François Bayrou répond à la motion de censure des Socialistes - 1/07/2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Mesdames et messieurs les députés, madame la députée Estelle Mercier, ne croyez surtout pas que je veuille banaliser cet événement, mais c'est la 8e motion de censure que notre gouvernement doit affronter et la deuxème du groupe socialiste. Le tout en 6 mois et demi, c'est un rythme, vous l'avouez, respectable et donc un exercice que je tiens à respecter, même s'il y a parfois des aspects baroques. Récemment, c'était une censure demandée contre le gouvernement parce que l'Assemblée n'était pas contente de l'Assemblée.
Cette fois, c'est un peu plus complexe encore. La motion de censure a été annoncée par le président du groupe socialiste solennellement parce que je cite "Le gouvernement avait promis un projet de loi sur les retraites présentées devant le parlement. Il n'y a pas de projet de loi donc nous censurons le gouvernement." Le problème c'est qu'il y aura un projet de loi que je l'ai officiellement confirmé reprenant les avancées nombreuses et significatives à mes yeux du travail du conclave que je vous ai entendu madame je vois pas où est madame Mercier que je vous ai entendu qualifier de mesurettes et nous allons au long de ces quelques quel moment vérifier si ce sont des mesurettes ou pas.
Le problème c'est qu'il y aura Le problème donc c'est qu'il y aura un projet de loi que je l'ai officiellement confirmer ce qui fait que ne le prenez pas mal mesdames et messieurs du groupe socialiste. Vous vous retrouvez le bec dans l'eau. Ce qui par les temps de canicules que nous vivons peut avoir des aspects rafraîchissants.
Mais n'est pas nous en conviendrons tous une positionition durable. [Applaudissements] Donc le but de la motion de censure, le président François Hollande l'a clairement indiquer, pas vraiment la censure du gouvernement, c'est un signal pour qu'il soit clair aux yeux de tout le monde et singulièrement aux yeux du Parti socialiste lui-même qu'il est dans l'opposition et je donne bien volontiers acte groupe socialiste qu'il est dans qu'il est dans effectivement dans l'opposition. Je n'ai pas de qualification particulière, mais je délivre bien volontiers à cette tribune, au Parti socialiste un certificat d'opposition, de mécontentement, de condamnation, d'indignation, de révolte, de protestation, de sanctions, d'accusation, de mise en cause, de dénonciation perpétuelle et continu.
Je signe dès demain autant de certificats autographes que vous voudrez. Mais mais je voudrais vous rappeler le souvenir de Galilée et pour si proclamait-il quand l'inquisition au prix des pires menaces mettait en cause sa vision scientifique fondée sur des constats indiscutables et voulait que contrairement aux affirmations des théologiens, Il proclame que c'était la Il proclame que c'était le soleil qui tournait autour de la terre et pas l'inverse. On le forçait à plier et pourtant elle tourne, marmonait-il.
C'est bien cela la question de fond à laquelle, si vous le permettez, oubliant les côtés acides qui dans un pays de rugby viennent naturellement sous la plume, c'est bien cela la question de fond. si vous le permettez, à laquelle je souhaite m'attacher au cours de cette réponse. Qu'y a-t-il de réel, d'indiscutable dans la situation des retraites, dans la situation des finances publiques de notre pays, dans la situation respective des générations qui nous oblige, nous oblige, si nous sommes responsables comme nous prétendrons l'être à prendre des décisions même difficiles pour opérer dans nos affaires une remise en ordre nécessaire. stabiliser, remettre en ordre pour aller de l'avant.
Voilà le triptique de l'action gouvernementale. Alors c'est simple, il y a et vous pouvez enregistrer cette affirmation, il y a que la situation ne peut plus continuer au risque d'une guerre des générations, au risque d'un péril mortel pour notre modèle social, pour notre économie, pour les finances de notre pays et au bout du compte pour notre République. Notre système de retraite.
