Macron envoie ses soldats, Trump ne répond plus...
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Questions et réponses
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- 0:09OuverteRéponse partielle
On a l'impression que le président américain ne fait plus peur à personne, pas à Xi Jinping, pas aux journalistes qui l'ont banni de la Maison-Blanche, ni à Emmanuel Macron ?
- 0:48ComplaisanteRéponse directe
Vous êtes grand reporter, spécialiste des questions internationales. Quels sont vos reportages récents ?
- 1:15OuverteRéponse directe
Vous êtes enseignante chargée de recherche à l'ESSEC, au Centre Géopolitique, Défense et Leadership. Quel est votre avis sur la visite de Xi Jinping et Trump ?
- 1:42OuverteRéponse partielle
On va regarder ces deux images contraires : Macron qui annonce l'envoi de soldats en Arabie Saoudite et Trump qui s'amuse avec Xi Jinping.
- 4:45RelanceRéponse partielle
Quand Emmanuel Macron dit « J'envoie des militaires français en Arabie saoudite » pour sécuriser le carburant, est-ce qu'il renvoie Donald Trump à son impuissance ?
- 6:12OuverteRéponse directe
Guillaume Laganne, ces soldats, ils vont être envoyés où exactement et pour faire quoi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:45InvitéFait
« Il adore ça. Il est obsédé par l'image. »
- 2:46InvitéFait
« C'est la présidence Joe Biden. Et plutôt qu'une photo du dit président, c'est le fameux auto-pen. »
- 3:24InvitéFait
« Emmanuel Macron prend très au sérieux la gravité de la situation internationale et essaye de l'expliquer aux Français. »
- 10:00PrésentateurChiffre
« Le budget militaire de l'Arabie Saoudite, c'est l'un des plus élevés du monde par rapport au nombre d'habitants. 73 milliards de dollars en 2025. »
- 11:58InvitéFait
« Ce n'est pas pour aider un pays en guerre qu'on intervient. C'est pour sécuriser une infrastructure pétrolière majeure dont nous avons besoin actuellement. »
- 35:31PrésentateurFait
« il semble avoir trouvé un winner en la personne du dirigeant chinois Xi Jinping »
- 38:32InvitéChiffre
« 145% de droits de douane sur la Chine »
- 38:55InvitéFait
« nous nous sommes mis d'accord pour étendre la trêve commerciale jusqu'au 10 janvier »
- 46:07InvitéFait
« il est faible parce qu'il est très attentif au protocole »
- 49:34InvitéChiffre
« ils ont un objectif officiel de 2049, le centenaire de la République Populaire de Chine »
- 54:20InvitéFait
« le haut responsable cité serait J.D. Vance, le vice-président »
- 57:27InvitéFait
« il y a deux choses sacrées aux États-Unis : le port d'armes et la liberté d'expression »
- 1:00:53InvitéFait
« les américains ont fourni à l'Arabie Saoudite du renseignement »
- 1:01:37InvitéFait
« nous ne pourrons pas non plus nous seuls être décisifs à la fois sur Hormuz et sur Yambou et Babel Mandeb »
Temps de parole
- Invité45 %
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Bonsoir
à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. On a l'impression que le président américain ne fait plus peur à personne, pas à Xi Jinping, que Donald Trump reçoit en majesté à Washington, pas aux journalistes qui l'a banni de la Maison-Blanche et qui sont désormais de retour grâce à une décision de justice, ni au vice-président américain qui a fait fuiter les informations sensibles qui ont mis hors de lui Donald Trump, et enfin pas à Emmanuel Macron qui fustigeait la loi de la jungle cette semaine à l'Assemblée Générale de l'ONU. Le président français essaye de prendre le contrôle de la situation. Il décide soudainement d'envoyer des soldats français en Arabie Saoudite.
Macron envoie des soldats, Trump ne répond plus. C'est le titre de notre émission ce soir avec Lucas Manger. Bonsoir.
Bonsoir.
Vous êtes grand reporter, spécialiste des questions internationales. On peut retrouver vos reportages, vos analyses en carnet de terrain sur la plateforme d'information Substack. Et je signale le documentaire que vous avez réalisé sur les élections israéliennes qui sera diffusé sur France 5 le 25 octobre. Israël, une démocratie en péril. Gallagher-Fenwick, bonsoir.
Bonsoir.
Vous êtes journaliste, spécialiste des questions internationales et ancien correspondant à Washington. Joséphine Staron, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes enseignante chargée de recherche à l'ESSEC, au Centre Géopolitique, Défense et Leadership. Et enfin, Guillaume Laganne, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes spécialiste des questions de défense, enseignant à Sciences Po. Je cite votre article dans le dernier numéro de la revue Commentaire.
«
10 questions de défense et de diplomatie au futur président
». On
va regarder ces deux images contraires.
Oui,
c
'est un peu immodeste, mais
bon.
En tout cas, c'est d'actualité. On va regarder ces deux images contraires. D'un côté, Emmanuel Macron qui annonce l'envoi de soldats en Arabie saoudite dans une longue interview. Et puis, on va regarder et écouter aussi Donald Trump qui s'amuse avec Xi Jinping.
On
n'avait jamais entendu Gallagher, Xi Jinping, rire en public, non ?
Je ne
suis
pas certain que ce soit lui qui rit parce qu'il est de dos, mais la séquence, si vous voulez, elle est très trumpienne. Il adore ça. Il est obsédé par l'image. Il a d'ailleurs décrit cette visite comme étant faite pour la télévision, ce qui est un peu ironique. On va en parler plus tard dans l'émission. Parce qu'en l'occurrence, une partie de la visite n'a pas été retransmise dans les millions de foyers par la faute de Trump puisqu'il avait banni trois médias américains de la Maison-Blanche. Mais ce que ça dit aussi, c'est le rapport qu'il entretient à l'histoire puisqu'il a fait pavé ses murs avec ses photos de tous ses prédécesseurs. Et là, la tronche de rigolade, elle est due
à ce qu'il appelle
l'auto-pen. C'est-à-dire que c'est la présidence Joe Biden. Et plutôt qu'une photo du dit président, c'est le fameux auto-pen puisque lui accuse Joe Biden de n'avoir pas gouverné et que les décisions et les décrets étaient prises par un stylo automatique. Je ne
sais
pas comment traduire cette expression.
Mais il y
a
un décalage quand même entre ces deux moments. Le moment Emmanuel Macron, grande interview à la télévision, interviewée par Gilles Boulot, Caroline Roux. D'ailleurs, 6 millions de Français ont gardé. Ça faisait deux ans qu'il n
'y
avait pas eu une telle audience pour un format pareil. Et de
l
'autre côté, Donald Trump qui s'amuse avec Xi Jinping. On a l'impression qu'Emmanuel Macron assume ses responsabilités quand Donald Trump s'amuse.
Disons qu'on a l'impression qu'Emmanuel Macron prend très au sérieux la gravité de la situation internationale et essaye de l'expliquer aux Français. Mais pas seulement aux Français, quand il parle aux Nations Unies, d'endosser en tout cas les abîmes à un chef d'État qui prend conscience que la situation internationale est extrêmement volatile, voire dangereuse. Quand Donald Trump et Xi Jinping, qui sont quand même les deux patrons des plus grandes puissances du monde,
en
tout cas, Xi Jinping, lui, est très sérieux dans cette visite.
D
'ailleurs, honnêtement,
on
le voit pas. Peut-être qu
'on
l'a entendu rire, effectivement. Mais sinon, il ne sourit pas beaucoup quand même. Il est extrême dans son rôle de président chinois. Alors que Trump... En contraste, oui, vous avez raison. Mais il apparaît de plus en plus trumpien. Enfin, comme une caricature de lui-même.
C
'est-à-dire qu'il y
a
eu cette séquence... Mais il y a aussi le moment où il a expliqué que le président chinois adorait le granit et que sur l'hélicoptère... L'hélipad, pardon, pour poser l'hélicoptère marinoine américain, maintenant,
bah
oui, le président chinois adore le granit. Comme s'il était un peu déconnecté des réalités. Mais surtout, ce que ça veut dire aussi, enfin, ce que disait Galer-Fanwick à l'instant, c'est que c'est un obsédé de la télévision. Et que pour lui,
là,
en ce moment, son moment,
c
'est son moment. La situation du monde n'apparaît pas comme quelque chose qui l'intéresse plus que ça. C'est
-à
-dire que lui, il faut qu'il grave dans le granit, justement, j'allais dire dans le marbre, mais son histoire personnelle. Et que le reste n'a pas tant d'importance que ça.
Quand Emmanuel Macron dit « J'envoie des militaires français en Arabie saoudite » parce qu'il faut qu'on trouve une solution à cette crise du carburant.
Et
là, il faut sécuriser cet endroit. Et on va expliquer quel endroit dans un instant. Est-ce qu'il renvoie Donald Trump à son
impuissance
? Il le renvoie aussi à ses responsabilités. Parce que la crise actuelle est quand même largement causée par l'intervention militaire non maîtrisée, finalement, dans ses objectifs et ses finalités des États-Unis. Et toutes les conséquences en cascade depuis cette opération militaire, eh bien, elles ne sont pas du tout gérées par les États-Unis. Donc finalement, depuis plusieurs mois, on a des États autour qui essayent de s'organiser, qui vont chercher de l'aide un peu là où elles peuvent la trouver. Et aujourd'hui, on a une situation très complexe.
