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interviewFrance Inter — Questions politiques· 5 décembre 2021 54 min

Présidentielle : Christophe Castaner critique une droite "rabougrie, rétrécie, extrême-droitisée"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Il est midi 4 sur France Inter et c'est l'heure de retrouver Questions Politiques avec Thomas Snégaroff. Dans Questions Politiques, le rendez-vous politique du dimanche de France Inter, de France Info, à la télévision en partenariat avec le journal Le Monde. Celui qui a accepté notre invitation jusqu'à 13h a été socialiste avant d'être l'un des premiers à suivre Emmanuel Macron participant au lancement d'En Marche en avril 2016 avant d'être réélu député sous les couleurs du parti présidentiel en 2017.

Sa fidélité totale à l'égard du président de la République pour lequel il évoque une fascination avec une dimension amoureuse est récompensé par le poste de ministre de l'Intérieur en octobre 2018. Une expérience qui s'achèvera en juillet 2020 sur fond de forte défiance des policiers et après la gestion pour le moins musclée de la crise des gilets jaunes. Redevenu parlementaire, il devient président du groupe La République En Marche à l'Assemblée Nationale Poste qui l'occupe aujourd'hui. Alors à 4 mois et quelques jours du premier tour de la présidentielle, quel bilan fait-il d'un quinquennat marqué par de nombreuses crises ? Les députés LREM n'auront-ils été que des godillots ?

La nomination de Valérie Pécresse comme candidate des Républicains est-elle une mauvaise nouvelle pour Emmanuel Macron ? Enfin, alors qu'Éric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon tiennent meeting cet après-midi, attaquant de droite comme de gauche le président, n'est-il pas temps pour lui d'entrer pleinement dans la campagne ? Ces questions et bien d'autres, nous les poserons à notre invité. Avec nous en direct jusqu'à 13h, Christophe Castaner, c'est lui, est l'invité de Questions Politiques. Questions Politiques, Thomas Mégaroff sur France Inter. Bonjour Christophe Castaner. Bonjour.

Pour vous poser des questions, je serai comme chaque semaine en compagnie de la grande bande de Questions Politiques. Avec cette semaine un grand visage de France Télévisions, Nathalie Saint-Cricq. Bonjour Nathalie. Françoise Fressos, une grande plume du monde. Bonjour Françoise. Bonjour à tous. Et Karine Becker, une grande voix de France Inter.

2:03
Invité

C'est sûr. Salut tout le monde.

2:04
Présentateur

Salut. Tout à l'heure, une autre grande voix de France Inter. Alexandra Metsaline viendra vous poser des questions d'économie. Et le hashtag QuestionPol pour vous poser les questions et donner les commentaires, notamment pour notre invité qui, j'espère, n'a pas trop la pression. Il doit être grand aussi aujourd'hui.

2:19
Paul Christophe

Vous savez, il ne faut pas vivre avec la pression, mais il ne faut jamais négliger cette part de pression. C'est peut-être celle qui, justement, vous rappelle nos fragilités. Et on en a tous. La France en a, nous en avons. Et c'est à partir de ces fragilités qu'on doit se battre pour améliorer notre quotidien.

2:35
Présentateur

La droite républicaine est de retour. Alors, ce n'est pas moi qui le dis. C'est Valérie Pécresse, investie hier par les adhérents de son parti Les Républicains. Ce sera donc elle qu'Emmanuel Macron devra affronter au premier tour le 10 avril prochain. Et dans son discours de victoire, Valérie Pécresse n'a pas été tendre du tout avec le président de la République. Je ne serais pas une présidente du zigzag et de la gaudille politique qui dit à chacun ce qu'il a envie d'entendre. Emmanuel Macron n'a qu'une seule obsession, c'est plaire. Moi, je n'ai qu'une seule passion, c'est faire. Alors, obsession, passion, vous lui répondez quoi, Valérie Pécresse ?

3:11
Paul Christophe

Qui est-elle ? Qui est-elle vraiment au terme de cette primaire interne ? Je rappelle que François Fillon avait été désigné comme candidat à LR avec 4 millions d'électeurs. Là, la candidate de LR a été élue avec quelques dizaines de milliers de voix, autant que M. Poisson qui était candidat à l'époque à la primaire interne. C'est ça la réalité d'une droite qui est rabougrie, qui est retrécie et qui est extrême-droîtisée. Mais à l'écouter, je pense qu'on ne parle pas du même président de la République. Ce qu'incarne Emmanuel Macron aujourd'hui, c'est une France qui est dans l'adversité.

