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interviewBFMTV — BFM Politique· 13 juin 2021 41 min

Valérie Pécresse, présidente (Libres!) de la région Île-de-France et candidate à sa réélection - 13/06

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Présentateur

– Valérie Pécresse, c'est l'invité de BFM Politique ce midi en direct sur BFM TV, présidente évidemment de la région Île-de-France, candidate à votre succession. Valérie Pécresse, il y avait hier à Paris et ailleurs en France des marches pour la liberté contre l'extrême droite. Elles ont été marquées à Paris par un enfarinage. Jean-Luc Mélenchon qui a été pris pour cible. C'était le cas de François de Rugy la veille dans les Pays de Loire à Nantes. Il y a un climat, il y a un climat un peu délétère. Comment est-ce que vous le jugez vous ?

0:33
Valérie Pécresse

– Absolument, on sent que la société française est très crispée. Mais d'abord, permettez-moi de vous dire que marche contre les extrêmes avec Jean-Luc Mélenchon, il y a contradiction dans les termes.

0:44
Présentateur

– C'est l'extrême droite, marche contre l'extrême droite.

0:47
Valérie Pécresse

– Oui, mais ils ont dit marche contre les extrêmes, c'est marche contre l'extrême droite.

0:51
Présentateur

– Elle est organisée à Paris par Éric Coquerel par exemple, qui est membre de la France Insoumise.

0:54
Valérie Pécresse

– L'extrême gauche pour moi, même si elle n'a pas du tout la même histoire que l'extrême droite, me paraît aujourd'hui dans une dérive qui la rend aussi dangereuse pour le pays que l'extrême droite.

1:05
Présentateur

– Vous les renvoyez de dos à dos ?

1:07
Valérie Pécresse

– Je les renvoie absolument, parce que je pense que les conséquences de leur arrivée au pouvoir seraient les mêmes pour la société, ce serait le désordre et la faillite économique.

1:16
Intervenant

– Ah oui, donc dans un deuxième tour imaginaire, Le Pen-Mélenchon, vous vous abstiendriez ?

1:21
Valérie Pécresse

– Ah ben évidemment, aucun des deux ne peut pour moi gouverner la France. Mais il n'y aura pas de deuxième tour Le Pen-Mélenchon, parce que justement nous sommes là et que nous inventerons une troisième voie.

1:33
Présentateur

– Il y a un climat de tension d'une partie de la population envers les responsables politiques, il y a un climat de grande tension aussi entre candidats. Vous avez sans doute vu cette séquence qui a eu lieu dans la Somme, dans les Hauts-de-France. Éric Dupond-Moretti est d'abord interpellé et qui interpelle François Ruffin sur un marché, puis ensuite ça se passe en terrasse d'un café avec Damien Rieux, qui est tête de liste Rassemblement National, ça dit quoi de cette campagne ?

1:54
Valérie Pécresse

– Oui, alors le débat d'idées a toujours fait partie des campagnes électorales. Se faire interpeller par son adversaire, ça fait partie du jeu, il faut y répondre. Là-dessus, je pense qu'il ne faut pas mélanger les choses. Ce qu'il y a aujourd'hui, ce qui est très grave, c'est que tous les jours, il y a des policiers, des gendarmes, des pompiers, mais aussi des enseignants, des soignants, des élus qui se font agresser, insulter, blesser, voire même parfois tuer. C'est ça qui est grave. Et ça, ça veut dire pourquoi. D'ailleurs, pourquoi ils se font agresser ? Parce qu'ils représentent l'autorité et les valeurs de la République. Et c'est ça qui m'inquiète.

2:31
Présentateur

– Pardon, Blarie Pécresse, mais lorsque des responsables politiques de premier rang s'interpellent, non pas sur le fond, c'était le cas, mais pas uniquement. Cette conversation entre Damien Rieux et Éric Dupond-Moretti, elle s'est terminée à coup de ta vidéo érotique de Julien Audoul et toi, ta vidéo de Benjamin Gréau. Enfin, on en est arrivé là à la fin quand même.

2:47
Valérie Pécresse

– Ça, c'est... ça s'appelle une campagne médiocre. Voilà. Mais... parce qu'une vraie campagne, c'est sur les projets, une vraie campagne, c'est sur la vision, une vraie campagne, c'est sur les idées. Mais c'est pas la même chose. Moi, vraiment, ce que je demande aujourd'hui, c'est qu'on revienne au respect. Au respect qui est un choc d'autorité. Et c'est pour ça que je demande qu'on rétablisse les peines planchées. Parce que vous avez vu le président de la République se faire gifler, son agresseur se faire condamner en comparution immédiate avec une peine très lourde, 4 mois de prison ferme.

Mais toutes les personnes dont je vous ai parlé, qui se font agresser quotidiennement, eux, c'est pas en comparution immédiate que leurs agresseurs paraissent. Et ils sont pas condamnés, et ils n'exécutent pas leurs peines s'ils le sont.

3:30
Présentateur

Pardon, juste d'un mot, parce que j'ai interrogé Éric Dupond-Moretti au sujet des peines planchées. Le garde des Sceaux qui a produit des chiffres disant que lorsque les peines planchées étaient en vigueur, le quantum de détention était inférieur à ce qu'il était ensuite, une fois qu'elles ont été abrogées. Un peu moins de 8 mois avec les peines planchées, un peu supérieur à 8 mois sans les peines planchées.

3:53
Valérie Pécresse

C'était il y a plus de 10 ans. Alors je sais que le gouvernement, son seul argument contre la droite aujourd'hui, c'était il y a 10 ans, vous avez fait ceci, il y a 10 ans, vous avez fait cela. C'était il y a 10 ans dans une société où il y avait, pardon de le dire, beaucoup moins de délinquance, beaucoup moins de violence. Aujourd'hui, aujourd'hui, nous sommes face à des juges qui jugent. Le vrai problème, c'est l'exécution de ces peines. C'est pour ça, vous l'avez vu, que j'ai décidé que la région, qui n'a pas la compétence sécurité, c'est une compétence gouvernementale, allait s'en emparer.

Je l'ai décidé dès 2016, au lendemain des attentats du Bataclan, en signant une convention avec Bernard Cazeneuve qui permet à la région d'être coproductrice de sécurité. Et on va aller plus loin dans le second mandat. Moi, je souhaite maintenant signer une convention avec le ministère de la Justice. Parce que le vrai angle mort aujourd'hui dans la sécurité, c'est la sanction. Et cette convention me permettra de faire quoi ? Une agence régionale des travaux d'intérêt général.

4:47
Présentateur

On va y revenir, vous allez nous expliquer dans le détail ce qu'il s'agit.

