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interviewC dans l'air· 2 octobre 2023 4 min

Immobilier : La bombe sociale - Reportage #cdanslair 30.09.2023

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Les propriétaires de cet appartement parisien n'avaient plus le choix. Classé G avec une consommation énergétique au-delà des seuils autorisés, impossible de louer. Aux commandes des travaux, Pierre-Antoine Menez, gestionnaire de biens.

0:17
Invité

Ici j'ai un croquis, d'accord ? Donc qu'est-ce qu'il me dit ? Je dois isoler tous les murs extérieurs. Ensuite, je vais avoir la liste de ce que je dois faire. Ici je dois isoler le plafond sous comble, je dois changer mon système de chauffage. Mettre une ventilation, pas n'importe laquelle.

0:33
Présentateur

Une feuille de route pour sortir cet appartement de la catégorie passoire énergétique. Mais ces travaux ont une conséquence. Ici c'est l'isolant.

0:43
Invité

Oui, c'est pas très lourd. Donc ça, ça fait 14 cm d'épaisseur. Qu'est-ce que ça veut dire techniquement ? C'est qu'on vient d'isoler 10 mètres linéaires du mur. Donc 10 mètres linéaires du mur par 14 cm égale 1,40 m de perdu. Donc le propriétaire, si on part du principe que c'est 10 000 euros le mètre carré, il a juste perdu 15 000. Et ça, il ne la trouvera jamais. L'appartement s'est réduit.

1:08
Présentateur

Un bien déprécié en plus du coût des travaux. Encore 15 000 euros pour cet appartement qu'il faut pouvoir financer. En pleine crise du logement et face à cette chasse aux passoires thermiques, avec des critères de location amenés à se durcir progressivement d'ici 2034, ce mercredi, Bruno Le Maire met les pieds dans le plat dans une interview au Parisien. Il veut donner du temps au propriétaire.

1:30
Bruno Le Maire

Il faut être très pragmatique et regarder si on peut décaler les calendriers. À titre personnel, j'y suis très favorable, en particulier pour les copropriétés.

1:41
Présentateur

Une proposition aussitôt critiquée par l'opposition, comme la majorité, et jusqu'à la présidente de l'Assemblée nationale.

1:49
Invité

Il ne faut pas renvoyer à la Saint-Glinglin. Je crois que ça, c'est une trajectoire que l'on a prise et qui est importante et il ne faut pas renoncer. Donc il a tort, Bruno Le Maire ? Je ne suis pas là pour dire qu'il a tort, qu'il a raison.

2:01
Présentateur

Quelques heures plus tard, rétro-pédalage du ministre. Pas question, finalement, de modifier le calendrier. Reste que ces mesures pourraient peser encore un peu plus sur un marché locatif, déjà très tendu, notamment dans les grandes métropoles. Car la facture des travaux de rénovation peut parfois être dissuasive.

2:22
Invité

Les propriétaires qui, aujourd'hui, sont propriétaires de passoires thermiques vont être confrontés forcément à un choix, faire les travaux ou vendre. Et un certain nombre d'entre eux vont choisir de vendre leurs biens. Donc forcément, ça va encore plus diminuer le parc locatif.

2:37
Présentateur

Alors, dès qu'une annonce est publiée, cet agent immobilier croule sous les demandes. Cet appartement, situé en région parisienne affichée à 1090 euros, n'échappe pas à la règle.

2:47
Invité

L'appartement, il fait 42 mètres carrés. C'est un appartement de deux pièces. On a une très très belle vue sur Paris, sur les monuments. On a eu une 50 demandes de locataires. On a eu une trentaine de dossiers et on a fait 15 visites.

3:00
Présentateur

C'est beaucoup plus que d'habitude ?

3:01
Invité

Oui. Par rapport à l'année dernière, on a à peu près deux fois plus de contacts.

3:05
Présentateur

Difficile donc de trouver un appartement à louer. Après une semaine de recherche, Pauline et Jade sortent tout juste d'une des deux seules visites qu'elles ont réussi à décrocher. Et elles se font peu d'illusions.

3:16
Auditeur

On a envoyé au moins une cinquantaine de messages pour juste au moins visiter les appartements. Et en fait, quand on vient, il y a 50 autres personnes qui avaient eu la même idée. Donc, oui, c'est un peu décourageant. Nous, on se dit qu'on ne trouvera jamais. Alors qu'on veut juste travailler à Paris, il faut qu'on trouve à se loger. Et encore, on n'a pas le pire des dossiers. On a une situation stable. Donc, je n'imagine pas pour les personnes qui ont un métier plus temporaire ou un dossier plus précaire. Ça doit être quasi impossible.

3:45
Présentateur

Une situation pas prête de s'améliorer avec la hausse des taux d'emprunt. Beaucoup de locataires se retrouvent bloqués dans leurs projets, sans pouvoir quitter leur logement, contribuant ainsi à saturer le marché. Sous-titrage Société Radio-Canada

Immobilier : La bombe sociale - Reportage #cdanslair 30.09.2023 — Bruno Le Maire · Pourquijevote