Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 7 juin 2024 26 min

Envoi de Mirage en Ukraine, 6-Juin 1944, Emmanuel Macron dans la campagne des européennes... Le "8h30 franceinfo" de Raphaël Glucksmann

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Raphaël Gluckman. Bonjour. La France franchit un nouveau pas dans l'aide à l'Ukraine. Hier soir Emmanuel Macron a annoncé la cession d'avions de combat, des mirages à Kiev pour, je cite, protéger son ciel. On aura aussi de la formation de pilotes ukrainiens. Est-ce que la France a raison ? Est-ce qu'Emmanuel Macron a raison ?

0:21
Raphaël Glucksmann

Oui. Oui, Emmanuel Macron a raison. Ça fait des mois que nous le demandons au Parlement européen. Il est fondamental d'expliquer que toute défaite de l'Ukraine plongerait l'Europe entière dans l'insécurité et l'instabilité. Et que ce n'est pas simplement par solidarité avec l'Ukraine que nous devons l'aider à résister. Mais c'est par conscience de nos intérêts vitaux. Parce que nous sommes les cibles de la croisade de Vladimir Poutine. Parce que la sécurité en Europe se joue maintenant sur le front ukrainien.

0:52
Présentateur

Ça se joue maintenant, mais ces avions, ils arriveront peut-être dans 6 mois, dans 12 mois, dans 18 mois ?

0:56
Raphaël Glucksmann

Eh bien, nous avons trop tardé. Mais quand le président de la République vient sur les positions que nous avons énoncées depuis longtemps, je ne vais pas faire l'opposant pavlovien là et vous expliquer que je pense le contraire de ce que je pense dans ma vie. Moi, je suis sincère, honnête, direct. Donc là, c'est une bonne chose d'annoncer. Maintenant, nous, nous allons vérifier que ça se fait rapidement. Et que les autres demandes des Ukrainiens sont rencontrées par des décisions concrètes.

1:21
Invité

Justement, Raphaël Guzman, pardon, la France est déjà la cible de la Russie via des campagnes de désinformation, de déstabilisation. Un Français a notamment été arrêté à Moscou, soupçonné d'espionnage, ce que Paris dément. Annoncer aujourd'hui la cession d'avion, annoncer aussi, comme l'a fait le président, que 4500 soldats ukrainiens seront formés par les Français. Est-ce que ce n'est pas prendre le risque de représailles encore plus violentes ?

1:42
Raphaël Glucksmann

Ça fait des années que la France est la cible des tentatives de déstabilisation de la Russie. Moi, j'ai présidé au Parlement européen la commission spéciale sur les ingérences étrangères en Europe. Et je peux vous dire que pendant l'élection de 2017, il y a eu des attaques russes, que nos soldats français étaient ciblés en Afrique par les milices de Poutine, les milices Wagner, à un moment donné, à un moment où notre politique était d'inviter Poutine à Brégançon, d'inviter Poutine à Versailles, de le traiter en ami.

Et donc ce ciblage des intérêts français, les attaques contre les hôpitaux français pendant la pandémie, l'hôpital de Corbeil-Essen, pas loin d'ici, où les docteurs français n'avaient plus accès aux dossiers médicaux des patients français, par les hackers des services russes. Et bien tout cela a précédé l'aide que nous avons apportée à l'Ukraine.

2:31
Invité

Donc il faut prendre ce risque aujourd'hui ?

2:33
Raphaël Glucksmann

En réalité, aujourd'hui, il faut, si on veut la paix en Europe, faire preuve de fermeté et ne pas céder au chantage de Vladimir Poutine. Quand vous avez un tyran qui déclenche les guerres, et bien si vous êtes faible, si vous tergiversez, en réalité vous pensez acheter la paix, mais ce que vous faites c'est que vous rapprochez la guerre de vous. La seule manière, la seule manière de garantir la sécurité des européennes et des européens, c'est d'être ferme face à Poutine. Parce que dans la tête de Poutine, moi j'ai travaillé pendant 20 ans sur la Russie de Poutine, dans la tête de Poutine, l'objectif c'est pas le Donbass, c'est pas la Crimée, c'est pas un conflit territorial.