4:49
Valérie Pécresse

Des places de prison, des places dans les centres éducatifs fermés pour les mineurs. Oui, mais si l'État ne le fait pas, la région est prête à venir.

4:55
Intervenant

On va venir dans le détail sur les sujets de fond de cette élection régionale en Ile-de-France. Mais avant... Mais c'est des sujets, vous voyez, régionaux et nationaux.

5:02
Valérie Pécresse

Parce que la question de la sanction pénale et de son exécution, c'est national.

5:05
Intervenant

Mais ces élections régionales, évidemment, auront des enseignements nationaux. Et on voit cette dynamique du Rassemblement national un peu partout dans le pays. Peut-être un peu moins en Ile-de-France, mais tout de même. Le ministre de l'Intérieur était en déplacement ce jeudi. En marge de ce déplacement, il a déclaré... On voit bien la marque satanique que représenterait une victoire ou plusieurs victoires du Rassemblement national au régional. C'est la rediabolisation au sens propre, cette déclaration. Est-ce que vous qui combattez aussi le Rassemblement national, vous considérez que c'est la bonne stratégie ?

5:39
Valérie Pécresse

Vous le savez, moi j'ai mis une coulaison étanche vis-à-vis de tous les extrêmes. Le Front national, mais aussi l'extrême gauche que je combat pied à pied, puisque c'est une alliance gauche-extrême-gauche qui pourrait remporter l'Ile-de-France face à moi. Mais je reviens à votre question. Je pense que la stratégie, la diabolisation du Front national, elle a échoué. Pour moi, le Front national, il se combat pied à pied sur leurs idées. Et sur leurs actes, j'ai un candidat, M. Bardella, qui n'a pas voté le bouclier de sécurité que j'ai mis en place, qui me permet d'aider la police nationale, la gendarmerie, les polices municipales, de mettre de la vidéoprotection. Il ne l'a pas voté.

Il a voté contre la charte de la laïcité, alors qu'il prétend se battre contre l'islamisme radical. Donc, moi je les mets devant leurs contradictions. Le Front national prospère sur les problèmes. C'est à ça qu'on le reconnaît. Ils ne votent jamais les solutions. Les solutions, c'est nous, la droite républicaine, qui les apportons. Que ce soit dans les Hauts-de-France ou que ce soit en Ile-de-France.

6:45
Intervenant

Vous dites, Valérie Pécresse, cette stratégie de rediabolisation, qui est clairement celle, aujourd'hui, de la majorité présidentielle, n'est pas la bonne, ne fonctionne pas. On a entendu plusieurs hauts responsables macronistes dire souvent que Marine Le Pen n'était pas républicaine. Vous considérez que Marine Le Pen, aujourd'hui, est républicaine ?

7:02
Valérie Pécresse

Ce que je crois, c'est qu'il faut faire un barrage résolu et absolu à Marine Le Pen et à Jean-Luc Mélenchon, je l'ai dit. Et je vous explique pourquoi. Parce que je crois que Marine Le Pen amènerait le pays à la faillite économie. Mais elle est républicaine ou pas ? Et au désordre.

7:18
Intervenant

Est-ce qu'elle appartient à la République ?

7:20
Valérie Pécresse

Son parti est un parti autorisé. Que voulez-vous que je vous dise ? C'est un parti autorisé. À partir de ce moment-là, elle fait partie du champ démocratique. Et donc, les électeurs ont le droit de voter pour elle. Mais moi, je souhaite qu'ils ne le fassent pas. Et mon combat, c'est de les en dégoûter en montrant ce vrai visage. Parce que le RN n'a pas changé. Le RN n'a pas changé. Et si vous ouvrez les placards, vous trouvez un Axel Lousteau, ami de M. Dieudonné. Un Axel Lousteau qui, au Conseil régional, est sorti de l'hémicycle quand on a rendu hommage à Simone Veil. Parce qu'il ne veut pas rendre hommage à une dame comme Simone Veil.

Alors oui, ces relents d'antisémitisme, cette violence, elle existe. Il suffit d'aller regarder les tweets, il suffit d'aller regarder les sites des colissiers de M. Bardella.

8:08
Invité

Edwige. Valérie Pécresse, je voudrais qu'on revienne un instant sur cette agression dont a été victime le président de la République. Donc, elle a été gifée dans la Drôme par Damien Tarel. Elle vous disait, moi, je m'étonne un peu qu'il a été condamné si vite à une prison, à quatre points de prison ferme. Ah, je ne m'étonne pas, j'en suis ravie. Et je dis, je veux la même chose pour les autres. Oui, mais en même temps, reconnaissez que si ça avait duré six mois la condamnation, tout le monde aurait dit, mais qu'est-ce qui se passe ? C'était quand même un acte fort.

Est-ce que, justement, le fait d'avoir été très vite, c'est montrer qu'il y avait une autorité, et l'autorité était là et qu'on ne pouvait pas porter atteinte au président de la République qui représente tous les Français ?

8:41
Valérie Pécresse

Absolument, Madame Chevrillon, vous avez totalement raison. Mais ce que je ressens, moi, en tant qu'élu de terrain, c'est deux poids, deux mesures. Deux poids, deux mesures. L'année dernière, le 14 juillet, les pompiers des temples, le 14 juillet, l'année dernière, ils se sont fait tirer dessus à balles réelles. Qu'est-ce qu'ils m'ont dit quand je suis venue les voir ? Ils m'ont dit, parce que c'est des pompiers, ils ne sont pas armés, ils viennent pour éteindre des incendies. Qu'est-ce qu'ils m'ont dit ? Ils m'ont dit, il y a dix ans, on nous caillassait, personne n'a rien dit. Ensuite, on nous a tiré dessus aux mortiers, personne n'a bougé.

Et maintenant, on nous tire dessus à balles réelles. Quand est-ce que ça va s'arrêter ? Donc, si vous voulez, le sentiment du deux poids, deux mesures, du « quand c'est le président de la République, on est condamné immédiatement, on est mis sous mandat de dépôt, donc on va en tôle, c'est quatre mois ferme ». Mais c'est très bien, j'approuve. Mais on ne peut pas ne pas avoir la même rapidité vis-à-vis d'un enseignant, vis-à-vis d'un médecin, vis-à-vis d'un pompier et ne pas être indéfectivement au soutien des forces de l'ordre. Ça me permet de dire qu'aucun de mes adversaires de gauche, ni Mme Autain, ni Mme Pulvar, ni M.

Bayou, ne sont allés à la manifestation des policiers qui criaient leur désarroi et qui appelaient au secours. Donc voilà la gauche que nous avons aujourd'hui en Ile-de-France.

