langue c'est perdre un bout de nous-mêmes »
  • 34:26Invité politiqueFait
    « le lendemain matin je décide d'adhérer au parti socialiste »
  • 36:46Invité politiqueFait
    « Les partis sont indispensables à notre société »

Temps de parole

  • Invité politique68 %
  • Présentateur29 %

1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:09
Présentateur

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Sens Politique, l'émission qui prend le temps de connaître un invité pour décrypter avec lui son parcours, son engagement et sa personnalité au rythme de l'actualité. Notre invité est un breton, né à l'Agnon en 1977, il grandit à Tréberdin dans les côtes d'Armor, au Salé et Granit Rose. Engagement jeune, à 16 ans, il crée une association pour permettre aux lycéens de participer à la vie de la cité et à 18 ans révolu, il est élu au conseil municipal de la ville de l'Iffray, 8000 habitants dans le Morbihan.

Adjoint au maire à 25 ans, maire à 30 et puis le conseil régional dans la roue de Jean-Yves Le Drian, rencontré au Japon pour défendre l'usine canonne de sa commune. Le ministre de la Défense est pris par les attentats de 2015, c'est lui qui bat la campagne en plus de la diriger. Démission du socialiste en 2017, il est élu par le conseil régional et réélu en 2021 par les Bretons. Son slogan, la Bretagne avec Loïc. Objectif, se faire un nom et un prénom. Il publie un livre avec Eric Orsena, le souffle breton, dont il fait désormais des ponts, des rencontres, afin d'éviter, dit-il, la division de la société. Il tente de réconcilier monde économique et écologique, mais y arrive-t-il vraiment ?

Il s'est dit récemment socialiste apatride. Est-ce toujours le cas ? Alors que les candidatures au congrès de juin se multiplient, il aime les mots de compromis et décentralisation. Il pense que la Bretagne s'inculque et se transmet à défaut d'être spontané. Bonjour Loïc Chenet-Girard. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. Merci. Et merci à vous de nous écouter. Nous sommes ensemble jusqu'à 13h30. Qu'est-ce qui fait qu'à 16 ans, on veut s'engager au sein de sa commune ?

1:57
Invité politique

Le plaisir de vivre ensemble. 16 ans, fin de collège, début de lycée, envie de s'engager pour des causes. A l'époque, c'était les grandes années SIDA. Rappelez-vous, c'était les grandes années où on avait envie de dire qu'il y avait un futur, malgré toutes ces angoisses. Et donc, d'échanger, de construire des soirées pour débattre, pour rencontrer des médecins, d'organiser des soirées aussi agréables. De fait, ça génère l'envie de vivre ensemble et donc de prendre la responsabilité du groupe.

2:24
Présentateur

Vous avez dit dans un podcast, l'oreille de Charles, mes potes étaient footballeurs et jouaient de la gratte. Moi, je partais dans ma mairie voir les hommes et les femmes.

2:32
Invité politique

Oui, c'est effectivement cela. La fin de mon adolescence, le début de ma vie d'adulte, élu à 18 ans, c'est assez extraordinaire, mais élu issu du monde associatif, pas encore issu du monde militant politique. Et donc, participer à la vie de la cité, rencontrer celles et ceux qui font vivre une ville, depuis les dames de cantine, comme je les appelle gentiment, jusqu'à celles et ceux qui construisent l'urbanisme, le logement, la complexité d'une ville, la complexité d'hommes et de femmes qui se donnent à la construction de l'avenir en commun, est quelque chose de passionnant.

3:05
Présentateur

Est-ce que ça joue aussi d'avoir une grand-mère maternelle qui était adjointe au maire de Louvcienne dans les Evelynes UDF et un grand-père socialiste ?

3:11
Invité politique

Oui, ça donne d'abord la certitude qu'on peut continuer à débattre et échanger, même si on n'est pas dans la même famille politique. Et on en a bien besoin dans la période dans laquelle nous vivons. Puis, l'admiration pour cette grand-mère qui, effectivement, était arrêtée dans la rue parce qu'elle avait donné un coup de main sur tel ou tel dossier. Un grand respect des gens, je le voyais face à cette mère adjointe qui a fait six mandats de mère adjointe. Ça a été, pour moi, un modèle.

3:34
Présentateur

D'ailleurs, vous êtes peut-être un mélange des deux, l'UDF et le socialisme. Loïc Chénat-Girard, vous qui avez été un temps tenté par Emmanuel Macron.

3:40
Invité politique

J'ai effectivement un parcours qui fait que j'ai choisi la famille de la gauche, j'ai choisi d'adhérer au Parti Socialiste et j'ai choisi d'assumer, encore une fois, cette ligne qui concilie le progrès humain et aujourd'hui le progrès environnemental et l'envie de bien vivre. Bien vivre dans notre République, bien vivre dans nos territoires, avec cette justice sociale qui nécessite de s'engager encore et toujours.

4:04
Présentateur

A 25 ans, vous êtes mère adjointe, je le disais en introduction, chargée de l'urbanisme et du développement économique. A 30 ans, maire de l'IFRE, une demi-heure de Rennes au Nord-Est. A 40 ans, président de région. Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour vos 50 ans ?

4:15
Invité politique

De garder la foi, de garder l'énergie, de garder l'envie de servir. C'est magnifique d'avoir l'honneur de servir. J'ai eu la chance d'avoir un métier, d'être en disponibilité de ce travail, ce qui me donne de la liberté. Et aujourd'hui, servir dans une ville, dans une région, c'est la même aspiration et participer au débat pour la République.

4:34
Présentateur

Vous dites que vous n'étiez pas programmé pour être président de la région Bretagne, que vous êtes, je cite, un artisan de la politique. Qu'est-ce que ça veut dire être un artisan de la politique ? Est-ce que c'est en comparaison avec les rentiers ?

4:46
Invité politique

C'est d'abord effectivement en comparaison avec les rentiers qui, pour certains d'entre eux, ne savent pas ce que c'est que la décision face aux gens, face aux hommes et aux femmes que vous recroisez en faisant vos courses à la boulangerie ou en allant chercher vos enfants à la garderie.

4:57
Présentateur

Vous pensez à qui au ministre ?

4:58
Invité politique

Je ne pense pas forcément aux ministres, à ceux qui n'ont jamais connu le mandat local, à ceux qui ont fait d'un fonds de commerce le verbe, la capacité d'entraîner positivement ou quelquefois négativement. Et il faut se confronter au réel. La décision politique, elle transforme la vie des gens, elle transforme le quotidien. Si c'est juste faire des mots pour entraîner des émotions, pour susciter le vote, ça n'a pas beaucoup de sens. Je suis fatigué personnellement d'entendre à la radio le matin des hommes et femmes qui vivent à l'intérieur du périphérique qui viennent nous expliquer comment on doit faire. C'est usant.

