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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 14 juin 2018 20 min

Boris Vallaud : "Macron ne construit pas le modèle social nordique mais libéral anglo-saxon"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et l'invité du grand entretien ce matin est député des Landes, membre de la commission des affaires sociales de l'Assemblée Nationale, porte-parole du Parti Socialiste, Léa Salamé, dans dix minutes. Vos questions au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application France Inter. Boris Vallaud, bonjour. Bonjour. Le président de la République hier à Montpellier a tenu un long discours pour exposer la philosophie de sa politique sociale. On va y revenir en détail. Il a confirmé que les soins dentaires les plus chers, les lunettes, les appareils auditifs seraient à court terme remboursés à 100%.

La quasi-totalité des Français pourront en bénéficier, alors que beaucoup ne pouvaient s'offrir ces soins très chers, très onéreux. Vous, réjouissez-vous ce matin de ces nouveaux acquis de santé qui sont autant de nouveaux acquis sociaux ?

0:50
Boris Vallaud

Absolument. Absolument. On sait très bien que dans l'accès aux soins, la question de l'accès aux soins dentaires, aux équipements auditifs, aux équipements pour voir correctement, sont très socialement discriminants. Et donc qu'il y ait un reste à charge zéro sur ces équipements-là me paraît être une très bonne chose. Il faudra veiller. J'ai compris que la réponse ce matin avait été un peu molle sur Inter, de la mutualité française, à ce qu'il n'y ait pas une augmentation qui fasse qu'en réalité, ce soit les assurés qui finissent par se payer.

1:23
Présentateur

Vous le redoutez, ça, que le prix des mutuelles...

1:25
Boris Vallaud

Je pense qu'il faut être vigilant. Chacun est conscient de la nécessité qu'il y ait un accès aux soins garantis pour tous. et je veux faire le pari que tout cela tiendra.

1:37
Présentateur

Une partie de la classe politique, de l'opposition, une partie de La République En Marche également, réclamait un virage social au président de la République et à l'exécutif. Est-ce que cette politique de santé est le virage social attendu, d'après vous ?

1:53
Boris Vallaud

Vous avez une écoute un peu sélective quand même du discours du président de la République hier. Et puis il y a eu avant le discours à la mutualité, il y a eu cette vidéo. Il y a ce que le président dit de notre modèle social, qu'il ne marche pas, qu'il faut responsabiliser les pauvres. Ce qui signifie que les pauvres seraient responsables de la situation dans laquelle il est. Est-ce que c'est le tournant social ? Non, moi j'ai plutôt entendu un dérapage hier, dans l'expression du président de la République.

2:22
Présentateur

Le pognon de dingue.

2:23
Boris Vallaud

Un pognon de dingue. Un pognon de dingue. Les gens qui sont pauvres restent pauvres. Moi je voudrais, juste parce que ça me paraît important, dire ce qu'est notre modèle social. Notre modèle social, le truchement et de la fiscalité et des prestations, ça réduit par deux l'écart de niveau de vie entre les 20% les plus riches et les 20% les plus pauvres. Ça fait sortir environ 5 millions de Français de la pauvreté. Ils ne deviennent pas riches. Et ça les sort de la grande pauvreté. Ensuite, quand on regarde, parce qu'il faut se comparer, le taux de pauvreté en France est de 13,6%. Il est de 17,8% dans l'Union Européenne. 16,5% en Allemagne. Notre modèle, il est de 20%, plus de 20% en Italie.

On peut toujours améliorer la chose. On doit d'ailleurs en faire un devoir. On doit en faire un devoir, si, si. Ce n'est pas le sujet. Améliorer les choses. Écoutez, vous savez, le discours du président de la République... On peut se poser la question de l'efficacité d'une politique...

3:20
Présentateur

Quand il dit que ça coûte un poignon de dingue, on peut se poser la question de l'efficacité d'une politique. Ça ne veut pas dire qu'on en remet en cause le principe fondateur.