9:57
Invité

Juste une question un peu plus personnelle. Vous êtes présidente de la région Ile-de-France, vous êtes une candidate. On voit bien qu'il y a des actes assez forts, Jean-Luc Mélenchon s'est fait enfariné. Est-ce que vous-même, vous redoutez une agression physique ? Ça fait partie du métier. Mais plus aujourd'hui que demain, hier.

10:11
Valérie Pécresse

Mais vous avez bien suivi, Mme Chevrillon, il y a dix ans, quand j'étais ministre de l'enseignement supérieur, la violence des neuf mois de manifestations auxquelles j'ai eu droit, avec l'extrême gauche qui me combattait dans la rue, des gens avec des battes de baseball ont me lancé des cailloux, des œufs. Oui, j'ai vécu ça. J'ai même eu mon ministère envahi. Donc voilà, ça fait partie. Il voulait me faire reculer. Mais je n'ai pas reculé. Il voulait que je n'aille plus dans les universités. J'ai continué d'aller dans les universités. Et la réforme, elle s'est faite. Et à la fin, c'est eux qui ont reculé. Et à un moment donné, il faut que la contestation recule.

Il faut que l'ordre et l'autorité reviennent à la République.

10:51
Présentateur

L'ordre et l'autorité, sur les invalides, hier, l'esplanade des invalides, alors on est au cœur de la capitale, il y a eu une nouvelle fête. Des jeunes, on a vu les images, ce sont de très jeunes gens qui se sont réunis. Deuxième soirée d'affilée. Est-ce que ça vous inquiète ?

11:05
Valérie Pécresse

Ce que je crois et ce que je vois, c'est qu'on a de plus en plus de mal à faire respecter ce couvre-feu. Les Français le subissent très durement.

11:14
Présentateur

Pardon de vous interrompre, mais c'est au-delà du couvre-feu, Mme Pécresse. Là, ces images, il est 22h. Donc on est une heure avant la fin du couvre-feu. Ce sont surtout les gestes barrières. Il n'y a pas de distanciation sociale, il n'y a pas de masque. Sans parler des dégradations sur certains véhicules.

11:25
Valérie Pécresse

Ce que je crois, c'est que si la situation sanitaire le permet, moi, je suis favorable à ce qu'on élargisse le couvre-feu et qu'on donne une vraie respiration aux Français. En revanche, je pense que sur les gestes barrières, je pense que sur les protocoles sanitaires, on doit être intransigeant. On doit être intransigeant et on doit les rappeler. Mais s'il y avait cette soupape de on élargit le couvre-feu, on le met un peu plus tard, on permet de se rassembler et qu'on travaille sur les protocoles sanitaires, moi, je pense qu'on arriverait à trouver un donnant-donnant qui apaiserait et qui donnerait un peu de respiration, je pense, à la société française qui a été confinée pendant un an.

12:07
Intervenant

Vous voudriez le mettre à quelle heure, le couvre-feu ?

12:09
Valérie Pécresse

C'est aux autorités sanitaires de le dire, mais moi, je pense qu'on pourrait vraiment alléger le couvre-feu si... Le supprimer ? Si, oui.

12:17
Intervenant

Parce que là, il s'est 23h, oui, donc c'est supprimé.

12:18
Valérie Pécresse

Supprimer le couvre-feu si les conditions sanitaires sont réunies et je pense qu'elles le sont. Mais avec le respect des gestes barrières. Mais c'est un donnant-donnant, c'est-à-dire dire à la jeunesse, on vous demande de respecter les gestes barrières, faites-le et en échange, on supprime le couvre-feu.

12:35
Intervenant

Il y a le sujet des gestes barrières, du couvre-feu et puis il y a le sujet de la vaccination. C'est la voie de sortie.

12:40
Valérie Pécresse

Il va y avoir la fête de la musique, pardon, je vous coupe, M. Toucan, mais il va y avoir la fête de la musique le 21 juin. Nous, on fait un tarif réduit, comme d'habitude, à 3,50 euros. Donc il va y avoir beaucoup d'envie de se retrouver. Voilà, il faut que le gouvernement réfléchisse bien comment ça va se passer et comment ça va se passer dans le respect des gestes barrières.

12:59
Intervenant

Peut-être que l'enjeu encore plus important, c'est celui de la vaccination. Avec, on le voit bien, un plafond de verre qui commence à se dessiner à l'horizon. Nous n'avions pas de dose. Maintenant, on en a et les épaules de volontaires commencent à manquer. Avez-vous des idées pour réussir à vacciner le plus grand nombre, même ceux qui sont hésitants ? Est-ce qu'il faut faire des incitations ? Où êtes-vous sur l'idée de rendre obligatoire la vaccination ? Avez-vous des propositions sur ce sujet ?

13:29
Valérie Pécresse

Ce que je crois, c'est qu'il faut vraiment travailler sur le pass sanitaire. Vous savez que nous, nous avons financé le concert test d'Indochine avec 5 000 personnes, la région. Et c'était très intéressant parce qu'on voit que ce pass sanitaire, s'il est bien respecté, c'est-à-dire si on se fait tester ou si on est vacciné, eh bien, dans ces cas-là, on peut mener une vie normale ou quasiment normale. Donc je crois qu'il faut faire la publicité de ça. Vous voulez mener une vie normale, vous voulez pouvoir voyager, vous voulez pouvoir aller au concert, faites-vous vacciner.

14:02
Présentateur

Le gouvernement le fait beaucoup ?

14:03
Valérie Pécresse

Oui, mais il faudrait utiliser un certain nombre de figures d'exemplarité aussi, des figures... Il faut aller chercher tous ceux qui ont fait le pari de la vaccination, qui se sont engagés pour la vaccination, pour continuer à en faire la promotion.

14:16
Intervenant

Christian Estrosi demande à le rendre obligatoire. Christian Estrosi dit qu'il faut rendre la vaccination obligatoire. On n'y arrivera pas autrement.

14:21
Valérie Pécresse

Moi, je n'y suis pas favorable, mais on est un pays de liberté. Mais en revanche, ce que je crois, c'est qu'il faut aussi rappeler qu'il y a des variants, des variants qui peuvent arriver encore, encore à l'automne, et que ces variants, on sera mieux protégés si on est vacciné. Et par ailleurs, j'ai demandé au gouvernement de faire très attention à la surveillance des frontières, parce que je pense qu'il ne faut pas relâcher la surveillance des frontières. Souvenez-vous, l'année dernière, c'est parce qu'on a relâché la surveillance aux frontières pendant l'été que le variant anglais est arrivé. Donc là, il y a les variants indiens, les variants asiatiques.

