Russie : la paranoïa de Poutine justifiée ? - C à Vous l’Intégrale - 05/05/2026
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Comme les six chipolatas - A.-E.Lemoine: Bonsoir. "C à vous" en direct jusqu'à 21h.
Bonsoir à tout le monde. A la une, un rituel: quand la popularité de Poutine est en baisse, il convoque les caméras et embrasse un enfant sur le front. ... - A.-E.Lemoine: Une séquence mise en scène la semaine dernière à Saint-Pétersbourg, signe que Poutine s'inquiète après sa baisse de popularité. - P.Cohen: La guerre dure depuis 4 ans.
Tous les jours, Moscou refuse tout cessez-le-feu réclamé par l'Ukraine pour pouvoir négocier. La ligne de front recule pour la 1re fois depuis 2023, vers la Russie. - A.-E.Lemoine: On en parle avec P.Haski, éditorialiste sur France Inter.
A vos côtés, P.Gogo. Merci de votre présence à tous les deux pour évoquer la situation en Russie.
Le nouveau coup de pression de D.Trump sur les droits de douane. - E.Tran Nguyen: Il veut appliquer des taxes douanières de 25 % sur les voitures européennes.
C'est sa réponse au manque de soutien de l'Europe, en particulier de l'Allemagne, au conflit en Iran. - A.-E.Lemoine: A la une, l'angoisse à bord du MV Hondius. ... - L.Sénéchal: Voilà comment le commandant de bord a annoncé aux passagers la mort de la 1re victime du hantavirus.
Il n'a rien changé aux règles sanitaires. Les passagers prenaient le petit-déjeuner sans masque et sans aucun confinement, en tout cas au début. - A.-E.Lemoine: Ce soir, l'espoir d'une grâce présidentielle. - Christophe a pris la décision, avec notre famille, de retirer son pourvoi en cassation.
C'est un acte très important, symbolique. Ca veut dire que maintenant, pour la libération de Christophe, il n'y aura plus que la grâce. - L.Amar: L'espoir et l'émotion de la mère de C.Gleizes, emprisonné en Algérie depuis près d'un an.
Son beau-père appelle à l'apaisement entre la France et l'Algérie pour obtenir une libération. - A.-E.Lemoine: Nos invités après 20h, F.Bollaert, L.Calamy, S.Lelouch et... - P.Lescure: Un OEil qui rendra hommage à C.Maurier, qui nous a quittés hier. - A.-E.Lemoine: Des extraits de films absolument merveilleux.
C'est à découvrir dans votre OEil. Tout de suite, L'Edito de Patrick. La guerre, c'est pas seulement au Proche-Orient et dans le golfe Persique. - P.Cohen: La guerre fait rage tous les jours aussi à 2000 km d'ici, sur un front dont on a dit qu'il ne bougeait pratiquement plus, mais qui est en train de reculer vers la Russie.
Ce n'était plus arrivé depuis 2023. La zone contrôlée par les Russes en Ukraine a diminué le mois dernier de quelque 120 km2. Pas de grande percée.
Ca ne représente que 0,02 % du territoire ukrainien. L'armée ukrainienne aurait pu avancer d'une quarantaine de kilomètres carrés dans chacune des 3 régions du Donbass. - A.-E.Lemoine: Une guerre qui ne s'arrête jamais. - P.Cohen: Histoire des trêves jamais annoncées et respectées.
C'était comme lors de la Pâques orthodoxe. C'est Moscou qui a proposé une trêve à la fin de la semaine pour les commémorations de la victoire soviétique sur l'Allemagne nazie, les 8 et 9 mai. En réponse, Zelensky déclare que l'Ukraine va observer sa propre trêve à partir de demain, le 6 mai.
Ca aurait fait 4 jours de répit. La nuit dernière, l'armée russe a lancé sur l'Ukraine 11 missiles balistiques et 164 drones, faisant au moins 5 morts. Zelensky dénonce le cynisme absolu du pouvoir russe.
A Moscou, les répétitions du défilé de samedi prochain ont commencé. On voit ici des soldats qui marchent au pas, mais ce défilé sera en mode riquiqui. Ni blindés Ni missiles sur la place Rouge.
C'est la 1re fois depuis 20 ans. La Russie justifie ce défilé en format réduit par la menace terroriste ukrainienne. - A.-E.Lemoine: L'Ukraine parvient à frapper sur le sol russe. - P.Cohen: Des tirs de drones.
Un des engins a éventré la façade d'un immeuble de Moscou. Plus spectaculaire encore, cette raffinerie de pétrole en flammes la semaine dernière à Touapsé, ville côtière du sud de la Russie, avec 60 000 habitants. Ils ont été invités à se confiner pour ne pas subir les fumées toxiques échappées d'un terminal pétrolier situé à côté du centre-ville.
Ca n'a pas empêché certains d'entre eux de poser leur colère sur les réseaux. ... ... - P.Cohen: Au moins 3 personnes ont été tuées là-bas.
V.Poutine a accusé l'Ukraine de recourir à des méthodes terroristes. - A.-E.Lemoine: Poutine subit la colère d'une partie des Russes. - P.Cohen: Colère, je ne sais pas.
Un certain mécontentement, très difficile à évaluer dans un pays aussi légitimiste et verrouillé. Les sondages officiels menés par un institut officiel, qui mesure la popularité du président...
Ca se fait par téléphone. Dans un pays comme la Russie, je ne sais pas s'il est très facile de dire à un inconnu au téléphone "Poutine ne me plaît plus du tout". D'après les statistiques, ces gens disent que de 75 % en janvier, il est descendu à 67 % de popularité en avril.