L'objectif c'est la destruction de l'architecture de sécurité européenne. L'objectif c'est vous, c'est nous.

3:14
Présentateur

Raphaël Glucksmann, hier soir, donc surprise par rapport à ces avions, cette question était un petit peu dans les couloirs, mais ça n'était jamais officiel. Par contre, il y a eu comme un recul, Emmanuel Macron a temporisé sur la question d'envoi d'instructeurs militaires français. Est-ce que vous déplorez qu'il n'y ait pas eu d'annonce précise sur ce point-là ?

3:30
Raphaël Glucksmann

Je pense qu'il faut avancer rapidement sur la question. Ensuite, s'il veut l'annoncer avec d'autres alliés, pourquoi pas ? Mais il faut avancer rapidement sur la question. Vous savez, moi j'ai fixé une seule ligne rouge, une ligne rouge. Depuis le 24 février 2022, je n'ai jamais changé de position. La ligne rouge, c'est pas de troupes combattantes sur le front, pas de confrontations militaires directes avec la Russie de Vladimir Poutine, de la part des pays occidentaux et des pays européens.

3:56
Invité

Mais si un instructeur français était tué sur le sol ukrainien, qu'est-ce qu'on ferait à ce moment-là ?

4:00
Raphaël Glucksmann

Eh bien, on réagirait avec fermeté. Mais vous savez, aujourd'hui, il y a des civils français qui sont sur place. Mais non, nous ne sommes pas co-belligérants.

4:09
Invité

Même si on envoie des instructeurs français en Ukraine ?

4:11
Raphaël Glucksmann

Quand vous aidez une résistance à résister, quand vous avez une nation qui est envahie et que vous l'aidez à résister, eh bien vous n'êtes pas co-belligérant selon le droit international. Il ne faut pas croire à la propagande de Vladimir Poutine. Au début, Vladimir Poutine nous disait une chose très simple. Il disait, vous fournissez une balle, vous êtes co-belligérant. Ensuite, il nous a dit, vous fournissez un tank, vous êtes co-belligérant. Ensuite, il nous a dit, vous fournissez un avion ou un missile, vous êtes co-belligérant. Mais tout cela, c'est de la propagande. En réalité, nous ne sommes absolument pas co-belligérants. Nous aidons une nation envahie à résister.

Et nous ne sommes pas dans la confrontation militaire directe avec la Russie. C'est celle-là, la seule ligne rouge.

4:51
Invité

Est-ce qu'il faut un vote au Parlement comme le demande Fabien Roussel, le communiste ?

4:56
Présentateur

Parce que là, c'est juste les décisions d'Emmanuel Macron seul.

4:58
Raphaël Glucksmann

Qu'il y ait un débat au Parlement, comme il y a eu un vote sur l'accord de sécurité avec Kif. Moi, je suppose que la démocratie parlementaire s'exprime. Mais enfin, on ne va pas faire un vote à chaque décision stratégique, technique d'aide à l'Ukraine. Je veux dire, là, on est dans un moment qui est un moment décisif sur le front ukrainien.

Et si le front ukrainien s'effondre, faute d'aide européenne, parce que nous n'avons pas fait le travail, parce que nous n'avons pas réorganisé nos chaînes de production, parce que la France, après deux ans et demi de conflits, n'est pas capable de livrer plus de 5 000 obus par mois quand les Russes en tirent 20 000 par jour, eh bien, nous serons co-responsables d'une immense débâcle de l'Europe, pas simplement de l'Ukraine, de l'Europe, et nous compromettrons notre avenir. Et donc là, il faut maintenant être sérieux. Cette guerre nous concerne. Ce n'est pas simplement de la solidarité humaniste ou du respect du droit international. C'est notre sécurité.

Et moi, je ne transigerai jamais avec la sécurité des européennes et des européens.

5:57
Invité

Volodymyr Zelensky, président ukrainien, s'exprimera devant l'Assemblée nationale tout à l'heure à 9h50. Les RN, LR, certains insoumis aussi dénoncent une instrumentalisation du conflit de la part du président. Est-ce que vous aussi, cela vous dérange, cette présence du président ukrainien aujourd'hui ?

