Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
speechyoutube.com· 9 juillet 2026 11 min

[Les Trophées de l'ESS] Discours de Carole Delga, Secrétaire d'Etat

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:11
Carole Delga

Mesdames et messieurs, vous indiquez que je suis bien entendu ravie d'être avec vous et je tiens bien entendu à saluer cette initiative en collaboration avec la Tribune mais également la Caisse d'épargne qui, je l'espère, deviendra vite un rendez-vous incontournable. Je pense que nous devons avoir des rêves et il a été indiqué qu'en matière de politique et qu'en plus on assume des fonctions gouvernementales, il faut avoir du courage.

Alors il faut avoir le courage aussi de réaliser ses rêves et il faut avoir le pragmatisme de mettre en œuvre différentes dispositions qui permettent d'arriver à cet horizon qui peut être plus radieux, qui peut être aussi plus porteur de sens, qui peut être plus partagé. Ne pas renoncer à ses idéaux, c'est cela aussi, mais également savoir bénéficier d'une analyse réaliste, de savoir évaluer nos faiblesses, mais surtout de savoir fort de la confiance que nous pouvons avoir entre nous et de cette économie de sens qui peut vraiment et qui doit pouvoir se développer pour la France et pour son redressement.

Eleanor Roosevelt écrivait « Le futur appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves ». Alors oui, nous avons des rêves et nous sommes en train de pouvoir les réaliser à travers l'économie sociale et solidaire. Et ces rêves, nous allons les réaliser à partir de l'impulsion locale, car en effet, je le disais ce matin à des étudiants de Sciences Po Paris, je pense que nous sommes au XXIe siècle dans la République des territoires. Et Romain Slitin va pouvoir le développer dans le cadre des tables rondes qui vont suivre.

C'est-à-dire que si nous reconnaissons la capacité d'initiative de ces acteurs de territoire, si nous savons aussi leur faire confiance, alors nous pourrons développer un autre modèle économique que ce soir vous illustrez avec brio et avec conviction. En récompensant les porteurs de projets engagés dans l'économie sociale et solidaire, vous suscitez des vocations et vous créez de l'émulation. Allier l'utilité sociale à la performance économique, créer des emplois non délocalisables et prendre à des besoins sociaux locaux, agir pour son territoire en développant un modèle économique qui a du sens, cela mérite une reconnaissance, cela mérite un encouragement, cela mérite un trophée.

Le trophée était en Grèce antique un emblème de gloire, un symbole de victoire contre l'ennemi. Alors oui, nous sommes courageux, oui, nous sommes combattifs, parce que nous avons réussi à vaincre tous ensemble la peur du risque, l'attente, le doute ou la fatalité. Vous les avez combattus avec ce courage et c'est la meilleure arme contre ce genre d'ennemi, vous l'avez trouvé, c'est l'audace, c'est la volonté, c'est la détermination et je félicite tous les lauréats, mais ainsi que tous ceux qui ont pu les accompagner et tous ceux qui accompagnent, bien sûr, le développement de l'économie sociale et solidaire.

Alors cette édition 2014 du mois de l'économie sociale et solidaire est un peu différente, puisque nous avons voté la loi de l'économie sociale et solidaire, initiée, portée par Benoît Hamon et conclue par votre serviteur, puisque maintenant, cette loi donne une définition de l'économie sociale et solidaire, une définition inclusive, mais surtout donne les moyens à l'économie sociale de se développer, tant au niveau des moyens financiers, et je sais pouvoir compter sur les acteurs bancaires pour continuer dans cette dynamique que nous souhaitons impulser au niveau gouvernemental, mais aussi au niveau juridique, avec des statuts qui sont consolidés ou qui sont créés, tels que les scopes d'amorçage, tels que les coopératives d'activité et d'emploi, ou tels que les SIC, qui représentent là aussi un partenariat sur un territoire entre les collectivités locales et ce monde de l'économie sociale et solidaire.

La Ville de Paris, en partenariat avec la Tribune, récompense les entrepreneurs sociaux, nouvellement inclus dans la définition du périmètre de l'économie sociale et solidaire. Ils viennent rejoindre les acteurs historiques, comme les associations, les mutuelles, les coopératives et les fondations. Cette biodiversité des entreprises de l'économie sociale et solidaire constitue son ressort et surtout sa vitalité. Alors nous voulons en effet pouvoir les soutenir et soutenir tout particulièrement les associations, car ce sont de véritables boîtes à idées, des pépinières de l'innovation sociale. Les chantiers du projet La France s'engagent en sont de bons exemples.