C'est un signal. Il y en a d'autres, comme la vidéo de cette influenceuse, ancienne vedette de téléréalité installée à Monaco. Une interpellation de V.Poutine vue 30 millions de fois, et qui commence ainsi... ... - P.Cohen: La jeune femme prend soin de préciser qu'elle n'est pas une opposante. "Les gens ont peur de vous", lance-t-elle à Poutine, sans dire pourquoi.
Elle ne parle pas de la guerre. Elle parle de la hausse du coût de la vie et du blocage d'Internet. Pour les observateurs de la société russe, le mécontentement est moins lié à la guerre qu'aux coupures à répétition. - A.-E.Lemoine: Poutine veut couper la Russie du reste du monde? - P.Cohen: Il essaye de le mettre en place depuis 7 ans.
Un Internet national coupé du réseau mondial...
En attendant d'y arriver, les coupures se multiplient depuis le mois de mars. La 4G par intermittence, le brouillage de WhatsApp et de Telegram...
Tout laisse penser que ces pannes d'Internet ne sont que des tests pour un blocage général avant une bascule vers un réseau 100 % russe, qui mettrait le pays sous cloche. - A.-E.Lemoine: C'est un objectif de V.Poutine de mettre la Russie sous cloche? - P.Haski: C'est le modèle chinois.
La Chine a conçu son réseau Internet comme un intranet avec des points d'entrée et de sortie vers le reste du monde, qui sont facilement contrôlables. Aujourd'hui, en France, vous ne pouvez pas contrôler les points d'entrée et de sortie. Il y en a trop.
La Chine a construit ce système. La Russie est en train de faire exactement la même chose. - P.Cohen: Et avec plus de frontières en Russie. - P.Haski: C'est compliqué de revenir en arrière.
La Russie avait un Internet ouvert. - A.-E.Lemoine: Ca explique les résistances. - P.Haski: C'est techniquement compliqué.
C'est politiquement compliqué. C'est une tendance qu'on voit chez des autocrates de la terre entière. Les coupures d'Internet dans un certain nombre de pays se déroulent à chaque fois qu'il y a une crise politique ou une tension.
L'Iran pendant la guerre, mais même en Afrique après des élections contestées. Vous avez cette tendance lourde de couper Internet. C'est une très bonne tactique.
Internet est devenu un objet absolument vital dans les échanges... - P.Cohen: Ce n'est pas bon signe de l'état du pays? - P.Haski: C'est certainement un signe de nervosité majeure, comme l'est l'absence de véhicules au défilé du 9 mai.
C'est le sujet du moment. Il y a un nombre d'indicateurs qui sont tous complexes à analyser, mais qui vont tous dans la même direction: ça se passe pas très bien pour V.Poutine. - A.-E.Lemoine: Ca explique la visite pour aller à la rencontre de jeunes sportives à Saint-Pétersbourg.
La dernière fois qu'on l'avait vu embrasser un enfant sur le front, c'était en 2023. C'est vraiment une stratégie de communication bien réglée, un rituel. - P.Gogo: C'est ce qu'on en a déduit.
La présidente nous avait marqués. Il avait attrapé un enfant. Il l'avait embrassé sur le ventre.
Ca avait donné lieu à une image bizarre. V.Poutine est au maximum de sa relation avec sa population.
Il est capable d'attraper un enfant, lui faire un bisou et le rendre derrière. C'est une vraie difficulté. Il a peu d'occasions de rencontrer sa population.
Il ne sort pas. Il voyage très peu. Il évite d'avoir à rencontrer les gens.
Il a encore le covid en tête. Il y pense encore. Il y a ce rapport qui vient d'un service de renseignements européens, qui fait état du niveau de paranoïa de V.Poutine et qui montre que, de toute façon, il a peur pour sa sécurité physique, personnelle, que ce soit par les drones, par un putsch ou par une tentative d'assassinat.
On serait au maximum de la protection du président. - A.-E.Lemoine: Couper les communications, c'est un moyen d'éviter les attaques de drones?
C'est l'une des explications. - P.Gogo: Ca a été un mystère pour nous, la façon dont ça s'est passé.
C'était très radical. Quand on coupe Internet dans un pays qui a construit une capitale ultramoderne basée sur Internet, sur le numérique...
Vous ne coupez pas du jour au lendemain. Les Russes n'ont pas compris. - P.Cohen: C'est les terminaux bancaires... - P.Gogo: Les taxis, les livreurs, les entreprises ont perdu des millions de roubles.
Personne n'a compris ce qu'il se passait. Certains, au Kremlin, n'ont pas compris instantanément. Ce qu'on commence à comprendre, c'est que c'est lié à des questions de sécurité.
Il y a le contrôle du Web, qui concerne plein de pays dans le monde. Il y a une question de sécurité liée aux drones. Internet permet de diriger les drones. - A.-E.Lemoine: C'est le symbole d'un pouvoir vulnérable, ces attaques de drones en Russie? - P.Haski: La Russie et sa surpuissance n'arrivent pas à contrôler ce phénomène.
C'est le signe que c'est un phénomène majeur qu'on n'a pas totalement perçu de notre côté de l'Europe...
C'est la transformation technologique de l'Ukraine. L'Ukraine a fait un bond technologique dans son industrie de défense avec 2000 start-ups qui sont sur tous les fronts des armes, et en particulier des drones. Dans cette course de vitesse permanente entre la Russie et l'Ukraine pour la maîtrise technologique, cela réussit à contourner tous les blocages russes et à frapper sans discontinuité des sites en profondeur, y compris dans la périphérie de Moscou.
