Covid-19 : Il y a "une grande incertitude" pour la croissance française, estime Sylvie Goulard, sous-gouverneure de la Banque de France
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:41OuverteRéponse directe
Est-ce que la Banque de France est en phase avec les prévisions de l'INSEE pour le quatrième trimestre ?
- 1:06OuverteRéponse partielle
Est-ce que la France navigue à vue aujourd'hui ou est-ce qu'elle sait où elle va ?
- 1:32OuverteRéponse directe
La situation budgétaire de la France est très dépendante de l'Europe. Les plans de relance sont rejetés par la Hongrie, la Pologne, la Slovénie. Ça va durer encore comme ça pendant longtemps ?
- 2:24OuverteRéponse directe
Est-ce que cette Amérique fait naître en vous quelques espoirs en termes de relations bilatérales, voire de coopération économique ?
- 3:42OuverteRéponse directe
Est-ce que ce ne sont pas des mots pour l'instant ? Où est-ce qu'on en est dans cette finance verte aujourd'hui ?
- 4:01FerméeRéponse directe
Il y a combien de pays dans le réseau NGFS ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:51Invité politiqueFait
« C'est les charmes de l'unanimité, puisque certains prétendent que l'unanimité nous protège. En fait, elle nous met aussi dans la main de ceux qui ne veulent pas avancer. »
- 2:16Invité politiqueFait
« Ils ne peuvent pas, sous présidence allemande, bloquer durablement, on va peut-être avoir quelques péripéties, mais durablement le paquet européen. »
- 2:40Invité politiqueFait
« C'est le climat et la finance verte, à la fois parce que Joe Biden est prêt à rentrer dans les accords de Paris et d'une manière générale à rejouer un jeu collectif dans des instances comme sur d'autres sujets sanitaires, l'OMS, l'organisation du commerce. »
- 4:02Invité politiqueChiffre
« On était 8 il y a 3 ans, on est 75. Donc, ça commence à devenir significatif. C'est un réseau mondial. »
- 5:14Invité politiqueFait
« Non, je crois que c'est une satisfaction non seulement pour les femmes, mais pour tous les hommes qui préfèrent une société dans laquelle les talents sont reconnus. »
- 5:30Invité politiqueFait
« Elle n'est pas là par hasard. C'est une femme qui a toutes les compétences pour occuper ce poste, qui a une certaine ténacité comme ancien attorné de Californie. »
- 5:37Invité politiqueFait
« Mais surtout, je crois que ce qui est important, c'est que les États-Unis ont un vrai besoin non seulement de plus inclure les femmes. C'est vrai aussi pour l'Europe. Mais en ce moment, de diversité, vu la fracture qui existe dans la population sur des critères également d'origine ethnique. »
Temps de parole
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- Présentateur33 %
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Bonsoir à tous. La France est encore loin du déconfinement, déclaration cet après-midi du porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. Dans le même temps, l'INSEE révise à la baisse ses prévisions de croissance pour le quatrième trimestre, entre moins 2,5 et moins 6% pour la croissance, donc le PIB, le produit intérieur brut, en fonction évidemment de la durée du reconfinement. De plus de plans de relance en plans de soutien, est-ce que la France navigue à vue ? Bonsoir Sylvie Goulard. Bonsoir. Vous êtes sous-gouverneur de la Banque de France et en tant que patronne de cet établissement, bien sûr, vous suivez cette situation comme le lait sur le feu.
Est-ce que vous êtes en phase, est-ce que la Banque de France est en phase avec les prévisions de l'INSEE pour le quatrième trimestre ?
Oui, nous sommes en phase et d'ailleurs, il faut être modeste, je ne suis ni la patronne de la Banque de France, ni d'ailleurs dans une situation où nous aurions des chiffres très différents de l'INSEE puisque nous partageons une grande incertitude, comme vous l'avez dit, en fonction des décisions qui seront prises, on verra ce que sera le trimestre. On est vraiment dans le même mouchoir de poche.
Aux alentours de 6%, mais est-ce que la France navigue à vue aujourd'hui ou est-ce qu'elle sait où elle va ? Est-ce que nous sachons où nous allons ce soir ?
Nous nous interrogeons les chefs d'entreprise très régulièrement dans des enquêtes mensuelles de conjoncture et je crois que dans certains secteurs, les chefs d'entreprise ont plus de visibilité que dans d'autres, mais évidemment, ils font partie de la nation et donc ils s'en tiendront aux indications qui seront données sur le confinement, les mesures de restriction.
Évidemment, la situation budgétaire de la France est très dépendante de l'Europe. Le commissaire européen à l'économie, Paolo Gantolini, a appelé tout à l'heure les 27 paiements de l'Union à valider les plans de relance. Les budgets, les plans de relance sont rejetés pour l'instant par la Hongrie, la Pologne, la Slovénie. Ça va durer encore comme ça pendant longtemps.
Écoutez, c'est les charmes de l'unanimité, puisque certains prétendent que l'unanimité nous protège. En fait, elle nous met aussi dans la main de ceux qui ne veulent pas avancer. Mais j'espère qu'ils vont arriver à trouver un compromis. Et je pense que ces pays, notamment la Pologne et la Hongrie que vous avez cités, sont extrêmement proches de l'Allemagne en termes économiques et aussi en termes de choix politiques. Ils ne peuvent pas, sous présidence allemande, bloquer durablement, on va peut-être avoir quelques péripéties, mais durablement le paquet européen.