6:13
Raphaël Glucksmann

Absolument pas. Volodymyr Zelensky est le bienvenu à l'Assemblée nationale et il est important qu'il s'exprime et que nous montrions à quel point nous soutenons la résistance ukrainienne. Ce qui me dérange, par contre, c'est que le président de la République, à trois jours d'un scrutin aussi important que les élections européennes, saisisse l'opportunité des commémorations du 80e anniversaire du débarquement pour passer sur tous les JT en même temps et ne parler finalement que deux minutes du débarquement et tout le reste du temps parler de politique internationale et des élections européennes. Cela me dérange.

6:49
Invité

Il a dit qu'il était dans son rôle, vous n'êtes pas d'accord avec le président ? Il instrumentalise le contexte ?

6:53
Raphaël Glucksmann

Mais dans quel pays européen ? Dans quelle démocratie européenne cela se produirait ainsi ? Moi, j'ai mes collègues allemands, néerlandais au téléphone et ils me disent mais chez nous, ce serait totalement impossible.

7:06
Présentateur

Même en cas de commémoration de trois jours avant l'élection ?

7:08
Raphaël Glucksmann

Mais dans ce cas-là, qu'il parle des commémorations ? Vous avez écouté hier ? Il a parlé combien de temps des commémorations ? Dites-moi. Une minute quinze. Donc en fait, la réalité, c'est que ce n'était pas une interview sur les commémorations.

7:19
Invité

Il a beaucoup parlé de l'Ukraine aussi.

7:20
Raphaël Glucksmann

Il a parlé de l'Ukraine, il a parlé de Gaza. Il a parlé d'Israël et il a surtout, à la fin, parlé des européennes. Mais moi, ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas juste une prise de parole. C'est qu'en réalité, avant, on a eu le match Gabriel Attal qui n'est pas candidat à cette élection face à Jordan Bardella. Qu'ensuite, on a eu Gabriel Attal qui, sur votre antenne, prend le micro des mains de Mme Valérie Haillet. Et donc, en fait, on a, là, une captation de cette élection et la tentative de réinstaller un match Macron-Le Pen. Le Pen-Macron. Mais ça fait sept ans, ça fait sept ans que ce match nous fait suffoquer.

Et nous, ce que nous avons montré dans notre campagne, c'est précisément que la politique ne se réduisait pas à ce faux match. Il y avait autre chose qu'on pouvait faire respirer, qu'il y avait une voie de solidarité qui existait dans notre pays. Une autre voie que ce match qui nous fait suffoquer. Et c'est ça l'enjeu aussi du 9 juin.

8:13
Présentateur

Et on reparle de votre campagne dans un instant, Raphaël Glucksmann. Tête de liste, parti socialiste, place publique aux européennes. Il est 8h41, c'est l'heure du Filinfo avec Benjamin Recouvreur.

8:22
Invité

Emmanuel Macron s'en prend à nouveau à l'extrême droite. L'Europe peut se retrouver bloquée, assure le chef de l'État, lors d'une interview à la télévision hier soir, avant les élections de dimanche. Ce scrutin européen n'est pas un vote défouloir, selon lui. Alors que la liste Rassemblement National reste loin devant à 32% des intentions de vote, selon notre dernier sondage. Avant d'être reçu en visite d'État, demain à Paris, le président américain Joe Biden termine les commémorations des 80 ans du débarquement. Aujourd'hui, il sera à la pointe du Hoc, autre haut lieu du débarquement en Normandie. Emmanuel Macron sera lui à Bayeux, puis à Cherbourg.

Les opposants espèrent encore pouvoir stopper le chantier. Plusieurs collectifs écologistes dont les soulèvements de la terre appellent à manifester aujourd'hui contre l'autoroute A69 dans le Tarn. Le rassemblement a été interdit par le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. Enfin, direction les Antilles pour la flamme olympique aujourd'hui. Elle embarque ce soir à Brest pour un relais des océans inédits, avec à bord de ce bateau la triple championne olympique, Marie-José Pérec ou encore l'écrivain Alexis Michalik. France Info Le 830 France Info, Agathe Lambret, Jean-Rémi Baudot. Toujours avec Raphaël Guzman, tête de l'histoire socialiste publique aux européennes.