Aux yeux des Russes et de la population, c'est pas très glorieux que la grande Russie n'arrive pas à contrôler ce phénomène, qui est frappant. - A.-E.Lemoine: Ca explique la baisse de popularité de V.Poutine dans les sondages, même si elle est difficile à mesurer?
Elle est réelle. - P.Gogo: Cela me rappelle une caricature publiée dans un média en exil il y a quelque temps.
On voyait un Russe répondre à un sondage en disant "j'adore V.Poutine", tout en lançant une fléchette sur V.Poutine.
Il y a un mécontentement que j'arrivais à mesurer en étant sur place. On a commencé à le mesurer quand D.Trump est arrivé au pouvoir, étonnamment.
Beaucoup de Russes se sont dit: "La guerre va s'arrêter. On va avoir un cessez-le-feu." Ils sont tombés de haut.
Ils ont compris que les négociations ne menaient à rien. Progressivement, j'ai vu un fossé apparaître entre la population russe et le Kremlin. V.Poutine est dans un monde où il explique qu'il faut faire des enfants pour avoir plus de défenseurs de la patrie qui pourront aller mourir sur le front dans 10 ans.
Il y a une population qui, même ceux qui soutiennent Poutine et la guerre, veut un cessez-le-feu. Ca a commencé comme ça. Ca s'est dégradé.
Il y a eu l'inflation, les problèmes économiques qui touchent les gens. Le blocage d'Internet est arrivé en même temps que plein de petits soucis régionaux comme des inondations, une marée noire, une crise agricole d'une ampleur semblable à celle qu'on a eue en France, et qui a été effacée en Russie...
Il y a eu un mécontentement qui a fini par se lier autour d'Internet. Ca donne la situation dans laquelle on est. - A.-E.Lemoine: Ca donne la vidéo dont parlait Patrick, de cette influenceuse.
Elle ne critique pas officiellement la guerre. C'est le tabou absolu. - P.Cohen: Elle est très modérée dans son expression.
La vidéo dure plus de 15 minutes. Ca ne l'a pas empêchée de se faire dénoncer comme une prostituée. Ils la vilipendaient.
Ca dit les limites de la critique. - P.Gogo: Il a sorti des choses ultra sexistes en direct sur son antenne.
C'est quelque chose qui n'a pas fonctionné en Russie. On n'aime pas ce genre de choses. Il a dû s'excuser derrière.
Elle s'est exprimée en respectant le code de la critique du pouvoir. - A.-E.Lemoine: On peut lire entre les lignes, mais elle ne dépasse pas... - P.Gogo: Elle n'attaque pas la guerre.
Elle dit "on est de votre côté". Elle a été très forte là-dessus. - A.-E.Lemoine: Le tabou ultime serait de critiquer la guerre en Ukraine, pour un Russe? - P.Haski: Oui.
C'est de la trahison, un manque de patriotisme en temps de guerre. C'est aller de front contre le narratif qui dure depuis 4 ans de: "nous sommes attaqués par l'Occident. C'est le nouveau Stalingrad.
C'est la continuité de la guerre patriotique de la Seconde Guerre mondiale." C'est un tabou très difficile à franchir, même quand on est à Monaco. Elle le contourne et dit des choses sans prendre le pouvoir de front, ce qui est habile.
C'est comme ça qu'on arrive à se faire entendre. - P.Cohen: Ce rapport d'un service secret européen, dévoilé par le "Financial Times", qui expliquait que Poutine passe de plus en plus de temps dans des bunkers souterrains.
La liste des lieux où il pourrait se rendre avec sa famille a été réduite. Il faut accorder du crédit au "Financial Times". - P.Gogo: On vient de décrire la situation en Russie.
Si un rapport d'un service de renseignements sort maintenant, ce n'est pas pour rien. Ca correspond à ce qu'on vient de dire. Il y a de la tension en Russie.
C'est de la guerre psychologique. Ca contribue à tout ça. Pour avoir lu tout ce qui se raconte dans ce rapport, c'est assez réel.
Il y a la menace de putsch. Il faut que les téléspectateurs comprennent. On n'est pas sur "Poutine a un cancer".
La menace de putsch, c'est quelque chose de très réel. On a, quand on regarde bien... - P.Cohen: Une tentative d'assassinat de Poutine. - P.Gogo: Des généraux se sont fait assassiner dans tout Moscou.
En décembre, le président aurait eu une réunion avec des responsables du service de sécurité. Ils auraient déduit qu'ils ne pouvaient pas empêcher tous les assassinats. Poutine a demandé à ce que sa sécurité soit renforcée.
Sur le risque de putsch, comme ancien correspondant en Russie, je vois des responsables du ministère de la Défense finir en prison à peu près toutes les 3 semaines. Il y a une purge en cours depuis plus d'un an autour de l'ancien ministre de la Défense. Il n'y a que Choïgou, le ministre de la Défense, qui n'a pas été en prison.
Il est sous-entendu que V.Poutine puisse avoir peur que Choïgou vienne se venger. Il a été écarté.
Il y a une semaine, un vice-ministre est parti en exil aux Etats-Unis. Il y a de la tension. - A.-E.Lemoine: C'est révélateur de ces tensions. - P.Haski: Il y a aussi la psychologie de Poutine, dans ce rapport.