Et il faut que nous soyons capables de porter notre voix bien au-delà de cet hémicycle pour montrer encore une fois le travail que nous menons sur les transformations, les transitions qui sont indispensables. Et je le dis avec force, ceux qui dans le même temps disent qu'ils ne veulent pas du Mercosur, la main sur le cœur, et qui dans le même temps disent qu'il faut enlever les normes, enlever les règles, enlever les charges et tout ira bien, se trompent. La protection des agriculteurs européens, ce sont les normes européennes que nous mettons et les règles à l'entrée sur le marché.

Dans un modèle complexe de mondialisation, nos agriculteurs seront les premières victimes de l'abaissement de nos exigences sociales et environnementales. La première des preuves d'amour que nous avons vis-à-vis de l'agriculture, c'est justement d'être exigeant pour que le premier capital productif de la Bretagne, que sont nos sols et notre biodiversité, soient protégés.

6:25
Présentateur

C'est votre voix qu'on entend, Loïc Chennais-Girard, dans l'hémicycle du Conseil Régional de Bretagne, dont vous êtes le président. C'était le 12 décembre 2024. Alors, vous dites souvent que le centralisme nous étouffe. Que pourrait faire l'État central, à votre avis, pour décentraliser, très concrètement ?

6:41
Invité politique

Nous pouvons faire équipe de France. L'objectif n'est pas de dire qu'il y a les méchants élus nationaux et les gentils élus locaux. C'est bien plus complexe que cela. L'idée, c'est que l'Assemblée, le gouvernement, réfléchissent à l'avenir de notre pays, avec les grands enjeux qui sont face à nous, mais que l'on décentralise, qu'on donne la main au territoire, pas que les régions, les élus locaux, pour plein de sujets. Le logement, la santé, l'aménagement du territoire, les sujets de mobilité, les sujets économiques. Il y a plein de sujets sur lesquels nous sommes capables de faire mieux que de le décider à Paris.

7:09
Présentateur

Mais en quoi ça consisterait exactement, cette demande d'autonomie, puisque vous avez déjà beaucoup de compétences, les lycées, les transports, l'économie ?

7:15
Invité politique

Nous avons des compétences, effectivement, que nous devons assumer, notamment des services publics régionaux que nous devons faire tourner. Mais il y a des sujets sur lesquels nous voyons bien qu'un grand discours aux 20 heures ou une loi nouvelle ne change pas la réalité des gens. Ce qui suscite d'ailleurs des colères, des agacements, des désespérances. Sur le logement, nous voyons bien que nous voulons tous préserver les terres agricoles, mais dans le même temps construire des logements. Il faut des moyens pour le faire, il faut des décisions concrètes.

Si le maire n'a que le pouvoir de permis de construire, mais n'a pas d'outil pour racheter une friche et la renouveler et construire des formes de logements qui répondent aux attentes de nos concitoyens, alors nous sommes juste dans le verbe. L'élu local a le pouvoir de faire des choses si on lui fait confiance. Il faut faire équipe de France des élus et il faut trouver des solutions concrètes à la vie du quotidien.

7:57
Présentateur

Mais concrètement, Loïc Chenna-Girard, cette équipe de France, c'est surtout de demander de l'argent, non ?

8:01
Invité politique

Ce n'est pas plus d'argent, je le redis. C'est de répartir les décisions autrement. Aujourd'hui, 8 euros sur 10, c'est décidé à Paris. Est-ce qu'on ne vivrait pas mieux avec le même argent public avec des décisions plus locales ? Est-ce que lorsque l'on réfléchit aménagement de la santé, organisation des écoles, dans des moments où la population vieillit ou le nombre d'enfants dans les classes baissent, si on associait les élus locaux pour réfléchir à un plan d'aménagement scolaire, on ne sortirait pas mieux que des décisions de recteur année après année sur la base de tableur Excel ?

Faisons confiance à la décision locale parce que l'élu est confronté au réel d'une part, mais aussi aux citoyens. Et l'intérêt général n'est pas que assumé par l'élu national, il est assumé aussi dans les hémicycles locaux.

8:40
Présentateur

Alors on va parler d'agriculture parce que la Bretagne est une terre nourricière. On le sait peut-être pas forcément, mais un poisson français sur deux consommé en français breton, plus d'un million d'eux consommés à Paris chaque jour viennent des poules bretonnes, 56% de la production française de porcs et bretonnes, première région productrice d'artichauts, d'échalotes, de choux-fleurs. Et cette région de 3,3 millions d'habitants nourrit 20 millions d'habitants dans tout le pays. Et vous avez deux anges, Loïc Chénégira, réussir la transition vers l'agroécologie et réussir à faire en sorte que les fermes soient reprises.

Prenons le premier point, peut-être la sortie des pesticides que vous promettez d'ici 2040. Est-ce que vous le tiendrez, cet objectif ?

9:19
Invité politique

Je le souhaite de tout cœur et nous y mettons beaucoup d'énergie. Nous ne ferons pas les choses seules. Il faut que l'Union européenne fasse un choix et que nous soyons capables de mettre des moyens pour accompagner nos agriculteurs et trouver des solutions aux impasses. Il y a des solutions, y compris par exemple sur la jaunisse à la betterave, et je n'ai pas de betterave en Bretagne, nous avons des centres techniques, des labos, des chercheurs qui trouvent des molécules qui permettent d'éloigner le puceron qui donne la maladie à la betterave et qui fait cette jaunisse qui aujourd'hui n'est traitée que par les néonicotinoïdes.

Mettons de l'argent dans la recherche, dans des innovations, trouvons des solutions pour vivre et produire sans ces pesticides qui sont synonymes de mort. Tout le monde veut cela, les agriculteurs les premiers, mais il est hors de question de faire payer aux agriculteurs par une baisse de leurs revenus des changements de pratiques. Il faut s'impliquer tous. Et la Bretagne prend sa part depuis les expérimentations, la recherche, jusqu'à l'accompagnement de nos agriculteurs.

10:09
Présentateur

Mais c'est très difficile d'assurer cette transition. Regardez par exemple, écoutez cette question de Thibaut Aquimper. Pourquoi financer autant une agriculture bretonne qui n'est ni biologique ni autonome ?