3:26
Boris Vallaud

Mais quand le président de la République, ses ministres, depuis des semaines, nous expliquent qu'il faut faire des économies, que les minima sociaux, les prestations sociales n'échapperont pas à ces mesures d'économie, que l'on cible la prime d'activité en allant jusqu'à dire que c'est une trappe à inactivité, alors que ça ne concerne que des gens qui sont en activité ou qui retrouvent un emploi. Pour les sortir de la pauvreté au travail, pour les sortir de l'inactivité, je dis qu'on est en droit de douter. Est-ce qu'on a tout fait contre la pauvreté, Boris Vallaud ? On n'a jamais tout fait contre la pauvreté.

4:00
Présentateur

Il y a des dispositifs... Est-ce que là, il n'y a pas une volonté, au moins, de changer de paradigme ? Je ne veux pas employer de mot pédant, mais de changer en tout cas la manière de penser le sujet.

4:10
Boris Vallaud

Mais vous avez confiance, vous ? Moi, non. Je veux vous dire, on nous avait promis, par exemple, s'agissant de la grande réforme du marché du travail, de flexi-sécurité. On nous avait annoncé des droits nouveaux. Moi, je n'en vois aucun. Nous sommes à l'Assemblée nationale en train de discuter de la formation professionnelle. C'est un sujet majeur parce qu'il faut augmenter le niveau général de la population française. Investir dans les compétences. Et ce dont on s'aperçoit au fil des discussions, c'est qu'en réalité, l'ambition n'est pas là. Que, par exemple, le CIF, c'est le congé individuel de formation, est supprimé au profit d'un CPF, d'un compte personnel de formation de transition.

Mais que là où on mettait 800 millions d'euros hier, on n'en mettra que 400 millions d'euros demain. On nous dit, il va y avoir un énorme plan d'investissement dans les compétences. Et puis, on nous annonce un million de demandeurs d'emploi formés en cinq ans. C'est moins que 500 000 formés en un an, en 2016 et en 2017. Que nous sommes en train de dériver vers un modèle libéral, où on dit, tenez, voilà vos droits, et maintenant vous vous débrouillez. Et vous êtes responsable de votre situation. Il y a des destins de gagnants, et puis on abandonnera les autres à ce que, peut-être, le gouvernement pense être leur destin de perdre. Or, c'est plus compliqué que ça.

Vous voyez, hier j'entends une proclamation, il faut de l'accompagnement. Et moi, je dis, oui, il faut de l'accompagnement. Mais, le parent pauvre de la loi dont on est en train de parler à l'Assemblée nationale, c'est l'accompagnement. On nous dit, les chômeurs doivent être accompagnés. Et puis, dans le même temps, on entend parler de 4000 suppressions de postes à Pôle emploi. Moi, je pose la question de la cohérence. La question du pognon, elle est majeure. C'est sûr que ça ruisselle moins bien de bas en haut. Pour peu qu'on croit au fait que ça puisse ruisseller de haut en bas.

5:49
Présentateur

Et ça, vous n'y croyez pas ? Quand le président de la République dit que si l'économie va, elle crée de l'emploi, elle permet d'aller vers le travail, et le travail est émancipateur. Ça, vous n'y croyez pas ?

5:59
Boris Vallaud

J'y crois absolument. Mais je ne crois pas que ce soit en rendant aux personnes, pas aux entreprises, des milliards, que cela advient. Que ça ne peut pas se faire sans contrôle, sans contrepartie, sans s'assurer que ça va dans les PME. Parce que oui, moi, je crois au travail. Je crois à l'incité de créer des emplois. Je crois à l'incité d'avoir une politique industrielle ambitieuse. Est-ce qu'on en a une aujourd'hui ? Je crois à l'implication de l'État comme catalyseur pour soutenir l'innovation, pour nouer des partenariats industriels, pour créer des grands consortiums économiques avec nos partenaires européens.

Je pense en particulier à l'Allemagne, mais aussi à l'Italie, qui est une grande nation industrielle. Ce que je veux dire, c'est que se poser la question de l'accès à l'emploi est une chose importante. La guerre anti-jeune, c'est quelque chose d'extrêmement important. Il faut le promouvoir. La question des territoires zéro chômeur, ça fait sortir depuis un an, début de l'expérimentation, plusieurs centaines de chômeurs de longue durée du chômage. Promouvons-le. Il y a 13 départements, et pour l'instant, ils ont été renvoyés leurs chères études, qui veulent expérimenter un revenu de base.