C
'est qu'on avait déjà un des trois Hormuz qui était, si ce n'est paralysé, du moins largement bloqué et qui empêchait un certain nombre d'hydrocarbures de transiter. Et aujourd'hui, on a la menace outil sur un autre des trois stratégiques qui vient ajouter à cette pression sur les flux, finalement, et sur les routes maritimes clés. Donc, il faut faire quelque chose. Et on a eu un Donald Trump, cette semaine, comme vous l'avez dit, qui semblait totalement déconnecté ou alors ne pas s'intéresser du tout à la situation qui pourtant va intéresser ses électeurs et les Américains en général dans quelques semaines lors des élections de mi-mandat. Et ça intéresse
les Français. Guillaume Lagan, ces soldats, ils vont être envoyés où exactement et pour faire quoi
?
Alors, d'après ce qu'a dit le président de
la
République hier soir, ils vont être envoyés dans l'ouest de l'Arabie Saoudite, donc une région,
un
port qui s'appelle Yambou, où arrive en fait l'oléoduc qui traverse le pays, puisque vous savez que les champs pétrolifères sont situés en Arabie Saoudite sur la partie Golfe-Persique, donc à l'est du pays.
Et
là, donc, cet oléoduc permet de transporter ce pétrole à travers le territoire saoudien pour l'exporter par la mer Rouge. Et il se trouve que ces installations sont sous le feu des houtistes depuis maintenant plusieurs semaines. Donc, je comprends cette opération. C
'est l'oléoduc Est-Ouest dont on a
beaucoup parlé. Voilà,
c'est
le fameux oléoduc qui a été fermé
et qui...
Alors,
qui a été momentanément fermé, alors qu'il a une capacité d'exportation considérable. On parle de 4 à 5 millions de barils par jour. Donc, pour les téléspectateurs, il faut se représenter. C'est à peu près la moitié de la production quotidienne de l'Arabie Saoudite. Et donc, compte tenu des difficultés d'écoulement du pétrole dans le détroit d'Hormuz, c'est une voie de sortie vraiment importante pour le pays.
Oui, et en même temps, pourquoi est-ce que c'est la France qui doit y aller ? Je me souviens de la semaine dernière, Pete Exet qui disait « Vous n'avez qu'à vous, Européens, vous n'avez qu'à le débloquer vous-même, le détroit d'Hormuz. » Est-ce que c'est une réponse ?
Oui,
c'est en fait la rencontre entre un pays qui a énormément de moyens, l'Arabie Saoudite, et un pays qui agit en Européen et pas seul. Les Britanniques font sans doute partie de cette opération qui agit en Européen, avec à la fois de la volonté et du savoir-faire. Je pense que ça s'inscrit, si vous voulez, c'est pas un mystère, dans la lignée de la visite du prince héritier qui est venu ici, qui a ouvert le carnet de chèques dans un moment où on en a besoin. C'est un secret pour personne qu'on a des soucis de finances publiques,
on
va dire, avec commande, etc. Et quand ce même prince héritier a décroché son téléphone pour appeler Donald Trump, il s'est vu opposer une fin de non-recevoir.
Concernant Bab el-Mandeb, il avait appelé Donald Trump avant, lui disant,
«
Les outils attaquent,
aide-moi.
»
Voilà,
à l'aide. Et Donald Trump, abonné, absent. Et donc, dans ce cas, la France, qui agit encore une fois en Européen, qui n'a pas d'accord de défense à proprement parler, en tous les cas pas à ma connaissance, avec l'Arabie Saoudite, comme elle peut en avoir avec le
Qatar, les Émirats... Il y a des accords de coopération
et d'assistance militaire, mais pas de clause de défense
mutuelle. Exactement. Ce qui est différent, c'est-à
-dire
qu'on peut avoir des conseillers sur place, on peut livrer du matériel, vendre du matériel, mais on n'a pas, j'allais dire, d'obligation, comme on peut en avoir avec les Émirats, le Qatar ou le Ques, dont nous avons défendu les cieux. Ce pourquoi ces trois pays nous sont très reconnaissants.
Donc, pour marquer le contraste avec Donald Trump et l'épisode sur lequel on a ouvert l'émission, vous avez un adolescent d'un côté et des Européens qui font rentrer ou revenir les adultes dans la pièce pour, non pas combler avec énormément de moyens, mais pour aider à soulager les défenses saoudiennes qui sont très éprouvées par les Iraniens, aussi pour combler un vide béant laissé par des Américains qui ont été touchés, leur appaille, leurs militaires, leurs hommes sur place. Donc, nous, on montre, et je termine par là, qu'on n'est pas des parleurs, on est des faiseurs, on est forts, on est fiables, et quand on nous sonne, on répond.
Vous validez notre titre, Trump ne répond plus.
Oui, oui, en tous les cas, ce n
'est
pas moi qui le valide, votre titre. Ce sont les Émirats arabes unis, le Qatar, le Ques. Moi, ce qui m'a été dit par des diplomates de ces pays, c'est qu'ils ont été très déçus par l'absence, je cite, de certains amis. En revanche, nous étions présents, et ça, m'a-t-on dit, ils ne l'oublieront jamais.
Ce que j'ai du mal à comprendre quand je regarde les chiffres, le budget militaire de l'Arabie Saoudite, c'est l'un des plus élevés du monde par rapport au nombre d'habitants. 73 milliards de dollars en 2025, 257 000 soldats, 1 millier de chars, 450 avions de combat. Ils ont vraiment besoin de nous ?
Oui, parce qu'il ne suffit pas d'avoir le nombre et la quantité, il faut avoir le savoir-faire. L'Arabie Saoudite est un pays extrêmement équipé, mais n'a pas une armée qui a un savoir-faire technique particulièrement développé. C'est
-à
-dire que c'est bien pour ça qu'il y
a
des accords de partenariat qui permettent de former des pilotes. La France a un savoir-faire dans un certain nombre de domaines, et notamment dans celui-là, qui va être essentiellement, pour le moment, essayer soit d'empêcher, tout simplement, par sa simple présence, le fait que les outils tirent sur cette zone et sur ce port, soit de l'interception, l'interception qui peut être faite par des missiles au sol, des batteries de missiles françaises qui vont intercepter les missiles outils, soit, et ça a été évoqué par le président de la République hier soir, par l'envoi d'avions de rafales et donc de pilotes qui vont faire de la chasse, littéralement, de l'interception en vol. Ça ne
veut
pas dire que les Saoudiens ne savent pas le faire du tout, je ne
suis
pas en train de dire que c'est... Mais en revanche, il y a un certain nombre de techniques et de savoir-faire, au-delà du geste politique qui vient d'être décrit par Gallagher, qui est extrêmement important, il y a un savoir-faire de l'armée française, et notamment de l'armée de l'air, dans ce domaine qui est très particulier. Et donc, oui, l'Arabie Saoudite a besoin... Il ne
faut
pas oublier que l'Arabie Saoudite, par ailleurs, dans la guerre avec l'Iran, a utilisé énormément d'armement. Juste pour donner un seul chiffre, les fameux missiles patriotes dont on parle souvent, dont les Ukrainiens ont énormément besoin, les Saoudiens en ont utilisé 2500 pour tirer contre des drones shahed. Donc en fait, ils sont un peu à court d'armement.
Et on comprend aussi l'urgence du moment qu'on est en train de vivre. Ce n
'est
pas anodin d'annoncer quand même l'envoi de troupes françaises en Arabie Saoudite. D'ailleurs, ça fait débat, que ce soit du côté de LFI ou du RN, qui se demande s'il n
'y a
pas le risque qu'on devienne belligérant. Qu'est-ce que ça montre ? Et j'ajoute un autre élément que Donald Trump menace de couper les exportations de pétrole. C'est peut-être aussi pour cela qu'Emmanuel Macron se dit qu'il faut agir maintenant ? Oui, en fait,
on aurait tort de confondre les justifications de cet envoi d'aide à l'Arabie Saoudite. Ce n'est pas pour aider un pays en guerre qu'on intervient. C'est pour sécuriser une infrastructure pétrolière majeure dont nous avons besoin actuellement, puisque la transition énergétique n'est pas complète, et puisque aujourd'hui les prix de l'essence sont en train de grimper et ne vont pas cesser de grimper. Donc Emmanuel Macron, comme la plupart des chefs d'État européens et américains, sont face à un dilemme.