Je le dis non pas pour vous qui savez tout cela pertinemment, mais pour ceux qui nous écoutent, notre système de retraite est par répartition. Cela signifie que la règle d'or qui l'organise, c'est que les pensions devraient être payées chaque année, chaque mois par les cotisations des entreprises et des salariés directement, si j'osais dire, du producteur au consommateur, du quotisan au pensionnés. Mais il y a des décennies que cette règle n'est plus respectée.
Pour la part des retraites d'évolu à la fonction publique, ce sont quelques 30 à 40 milliards qui manquent chaque année pour les retraites du privé elles-mêmes. Ce sont d'après les chiffres de la Cour des comptes, 6 ou 7 milliards en 2030, 15 milliards en 2035, 30 milliards en 2045 chaque année. Ce qui fait que si rien n'est fait l'addition de la Cour des comptes elle-même, c'est que rien que pour le régime général, ce sont milliards d'euros de dettes qui seraient accumulé dans les 20 années qui viennent.
Et ces chiffres que je dénonce depuis des années, souvent seul, ces chiffres de désinvolture et d'immoralité, ce sont les chiffres de la pénalisation des enfants par les parents, des travailleurs qui n'en peuvent mais au profit des pensionnés. C'est sommes. Si nous les avions, si nous les finanions, il n'y aurait aucun problème un pays riche et bien libre d'affecter à l'usage qu'il choisit l'argent tiré de ses impôts, de ses taxes et des charges qu'il prélève.
D'ailleurs, s'agissant du social, on connaît très bien ce système. C'est le système qu'on appelle beverien du nom de l'économiste anglais qui le définit pour Winston Churchill pendant la guerre. l'autre, c'est-à-dire faire payer les pensions par impôt et l'État.
L'autre système, celui dans lequel les actifs participent par un système d'assurance mutuelle, on l'appelle le système bismarquien, il n'y aurait aucun problème à ce que nous soyons un peu des deux, un peu cotisation, un peu produit des impôts et des taxes. l'argent que par milliard nous sommes obligés de fournir chaque année à notre système de retraite pour l'équilibré en dépit de la multiplication des impôts et des charges. Cet argent, nous ne l'avons pas.
Et ne l'ayant pas, que faisons-nous ? Nous l'empruntons tous les ans depuis des décennies, tous les ans, tous les mois, tous les jours. Et il faudra bien que quelqu'un rembourse et on sait très bien qui remboursera.
Ce sont les travailleurs d'aujourd'hui et des demain, les salariés, les entreprises, les indépendants, tous ceux qui payont des impôts et des charges pendant les 20 30 40 ans qui viennent, c'est-à-dire les actifs d'aujourd'hui et leurs enfants. Et s'ils comprenaient le piège dans lequel on les a enfermé depuis 40 ans, tout cela manifesterait spécialement les plus jeunes contre les gouvernants irresponsables et contre les démagogues qui plaident pour qu'on pour qu'on continue et qu'on creuse encore le déficit. Et mesdames et messieurs les députés, acceptez que je ne vous parle pas en tant qu'élu seulement, je vous parle en tant que concitoyen.
Et au travers de vous qu'il est représenté à tous les citoyens, femmes et hommes de notre pays. Pour vous dire ceci, cette situation c'est un piège mortel. Un pays ne peut pas survivre à un tel engrenage.
Et si personne n'alerte, si personne n'entend, nous allons nous perdre dans le surendettement. Et ce sont tous les actifs de notre pays et nos enfants qui peront l'adition de notre désinvolture. Alors, je ne suis pas là et le gouvernement n'est pas là pour être dans le confort, pour être tranquille, pour échapper à des motions.
Ne hurlez pas tout le temps, personne ne vous entend. On voit des gesticulations, on entend pas ce que vous dites. Et donc je prétends, je veux affirmer.
Allez, monsieur Bernalicis, monsieur Tavel, s'il vous plaît. Merci. Merci.
Je crois que ce sont des questions trop graves pour qu'on les perde uniquement en vocifération. [Applaudissements] Je disais donc que nous ne sommes pas là pour être confort, pour être tranquille, pour échapper à des motions de censure successives, pour gagner du temps, résigner à la douce lâcheté et au renoncement pour durer. Nous sommes là pour que les Français sachent ce qu'il en est, où nous en sommes, où nous allons et où nous pouvons aller.
