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interviewRMC· 13 mai 2026 22 min

Israël à l'Eurovision c'est non, mais l'Iran à la Coupe du monde ? : La réponse de Ruffin

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
François Ruffin

On ne peut pas être au 20ème train de sanctions contre la Russie, et je les approuve, et ne rien faire, ne pas avoir des sanctions contre l'État d'Israël de Benyamin Netanyahou, qui est accusé de crimes de guerre et génocidaires. Donc oui, il ne doit pas y avoir deux poids, deux mesures. C'est une faute morale que de faire deux poids, deux mesures. Mais c'est une faute diplomatique aussi, parce qu'on ne peut pas être entendu des autres pays. On ne peut pas être entendu des pays du Sud qui vont dire « mais c'est quoi vos valeurs ? C'est quoi la démocratie ? C'est quoi vos droits de l'homme ? » quand ça s'applique de manière différente, quand il s'agit de la Russie ou d'Israël.

Donc oui, je suis pour que Israël ne participe pas à l'Eurovision, je suis pour que la France intervienne auprès de l'UEFA, pour que Israël ne soit plus dans le championnat d'Europe des nations, et que ça amène à une remise en cause profonde de la direction prise par l'État d'Israël, à la fois à l'égard des Palestiniens, mais aussi parce que maintenant, c'est un instrument de chaos mis au Moyen-Orient.

1:01
Intervenant

Et est-ce que l'Iran doit participer à la Coupe du monde de foot ?

1:05
François Ruffin

L'Iran, pour l'instant, est un pays attaqué et non pas un pays qui attaque. Ah d'accord ! Il attaque son propre peuple, c'est encore pire ! Mais, mais, non mais... C'est pas aux États-Unis de décider qui est le bien et le mal, hein !

1:16
Locuteur non identifié

Il attaque son propre peuple !

1:18
François Ruffin

Les questions... Mais oui ! Il y a d'autres pays qui attaquent leur propre peuple, on pourrait juste les prendre à l'heure ! Je veux n'avoir aucun soutien auprès du gouvernement iranien, auprès de qui, dont j'ai dénoncé les crimes depuis des années et des années. Bonjour François Ruffin ! Je commence dans cette édition, ça fait pas longtemps qu'il est venu !

1:33
Présentateur

Les aventures de François Ruffin, député reporter, Picardie, Splendor aux éditions Les Arènes.

1:38
Intervenant

On va en parler, mais tout d'abord une question, parce que c'était l'objet de notre débat juste avant. Vous avez, vous aussi, une note confidentielle pour savoir précisément quelle est la cible électorale que vous visez, comme Raphaël Wixman ?

1:49
François Ruffin

Oui, je vise les propriétaires de yachts qui payent pas leurs impôts en France, mais ont un paradis fiscal à Jersey. Voilà notre cœur de cible. Non, pour être sérieux, moi je veux la France en entier, je veux, voilà, je veux pas des bouts de France... Pas de parts de gâteau, de parts de marché ? Il n'y a pas des parts de segments avec, voilà, on cible, et puis ceux-là on les laisse tomber, il n'y a pas de ça. Donc vous parlez à tout le monde ? Depuis 25 ans je parle à tout le monde. Et dès qu'un patron m'ouvre la porte, je discute avec lui pour voir quelle est sa vision à lui de la société.

Dès que c'est un militaire à l'armée, j'y vais, et évidemment je suis de manière plus quotidienne aux côtés des auxiliaires de vie, des charistes, des ouvriers.

2:30
Intervenant

Et vous serez candidat jusqu'au bout, même s'il n'y a pas de primaire à gauche ?

2:33
François Ruffin

Je suis candidat à l'élection présidentielle, je souhaite qu'il y ait une primaire pour des raisons de départage, il y a plein de talents à gauche, et c'est quand même le meilleur mode de choix que de laisser parler les gens. Pour des raisons de débordement, je pense qu'on aurait 2 ou 3 millions de personnes qui se saisiraient d'un bulletin un peu comme on reprend son destin en main. Et pour des raisons de démocratie, ça fait 10 ans que Macron s'assoie dessus, si on veut que ça change, qu'on le prouve dès maintenant.