Alors, il y aura bientôt, plus loin que l'Europe, une autre donne, une nouvelle donne avec les États-Unis de Joe Biden. Est-ce que cette Amérique fait naître en vous quelques espoirs, je dirais, en termes de relations bilatérales, voire tout simplement de coopération économique ?
Il y a un sujet dont nous traitons beaucoup à la Banque de France et sur lequel on peut espérer, tenant compte des déclarations du candidat, qu'il y ait un vrai changement. C'est le climat et la finance verte, à la fois parce que Joe Biden est prêt à rentrer dans les accords de Paris et d'une manière générale à rejouer un jeu collectif dans des instances comme sur d'autres sujets sanitaires, l'OMS, l'organisation du commerce. Donc, premièrement, un choix de revenir dans le jeu. Ça ne sera pas des partenaires faciles, mais au lieu d'être en dehors du cadre, il est d'accord pour être dans le cadre commun.
On pourra discuter pour être dans ce tango.
Voilà, on pourra discuter, négocier même âprement, mais en tout cas, c'est important que ce pays majeur revienne dans les discussions collectives. Et deuxièmement, la taille de l'économie américaine, de son secteur financier, nous laisse espérer un mouvement en faveur de ce qu'on appelle dans le jargon le verdissement de l'économie. Ça veut dire faire aller les flux d'épargne vers les investissements du demain.
Sylvie Goulard, est-ce que ce ne sont pas des mots pour l'instant ? Où est-ce qu'on en est dans cette finance verte aujourd'hui ? Comment la Banque de France travaille sur ce sujet ?
Alors, il faut toujours se méfier parce que l'enjeu est majeur. Donc, il peut toujours y avoir le risque que ce soit des mots. Nous, nous avons essayé de mettre quelque chose de concret derrière les mots. C'est la coopération des banques centrales et des superviseurs dans un réseau qui s'appelle le NGFS en anglais.
Il y a combien de pays ?
On était 8 il y a 3 ans, on est 75. Donc, ça commence à devenir significatif. C'est un réseau mondial. Et qu'est-ce qu'on essaye de faire ? On essaye, avec les pouvoirs qu'on a de contrôle des banques, des compagnies d'assurance, de vérifier que ces établissements investissent dans les entreprises qui font des choix d'avenir, des choix durables. Donc, c'est indirect. Évidemment, la responsabilité principale reste dans les mains des gouvernements élus qui ont d'autres outils. Mais nous, nous essayons par nos responsabilités. Il y a également tout ce qui est le secteur de la politique monétaire où il y a des perspectives pour essayer également de tenir compte du climat.
Christine Lagarde l'a dit notamment.
La Fed, la réserve fédérale américaine, va travailler main dans la main avec la Banque de France sur tous ces sujets. Ça, vous en êtes persuadé aujourd'hui ?
Écoutez, il est trop tôt. M. Biden n'est pas encore confirmé. De toute façon, la Fed est indépendante. Ils ont donné quelques signaux montrant qu'ils seraient peut-être prêts à rejoindre ce réseau. Ça reste à confirmer. Mais en tout cas, je pense qu'on n'aura plus la réticence de principe que nous avons vu ces dernières années.
Les États-Unis, Sylvie Goulard, c'est aussi pour la première fois l'arrivée d'une vice-présidente en la personne de Kamala Harris. Alors, j'imagine que c'est une satisfaction pour la sous-gouverneure de la Banque de France ?
Non, je crois que c'est une satisfaction non seulement pour les femmes, mais pour tous les hommes qui préfèrent une société dans laquelle les talents sont reconnus. Je crois qu'elle n'est pas là par hasard. C'est une femme qui a toutes les compétences pour occuper ce poste, qui a une certaine ténacité comme ancien attorné de Californie. Mais surtout, je crois que ce qui est important, c'est que les États-Unis ont un vrai besoin non seulement de plus inclure les femmes. C'est vrai aussi pour l'Europe. Mais en ce moment, de diversité, vu la fracture qui existe dans la population sur des critères également d'origine ethnique.
Et je pense que le parcours de Mme Harris lui donne en tout cas des cartes pour incarner ce qu'une partie de la population américaine aspire à avoir. C'est plus de justice pour que tous les talents soient utilisés.
Et peut-être pour prendre carrément la présidence des États-Unis, peut-être un jour. Alors, plus de femmes au pouvoir. Elle manque encore trop aujourd'hui, Sylvie Goulard, dans toutes les instances, dans toutes les entreprises, que ce soit en France, en Europe, dans le monde ?
Vous savez, si on regarde là où on était il y a un certain temps, je crois qu'on ne peut pas nier qu'il y a un progrès. Cela dit, il faut continuer. Et encore une fois, c'est un défi commun pour les hommes et les femmes. Ce n'est pas les hommes contre les femmes. C'est tout le monde ensemble pour du talent, pour utiliser mieux le talent. Parce que tous les talents qui ne sont pas utilisés, que ce soit pour des raisons de racisme, de discrimination ou de non-accès à certains postes, en raison du plafond de verre, comme on dit pour les femmes, c'est une perte collective. Et puis, je crois que c'est très important pour les institutions publiques que les citoyens puissent se reconnaître dedans.
Vous savez, c'est basique. Les femmes font beaucoup les courses. Si ceux qui s'occupent de l'inflation ne sont pas ceux qui font les courses, il peut y avoir à un moment donné un hiatus.
Merci beaucoup. Sylvie Goulard, invitée de l'écho sur France Info ce soir. Sylvie Goulard, sous-gouverneure de la Banque de France.
Sylvie Goulard