10:20
Invité politique

Parce qu'il faut nourrir tout le monde et que de faire croire que je ne vais nourrir que 20% des gens les plus riches serait une folie. Dire je spécialise la Bretagne pour les 10, 20, 30% des plus riches en France et le reste on l'importe, c'est une folie. Et ce modèle existe. Plus nous montons en gamme sans nous préoccuper du pouvoir d'achat des gens, plus on se retrouve avec des importations massives. Vous avez parlé de 50% des poissons tout à l'heure. Oui, 50% des poissons pêchés en France sont pêchés en Bretagne. Mais 80% des poissons qu'on mange sont importés.

d'une grande pêche mondialisée avec des pavillons exotiques, des travailleurs pauvres et des systèmes de pêche qui ne sélectionnent rien du tout.

10:56
Présentateur

Et ils arrivent au port de l'Orient ?

10:57
Invité politique

Ils arrivent partout, au port de l'Orient ou ailleurs, ils arrivent dans nos assiettes et on se dit ah mais c'est formidable j'ai acheté un poisson là ou là on ne sait même pas d'où il vient. Il faut travailler aux traçabilités, il faut travailler au progrès mais il faut travailler aussi à ce que tout le monde puisse bien manger. Parce que je le redis, si c'est que quelques-uns qui participent à cette aventure, alors c'est une dislocation du pacte social.

11:17
Présentateur

De quoi avez-vous besoin, vous président de la région Bretagne, très concrètement pour empêcher ou réduire cet import que vous semblez condamné ?

11:25
Invité politique

D'abord c'est d'arrêter de produire pour produire mais de produire pour nourrir. Je le redis, produire pour nourrir les Français et les Européens. Faire en sorte que nous soyons capables de choisir que l'alimentation fait partie de notre souveraineté et donc qu'on met des moyens pour accompagner les transitions et faire en sorte que nos agriculteurs vivent bien de leur travail tout en étant fiers des produits, ce qu'ils sont et je suis très fier d'eux et continuer ces transformations pour répondre à notre attente en tant que consommateurs, citoyens, électeurs et aussi contribuables.

11:51
Présentateur

Mais dans ce cas, pourquoi Loïc Chénet-Girard, la région finance des volailles par exemple qui sont exportées ?

11:57
Invité politique

On ne finance pas de volailles exportées, nous n'avons plus de volailles exportées.

12:00
Présentateur

Si vous financez Hierbraise.

12:02
Invité politique

Hierbraise est un système qui permet de créer des poussins et de fabriquer de l'aliment. Et qui finance

12:08
Présentateur

des élevages de poulets qui sont destinés à l'export et dont certains ont été épinglés par l'al 214.

12:13
Invité politique

Alors il y a des sujets comme ceux-là sur le bien-être animal sur lesquels nous devons travailler les yeux ouverts. Et d'ailleurs, je préfère que ce soit chez moi qui ait ces problèmes plutôt qu'à l'autre bout du monde. Parce que chez moi, les journalistes et le droit sont présents.

12:22
Présentateur

Mais vous financez à hauteur de 1,7 million ?

12:25
Invité politique

Non, nous avons mis de l'argent dans un outil qui permettait de garder un à couveur, des à couveur et des fabricants d'aliments, ce que vous appelez Hierbraise. Et qui vend effectivement ces petits poussins ou cette alimentation à différents clients, dont un client qui fait de l'export. qui est marginal en Bretagne. Aujourd'hui, 90, 95, 97% de ce que nous produisons, c'est pour la France. Il y a 30 ans en arrière, l'essentiel de ce que nous produisons, c'était pour le grand export. Tout a changé. Tout a changé. Aujourd'hui, la Bretagne a produit pour la France, essentiellement pour Paris.

12:54
Présentateur

Quelle marge de manœuvre avez-vous pour encourager l'installation des jeunes agriculteurs ? Peut-être un chiffre, il y a seulement une installation pour trois départs en Bretagne.

13:03
Invité politique

C'est d'abord d'affirmer que nous avons besoin d'eux. D'affirmer la fierté d'avoir des agricultrices et des agriculteurs dans tous les systèmes de production, que ce soit la production animale ou végétale. Parce que si on ne dit pas qu'on a confiance en eux, je ne vois pas comment nos jeunes qui sont en lycée agricole ou d'ailleurs en lycée général auraient envie demain de s'embarquer dans cette aventure. Ensuite, c'est de leur assurer qu'ils auront une qualité de vie. Parce que ceux qui s'installent aujourd'hui partiront en retraite en 2070. Qui peut leur promettre que tout va être merveilleux ? Qu'ils vont produire de la même manière que leurs parents ou que leurs grands-parents ?

Bien sûr que non. Ils en ont conscience. Ils veulent bien sûr des week-ends, ils veulent bien sûr des vacances et ils veulent un revenu. C'est la moindre des choses. La société leur doit ça. Déjà de produire ce discours et vous m'offrez la chance de le dire ici est déjà quelque chose de très important. Et ensuite, de travailler nos modèles, nos filières, la résilience, l'autonomie, faire en sorte qu'on évite d'importer du soja américain, faire en sorte que nous soyons sortis des pesticides dans les années qui viennent, faire en sorte que l'on ait une capacité qui nous nourrit. Voilà le combat qui est le mien.

13:59
Présentateur

Vous êtes souvent à Bruxelles pour aller rencontrer les leaders européens notamment sur cette question clé de l'agriculture ou de la pêche pour vous en Bretagne. Est-ce que vous estimez par exemple que la politique agricole commune il faut la revoir de fond en comble ?

14:13
Invité politique

D'abord, il ne faut plus appeler ça une politique agricole. Ça doit être une politique agricole et alimentaire parce que le sujet c'est l'alimentation. C'est comment on se nourrit nous européens. Nous sommes 450 millions d'européens. Si nous dépendons comme pour le pétrole, comme pour l'informatique, comme pour l'énergie de d'autres, nous allons vivre des moments très compliqués. Et moi je le redis, on ne peut pas manquer à notre devoir de nourrir les 450 millions d'européens ces 1000 milliards de calories par jour qu'il faut produire. Mais est-ce que la PAC

14:37
Présentateur

dans son esprit quand elle a été créée dans les années 60 est bien en phase avec la réalité que vous décrivez aujourd'hui ? C'est-à-dire qu'il faut complètement changer de modèle et plus se concentrer sur la souveraineté alimentaire plus que sur l'export ?