Maintenant, si les petits marquis de la politique et les apparatchiks, ils ne veulent pas de ça, pour moi il n'y aura pas de négociation de salon, il n'y aura pas de congrès à ranger, et ça se passera, et ça se passe déjà devant les Français. J'ai fait un certain nombre d'entretiens d'embauche, puisque vous savez, j'ai vu une petite annonce qui disait « République cherche président, CDD de 5 ans, homme ou femme, salaire à autofixer, nourri, blanchi, logé ». Je postule, je postule compte tenu du fait que je pense qu'il y a des choses, il y a des casques que je ne cause pas.

Je n'ai pas détourné de fonds, je n'ai pas reçu de valise de Kadhafi, je n'ai pas fait l'ENA, ni même Sciences Po, donc je vois bien que j'ai un certain nombre de handicaps, mais je pense que ça fait pendant 20 ans, j'ai eu ma petite entreprise, et finalement je n'ai pas fait de déficit pendant tout ce temps-là, ça serait bien pour la France.

3:41
Intervenant

Oui, mais vous allez subir la pression de tous ceux qui vont dire « oui, mais à gauche, donc déjà la gauche ne part pas favori, si en plus elle est divisée, elle n'a aucune chance d'être au deuxième tour, et donc pour éviter un deuxième tour, je ne sais pas, à Bardella-Philippe, il va falloir s'unir à un moment donné ».

3:55
François Ruffin

La proposition d'union, elle est faite autour de la primaire, et moi j'ai dit que j'avais les bras grands ouverts de Philippe Poutou à François Hollande, vous voyez, c'est difficile de faire plus large.

4:06
Intervenant

C'est un grand écart.

4:07
François Ruffin

Donc j'étais favorable à ça, maintenant si ce n'est pas ça, ce sera aux Français de trancher, et au peuple de gauche de trancher, mais peut-être même au-delà.

4:15
Présentateur

Alors cette BD, Picardie, Splendor, c'est une des cartes postales de la Picardie, cette Picardie que vous aimez, cette Picardie qui travaille, cette Picardie qui parfois est ostracisée, victime de racisme, entre autres.

4:27
François Ruffin

La Pamp-Picardie, puisque quand même on va en Normandie, donc voilà, on va dans le sud, on se balade beaucoup. D'abord c'est un besoin que j'ai, moi c'est un besoin personnel, de mettre, vous savez la politique, ça peut être ennuyeux, sale, laid, et de mettre là-dedans de la beauté et de l'humanité, de donner à voir les vies, les voix, les visages des gens pour qui on se bat. Et c'est sûr que, puisque ça s'est écrit ces deux dernières années, ce que j'ai ressenté c'est une France en tension, à bout de nerfs, au bord de l'explosion, et mon sentiment c'est qu'on a une France fracturée mais qu'on peut encore la réparer.

5:06
Présentateur

Mourad Boudjela, Charles Consigny, Laurent Varton-Martinez alors, qui veut prendre la parole au premier ?

5:10
Intervenant

Charles ? Moi, ce que je trouve, c'est que je ne partage pas du tout les convictions de François Ruffin, en tout cas pas sur les solutions pour le pays, même si je pense naturel et sain qu'un responsable politique se tourne avant tout vers les classes populaires. Ça, ça me paraît un peu un B.A.B. qui a été oublié par la Macronie, qui a eu tendance à être un pouvoir très bourgeois. Donc voilà, mais je ne partage pas du tout les solutions qu'il préconise, qui à mon avis enfonce les gens dans la pauvreté. Ça, c'est ma position sur le fond.

Sur le plan politique, j'observe qu'au fond, il n'y a pas vraiment de candidat de gauche aujourd'hui, puisque Mélenchon n'est pas un candidat qui peut gagner, et Hollande et Glucksmann n'arrivent pas à se surmonter l'un l'autre, à se dépasser l'un l'autre, à s'imposer. Et peut-être que le défaut de François Ruffin, c'est que sans doute il parle au cœur des électeurs de gauche, mais il est peut-être moins habile que d'autres pour les manœuvres partisanes. Je pense que vous pourriez apprendre de François Hollande. Mais je vous le dis, vous voyez, c'est pas du tout une attaque. Au contraire même, c'est presque un compliment.