C'est soit on n'intervient pas et on laisse la situation dégénérer, parce que les prix du pétrole vont continuer à augmenter, étant donné que les voies de passage restent bloquées ou largement entravées. Donc si on décide d'agir, il faut agir à la source. Vous avez deux options. Soit vous entrez en guerre, c'est des moyens considérables, soit vous allez sécuriser des infrastructures, des points de passage. Et ça, on est en capacité de le faire. D'autres vont probablement également nous rejoindre et nous accompagner et faire participer, partager leur savoir-faire. Mais on a un besoin de solidarité, non pas pour aider l'Arabie saoudite, mais pour soutenir ce qu
'on
va appeler la géopolitique des flux, qui aujourd'hui est largement entravée par ce qui se passe en Iran et par les attaques répétées des outils, qui ont décidé d'être dans une frénésie de combat pour soutenir l'Iran et de ne pas arrêter d'entraver le commerce international. À
quoi va ressembler cette opération militaire française en Arabie saoudite ? Qu'est-ce que ça dit la relation entre Donald Trump et Emmanuel Macron, qui n'a pas hésité à désigner le président américain comme étant responsable de la crise que nous traversons ? Julie Rico, Christophe Roquet.
La France a-t-elle un rôle à jouer dans le conflit au Moyen-Orient
?
Emmanuel Macron annonce déployer des troupes sur un site pétrolier en Arabie saoudite. Aujourd'hui, c'est la discussion que nous avons finalisée avec les Saoudiens. Nous allons envoyer des moyens militaires,
c
'est-à-dire
des
soldats,
des
radars,
des
systèmes de défense pour protéger ce site. Pas nous engager dans quelques conflits, mais protéger ce site. Pas d'aviation, des rafales
? On
verra l'évolution et selon les besoins. Des soldats français en Arabie saoudite, la décision fait réagir la classe politique. Des troupes en Arabie saoudite, c'est comme s'installer sur un champ de bataille. Si la base est attaquée, que ferons-nous ? Hors de question d'entrée en guerre. L'Assemblée doit donc se prononcer sur la question. Article 35 de la Constitution. Aujourd'hui, nous considérons que ce n'est pas la bonne idée, ce n'est pas la bonne voie.
Il ne faut pas envoyer
de
militaires. Non,
il ne faut pas envoyer de militaires aujourd'hui dans cette zone de la planète. Les troupes françaises seront chargées de défendre le port pétrolier de Yambou. Situé à l'ouest de l'Arabie saoudite, il est la principale porte de sortie du pétrole saoudien depuis le début de la guerre. Grâce à un oléoduc, il permet de contourner le détroit d'Hormuz. En temps normal, nous expédions environ 5 millions
de barils par jour depuis Yambou,
tout en approvisionnant les raffineries de l'Occident avec environ 2 millions de barils par jour.
Un
point ultra stratégique et une cible toute trouvée pour les outils. Les
forces yéménites, avec l'aide de Dieu Tout-Puissant, ont
mené
deux opérations
militaires d'envergure sur Riyad et sur
Yambou
à l
'aide de plusieurs missiles balistiques, des missiles de croisière et des drones. Les deux opérations ont atteint leurs objectifs avec succès.
Laisser le site sans défense, c'est donc risquer une nouvelle augmentation du prix du baril, déjà tiré à la hausse par le blocage du détroit d'Hormuz et de Pavel Mandeb. La crise prend de l'ampleur et il y a urgence à agir. À New York, Emmanuel Macron en a fait sa mission, entretien à huis clos avec le président américain. Il
y a
eu une très bonne discussion qui a permis d'aborder à la fois la crise au Troche et Moyen-Orient, notre volonté est d'essayer de tout faire pour ouvrir Hormuz, permettre de libérer les volumes. On va continuer sur ces prochaines heures et l'objectif c'est que dans les jours à venir, en effet, on ait des avancées. On continue même en dehors de New York ici, ça peut accélérer certaines discussions, mais elles ont commencé avant et elles continuent en tout cas à jouer des résultats. Des résultats, vraiment ? C'est sans compter sur Donald Trump, plus imprévisible que jamais à la tribune de l'ONU. J'ai une
grande
décision à prendre. Un accord sera-t-il trouvé avec l'Iran ?
Ou
est-ce que je dois annihiler la République islamique et je le ferai vite, sans leur laisser la chance de détruire encore et de tuer des gens et des pays ?
Est
-ce que je dois les envoyer en enfer sans aucune chance de survie et d'espoir pour les prochaines générations ?
Je
crois qu'on arrivera à un accord après les élections.
En
attendant, Donald Trump est prêt à tout pour limiter la flambée des prix dans son pays. Dernière menace, couper les exportations de diesel américain, dont l'Europe dépend à près de 50%. On n'est pas directement dépendant. Par contre, une telle décision, elle aura un impact et les prix monteront sur le diesel mondial. Vous lui avez dit ? Donc elle est mauvaise, oui. Et je pense que tous les experts qu'il a autour de lui et tous les raffineurs américains ne peuvent lui dire que la même chose. Cette décision serait mauvaise.
Pas
simplement pour le reste du monde, pour l'économie américaine aussi.
Si
les efforts diplomatiques d'Emmanuel Macron n'aboutissent pas, le président n'exclut pas une baisse des taxes sur le carburant.
La
question d'un téléspectateur, la présence française ne sera-t-elle pas vue comme une agression par les Houthis et des milices irakiennes pro-iraniennes
?
Il est certain que ce n
'est
pas nécessairement une bonne nouvelle pour les Houthistes. Je rappelle à nos téléspectateurs que le mouvement Houthiste n'est pas reconnu par la communauté internationale. C'est une milice armée qui opère au nord du Yémen. Donc à la limite, qu'ils ne soient pas contents qu'on soit là, c'est secondaire, si vous voulez. C'est une décision qu'on prend de manière souveraine avec l'Arabie saoudite et en soutien du gouvernement yéménite que nous, nous soutenons et qui est situé plutôt au sud du pays. Mais
vis
-à-vis de l'Iran
? Alors
vis-à-vis de l'Iran, oui. Moi je pense qu'il
y
a un débat, si vous voulez, chez les observateurs sur ce qu'est le mouvement Houthiste. C'est un mouvement qui a des racines yéménites très anciennes. Il s'inscrit dans la vieille tradition monarchique du Yémen. Mais il a aussi une proximité très très forte avec l'Iran. Et donc la question c'est toujours, est-ce que les Houthistes finalement font leur propre politique ? Est-ce qu'on peut les traiter entre guillemets indépendamment ? Ou alors, est-ce qu'en fait c'est vraiment des gens dépendants de l'Iran et finalement les décisions qu'ils prennent se prennent à Téhéran ?
Malheureusement, les bombardements actuels sur l'Arabie Saoudite montrent qu'ils sont en fait aujourd'hui en relais de l'Iran. Parce que si je dézoome un petit peu sur tout ce qu'on a dit tout à l'heure, il y a deux choses quand même qu'il faut avoir en tête.
C
'est que même si M. Trump peut paraître un peu irrationnel, erratique, etc. Il y a quand même une constante de la politique américaine depuis plusieurs mois, c'est vouloir faire chuter le régime iranien. Donc tous les problèmes que nous avons aujourd'hui sur le plan énergétique viennent aussi du fait qu'il y a ce blocus dans les Trois d'Ormouz, des blocus opérés par les Iraniens, mais aussi blocus des Américains sur les exportations iraniennes. Et donc le problème que nous avons aujourd'hui, c'est que les Américains, en tout cas autour de M. Trump, l'idée c'est de maintenir cette pression sur l'Iran, quitte à ce que le marché mondial soit perturbé.
Et donc je pense que moi l'intervention de la France et des Anglais, parce qu'il ne
faut
pas oublier que plusieurs jours avant nous, les Anglais ont décidé de déployer des troupes en Arabie Saoudite, elle s'inscrit dans cette idée que si nous ne voulons pas prendre directement part aux opérations contre l'Iran, donc ça c'est clair qu'on ne
va
pas changer notre politique, on va quand même venir seconder nos alliés du Golfe et plus généralement la région, en prenant en charge finalement un théâtre secondaire que les Américains effectivement n'ont pas pour l'instant l'intention de prendre en charge,
c
'est-à-dire la protection de l'Arabie Saoudite.
Oui, c'est le troisième Bérou, enfin là on voit qu
'il
y
en
a un troisième.
Alors et
derrière effectivement le Babel Mandel, voilà.
Même s'il faut rappeler à nos téléspectateurs que le Babel Mandel c'est une chose, mais ce qui est important pour l'Europe c'est surtout le canal de Suez qui peut nous permettre d'avoir ces exportations saoudiennes.
Est-ce qu'il y a le risque de devenir co-belligérant ?