14:50
Invité politique

Mais je suis un militant de la souveraineté alimentaire et je pense que l'export n'est pas notre premier combat. Mais dans les modèles agricoles que nous avons, l'export est utile parce qu'il y a des produits que l'on ne consomme pas ou il y a des produits où on crée plus de valeur en exportant. Mais le cœur de métier c'est de nourrir les Européens et effectivement vous avez raison la PAC elle doit intégrer les nouveaux enjeux.

Les enjeux que l'on a évoqués bien sûr sur la santé et la biodiversité et c'est déjà le cas dans les PAC précédentes mais il faut encore pousser les curseurs et puis le sujet du carbone pour faire en sorte que l'on produise sans impacter encore plus le climat qu'on ne le fait déjà aujourd'hui.

15:21
Présentateur

Alors il y a un levé d'action que vous avez en tant que président de région Loïc Chenet-Girard qui est prévu d'ailleurs par la loi EGalim c'est la restauration collective et notamment les cantines scolaires pour vous les lycées. Vous disiez en 2023 vouloir dépasser l'objectif de la loi EGalim pour atteindre 60% de produits de qualité ou durable et 35% de bio. La loi prévoit 50% de produits de qualité et durable et 20% de produits bio. Y êtes-vous parvenu ?

15:44
Invité politique

Nous sommes déjà à 22% en bio.

15:46
Présentateur

22% de cantines en bio ?

15:48
Invité politique

22% des produits que l'on donne aux enfants qui sont en bio dans les cantines nous étions à 4% lorsque je suis arrivé et la moyenne nationale c'est 7%. Donc nous sommes bons élèves voire très bons élèves et c'est très utile. Et même chose sur les produits de qualité les produits sous-signes de qualité les produits locaux où nous avons dépassé les 30% et nous allons aller vers les 50-60%. La Bretagne vous rendez-vous compte dans ces cantines mettez des produits d'ailleurs et quand je dis d'ailleurs c'est même pas hors Bretagne c'est même pas hors France c'est par moment loin hors de l'Union Européenne.

Nous avons repris cela en main avec une politique d'achat ferme parce qu'on ne peut pas faire la leçon aux agriculteurs ou même aux grandes surfaces sans nous-mêmes être exemplaires comme sont souvent les maires d'ailleurs parce qu'ils maîtrisent mieux leurs achats qu'une région avec 125 cantines et autant de décideurs. Donc les choses sont en cours et c'est utile et ça donne de la fierté y compris dans nos cantines.

16:37
Présentateur

Et ça vous coûte plus cher ?

16:38
Invité politique

Ça ne coûte pas beaucoup plus cher. Nous fabriquons 100 millions de repas par an c'est quelques dizaines de centimes par repas supplémentaire c'est de l'argent mais ça coûte moins cher que les subventions que nous sommes obligés de donner quelquefois à nos agriculteurs pour tenir. Ils veulent vivre de leur travail fiers de leur travail et nous sommes fiers d'utiliser leurs produits.

16:54
Présentateur

L'objectif n'est pas rempli pour la plupart des cantines de France selon le ministère de l'Agriculture seuls 22% ont réussi l'objectif. Comment on l'expliquait ? Est-ce que la loi EGalim n'est pas assez contraignante ou est-ce que c'est une transition qui prend du temps et que la loi EGalim c'est trop avancé ?

17:12
Invité politique

Mais c'est une stratégie que l'on doit piloter dans chacune des collectivités dans chacun des décideurs d'achat public y compris l'État. Quand l'État ministère de l'Agriculture pointe les régions j'invite l'État à regarder les crous à regarder les opades les hôpitaux voilà c'est un sujet c'est un peu comme les masques tout le monde voulait des masques français aujourd'hui est-ce qu'on achète toujours des masques français ? La cantine c'est pareil si on veut nourrir nos jeunes, nos vieux tout le monde avec des bons produits on peut le faire ça coûte quelques centimes de plus à l'achat mais ça coûte moins cher que l'argent public que l'on met pour accompagner certaines filières en difficulté.

17:42
Présentateur

Il y a un autre sujet qui vous concerne très directement Loïc Chéné-Girard comme président de région ce sont les transports et on a eu beaucoup de questions dans la boîte mail de Sens Politique sur le sujet notamment de Bretons qui nous écrivent à quand une meilleure desserte ferroviaire entre la Bretagne Nord et la Bretagne Sud Stéphanie Aquimper

17:57
Invité politique

Stéphanie Aquimper elle sait qu'effectivement il y a encore du travail pour que la ligne entre Quimper et Brest soit encore plus performante nous y avons mis 80 millions d'euros pour rénover les rails rails qui appartiennent à l'État et on a mis de l'argent de la région pour rénover ces rails juste pour que les rails existent encore il faut continuer à investir parce qu'il y a des sujets techniques qui ne permettent pas de rouler à la vitesse à laquelle nous voudrions rouler donc ce sont des enjeux considérables d'investissement là aussi avec des sujets d'argent public avec des sujets d'équilibre y compris avec des sujets de fiscalité au niveau national sur les mobilités ça c'est un beau travail que l'on doit faire entre le national et le local

18:30
Présentateur

Thibaut toujours Aquimper pourquoi rien n'est fait pour ouvrir les petites lignes comme Morlaix-Roscoff ?

18:36
Invité politique

Mais Morlaix-Roscoff

18:36
Présentateur

C'est un bus aujourd'hui

18:37
Invité politique

C'est un bus aujourd'hui dégradé et qu'il y a 50, 60, 70 millions d'euros à mettre pour remettre ce train en marche et nous sommes dans une situation où nous voyons bien que le citoyen qui nous interappelle et il a raison n'a pas toujours le même avis sur le sujet de la fiscalité n'a pas toujours le même avis sur la manière de conduire les affaires du pays donc il faut un grand débat sur ce sujet de mobilité je suis le premier à me dire que les petites lignes il faut les remettre en route mais il faut regarder les équations je le redis les petites lignes elles appartiennent à l'Etat et les régions mettent beaucoup d'argent au-delà même de leurs compétences pour les entretenir c'est un sujet sur lequel il faut qu'il y ait un débat national c'est une richesse ces petites lignes qui sont d'ailleurs l'histoire de la Bretagne pour désenclaver nos territoires ruraux et demain j'espère bien que nous serons capables y compris avec de nouveaux modes d'organisation des trains y compris des trains plus légers d'avoir moins de coûts d'infra pour les faire rouler encore plus mais 97% de trains à l'heure en Bretagne avec un TER à ce niveau là je n'ai pas à rougir de la qualité du service public

19:31
Présentateur

dans le rapport autonomie de la Bretagne que vous avez remis à Elisabeth Borne vous disiez que la décentralisation n'avait jamais vraiment été faite depuis 1982 et là quand on vous entend c'est frappant c'est à dire vous nous dites que les petites lignes appartiennent à l'Etat mais que la compétence transport est celle de la région est-ce que ça fait partie des absurdités françaises qu'il faudrait remettre à plat et depuis le temps qu'on parle de ce millefeuille est-ce que vraiment on va y arriver un jour ?