Il y a des hommes politiques qui sont très forts pour agréger à eux, on ne sait comment, des tas de gens. Donc Hollande, il est de ceux-là, il agrège, il agrège à force de je ne sais quoi, de déjeuner, de promesses, de manœuvres diverses et variées. Et il y en a d'autres. C'est de la politique, ça s'appelle. Oui, mais la politique, il y a ça. Et puis il y a aussi l'autre aspect, qui est de partir sabre au clair avec ses convictions. Et vous, je dirais qu'il y a 85% de sabre au clair et seulement le reste. Peut-être que vous pourriez rééquilibrer les choses. Voilà, c'est un peu ma question ou ma remarque.

Comment feriez-vous pour finalement transformer cette sympathie qu'ont les électeurs de gauche pour vous en un mandat, d'être candidat en leur nom ? François Ruffin.

7:09
François Ruffin

Moi, je parle au français plus que dans la dernière salle, à des déjeuners. Ça, c'est très clair. Et je viens dire, moi, ici, que pour moi, on a trois défis, par exemple, à affronter. On a un défi qui est le défi productif, qui suppose qu'on pourrait avoir un grand pays, il faut une grande industrie qui a été complètement laissée tomber ces 40 dernières années. On a un défi démographique avec de plus en plus de personnes âgées dont il faut s'occuper. C'est d'où aussi mon focus sur les questions des auxiliaires de vie.

Et on a un défi climatique qui est un gigantesque défi pour les Français, mais pour toute l'humanité, qui suppose à peu près tout transformer, nos déplacements, nos logements, notre industrie, notre énergie, notre culture, notre agriculture. Et pour tout ça, le défi productif, le défi démographique ou le défi climatique, la solution, c'est le travail. C'est travailler ensemble. C'est faire France ensemble pour relever ces défis-là. Quand depuis 40 ans, on a des dirigeants qui ont eu à nous proposer, comme défi que le marché, la compétitivité, la mondialisation. Ça n'est pas quelque chose qui donne envie de faire France ensemble. Et ma conviction profonde, je suis travailliste.

Je pense que le travail va mal depuis 40 ans. La société va mal parce que le travail va mal. Donc il faut mettre, je mets au cœur de mon programme, le travail. J'étais par exemple, pour qui je fais campagne ? Pas pour François Hollande, pas pour Boris Vallaud, pas pour Raphaël Guzman. Je fais campagne pour les gens. J'étais le 8 mai sur le site de ID Logistique, sous-traitant de Amazon. 77 milliards d'euros de profit l'année dernière. Les caristes sont à 1 500 euros. Ils transportent 10 tonnes par jour. Avec les bras, 10 000 kilos de croquettes pour chat et ainsi de suite. Et à la fin, ils sont à 1 500 euros.

8:45
Invité

Ils ne sont pas à 1 500 euros.

8:46
François Ruffin

Ils sont à 1 500 euros. Non, ils sont à 2 700 euros. C'est ce qu'ils coûtent les caristes.

8:50
Invité

Pour l'employeur. Ils coûtent 2 700 euros. C'est là que vient le problème d'ailleurs. La différence entre 1 500 et 2 700.

8:56
François Ruffin

Avec les alégements Fillon, ainsi de suite, sur des bas salaires comme ça, ce n'est pas vrai M. Boudjelal.

9:00
Invité

Non, non, là vous me parlez d'un salaire au-dessus du SMIC,

9:02
François Ruffin

on n'est pas en loi Fillon. On est là sur un sous-traitant d'Amazon qui fait plus de 31% de profit l'année dernière. ID Logistique, c'est plus 20%. Donc on a, et même de manière générale, les FIMO dans notre pays, c'est plus 10% de dividendes l'année dernière. On a aujourd'hui dans une France, qui d'un côté, une France d'en haut qui se gave, et une France d'en bas qui rationnait. C'est des travailleurs ordinaires qui disent, nous...

9:26
Intervenant

C'est l'État qui se gave pour les entreprises.

9:28
François Ruffin

Là, en l'occurrence, je veux bien avoir une critique de l'État à y venir, mais là, aujourd'hui, on a les entreprises du CAC 40, c'est plus 10% de dividendes et de rachats d'actions. Et moi, je suis d'accord pour indexer les salaires sur les dividendes, voire l'indexé sur les salaires des PDG. Ah bah oui, ça, ça change.

9:47
Invité

Et les risques, vous les indexez aussi ? Pardon ? Les risques entre les salariés et les entrepreneurs, vous les indexez ? Les mêmes risques ? On met les mêmes risques ? C'est-à-dire que si ça perd de l'argent, si une boîte, elle dépose, les salariés sont quotients comme le dirigeant, on fait pareil ? Les nuits blanches, les soucis de trésorerie, on fait tout ? On globalise tout ? Ou juste les avantages, on les partage ? Et les problèmes, on se les garde ?