Et qu'il prennent ensemble les Français les yeux ouverts, les décisions qui rendront possible la sauvegarde de notre pays. Et ce que je dis sur les retraites, nous le retrouverons dans quelques jours, aussitôt après le 14 juillet dans la réflexion que nous avons à conduire pour les finances publiques de notre pays. Alors sur les retraites, je vous entends.
Vous dites "Puisque vous refusez de revenir sur l'âge de 64 ans, de revenir à 62 ans, certains disent même à 60 ans, alors nous allons vous censurer. Nous abattrons votre gouvernement comme nous avons abattu le précédent." Et je vous réponds, c'est votre pouvoir.
Je respecte la représentation nationale dans toutes ses compétences. Je respecte nos institutions et les droits du parlement dont le droit de censurer. Encore que je pense depuis longtemps que la censure devrait s'accompagner comme chez nos voisins de l'obligation de présenter un gouvernement de remplacement pour qu'il y ait une cohérence ce qu'on appelle censure positive.
Vous avez de grands droits et je les respecte. Mais nous avons des devoirs et moi j'ai un devoir, celui de dire la vérité au peuple qui nous gouverne, de ne pas le tromper, de ne pas accepter son affaissement et son asservissement aux prêteurs, aux intérêts étrangers. d'être ici à cette tribune et en quelques lieu que je m'exprime son défenseur véridique, même si ce défenseur doit dire des choses difficiles, même s'il est parvoie de conséquences impopulries, parce qu'il refuse d'être le démagogue applaudi qui conduit à l'abîe.
Vous avez le pouvoir d'abattre le gouvernement. Personne ne vous le conteste et j'entends tous les jours, plusieurs fois par jour, la menace proférée de tout côtés. Vous avez ce pouvoir, mais vous n'avez pas le pouvoir de décréter que ce qui est n'est pas, que ce qui menace, ce qui arrive par des involtures généralisées qui arrivent sur la tête de nos enfants que cette menace n'existe plus, qu'elle disparaisse supprimée par votre censure.
Vous avez le pouvoir de renverser le gouvernement, mais ce serait, je veux le dire devant vous, créer une situation qui serait pour notre pays plus grave après qu'avant. Veut-on de surcroix ? Veut-on de surcroix prouver que le gouvernement est en position de fragilité ?
Il n'y a aucun doute à ce sujet. Je vous en donne acte. C'est la première fois dans l'histoire de la 5e République qu'un gouvernement n'a pas de majorité. pas de majorité absolue et pas d'avantage de majorité relative.
Et tout cela, je le dis au passage pour nourrir d'autres réflexions, tout cela au scrutin majoritaire. Il n'y a rien de plus facile que de faire tomber le gouvernement. Il suffit d'un seul vote.
Vous avez donc tous et pas seulement d'un bord ou l'autre, vous avez tous le sort du gouvernement entre vos mains. Mais vous n'avez pas, je vous le dis respectueusement, vous n'avez pas le pouvoir de faire trahir à ce gouvernement l'intérêt national, l'intérêt général et les Français dans leur vie, dans leur famille et dans leurs enfants. Ce devoir- làà pour moi et pour nous, il est plus fort que toutes les menaces parce qu'il ne s'agit pas de questions de pouvoir, il s'agit pas de questions politiques, il s'agit de nos raisons de servir et au bout du compte de nos raisons de vivre.
Et cela nous appartient personnellement. François Mitteran le disait déjà à ceux qui sous la menace envisageaient de le faire démissionner. Il disait, il n'y a rien d'assez puissant pour forcer la volonté d'un homme.
Voilà pour la situation du pays et voilà pour notre détermination. Alors, quel chemin stratégique avons-nous suivi sur cette question des retraites ? Après le travail, Ellisabeth Borne est au premier rang de cette assemblée qui a été conduit par les gouvernements précédents.