19:54
Invité politique

Mais je suis certain que nous devons y arriver parce que c'est l'espoir et face à un modèle qui nous est proposé d'hypercentralisme regardez ce qu'il se passe avec Trump ou un homme ou une femme providentielle Washington voilà ce que je vais faire pour tout le pays certains militent pour cela en France voire pour le monde entier voire pour le monde entier je pense que nous avons le contre-pied à prendre et la richesse de notre pays c'est la diversité des territoires on vit pas pareil en Bretagne qu'à Paris on vit pas pareil à Paris qu'en Provence et bien c'est comme ça adaptons-nous et faisons de ça une richesse et au passage c'est un acte de résistance ou de résilience face à ceux qui veulent nous imposer un nouveau modèle Trump, Musk veulent nous imposer un nouveau modèle la France elle est capable d'inventer un contre-modèle qui donnera sa force et sa puissance pour l'avenir

20:40
Présentateur

donc vous appelez Loïc Chéné-Girard à de nouvelles lois de décentralisation ce serait exactement comme à l'époque de Raffarin ou de Mitterrand des lois cadre est-ce qu'on met tout le monde autour de la table comment on fait parce qu'on a vu encore le rapport Wörth vous voyez je pense que les auditeurs et auditrices qui nous écoutent ils en ont un peu marre

20:57
Invité politique

je les entends et moi je suis plutôt pour un nouvel état d'esprit pas besoin d'une loi un nouvel état d'esprit j'ai entendu à votre micro de Villepin il y a quelques jours quelques semaines parler pourquoi pas d'un conseil des régions à côté du conseil des ministres pour que le président de la république en plus de voir entendre le gouvernement et les ministres entendre les territoires je trouve que c'est une idée formidable un changement d'état d'esprit ce pays il peut encore une fois mobiliser toutes les forces orienter les forces et faire en sorte que nous soyons capables de répondre aux attentes des gens des habitants qui vivent dans nos territoires l'étouffement de la Russie

21:34
Invité

et le fait de la frapper au coeur par des mesures économiques et financières sera sur la longue durée beaucoup plus forte que tout un travail mais ça n'a jamais marché ni en 2014 ni en 2008 on a changé de division si je peux me permettre l'expression l'ensemble des mesures qui vont être prises sont très massives très spectaculaires très lourdes et elles vont être très efficaces je pense

21:51
Présentateur

vous avez reconnu cette voix Loïc Chéné-Girard

21:53
Invité

Jean-Yves Le Drian

21:55
Présentateur

Jean-Yves Le Drian c'était au 20h de TF1 le jour de l'invasion russe en Ukraine le 24 février 2022 3 ans plus tard le bilan ne semble pas aussi bon que ce qu'il prédisait est-ce qu'à votre avis les sanctions ont produit leurs effets ?

22:08
Invité politique

Les sanctions ont produit leurs effets mais il y a encore bien entendu beaucoup à dire et à faire on voit bien que la mobilisation de la Russie dans une économie de guerre a fonctionné nous voyons bien que notre dépendance au gaz russe pour nous européens nous a posé de grands problèmes nous voyons bien qu'une certaine naïveté que nous avons eu pendant de nombreuses années sur le dividende de la paix nous a positionné dans une forme de fragilité notamment quand il y a un renversement d'alliance côté américain donc ce que disait le ministre Le Drian à l'époque et ce qu'il a dit ces derniers jours reste vrai nous devons sortir de la naïveté être conscients de nos forces être conscients que rassemblés nous pouvons peser et être encore une fois maître de notre destin la liberté des européens

22:47
Présentateur

Est-ce qu'il faut se servir des avoirs russes gelés ?

22:50
Invité politique

Je crois au droit international et je pense que autant on peut utiliser les intérêts de ces avoirs russes gelés autant toucher à ces avoirs russes nous basculerait dans une autre manière d'agir qui ne ressemble pas à la république française

23:01
Présentateur

Est-ce qu'on a pris trop de temps avec le recul à livrer des armes aux ukrainiens au début de la guerre ?

23:05
Invité politique

N'avions-nous la capacité initialement ? C'est une vraie question d'abord quand on voit l'état de nos armées rappelons-nous que nous avons refusé de vendre des BPC des grands bateaux militaires aux russes il y a quelques années sous les huées de l'extrême droite et déjà d'ailleurs de l'époque de Mélenchon donc la France elle a pris ses responsabilités mais nous devons changer de production changer de rythme de production c'est triste c'est difficile mais si nous voulons la paix c'est indispensable

23:34
Présentateur

Vous pensiez vous voir cette période-là quand vous avez pris vos premières fonctions politiques très jeunes à l'année ?

23:39
Invité politique

Moi je me souviens de la chute du mur de Berlin 89 je me souviens des dividendes de la paix auxquels nous croyons tous et des discours que nous avions produits sur la marche en avant du progrès sans fin et effectivement la douche est froide mais ça fait déjà 10-15 ans que nous parlons de cela ça fait 10-15 ans que nous disons et d'ailleurs en Bretagne que les arsenaux de Brest ou de l'Orient doivent être préservés parce que le monde dans lequel nous sommes est un monde dans lequel nous sommes intranquilles et dans lequel nous devons préparer toujours la guerre pour préserver la paix c'est pas qu'une phrase c'est une réalité il faut assumer cela et en tant que républicain convaincu je suis certain que nous avons un chemin à proposer aux Européens

24:19
Présentateur

La Bretagne au-delà d'être une terre agricole est aussi une terre de défense on le sait pas forcément 4ème région française 30 000 postes militaires et civils Naval Group vous en parliez à Brest et à l'Orient 2ème région derrière l'île de France en matière de cybersécurité et une actualité en ce moment avec Europlasma spécialiste des munitions des obus pour les canons César pressentie pour reprendre la fonderie de Bretagne qui travaillait avant pour Renault le passage à l'économie de guerre si on y arrive aura-t-il des conséquences sur votre région ?