Et il faut vraiment contrôler, continuer les 14N et les contrôler.

15:01
Invité

Juste sur le concert d'Indochine, vous avez eu le résultat, parce qu'il y avait une étude qui avait été menée ensuite. Vous avez eu le résultat ?

15:06
Valérie Pécresse

Non, on n'a pas encore les résultats. On a un peu tardé. Et pour ce concert test, moi, j'aurais préféré qu'on le fasse plus rapidement, comme l'ont fait les Espagnols. Mais on va avoir les résultats. Et moi, je suis persuadée qu'ils seront intéressants. De même que la région a financé une étude très intéressante sur les chiens renifleurs, avec l'école vétérinaire de Maison Alpha.

15:26
Présentateur

Mille chiens, c'est ça qui vont être formés pour détecter le Covid.

15:29
Valérie Pécresse

Absolument. Et à 97%, c'est fiable. Et ça, c'est un système vraiment très performant, notamment pour pouvoir réouvrir les lieux de culture ou la vie de la nuit.

15:39
Invité

Justement, la vie reprend petit à petit ses droits. Donc on va dans les cafés, on va dans les terrasses, on va chez les restaurants, mais qui, en même temps, s'inquiètent beaucoup, notamment en Ile-de-France, bien sûr, première destination touristique, de voir qu'il n'y a plus ou quasiment pas de touristes étrangers, même si les Américains commencent à revenir un petit peu. Qu'est-ce que vous pouvez leur dire ? Qu'est-ce qu'il faudrait faire pour que ça aille plus vite, pour qu'ils reviennent ?

16:01
Valérie Pécresse

On ne va pas mentir, Mme Chevrillon, la situation est très préoccupante. On est aujourd'hui sur les réservations en Ile-de-France, on est à, allez, entre 15 et 20% des réservations 2019. Alors c'est un peu mieux que l'année dernière. Un peu mieux. Donc on sent quand même que le Covid s'éloigne. Mais c'est humain. Quand vous avez été confiné pendant un an, vous ne vous précipitez pas dans un tourisme urbain. Vous ne vous précipitez pas à Paris. Le manque à gagner pour la région, c'est quoi ? Ça se chiffre en... L'année dernière, je crois que c'était pas loin de 12 milliards d'euros de perte de chiffre d'affaires. Et derrière, il y a 400 000 emplois. Donc qu'est-ce qu'on va faire ?

On va faire le maximum. On va faire l'été culturel. L'été culturel, comme l'année dernière, c'est 3 000 événements culturels dans toute l'Ile-de-France qui vont être subventionnés par la région. On va refaire la région fête ses restos. La région fête ses restos, c'est une incitation à aller, une campagne pour dire « Allez au restaurant ». Et puis, bien évidemment, on va annuler la dette Covid. C'est dans mon engagement, si je suis réélu, annuler la dette Covid. C'est-à-dire tous les prêts que nous avons faits dans le Fonds Résilience aux restaurateurs, aux hôteliers, au secteur de l'événementiel, au secteur du tourisme, de la culture, on les annulera.

Ces avances remboursables, si je serais élue, ça concerne 7 000 entreprises, dont plus de la moitié dans le secteur du tourisme. Parce que je ne veux pas qu'ils se retrouvent face au mur de la dette Covid. Et j'ai une demande au gouvernement. C'est que je pense que le gouvernement devrait transformer une partie du PGE, du prêt garanti par l'État qu'il a fait, en fonds propres pour les entreprises, pour qu'elles ne se retrouvent pas surendettées. Parce qu'elles vont avoir à investir pour l'avenir. Il ne faut pas qu'elles soient surendettées.

Et dans mon projet, il y a aussi la création d'un fonds d'investissement en capital pour pouvoir investir dans ces entreprises, notamment des entreprises hôtelières. Parce qu'il ne faut pas se leurrer. Là encore, le tourisme ne retrouvera pas son niveau de 2019 tout de suite.

17:56
Présentateur

— Donc ce fonds d'investissement, en fait, ce sera un peu la même chose que le premier fonds que vous avez créé, sauf que celui-là, il faudra le rembourser à un moment donné.

18:02
Valérie Pécresse

— Non. Le fonds d'investissement, c'est un fonds en capital. Le premier fonds que j'avais créé, c'était des avances remboursables. Les avances remboursables, on les effacera. Et le fonds en investissement, ça fera que la région rentrera au capital.

18:15
Invité

— Oui, mais souvent, elles ne veulent pas. Les entreprises ne veulent pas.

18:18
Valérie Pécresse

— Alors j'ai un troisième outil pour celles qui ne veulent pas. J'ai aussi créé une société régionale, une SEM régionale foncière, pour acheter, par exemple, un restaurant et le louer à son propriétaire pour pas qu'il fasse faillite.

18:33
Présentateur

— Juste avant qu'on marque une très courte pause, je sais pas si vous suivez le tennis, il y a la finale de Roland-Garros cet après-midi. Il y a eu une demi-finale épique, historique, entre Nadal et Djokovic, qui s'est jouée au-delà de 23 heures. Il y a eu une dérogation de l'Elysée qui a autorisé les spectateurs à rester sur le court-fibre Châtrier. 20 minutes. Vous avez réagi comment ?

18:53
Valérie Pécresse

— Alors j'étais en meeting en Seine-Saint-Denis. Et d'ailleurs, j'avais beaucoup de concurrence, parce qu'il y avait le début de l'Euro et Nadal-Djokovic. Mais on a réussi à faire une magnifique salle, néanmoins.

19:02
Présentateur

— Ça vous a pas interpellé que l'Elysée donne une dérogation aux spectateurs ?

19:06
Valérie Pécresse

— Le sujet, pour moi, il est clair. C'est qu'aujourd'hui, je suis favorable à ce qu'on élargisse le couvre-feu. Et je pense que c'est assez logique. Parce que là, il y a eu Nadal-Djokovic. Mais demain, il va y avoir les matchs de l'Euro de foot. Donc donnons un peu d'oxygène aux Français, si on le peut, et réaffirmons les protocoles sanitaires.

19:24
Présentateur

— Valérie Pécresse, vos propositions pour la région, un mot sur la réforme des retraites qui semble là, qui plane depuis le début du quinquennat. Là, c'est le programme de notre échange, juste après la pause. À tout de suite. Suite de BFM politique en compagnie de Valérie Pécresse, qui est notre invitée ce midi. La réforme des retraites, Edwige ? Elle est là, elle plane ?