Et il ne faut pas le nier, parce que les Français le voient bien, mais qui, dans cette adversité, peut porter une forme d'optimisme, d'engagement, de ne jamais abdiquer pour que notre pays aille mieux. Quant au fond, la droite, et on le voit bien, nous propose une France rance, une France sombre, avec l'éternel discours du déclin, ça va mal, ça va mal, ça va mal. Oui, il y a des difficultés, mais n'abîmons pas la France par un discours aussi brutal et aussi cynique.

4:06
Invité

La notion de séduction, au fond, plaire à tout le monde. Est-ce que ce n'est pas une des failles d'Emmanuel Macron aujourd'hui ?

4:14
Paul Christophe

Vous savez, quand on a réformé en profondeur la réforme de la SNCF, on ne cherchait pas à plaire à tout le monde, on cherchait à sauver la SNCF. Je vous dis cela, parce que c'est, je crois, la dernière grande manifestation que ce pays ait connu. 340 000 personnes, nous étions au printemps 2018. Et sur tous ces sujets, nous avons osé faire des choses qu'aucun gouvernement n'avait fait jusqu'à présent. Pas pour plaire, mais pour réparer la France.

4:37
Invité

Alors, malgré tout, elle est une femme, elle est réformatrice, elle a plutôt le sens de la répartie, elle a envie de s'en prendre au déficit. Est-ce que malgré tout, cette Valérie Pécresse n'est pas le pire des scénarios pour Emmanuel Macron ?

4:49
Paul Christophe

Non, vous savez, d'abord, quand vous êtes président sortant, vous ne faites pas votre activité quotidienne, celle de président, en fonction de vos adversaires. Mais il a l'air d'observer ce qui se passe, quoi ? Non, mais je pense que ce serait une erreur que de construire une campagne pour celle que nous allons construire en fonction de nos adversaires. Nous avons un bidon, il faut le défendre. Il faut aussi incarner et porter un projet, quelquefois en rupture, pour la prochaine présidentielle. Et donc, Valérie Pécresse a des qualités indéniables. Elle a aussi été ministre du budget, qui a augmenté la TVA de 5,5 à 7. Elle a été ministre d'un budget qui a mis en place la RGPP.

Vous vous souvenez de la RGPP ? Celle qui a supprimé autant d'emplois dans les hôpitaux, comme dans la police et la gendarmerie. Donc, elle sera aussi tenante de son bilan. Elle a de vraies qualités, et je ne les conteste pas. Elle est présidente région. Elle est d'ailleurs élue à la région Île-de-France depuis 20 ans, maintenant.

5:33
Invité

Mais est-ce qu'elle ne va pas aller récupérer l'électorat des Républicains, qui était venu chez Emmanuel Macron, parce qu'elle est libérale économiquement, elle est régalienne ? Est-ce que, finalement, elle ne va pas, effectivement, récupérer une partie de votre électorat ? Est-ce qu'elle n'est pas dangereuse à ce point-là ?

5:47
Paul Christophe

Écoutez, je ne sais pas si elle va récupérer une partie de notre électorat. La campagne le dira. Mais ce que j'ai vu pendant la primaire, c'est une librairie Pécresse, qui est tout sauf centriste dans son discours.

5:56
Présentateur

Vous dites que vous avez employé le terme « extrême-droitisé », ça veut dire quoi ?

6:00
Paul Christophe

J'étais que, globalement, cette primaire a montré qu'il y avait une dérive totale de la droite vers l'extrême-droite. Ils ont couru, pendant toute la primaire, derrière Éric Zemmour. Et d'ailleurs, Éric Ciotti ne dit pas autre chose. Dans la presse, il explique que, de toute façon, Valérie Pécresse devra mener une campagne à droite de la droite. Je vais vous traduire ça en termes ciottistes. Ça veut dire à l'extrême-droite. Et, effectivement, on peut poser des questions. Éric Ciotti nous a dit qu'il n'avait jamais voté Emmanuel Macron face à Marine Le Pen.

Que fera Mme Pécresse si, d'aventure, elle n'était pas en situation d'être au second tour et que c'est Marine Le Pen ou Éric Zemmour contre Emmanuel Macron ? On voit bien que ces deux droites, qui étaient l'une républicaine et l'autre tournée vers l'extrême-droite, sont en train de fusionner et de se tourner vers l'extrême-droite. Je crains que, pour elle, ce soit une campagne difficile. Mais au sein de son parti.

