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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 23 avril 2026 7 minComplaisantDivertissement

Paul Seixas remporte la Flèche Wallonne : "Un exploit pour sa première participation", salue Claire Bricogne

Source d'origine 2 locuteurs

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0:00
Présentateur

Il est 6h21, c'est la nouvelle star du cyclisme français. Paul Sexas, 19 ans, réalise un début de saison canon. Nouvelle preuve hier en Belgique, avec sa victoire sur la flèche Wallonne au sommet du terrible mur de Huit, sa première classique. Sexas séduit le public et impressionne le peloton. Bonjour Claire Bricogne. Bonjour. Vous êtes journaliste sur la chaîne L'Équipe. Vous présentez Ça va frotter, émission dédiée au vélo pour nos auditeurs qui ne sont pas spécialistes de cyclisme. Il faut dire que c'est l'une des courses les plus prestigieuses au monde. La flèche Wallonne, c'est le plus jeune coureur de l'histoire à la remporter. C'est un exploit.

0:45
Invité

Oui, c'est un exploit. En effet, pour sa première participation, ça vous l'avez compris. Et puis la manière également. C'est-à-dire qu'il y a un écart avec les concurrents derrière. Ils se retournent dans la montée. Il part plus tôt que ce qu'on aurait pu penser hier. C'était vraiment assez impressionnant.

1:02
Présentateur

Et quand on voit son visage, sa célébration sur la ligne d'arrivée, on dirait qu'il est là depuis 15 ans, Paul Secsas. On n'a jamais vu une telle précocité. Même Tadej Pogacar, c'est votre confrère Alexandre Ross qui l'écrit dans l'équipe ce matin. À 19 ans, Tadej Pogacar, il mangeait encore de la pizza. Et Paul Secsas, lui, il gagne la flèche Wallonne.

1:22
Invité

Oui, c'est ça. En fait, on a l'impression qu'il est à sa place. Paul Secsas, c'est très étonnant. Après, c'est un coureur qui est suivi par cette formation depuis qu'il a 16 ans.

1:32
Présentateur

L'équipe des 4 ans, CMA-CGM, équipe française.

1:35
Invité

Exactement. Et donc, on voit, il connaît ses données, il connaît ses capacités, il connaît sa force depuis ce moment. Et on raconte dans son équipe qu'il a toujours été très pointilleux à l'entraînement, faire attention à tous les exercices qu'il fait bien faire, etc. Et donc, en fait, c'est comme s'il était préparé à ça. Et c'est très étonnant, vous parlez de sa réaction hier, en fait. C'est très étonnant parce que quand on le voit, il est toujours très cool, Paul Secsas. C'est comme si tout coulait sur lui. C'est assez impressionnant, alors qu'en fait, il enchaîne les exploits. Et en plus, avec une précocité assez impressionnante.

2:12
Présentateur

Oui, il l'impressionne grâce à sa sérénité. Une certaine aussi science de la course, comme on dit dans le peloton. Il a beaucoup insisté sur le travail de son équipe. Hier encore, il a remercié ses copains à l'arrivée. C'est un vrai leader aussi, déjà, à 19 ans seulement, encore une fois.

2:29
Invité

Oui, c'est exactement ça. Et ce n'est pas simple d'être un leader parce que le cyclisme, c'est d'abord un sport d'équipe qui ensuite couronne quelqu'un en individuel. Donc, c'est vrai qu'il faut pouvoir faire ça. Il arrive même à se mettre au service de coéquipier. Parfois, l'année dernière, il était à deux doigts de gagner une étape du Tour des Alpes. Ça aurait été son premier gros résultat chez les professionnels. Et il a laissé sa victoire à Nicolas Prodom, son coéquipier, contre l'avis même de ses directeurs sportifs. Donc, c'est vraiment quelqu'un qui sait faire ça, qui n'a aucun souci à faire ça. Et puis, en fait, qui sait aussi changer.

Il l'a dit hier, le plan, ce n'était pas vraiment celui qui s'est réalisé pendant la course. C'est aussi ça, le cyclisme, finalement. Et pourtant, il s'en sort très, très bien au final. Donc, c'est aussi ça, en fait. Il a vraiment les capacités, en plus, à rebondir et à prendre les bonnes décisions.