Vous souhaitez la reconnaissance d'un État palestinien, ce que le Président a écarté hier à court terme. Il assure que l'heure viendra, mais on ne reconnaît pas un État sur la base d'une indignation, dit le Président. Il conditionne cette reconnaissance à des réformes de l'autorité palestinienne. Est-ce que le Président se trompe, selon vous ?

9:52
Raphaël Glucksmann

Oui. Il se trompe, ce n'est pas basé sur l'indignation seule. C'est basé sur une analyse objective. Regardez, on peut répéter indéfiniment solution à deux États, solution à deux États. Mais plus on répète, plus la perspective d'un État palestinien s'éloigne. Et donc, il faut qu'on reconnaisse le droit inaliénable des Palestiniens à leur État, qu'on reconnaisse leur État. Et ça permettra aussi la lutte contre le terrorisme. Qu'est-ce qui nourrit le Hamas, l'organisation terroriste Hamas ? C'est aussi la perspective pour les Palestiniens de ne jamais voir leurs droits reconnus. Et donc là, on a une occasion, une occasion de montrer qu'il y aura un État palestinien.

Et je pense que le Président de la République fait une erreur, une erreur profonde d'analyse. Et qu'il faut suivre l'exemple des pays européens qui ont reconnu l'État.

10:40
Invité

Il y a une forme d'hypocrisie, comme le dénoncent les écologistes, dire qu'on est pour une solution à deux États, mais pas reconnaître ce sujet-là.

10:45
Raphaël Glucksmann

Mais jamais reconnaître et toujours repousser au calent grecque. Vous savez, l'extension indéfinie, infinie, des colonisations en Cisjordanie, là où il n'y a pas le Hamas à la tête du pouvoir, là où c'est l'autorité palestinienne, ça vise à quoi, dans la tête de Benjamin Netanyahou ? À miner, justement, toute possibilité d'État palestinien. Et donc, poser, quand on est dirigeant d'un pays démocratique européen, respectueux du droit international, poser qu'il n'y a pas d'alternative à la création de cet État palestinien et à sa reconnaissance, eh bien, c'est un acte fort, c'est un acte politique fort qui aiderait à la paix.

11:23
Présentateur

Raphaël Glucksmann, c'est votre dernière grande interview avant le scrutin de dimanche. Mercredi, vous avez dénoncé, je cite, la haine antisémite dont vous faites l'objet. Il y a notamment ces affiches de vous, taguées avec des croix gammées, parfois des mots comme Israël, Juif ou Salsioniste. Qu'est-ce que ça dit de cette campagne et peut-être du climat politique actuel en France, selon vous ?

11:43
Raphaël Glucksmann

Ça dit que nous vivons dans un climat de plus en plus brutal, de plus en plus haineux. Et cela dit, une chose simple, c'est qu'il faut mettre un stop à la brutalisation du débat public. C'est qu'il faut mettre un stop à la... Moi, j'ai conçu toute ma campagne comme un antidote à cette brutalisation. Nous avons fait une campagne où pendant des mois, nous avons parlé d'Europe partout. Nous avons parlé de nos propositions sur la révolution écologique à mener à l'échelle européenne, sur la solidarité sociale qu'il faut restaurer, sur la défense des démocraties européennes.

Nous avons parlé du sujet de l'élection et l'atmosphère générale, elle est à la brutalisation, elle est à la violence, elle est à la résurgence des haines les plus anciennes. Eh bien, moi, je veux vraiment qu'on se prenne en main et qu'on dise que non, non. Une démocratie, ça suppose une éthique du débat public, la confrontation d'idées qui sont opposées,

12:37
Présentateur

mais qui restent dans le cadre... Et tout ça, c'est dans un contexte international, on en parlait à l'instant avec Agathe Lambré. C'est aussi un contexte international qui s'apporte en France.

12:45
Raphaël Glucksmann

Donc, ne nous laissons pas contaminer par ce contexte international. Oui, le monde est de plus en plus violent. Mais moi, tout mon travail, tout mon travail, c'est non seulement de poser des propositions de fonds pour réformer nos démocraties, mais c'est aussi d'instiller une manière de parler, une manière de dire, une manière de dire qui ne repose pas sur l'outrance et sur la haine, mais qui repose sur de la conviction, l'enthousiasme.