10:08
François Ruffin

Non mais le risque, les salariés vivent le risque. Ils vivent le risque tous les jours. Ils vivent le risque non seulement sur le risque de licenciement, mais ils vivent le risque parce que tous les ans, c'est 100 000 personnes qui sont mises en inaptitude, qui sont broyées physiquement ou psychiquement par le travail, qui souffrent de troubles musculoskeletiques ou de burn-out. Ça, c'est le risque. Le risque, le burn-out, c'est depuis que ça a paru.

10:30
Invité

M. Ruffin, je vais vous dire quelque chose. Sincèrement, je vous respecte et je trouve que vous faites du bien à la politique parce que vous êtes... Même si je ne voterai pas pour vous, sauf si il y a un deuxième tour, Bardella, Ruffin, je pense que je voterai pour vous. Mais je trouve que vous avez un des rares hommes politiques qui est sincère. Je ne suis pas d'accord avec vous, mais vous êtes sincère. C'est indéniable. Ce que vous dites, vous le dites depuis toujours. Et vous n'êtes pas sur des modes, sur des tendances, ou sur des sondages.

Vous avez une idéologie sincère et je trouve que ça fait du bien à la politique, un peu de sincérité, même si on n'est pas d'accord toujours avec les idées. C'est ce que je pense. Mais on est quand même dans... Comment vous expliquez ? Si vous voulez que le profit n'existe plus, même dans des façons disproportionnées, les prises de risques n'existeront plus dans des façons disproportionnées. Et on est sur un marché mondial. Aujourd'hui, si vous voulez taxer sans arrêt comme vous le faites, les gens iront ailleurs. Moi, j'ai créé beaucoup d'emplois, j'ai créé beaucoup de richesses dans ce pays, mais je suis le premier à réfléchir à partir. À partir.

Là, je vais peut-être vendre une société et je me dis que la prochaine société que je monte, le siège, il ne sera pas en France. Et ça me fait de la peine de le dire. Mais j'y pense pour la première fois de ma vie. Parce qu'on est sur une surfiscalité, on est sur une fiscalité qui devient confiscatoire. Et moi, autant je peux respecter vos idées, parce que, bien sûr que je suis attaché aussi aux classes populaires, au partage des richesses, mais on ne peut pas faire n'importe quoi dans une économie mondialisée. On a trouvé notre place. Alors, le programme de François Ruffin,

11:58
François Ruffin

je n'ai jamais eu pour but d'interdire le profit. Maintenant, il y a les sur-profits. Mais vous en parlez comme si c'était un crime. Non, il y a les sur-profits, il y a les sur-sur-profits. Mais c'est quoi un sur-profit, en fait ? Écoutez, quand chaque année, les dividendes battent des records et que c'est du record sur record, je ne sais pas si vous vous souvenez de Sergueï Boubka, ce perchiste soubidique, qui, tous les dimanches, après-midi, à tous les concours de saut à la perche, il battait le record. Parce qu'à chaque fois, il avait une prime. Oui, oui, ça dure encore avec le grec. Sur du record de record de record de record. Il fallait vous lancer dans le saut à la perche, monsieur.

Mais non, justement, là, il s'agit de dire, mais non, on doit rééquilibrer les deux plateaux de la balance. Moi, je ne suis pas là pour interdire les profits, mais je suis là pour qu'on soit dans une société de décence et de bon sens. Je veux dire, quand les 500 fortunes françaises, pesaient l'équivalent de 6% du PIB il y a 30 ans, que c'était 20% à l'arrivée d'Emmanuel Macron. Oui, mais parce que c'est des fortunes qui sont faites ailleurs. Je pense que le pays a plus besoin de Bernard Arnault

12:52
Invité

que de Jean-Luc Mélenchon, à mon avis.

12:54
Intervenant

C'est pas intelligent pour ne pas le savoir, que c'est la plupart de ces fortunes sont faites ailleurs. LVMH fait sa fortune ailleurs dans le monde entier, comme total. Et ça crée des richesses pour le pays.