19:52
Invité

— Oui, elle est là, elle plane. C'est le retour. Alors peut-être que c'est pour contrer l'effet des régionales. Je ne sais pas. En tout cas, Valérie Pécresse, vous avez été ministre du Budget. On voit bien qu'avec le rapport du Conseil d'orientation des retraites, il y a un gros déficit. Moins grave que prévu, il faut quand même le souligner. Mais il y a quand même un déficit et qu'on cherche partout à faire des économies. Est-ce que cette réforme des retraites, il faut attendre les présidentielles, comme le dit le président du MEDEF, Geoffroy Roux-Bézieux ? Ou au contraire, il faut le faire maintenant ?

Et si on le fait maintenant, de quelle manière, sachant qu'on ne va pas revenir sur toute l'usine à gaz qui avait été construite ?

20:21
Valérie Pécresse

— D'abord, la droite l'avait dit. La droite avait bien dit que pour rééquilibrer les régimes de retraite et sauver notre système par répartition, il faudrait... — Il faut une réforme. — Il faudrait une réforme et il faudrait allonger la durée de vie au travail. Donc nous avions... Nous l'avons dit, le président de la République... — Vous êtes pour le faire avant, là, le faire tout de suite. — Oui. Le président de la République n'a pas voulu écouter. Maintenant, il change d'avis. Quand est-ce qu'il faut la faire ? Il faut la faire, mais il faut prendre quand même un tout petit peu de temps. Le temps, d'abord, d'expliquer aux Français pourquoi on change de pied. Pourquoi c'est indispensable ?

Parce qu'on ne peut pas leur imposer comme ça un allongement de la durée de vie au travail sans leur expliquer pourquoi. Et puis il faut accompagner cet allongement avec des mesures pour ceux qui ont des carrières longues. Donc il faut prendre un petit peu de temps. Alors faire ça dans la précipitation, bien évidemment, non.

21:13
Présentateur

— Valérie Pécresse, votre campagne pour les élections régionales, candidate à votre succession, vous définissez 5 principes directeurs. Vous les défendez. Sécurité, relance économique, transport, écologie, soutien social. Je voudrais commencer avec la sécurité. Vous aussi, en fait, vous en faites une priorité. Alors je dis « vous aussi » ou le Rassemblement national aussi. Chacun choisira. Mais la sécurité est le thème central. Pourtant, et vous l'avez dit tout à l'heure, ça n'est pas une compétence régionale.

21:38
Valérie Pécresse

— Oui, mais comme je vous l'ai dit, je m'en suis saisie. Et j'ai saisi sujet à bras-le-corps dès décembre 2015. J'ai été élue trois semaines après l'attentat du Bataclan. Vous imaginez le besoin de protection que ressentaient les Franciliens à ce moment-là. Et c'est pour ça que dès janvier 2016, nous avons fait voter ce bouclier de sécurité. Et les résultats aujourd'hui sont là. On a équipé plus de 300 polices municipales. On a déployé des milliers de caméras de vidéoprotection qui fonctionnent, contrairement à ce que disent la gauche. Ça permet d'élucider des crimes. Et puis ça permet d'apaiser aussi des situations. On a fait la police régionale des transports.

J'entends certains de mes adversaires parler de faire la police des transports. Mais nous, on l'a fait déjà. On a rajouté 1 000 agents de sécurité dans les transports. On a mis 30 000 caméras de plus. On a créé un numéro, le 3117, qui permet aux femmes, quand elles sont victimes de violences, de porter plainte, d'appeler et aux témoins, par SMS de manière très discrète, de mettre fin à l'omerta sur ce harcèlement des femmes. Donc oui, la sécurité, on l'a pris à bras le corps. Et le problème de M. Bardella et du Front National, c'est qu'ils se raccrochent à un train qui est déjà parti. Et ils ont fait tout le contraire.

Pendant 6 ans de mandat, je vous l'ai dit, ils n'ont pas voté le bouclier de sécurité. Ils ont voté contre la charte de la laïcité parce qu'ils vivent des problèmes et que nous, on propose des solutions.

23:06
Intervenant

Valérie Pécresse, est-ce que, au fond, votre travail en tant que présidente de région sur cette question de la sécurité, je vous pose la question très sincèrement, n'aurait pas été plus facile si le gouvernement auquel vous participiez entre 2007 et 2012 n'avait pas supprimé 12 000 postes de policiers ?

23:19
Valérie Pécresse

Mais c'est totalement anachronique, cette critique. Cette critique, qui est la critique de mes opposants, est totalement anachronique. Parce que sous Nicolas Sarkozy, nous avons fait mieux avec moins de policiers. À l'époque, la délinquance baissait. C'est ça que personne ne dit. Regardez les chiffres. Sous Nicolas Sarkozy, la délinquance a baissé. Elle a remonté sous François Hollande. Alors évidemment, maintenant que nous avons des chiffres qui remontent, évidemment, il faut renforcer les effectifs. Allez le dire à Laurent Saint-Martin et au gouvernement, qui a retiré 500 policiers et 500 gendarmes du réseau de transport francilien depuis 2017.

Ils ont retiré 500 policiers, là où moi j'ai rajouté, là où la région a rajouté, 1000 agents de plus.

24:06
Intervenant

Et donc, dès que la délinquance baisse, en fait, ce que vous dites, c'est qu'il faudrait avoir une approche météorologique, de la sécurité conjoncturelle. Non, pas conjoncturelle, efficace. Quand la délinquance baissait sous le mandat de Nicolas Sarkozy, on enlève 12 000 postes, ça remonte, on en recrée. On sait bien que former un policier, ça prend du temps. Franchement, soyons sincères quelques instants. Est-ce que c'était une erreur que de réduire le nombre de nos forces de l'ordre pendant ce quinquennat ?

24:29
Valérie Pécresse

Faire mieux avec moins, je sais que ça dérange tous les partis politiques, parce qu'il n'y a pas un parti politique à part la droite qui assume de dire qu'on peut faire mieux de services publics avec moins d'argent. En Ile-de-France, j'ai fait 2 milliards d'euros d'économies pendant mon mandat. J'ai supprimé 15 structures. Je vous mets tous les trois au défi, amical, de me dire ce que j'ai supprimé. Eh bien, nous avons fait mieux avec moins. Sur le logement, on a construit plus de logements pendant mes trois premières années de mandat que les trois années précédentes avec moins d'argent. Pourquoi ? Parce que ce qu'il fallait, c'était libérer les terrains et enlever les normes.

J'ai enlevé les normes et libéré les terrains et j'ai construit du logement avec moins d'argent, plus de logement social. Vous voyez, on peut faire mieux avec moins d'argent. Et c'est très important.

25:15
Intervenant

La sécurité, il faut des hommes et des femmes.