Il dit qu'il passe 70 % de son temps sur la guerre, y compris sur des détails anodins, comme rebaptiser des districts qui ont été conquis dans le Donbass. Le reste du temps, il ne s'intéresse absolument pas aux affaires courantes de la Russie. Il passe le reste du temps avec les visites d'étrangers.
C'est révélateur d'un enfermement mental qui est peut-être au centre de tout ce dont on parle depuis le début. - P.Lescure: Dans ce contexte, Dans 5 mois vont se dérouler les élections législatives en Russie.
La campagne va être nationaliste. Votre ami Soloviev va s'en donner à coeur joie. Est-ce qu'un candidat de l'opposition peut émerger? - P.Gogo: Non.
Il n'y a plus aucune liberté. Il y a bien un parti, Iabloko, qui existe encore. On ne va leur laisser aucune marge de manoeuvre.
Ca ne se joue plus là. Ca se joue dans l'intérêt que les Russes vont donner à cette élection. - P.Cohen: La participation. - P.Gogo: C'est intéressant.
Il y a des responsables au Kremlin qui seraient furieux des coupures d'Internet. Ils sont en train d'essayer de planifier les élections, qui doivent rapporter un résultat bon à V.Poutine.
Tout est compliqué. Les gens sont furieux. La guerre, on ne sait pas si ça va continuer ou s'arrêter.
Il y a trop d'incertitudes. Les techniciens du Kremlin, qui essayent de construire cette élection...
Là, ils seraient en difficulté à la vue de l'état d'esprit de la population. - A.-E.Lemoine: C'est le taux de participation qu'il faudra surveiller? - P.Haski: C'est le climat général autour de ces élections.
Est-ce que l'inquiétude et les tensions qu'on ressent en ce moment seront toujours d'actualité? Les nouvelles du front...
Ce sont des informations qui circulent très peu en Russie. Il y a une inversion. C'est la Russie qui, après 2 ans pendant lesquels il y avait ce grignotage permanent qui finit par changer la donne...
C'est fini. Il y a un an, on était sur les plateaux de télévision français à spéculer sur un effondrement de l'armée ukrainienne. Aujourd'hui, l'armée ukrainienne a reconquis modestement des territoires.
C'est surtout qu'elle a inversé la tendance. C'est quelque chose d'absolument important. Est-ce qu'au moment des élections, on en sera encore là?
Il y a beaucoup de points d'interrogation. Les choses changent très vite. Il y a le climat international.
D.Trump, la semaine dernière, a eu un appel téléphonique avec V.Poutine.
Dans ses déclarations à la presse à la fin, il a dit: "L'Ukraine a perdu la guerre." C'est cette idée que répète D.Trump après avoir parlé à V.Poutine. - P.Cohen: Pendant 1 heure 30. - P.Haski: C'est incroyable.
C'est contredit par les généraux américains qui, eux, sont en contact avec l'armée ukrainienne. Tout ça joue pour créer un véritable climat autour de ces élections, lorsqu'elles auront lieu. - E.Tran Nguyen: D.Trump a menacé l'UE de surtaxes douanières de 25 % sur les voitures, contre les 15 % actés précédemment.
Cela pourrait avoir des conséquences graves pour l'Allemagne, dont l'industrie automobile est le fleuron. 15 milliards d'euros de pertes, ce qui a été estimé. Décision qui fait suite à la décision du chancelier allemand, qui avait livré son analyse de la guerre menée en disant que les Iraniens sont plus forts que prévu et que les Américains n'ont visiblement aucune stratégie convaincante dans les négociations.
Pour venir au secours de l'Allemagne et défendre l'intégrité de l'Union européenne, E.Macron avait répondu par la menace. - E.Macron: Dans la période géopolitique que nous vivons, des alliés comme les Etats-Unis d'Amérique et l'UE ont bien mieux à faire que d'agiter des menaces de déstabilisation.
Nous sommes pour que le commerce soit libre et juste. Il faut que les règles de l'OMS soient respectées. Si tel ou tel pays était menacé par des droits de douane, l'UE s'est dotée d'instruments qui devront être activés.
Cela correspond à leur vocation. - E.Tran Nguyen: En février dernier, il y a eu une salve de droits de douane retoqués par la Cour suprême.
Depuis, D.Trump se base sur d'autres lois et continue ses pressions économiques. Il menace et assume face aux entrepreneurs. ... - E.Tran Nguyen: Nos téléspectateurs réagissent... "Il faudrait montrer les muscles." Le chancelier allemand a totalement changé de ton depuis ces menaces.
Il a dit que D.Trump avait finalement raison. "Oui, l'Europe met trop de temps à finaliser l'accord commercial avec les Etats-Unis." Il a tweeté que les Etats-Unis étaient le partenaire le plus important de l'Allemagne dans l'Otan.
Ce revirement spectaculaire du président allemand, après avoir proféré des vives critiques...
Il mise sur cette diplomatie conciliante, histoire d'amadouer le président. Est-ce qu'on est tous condamnés à le caresser dans le sens du poil, D.Trump? - P.Haski: Tous les pays ont de la politique intérieure.
En Allemagne, une partie de la classe politique et des médias a critiqué F.Merz pour les propos qu'il avait tenus. Il avait été plus loin.
Il avait dit que D.Trump avait été humilié par l'Iran. Ce mot, "humilié", fait mouche chez D.Trump.
Le revirement de F.Merz est en partie dû au fait que, dans son propre camp, il n'a pas fait l'unanimité avec ses propos. Il y a malgré tout un vrai tournant en Europe, qui a commencé en janvier, avec le Groenland.