En fait, la notion de co-belligérance n'existe pas en droit international, mais vous pouvez effectivement être perçu comme étant belligérant par les ennemis de l'Arabie Saoudite, à la fois léoutiste, le régime iranien, mais aussi, et la question de ce téléspectateur est très informée, des milices irakiennes, pro-iraniennes, puisque ce sont elles qui ont tiré certains des drones, qui se sont abattues sur des sites en Arabie Saoudite. Le président insiste sur le caractère défensif de l'opération, en parlant du déploiement de soldats, de radars et de systèmes défensifs. Mais, si vous voulez, il
y
a deux personnes qui votent dans cette histoire. Vous,
vous
pouvez dire, non, on est juste défensifs, mais si la partie adverse considère cela comme étant une déclaration de guerre, ce que ça n'est pas, il faudra avoir, en gérer les conséquences. Donc, il ne faut pas, si vous voulez, dire aux gens qu'il n'y a aucun risque. Il y a un risque à envoyer des hommes et des femmes défendre ces sites. Maintenant, il y a un coût et il
y
a également un risque à ne rien faire. Et ça a été dit par Mme Starron tout à l'heure, c'est-à-dire qu'il y a une telle tension sur le marché énergétique et l'approvisionnement en énergie fossile, même si on a une exposition moindre à cette zone, l'interconnexion des marchés, et c
'est
ce à quoi le président faisait référence face à Caroline Roux dans son interview, c'est que du fait de l'interconnexion, les prix peuvent se mettre, c'est déjà le cas, à galoper encore plus. Donc, nous cherchons à stabiliser la situation sur place, mais ça n'est pas sans risque. Une toute dernière chose, l'article 35 de la Constitution n'enjoint pas... Qui est invoqué par Jean-Luc Mélenchon. Oui, il
n
'enjoint pas le président à consulter le Parlement. Il doit l'informer sous trois jours. Il n'y a pas de déclaration de guerre.
C
'est dans le cadre... Là, ça se fait dans le cadre de ce qu'on appelle une opération extérieure. Et il ne devrait revenir vers le Parlement que si la dite opération dépasse quatre mois.
La protection du port pétrolier de Yambou est-elle une opération particulièrement risquée pour l'armée française ?
Toute opération sur un champ de bataille est risquée, par définition. C'est un champ de bataille à ciel ouvert. Il y a des attaques régulières.
Il
ne
faut
pas oublier que l'Arabie saoudite et les Houthis ont été en guerre vraiment longtemps. Et qu'on a à tort considéré que les Houthis étaient terminés après 15 mois de frappes américaines et israéliennes sur la plupart de leurs bases, en se disant que le problème est à peu près réglé. Ce n'était pas le cas. Et ils ont cette capacité encore. Donc oui, c'est un risque évident. Maintenant, l'armée française, conjointement avec l'armée saoudienne, va tout faire pour éviter ça. C'est-à
-dire
qu'encore une fois, comme le disait Gallagher à l'instant, c'est une position défensive. Et il faut rappeler juste que ce n
'est
pas la première fois au Moyen-Orient. Récemment, les forces françaises ont intercepté des drones iraniens qui se dirigeaient vers Israël. Au moment des frappes iraniennes de la guerre du 28 février, comme on l'appelle, les forces françaises stationnées au Moyen-Orient ont appuyé les forces américaines et israéliennes dans la région pour intercepter des drones, des missiles qui passaient au-dessus. En tout cas, en faisant du guidage, des autres choses. Donc ce n
'est
pas une première absolue. En revanche, le déploiement en Arabie Saoudite, il y a des bases françaises au Moyen-Orient. Si vous voulez, ce n'est pas tout d'un coup un corps expéditionnaire français qui va partir au Moyen-Orient, en Arabie Saoudite,
avec des milliers d'hommes. C'est un
message, on est en train de dire qu'on peut hausser le
ton. Oui, bien sûr, c'est ce qui se passe. Tout à coup,
une intervention armée, envoyer des troupes, c'est possible. C'est possible. Ça s'adresse à beaucoup de monde.
Ça montre que la France a les capacités militaires et politiques, ce dont on doute souvent, finalement, de passer à l'action. Alors non pas de faire une déclaration de guerre, ce qui n'aurait aucun sens, mais d'aller protéger les nœuds stratégiques qui sont nos intérêts, nos intérêts premiers et vitaux. Et ça, c'est une démonstration de force et de puissance qui, à mon avis, risque de résonner bien au-delà du Moyen-Orient. Et jusqu'où
?
Juste pour dire très rapidement, par rapport à ce que disait Lucas Vangé il y
a
quelques minutes, que nous avons perdu un soldat à Erbil qui a été tué par un drone Shahed envoyé. C'était l'adjudant-chef Arnaud
Frion
en mars de cette année, sur la base de Malakara à Erbil dans le Kurdistan irakien. Donc cette menace, elle est réelle. Et tristement, nous avons déjà eu à en subir les conséquences. Ensuite, votre question, jusqu'où est-ce que ça peut aller ?
En fait,
ce
message, Joséphine disait, ce message dépasse le Moyen-Orient, dépasse la région. Donc ça peut s'adresser à qui ? Est-ce que ça s'adresse aussi à la Russie ?
Oui,
oui,
bien sûr. Je pense qu
'il y a
une interconnexion entre les différents théâtres par rapport à la Russie. Et ça a été dit par Joséphine Staron à l'instant. Nous sommes en train d'indiquer que notre histoire de coalition des volontaires, ce n
'est
pas que des mots. Nous sommes capables de déployer des soldats. Et j'ajouterais à la capacité, il y
a
quelque chose de plus important en ce moment et qui manque dans cette zone, c'est la volonté. Parce que c'est ça qu'il n'y a pas du côté de Donald Trump. Il y a des moyens qui sont certes diminués, mais ce qui manque surtout, c'est la volonté. Nous, nous avons moins de moyens, mais nous avons la volonté. Nous ne sommes pas que des parleurs, nous sommes des faiseurs fiables et forts, mais avec des limites. Et ça, je pense que dans cette région du Golfe, qui est en pleine diversification de ces alliances, etc., il ne s'agit pas de remplacer l'assurance-vie américaine, mais de trouver une complémentaire
française et
européenne. Oui,
oui,
parce que là, on a un petit peu un concert d'autosatisfaction, mais il ne
faut
pas non plus qu'on exagère les capacités de la France. On ne va pas régler les problèmes du Moyen-Orient avec notre armée. Ça dépasserait quand même assez largement nos capacités. C'est vrai qu'on a cette capacité qui existe par rapport à d'autres pays européens, comme l'Allemagne, par exemple. On est clairement installé dans plusieurs bases, on l'a dit. On n
'a
pas cité Djibouti, d'ailleurs, qui est de l'autre côté de
la mer
Rouge. Voilà, donc on a des capacités. On a une volonté, en particulier parce qu'on a un système politique dans lequel il est très facile pour le président de déclencher une opération, ce que, par exemple, le chancelier allemand ne peut pas faire. Maintenant, il ne
faut
pas donner l'impression qu'on est en train de se substituer à la puissance américaine qui est infiniment plus grande que nous dans la région. Et comme je le disais tout à l'heure, il y
a
un choix des Américains pour l'instant de ne pas intervenir sur le théâtre du Yémen. Donc il y a une forme, je pense, de coopération avec les Européens qui prennent le relais. Et c'est heureux. Mais ça reste pour l'instant une opération limitée, défensive. Et je ne pense pas, par exemple, qu'on va se lancer dans des opérations offensives au Yémen. Ça serait, à mon avis, d'abord, ça serait très exagéré de le penser.
Mais continuons à décortiquer cette séquence internationale du président Emmanuel Macron. On a vécu une semaine particulière, celle de l'Assemblée Générale à l'ONU. Une déclaration très commentée du président de la République quand il dit que le Hamas n'a jamais sévi en Cisjordanie. Benjamin Netanyahou lui a répondu « On accuse Israël de colonialisme ». Quel colonialisme ? Et qui nous accuse ? Parmi nos accusateurs, il y a des Britanniques ou des Français. Pour l'amour de Dieu, ce sont eux qui ont inventé ce terme. Fin de sa déclaration. Des dizaines de personnes avaient quitté la salle avant qu'ils ne s'expriment. Et voici ensuite sa réponse.
Avant
toute chose, je voudrais faire une petite annonce.
S
'il y a d'autres lâches qui n'ont pas encore
quitté la salle, faites-le
maintenant.
Merci d'avance.
Qui
sont les lâches qu'il désigne et comment vous avez perçu ce discours ?
Les lâches,
c
'est tous les pays que Benjamin Netanyahou considère comme des ennemis aujourd'hui d'Israël et du sionisme. Il ne
faut
pas oublier que Benjamin Netanyahou dans ce discours aux Nations Unies est aussi un homme en campagne électorale qui essaye d'être réélu le 27 octobre prochain et qui donc parle aux Nations Unies mais parle avant tout aux Israéliens. Et il est en train d'essayer de se présenter comme celui qui peut sauver Israël contre toutes les attaques de ces lâches qui sont les pays qu'il a vus quitter la salle des Nations Unies.
Est-ce qu'il vise Emmanuel Macron ? Ah oui,
il
vise clairement Emmanuel Macron et le discours précédent d'Emmanuel Macron dans lequel il y a cette erreur parce qu'il faut bien dire les choses,
il
fait une erreur Emmanuel Macron en disant que le Hamas ne sévit pas en Cisjordanie ce qui est faux. Alors c'est peut-être une erreur d'interprétation ça a été ensuite corrigé par l'Elysée et le Quai d'Orsay en disant que ce n
'est
pas ça qu
'il
voulait dire.
Mais
de fait...
Il avait
eu une déclaration similaire un an auparavant interviewée par un journaliste américain.