25:16
Valérie Pécresse

Monsieur Ducan, ce débat, oui, il faut plein de choses pour la sécurité. Mais on va y revenir. Sur la sécurité, il faudrait surtout des sanctions. On va être concrétés là-dessus. Il faudrait surtout des sanctions. Non, mais je voudrais répondre à la question, monsieur Ducan. Sur la sécurité, il faut des sanctions. Parce qu'on pourra mettre tous les policiers qu'on veut dans la rue. Si, quand ils attrapent les délinquants, les délinquants restent dehors, eh bien, ils vont recommencer. Et là, vous rentrez dans une inflation des effectifs qui n'aura aucun effet. Donc, le sujet, c'est les travaux d'intérêt général. Alors, justement, pardon, pardon, Valérie Pécresse, pardonnez-moi.

25:46
Présentateur

Vous voulez créer une agence régionale des travaux d'intérêt général. Oui. Alors, expliquez-nous. C'est quoi ? Ça fonctionne comment ? Parce que les travaux d'intérêt général, pour expliquer à nos spectateurs, ils existent.

25:56
Valérie Pécresse

Oui. Le principe est simple. Tu casses, tu répares. Travail d'intérêt général, c'est pour les primo-délinquants. Pourquoi c'est utile ? C'est pour prévenir la récidive. Bon. Combien de jours s'écoulent aujourd'hui entre le prononcé d'un travail d'intérêt général par le juge et son exécution ? Plus de 400 jours. Plus de 400 jours pour l'exécution d'un travail d'intérêt général en France. Donc, qu'est-ce que je vais faire ? Eh bien, je vais créer une agence régionale des travaux d'intérêt général. Ça veut dire que la région va accueillir les condamnés et faire en sorte que le travail d'intérêt général soit réalisé en moins de 3 mois.

Parce que quand vous avez un jeune de 16 ans qui est condamné à un travail d'intérêt général, souvent un an plus tard, le temps que toutes les procédures, un an plus tard, il faut encore 400 jours. Donc, il fera son travail d'intérêt général à 18 ans et demi.

26:46
Invité

Vous croyez que la sanction, elle est éducative ? Elle est efficace ? C'est juste une question, Valérie Pécresse, parce que c'est un point fort de votre programme sur la sécurité. C'est la reconnaissance faciale. En même temps, à quoi ça peut servir aujourd'hui ? Alors, Christian Estrosi veut le faire aussi à Anis. Parce que ce n'est pas relié à des fichiers. En quoi est-ce que ce n'est pas une annonce forte, mais qui finalement ne débouchera sur rien ?

27:09
Valérie Pécresse

D'abord, soyons clairs, et vous avez raison, je n'ai pas la compétence. Non, absolument. Pour le faire, il faut que la loi change. Mais en ce moment, il y a une loi européenne qui est en débat sur cette question de la reconnaissance faciale. Moi, ce que je demande, c'est un débat national sur le sujet, pour qu'on réfléchisse, comme pour les drones, mais qu'on réfléchisse comment ces outils technologiques peuvent nous aider. Ma proposition, c'est de mettre de la reconnaissance faciale à l'entrée des gares de transports en commun, et de matcher votre visage avec le fichier des terroristes recherchés. Pourquoi ? Et uniquement ce fichier-là. Pour l'instant, ça n'existe nulle part.

Ça n'existe pas, mais il y a des expérimentations qui sont en train d'être faites dans les aéroports, et notamment à Nice, chez Christian Estrosi. Pourquoi c'est intéressant ? Parce que ça permettrait de garantir, dans un risque attentat qui est quand même très élevé, que des terroristes recherchés ne rentrent pas sur un réseau de transport. Vous savez, un RER, c'est 1000 personnes. Alors je ne dis pas que ça couvre tout le risque terroriste, bien sûr que non, mais c'est un outil de plus.

28:13
Intervenant

Mais avec interpellation. Vous dites...

28:15
Valérie Pécresse

Ah bah c'est le terroriste, il est recherché, bien sûr, il sera interpellé. On a la possibilité, aujourd'hui, il y a des caméras dans les entrées de tous les transports en commun. C'est ça, mais c'est un débat avant. Ah bah c'est nous qui les avons installés, donc ça existe, ça pourrait fonctionner. Et donc moi je demande qu'on ait un débat éthique sur cette question.

28:31
Présentateur

Alors justement, les transports en Ile-de-France, la place de la voiture d'abord, pour les Parisiens qui nous regardent, mais c'est sans doute valable à Marseille, à Lille, à Brest, dans plein de grandes villes, circulant en centre-ville, c'est devenu un enfer. Est-ce qu'il y a un effet sur la pollution ? La voiture recule dans les centres-villes. Est-ce que selon ce que vous observez, vous, ça a un effet sur la pollution ?

28:52
Valérie Pécresse

Il y a eu une étude qui a été publiée dans Le Monde, qui est très intéressante, qui montre que la fermeture des voies sur berge à Paris n'a pas baissé la pollution, l'a juste déplacée. Et l'a déplacée sur les autres itinéraires et sur le périphérique, sur l'A86. Donc la vérité, c'est que la voiture, elle va rester indispensable encore pendant des années en Ile-de-France. Elle va rester indispensable à 7 ou 8 millions de Franciliens. Et pourquoi ? Parce qu'on n'a pas assez de transports en commun encore. Dans mon prochain mandat, je vais doubler les transports en commun.

29:25
Présentateur

Vous allez faire quoi ? Des tramways, plus de métros ?

29:28
Valérie Pécresse

Tramways, métros, bus et le métro du Grand Paris Express, qui va permettre de faire du banlieue-banlieue. Parce que c'est ça le plus difficile. Sur le périphérique, vous avez un million de voitures par jour. Près de la moitié, c'est des personnes qui font du banlieue-banlieue et qui n'ont pas d'autre choix que de prendre la voiture. Donc qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut lutter contre la pollution et pas contre la voiture. Et donc il faut aider au changement de motorisation des véhicules. C'est pour ça que dans mon projet, j'ai une aide de 6 000 euros pour permettre aux Franciliens de changer de véhicule.

Mais quand les voitures seront silencieuses et non polluantes, pourquoi lutterions-nous contre ? Vous voyez ? Donc je pense qu'il faut, sur cette question de la voiture, vous me parliez de Paris. On ne peut pas piétonniser le centre de Paris, interdire la traversée de Paris aux voitures comme veut le faire la mairie de Paris. C'est son droit. Mais on ne peut pas faire ça et en même temps supprimer une voie sur le périphérique. Ce serait la thrombose. Et les embouteillages, c'est ça qui pollue.