Le Groenland, ça a été le déclic parmi les dirigeants européens du fait que tendre l'autre joue à Trump et le prendre dans le sens du poil, comme on le fait depuis qu'il est revenu à la Maison-Blanche, ça ne produit strictement rien de bon. On continue à avoir des droits de douane, cet accord commercial qui pénalise les Européens, une revendication absurde sur le Groenland et la menace... - P.Cohen: C'est en sourdine, aujourd'hui. - P.Haski: Parce que les Européens ont réagi.
Il y a eu ce tournant. Aujourd'hui, ça fait que la position d'E.Macron est moins isolée qu'elle ne pouvait l'être il y a quelques semaines.
Je pense qu'il y a une prise de conscience réelle chez les Européens, qu'on est confrontés à un président qui ne nous veut pas du bien. Le document stratégique américain de décembre désignait le modèle de démocratie libéral européen comme "foutu", "la fin de la civilisation européenne", et disait que la solution était chez les patriotes. De l'autre côté, il ne nous fait pas de cadeau.
La 2e étape de ce réveil, c'est aussi que tous les pays européens ont refusé de répondre à l'appel de D.Trump à le rejoindre dans le détroit d'Ormuz. En 2003, l'Europe avait été divisée sur la guerre en Irak.
La France et l'Allemagne avaient dit "non". L'Angleterre, l'Italie et l'Espagne y étaient allées. Là, il n'y a pas un pays européen qui a accepté de rentrer dans cette guerre en Iran. - A.-E.Lemoine: P.Haski, vous nous aidez à comprendre le monde sur France Inter, YouTube et en librairie, avec "La Fin d'un monde".
En librairie, on retrouve également "Moscou Parano", signé P.Gogo. La Story de L.Amar. - Le coup d'envoi donné par le frère de C.Gleizes...
Paris s'associe à cette demande de libération de C.Gleizes. - Les parents de C.Gleizes donneront le coup d'envoi, accompagnés de l'arbitre du match. - L.Amar: C'est l'histoire d'un journaliste sportif toujours emprisonné, à 37 jours du début de la Coupe du monde.
C.Gleizes est en détention après un reportage auprès d'un groupe de foot kabyle. Il est accusé d'avoir entretenu des liens avec des indépendantistes.
Il est condamné à 7 ans de prison pour apologie du terrorisme. Il devait se pourvoir en cassation. Ce ne sera pas le cas. - C'est un acte très important, symbolique.
Ca veut dire que, pour la libération de Christophe, il n'y aura plus que la grâce. Il y a bientôt la Coupe du monde de football, où l'Algérie participera. On croit beaucoup à cette échéance. - On voit mal une Coupe du monde parfaitement sereine si on sait qu'il y a un journaliste sportif français, spécialiste de football, en prison. - Je ne vois pas comment, lorsqu'il y aura cet événement, Christophe ne sera pas parmi nous à regarder les matchs. - L.Amar: Il est incarcéré dans une prison à côté d'Alger.
Sa mère et son beau-père ont pu lui rendre visite en avril. - Je répète ce qu'il nous a dit: "Maman, Francis, vous vouliez une retraite apaisée. Grâce à moi, elle est épicée." Toujours cet humour.
On se dit qu'il est fort, combatif. On ne peut pas lâcher. A un moment donné, on demandera un parloir rapproché pour qu'on puisse le serrer dans nos bras. - C'est le plus dur, de ne pas pouvoir le toucher? - Oui. 310 jours derrière les barreaux, c'est long. - L.Amar: Dans sa cellule, C.Gleizes a une télévision.
Il regarde les matchs de foot. Plusieurs clubs l'ont soutenu publiquement. Sa mère a même donné symboliquement le coup d'envoi du match de Ligue 1 entre Paris FC et Brest.
Le PSG est critiqué pour sa discrétion. C'est le club de coeur de Christophe. Un seul message posté sur X. - C'est un club regardé partout dans le monde, dont en Algérie.
C'est le club préféré de Christophe. On contacte tous les joueurs. On me dit que c'est compliqué parce qu'il y a des intérêts individuels, étant donné l'origine du joueur... - Ses Parents parlaient de Z.Zidane. - On n'a pas de réponse.
On aurait envie qu'il s'implique. Il a un poids qui pourrait faire la différence. - L.Amar: Le mois dernier, le président de la Fifa était en Algérie.
Il a rencontré le président Tebboune et lui a glissé un mot à propos de C.Gleizes. Seule une grâce présidentielle permettrait de libérer le journaliste.
Une nouvelle polémique, la semaine dernière, quand E.Macron a qualifié de "maboules" ceux qui cherchent à se fâcher avec l'Algérie. Allusion transparente à B.Retailleau, qui a fait mentir la droite. - Dans le cadre des relations franco-algériennes, pouvez-vous nous donner votre définition du terme "maboule"? - Quand je suis arrivé, nous n'avions plus aucune relation avec l'Algérie.
Nous avons réenclenché un dialogue sécuritaire, migratoire. Les choses se sont réenclenchées. - L.Amar: Il y a 2 jours, B.Retailleau, patron des Républicains, a répondu à E.Macron. ...
La charge est lourde, mais B.Retailleau a toujours été un partisan du rapport de force avec l'Algérie. Aujourd'hui, le beau-père de C.Gleizes appelle à l'apaisement. - La France a tout à gagner à coopérer avec l'Algérie.
Ca ne veut pas dire qu'on est dans une attitude de soumission. Cette attitude n'est ni de droite ni de gauche. Elle est transpartisane.