7:03
Présentateur

Avant d'en venir à la crise diplomatique avec l'Italie, quand Emmanuel Macron dit qu'il ne faut pas assigner les pauvres à résidence, et qu'ils le sont de fait, quand on considère les chiffres, comment pouvez-vous ne pas être d'accord ?

7:17
Boris Vallaud

Il y a les bonnes paroles qui masquent de mauvaises intentions. Ils sont assignés. Est-ce que vous avez le sentiment que la loi Elan, sur le logement, qui est censée libérer le logement, va améliorer la situation des ghettos ? Pas du tout. Cette loi, elle a pour objectif de construire plus vite, mais elle va construire aussi plus mal. Et nous avons eu, dans cette loi, le contournement d'un certain nombre de normes d'urbanisme, de normes environnementales. La loi littoral a été contournée. La loi sur le handicap et l'accessibilité a été amoindrie. Et la loi SRU, qui est justement celle qui vise à créer du logement social, a été aussi atteinte. Alors moi, je veux bien le croire.

Mais pour l'instant, vous savez, on dit qu'il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour. Et je regarde ce qui se passe. Vous voyez, par exemple, je vous donne juste un exemple. Il va y avoir, en effet, une augmentation de l'allocation adulte handicapée. Bonne nouvelle. Sauf qu'en même temps, il y a une révision des modalités de calcul et on prend en compte les revenus du couple, alors que le handicap, il est personnel. 300 000 personnes ne seront pas concernées par cette augmentation.

8:25
Présentateur

Un mot, donc, de cette crise diplomatique intense avec l'Italie. Et en disant juste crise diplomatique intense avec l'Italie, on s'aperçoit qu'on a changé de monde. Mais c'était une parenthèse. Accueillir l'Aquarius est une victoire pour les populistes. Ne pas l'accueillir est une victoire pour les populistes. Critiquer l'Italie, c'est alimenter la crise. Ne pas le faire, c'est admettre qu'on peut violer le droit et qu'ils n'ont pas tort. Comment on sort de ce piège, Boris Vallot ?

8:50
Boris Vallaud

D'abord, il y a une chose, une urgence, un impératif humain et humanitaire qui est quand des gens se noient en Méditerranée, on leur porte secours. Quand une ambulance du SAMU cherche un service pour accueillir, on ne renvoie pas chez le voisin. Ça, c'est la première chose. Et tous ceux qui ont un peu fait de géographie savent que le bateau était plus proche des côtes françaises que des côtes espagnoles. Ça, je veux le dire. Donc, il y a une question d'urgence et de principe. Ensuite, il y a une question qui est beaucoup plus structurelle, qui est cette crise migratoire. Qu'est-ce qu'elle révèle ? Elle révèle une crise de la gouvernance européenne sur ce sujet.

Elle révèle la montée des égoïsmes nationaux. Mais qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on fait dans ce contexte-là ? Moi, je veux dire, la première chose, c'est que l'Europe doit se saisir de cette question-là, avec urgence. Et au premier chef, la France, l'Allemagne, l'Italie. Je vous dirais très précisément ce qu'il faut faire. D'abord, il faut une politique migratoire qui soit commune, une politique de l'asile qui soit commune. Avec, comme le demandent les associations, comme le demandent l'OFPRA, une agence européenne de l'asile. Ça, c'est la première chose. C'est pas pour demain. La deuxième chose. Ah bah oui, mais c'est pas pour demain, mais c'est toujours pour plus tard.

Alors moi, puisqu'on a un président de la République qui revendique... Eh bien, je pense que ça fait maintenant des années que nous avons reculé devant des échéances importantes. Moi, je plaide d'à titre personnel pour ce que j'appelle les accords de Paris d'émigration. 1000 milliards pour traiter cette question-là. Je dis, nous avons été capables de réunir tous les pays du monde autour de la table pour le changement climatique ? Ne serions-nous pas capables de le faire pour enfin avoir une politique de développement ?

10:26
Présentateur

Grande conférence, donc, pour penser la chose et pour penser le développement. La France doit présenter ses excuses à l'Italie, l'Italie le demande ?