Mais ça reste une erreur. Le Hamas est présent en Cisjordanie. Il n'a pas du tout le pouvoir qu'il a eu à Gaza. Il n'a jamais dirigé la Cisjordanie mais le Hamas a participé à des élections en Cisjordanie, à des cellules en Cisjordanie existe là-bas. Il n'a pas le pouvoir, c'est sûr. C'est l'autorité palestinienne qu'il a là où elle peut l'avoir. Mais le Hamas existe. Donc cette erreur factuelle est d'une certaine manière du pain béni pour Benyamin Netanyahou qui peut s'en saisir immédiatement et dire vous voyez bien ce que je vous dis. On est attaqué par des gens de mauvaise foi.
Et donc le discours de Netanyahou est une réponse pas seulement à la France parce qu'il cible aussi la Grande-Bretagne. La Grande-Bretagne qui avait été avec la France à l'initiative du gel des importations de produits venant de colonies israéliennes en Cisjordanie. Donc aujourd'hui, Netanyahou essaie de coaliser autour de lui non seulement des pays comme les États-Unis qui sont ses alliés mais aussi encore une fois de faire un vrai discours à l'extérieur de politiques intérieures.
Et on a deux hommes en campagne. Benjamin Netanyahou en effet a son agenda électoral à la fin du mois d'octobre. C'est dans très peu de temps. Pour Donald Trump, c'est dans cinq semaines les midterms. C'est intéressant de voir qu'il n'y a eu aucun rendez-vous entre deux. On comprend bien que Netanyahou devient trop encombrant y compris pour le président américain.
Alors
c'est vrai qu'aujourd'hui sur le plan électoral aux États-Unis, le sujet israélien est devenu très polémique et en particulier au Parti démocrate. Il y
a
un fort rejet de M. Netanyahou et de manière générale du sionisme. Mais j'aimerais juste faire un rebond sur ce que disait Lucas au sujet du... Enfin, et c
'est
ce qu'a dit M. Netanyahou au sujet de la colonisation parce qu'il faut comprendre dans quel contexte y compris pour le public israélien ça s'inscrit. Vous avez ces sanctions décidées par la France et la Grande-Bretagne mais la France et la Grande-Bretagne c'est pas n'importe qui pour Israël parce que rappelez-vous la Grande-Bretagne c'était la nation qui avait colonisé. Alors ça s'appelait un mandat mais la Palestine c'était une terre britannique et les Britanniques ne se sont pas sortis. Les affrontements entre nationalistes juifs à l'époque et arabes ont causé beaucoup de problèmes et finalement ils ont fini par remettre ce territoire aux Nations Unies puis ça a été ce qu
'on
sait c'est-à-dire la proclamation de l'indépendance d'Israël et la première guerre israélo-arabe. Donc ce que je veux dire c'est que quand on parle de colonisation à ce public israélien et à ces gens qui connaissent l'histoire du sionisme c'est extrêmement concret et c'est vrai que ils renversent en quelque sorte l'accusation parce que dans les milieux en tout cas pour les États qui ont quitté la salle lorsque M. Netanyahou a parlé il y a l'idée que justement c'est le contraire c'est-à-dire que Israël est un État colonial illégitime et que la terre de Palestine doit revenir aux Palestiniens donc aux Arabes.
D'ailleurs le terme palestinien vous savez a beaucoup évolué puisqu'au tout début quand la Palestine était un mandat britannique c'était une terre sur laquelle Juifs et Arabes se prénommaient eux-mêmes palestiniens ce n
'est
qu'avec la proclamation d'Israël qu'on a eu cette différence entre Israéliens et Palestiniens qui est aujourd'hui devenue devenue deux termes différents.
J'insiste sur l'agenda électoral et sur le fait que Benjamin Netanyahou soit devenu presque radioactif pour Donald Trump il y
a
plusieurs indices on a vu Sabah Zmaga qui voyait Netanyahou comme celui qui a entraîné Donald Trump dans la guerre qui n'en peut plus de la guerre en Iran et il
y
a un indice intéressant de désamour des magas pour Trump c'est le Wall Street Journal qui a utilisé une intelligence artificielle et qui a vu que les mentions de Trump ont chuté de près de 70% dans les podcasts normalement où il occupait une place très importante 70% par rapport à l'élection de 2024
C
'est intéressant que vous mentionniez les podcasts parce que je pense qu'effectivement certaines des figures de proue de cette scission au sein de l'univers MAGA elles viennent de cet écosystème podcast je pense à Joe Rogan je pense à Tucker Carlson qui en veulent énormément à Benjamin Netanyahou mais à Donald Trump aussi et l'affaire dont on n
'a
pas parlé et c'était dans le discours d'Emmanuel Macron c'est le génocide à Gaza dont il parle énormément et ça choque les consciences c'est-à-dire ces images en 4K qui se poursuivent jusqu'aujourd'hui de gamins de palestiniens déchiquetés au quotidien par une armée près de 3 ans après le 7 octobre si vous voulez ça n'est plus justifiable excusable etc.
et quand vous avez Benjamin Netanyahou qui brandit un beeper un pager à la tribune des Nations Unies dans un moment d'espèce de célébration de ce qui est une opération contre le Hezbollah qui a apporté ses fruits mais c'est un crime de guerre un de plus le détournement de ces appareils civils pour blesser tuer des gens et donc cette image c'est celle d'un homme qui fait de lui-même mais à travers son action et ses décisions de son pays un état paria traité comme voyou monsieur Lagan pointait à juste titre le côté clivant de ce sujet côté démocrate ça l'est aussi à droite chez les
républicains
et notamment du côté Maga maintenant juste Donald Trump pour terminer le lien qu'il a avec Benjamin Netanyahou très souvent Donald Trump il a deux colonnes comme en comptabilité actif, passif et vous voyez que Benjamin Netanyahou fait un petit peu des allers-retours entre actif et passif aujourd'hui il est plutôt du côté passif parce qu'effectivement il est intimement lié à la fois à l'affaire iranienne mais aussi des prix qui galopent à la pompe
ça l'est chez nous vous employez le terme de génocide on voit que
même y compris
dans la campagne en
France si je peux terminer ma
phrase parce que j'aimerais bien aller au bout y compris dans la campagne présidentielle qui a déjà commencé en France ça fait débat certains disent génocide ce n'est pas le bon terme c'est du nettoyage ethnique et on voit même dans cette primaire de gauche qui en ce moment occupe les débats que c'était un point entre Ségolène Royal et Raphaël Glucksmann
on
va continuer à en parler
on
va continuer à en parler parce que c'est un sujet qui va effectivement enfin comment dire la réalité du terrain n'a absolument est utilisé de manière politique en France la réalité de ce qui se passe à Gaza est utilisé de manière politique en France par des gens qui de toute façon je veux dire n'ont pas forcément de connaissances particulières de ce dossier là c'est-à
-dire
que
c
'est l'importation de la guerre israélienne à Gaza des crimes qui y sont commis par une classe politique française à des fins électorales en France pour séduire un électorat donc évidemment ça va être comme ça l'a été aux Etats-Unis un sujet absolument électrique et qui d'une certaine manière empoisonne la vie politique française parce qu'il est utilisé à mauvais escient c'est pas le sort des Gazaouis qui intéresse la classe politique française c'est uniquement la manière dont on peut utiliser ces termes là quels qu'ils soient pour essayer de gagner des électeurs mais j'ajoute juste sur Donald Trump que Trump a quand même ce que disait Gallagher une cohérence dans sa vie politique c'est qu'il déteste les losers alors en ce moment il hésite
à
se dire est-ce que Netanyahou il regarde les sondages est-ce que Netanyahou va être du camp des losers et donc il faut comme vous le disiez un peu le laisser de côté parce qu'il est radioactif parce qu
'il
déteste ces gens qui perdent tant que Netanyahou était le premier ministre inaltérable d'Israël mais là personne ne peut dire aujourd'hui à un mois des élections si Netanyahou va être encore premier ministre dans un mois même pas lui-même donc Donald Trump fait très attention à ça parce qu'il sait aussi qu'il peut y avoir un prochain premier ministre qui peut être enfin on va pas s'il y a plein de noms possibles de prochains premiers ministres israéliens avec qui il faudrait bien
qu'il s'entende on aura l
'occasion d'y concentrer
une
émission mais vous dites justement il déteste les losers il semble avoir trouvé un winner en la personne du dirigeant chinois Xi Jinping c'est la une du Wall Street Journal on a presque l'impression qu'il lui fait la révérence il lui a même fait découvrir le chantier de sa vie la nouvelle salle de bal de la Maison Blanche Paul Géli et Ilana Azengot
hier
soir à la Maison Blanche un dîner de gala entre meilleurs ennemis
toute
la soirée échange de révérences et flatteries j'aimerais lever mon verre et porter un toast au président Xi et à madame Peng ainsi qu'à la relation de longue date entre la Chine et
l'Amérique
mesdames et messieurs chers
amis se pencher sur le passé nous offre de nouvelles perspectives aujourd'hui les relations sino-américaines atteignent un nouveau tournant historique et