On a beaucoup à perdre à faire monter l'hostilité entre nos pays. La libération de Christophe serait complètement une résultante de ce travail de rapprochement avec l'Algérie. - L.Amar: P.Haski, vous êtes président de Reporters sans frontières, qui soutient C.Gleizes.
Est-ce que vous diriez que ceux qui veulent aller au bras de fer avec l'Algérie sont des maboules? - P.Haski: Je ne sais pas si c'est le bon mot... - P.Cohen: C'est un mot arabe! - P.Haski: L'instrumentalisation de la conflictualité et des tensions avec l'Algérie dans le débat politique intérieur français dessert le sort de C.Gleizes, mais, globalement, la capacité d'entente et de bons rapports avec l'Algérie.
On a un vrai souci. Déconnectons les relations avec l'Algérie de la politique intérieure française. - A.-E.Lemoine: "A vendre, gentilhommière de 14 pièces recouverte de vignes, surplombant un terrain de 2 ha, située à l'entrée du village de Colombey-les-Deux-Eglises." Le seul domicile personnel du général de Gaulle qu'il n'a jamais possédé.
Il y a fini ses jours en 1970. Il s'y est installé en 1946, après avoir quitté une 1re fois le pouvoir. - De Gaulle ira-t-il demain dans son petit village de Colombey habiter une maison, la sienne?
Il n'y a jamais encore habité. A Londres, il disait "ma maison de France". - A.-E.Lemoine: Bonsoir, J.-L.Barré, écrivain, historien et biographe du général de Gaulle.
On sait que les héritiers du général souhaitent se séparer de La Boisserie, une demeure tout sauf anodine, qui attise les convoitises, celles de l'Elysée et du département de la Haute-Marne. L'Elysée considère que c'est un bâtiment national qui doit revenir à la République. - J.-L.Barré: Cette maison appartient à la France, à l'histoire de France.
Elle se confond avec la personnalité et l'histoire de C.de Gaulle. A ce titre, elle nous concerne tous.
On a mis beaucoup de temps à réaliser que l'Etat avait un devoir par rapport à ça. - A.-E.Lemoine: L'Etat aurait dû l'acquérir plus tôt? - J.-L.Barré: La question aurait pu être réglée il y a 30 ans.
Elle se pose dans des conditions Un peu particulières, avec une famille qui souhaite se séparer de cette maison...
Dans l'après-midi, j'ai eu Y.de Gaulle au téléphone, un homme que je connais bien...
Parmi les 4 frères, c'est le plus, peut-être pas raisonnable... - P.Cohen: Ne jetez pas la zizanie dans la famille! - J.-L.Barré: Je connais vraiment Y.de Gaulle.
Il m'a confirmé que cette maison restera entre les mains d'une collectivité publique, l'Etat ou le département. En aucun cas ce sera entre les mains d'un privé. La rumeur a circulé. - A.-E.Lemoine: On aurait pu craindre qu'elle soit vendue au plus offrant.
Des estimations circulent, entre 800 000 et 3 millions d'euros. C'est une demeure inestimable? - J.-L.Barré: La question ne se pose pas en termes d'argent.
Je comprends que la famille pose la question de cette manière. Il y a des besoins financiers que je n'identifie pas...
Je ne connais pas les réalités financières de la famille de Gaulle. C'est au-delà de l'argent. C'est une valeur morale, intellectuelle, culturelle, historique.
Ca devrait échapper à un débat un peu limité. - A.-E.Lemoine: Cette demeure, vous la connaissez bien.
Vous y avez eu un accès assez exclusif. Vous êtes le seul qui a eu accès au bureau du général, où il a écrit ses mémoires. - J.-L.Barré: C'est grâce à l'amiral de Gaulle, auquel j'étais très lié...
Il m'avait dit: "Je vous autorise à franchir le cordon." Il y a un cordon qui interdit d'accéder au bureau du général. Il m'a permis...
Il est au rez-de-chaussée, dans le bureau d'angle. Il y a écrit ses mémoires de guerre, ses mémoires d'espoir...
Dans sa réussite, il a quitté son bureau en fin d'après-midi et il est mort foudroyé. Il m'a permis d'inventorier cette bibliothèque. C'était intéressant de savoir ce que de Gaulle lisait.
Il lisait Chateaubriand, Barrès. J'ai découvert des ouvrages qui lui avaient été adressés par J.Cocteau, P.Eluard, L.Aragon.
On découvre le rayonnement de cet homme. - A.-E.Lemoine: C'est une maison en l'état.
On y trouve encore une barrière en bois Installée dans l'escalier pour éviter que les enfants ne chutent. Elle existe encore? - J.-L.Barré: Oui.
Il y a le toujours le minigolf qui avait été installé pour les enfants. Il y a les cadeaux. - A.-E.Lemoine: Le coffre à cigares offert par F.Castro, le cadeau de la reine Elisabeth... - J.-L.Barré: La bibliothèque est très émouvante.
Il y a celle à laquelle on peut accéder et celle qui est de l'autre côté du cordon. Là, c'est l'univers intellectuel de C.de Gaulle.
On ressent sa présence en tant qu'auteur. Il était face à la forêt. - A.-E.Lemoine: Il s'y rendait toutes les 2 semaines, quand il était au pouvoir.
Il a fait installer le téléphone que de très mauvaise grâce. - J.-L.Barré: Il détestait répondre au téléphone.