24:48
Invité politique

il a déjà des conséquences depuis 3 ans nous voyons la montée en puissance de certains producteurs qui sont sous-traitants des grands donneurs d'ordre nationaux nous le voyons dans nos ateliers dans nos ports dans nos différentes entreprises qui participent à l'appareil de défense ces 1000 entreprises en Bretagne dont 200 stratégiques nous les accompagnons nous les accompagnons parce que si on veut faire plus de rafales si on veut faire plus de frégates si on veut faire plus de sous-marins il faut que tous les sous-traitants soient organisés avec des hommes et des femmes qui ont des compétences très particulières c'est cela quelque part aussi la fierté de la Bretagne que de participer à cet effort et je le redis beaucoup des militaires qui servent sur nos bâtiments y compris dans les sous-marins qui portent la bombe nucléaire sont des bretons voilà donc je défends une région qui veut de l'autonomie dans ses décisions je défends une république qui se décentralise qui regarde ses territoires ses singularités et les hommes et les femmes des territoires qui peuvent participer aux décisions tout en disant que les bretons sont très fiers de participer aux régaliens de participer à la défense de notre pays

25:50
Présentateur

comment les bretons les bretonnes que vous avez pu croiser ces dernières semaines vivent-ils ce moment international de bascule ?

25:56
Invité politique

mais les bretons sont des hommes et des femmes courageux intéressés aux affaires européennes et aux affaires du monde qui veulent défendre leur manière de vivre parce que nous avons un style de vie en Bretagne que nous devons défendre avec notre culture notre identité nos langues tout en étant conscient que l'aventure européenne est une aventure qui nous a déjà permis beaucoup de choses en Bretagne et que nous devons continuer cette aventure 2 bretons sur 10 travaillent pour nourrir la population française plus de 10% des hommes et des femmes qui travaillent en Bretagne travaillent dans les domaines de la défense ou de la cybersécurité domaine que nous avons lancé il y a plus de 10 ans aujourd'hui et qui a produit des milliers d'emplois sur notre territoire ces hommes et ces femmes ils vivent dans un territoire qui est au bout de l'Europe qui est ouvert au monde qui veut rester ouvert au monde et donc qui est conscient des équilibres du monde et du rôle que nous avons tous à jouer pour essayer de faire en sorte de ne pas partir dans un monde de chaos encore plus angoissant que celui qui n'est aujourd'hui

26:48
Présentateur

il y a 5 ans c'était le premier confinement il y a un sujet qui a émergé à ce moment là et qui semble encore sous les radars mais qui émerge de plus en plus c'est celui de la solitude la Bretagne comprend de nombreux foyers de personnes âgées vivant seules est-ce une problématique à laquelle vous êtes confronté comme président de région et je ne sais pas si vous avez vu passer cette une de society cette semaine seuls tous un tiers des moins de 40 ans souffrent de solitude

27:13
Invité politique

c'est un vrai sujet pour notre société le vieillissement du pays n'est pas regardé en face on nous abreuve de sujets sur des sujets de migration ou autre mais le vrai sujet c'est le vieillissement de notre population la capacité d'ailleurs à garder des actifs pour faire tourner nos usines ou pour garder nos écoles ouvertes et derrière effectivement le prendre soin de nos aînés le prendre soin de nos aînés est indispensable à notre qualité de vie et j'ai même envie de dire à notre tranquillité de nous qui ne sont pas encore dans la classe des plus âgés c'est un vrai combat que les maires perçoivent parfaitement il faut qu'il y ait un débat dans ce pays sur ce sujet

27:48
Présentateur

alors justement quand vous étiez maire de l'IFRE l'usine Canon qui fait les cartouches d'encre merci des imprimantes est menacée de fermeture et à ce moment là vous écrivez au président de région un certain Jean-Yves Le Drian pour l'accompagner au Japon afin de défendre cette usine c'est comme ça que vous le rencontrez

28:10
Invité politique

alors à l'époque je travaillais dans une banque j'étais commercial dans une banque et j'étais maire effectivement à côté puisqu'on ne le sait pas mais beaucoup d'élus locaux ont un métier à côté on ne vit pas de son mandat d'élu local et effectivement j'ai demandé à Jean-Yves Le Drian de l'accompagner pour aller au Japon on m'a dit non au départ puis très vite on m'a proposé ce rendez-vous pour Canon Tokyo 30 minutes j'ai posé 3 jours de RTT et je suis allé à Tokyo pour 30 minutes pour les hommes et les femmes de Canon Liffré pour les salariés de Canon Liffré parce qu'ils méritent qu'on se mouille pour eux et ce rendez-vous a eu lieu Canon est toujours là aujourd'hui j'y suis retourné d'ailleurs il y a quelques mois encore pour saluer les hommes et femmes du groupe Canon à Tokyo leur dire combien la Bretagne est importante pour eux je l'espère toujours et encore et puis à cette occasion j'ai rencontré Jean-Yves et un compagnonnage a commencé

28:54
Présentateur

en 2010 il vous place sur sa liste aux élections régionales vous êtes élu conseiller régional il vous nomme même conseiller sur les questions économiques vous avez 33 ans et puis ensuite vient la campagne de 2015 marquée par les attentats le ministre de la Défense est aussi candidat à la région Jean-Yves Le Drian on vient de l'entendre il est retenu par l'actualité il ne peut pas participer au seul débat organisé par France 3 et c'est vous qui l'envoie

29:16
Invité politique

mais c'est le travail d'équipe quand on est dans une équipe on participe chacun à son poste aux missions qui sont les nôtres et quand le chef a un empêchement il faut qu'un des seconds monte en première ligne

29:25
Présentateur

et la tête de liste de droite le député Marc Le Fur refuse à son tour d'y participer à ce débat

29:30
Invité politique

oui c'est une manœuvre à l'époque qui ne lui a pas servi puisqu'il a perdu

29:35
Présentateur

vous parlez d'une campagne hallucinante vous êtes à la fois directeur de campagne et candidat bis

29:40
Invité politique

je suis candidat suppléant aux côtés de Jean-Yves mais la force de Jean-Yves l'image de Jean-Yves en Bretagne était très forte et est toujours très forte et le groupe que nous étions était un groupe uni puissant et divers la diversité de la gauche est importante la diversité de celles et ceux qui veulent prendre des responsabilités est importante pour tenir ensuite dans les chocs et les paquets de maires que nous recevons lorsque nous sommes en poste

30:02
Présentateur

alors Jean-Yves Le Drian est réélu vous aussi il vous nomme premier vice-président mais il garde son poste de ministre jusqu'en 2017 et là vous allez nous dire si ça vous semble être une manœuvre il démissionne et c'est vous qui êtes élu président de la session plénière le 22 juin 2017

30:17
Invité politique

il démissionne parce que le président Macron auquel il a accepté de de continuer de servir il a servi Macron en étant ministre des affaires étrangères lui dit de ne pas cumuler donc il prend ses responsabilités il démissionne je suis nommé président élu président par l'hémicycle pas une voix ne manque dans le groupe de la majorité ce qui montre que la greffe a pris et après effectivement mon job était de faire en sorte aussi que les bretonnes et les bretons m'entendent me connaissent pour qu'en 2021 je puisse présenter ma liste et mon projet aux bretonnes et aux bretons

30:50
Présentateur

est-ce que c'est facile de succéder à Jean-Yves Le Drian en Bretagne ?

