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Interviewfranceinfo (sur YouTube)· 16 janvier 2017 4 minComplaisantPortrait personnelCulture, médias & sport

Aurélie Dupont : "L'enseignement était bien, mais j'ai souffert"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15FerméeRéponse directe

    6 mois après votre nomination comme danseuse étoile, c'était quand ?

  • 0:30OuverteRéponse directe

    Vous ressentez une douleur au genou. Un spécialiste vous annonce qu'il faut opérer et que vous ne danserez plus jamais. Comment vous l'avez pris ?

  • 1:30OuverteRéponse partielle

    Dans votre tête, vous alliez faire quoi ?

  • 2:30OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous a donné le courage de dénoncer la méchanceté des adultes en 2002 ?

  • 3:30OuverteRéponse directe

    Vous dites que l'enseignement était bien mais que vous avez souffert. Pouvez-vous préciser ?

  • 4:30RelanceÉludée

    Vous dites que certains danseurs travaillent avec des poids aux chevilles. Est-ce exact ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Aurélie DupontFait
    « Il faut opérer. De que plus jamais vous ne danserez. »
  • 2:30Aurélie DupontFait
    « Je me suis fait bien plus tôt quand je suis sortie de l'école en 89. »
  • 3:30Aurélie DupontFait
    « L'enseignement c'était bien mais j'ai souffert de certaines choses dont la méchanceté gratuite. »
  • 5:30Aurélie DupontFait
    « La douleur nous accompagne du matin au soir. »
  • 6:30Aurélie DupontFait
    « Celui qui ne triche pas ni physiquement ni dans les rapports humains. »
  • 7:30Aurélie DupontChiffre
    « 25 % du public de la danse ne connaît pas ses codes. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Aurélie Dupont avec nous la directrice de la danse à l'Opéra de Paris. Une histoire de fou. 6 mois après votre nomination comme danseux étoiles.

C'était quand ? 6 mois après ma nomination dans étoiles ? C'est le 31 décembre 1998.

C'était pour voir si vous connaissiez les dates. Je reviens pas que vous connaissiez à ce point les dates. Euh vous ressentez une douleur au genoux.

Un spécialiste que vous consultez s'étonne même que vous arrivez à marcher. Il vous annonce un qu'il faut opérer. De que plus jamais vous ne danserez.

La preuve que non, puisque vous êtes là et que vous avez dansé avec la carrière qu'on sait, comment vous l'avez pris ? C'était chaud parce que j'étais étoile, j'avais j'étais étoile depuis 6 mois. Donc j'avais cette douleur que j'ai supporté pendant on va dire 1 an et demi et puis au bout d'un moment, j'ai passé des examens et je me suis aperçu en effet que j'avais un problème de cartilage et que j'avais mon genou était en vraque.

Et donc je me suis fait opérer parce que je ne supportais plus la douleur et on m'avait dit "Tu ne danseras plus." Donc j'étais dans une espèce de de réflexion de me dire "Faut que tu changes de boulot" alors que ça fait quand même que un an que tu es dans ce étoiles et que c'était ton rêve. Oui, c'était c'était c'était dur.

Et dans votre tête, vous alliez faire quoi ? J'avais pas trouvé. Je trouvais pas.

Je trouvais pas. J'étais en dépression totale. He je trouvais pas.

Je savais pas quoi faire. C'était un moment de magie difficile. Oui.

Vous avez intégré l'école de danse de l'opéra en 83. Vous aviez seulement 10 ans. Et ensuite, vous avez été pratiquement la seule à avoir le cran de dénoncer, je cite, la méchanceté des adultes.

C'est au moment du scandale qui avait éclaté en 2002 au sujet des accusations de maltraitance d'enfants dans les écoles. Qu'est-ce qui vous a donné le courage de parler ? Bah, je suis pas une menteuse déjà.

Je me suis pas vraiment rebiifé en 2002. Je me suis fait bien plus tôt quand je suis sortie de l'école en 89. Ce qui s'est passé, c'est que j'ai fait Barna, j'ai fait c'est un concours de danse, j'ai gagné la médaille d'or et j'étais j'avais 18 ans.