comme les compliments ne suffisent pas Donald Trump se la joue au grand prince dans cet esprit d'amitié j'ai l'honneur d'offrir au président Xi une oeuvre réalisée par un artiste américain exceptionnel l'un des plus grands au monde et conçu en étroite collaboration avec Melania et moi-même ambiance très décontractée dans l'assemblée entre milliardaires et grands patrons de la tech Jeff Bezos Mark Zuckerberg Sam Altman le PDG d'OpenAI ou encore le français Bernard Arnault
du
beau monde pour témoigner de la nouvelle amitié entre les deux chefs d'état depuis deux jours Donald Trump et Xi Jinping semblent passer du bon temps Hilard devant leur vieille photo qui c'est celui-là ? je le reconnais pas Ryer devant le portrait de Joe Biden remplacé par la photo d'un stylo et ça le stylo c'est Joe Biden Donald Trump en opération séduction dès l'arrivée de son homologue sur le tarmac Trump l'accueil sur le tarmac c'est la première fois qu'un président fait ça pour un dirigeant étranger
Donald
Trump grimaçant aux côtés d'un Xi Jinping impassible
quand
un avion passe au-dessus d'eux symbole d'un président américain fragile critiqué jusque dans son propre camp
notre
commandant-chef devrait se rappeler que son invité est un dictateur brutal un oppresseur qui n'a pas été élu qui cherche à dominer ses voisins et dont l'immense arsenal militaire est dirigé directement vers les états
unis
le
président
Trump
que je soutiens la plupart du temps a fait toute sa campagne contre
la Chine je m
'inquiète de
cette tendance à passer de plus en plus de
temps
avec des despotes
et
moins de temps avec les dirigeants de pays démocratiques comparé à la façon dont le président Zelensky a été reçu c'est totalement aberrant il
y a encore quelques mois les relations entre Donald Trump et la Chine ressemblaient plutôt à ça 145% de
droits de
douane sur la Chine c
'est bien ils le méritent ils le méritent ils nous arnaquaient comme personne ne nous
avait jamais
arnaqués aujourd
'hui la priorité pour l'administration Trump enterrer l'âge de guerre quitte à s'asseoir sur les droits de douane nous nous sommes mis d'accord pour étendre la trêve commerciale jusqu'au 10 janvier pour nous donner le temps de voir ce qu'on peut faire en matière d'économie au programme des discussions cette semaine un sujet on ne peut plus consensuel entre les deux parties le développement de l'intelligence artificielle il y a beaucoup de sujets qui ne vont pas être abordés la mer de Chine
Taïwan ce n'est pas vraiment sur la table l'IA a été mis en haut de la pile
un numéro
d'équilibriste diplomatique est-il suffisant pour séduire Pékin
la
semaine dernière encore à l'ONU la Chine bloquait les sanctions sur l'Iran demandées par Washington la proposition de rétablir par la force les sanctions contre l'Iran est manifestement controversée la
Chine s'y oppose
fermement
une
Chine qui ne semble rien vouloir céder à Donald Trump toujours embourbé dans son conflit avec l'Iran
on
va tout de suite à Washington retrouver Sonia Dridi bonsoir Sonia merci beaucoup d'être avec nous ce soir vous êtes correspondante aux Etats-Unis pour LCI et France 24 vous étiez au dîner d'Etat hier soir qu'est-ce qui vous a marqué Sonia
? alors
j'étais là pour l'arrivée on a pu simplement observer l'arrivée du président chinois et de son épouse à la résidence où ils ont été accueillis par le président américain et la première dame Mélania Trump ce qui est marquant avec cette visite c'est vraiment on a senti un Donald Trump très enthousiasmé par tout ce faste protocolaire on l'a vu lorsqu'il montre son héliport notamment son nouvel héliport au président chinois on avait l'impression que cette visite avant tout elle était là presque pour faire plaisir à Donald Trump pour qu'il montre toutes les dernières rénovations à la Maison Blanche au président chinois alors qu'on le sait évidemment il y
a
des sujets de tension entre les deux pays Taïwan l'Iran ou encore le commerce mais tout à l'heure Donald Trump a aussi dit ici à la Maison Blanche il y a peu de temps quelque chose d'intéressant parce qu'il était dans la Red Room dans la salle rouge pour prendre le thé il y a peu de temps avec le président chinois il a notamment dit les fermiers seront très contents parce que a priori c'est une information à confirmer mais les chinois auraient accepté d'acheter plus de produits agricoles aux américains en tout cas on sent bien que cette visite c'est aussi un moyen pour Donald Trump de montrer à ses électeurs à l'approche des élections demi-mandat et bien de les rassurer aussi pour dire qu'il n'y a plus entre guillemets pour l'instant en tout cas de guerre commerciale avec la Chine que les fermiers vont voir l'achat de leurs produits augmenter mais évidemment à Washington ça a aussi été très critiqué au sein même du parti républicain qui a dit que ça serait bien que Donald Trump garde à l'esprit aussi qu'il recevait un dictateur brutal dont l'arsenal militaire était dirigé vers les Etats-Unis
vous
restez avec nous Sonia on va parler de la bataille perdue de Donald Trump contre les médias dans un instant avec vous ça fait réagir ce que dit Sonia Dridi de savoir que y compris chez les républicains cette déférence de Donald Trump est gênante elle
est extrêmement gênante mais on a surtout le sentiment que Donald Trump essaye de rattraper l'erreur monumentale qu'il a faite lorsqu'il a lancé cette guerre commerciale il y a un peu plus d'un an avec la Chine et qu'il a perdu cette guerre commerciale c'est
-à-dire
qu'il s'est attaqué finalement plus fort que lui alors même qu'il avait bâti toute sa campagne et son premier mandat sur cet argumentaire visant à dire la Chine nous vole et on va leur montrer de quel bois on chauffe et avec moi ce sera fini on aura des rapports beaucoup plus réciproques voire uniquement avantageux pour les Etats-Unis là on a une toute autre vision ce rapport de force il a échoué Donald Trump finalement s'est vu mis cloué au pilori par Xi Jinping qui a montré que dans le rapport de force il avait davantage de cartes en main première carte en main les terres rares dont les Etats-Unis ont un besoin massif et donc Donald Trump avait besoin de rattraper ce moment extrêmement humiliant à quelques semaines d'élections de mi-mandat où il y
a
quand même toutes les erreurs accumulées depuis près de deux ans par Donald Trump en termes de politique étrangère se voient au prix de l'essence se voient en termes d'inflation sur la plupart des produits du quotidien etc. donc cette visite on a l'impression d'une asymétrie totale entre un président qui vient chercher un peu amende honorable en disant est-ce qu'on peut récupérer un peu quelque chose de votre côté et ainsi Xi Jinping finalement très fier très sobre qui
qui
vient presque d'une certaine manière comment dire flatter un égo de Donald Trump sans pour autant ne lâcher sur aucun dossier Xi Jinping n'a rien lâché ni sur l'intelligence artificielle ni sur les minerais critiques ni sur Taïwan ni sur aucun autre dossier que restera-t-il de cette visite
on
vient de voir le sujet de ses dans l'air avec plein d'images c'est vrai qu'il
y a
tout un folklore et c'est ce que disait tout à l'heure Gallagher c'est presque du cinéma en fait mais c'est juste des images il n'en restera rien d'autre
pas pour Xi Jinping qui lui vient d'une certaine manière j'irai même plus loin que Joséphine il vient presque sauver Donald Trump en fait oui pour les américains le spectacle que Donald Trump veut offrir aux américains c'est de la télévision mais pour Xi Jinping c'est pas du tout un spectacle ce qui est en train de se passer est-ce que l'information que vient de donner Sonia Dredi à l'instant si elle est confirmée un peu plus tard si les chinois se mettent à acheter des produits agricoles de l'Iowa vous imaginez pour Trump le soulagement de se dire parce qu'il y a le diesel qui coûte une fortune pour les agriculteurs américains et c'est Xi Jinping qui va sauver le petit fermier de l'Iowa qui arrive à vendre sans compter que juste un petit détail hier soir au moment où Xi Jinping arrive aux Etats-Unis il
y
a un communiqué c'est très malin de la part des chinois c'est pas Xi Jinping qui dit le communiqué vient de Pékin en disant pendant cette visite il faudra que les américains j'ai noté les mots traitent la question de Taïwan avec précaution c'est à dire tout est dit dans les simples mots des chinois avec précaution c'est à dire vous ne touchez plus à Taïwan
parce
que qu'est-ce qui se passe derrière ces portes en échange qu'est
-ce
qu'il va obtenir en échange de Xi Jinping d'acheter du grain dans l'Iowa de permettre éventuellement en plus à Donald Trump on sait pas ce qui va se passer mais pourquoi pas d'essayer d'aider un peu sur l'Ukraine et sur l'Iran les deux dossiers épineux de Donald Trump il y
a
un moment où il va dire attendez moi j'ai toujours dit que Taïwan était chinoise je vais reprendre Taïwan donc maintenant vous n'allez plus
bouger un portail c'est l'avenir
de Taïwan qui est en train de
se
jouer
je pense que pour Xi Jinping c'est l'un des dossiers il
y
a de
l
'intelligence artificielle mais le dossier le plus emblématique et le plus politique qui est l'obsession de Xi Jinping tant qu'il ne veut pas quitter le pouvoir en Chine il a le pouvoir pour encore de nombreuses années au moins jusqu'à 2036 sans avoir récupéré l'île de Taïwan
bien