Cette question des retraites a été omniprésente dans le débat public, a soutendu tous les affrontements depuis le printemps de l'année dernière. Elle explique en partie, c'est vrai, le résultat des élections européennes. Elle explique, elle a avec la perte de confiance qui entraîner la dissolution et les mois de mise en cause qui ont fini par entraîner la chute du gouvernement de Michel Barnier.
Au moment de ma nomination, j'avais une indication présente à l'esprit, c'est que la quasi-totalité des acteurs de ce dossier conflexe m'avait au long de ces mois de tension assuré et la plupart du temps en tête à tête que des marges de progression existaient bel et bien. Il se trouve que même minoritaire, je crois profondément en la démocratie sociale et même que je pense que l'avenir de notre pays, de notre société serait mal prise en charge si nous continuons à tenir la démocratie sociale en lisière, à le considérer, à la considérer comme un prétexte ou comme un luxe. Je pense que nombre des problèmes d'une société comme la nôtre ne doivent pas remonter systématiquement aux politiques sous peine de multiplier les sujets d'affrontement bloc contre bloc et front contre front.
Nombre de ces sujets, je le crois, peuvent se régler par le travail en commun de ceux qui sur le terrain connaissent la réalité de la situation, sa complexité et saventir les chances que l'innovation à la base offre constamment. Très souvent, par exemple, mais vous dites exactement le contraire de la vérité, je vais le prouver. Très souvent, par exemple, syndicat et représentants des entreprises, alors que nous évoquons le climat social m'ont assuré que dans les entreprises, à la base, la plupart du temps, ça marchait très bien.
Je ne crois pas que tout soit sujet d'affrontement partisan, spécifiquement lorsque les décisions à prendre soit sont portées par le constat de la réalité, laquelle réalité n'est pas perpétuellement idéologique. C'est fort de cette intuition que j'ai proposé aux partenaires sociaux de se saisir du dossier des retraites dans ce qu'on a appeler avec humour le conclave pour proposer en 3 ou 4 mois des négociations qui pourraient aboutir. Et c'est mesdames et messieurs les députés ce qui s'est passé.
J'ai entendu bien des observateurs prononcer le mot d'échec. Je nie absolument à cette tribune que le conclave avait été un échec, même s'il est vrai que certains des participants n'ont pas osé faire et je vais en apporter la preuve. Même s'il est vrai que certains des participants Même s'il est vrai que certains des participants n'ont pas osé faire le dernier pas comme si l'on créait toujours l'accusation de trahison de son camp.
En réalité, les progrès ont été déterminants. Ils ont même été beaucoup plus significatifs qu'on ne pouvait les imaginer. Au départ de ce processus, ce bilan est un bilan positif et encourageant.
Alors, je sais bien qu'il ne plaît pas à tout le monde de voir la démocratie sociale apporter des résultats, mais vous allez vérifier vous-même, même si vous êtes pas intéressé à la question, vous allez vérifier vous-même, affirmation par affirmation ce qui s'est passé réellement et après chacun prendra ses responsabilités en toute connaissance de cause. Allez, s'il vous plaît, s'il vous plaît. Je sais bien donc qu'il ne Allez, un peu de silence s'il vous plaît.
J'aime ça s'adresse à tout le monde un peu de silence sauf à une personne, monsieur le Premier ministre, que j'aimerais qu'on puisse continuer à à écouter. Alors, s'il vous plaît. Alors, je sais bien qu'il ne plaît pas à tout le monde de voir la démocratie sociale apporter des résultats que de nombreux courants, de nombreuses autorités qui pensent sans le dire ou même en le disant pour certains qu'il n'y a rien à attendre des entreprises toujours réputées, égoïstes et pour d'autres qu'il n'y a rien à attendre des syndicats toujours réputés démagogues.
Je crois exactement le contraire. Je pense qu'il y a dans une société comme la nôtre des marges de progression incroyable, en tout cas remarquable à attendre pour le plus grand bien de l'esprit civique, de la prise de responsabilité conjointe des représentants des acteurs de terrain. Je veux donc devant vous faire le bilan du conclave et présenter la stratégie du gouvernement devant cette question des retraites. d'abord rappeler peut-être ne l'avons-nous pas fait assez quels étaient les espoirs et les ambition du gouvernement pour la délégation paritaire permanente des retraites premier objectif le plus important était de garantir l'avenir de notre système de retraite par répartition en fixant comme condition le rétablissement de son équilibre financier d'ici à 2030.
