Prisons françaises attaquées : Darmanin dénonce "des actes terroristes"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Depuis dimanche, neuf prisons ciblées, des tirs à l'arme de guerre à Toulon, des voitures brûlées sur des parkings d'établissement pénitentiaire et des mystérieux tag retrouvé sur place. Bonjour Wilfried Fonk, vous êtes le secrétaire national de l'UFAP, une sa justice, vous représentez le personnel pénitentiaire. Cette nuit encore.
Deux attaques ont eu lieu, l'une à Mot, l'autre à Tarascon. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus ? Alors euh dans la nuit dire aujourd'hui effectivement on a eu une attaque en tout cas d'un d'un domicile de personnel euh sur le centre pénitentiaire de Motu.
On a retrouvé aussi des tent enfin il y a eu une tentative d'incendie d'un véhicule. On a retrouvé des tags euh toujours le même là des des DPF. On a eu également des tirs de mortiers et des incendies de véhicules sur le centre pénitentiaire de Tarrascon.
Et potentiellement, on attend confirmation, peut-être aussi encore des incidents à déplorer sur le centre pénitentiaire d'Exeluine. Donc ça veut dire que c'est sur tout le territoire français désormais et ce sont non seulement les prisons mais aussi et et c'est là que j'imagine votre inquiétude, le domicile personnel des agents pénitentiaires. Ben effectivement, c'estàd que là, on a encore franchi un pas supplémentaire, on va dire, dans la terreur et dans l'intimidation par rapport au personnel pénitentiaire puisque même chez eux aujourd'hui se retrouvent en insécurité.
C'est-à-dire qu'ils sont en insécurité à l'intérieur pendant qu'ils exercent leur mission. Ils sont à l'insécurité à l'extérieur quand ils quittent les établissements et aujourd'hui se retrouvent même en insécurité à leur propre domicile. C'est proprement inacceptable.
Proprement inacceptable. Je précise qu'en Sémarne, donc près de Mot, c'est vers 2h du matin qu'un départ de feu a été signalé dans le hall d'un immeuble où réside un surveillant de la prison de Mot. Sur place, les enquêteurs ont retrouvé une bouteille remplie d'essens, des allumettes et sur la façade ce fameux tag des DPF comme lors des incendies de la nuit précédente dans plusieurs établissements pénitentiaires.
Un, ça veut dire que ceux qui font ça ont l'adresse des agents pénitentiaires. Bah, a priori, je pense qu'ils sont très bien organisés. De ce qu'on peut voir en tout cas, ce qui peut circuler sur internet.
Apparemment, ils suivent les personnels, ils vont les identifier jusqu'à chez eux, ils relèvent les plaques d'immatriculation, ils diffusent ça sur une sorte de de boucle sur télégram et puis derrière ben il y en a d'autres qui décident eux d'aller s'en prendre à ce personnel-là. DDPF, droit des prisonniers français. C'est quoi ce tag ?
C'est quoi cette appellation ? Alors, pour nous, c'est quelque chose de totalement inconnu. C'estàd que c'est pas une mouvance qui apparaît comme étant connue dans le milieu de de des mouvements anticarcéraux.
On découvre ça un peu avec euh de gros points d'interrogation en se demandant qui se cache effectivement derrière derrière cet acronyme là. Qui se cache derrière cet acronie qui un groupe en fait comme vous le dites une sorte de boucle télégram donc ces nouvelles menaces avec des menaces sur vos vos collègues. Euh le ministre de la justice évoque des attaques coordonnées sur un fond de lutte contre le narcotrafic.
Le parquet antiterroriste est saisi. Quand vous dites on sait pas qui est derrière. Est-ce que ça peut être une sorte de faée des narcotrafiquants ?
Est-ce que ça peut être une forme d'anarchisme éventuellement d'ultragauche comme ça a été évoqué par par le ministère éventuellement ? Est-ce que ça peut même être une ingérence étrangère dans le contexte actuel ? Aujourd'hui, en fait, toutes les pistes, j'ai envie de dire, sont possibles ou voir plausibles parce que effectivement, on sait que avec les nouvelles lois qui vont être mises en place au niveau des mouvements anticarcéraux, euh ça les fait bouger.
Au niveau des narcotrafiquants, on se doute bien que les mesures qui vont être prises vont effectivement avoir des répercussions sur la continuité de leurs activités. Donc potentiellement, ils peuvent être aussi derrière tout ça. Derrière des ingérences étrangères, la France en a déjà connu, donc pourquoi pas.