Quand on lui passait le téléphone, il grognait. Mais il était obligé de répondre de temps en temps. - A.-E.Lemoine: Une maison à laquelle Yvonne de Gaulle était très attachée.
Y.de Gaulle s'y sentait moins à l'aise qu'à La Boisserie, à l'Elysée. - J.-L.Barré: Il a acheté La Boisserie en viager.
La femme est morte très vite... - A.-E.Lemoine: En 1939. - J.-L.Barré: Il cherchait une maison où Anne pourrait se reposer.
Elle serait à l'abri des turbulences de la capitale. Il cherchait un refuge pour écrire, pour méditer, à mi-chemin entre Paris et les casernes de l'est avant-guerre. Annie y est morte en 1948. - A.-E.Lemoine: Il y a l'héritage matériel, politique.
On se dispute l'héritage de De Gaulle. D.de Villepin se présente comme l'un des derniers gaullistes.
G.Darmanin se revendique du gaullisme social. Il est urgent de s'inspirer de De Gaulle pour M.Le Pen.
Il s'est comparé à un insoumis pendant la Deuxième Guerre mondiale, selon J.-L.Mélenchon. "Ma droite, c'est de Gaulle", signe E.Zemmour. - J.-L.Barré: C'est de l'abus de mémoire.
C'est le grand homme du XXe siècle en France. C'est facile de s'abriter derrière lui. C'est un exemple exigeant sur bien des sujets.
J'espère que ceux qui briguent la fonction présidentielle seraient à la hauteur de ses propres exigences en termes d'indépendance nationale, de justice sociale, d'équité, le fait aussi de ne pas être lié à un parti politique...
Tous les candidats passent par un parti, donc on a affaire qu'à des hommes de parti. Ce n'est pas gaulliste. De Gaulle a dépassé l'idée des clivages politiques et des partis pour incarner l'intérêt général et une certaine idée de la France.
Il a dépassé ça...
Ca ne voulait pas dire, et c'est le contraire du macronisme...
Il n'essayait pas de nier les différences idéologiques. Il disait qu'un chef d'Etat se situe au-delà de ces différences. Donc on est très loin...
Concernant l'extrême droite, le problème devrait être réglé depuis longtemps. C'est un parti dans lequel on a tenté de tuer de Gaulle. Si on se rappelle de ça, on pourrait être un peu plus pudique dans la façon d'aborder le général.
Le général ne se reconnaissait pas dans les extrêmes, dans les partis... - P.Cohen: Il en a quand même fondé un, pardon...
Ceux qui dirigeaient le parti qu'il avait fondé ont entretenu cet esprit de parti, y compris dans les années 60... - J.-L.Barré: Il n'a jamais été lié à un parti...
Il a créé le RPR parce qu'il avait payé en 1946 le fait de ne pas avoir de formation politique, mais il s'est toujours tenu à distance, à sa manière. Quand il a décidé de se présenter à la présidence, il n'a pas demandé l'autorisation de son parti. - E.Tran Nguyen: Preuve que c'est le dernier grand homme du XXe siècle, il va être au coeur d'une superproduction, "La Bataille de Gaulle", avec, dans le rôle du général, S.Abkarian.
Presque 60 ans après sa mort, il continue de fasciner autant, même pour le cinéma? - J.-L.Barré: C'est le dernier grand mythe français.
C'était lui-même un homme de théâtre, de spectacle. Je pense qu'on va le retrouver dans le film...
Surtout cette grande période entre 40 et 45, une période inouïe de défis permanents...
Cet homme a su préserver une France qui n'existait plus. Tout ça relève du mythe et de l'aventure. Avec des personnages fabuleux qui l'entouraient! - A.-E.Lemoine: Je renvoie à votre premier tome de la biographie que vous consacrez à de Gaulle: "De Gaulle, une vie, le premier des Français".
Non, c'est dans l'autre sens...
Le 3e tome s'intitulera "De Gaulle, le souverain". - J.-L.Barré: J'aimerais que ceux qui sont candidats à la présidence disent qu'ils ne sont l'homme de personne. - A.-E.Lemoine: Formidable conclusion.
On commence avec le cauchemar sans fin pour la croisière contaminée au hantavirus. - L.Sénéchal: L'OMS confirme: 7 cas de cette maladie et on soupçonne une transmission interhumaine.
Les seuls cas confirmés de transmission interhumaine viennent d'une souche argentine. Le foyer est localisé sur le bateau de croisière parti d'Ushuaïa, en Argentine. Un passager s'est vite senti mal.
Il est mort le 11 avril. Regardez comment le capitaine a annoncé cette nouvelle tragique. ... - L.Sénéchal: Malgré la mort de ce passager, le capitaine ne donne aucune consigne particulière.
Il parle de "mort naturelle" et insiste sur ce point. ... - L.Sénéchal: Le corps est resté 2 semaines à bord du navire avant d'être débarqué sur l'île de Sainte-Hélène. 2 semaines pendant lesquelles les règles sanitaires n'ont pas été scrupuleusement respectées.
On pensait que ce n'était pas contagieux, à ce stade. Il y a eu d'autres cas, notamment la femme de ce monsieur, qui est morte ensuite. Les gens étaient sans masque, sans protection, comme si de rien n'était. ... - L.Sénéchal: Aujourd'hui, tout le monde est bien confiné.
On sait que c'est le hantavirus. Il y a 747 passagers toujours à bord, dont 3 avec de sérieux symptômes. Le navire ne peut accoster nulle part.