C'était la condition préalable, la seule que j'avais fixé aux partenaires sociaux, condition acceptée par tous. Le deuxième objectif était d'augmenter autant que nous le pourrons, la proportion de nos compatriotes qui choisissent de rester au travail plus longtemps. En effet, la faiblesse de l'emploi des seigneurs en France est comparativement à nos voisins un handicap majeur qui menace l'avenir de notre système de retraite.
Le troisème objectif était de garantir une meilleure justice. Meilleure justice tout d'abord à l'égard des femmes. Meilleure justice à l'égard de ceux qui sont contraints de travailler plus longtemps et meilleure justice à l'égard des salariés pour qui le travail pénible a des conséquences sur leur santé. 4e objectif, ne pas alourdir le coût du travail.
Car le coût du c'est du coût du travail que dépend dans la compétition mondiale l'avenir de nos entreprises et c'est de la réussite de nos entreprises que dépend l'emploi. 5è objectif, faire que le débat sur les retraites ne soi plus une perpétuelle fracture politique et sociale et éviter qu'il ne devienne un conflit de génération. 6e et dernier objectif enfin poser avec les Français et devant eux la question de la gouvernance de notre système de retraite.
Sur ces objectifs, les 4 mois de travail que tous les participants décrivent comme sérieux et respectueux ont permis de dessiner des accords extrêmement riches et je veux mentionner devant vous les principaux progrès. Le premier de ces progrès est la reconnaissance du caractère vital de l'équilibre budgétaire qui doit être trouvé avant 2030. Si cet équilibre n'était pas trouvé, on connaît l'enchaînement dramatique auquel serait soumis notre système de retraite.
Soit une baisse des pensions, ce qui n'est pas acceptable, soit une hausse des cotisations, c'est-à-dire baisse du revenu du travail, ce qui ne l'est pas davantage. Deuxièmement, tous les participants Tous les participants ont admis que la question de l'âge était dans notre système incontournable. Il suffit de rappeler que le conseil d'orientation des retraites le Corp a fait adopter ce mois-ci un rapport à l'unanimité des participants pour faire le constat de l'urgence d'un rééquilibrage qui ne peut être en réalité permis que par le déplacement progressif de l'âge de départ à la retraite.
Le troisème progrès et le plus important parce qu'il touche à la première injustice. C'est la situation faite aux femmes dont les maternités empêchent souvent l'établissement des droits. Les femmes auront désormais accord qui a été trouvé à l'unanimité.
Les femmes auront désormais non plus la référence des 25 meilleures années pour l'établissement des pensions, mais si elles ont un enfant les 24 meilleures années et si elles ont deux enfants ou davantage les 23 meilleures années. Et vous irez leur dire que ça n'a aucun intérêt. Vous irez leur dire que ce sont des mesurettes.
Vous êtes scandaleux à l'égard de celles qui travaillent et de celles qui ont besoin qu'on les entende pour prendre leur retraite. Le 4è progrès. Le 4è progrès et est un particulièrement pour les femmes, c'est que l'âge de suppression de la décote sera fixé non plus à 67 ans, mais à 66 ans et demi.
Ce que toutes les organisations, je sais bien que 6 mois dans la vie pour vous, ça n'a aucune importance. Vous êtes vous êtes tous totalement en dehors de tout ça. Et je prétends et j'affirme que si vous dites aux femmes qui travaillent que vous opposez à ce genre de progrès, en réalité vous travaillez contre elle parce que vous êtes indifférent à leur vie.
Il n'y a que la politique électorale qui vous intéresse. Ça n'est pas notre cas et nous avons l'intention d'aller plus loin. [Applaudissements] Et j'affirme que pour les métiers usants dans le domaine de la santé, de la dépendance, du handicap, de la vieillesse ou de la petite enfance par exemple, après des carrières hachées, ce gain de 6 mois est une vraie reconnaissance.