13:08
Invité

Et on va parler de la recomposition de la gauche, mais pour terminer sur ce sujet, sur le conflit entre Israël et le Hamas, Emmanuel Macron a déclaré que Benjamin Netanyahou restait à ses yeux un interlocuteur pleinement légitime, malgré le mandat d'arrêt réclamé contre lui par le procureur de la Cour pénale internationale. Est-ce que vous êtes d'accord avec le Président sur ce point ?

13:25
Raphaël Glucksmann

Moi, ce que je vois, c'est qu'il y a des milliers et des milliers de manifestants dans les rues de Tel Aviv. Moi, ce que je vois, c'est qu'il y a une opposition en Israël à Benjamin Netanyahou. Et ce que je vois, c'est que Benjamin Netanyahou, depuis le début, dès avant le 7 octobre, se comporte comme un adversaire de la paix. Ce n'est pas récent, c'est très ancien. C'est son identité politique qui s'est forgé là-dedans. Donc moi, c'est ce que je vais vous dire. J'ai condamné sans la moindre tergiversation les attentats terroristes abjects de l'organisation terroriste Hamas. Mais Benjamin Netanyahou, ce qu'il fait, les crimes qu'il commet, eh bien je les condamne avec la plus grande fermeté.

14:03
Invité

Ça signifie, Raphaël Glucksmann, que si la Cour pénale internationale suivait les réquisitions du procureur qui réclame donc un mandat d'arrêt et que Benjamin Netanyahou venait en France, la France devrait l'arrêter ?

14:13
Raphaël Glucksmann

Moi, attendant de voir le processus interne de la CPI, moi j'ai un principe dans l'existence, c'est que je respecte le droit international et qu'il n'est pas... Et bien moi, je vous le dis, laissons la CPI statuée, laissons la Cour internationale de justice statuée, mais surtout, surtout, soutenons ces institutions internationales parce que moi je vois qu'on essaye de remettre en cause leur légitimité. Or, on parlait d'un monde de plus en plus brutal. Mais un des acquis, un des acquis qu'on a eu des dernières décennies, ça a été la formation de ces institutions internationales qui visent à faire respecter le droit, le droit. Et ça, c'est fondamental et nous devons le soutenir.

14:52
Invité

Raphaël Glucksmann, vous parliez du climat délétère de cette campagne. Vous baissez un petit peu, vous marquez le pas dans notre dernier sondage Ipsos Radio France pour le Parisien.

15:01
Raphaël Glucksmann

Ce matin, je monte, je peux vous en donner un autre.

15:03
Invité

Alors, dans l'Huit Chose, vous perdez un point sur un mois. Vous êtes donnée à 13,5%. Quand Manon Aubry, l'Insoumise, en gagne un, elle passe de 8 à 9%. Comment vous l'expliquez ? Est-ce que les attaques de la France Insoumise fonctionnent ?

15:16
Raphaël Glucksmann

Moi, ce que je vous dis, c'est qu'on est parti à 8%. Personne ne croyait en nous. Tout le monde avait enterré la gauche humaniste pro-européenne de Jacques Delors, de Robert Badinter. Personne ne croyait aussi à notre stratégie. Quand j'ai dit que j'allais parler d'Europe partout, les gens m'ont regardé en me disant mais l'Europe, c'est ultra ennuyeux. Tu ne vas absolument pas créer de dynamique. Et donc là, ce qu'on a réussi à faire, c'est à réveiller un enthousiasme, une espérance. Vous savez, les gens, ils viennent nous voir très nombreux dans nos réunions publiques, qui sont toutes pleines partout en France. Et ils me disent la même chose. On respire à nouveau.

Et moi, ce que je veux leur dire aujourd'hui, c'est que vous faites respirer la démocratie française. Voter pour une Europe qui soit plus solidaire. Montrer qu'il y a une autre voie. Montrer que la voie de l'humanisme, la voie de l'écologie, la voie de la solidarité sociale, eh bien, elle peut reprendre le dessus en France et en Europe. Ces élections sont essentielles, fondamentales. Et on a réussi à réveiller un espoir. Donc maintenant, il reste quoi ? Il reste 48 heures pour le concrétiser.

