POLLUTION CHIMIQUE SUR LE SITE NUCLÉAIRE DU TRICASTIN
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« Ils ont retrouvé deux types de solvants industriels dans la nappe phréatique qui sont le perchlorétylène et le tricloréthylène. »
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« Orano était normalement chargée de mettre en place une installation depuis 2014 pour dépolluer la nappe. »
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« La pollution de la nappe phréatique constitue un délit de pollution. »
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Ils ont retrouvé deux types de solvants industriels dans la nappe phréatique qui sont le perchlorétylène et le tricloréthylène. Au point que ça justifie aujourd'hui de mettre en place une installation spécifique pour dépolluer la nappe. On est dans une situation effectivement de mise en danger de la vie d'autrui, d'infraction à différentes dispositions du code de l'environnement et en tout cas dans une situation qui est dangereuse pour la population.
Bien sûr que ça constitue un crime contre l'environnement. Orano était normalement chargée de mettre en place une installation depuis 2014 pour dépolluer la nappe, sauf qu'en fait, le rapport d'inspection d'octobre 2019 que l'autorité de Sureté nucléaire a produit, montre qu'en dépit des obligations d'Orano, celle ci a jamais fait en sorte de faire fonctionner l'installation de manière pérenne ce qui fait que la nappe n'est toujours pas dépolluée et que l'installation ne fonctionne pas correctement parce que Orano n'a pas pris les mesures pour la faire fonctionner de manière correcte. Il y a eu un nouveau rapport d'inspection en août 2020 de l'Autorité de Sureté Nucléaire qui démontre qu'il y a toujours des problèmes par rapport à cette installation de dépollution donc Orano persiste et signe.
La pollution de la nappe phréatique constitue un délit de pollution. Et en plus de ça l'Autorité de Sureté Nucléaire dans son rapport d'inspection pointe tout un tas de violation à la réglementation nucléaire. En mars 2019 L'ASN avait demandé à ce que Orano présente une étude technico-économique pour présenter d'éventuelles solutions alternatives pour que l'installation qu'elle utilise pour dépolluer la nappe fonctionne de manière pérenne.
Et elle avait, Orano, jusqu'à Août 2020 pour présenter cette étude, ce qui n'était toujours pas le cas au moment de l'inspection de l'ASN. Y a aussi un rapport, un bilan de fonctionnement censé être présenté tous les ans par Orano de son installation. Là l'ASN relève dans son rapport que Orano ne lui a pas présenté de bilan prévu dans le délai imparti.
Ce sont des molécules de synthèses qui sont interdits dans certains procédés de production et on les utilise en principe plus comme solvant ordinaire, ce sont des substances qui sont neurotoxiques, c'est à dire toxiques pour le système nerveux, qui sont cancérogènes, et qui sont également toxiques pour la reproduction. Ce sont des substances qui sont létales probablement pour un certain nombre d'organismes vivants. C'est pas juste au moment de l'exposition que le cancer va se manifester, c'est dans plusieurs années voir plusieurs décennies, mais chacun de ces produits n'a pas que des effets cancérogènes, le triclo et le perclo c'est des effets immédiats, neurologiques, qui peuvent conduire à des malaises, à des nausées, à des problèmes de céphalées, de maux de têtes qui montrent que le produit a pénétré dans l'organisme.
Et à partir du moment où il a pénétré dans l'organisme il peut faire des dégâts du point de vue cellulaire, au niveau cancérogène. C'est d'autant plus problématique parce qu'ils savent que derrière les nappes phréatiques y a des infiltrations dans le sol et les pollutions sont extrêmement conséquentes quand elles parviennent jusqu'à la nappe. Orano n'a pas pris au sérieux en fait cette pollution, puisqu'à la fin de l'exploitation de l'usine Georges Besse qui s'est située en 2012, Orano était censée mettre en place une installation avec un fonctionnement pérenne en 2014.
Or à la mise en place de l'installation, dès le début l'Autorité de Sureté Nucléaire a pointé un problème sur cette installation en disant qu'ils avaient prévu en fait de mettre en place un système d'injection d'acide pour éviter que l'installation ne se colmate au fur et à mesure de l'utilisation. Dès le départ l'ASN a dit ok pour votre installation, par contre on interdit ce système d'injection d'acide pour éviter que ça rajoute encore des polluants dans la nappe phréatique. Sauf qu'en fait c'était un système pour éviter le colmatage de l'installation et Orano n'a pas cherché de solutions alternatives à ce système d'injection d'acide, pour pouvoir faire fonctionner correctement son installation.
Ce qui fait qu'en 2019 au total, l'installation n'avait pas pu fonctionner plus de 200 jours au total parce qu'elle se colmatait en permanence, donc ça donne vraiment un sentiment que la question de la pollution de la nappe n'était pas un problème très pris au sérieux par Orano jusque là. Il a fallu que l'ASN dresse un rapport d'inspection alarmant pour qu'ils décident de prendre à bras le corps le problème. C'est un site qui est assez coutumier des faits de pollution, après c'est un site nucléaire qui est immense, qui est énorme.
Et donc malheureusement ce n'est pas étonnant. On est sur un site qui classiquement est connu malheureusement pour un certain nombre de pollutions, de rejets, d'incidents, ces installations nucléaires ce n'est pas seulement des risques radioactifs, c'est aussi des risques chimiques. Là on le voit avec le triclo et le perclo mais il y a aussi d'autres types de substances qui sont utilisées dans les procédés de traitements du minerai, dans ce type d'usine, on en parle peu parce qu'il y a une polarisation bien légitime sur le risque radioactif, mais cette accumulation de risques cancérogènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction, neurotoxiques, lorsque toutes ces substances interagissent dans leur organismes, notamment pour les travailleurs, mais au delà aussi pour les riverains, les conséquences sont infiniment plus graves.
Les risques sont non seulement additifs, c'est à dire 1+1+1, mais souvent multiplicatifs. C'est à dire que dans l'organisme vous avez une transformation de ces substances, qui peuvent interagir entre elles et provoquer des dégâts encore beaucoup plus importants. C'est pour ça que c'est très important que le risque chimique soit également surveillé par l'ASN, l'ASN doit attirer l'attention et doit être extrêmement vigilante sur cette synergie entre différents types de pollutions.
Si il y a des poursuites engagées par le procureur de la république, et un procès devant le tribunal de Valence, ça sera l'occasion justement de rappeler tout ce qui se passe sur le site nucléaire du Tricastin et en particulier en ce qui concerne les activités d'Orano et derrière on espère qu'il y aura une condamnation parce que c'est aussi un moyen de marquer les choses, c'est un moment aussi où l'exploitant prend conscience des faits qu'il a commis. Ça leur fait une extrêmement mauvaise publicité et on sait qu'ils prennent ce type de procès très au sérieux.