En tout cas, c'est ce qu'on pensait les organisations qui étaient présentes autour de la table, la CFDT, la CFTC, la CFE CGC, le MEDEF et la CPME. À l'unanimité, ils ont accepté ces progrès. Et vous qui êtes loin du travail, et bien vous venez nous expliquer qu'il faut les oublier.
Ça n'est pas du tout ce notre la manière que nous avons de vivre. Vous n'êtes pas sur le terrain, vous exploitez les difficultés de nos concitoyens. Allez, un peu de silence.
Allez, s'il vous plaît, s'il vous plaît. Chacun livre de ses paroles dans l'hémicycle ne vous en déplaise. 5è point. 5e point.
Vous aurez l'occasion de vous exprimer la question cruciale pour les organisations syndicales de la pénibilité. Vous le savez, la réforme de 2023 avait conservé six critères de pénibilité. Le travail de nuit, le travail en 38, le travail caractérisé par la répétition à une fréquence élevée des mêmes mouvements, l'exposition au bruit, l'exposition aux températures extrême et le travail en caisson hyperbare, mais elle avait exclu trois critères qui sont tous les trois très importants dans la vie de tous les jours au travail des femmes et des hommes.
Le premier, c'est le port de charge lourde. Le deuxième, c'est l'exposition vibration. C'est vous qui l'avez.
Et le troisème, ce sont les postures pénibles. Et au nombre de ces postures, je prends par exemple le travail des adsèes, le plus souvent des femmes ou le travail dans les crèches ou bien le travail des épathes avec les problèmes musculosquelettiques qui se multiplient dans l'avancée en âge. Le conclave a décidé de réintégrer ces trois critères et je considère que c'est un progrès déterminant.
Deuxièmement, à partir de ces trois critères, les organisations syndicales demander la mise en place d'une cartographie de ces métiers à risque pour mobiliser le plus précocément possible l'attention et la volonté de préserver la santé de ceux qui les assume. Le principe de cette cartographie défini à partir des critères de pénibilité a été accepté à l'unanimité. 3è demande la définition des actions collectives qui doit induire la reconnaissance que doit induire la reconnaissance de ces critères la plus prioritaire de ces réponses collectives qui a fait elle aussi l'unanimité des participants au conclave, c'est une grande politique de prévention notamment du repérage précoce des troubles musculosqueletétiques.
C'est là en vérité que se trouve une vraie stratégie de lutte contre l'aggravation de ces troubles. Et puis reste la question de la réparation, c'est-à-dire la réponse à apporter au salariés exposé durablement à ses sources de pénibilité. Et sur ce point, il est vrai, une divergence n'a pas été résolue.
Les représentants des entreprises souhaitent que la réparation soit individualisée après visite médicale et les représentants syndicaux souhaitent au contraire qu'elle soit l'objet d'une reconnaissance collective sans avoir besoin d'apporter de pleur de preuves supplémentaires. C'est une divergence dont je ne sous-estime pas la portée, mais je crois pourtant qu'un chemin existe pour rapprocher les deux points de vue et que le gouvernement tranche de manière à réunir tous les acteurs. Je crois que le chemin existe et j'indique ce que pour nous il est.
Car pendant les débats du conclave, les partenaires sociaux ont avancé sur le sujet des transitions professionnelles et de la réorientation. Ils ont par exemple décidé que cet effort de réorientation commencerait par une visite médicale à 45 ans. Et si l'on se place dans la perspective de ce qu'est une vie de personne au travail, d'une vie de salarié, on peut imaginer que cette visite médicale précoce puisse être le premier pas vers une proposition de réorientation professionnelle pour tous ceux qui sont exposés à ces métiers pénibles.