30:28
Intervenant

Un mot de...

30:29
Valérie Pécresse

Donc moi, ce que j'ai demandé, c'est la compétence régionale sur le périphérique. Et je ferai un référendum à l'automne, si je suis réélu, je ferai un référendum pour ou contre, un référendum régional pour ou contre la fermeture d'une voie sur le périphérique. Parce que le périphérique, il appartient à tous les Franciliens, pas à la mairie de Paris.

30:45
Intervenant

Sur le sujet des transports, je crois qu'il y a une proposition de l'une de vos adversaires, Audrey Pulvar, candidate de la gauche, socialiste, en Ile-de-France, qui est peut-être la proposition qui vous agace le plus, c'est la gratuité dans les transports. Alors non, si on est précis, c'est-à-dire la gratuité pour l'usager. Puisqu'à un moment donné, il faut de toute façon payer le transport en commun. Mais tout de même, tout de même, c'est une idée qui peut peut-être résonner dans les oreilles de certains de nos concitoyens franciliens. Est-ce qu'il faut la balayer d'un revers de la main comme vous le faites depuis le début de cette campagne ?

31:20
Valérie Pécresse

Vous avez raison, David Ducan. À chaque fois qu'on dit « tout est gratuit », il y a des Français qui signent. Mais il y a toujours quelqu'un qui paye. Et c'est une illusion anti-écologique, la gratuité en Ile-de-France. Pourquoi ? Parce qu'il faudrait trouver 4 milliards d'impôts pour la payer. C'est 4 milliards, les recettes voyageurs. 4 milliards d'impôts, c'est 500 euros d'impôts par ménage francilien par an. Donc c'est impossible. Personne ne peut payer 4 milliards. Et par ailleurs, il n'y aura pas une voiture de moins sur la route.

31:53
Intervenant

Ah oui, ça vous l'affirmez régulièrement. Ah oui, on a fait l'étude.

31:55
Valérie Pécresse

Pourquoi ? C'est tout simple. C'est parce que le pass Navigo, il n'est pas cher du tout. Il est à 37,60 euros avec le remboursement employeur. Donc le problème, ce n'est pas le coût des transports, c'est la qualité. Si les Franciliens ne prennent pas les transports en commun, c'est soit qu'ils n'en ont pas, pour aller là où ils vont, soit qu'ils ne sont pas assez ponctuels, pas assez sûrs qu'ils ont des problèmes de sécurité. Donc tout ce qu'on doit faire...

32:17
Intervenant

Ça, c'est votre bilan aussi.

32:18
Valérie Pécresse

Oui, mais moi, alors sur les transports, c'est simple. Je ne dis pas que tout a été fait. Je dis qu'en 5 ans, on ne peut pas réparer 30 ans de sous-investissement. Moi, j'ai lancé les choses. 700 RAM neufs, 30 000 caméras de vidéoprotection, 1 000 agents de sécurité de plus. On va aller plus fort, plus loin. On va faire... Tous les RER seront neufs et rénovés à la fin de mon deuxième mandat. On doublera les infrastructures de transport. On n'aura plus un bus diesel. M. Bayou nous parle d'écologie. Il était à la région avec M. Huchon. Ils achetaient des bus diesel.

32:51
Intervenant

Vous demandez 6 ans de plus pour finir le travail. Absolument. Oui, mais est-ce que vous serez là ? Est-ce que vous pouvez vous engager devant les électeurs d'Île-de-France et leur dire oui, dans 6 ans, si je suis réélu, je serai votre présidente de région ?

33:07
Valérie Pécresse

Aucun de mes adversaires ne peut s'engager à dire cela. Et cette question, je ne me la pose pas. Je ne me la pose pas parce que, tout simplement, elle ne se pose pas tant que l'élection n'a pas eu lieu.

33:20
Intervenant

Si quelqu'un veut voter pour vous, il veut savoir si vous serez toujours là, aux manettes, jusqu'à la fin de ce second mandat.

33:27
Présentateur

Xavier Bertrand, dans les Hauts-de-France, a dit les choses clairement. Par exemple, je suis candidat à la présidence de la région. Si je gagne, je serai candidat à l'élection présidentielle.

33:34
Valérie Pécresse

Oui, parce que lui, il le sait qu'il veut être candidat à la présidentielle. Aujourd'hui, moi, c'est une question que je ne me pose pas. Alors, en revanche, pour répondre à votre question, ce n'est pas ce que les franciliens veulent savoir. Non, il y a eu sondage après sondage, micro-toutoir après micro-toutoir. Ce que les franciliens veulent savoir, c'est si les candidats qui se présentent devant eux vont mettre en œuvre leur programme. Est-ce qu'ils sont fiables ? Est-ce qu'ils sont de confiance ? Avec moi, ils savent.

33:55
Intervenant

Oui, mais si vous n'êtes plus là, quelles garanties ont-ils que le programme sera mis en œuvre ?

34:00
Valérie Pécresse

Eh bien, la garantie de toute mon énergie, mon équipe, ma crédibilité. Ils savent que s'ils m'élisent, je serai là pour eux pendant les six prochaines années. Ils le savent.

34:11
Invité

Il y a quand même une question qu'on peut se poser. Il y a un francilien sur deux qui veut quitter la région Île-de-France. Quelque part, il s'est passé des choses, la crise de la Covid, etc. Est-ce que ce n'est pas un peu quand même votre échec, Valérie Pécresse ?

34:24
Valérie Pécresse

Ces chiffres, ils ont toujours existé. Ah, ils sont plus forts. Ils sont plus forts à cause de la crise Covid. On peut comprendre. Les Franciliens qui habitent en zone très dense se sont retrouvés confinés dans des petits appartements. La vérité, les chiffres, elles étaient tues. 50 000 habitants de plus en Île-de-France par an ces cinq dernières années. 50 000. Et en revanche, qu'est-ce qu'on quitte ? On quitte Paris. 12 500 parisiens de moins chaque année depuis cinq ans. 3 000 enfants de moins à Paris par an depuis cinq ans. Alors, qu'est-ce qu'on va faire ? Eh bien, il se trouve que c'est mon choix de vie personnelle. La campagne près de Paris. On va dynamiser la Grande Couronne.

Et on va permettre à tous les Franciliens qui le souhaitent d'habiter à la campagne près de Paris. En leur offrant tout à 20 minutes. Les transports. Les transports à la demande. La santé. Des lycées nouveaux. Tout à 20 minutes. Des lycées nouveaux dans le rural. Un à manier en vexin. Un du côté de Bonnière. On va continuer à faire en sorte qu'on puisse vivre avec la fibre, évidemment, partout en Île-de-France. Donc, on va permettre aux Franciliens de venir vivre à la campagne près de Paris, en Île-de-France.