sûr et ça va poser d'un certain nombre je suppose
qu'il y a cette discussion
je ne
sais
pas mais comme c'est le dossier prioritaire de Xi Jinping vis-à-vis des Américains on imagine qu
'ils
vont en parler j
'ai envie de savoir ce que vous en pensez Gallagher-Fenwick et je vous soumets aussi cette question que pense Xi Jinping de Donald Trump
qu
'il est faible parce qu'il est très attentif au protocole il avait envoyé son vice-président accueillir Donald Trump au pied de son avion quand ce dernier s'est rendu à Pékin et là c'est lui en personne qui est venu accueillir Xi Jinping donc je pense qu'il y a peut-être un calcul un peu bancal de la part du président des Etats-Unis qui a fait énormément de manières mais pour produire au final très peu de matière ça a été dit à la fois sur les échanges commerciaux il faut regarder la composition de la délégation chinoise vous n'avez pas les grands patrons qui pouvaient être attendus pareillement moi je n
'ai
pas vu d'annonce faramineuse sur de l'aéronautique du soja du bœuf ou quoi que ce soit moi ma plus grande attente personnellement elle est sur cette espèce de machin gigantesque que nous devons en tant qu'humanité faire atterrir et je misais en partie sur ces deux là c'est le sujet de l'intelligence artificielle or ce qui en ressort c'est que Donald Trump considère que la régulation dans ce que moi je considère être comparable au nucléaire et bien ça c'est un canular c'est une espèce de
fausse alerte le
nucléaire il y
a
un traité
exactement et il y
a
une autre grande différence c'est que le nucléaire si vous voulez à partir du moment où vous avez cette technologie faramineuse qui surgit et qui suscite de l'espoir pour ce que ça peut faire dans par exemple le domaine médical mais une crainte parce que regardez Hiroshima Nagasaki là c'est très clair pour tout le monde en revanche l'intelligence artificielle n'est pas entre les mains des états c'est entre les mains d'acteurs privés qui eux-mêmes pour certains supplient j'allais dire les acteurs étatiques de réguler ce champ parce qu'ils envoient les périls potentiels donc vous avez un président américain qui dit c'est un canular la régulation de ce secteur allez-y et un président chinois qui lui sait qu'il y
a
un retard
du
fait de la non-livraison par les américains de certaines puces les plus puissantes et qui lui dit tant que je ne suis pas à parité comme sur le nucléaire ne venez pas me parler de régulation
Vous
êtes d'accord avec ça Youm Lagan ? On sait même que le secrétaire au trésor Scott Bessent a le projet de mettre en place un téléphone rouge pour se signaler mutuellement les incidents liés à l'intelligence artificielle est-ce que c'est comparable au nucléaire quand on sait à quel point il est utilisé partout y compris dans la guerre dont on parle depuis le début de cette émission
?
Le nucléaire aussi il avait des applications militaires et civiles mais à la différence évidemment de l'intelligence artificielle il n'était pas présent dans notre quotidien comme l'IA ou la super intelligence puisque M.
Trump a proposé ce nouveau terme l'est mais de fait je crois que le parallèle qu'on peut faire avec le nucléaire il est vrai dans le sens où nous sommes dans les premières années de l'IA et je rappelle pour les téléspectateurs que la bombe nucléaire a été utilisée pour la première et la seule fois en 1945 mais que les premiers traités de désarmement ou de maîtrise des armements c'est 1968 pour le traité de non-prolifération et 1972 pour le premier traité de désarmement entre l'URSS à l'époque et les Etats-Unis donc peut-être qui va s'écouler plusieurs années plusieurs
décennies
d'ailleurs c'est intéressant parce que quand les Russes et les Américains se sont mis à discuter sur ce sujet du désarmement c'est qu'il y avait une conscience des deux côtés qu'il y avait eu des risques de guerre vous savez la crise de Cuba et puis que d'une certaine manière on voulait arriver à une stabilité c'est pas complètement je pense l'état d'esprit ni des Américains ni des Chinois je pense qu'aujourd'hui les Américains se disent qu'il faut absolument accélérer pour rester en tête dans la course mondiale et les Chinois de leur côté se disent que leur objectif d'arriver à la parité avec les Américains et peut-être même de les dépasser vous savez qu'ils ont un objectif officiel de 2049 le centenaire de la République Populaire de Chine mais en réalité ils espèrent y arriver plus tôt donc en fait comme la compétition est en cours je pense que cette régulation n'arrivera pas et peut-être que l'idée d'un téléphone rouge est déjà pas mal parce que ça évite peut-être une escalade ou un dérapage maintenant je voudrais juste dire un mot enfin mon mot moi je ne lis pas tout à fait comme vous cette rencontre c'est vrai que c'était un grand moment de télévision il l'a dit il était très content de lui montrer de faire les petites blagues avec Biden de lui montrer la Maison Blanche etc maintenant on ne sait pas en réalité ce qui s'est dit derrière on ne sait pas quelles sont les tractations qui ont eu lieu il faut quand même rappeler qu'on traite avec la Chine communiste c'est pas un conseiller général de canton en France c'est quand même le chef du parti communiste chinois donc évidemment qu
'il
ne
va
pas ouvertement dire s'il fait des concessions il n'aurait aucun intérêt à le faire et peut-être quand même que la Chine elle a quand même beaucoup de concessions à obtenir des Etats-Unis en particulier la nouvelle loi Graham vous savez qui permet de sanctionner la Chine si elle continue de commercer avec la Russie ça fait peur aux Chinois pourquoi ?
parce que l'économie chinoise elle est très dépendante des exportations vers le monde occidental et vers les Etats-Unis il a absolument besoin de maintenir un petit peu de croissance économique sachant que je m'arrête là la situation économique de la Chine n'est pas très bonne aujourd'hui on a une chute des prix de l'immobilier la croissance est faible et la Chine continue de beaucoup exporter donc il ne
faut
pas non plus croire que M. Xi Jinping malgré son côté très hiératique etc il est comme chez lui à Washington en réalité il a aussi beaucoup à espérer de l'accord avec les Etats-Unis
on
en revient maintenant à cette bataille perdue par Donald Trump celle qu'il mène aux médias il en a banni trois de la Maison Blanche cette semaine dont CNN ils sont de retour après une décision de justice et cerise sur le gâteau on apprend que la source d'un des articles qui a provoqué la fureur du président américain n'est autre que Jay Devens Léo Seux Aurélie Saner
l
'affaire semblait résolue Betsy vous êtes de retour et vous reprenez votre travail très heureuse
de reprendre le
travail ici on vient tout juste de pouvoir rentrer des journalistes de retour
oh
mon
dieu c'est incroyable les gars accueillis
par leurs confrères bon retour parmi nous un accès à la Maison Blanche retrouvé près de 11 heures après un revers judiciaire pour le président des Etats-Unis
c
'est
tombé cette nuit à Washington un juge fédéral a ordonné à la Maison Blanche de rétablir immédiatement les accréditations de presse de trois médias mais hier soir nouveau coup de théâtre à nouveau MS Now est empêchée de couvrir un événement à la Maison Blanche CNN a été empêchée il y a quelques instants de couvrir les arrivées au dîner d'Etat entre le président Trump et le président chinois Xi Jinping énième épisode d'une affaire débutée il y a une semaine quand Donald Trump retire à CNN MS Now et Politico leur accès à la Maison Blanche
je
ne
pense pas que quelqu'un devrait être autorisé à entrer et à écrire des histoires mensongères ce sont des fake news et c'est pour
ça qu'il n
'a
aucune crédibilité voilà pourquoi j
'ai eu 96% de couverture médiatique
négative pendant l'élection et j'ai gagné parce qu'ils n
'ont
aucune crédibilité une décision inédite qui a fait réagir jusqu'à l'ancien président Barack Obama mon imagination n'aurait pas pu prévoir certaines des choses qui se passent en ce moment
j
'essaye d'imaginer ce qui se serait passé si j'avais dit vous savez quoi Fox News vous êtes viré d'ici c'est inimaginable la très conservatrice conservatrice scène Fox News qui elle aussi critique Donald Trump
une fois que l'accès est accordé aux journalistes vous ne pouvez pas commencer à choisir qui a le droit de poser des questions en fonction de la nature de leurs
questions
depuis plus de poules télévisées ces équipes qui suivent tous les déplacements du président alors ça s'entend
ok il n'y
a
pas de micro car les caméras du poule ne sont pas là et ça
se voit comme à
l
'arrivée de Xi Jinping aux Etats-Unis normalement nous vous aurions montré
les images mais le poule de journaliste n'était pas là à cause de la guerre menée par Trump contre la
presse libre américaine
pour
motiver sa décision Donald Trump a envoyé des lettres à chacun des trois médias mis en cause dont Politico parmi les reproches faits à ce dernier de soi-disant fuite attribuée à un haut responsable américain dans cet article de juin 2026
sauf
que depuis la presse américaine révèle que non seulement c'est la Maison-Blanche qui avait donné ces informations à la presse sous couvert d'anonymat
mais