30:53
Invité politique

c'est jamais facile de succéder à personne et c'est pas facile de succéder à un homme qui est un homme d'état

30:58
Présentateur

comment se porte l'enseignement du breton ?

31:00
Invité politique

ah belle question question importante pour la Bretagne l'enseignement du breton est un sujet compliqué dans la république comme les langues minoritaires et pourtant la république elle a intérêt à garder ses particularités nous vivons bien en Bretagne parce que nous avons notre culture notre identité et nos langues le breton et le galop et je me bats année après année comme mes prédécesseurs pour faire en sorte que dans l'école de république on puisse en prendre le breton parce que l'école de république peut apprendre les langues régionales sans abîmer la république faire en sorte qu'on continue d'entendre le breton y compris dans les trains maintenant puisque nous avons fait en sorte et j'ai fait en sorte que l'on puisse entendre du breton dans les trains du galop aussi et puis faire en sorte que l'école immersive d'Iwan perdure c'est un beau modèle que nous voulons conserver en Bretagne

31:41
Présentateur

pourquoi ça suscite autant de crispations ?

31:43
Invité politique

parce qu'il y a toujours une suspicion d'une envie d'abîmer la république de sortir de la république ou de ne pas respecter les règles les bretons ne sont pas comme ça les bretons ils font partie intégrante du pacte républicain mais ils veulent cultiver leur manière de vivre et je le redis perdre une langue c'est perdre un bout de nous-mêmes et pour le pays à mon sens c'est grave

32:02
Présentateur

deux questions Franck sur Instagram à quand une réunification de la Bretagne Vincent à Nantes quand allez-vous accepter la reconfiguration du bûcher de Bretagne

32:13
Invité politique

oh ben écoutez moi je l'ai dit nous avons beaucoup de militaires en Bretagne mais je n'ai pas d'armée et je ne vais pas envahir le territoire de leur atlantique même si Christelle Morancet de l'autre côté pourrait avoir son avis aussi non ça se frappe un jour j'en suis certain mais par un vote démocratique c'est les habitants de leur atlantique qui devront débattre et voter à un moment c'est pas la Bretagne qui va aller envahir le territoire d'à côté le référendum a été demandé demandé par Nantes demandé par la Bretagne demandé par beaucoup d'habitants dans des pétitions il faut qu'à un moment donné le gouvernement et l'assemblée assument poser la question aux gens

32:46
Présentateur

c'est le gouvernement qui est responsable de ce référendum c'est pas les responsables de la région

32:51
Invité politique

ou les habitants de l'or atlantique du département les habitants et les élus de l'or atlantique bien sûr mais c'est pas le président de la région bretagne qui va organiser dans le territoire d'à côté le référendum mais vous le souhaitez en fait je l'ai toujours dit et tous les présents de région de droite et de gauche depuis 40 ans l'ont exprimé sens politique l'archive de l'invité

33:08
Invité

retour sur une soirée électorale tendue dans un bureau de vote en plein dépouillement les deux camps s'affrontent et dans la salle des fêtes en attendant les résultats on entonne le chant des partisans à 21h30 c'est fait Catherine Maigret remporte l'élection avec plus de 52% des suffrages à ses côtés venus en voisin les mères frontistes d'Orange et de Marignane mais ce soir Catherine Maigret pense d'abord à son mari lui qui a conduit la bataille c'est lui le vainqueur ce soir dans une bataille frontale seule contre tous notre mouvement a vaincu

34:00
Présentateur

Catherine Maigret du Front National là aux côtés de son mari Bruno Maigret elle est élue maire de Vitrolles dans les bouches du Rhône face au maire socialiste sortant Jean-Jacques Anglade en 1997 dans un reportage de France 2 diffusé le 10 avril 1997 c'est votre choix d'archives Loïc Chénès-Girard pourquoi ce choix vous avez 20 ans vous en 1997

34:21
Invité politique

j'ai 20 ans et le lendemain matin c'était un dimanche soir l'élection municipale et le lendemain matin je décide d'adhérer au parti socialiste parce que être élu local c'est bien être dans des associations c'est super mais pouvoir s'engager dans un parti pour pouvoir construire une stratégie penser un projet de société et réfléchir à d'autres solutions que ce qu'était le RN à l'époque le FN à l'époque méritait cet engagement et en écoutant cette archive je vois bien que beaucoup de choses ont changé y compris sur la place des femmes même s'il y a encore du travail

34:52
Présentateur

alors vous prenez votre carte du PS en 1997 et vous la rendez en 2022 à cause de la NUPES est-ce que vous comptez la reprendre alors qu'il y a un congrès qui se profile pour votre ancien parti au mois de juin

35:05
Invité politique

après plus de 20 ans au PS je me considère bien sûr socialiste j'ai choisi de faire un pas de côté et de sortir de ma section à partir du moment où effectivement il y a eu cet accord avec Jean-Luc Mélenchon que je considérais être un mauvais accord mauvais accord pour l'avenir de la gauche et l'avenir du PS c'est un choix qui n'est pas finalement très courageux puisque beaucoup sont à l'intérieur à mener bataille donc c'est l'honneur du PS actuellement de mener un congrès je ne me permettrai pas de donner un avis dans la période je les laisse travailler mais inéluctablement il faut que les forces de la gauche du réel se rassemblent et travaillent ensemble je le fais avec le souffle breton en Bretagne d'autres le font dans des formes locales d'autres encore travaillent dans différents mouvements qui existent autour de Raphaël Glucksmann Cazeneuve ou le PS donc vous ne reprendrez pas votre carte nous verrons comment les choses s'organisent nous verrons comment les choses se passent j'entends parler de fédération des forces de gauche du réel j'entends parler d'envie de travailler ensemble ce sont des bons signaux et je le redis si nous voulons être une alternative dans la situation dans laquelle nous sommes nous devons faire équipe montrer notre envie montrer notre envie d'assumer le pouvoir