16:21
Invité

Pour l'instant, la gauche est très divisée. Vous avez dénoncé l'antisémitisme dont vous êtes l'objet. Jean-Luc Mélenchon, lui, au même moment, explique que l'antisémitisme est résiduel en France. Quand vous entendez ça, vous vous dites quoi ?

16:34
Raphaël Glucksmann

L'antisémitisme n'a rien de résiduel. Il y a eu une explosion des attaques et des actes antisémites en France. Mais moi, ce que je dis, c'est que justement, il nous reste 48 heures pour créer un espoir dans ce pays. Vous savez...

16:45
Invité

Mais il est dans le déni, Jean-Luc Mélenchon ?

16:47
Raphaël Glucksmann

Mais moi, je ne suis pas chez vous, là. Je vais vous le dire. Pour commenter Jean-Luc Mélenchon, moi, je suis là pour m'adresser à vos auditrices et à vos auditeurs pour leur dire une chose très simple. Vous avez l'opportunité de tourner la page, de tourner la page de ce match Macron-Le Pen, de montrer que cette gauche humaniste et pro-européenne qui est extrêmement claire sur son cap et sur sa méthode, qui croit dans les vertus de la vérité d'un débat public apaisé, mais dans des transformations profondes. Cette social-démocratie qui a épousé la révolution écologique.

17:21
Invité

Vous avez dit que ces élections serviraient à trancher des oppositions très profondes à gauche, c'est vous qui l'avez dit, et que vous veilleriez ensuite à ce qu'il n'y ait aucun retour en arrière. Exactement. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que ce n'est pas un petit tour au Parlement européen et puis ça, ça veut dire que vous allez être actifs sur la scène nationale pour jouer un rôle

17:37
Raphaël Glucksmann

de premier plan dans la récomposition de la gauche ? Profondément pro-européen, démocrate, attaché à la solidarité sociale, qui a compris que la transformation écologique était l'aventure politique des décennies à venir, la chose la plus importante que nous ayons à accomplir, eh bien que cet espace-là, il se constituerait et qu'il perdurerait et que je suis le garant de cela. Vous allez prendre votre carte

17:58
Invité

au Parti Socialiste.

17:58
Raphaël Glucksmann

Je pense que je suis le garant de cela. Mais écoutez, vous avez vu ce qui s'est passé hier aux Pays-Bas. L'extrême droite a été défaite par cette alliance des sociodémocrates et des verts de cette gauche pro-européenne. Eh bien moi, je pense que nous sommes l'alternative à l'extrême droite, que nous sommes la digue et la résistance à l'extrême droite et que ce dimanche, vous avez l'occasion, les gens qui nous écoutent ont l'occasion de nous donner la force d'être cette résistance cohérente au Parlement européen puisque notre groupe, nous serons les leaders de cette résistance face à la vague d'extrême droite sans aucune compromission.

Aux Pays-Bas, on a réussi à être en tête, vous vous rendez compte, on a réussi à être en tête alors que les libéraux, les alliés d'Emmanuel Macron ont porté au pouvoir, ont porté au pouvoir M. Wilders, l'extrême droite xénophobe et poutinophile de M. Wilders. Eh bien nous, nous serons la digue, nous, nous serons la résistance cohérente, nous, nous ne voterons pas avec l'extrême droite des lois d'immigration. Nous, nous poserons des actes et nous serons les garants des institutions européennes, de la solidarité,

19:04
Présentateur

de l'État de droit. Et moi, je suis le garant du timing, il est 8h52, pardonnez-moi, je vous arrête, c'est le fil info, on se retrouve dans un instant, Raphaël Glucksmann, le fil info de Benjamin Recouvreur.

19:12
Invité

Des pilotes ukrainiens formés en France dès cet été, Emmanuel Macron annonce que des avions de combat français Mirage 2000 vont être cédés à l'Ukraine. Par ailleurs, le président envisage la formation d'une brigade de 4500 soldats ukrainiens. Il ne doit pas y avoir de tabou sur l'envoi d'instructeurs français en Ukraine, dit le chef de l'État. Le maire de Nice, Christian Estrosi, visé par une plainte pour usurpation d'identité et détournement de fichiers, plainte déposée par son ancien parti, Les Républicains.