Des négociations sont en cours avec les Pays-Bas et les Canaries. Mais un dirigeant des Canaries a estimé qu'il serait préférable qu'ils accostent ailleurs, par exemple en Espagne continentale. - A.-E.Lemoine: On en vient au procès d'un animateur pour agressions sexuelles sur des écolières. - L.Sénéchal: 78 agents ont été suspendus à Paris, dont 31 pour des soupçons de violences sexuelles.
C'est le 1er procès, qui concerne un homme de 47 ans accusé par 9 fillettes. Une des mamans témoigne sur France Inter. - Notre fille avait évoqué des surnoms, comme "mon bébé d'amour", qui la mettaient mal à l'aise.
On a voulu voir la directrice. Elle parle de câlins non consentis avec insistance sur la poitrine et des propos très explicites comme "je voudrais te faire des bisous partout, mais je ne peux pas". La directrice a tout de suite agi. - L.Sénéchal: Les parents des enfants ont salué leur présence d'esprit et leur courage, ce qui a permis de mettre en lumière les gestes de l'animateur. - Cette audience n'aurait pas été possible sans le courage des filles qui ont trouvé la force de dénoncer cet homme.
Elles ont fait preuve d'une maturité et d'une lucidité remarquables. Nous espérons que ce procès donnera à d'autres enfants victimes la force de parler et leur permettra de comprendre que ce qu'ils subissent n'est ni normal ni acceptable, qu'il existe des adultes et une justice capables de les écouter, de les croire et de les protéger. - L.Sénéchal: L'enjeu est de permettre à ces enfants de se reconstruire.
C'est aujourd'hui des adolescents. E.Grégoire a parlé d'un problème systémique et a lancé un plan d'action de 20 millions d'euros pour le périscolaire. - A.-E.Lemoine: Chantal Nobel est morte. - L.Sénéchal: Elle avait 77 ans.
Elle avait connu le succès au théâtre avant de devenir une star de la télé. Elle incarne une avocate et directrice d'un quotidien régional ambitieuse et dynamique. "Châteauvallon" bat tous les records grâce à son générique signé V.Cosma. - Tout se confond aveuglément dans la folie et dans le sang. - L.Sénéchal: 11 millions De téléspectateurs le premier jour de la diffusion, 17 millions le deuxième.
C'est ce qu'on appelle un succès populaire. La série ne va durer qu'une seule saison en raison du grave accident de l'actrice. Elle va passer 3 semaines dans le coma après un accident de voiture.
Chantal Nobel intentera un procès à S.Distel. Il se défend avec une nonchalance certaine. - S.Distel: Elle quitte le centre de rééducation aujourd'hui.
Ca sous-entend que ça va beaucoup mieux. J'espère qu'elle pourra très bientôt faire sa rentrée d'actrice. - Il y a un procès en cours, je crois. - S.Distel: C'est des histoires d'assurances...
Dans un accident grave comme ça où il y a une incapacité de travail, il faut que chacun essaie de s'en tirer. - L.Sénéchal: Il a été condamné à un an de prison avec sursis pour blessures involontaires.
Une cérémonie pour lui rendre hommage aura lieu après-demain, dans la ville où elle vivait depuis les années 80. - A.-E.Lemoine: E.Macron pousse la chansonnette. - L.Sénéchal: Il est en Arménie.
Il a été surpris par un patient qui chante "La Marseillaise". Ca lui a peut-être donné des idées...
Quelques heures plus tard, il est accompagné à la batterie par le Premier ministre arménien... - E.Macron: Et bien que miséreux, Avec le ventre creux... - LA BOHEME!
LA BOHEME! - L.Sénéchal: C'est le Premier ministre arménien... - P.Cohen: Il n'est pas en rythme! - A.-E.Lemoine: Il est hors tempo. - L.Sénéchal: E.Macron n'est pas le premier chef d'Etat à avoir chanté.
On se souvient de Giscard avec un accordéon. On se souvient moins de Giscard avec C.François, un duo piano-voix. ... - L.Sénéchal: Il prend moins de risques, Giscard, qu'E.Macron.
Dernier exemple de N.Sarkozy, qui tente de reprendre du Johnny. C'était en 2001, avant qu'il soit président. - N.Sarkozy: Je veux partager autre chose que l'amour dans ton lit et entendre la vie sous tes cris.
Je pense que ma prestation peut s'arrêter... - L.Sénéchal: Il y en a d'autres, des présidents qui ont poussé la chansonnette. - A.-E.Lemoine: 40 personnalités, celles qui vont intégrer la nouvelle édition du "Petit Larousse". - L.Sénéchal: Je donne une définition de la personne et vous me dites que c'est facile. "Basketteur"... - A.-E.Lemoine: V.Wembanyama! - L.Sénéchal: "Il a brillé sur scène ces dernières années dans une comédie musicale"... - P.Cohen: L.Lafitte. - L.Sénéchal: Il a été auréolé d'un Molière. "Une comédienne belge qui a été découverte par les frères Dardenne.
Elle a joué avec..." C'est E.Dequenne.
Elle nous a quittés l'an dernier. "Ecrivain américain francophone, fait chevalier des Arts et des Lettres." - P.Cohen: D.Kennedy.
Un écrivain américain francophile, il n'y en a pas deux. - L.Sénéchal: R.Duris entre aussi dans "Le Petit Larousse".
Il y a aussi G.Diop... - A.-E.Lemoine: Continuez à nous montrer "De Gaulle, une vie, le premier des Français", les mémoires de guerre de C.de Gaulle, que vous préfacez...
P.Gogo, "Moscou Parano". Merci.
Charles de Gaulle