10:34
Boris Vallaud

Je ne crois pas. Je crois que les comportements des deux pays ne sont pas à la hauteur des enjeux. Ah, ni l'un ni l'autre. France comme Italie. Oui, parce que maintenant, c'est à nous, l'Europe, parce que vous avez bien vu ce ferment de division extrêmement fort. Je veux dire, beaucoup disent aujourd'hui que l'avenir de l'Europe se joue. C'est une communauté de destin, c'est une communauté de projets, c'est une communauté de valeurs. Et nous sommes la première puissance économique du monde.

10:59
Présentateur

8h33, Boris Vallot, invité de France Inter. Léa Salamé.

11:07
Invité

C'est officiel, après des mois de tergiversation, l'État a finalement décidé la cession de ses participations dans l'aéroport de Paris, la Française des Jeux et Engie. C'est la plus grosse vague de privatisation qui se prépare depuis 10 ans en France. L'État espère récupérer 15 milliards d'euros. Le gouvernement va en profiter pour relancer l'innovation et se désendetter en partie. Est-ce que vous soutenez ces privatisations ?

11:27
Boris Vallaud

Alors, je voudrais d'abord revenir sur cette espèce d'idée sur laquelle, nécessairement, le privé ferait mieux que le public. Moi, je remonte à, il y a très longtemps, 1986, les grandes privatisations et la fin d'un conglomérat, qui était un conglomérat industriel majeur, qui était la Compagnie Générale d'Électricité, dans laquelle il y avait Alstom, il y avait Areva, il y avait Alcatel. C'était un fleuron industriel. Où en est-on aujourd'hui ? Areva est en crise, et les deux entreprises ont été cédées à des partenaires étrangers après une attrition considérable. Ça, c'est la première chose. Je crois que l'État a un rôle à jouer en termes de mécano-industriel.

Que c'est notre histoire, que c'est notre culture, que c'est notre responsabilité. Ensuite, on est instruit de la privatisation des autoroutes. Une cash machine qui bénéficie à qui ? Aux concessionnaires, pas à l'État. Et qui paye ? Ceux qui sont les usagers de cette infrastructure, qui est une infrastructure politique.

12:21
Invité

D'accord, mais l'État a besoin d'argent. L'État a besoin d'argent pour encourager l'innovation et l'investissement. L'État a besoin d'argent pour se désendetter. Je vais vous répondre très précisément. Est-ce qu'il y avait une urgence à garder les participations à la Française des Jeux et dans l'aéroport de Paris ?

12:33
Boris Vallaud

Mais vous pensez que ça nous coûte, ces participations ? Ça rapporte des centaines de millions d'euros chaque année au budget de l'État. Je ne vous parle pas de trois euros, je vous parle de centaines de millions d'euros. On vend les bijoux de famille. Et c'est un calcul à courte vue. Parce que quand vous gagnez un milliard d'euros en vendant une entreprise et que vous vous rapporte autant en dix ans, au bout de dix ans, vous perdez de l'argent. Ce n'est pas une stratégie industrielle. Donc vous y êtes opposé ? J'y suis opposé. Et puis par ailleurs, pardonnez-moi, mais que ce soit la Française des Jeux ou l'aéroport de Paris, ce sont des monopoles.

L'aéroport de Paris, c'est le hub d'Air France. Air France n'est pas dans une grande forme. Elle est sur un marché qui est compétitif. Il y a des enjeux d'aménagement du territoire. Je pense que ce n'est pas responsable que de prendre cette décision pour le soutien à l'innovation et à l'innovation radicale. J'y suis favorable d'une manière générale. L'État doit être aux côtés de ceux qui prennent des risques. Il y a d'autres moyens de le faire. Toutes ces participations, vous les mettez dans un fonds. Et ces dividendes-là dont je parle, vous les consacrez à l'innovation radicale.

13:27
Invité

Vous parlez d'Air France. Vous soutenez la grève fin juin ?

13:30
Boris Vallaud

Air France est dans une situation qui est extrêmement préoccupante. Avec un syndicat de pilotes qui n'est pas très responsable. Je crois que la question de l'avenir d'Air France est posée. C'est une question dont l'État ne peut pas se désintéresser. Aujourd'hui, je n'ai pas l'impression qu'il s'en préoccupe beaucoup.

13:51
Invité

Donc vous ne soutenez pas la grève des salariés ?

13:54
Boris Vallaud

Je crois que les pilotes doivent bouger et doivent aboutir à un compromis. Cette entreprise, il faut la sauver.