35:34
Intervenant

Premier tour, 20 juin. Dépôt des listes pour le second tour le mardi soir qui suit, 18h. On est bien d'accord. Vous ne fusionnerez votre liste avec personne.

35:47
Valérie Pécresse

Je fais le choix de la clarté. Et je fais le choix de l'authenticité. Tous ceux qui veulent voter pour moi me connaissent. Ils savent que je suis entière. Ils savent que je suis libre. C'est cette liberté qu'ils aiment. Cette liberté d'être partenaire avec le gouvernement dans le plus grand plan de relance de France. Mais cette liberté aussi de pouvoir dire non au gouvernement quand ils retirent des policiers du réseau de transport. Ou quand ils ne veulent pas nous combler la dette Covid sur les transports. Ils veulent cette liberté.

36:13
Intervenant

Répondez peut-être clairement à la question. Oui.

36:14
Valérie Pécresse

Donc, il n'y aura aucune alliance, ni au premier tour, ni au deuxième tour. J'ai une équipe. Je l'emmène jusqu'au bout. En revanche, la gauche, le soir du premier tour, aura rendez-vous avec l'histoire.

36:24
Intervenant

Alors, la gauche fusionnera. On peut le supposer, les trois listes actuellement de gauche. Bon, en fonction des sondages, si on fait de l'arithmétique et qu'on additionne, ça porte le total gauche un peu au-dessus de 30. Vous, vous êtes dans les sondages à 34, 35 au premier tour. Est-ce que, dans le cadre d'une quadrangulaire, où il y aurait Jordan Bardella qui se maintiendrait, évidemment, mais aussi, sans doute, Laurent Saint-Martin, le candidat de la majorité, est-ce que vous pouvez perdre cette région et qu'elle peut être emportée par une gauche unie dans un second tour ?

36:57
Valérie Pécresse

Il y a un vrai risque. Il y a un vrai risque de voir arriver à la tête de la région Île-de-France. Il est arithmétique, comme vous le dites. Un vrai risque de voir arriver une gauche décroissante, une gauche communautariste, une gauche qui accepte les réunions racisées à la tête de cette région. Et ce serait une catastrophe. Décroissante, communautariste. Mais, M. Ducan... Ne faites-vous pas un peu des amalgames ? Attendez, M. Ducan, je vous le dis. La gauche républicaine et social-démocrate, qui est très puissante en Île-de-France, va devoir faire un choix au soir du premier tour. Et le Parti socialiste va être devant, voilà, un rendez-vous politique majeur.

En 1998, Jacques Chirac a dit « Moi, je ne m'allierai jamais avec le Front National et la droite républicaine ne s'alliera jamais avec le Front National ». Ce jour-là, il a fait un choix pour l'histoire. Le 20 juin, le Parti socialiste en Île-de-France, il devra dire, s'il s'allie ou pas, avec les Verts qui, d'après Mme Hidalgo, ont un problème avec la République. C'est pas moi qui le dis, M. Ducan, c'est Mme Hidalgo. Ils devront choisir s'il s'allie avec les Verts qui ont un problème avec la République et s'il s'allie avec les amis de M. Mélenchon qui, pour moi, a passé toutes les bornes avec son délire complotiste. Voilà. Eh bien oui, il y aura un rendez-vous avec l'histoire.

38:13
Présentateur

Si on se remet à l'échelon national et dans la perspective de l'élection présidentielle, Éric Zemmour semble se rapprocher d'une candidature. Est-ce que vous estimez que c'est une bonne nouvelle pour la droite de gouvernement parce qu'il pourrait en partie siphonner des voix du côté du Rassemblement National ou est-ce que vous estimez, au contraire, que ce serait une très mauvaise nouvelle parce qu'il pourrait aller prendre des voix sur le terrain, justement, de la droite de gouvernement de votre ancien parti ?

38:37
Valérie Pécresse

Moi, je ne partage pas les idées de M. Zemmour. Et ce que je souhaite, c'est que la droite... Parce qu'il y a une Dream Team de droite républicaine en France. Personne n'en parle parce qu'elle est beaucoup dans les territoires. Elle est dans les mairies, dans les départements, dans les régions. Mais après les régionales, cette Dream Team de la droite républicaine va apparaître. Et moi, je souhaite que cette Dream Team, elle se rassemble pour incarner une troisième voix. Donc cette candidature-là ne nous inquiète pas. Qu'il ne soit ni Macron ni Le Pen. Vous savez, il y a toujours eu des hommes providentiels qui ont cru qu'ils pourraient faire de la politique.

La politique, c'est une vocation, mais c'est aussi de la compétence, de l'expérience. Et cette compétence, cette expérience, elle ne s'acquiert pas uniquement parce qu'on passe à la télé sur CNews.

39:24
Intervenant

La Dream Team de droite pour la présidentielle dans un parti qui semble, un parti que vous avez quitté, les Républicains, mais qui semble troubler son numéro 2 récemment. Guillaume Pelletier qui prône une justice d'exception, qui dit qu'au fond, les idées de Robert Ménard ne sont pas si éloignées des siennes. C'est cette famille-là. Cette famille-là, est-ce que vous appartenez toujours à cette famille ?

39:51
Valérie Pécresse

Monsieur Ducor, moi je suis une femme libre et vous le savez, j'ai quitté les Républicains. Et aujourd'hui, je mène une ligne qui est la ligne de l'ordre, de la fermeté, mais aussi de la République et des valeurs de la République. C'est ma ligne. Je n'en dévierai pas. Et je suis persuadée que sur cette ligne, nous pouvons rassembler.

40:10
Invité

Une question quand même qui me taraude, Valérie Pécresse, je peux me permettre de la poser pour faire clôturer cette émission. Est-ce que vous pensez que les Républicains, la droite, est-ce qu'ils sont prêts à avoir une femme candidate pour eux à l'élection présidentielle ? On peut se poser la question lorsqu'on voit les positions des uns et des autres. Mais sincèrement, est-ce que vous pensez qu'ils sont prêts ?

40:31
Valérie Pécresse

Mais si les partis politiques sont en retard, moi je crois que les Français sont en avance. Et peut-être qu'ils le prouveront dans l'élection régionale des 20 et 27 juin.

40:39
Présentateur

Merci beaucoup Valérie Pécresse d'avoir accepté notre invitation ce midi dans BFM Politique. Merci David et Vige. Voici affaire suivante. Philippe Godin et Dominique Rizet, je vous retrouve à 18h pour BFM TV. Merci à tout à l'heure.