Le but en effet ne peut pas être de prolonger à tout prix ses salariés dans l'exposition au risqu mais de raccourcir la période pendant lesquelles ils sont exposés à ces risques, de réduire ces risques et de définir avec eux cela est valable pour le privé comme pour la fonction publique quel métier, quelle nouvelle étape professionnelle épanouissante il pourrait emprunter pour que riche de leur expérience, il puissent trouver vite d'autres exercices moins pér et donc impératif d'équilibre financier, acceptation lucide du cadre d'âge, abaissement de l'âge de la décote. Reconnaissance de la situation des femmes ayant eu des enfants, reconnaissance des critères de pénibilité, reconnaissance de la cartographie des métiers à risque, reconnaissance des politiques de prévention et approche d'une politique de réparation. Tous ces pas décidés à l'unanimité sont des pas en avant.
La volonté du gouvernement est d'inscrire dans la loi les avancées réelles qui ont été celles du conclave que personne en dépit des hurlements ne peut nier. Ce qui nous permet de dessiner ce que doit être une méthode d'association des Français, des entreprises, des salariés, des professionnels à la gestion de leur avenir commun. La démocratie sociale est prise en compte et la démocratie politique prend ses responsabilités et la société française, je le crois, doit en être plus responsable et plus unie.
J'ajoute que d'autres pas en avant ont été permis par ce travail sur le financement par accord des entreprises et des représentants des salariés. L'ensemble des dispositions que j'ai exposé devant vous représente environ 1ARD400 millions d'euros. Un accord a été trouvé sur les 2 tiers 1 milliard.
Avec l'accord délégations syndicales et d'entreprise reste à trouver le financement d'environ 400 millions et le gouvernement prendra ses responsabilités dans le texte qui sera présenté à l'automne pour que cette question trouve une réponse sans pénaliser les uns ni les autres et sans augmenter le coût du travail dont l'alourdissement serait lourd de conséquence pour la compétitivité de nos entreprises dans le monde de concurrence sauvage dans lequel nous sommes et par voie de conséquences pour l'emploi. J'ai dit 400 millions. 400 millions sur 407 milliards d'euros de pension versé, ça fait un peu moins d'un milliè et je suis persuadé qu'on peut y arriver par des par des adaptations justes et légères.
Il y a une dernière question que je veux aborder à cette tribune. Ce qui est pour moi la conséquence logique de la méthode d'articulation entre la démocratie sociale et la démocratie politique dont la France, j'en suis convaincu, a le plus urgent besoin. Et qui était cette question que soit ouvertement posée la question de la gouvernance des régimes de base du privé.
Si nous croyons à ce que nous avons dit les uns et les autres depuis des décennies, alors nous devons approfondir l'idée et pour ma part dans la responsabilité qui est laad mienne, je la défendrai. L'idée de confier aux partenaires sociaux la gouvernance et la gestion de ce régime de base des retraites. Les partenaires sociaux ont donné avec la gestion des retraites complémentaires de l'AGIR Carco un exemple remarquable.
Il verse ce régime 25 % de la totalité des pensions des Français. Le financement est assuré et des adaptations ont été faites au travers du temps avec l'accord de toutes les sensibilités d'entreprise et syndicale qui permettent aujourd'hui à ce régime d'être non seulement à l'équilibre mais d'avoir constitué des provisions importantes qui garantissent son avenir. Les partenaires sociaux ont fait dans la gestion de ces régimes la preuve de leur responsabilité, de leur capacité gestionnaire en même temps que de leur sensibilité à la situation des salariés.
Cette démarche doit être reconnue par tous et doit permettre de faire un pas décisif dans le sens d'un équilibre durable et d'une responsabilité sociétale cohérente avec notre modèle social français. Ainsi, si l'on va dans ce sens, cette question des retraites que tout le monde présentait comme irrémédiablement bloqué lorsqu'elle est prise en charge par la démocratie sociale relayée dans les derniers maètres par la démocratie politique peut finalement constituer un exemple un prototype d'avancée sociale dans une société de responsabilité. Tout le monde sait que les temps sont durs, mais la preuve est apportée que nous pouvons avancer ensemble ou plus exactement et plus profondément que c'est parce que les temps sont durs que nous devons avancer ensemble.
Merci beaucoup. Merci beaucoup monsieur le premier ministre. Oh.
François Bayrou