14:00
Invité

Il n'y a pas que les pilotes qui font grève.

14:03
Boris Vallaud

Oui, mais regardez la relation entre les syndicats du personnel et celui des pilotes.

14:08
Invité

Boris Valois, est-ce que vous avez compté le nombre d'interviews données par François Hollande depuis qu'il a sorti son livre il y a deux mois ?

14:15
Boris Vallaud

Non, mais je suis persuadé que vous l'avez fait.

14:17
Invité

Ce n'est pas moi qui l'ai fait. C'est le site de France Info qui a compté 31 interviews en deux mois, quasiment une tous les deux jours. Il a une boulimie insatiable de parler, l'ancien président.

14:27
Boris Vallaud

Écoutez, il assure la promotion d'un livre qui a du succès. Donc je suppose que s'il est invité, c'est que les journalistes trouvent qu'il est intéressant de le faire et qu'il a des choses à dire. Donc moi, je voudrais quoi ? Que je m'en désole ? Ce n'est pas le cas.

14:40
Invité

Et l'idée qu'il voudrait revenir, qu'il prépare son retour, vous trouvez que c'est une bonne idée ?

14:44
Boris Vallaud

Mais moi, je crois que vous prêtez beaucoup d'intention à François Hollande et je ne suis pas certain du tout que ce soit les siennes. Mais je comprends que ça puisse nourrir un peu la chronique médiatique.

14:57
Présentateur

On passe au standard. Il est 8h37. Intervenez. Bonjour Bastien. Oui, bonjour. Bienvenue.

15:03
Invité

Bonjour à tous. Merci. Une petite question simple face à la déferlante macroniste et à son ultralibéralisme. Est-ce qu'on pourrait rêver un rassemblement des gauches un peu comme l'avait fait Mitterrand ?

15:15
Présentateur

Merci Bastien pour cette question. Boris Vallaud vous répond.

15:19
Boris Vallaud

L'aspiration à l'union des progressistes, des écologistes de la gauche, je crois qu'elle est très partagée. Chacun a en tête que les grandes victoires se sont construites dans l'union. Mais les uns et les autres, nous sommes dans un état de faiblesse et je le dis aussi évidemment pour le Parti Socialiste qui est considérable. On a un travail sur nous-mêmes à faire qui est important. Moi je crois que s'il doit y avoir un rendez-vous des gauches, il faut qu'on y vienne avec un sac à dos rempli d'idées neuves, avec une vraie rénovation, avec la capacité...

15:48
Présentateur

C'est encore possible, vous croyez, pour le Parti Socialiste ou c'est fini ?

15:53
Boris Vallaud

Je crois que c'est possible. Sinon je ne serais pas au Parti Socialiste. Mais je pense que ça nécessite un travail considérable. Ça nécessite de ne pas être tourné sur nous-mêmes. Ça nécessite de nous adresser aux Français, de replacer les catégories populaires au cœur de nos préoccupations. Moi je suis convaincu d'une chose, c'est que la grande matrice politique de ces 30 prochaines années, c'est la lutte contre les inégalités. Les inégalités visibles, celles du pognon, mais toutes les inégalités invisibles, toutes ces frontières invisibles qui fait que les gens, en effet, sont coincés dans leurs conditions et que la reproduction sociale est terrible.

16:25
Présentateur

Pascal est en ligne. Pascal, bonjour et bienvenue sur Inter.

16:29
Auditeur

Oui, bonjour messieurs. Alors moi, je souhaiterais revenir sur la protection sociale. Je pense qu'aujourd'hui, il y a une trop grande générosité, on va dire, du système social français, notamment par rapport à la protection universelle. Ça veut dire que tous ceux qui travaillent cotisent. Et à partir du moment où on voit que des gens qui n'ont pas cotisé puissent en bénéficier, je pense notamment à la protection universelle, je pense que ça dérange un petit peu quand même, on va dire, le travailleur français.

16:57
Présentateur

Vous parlez de la couverture maladie universelle, c'est ça ? Tout à fait.

17:01
Auditeur

Parce que ça coûte près d'un milliard à l'État français, à la Sécu, et ce sont nous, petits travailleurs, qui cotisons tous les jours.