3:13
Présentateur

Encore une fois, pour ceux qui ne suivent pas particulièrement le vélo, Claire Bréconne, comment on peut expliquer que Paul Sexas soit si fort ? Quelles sont ses caractéristiques ?

3:23
Invité

En fait, il est bon partout. Et on se demande où est le point faible de Paul Sexas. Et il n'y en a peut-être pas, d'ailleurs. Et en fait, hier, ce qui est encore plus impressionnant, c'est que la montée du mur de 8, c'est un effort assez court. C'est-à-dire que c'est quand même un effort de puncher. On appelle ça les punchers. Ce n'est pas un effort de grimpeur où on a l'habitude de le voir lui. Il a bien travaillé, spécifiquement, depuis le début de l'année, sur cet effort, etc. Mais il ne l'avait jamais réalisé en course, en fin de course, comme ça s'est passé hier. Et on a vu hier l'énorme domination. Donc, c'est aussi ça, en fait.

C'est que, pour l'instant, il prouve qu'il est bon partout. Et en plus, là où on ne sait pas ce qu'il vaut, il montre qu'il est excellent. C'est-à-dire que, pour l'instant, par exemple, il est bon dans les montées longues. Il est bon contre la montre. Il est bon dans les efforts longs et difficiles. La seule interrogation, c'est de savoir s'il peut tenir sur trois semaines.

4:10
Présentateur

Et justement, la question, c'est est-ce qu'il va faire le Tour de France ?

4:14
Invité

Alors, c'est un petit peu une réponse boule de cristal que je vais vous faire. Parce qu'évidemment, on n'a, pour l'instant, aucune information. La décision devrait être prise, normalement, après Liège-Bastogne, c'est-à-dire après dimanche. Pour l'instant, nous, on entend, en tout cas, dans les arcanes de tout ça, que oui, la décision est plutôt oui. Mais vraiment, pour l'instant, c'est juste qu'on n'a aucune information officielle. En tout cas, moi, je ne vois pas de raison pour qu'il ne le fasse pas.

4:41
Présentateur

Est-ce que, tout de même, quand on court, parce que c'est sa première saison complète chez les professionnels, est-ce qu'il ne faut pas faire attention à ne pas brûler les étapes ? Et est-ce que ce n'est pas pour ça qu'on s'interroge chez Decathlon CMA-CGM sur le fait de le mettre ou pas au départ du Tour de France ?

4:56
Invité

Oui, bien sûr. Surtout que la pression médiatique, évidemment, peut être un poids. En plus, ce n'est pas forcément le premier passage obligé pour les grands champions. Normalement, on démarre plus par La Vuelta, par exemple, qui est le grand tour d'après en Espagne, exactement, et qui est un peu plus calme médiatiquement, peut-être. Alors, il y a certainement ça. Et en même temps, il est tellement cool, vraiment, Paul Seixas, quand on le rencontre, on interview, etc. Et même hier, par exemple, en conf de presse, il s'amusait un peu de voir, je ne sais pas, les gens tous présents ici, etc. Donc, après, c'est plutôt à l'intérieur de voir s'il est capable de gérer ça.

Mais en tout cas, tous les signes qu'il donne de manière extérieure ne sont pas du tout négatifs par rapport à cette pression.

5:38
Présentateur

Un tout dernier mot, Claire Bricogne, Liège-Bastogne-Liège, donc dimanche. Cette fois, il y aura Tadej Pogacar, qui est le meilleur coureur du monde. C'est indiscutable. Est-ce que Paul Seixas est aujourd'hui le premier concurrent de Tadej Pogacar ?

5:50
Invité

Il y a Rem Kwevenpool également aussi. Mais là, évidemment, c'est difficile de ne pas le mettre dans les meilleurs. Encore une fois, il y a eu quelques confrontations en one-to-one. À chaque fois, pour l'instant, sur les championnats d'Europe, sur les stradés bianqués, Paul Seixas est lâché par Tadej Pogacar. Donc, à voir. On n'a pas vu, en tout cas, de confrontation avec le niveau de Seixas aujourd'hui face à Pogacar. Mais oui, ça va donner un truc super. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que c'est vraiment le coureur à suivre après Pogacar. Vous avez raison.

6:22
Présentateur

Merci, Claire Bricogne. Je rappelle que vous êtes journaliste pour la chaîne L'Équipe. Merci d'avoir été sur France Inter ce matin. Bonne journée, la météo et les infos dans une minute.