Celui qui est désormais membre de la majorité présidentielle est accusé d'avoir détourné des fichiers du parti pour envoyer des invitations au meeting de Valérie Ayet, candidate de Renaissance aux Européennes. Ils veulent renégocier leur âge de départ à la retraite relevé l'année dernière. Des dockers vont bloquer plusieurs ports aujourd'hui à l'appel de la CGT. Opération port mort à Rouen ou Havre ou encore à Bordeaux. Et puis deux symboles réunis à Paris, les anneaux olympiques installés depuis 6h30 ce matin sur la tour Eiffel. Ils y resteront jusqu'en octobre, suspendus entre le premier et le deuxième étage de la tour.

France Info Le 830 France Info Agathe Lambret Jean-Rémi Baudot Toujours avec Raphaël Glucksmann tête de vice-partie socialiste place publique aux Européennes. L'une de vos mesures phares pour l'Union Européenne c'est la suppression du droit de veto des Etats membres au Conseil de l'Union ce qui reviendrait à mettre fin à la règle de l'unanimité qui est obligatoire dans certains domaines. Est-ce que Raphaël Glucksmann ça signifie que si la France est contre une idée en matière de défense ou de politique étrangère elle ne pourra plus s'y opposer avec vous ?

20:46
Raphaël Glucksmann

Mais ça signifie surtout qu'on construit l'Europe jusqu'au bout qu'on reprend notre destin en main et qu'on peut porter des projets de solidarité et d'égalité. Regardez, nous on porte le projet de la justice fiscale. Le fait de enfin faire en sorte que les multimillionnaires et les milliardaires à l'échelle du continent européen payent leur juste part. Aujourd'hui ils payent moins d'impôts que les classes moyennes et les classes moyennes supérieures.

21:11
Invité

Mais vous ne pourrez pas le faire parce qu'en matière de fiscalité c'est l'unanimité. Parce qu'il y a

21:15
Raphaël Glucksmann

des vétos parce qu'il y a la possibilité pour un pays par exemple un paradis fiscal de bloquer. Eh bien moi je vous le dis si on veut que l'Europe s'affirme comme une puissance il faut ne plus dépendre du droit de véto des paradis fiscaux sur les questions fiscales ou du droit de véto d'Orban sur les questions de géopolitique.

21:35
Invité

Mais si les extrêmes diriger une majorité de pays en Europe demain comment vous feriez ? Pardon ? Si les extrêmes étaient à la tête d'une majorité de pays en Europe comment vous feriez avec cette suppression du droit de véto ?

21:44
Raphaël Glucksmann

Politiquement contre l'extrême droite jusqu'au bout. Mais la réalité c'est que si on veut prendre des mesures qui protègent nos entreprises qu'on crée le protectionnisme écologique européen si on veut mener à bien la transition écologique si on veut la justice fiscale si on veut des mesures de solidarité sociale si on veut être cohérent géopolitiquement eh bien il ne faut plus être l'otage des droits de véto.

C'est pas par idéal européiste que je vous dis ça c'est par souci justement de souveraineté par souci de puissance par souci d'efficacité pour la France elle-même c'est parce que je veux que mon pays la France ait son mot à dire sur le cours des choses que nous ne soyons pas des vassaux des Etats-Unis ou de la Chine que je veux que l'Europe soit cohérente et efficace

22:27
Présentateur

et pour cela il faut réformer les institutions. L'Europe cohérente et efficace dans ces conditions pourquoi vous êtes abstenu sur le plan de relance européen de 750 milliards d'euros après le Covid qui a financé nombre de projets en France. Parce que ce plan de relance