J'ai fait une interview et on m'a dit vous avez vous sortez de l'école de danse, école formidable, les professeurs formidable. Et là, je leur ai dit non, pas du tout. Et parce que je suis pas une menteuse et parce que je voilà, c'est mon parcours et que j'en suis fière.

Ça a étonné les journalistes. Ils m'ont dit "Mais comment ça l'école ?" Je dis "Non, non, mais l'enseignement c'était bien mais j'ai souffert de certaines choses dont la méchanceté gratuite pour moi qui n'a aucun rapport avec l'exigence du métier." Et voilà.

Et j'ai dit ça et vous vous doutez bien que les journalistes ils sont éclatés et qu'après j'étais invité à toutes les télés juste pour parler de l'école de danse et la dureté de l'enseignement, la dureté physique. Alors ça ça m'a moins gêné parce que comme c'est une école d'élite, bah l'exigence elle est obligatoire. Vous dites qu'il y a des danseurs, je vous cite, qui encore je vous cite à 25 ans travaillent en force avec des poids aux chevilles.

Euh j'ai dit ça moi. Ouais, vous l'avez dit au Figaro le 15 avril 2015. Non, il y a pas de il y a pas de danseur qui travaillent avec des poches filles.

Non. Et vous ajoutiez même pour certains cette forme de douleur est un plaisir. Non, on peut lire tout et son contraire.

Non mais vous l'avez pas dit. Franchement, ça me dit rien parce que j'ai jamais vu de danseurs. Il y a des danseurs qui travaillent au cours avec des poids au poignet pour fortifier les bras et le dos.

Rarement parfois des élèves qui travaillent avec des poids. Quand je parle de poids, c'est pas 15 kg, ils ont 1 kg en plus au cheville pour prendre de la force. Mais après prendre du plaisir là-dedans, non, je je ça me pas.

Bah mince, alors c'est vous qui l'avez dit. Ah bah zut. Et vous disiez en 2010, la douleur nous accompagne du matin au soir.

Bah la douleur oui mais peut-être c'est comme les culturistes. No pain, no gain. Ouais, c'est ça.

Non, la douleur après, ça dépend. La douleur, oui, oui, souvent on a mal. Souvent le danseur a mal.

Ça c'est vrai. On se réveille le matin, on se dit "Ou là là, j'ai mal partout." Et on va se coucher le soir, on dit "Oh, j'ai encore mal partout." Ouais.

Explication de texte. Vous étiez bonne en explication de texte ? Euh, moyenne.

Là, vous allez être bonne. Le Figaro vous demande quel est votre type de danseur préféré ? votre réponse, celui qui ne triche pas ni physiquement ni dans les rapports humains.

Dans les rapports humains, on voit bien où peut être la triche, mais comment on peut tricher physiquement ? On peut faire semblant de faire des efforts. Oui, mais sur scène après c'est un spectacle.

Vo mais quel est l'intérêt de faire semblant de faire un effort ? Pour moins se fatiguer ou pour donner de l'illusion que on fait bien son travail mais quand on est super pro, on voit tout. Vous dites aussi 25 % du public de la danse ne connaît pas ses codes.

Qu'est-ce qu'on lui dire par là ? En fait, dans les surtout pour les balets classiques, dans les balets classiques, il y a souvent un complexe de la part du public qui justement n'a pas ces codes là parce qu'il y a beaucoup de pantomimes et la pantomime, il faut savoir que c'est finalement les mots qu'on a qu'on a pas, on fait des mimeses avec les mains. Déjà, il y a plein de gens qui savent pas ce qu'est la pantomime.

Bah c'est ça, c'est une mimée. C'est une mimée par exemple, je t'aime et je veux danser avec toi et tu me plais, je te trouve belle et je veux t'épouser. Tout ça dit avec les mains.

Moi, j'essayé en tant que danseuse de dépoussiérer ou ou de de retirer un peu tout ça parce que c'est vrai que clairement, je pense que les gens comprennent pas. Et après bon, dans le lac des signes, il y a vraiment une scène où il y a ça. Je pense que les gens comprennent pas très bien mais les danseux sont sublimes donc ça passe.

Aurélie Dupont avec nous sur France Info. On se retrouve tout à l'heure.