13:03
François Ruffin

Ces fortunes-là sont faites aussi ici, je le redis. Ces 500 fortunes, c'était 6% du PIB il y a 30 ans. C'était 20% à l'arrivée de la mondialisation. Je ne suis pas allé au bout d'une phrase. Je sais que vous êtes à peu près tous d'accord ici. Non, non, non. C'est pas grave. Je vous ai même dit que j'avais voté pour vous. C'est pas une prise de position, c'est factuel. Je ne vous ai même pas parlé d'LVMH. Si vous voulez sur LVMH, il y en a 500. Il n'y en a pas un, d'accord ? Les 500, c'était 6% du PIB il y a 30 ans. C'était 20% du PIB à l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir. C'est aujourd'hui au-delà des 40%. Et dans le même temps, qu'est-ce qui se passe ?

La France, au niveau des inégalités, vient de passer au-dessus de la moyenne européenne. Malgré un pays qui est redistributif.

13:45
Intervenant

C'est peut-être un problème du modèle.

13:47
François Ruffin

Ça veut dire que le pays ne l'est plus redistributif. On est dans une fiction là. Le pays le plus redistributif au monde, c'est devenu une fiction. Aujourd'hui, le contenu des transformations fiscales qui ont été faites par Emmanuel Macron, il a allégé les impôts sur les plus gros. A la fois les plus grosses entreprises et sur les plus grandes fortunes. Et il a renforcé la fiscalité sur les petits et les moyens, à la fois du côté des entreprises et des gens.

14:15
Invité

Si vous augmentez la fiscalité et que les entreprises quittent le pays, vous faites quoi ?

14:18
François Ruffin

Je demande la suite. D'abord, les entreprises dont je parle, les entreprises dont je parle, je fais moi, dans les patrons, c'est comme poisson, ça ne veut rien dire. A l'intérieur, il y a les requins et il y a les sardines.

14:29
Invité

Pour moi, un patron, c'est quelqu'un qui parle de son argent.

14:31
François Ruffin

Et donc, je fais très bien la différence entre le patron de PME, de l'industrie que je rencontre et les grandes fortunes que je viens de citer. Les firmes dont je parle, depuis 10 ans, c'est elles qui reçoivent le pulse d'aide. C'est elles qui payent le moins d'impôts.

14:47
Intervenant

Elles n'ont pas d'aide, elles ont des exonérations fiscales. Plus d'aide, du crédit impôt compétitivité emploi,

14:53
François Ruffin

du crédit impôt recherche, ce sont... Elles ne reçoivent pas d'argent. Elles reçoivent plus d'aide, d'exonérations, d'allègements de tout ce que vous voulez que les petites et moyennes entreprises. Elles payent moins d'impôts que les petites et moyennes entreprises. Vous ne répondez pas à la question, monsieur Ruffin. Je vais vous répondre, d'accord ? Or, depuis 10 ans, ces firmes-là, elles suppriment des emplois. Elles ont pu supprimer plus de 300 000 emplois dans le pays.

15:16
Invité

Mais c'est le monde qui est comme ça aujourd'hui.

15:18
François Ruffin

Non, et heureusement qu'il y a les PME, heureusement qu'il y a les TPE,

15:22
Invité

parce que ce sont eux qui... Vous voulez une France de petits commerces et d'artisans ?

15:25
François Ruffin

Ce n'est pas des petits commerces. C'est que même si on veut de l'industrie, et ça, c'est les rapports officiels, par exemple, de monsieur Luanzi, qu'est-ce qu'il dit ? Et ça devait être remis à Emmanuel Macron. Il dit, c'est fini, l'État pense par le gros et par le haut. Ce n'est plus comme ça qu'on doit penser. On doit penser par les petits et les territoires. On doit penser par la PME à qui on permet de croître. Alors, les petits, qu'est-ce que vous leur avez posé ?

15:46
Intervenant

On leur va me poser une question aussi. Oui, alors, juste moi, avant de poser... Enfin, c'est de reposer la question de Mourad, à laquelle, malheureusement, vous n'avez toujours pas répondu. Moi, je voulais vous féliciter, quand même, pour votre BD. Bah, merci. Non, mais...

15:57
Invité

Oui, oui, c'est rare qu'une BD soit bien dessinée. Et là, elle est bien dessinée. Non, mais vraiment... C'est pas moi, ça. Oui, mais c'est bien.