qu'en plus le haut responsable cité serait J.D. Vance le vice-président qui n'hésitait pourtant pas à s'en prendre lui aussi à la presse 92% des articles de ces trois médias consacrés au président et à son administration sont négatifs
cela ne reflète pas le peuple
américain
ni l'opinion publique si vous vous livrez à ce qui est de la propagande d'extrême-gauche pourquoi la Maison-Blanche vous accorderait
-elle un accès privilégié ? Donald Trump qui a plus d'un tour dans son sac a créé en réponse sa propre chaîne au succès resté pour l'heure très confidentiel
On
retrouve Rose On retrouve Sonia Dridis Sonia, il y
a
eu une solidarité on l'a vu dans le reportage de tous les médias y compris Fox News comme si Donald Trump s'était piégé lui-même
Oui,
il y a eu une mobilisation inédite à la Maison-Blanche c'était la première fois honnêtement qu'on voyait les grandes chaînes de télévision américaines se montrer solidaires Il y avait déjà eu un épisode où un photographe de l'agence AP Associated Press avait été écarté on n'avait pas vu le même mouvement de solidarité Là, c'est très important parce que CNN a été écarté pendant un moment du pool ces caméramans des grandes chaînes américaines qui chaque jour suivent le président et en fait ils se partagent à tour de rôle il y a un système de rotation et celui qui filme il partage ces images avec les autres avec le reste du monde finalement donc on a vu dans votre sujet ce moment vraiment embarrassant pour l'administration parce qu'il n'y avait pas les caméras et les micros des grandes chaînes de télévision américaines et bien moi j'étais là on a vu Donald Trump prendre la parole et bien on n'entendait rien donc Donald Trump s'est pris à son propre jeu d'ailleurs hier aussi il a publié un message pour dire que les grandes chaînes n'avaient pas diffusé c'est quand même ça c'est aussi assez étonnant et important parce qu'elles n'ont pas non plus diffusé filmé la rencontre historique avec le président chinois là je suis à Maison-Blanche depuis ce matin seulement elles ont décidé de reprendre leur activité du poule parce que cela leur a été confirmé que CNN et bien pouvait rejoindre le poule et pas seulement avoir de nouveau accès à Maison-Blanche donc il y
a
vraiment un moment de solidarité et la journaliste de Fox News correspondante à Maison-Blanche oui pour ces journalistes c'était évident ils savent que si c'est aujourd'hui le tour de CNN si il y a une prochaine administration démocrate ça pourrait peut-être être leur tour enfin je pense que tout le monde a eu peur que cela mette en avant un précédent et puis les Américains tiennent tout simplement au premier amendement de la Constitution à la liberté de la presse et là c'était tellement flagrant sans compter le fait qu'après cela a été découvert que la source d'un de ces articles jugés fake news par Donald Trump ce n'était autre que le vice-président donc on est dans une situation vraiment surréaliste et embarrassante pour l'administration c
'est surréaliste et je vous ai vu réagir de se dire qu'en plus enfin Donald Trump s'énerve finalement contre le vice-président américain et c'est la presse qui prend
ce qui est assez fascinant c'est de voir que Donald Trump s'est encore mépris sur quelque chose il y a deux choses sacrées aux Etats-Unis le port d'armes et la liberté d'expression bon je peux au port d'armes mais en revanche là il a directement atteint une des choses les plus sacrées pour les Américains qu'ils soient de gauche qu'ils soient de droite politisés pas politisés peu importe ils se rejoignent tous sur la même chose la liberté d'expression est sacrée c'est un droit sacré même si chacun va l'utiliser un peu pour défendre son propre récit et parfois des récits très antagonistes donc là Donald Trump il s'est fourvoyé il y
a
un rattrapage maintenant ce qui va être très intéressant de voir c'est comment est-ce que sa relation avec J.D. Vance va évoluer parce qu'on sait quand même depuis le début que cette relation d'amitié soudaine entre J.D. Vance et Donald Trump dans la deuxième campagne présidentielle elle cache quelque chose J.D. Vance haïssait le personnage de Donald Trump
il s'est
converti au trumpisme c
'est une autre conversion en
plus
du catholicisme il s'est converti
d
'opportunisme mais on sait que Donald Trump incarne tout ce que J.D. Vance déteste et méprise d'une certaine manière donc ce rapprochement entre les deux hommes comme avec Elon Musk d'ailleurs c'est à peu près la même chose il était il était vraiment opportuniste et aujourd'hui on commence à en voir petit à petit les failles quel jeu joue J.D. Vance en coulisses quels sont ses objectifs ses ambitions je pense qu
'on
le saura bien assez tôt il pourrait y avoir une rupture en très peu de temps
très
peu de temps je ne sais pas on va voir après les midterms
très peu de temps c'était
pour que votre réponse soit courte
oui oui j'ai compris
j'ai bien compris je vais faire très court on verra ça après les midterms parce qu'effectivement J.D. Vance attend le résultat des midterms pour lancer sa propre campagne il sera il va essayer d'être candidat aux primaires et effectivement mais c'est là que c'est intéressant aussi que Fox News ce soit ce que racontait Sonia à l'instant que Fox News ce soit associé au combat de CNN d'une certaine manière c'est que Fox va faire la campagne de J.D. Vance probablement c'était
assez court
on passe à vos questions et on
a
vraiment très peu de temps la question de Fabienne en haut de savoir un président français ferait le dixième de ce que fait Donald Trump le peuple serait dans la rue qu'attendent les Américains pour réagir qui veut répondre ?
il y a
des Américains qui réagissent ça fait partie des contre-pouvoirs il
y a
une partie de la société civile du monde académique on a vu un juge qui a donné raison c'est un juge qui a été nommé par Donald Trump qui a donné raison sur le sujet du premier amendement à CNN MS Now et Politico donc il ne faut pas se dire que la société américaine elle est inerte mais il y
a
une telle abondance de scandales que c'est difficile d'en choisir juste et de se mobiliser entièrement là-dessus
hallucinant Donald Trump met le bazar dans le détroit d'Hormuz et ce serait à l'Europe sinon à la France de le débloquer
?
il met le bazar dans le détroit d'Hormuz oui évidemment du point de vue du téléspectateur et surtout de l'utilisateur de carburant de l'automobiliste incontestablement il y
a
des effets négatifs sur le prix de l'essence maintenant comme on disait tout à l'heure tout ça s'inscrit dans un
comment
dirais-je si on dézoome un petit peu le détroit d'Hormuz c'est le bras de fer avec l'Iran le bras de fer avec l'Iran c'est la lutte contre la prolifération de ce régime la déstabilisation que l'Iran apporte au Moyen-Orient donc il y a encore si vous voulez il y
a
un plus grand dessin que le simple problème d'Hormuz il y a une volonté de changer le Moyen-Orient alors est-ce qu'il va réussir ou pas on verra mais c'est en tout cas l'entreprise que les américains ont commencé depuis deux ans avec la guerre des 12 jours
pourquoi les Etats-Unis ne se joignent-ils pas à nous à Yambou
?
et bien c'est une bonne question je crois que les américains ont fourni à l'Arabie Saoudite du renseignement ils ont aussi annoncé on ne l'a pas dit au cours de l'émission la semaine dernière la vente de très nombreux F-35 à l'Arabie Saoudite ça si vous voulez à l'échelle de la région c'est énorme parce que c'est le meilleur avion américain et ça serait le premier Etat arabe à l'acquérir mais concrètement il ne semble pas vouloir défendre le territoire saoudien est-ce que c'est parce qu
'ils
ne le veulent pas est-ce que c'est parce qu
'ils
ne le peuvent pas parce que les stocks sont bas nul ne le sait
les
deux les stocks sont bas et Donald Trump n'en veut plus et donc il traite un petit peu effectivement l'Europe comme pardonnez-moi l'expression la femme de ménage géopolitique après qu'ils aient mis pour reprendre les mots de votre téléspectateur le bazar et donc les adultes viennent dans la pièce et effectivement vont essayer de nettoyer sachant et ça a été dit tout à l'heure par Guillaume Lagann nous ne pourrons pas non plus nous seuls être décisifs à la fois sur Hormuz et sur Yambou et Babel Mandeb
Merci beaucoup à tous les quatre d'avoir été avec nous ce soir dans C'est dans l'air tout de suite c'est à vous bonsoir Mohamed Boivsi
Bonsoir Aurélie à la une de l'actualité un voyage historique la première visite officielle de Léon XIV en France plusieurs centaines de milliers de personnes l'attendaient dans les rues de Paris une visite papale très politique ça fera réagir nos invités les journalistes Pauline Théveniot et Jérémy Marot Ajaccio le Luc Nice ou encore au Morantin n'ont toujours pas connu une seule goutte de pluie en septembre la Garonne est en crise des maisons qui se fissurent à cause du niveau de sécheresse jamais vu en France on en parle avec le climatologue Sébastien Thomas et le journaliste économique directeur de la rédaction du magazine Challenge Emmanuel Duteil c'est à vous ça démarre dans un instant Aurélie
très
bonne soirée sur France 5 et moi je vous dis à demain 17h30
Merci d'avoir
regardé
cette
vidéo !