36:08
Présentateur

vous êtes toujours donc apatride

36:10
Invité politique

je suis un socialiste de côté de la famille mais je reste profondément ancré sur mes valeurs

36:16
Présentateur

vous n'avez pas de préférence entre Olivier Faure Boris Vallaud Philippe Brun Jérôme Gage Nicolas Maillard Rossignol et pas beaucoup de femmes pour l'instant

36:22
Invité politique

je me suis mis de côté je ne vais pas me permettre de commenter l'avis du parti qui reste encore une fois le parti de mon coeur

36:29
Présentateur

en 2021 après votre réélection à la tête de la région vous en parliez à l'instant Loïc Chénès-Girard vous créez une association inspirée du titre de votre livre Le Souffle Breton pour dites-vous travailler sur l'enthousiasme l'envie de débattre et la capacité de construire une société ensemble finalement c'est ça votre engagement aujourd'hui plus qu'un parti politique

36:46
Invité politique

Les partis sont indispensables à notre société et encore une fois des partis qui font vivre la démocratie y compris sur la ligne politique sur le choix de leurs dirigeants c'est beaucoup plus moderne qu'un groupuscule autour d'une personne qui viendrait donner la vérité et le Souffle Breton vise aussi effectivement à recréer l'enthousiasme de la vie politique il faut un peu d'enthousiasme il faut dire qu'il y a un avenir nous avons un projet nous avons des projets il faut les confronter il faut travailler à cette capacité comme je dis souvent de nous engueuler avec méthode c'est ça la vie politique c'est s'engueuler avec méthode c'est pas détruire l'autre c'est pas nier à l'autre le droit de réfléchir et d'avoir des avis c'est être capable chacun de proposer un avenir et de proposer aux citoyens à un moment donné de trancher par le vote

37:27
Présentateur

une question de Carlos qui nous a écrit sur Instagram en 2027 allez-vous soutenir un candidat de gauche ou de l'espace central

37:34
Invité politique

mais je ne crois pas à un espace central infini qui consisterait à assembler tous les gentils contre les méchants extrêmes ça c'est Star Wars il faut de l'alternance dans les partis du réel dans la gauche républicaine dans la droite républicaine il faut cette alternance et effectivement le centre après a un rôle à jouer mais de dire on va tous se rassembler au centre n'a pas de sens les centristes c'est pas absorber tout le monde c'est pas un trou noir c'est un parti parmi d'autres et donc je milite pour que la gauche soit capable de proposer la gauche du réel pas la gauche de M. Mélenchon en tout cas pas M.

Mélenchon mais une gauche qui propose une alternative et qui soit crédible pour assumer ensuite les responsabilités les enjeux sont considérables nous l'avons dit et je le redis encore

38:15
Présentateur

donc plutôt à gauche pour répondre à Carlos

38:17
Invité politique

je ne vais pas changer au bout de 20 ans ou 25 ans de combat et de chemin politique

38:20
Présentateur

votre association Le Souffle Breton il y a eu 80 personnes à la première réunion qu'avez-vous réussi à tirer de ces événements ?

38:27
Invité politique

Il y a d'abord une envie de débattre une envie de se rassembler 80 personnes vous l'avez dit pour se déplacer à Saint-Brieuc un matin mais aussi des gens qui viennent en visio régulièrement le soir pour échanger sur l'école pour échanger sur la santé pour échanger sur le logement nous avons tellement de sujets sur lesquels les gens ont envie de débattre et de construire une vision vous savez quand on est militant nous avons envie de débattre sur l'entièreté de la société y compris dans sa complexité c'est la différence entre mener un combat pour un sujet et mener un combat pour penser l'avenir du monde et donc de notre pays

38:59
Présentateur

Vous dites notre société est fragile elle tend à aller vers une sorte de radicalisme qui ne facilite pas le dialogue et d'ailleurs vous avez choisi cette archive donc votre engagement politique naît en tout cas partisan naît de l'opposition au Rassemblement National en Bretagne il y a une forme de résistance historique à ce mouvement là et pourtant il perce vous le voyez d'ailleurs chaque jour au conseil régional

39:20
Invité politique

Oui nous avons une vague qui arrive chez nous comme ailleurs nous ne sommes pas étanches au malheur du monde nous ne sommes pas immunisés contre le Rennes nous le vivons chez nous et nous avons à faire en sorte que cette manière de faire de la politique en Bretagne qui est une forme de débat de combat entre modérés reste à mon sens un beau modèle pour construire des compromis pour construire des stratégies et une vision pour l'avenir et nous sommes dans un moment où certains militent pour le chaos où certains militent pour la force qui viendrait montrer qu'il y a un seul chemin et que tous les autres ne méritent qu'à peine d'exprimer leur avis je pense qu'il y a un autre chemin qui est plus apaisé qui est plus basé sur l'envie de rechercher l'harmonie parce que ce pays il est fragile et plus on cultive l'harmonie ce qui ne veut pas dire tous les mêmes ce qui veut dire que chacun a son rôle dans la société sa place dans la société et l'altérité qui fait que nous sommes différents mais nous sommes fiers d'être français et européens c'est le combat qui est le mien

40:17
Présentateur

La semaine prochaine on reçoit Eric Ciotti député des Alpes-Maritimes qui a quitté LR est-ce que vous avez une question à lui poser ?

40:24
Invité politique

Quelle est sa vision pour un monde apaisé ? Quelle est sa vision pour un monde où on arrive à créer une forme d'harmonie ? Cultiver l'harmonie est plus difficile que de se faire élire sur le chaos ? Le chaos ça donne quoi une fois qu'on est au pouvoir ?

40:39
Présentateur

Et bien on lui posera la question pour vous merci beaucoup Loïc Chena Girard d'avoir participé à cette émission vous pouvez la réécouter comme toutes les autres sur franceculture.fr et sur l'application Radio France je rappelle pour toutes celles et ceux qui se posent la question sur le choix de nos invités que nous respectons les règles de l'ARCOM qui imposent le pluralisme en fonction des forces politiques représentées au gouvernement et au parlement y compris hors période électorale merci à Léa Varin qui m'a aidé à préparer cette émission à la réalisation comme chaque semaine Luc-Jean Reynaud à la technique aujourd'hui Clara Gallivelle et à la vidéo Ruben Karmazine très bel après-midi sur France Culture à samedi prochain Sous-titrage Société Radio-Canada