22:40
Raphaël Glucksmann

qui était nécessaire supposait un changement de cadre c'est ce que j'ai posé à l'époque j'ai dit oui oui à ces investissements massifs mais mettez en place une forme de protectionnisme sinon ce sera verser de l'argent dans un tonneau percé parce qu'en fait en réalité qu'est-ce qu'on voit c'est que deux ans plus tard et bien nous sommes en plein décrochage parce qu'en fait vous pouvez investir dans l'économie et c'est absolument nécessaire et nous portons un plan d'investissement massif mais si vous ne posez pas un cadre ou vous luttez contre la concurrence déloyale des produits chinois qui avaient besoin de ces gens à ce moment-là vous étiez prêt à priver la France mais non je n'étais pas prêt j'ai expliqué de manière extrêmement claire que je m'abstonnais parce que je demandais qu'on aille plus loin qu'on ait un cadre qu'on change de cadre vous avez vu ou pas les entreprises françaises qui ferment les entreprises françaises qui ferment les unes après les autres moi j'ai scionné le pays et j'ai fait campagne dans les usines et bien ils nous disent tous la même chose tous la même chose nous sommes ratiboisés par la concurrence chinoise et nous sommes abandonnés par la puissance publique moi ce que je veux c'est qu'on investisse mais qu'on protège qu'on mette des barrières à l'entrée pourquoi les Etats-Unis quand il y a une concurrence déloyale chinoise et bien ils taxent à 135% les canadiens c'est pas des bolcheviks c'est pas des nationalistes les canadiens 235% et nous les européens 16% mais sérieusement quand est-ce qu'on va défendre nos entreprises quand est-ce qu'on va défendre nos producteurs quand est-ce qu'on va défendre nos intérêts voilà moi ce que je demande des investissements massifs oui et un changement de cadre qui permette à ces investissements de développer des champions européens deux ans après le plan de l'urgence nous sommes en plein décrochage

24:19
Invité

parce qu'il y a une mesure qui ne vous plaît pas ou une partie d'une plan qui ne vous plaît pas vous ne votez pas pour Valérie Allier dit que vous avez le compromis honteux c'est ça aussi le parlement européen il y a un autre exemple récemment vous êtes opposé au pacte

24:29
Raphaël Glucksmann

je suis arrivé au parlement européen je portais des principes forts et notamment par exemple le bannissement des produits de l'esclavage de nos marchés qui est à la fois une lutte contre la réduction en esclavage des Ouïghours par le régime communiste chinois et une défense de nos producteurs qui font face à une concurrence absolument abjecte de la part d'un système esclavagiste et bien pour le faire j'ai dû bâtir des compromis la même chose sur le devoir de vigilance

24:53
Invité

avec la majorité

24:54
Raphaël Glucksmann

avec des gens de droite avec des Slovaques conservateurs avec des Libéraux Irlandais j'ai aucun problème avec le compromis mais par contre quand le résultat final et bien ne comporte pas assez d'avancée oui je vote en conscience est-ce que vous allez arrêter de fumer je dis ça parce que

25:10
Invité

vous avez raconté que vous aviez fait un pari avec vos enfants en cas d'un certain résultat vous arrêtez de fumer

25:16
Raphaël Glucksmann

tout dépend des gens qui nous écoutent parce qu'en réalité j'ai promis à mes fils et j'ai pas le droit de mentir à mes enfants et dans la vie en général je m'interdis le mensonge et bien et bien oui voilà c'est ça dans la vie en général je m'interdis le mensonge et d'ailleurs c'est ma pratique politique et je n'en changerai jamais et bien oui j'ai dit qu'à partir d'un certain score et quand j'ai fait le pari on était donné à 9% donc c'était un pari à l'époque qui semblait être très optimiste et qui aujourd'hui est parfaitement réaliste mais rien n'est joué et je pense qu'il y a un enjeu plus important que mon rapport à la cigarette l'enjeu c'est l'écologie stop ou encore c'est ça ces élections c'est-à-dire si la droite l'emporte et bien on défait le Green Deal non l'écologie stop ou encore le soutien à l'état de droit stop ou encore Raphaël Glixman donnez les moyens à l'Europe de se défendre la solidarité sociale ça compte non pour vous et bien c'est le 9 juin que ça se décide et donc rendez-vous

26:08
Présentateur

aux urnes et c'est dimanche il y a un seul tour c'est les élections européennes merci beaucoup Raphaël Glixman tête de liste PS place publique aux européennes merci d'avoir été l'invité du 830 France Info on se retrouve dans quelques minutes pour les informer avec Renaud Delis on reviendra évidemment sur cette fin de campagne des européennes