Aujourd'hui, l'important en tout cas pour les personnels pénitentiaires, c'est qu'on arrive à identifier ces individus, à les mettre hors d'état de nuire, les les faire présenté devant la justice et que la justice puisse faire son travail et les sanctionner. Mais qui a peur ? J'allais dire presque qui a peur de la police, mais qui a peur de la de la prison désormais ?
C'est que si la prison est elle-même menacée, qu'est-ce qui reste ? Bah aujourd'hui reste pas grand-chose à l'autorité de la République, j'ai envie de vous dire. à partir du moment où la police fait plus peur, où la prison fait rigoler et où au final quand on est derrière les murs, on se rend compte que la volonté qui a été mise en place au niveau politique depuis plus de 30 ans, c'est de vouloir faire en sorte que les conditions des régimes de détention ressemblent à la vie à l'extérieur.
À un moment donné, il faut savoir ce qu'on veut. C'està-dire que quand on n'est pas capable de vivre dans la société et qu'on se retrouve en prison, on n'y est pas par hasard. On n pas respecté les lois, on n pas respecté les règles.
Pour qu'on puisse vivre ensemble, il y a effectivement des choses à respecter sinon ça fonctionne pas. Vous vivez dans l'angoisse, je ve dire vous et vos collègues au quotidien. En effet, forcément que c'est l'angoisse parce que on travaille déjà dans des conditions qui sont totalement dégradées voire inhumaines également pour nous parce que quand on voit les chiffres de la surpopulation, c'est 82000 détenus, 62000 places, les vacances de poste qui se montent quasiment à près de 4000 quand on prend l'ensemble des personnels pénitentiaires.
Des prérogatives qui nous sont plus de prisonniers dans les prisons et moins d'agents péniten pour les sur on est vraiment dans une dans un contexte très particulier, c'estàd que la population pénale ne cesse d'augmenter alors que les effectifs eux ne cessent de baisser. Donc et à un moment donné ça peut plus fonctionner et en même temps comme on n' pas assez de place voilà là il y a il y a véritement la la machine qui est en train de griper là. J'essaie d'imaginer vos collègues quand ils rentrent chez eux parfois au petit matin après euh une nuit de travail ou le soir tard et qui se disent "On connaît peut-être mon domicile, on connaît peut-être l'adresse de mes enfants.
Euh l'un de vos collègues, je crois, a été menacé euh dans son propre appartement. Ça veut dire que aujourd'hui, il n'y a plus aucun espace où vous vous sentiez totalement serein. C'est ça.
C'est quand même quand on va faire ses courses au supermarché, on peut croiser aussi d'anciens détenus qui en profite pour s'en prendre à vous parce que vous représentez. Oui, ça arrive. C'est déjà arrivé.
C'est pas des c'est pas des c'est pas des histoires. Le ministre de la justice demande une surveillance renforcée non seulement effectivement des prisons mais aussi des domicile de vos collègues. Mais on va pas pouvoir renforcer la sécurité de tous les domiciles de tous les surveillants de de de justice.
Effectivement ça ça reste des paroles on va dire d'un homme politique. Après derrière c'est comment on peut le mettre en œuvre parce qu'on on sait très bien qu'on pourra pas mettre un agent de police derrière chaque porte de de personnel de surveillance. Alors, est-ce qu'il est possible aujourd'hui par exemple de pouvoir euh répertorier l'ensemble des adresses des des agents et pourquoi pas euh les transmettre au commissariat de proximité par exemple ?
Est-ce que qu'est-ce qui vous rassurerait aujourd'hui ? Aujourd'hui, ce qui nous rassurait, c'est qu'on déjà on prenne des mesures pour sécuriser les domaines pénitentiaires, ensuite qu'on prenne des mesures pour réinstaurer l'ordre et la discipline à l'intérieur des détentions et qu'enfin on ait aussi au niveau politique et au niveau judiciaire un véritable coup sur la table en disant ben voilà, quand on touche un personnel pénitentiaire, c'est pas possible et donc on sanctionne sévèrement. Merci en tout cas d'être venu euh ce matin et on partage, on imagine votre inquiétude Wilfried Funk donc secrétaire national de l'UFA Punsa justice pour présenter le le personnel pénitentiaire et je le rappelle donc cette nuit encore après les neuf attaques qui avaient eu lieu dans les 24 heures précédentes.
C'est à Tarascon et près de mots que du personnel pénitentier et des prisons ont été ciblées. Il est 7h51 sur RMC. [Musique]
Gérald Darmanin