16:02
Intervenant

Et je pense que, sans surprise, vous savez que je suis d'accord avec vos constats, mais pas d'accord avec vos solutions. Donc, c'est en plus avec toute franchise. Et je trouve ça d'autant plus très intéressant, parce que ça remet, si vous voulez... Vous parlez aux jeunes en faisant ça, parce que maintenant, il y a une explosion des mangas, des BD. Vous avez même des romanciers. Je pense à Laurine Roux, qui a mis l'un de ses très beaux livres sous forme de BD pour que, justement, ce soit accessible à plus de jeunes. Donc, merci de faire ça et de ne pas tomber dans le jeu des réseaux sociaux comme la plupart de vos collègues.

16:32
Invité

Mais si vous aviez fait... Je te coupe une seconde. Si vous aviez fait une étude comme M. Glussmann, vous sauriez que votre cœur de cible n'est pas le cœur de cible qui lit de la BD. Mais... Mais j'ai pas de cœur de cible. Ça tombe bien. Mon cœur de cible, c'est la France.

16:43
Intervenant

Avançons, là, parce qu'il reste peu de temps. Voilà. Donc, juste déjà, c'était merci pour ça et merci de ne pas jouer le jeu des réseaux. Maintenant, je suis désolée, mais vous n'avez pas répondu à Morad et moi, la réponse m'intéresse. Que ferez-vous quand les entreprises auront délocalisé leurs sèches sociaux ? Par exemple, en Irlande, vous avez 12% de fiscalité pour une entreprise et que les usines seront rebasculées dans des pays de l'Est ou dans des autres pays où la fiscalité est meilleure et où les personnes sont payées moins cher.

17:04
François Ruffin

Écoutez, d'abord, ces entreprises-là, je le dis depuis 10 ans, elles suppriment de l'emploi dans notre pays. C'est toujours pas répondre à la question. Donc, autant qu'elles s'en aillent. Elles ne partiront pas. Elles ne partiront pas parce qu'il y a plein d'avantages au fait d'être situées en France et d'avoir son capital en France. Mais si vous leur rajoutez des taxes,

17:23
Intervenant

les avantages vont disparaître et elles vont partir.

17:25
François Ruffin

Mais le choix aujourd'hui, il est est-ce qu'on souhaite que dans ces entreprises il y ait du capital national ou qu'on aille faire de la danse de vente devant les fonds d'investissement américains pour que ça soit du capital international ?

17:34
Intervenant

Ça, je suis d'accord avec vous, mais vous ne répondez toujours pas à la question comment votre système tient. C'est pour ça que c'est pas mon système de taxer les entreprises parce que je ne veux pas être dépendante de ces grosses entreprises. Comment faites-vous

17:43
François Ruffin

si ces grosses entreprises partent ? Mais elles seront taxées tout comme... Mais non, si elles ne sont plus en France, McDonald's n'a pas son siège en France et pourtant il devrait payer ses impôts en France.

17:54
Intervenant

Ah mais ça vous n'allez pas faire...

17:55
François Ruffin

On le devrait mais il ne peut pas. Mais si, pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas d'effort qui est fait en ce sens-là. Parce que quand... Ben McDonald's partira. Parce que quand ça apparaît publiquement dans les LuxLeaks et dans un certain nombre de documents que les grandes entreprises fraudent, fuient, il n'y a pas un poids qui est mis par le ministère public pour dire allez on met le paquet pour aller les rapports attraper par le code black avançons parce que là c'est le même sujet. M. Ruppin, si vous changez le modèle économique... Il nous reste une minute... Maintenant je vais vous dire une chose. Je vais vous dire comment on va faire cette grande révolution fiscale.

Parce que le pays a besoin d'une révolution fixée. Pour deux raisons. Plus personne ne comprend rien ni ses feuilles d'impôt ni sa fiche de paye. Donc il y a besoin... Ni où va l'argent ? Il y a besoin d'une grande révolution fiscale. Oui mais pour approcher le brut du net c'est ce que veulent les salariés. Je vous dis que tout ça ça ne peut pas se décider par un président ça ne peut même pas se décider par des ministres ça ne peut même pas se décider par une assemblée parce qu'il va y avoir quand on va ouvrir cette boîte là un tel ressentiment dans le pays que ça ne peut être fait qu'avec le pays.