17:08
Présentateur

Merci Pascal pour cette question. Boris Vallot.

17:11
Boris Vallaud

Moi, je crois que personne ne peut se satisfaire de la pauvreté. Et on ne peut pas abandonner les gens à leur sort, à leur maladie, parce qu'ils ne pourraient pas se la payer. Parce qu'au fond, on ne résoudrait jamais cette question-là. Ensuite, ça coûte cher. Les minima sociaux, c'est 10 minima sociaux dans lesquels il y a l'allocation adulte handicapé, par exemple, que j'évoquais tout à l'heure, le RSA. Ça concerne, je crois, 7 millions de personnes. C'est 11% de la population. Ça coûte 25 milliards d'euros par an, 1%, 1,2% du PIB. Ça ne me paraît pas considérable. On peut se poser la question de l'efficacité. On peut se poser la question de savoir, je le disais,

17:50
Présentateur

comment ?

17:52
Boris Vallaud

Oui, c'est la réponse qui risque de l'être. Oui, c'est la réponse qui risque de l'être. Pour l'instant, on a la question. Oui, mais sauf qu'on a déjà eu quelques éléments de réponse. Vous voyez, des protections nouvelles, on n'en a pas. Sur la formation professionnelle, sur les transitions, il y a moins d'argent. La prime d'activité qu'on devait augmenter de 50%, elle a augmenté de 25% et on est en train de chercher des économies. Probablement quelques centaines de millions d'euros. La hache, quand on l'augmente, on neutralise tout de suite pour un tiers des bénéficiaires. Vous voyez, la question n'est pas forcément obscène. Les réponses le sont.

On n'est pas en train de se construire un modèle nordique de sécurité sociale professionnelle. On est en train de construire un modèle libéral anglo-saxon avec des travailleurs pauvres, avec des mini-jobs. Léa ?

18:36
Invité

Les élections européennes, l'année prochaine, ce sera le premier grand test électoral pour Emmanuel Macron. Qui va porter les couleurs de la gauche française ? Est-ce que vous avez envie d'être tête de liste pour les européennes ?

18:46
Boris Vallaud

À moi ? Oui ? Je ne vous aurais peut-être pas échappé, mais je suis député des Landes.

18:49
Invité

Oui, mais vous pourriez...

18:50
Boris Vallaud

Eh bien non, parce que je suis très heureux comme député des Landes. Je veux dire, je suis dans les Landes, je suis violemment heureux quand j'y suis. D'accord,

19:00
Invité

mais qui pour conduire la liste ? Vous savez, nous avons engagé. Non,

19:03
Boris Vallaud

mais ça, c'est votre obsession et ce sera important le moment venu. Mais nous avons engagé, ce n'est pas un problème, vous verrez, ce sera probablement même une solution quand on l'aura désignée. on est en train de travailler sur ce grand chantier que nous avons ouvert la semaine dernière. Il y a une consultation en ligne sur laruchessocialiste.fr vous pourriez contribuer puisque c'est ouvert à tous les citoyens, vous êtes une citoyenne. Et donc, il y a un projet. On pose un certain nombre de questions aux sympathisants, aux militants, à tous ceux qui veulent participer sur quelle Europe, sur ce qu'il veut qu'elle soit, sur ces grands défis. On a évoqué quelques-uns, mais il y en a d'autres.

Et nous avons un calendrier qui nous mènera mi-octobre à avoir un projet qui aura été l'objet des consultations et l'objet de votes aussi. Alors, pardon

19:52
Invité

de reposer une question sur l'incarnation, mais Pierre Moscovici me semble en a très envie. Ce serait un bon choix ?

19:56
Boris Vallaud

Mais je suis certain qu'il y a plein de gens qui en ont très envie.

19:58
Invité

Ce serait un bon choix, Pierre Moscovici ?

20:00
Boris Vallaud

Je suis persuadé que beaucoup de gens en ont très envie et qu'il y aura beaucoup de très bonnes idées.

20:06
Présentateur

Merci Boris Vallaud, député Nouvelle-Gauche des Landes, où vous êtes donc violemment heureux pour reprendre votre furieusement heureux. Membre de la Commission des Affaires Sociales de l'Assemblée et porte-parole du Parti Socialiste. 8h42, donc le carrefour du 7-9 est à suivre.