On peut citer L'OASO, qui est une plateforme de financement participatif et qui accompagne les associations dans leur révolution numérique. 2500 associations utilisent déjà cette plateforme et plus de 6 millions d'euros ont déjà été récoltés en ligne. La France s'engage, a été voulue par le président de la République lui-même et il matérialise la reconnaissance par l'État du rôle fondamental des associations. Pour les associations, la loi du 31 juillet 2014 entend apporter des réponses aux préoccupations des associations en termes de financement ou de politique publique ou de ressources humaines. Concernant les financements, la loi a sécurisé la définition de la subvention.

Nous avons aussi rendu les titres associatifs plus attractifs. Concernant la politique publique, l'objectif est de déterminer une stratégie qui pourra notamment trouver des traductions dans les schémas d'achat socialement responsables. Là aussi, la commande publique doit savoir s'engager. Et concernant les ressources humaines, l'expérience acquise par les bénévoles est aussi maintenant reconnue. Et puis également, à travers les dispositifs locaux d'accompagnement, nous pouvons valoriser cette expertise qui est nécessaire auprès des porteurs de projets.

Et puis, nous restons, le gouvernement, bien sûr, attentifs aux questions posées par les acteurs non lucratifs, notamment au regard des travaux en cours sur l'exonération du vincement de transport. Il nous appartient à nous, aux collectivités locales, de poursuivre cette politique publique de soutien du développement du modèle associatif pour qu'ils puissent saisir toutes les opportunités de la loi Économie sociale et solidaire, tout comme les entrepreneurs sociaux et tous les acteurs de l'économie sociale et solidaire. Les trophées qui vont être remis ce soir sont la promotion de l'engagement, de l'investissement patient et de la soif d'idéal.

Nous avons besoin de porteurs de projets, nous voulons soutenir les initiatives exemplaires ici et tous dans nos territoires, à Paris et dans toute la France. Alors oui, je crois que ce soir, nous pouvons indiquer que cette soirée symbolise bien que le futur appartient à ceux qui croient à la beauté de leur rêve et nous devons donner un élan à l'innovation, un élan à la coopération.

Nous devons aussi pouvoir les concrétiser à travers les pôles territoriaux de coopération économique qui là aussi sont la reconnaissance d'une forme de coopération à l'échelle d'un territoire sur une thématique avec l'ensemble des acteurs, les entreprises classiques, les entreprises de l'économie sociale et solidaire, mais également les collectivités locales, le monde de l'enseignement et également le monde de la recherche. Cela a été indiqué, ma vision de l'économie sociale et solidaire est vraiment axée sur l'économie de proximité.

Élu de terrain, j'ai toujours eu la conviction chevillée au corps que c'est l'initiative locale venant des habitants et de leur lieu de vie portée par l'enthousiasme et accompagnée aussi par les professionnels. Tout cela, qui connaissent le mieux le territoire, qui connaissent le mieux leurs besoins, ce sont eux qui sont les mieux à même de réussir et en effet de pouvoir relever les défis qui sont devant nous et qui créent dans ces temps de la crise économique et souvent de l'inquiétude. L'économie sociale et solidaire a la cette force singulière de s'inscrire dans une démarche de développement, d'emploi et de relations durables.

C'est cela, en effet, notre ADN, qu'il y ait un emploi durable et qu'il y ait aussi une relation, une interaction avec l'environnement territorial qui soit durable. Alors, que souhaiter pour l'avenir ? Bien sûr, que ces trophées attirent de plus en plus de candidats et qu'ils continuent à être le levier de l'innovation, le levier de l'audace, mais également que les porteurs de projets se multiplient dans tous nos territoires et que l'économie sociale et solidaire soit portée par un élan ascendant du local vers le national. Souhaiter aussi que le désir d'entreprendre, autrement créé par cette loi, nourrisse la vitalité locale et stimule la création d'emplois dans notre pays.

Je crois que les grands hommes, les génies, en fait, n'ont fait que de grandes choses parce qu'ils étaient inspirés par un idéal. On a besoin d'avoir un idéal, on a besoin d'avoir cette quête, on a besoin de pouvoir s'accrocher à une étoile. Alors que cette étoile soit l'économie sociale et solidaire et que nous puissions tous ensemble y croire et tous ensemble la faire partager à un maximum, bien sûr, de nos concitoyens sur l'ensemble de nos territoires. C'est ainsi que la France se rend grande, c'est ainsi qu'elle répondra à ses idéaux républicains et c'est ainsi qu'elle pourra construire une économie partagée, une économie riche de sens et une économie respectueuse de l'environnement.

Merci.

10:28
Locuteur

Merci. Merci. Merci.