Et moi ce que je souhaite c'est qu'il y ait des états généraux de la fiscalité qui mettent sur le devant de la scène la question du budget de la nation et de nos protections et qu'à l'intérieur de ces états généraux il y ait des retraités il y ait des salariés il y ait des indépendants qu'il y ait des entrepreneurs qu'il y ait des artisans et qu'il y ait aussi un siège pour Bernard Arnault et que c'est là que la question centrale la question centrale de notre fiscalité soit débattue et je suis convaincu que dans un cadre comme celui-là il y aura des solutions sinon consensuelles du moins des compromis qui seront trouvés.

19:29
Intervenant

Une dernière question qui n'a rien à voir avec la fiscalité des entreprises mais je voulais avoir votre avis c'est l'Eurovision ce week-end il y a des pays qui ont décidé de ne pas retransmettre la cérémonie je pense à l'Irlande l'Espagne ou la Slovénie parce qu'Israël y participe est-ce que la France devrait également boycotter l'Eurovision ce week-end ?

19:45
François Ruffin

Oui il ne doit pas y avoir de double standard on ne peut pas être au 20ème train de sanctions contre la Russie et je les approuve et ne rien faire ne pas avoir des sanctions contre l'état d'Israël de Benyamin Netanyahou qui est accusé de crimes de guerre et génocidaire donc oui il ne doit pas y avoir deux poids deux mesures c'est une faute morale que de faire deux poids deux mesures mais c'est une faute diplomatique aussi parce qu'on ne peut pas être entendu des autres pays on ne peut pas être entendu des pays du Sud qui vont nous dire mais c'est quoi vos valeurs c'est quoi la démocratie c'est quoi vos droits de l'homme quand ça s'applique de manière différente quand il s'agit de la Russie ou d'Israël donc oui je suis pour que Israël ne participe pas à l'Eurovision je suis pour que la France intervienne auprès de l'UEFA pour que Israël ne soit plus dans le championnat d'Europe des nations et que ça amène à une remise en cause profonde de la direction prise par l'état d'Israël à la fois à l'égard des palestiniens mais aussi parce que maintenant c'est un instrument de chaos mis au Moyen-Orient

20:50
Intervenant

et est-ce que l'Iran doit participer à la coupe du monde de foot ?

20:53
François Ruffin

l'Iran pour l'instant est un pays attaqué et non pas un pays qui attaque il attaque son propre peuple c'est encore pire mais non mais c'est pas aux Etats-Unis de décider qui est le bien et le mal

21:06
Locuteur non identifié

il attaque son propre peuple

21:07
François Ruffin

les questions mais oui il y a d'autres pays qui attaquent leur propre peuple on pourrait juste les prendre alors je veux n'avoir aucun soutien auprès du gouvernement iranien auprès de qui dont j'ai dénoncé les crimes depuis des années et des années maintenant ça c'est est-ce qu'il doit y avoir un droit d'ingérence sur ce qui se passe à l'intérieur des pays ? vous savez pour moi

21:25
Intervenant

donc on accepte l'Iran à la coupe du monde et pas Israël à l'Eurovision en tout cas

21:28
François Ruffin

la ligne de partage je veux bien réfléchir à cette question sur l'Iran je veux bien réfléchir mais je veux vous dire que la ligne de partage aujourd'hui pour moi elle n'est plus entre les dictatures et les démocraties la ligne de partage elle est entre les pays qui respectent le droit international et ceux qui ne le respectent pas comment on peut sortir des trucs comme ça

21:47
Invité

il n'y a rien à voir entre l'Iran et ce qui se passe

21:49
Intervenant

si on ne respecte pas le droit international c'est pareil

21:51
Invité

ben oui mais c'est aux Etats-Unis de définir le droit international il y a un truc qui s'appelle l'ONU qui définit les plans c'est pas aux Etats-Unis de dire qu'il est le bien et le mal sinon il y a 150 pays qui attaquent leur peuple

22:01
François Ruffin

à ce tarif là les Etats-Unis ne doivent pas être les organisateurs de la coupe du monde on ne sait pas seulement y participer j'en ai dans votre sens c'est compliqué

22:07
Invité

vous n'ouvrez même pas y participer la Corée du Nord ne va pas non plus participer à des compétitions on peut en plein on peut y aller parce qu'il n'y a pas de richesse

22:21
Présentateur

merci François Ruffin un grand merci à vous

Israël à l'Eurovision c'est non, mais l'Iran à la Coupe du monde ? : La réponse de Ruffin — François Ruffin · Pourquijevote