6:46
Invité

Justement, puisque vous avez l'air de dire que ce sont deux droites réconciliables et qui vont vers la droite et l'extrême-droite, est-ce que vous aussi, vous n'êtes pas entraîné, je parle de la Macronie, vers cette droite ? C'est-à-dire, en gros, on dit que la France est à droite. Quand on fait la somme des sondages des gens qui sont à l'extrême-droite ou à la droite, on a l'impression que c'est majoritaire dans le pays. Est-ce que ça ne vous oblige pas à être plus fort sur la sécurité, sur le régalien, sur l'immigration ? Ou est-ce qu'au contraire, vous allez aller un petit peu plus vers la gauche pour qu'il y ait deux zones bien distinctes ?

7:10
Paul Christophe

Je remarque. D'abord, être fort sur le régalien et sur la sécurité, pour moi, ce n'est pas être de droite. Je pense que la gauche aussi a besoin de sécurité. Alors, l'extrême-droitisation, quand vous dites ça,

7:18
Invité

vous faites allusion à... Quels sont les exemples d'extrême-droitisation de la droite ?

7:23
Paul Christophe

Je vais prendre un tout petit exemple. Mais quand Mme Pécresse, pour faire plaisir à ses électeurs internes, invente un concept où il y aurait des peines différenciées selon le territoire où vous habitez, pour viser au fond les banlieues et les jeunes des banlieues où ils auront des peines plus importantes que dans mes Alpes-de-Haute-Provence, je pense que c'est un contresens. Et qu'au fond, c'est nier toutes les valeurs de l'État de droit. Et ça va très loin. Et on pourrait faire la liste comme ça de ces expressions. Et c'est la ligne Ciotti qui, en ne faisant que 40%, mais 40% c'est énorme, va être la ligne de ce courant de pensée que portent les LR. C'est ça la réalité.

Et vous, qu'est-ce que vous faites par rapport à ça ? Et nous, la Macronie, entre guillemets, comme vous dites, ne doit pas se positionner entre cette droite et cette gauche. D'abord, je ne suis pas d'accord avec vous sur le fait de dire la France est à droite. Oui, le score des partis de gauche est faible. Mais pour une raison simple. C'est qu'une grande partie de l'électorat de gauche qui a voté François Hollande en 2012 a voté Emmanuel Macron en 2017 et reste fidèle à Emmanuel Macron.

8:18
Invité

Sans doute, mais ça ne fait pas non plus une majorité très forte pour le président de la République. Ça lui fait un socle important, mais pas une grosse majorité. Est-ce que vous ne regrettez pas, après coup, de ne pas avoir davantage structuré idéologiquement ce qu'on appelle la Macronie ?

8:32
Paul Christophe

Je pense qu'il nous faut structurer, mais ça sort de la dimension d'un président de la République et du gouvernement, structurer une offre centrale politique majeure et qui, aujourd'hui, n'est pas apparue. Et c'est ce que nous essayons de faire avec Ensemble Citoyens, avec la Maison Commune.

8:43
Invité

Est-ce que vous n'avez pas pris un peu de retard ?

8:45
Paul Christophe

Peut-être. Peut-être parce que, de toute façon, on continue, y compris dans votre regard de journaliste, et je ne suis pas critique en disant cela, à chercher à qualifier telle mesure de droite, telle mesure de gauche. Je pense que les Français s'en fichent un peu de savoir si ça rentre dans un couloir identifié à droite ou dans un tiroir identifié à gauche. Ils attendent de nous de chercher plus de liberté. Moi, en quittant le Parti Socialiste et en rejoignant Emmanuel Macron, je vous le dis du fond de cœur, j'ai trouvé de la liberté.

Celle d'arrêter de me poser la question de savoir si mon interlocuteur est de gauche pour savoir si son idée est bonne ou mauvaise ou de droite pour savoir si elle est mauvaise ou bonne. Non. On a trouvé de la liberté. Nos décisions ne sont pas marquées du saut d'une idéologie quelconque, mais de la volonté de faire avancer le pays.

9:24
Invité

Mais du coup, ça donne un peu prise à ce que dit Valérie Pécresse, le zigzag.

9:29
Paul Christophe

Oui, parce qu'elle est à droite-droite tout le temps. Je pense que ce n'est pas la ligne dont le pays a besoin.

9:34
Présentateur

L'autre fait politique de la semaine, c'est l'entrée enfin en campagne officielle d'Éric Zemmour. Son clip de campagne était beaucoup commenté. Le slogan de campagne, on le connaît, « Impossible n'est pas français ». On attend le nom du parti et son logo. Ce sera cet après-midi lors du grand meeting de Villepinte. Quel est votre regard sur cette entrée en campagne ? Est-ce qu'elle change tout ? Est-ce qu'elle bouscule les équilibres politiques du moment ?

9:58
Paul Christophe

D'abord, elle a le mérite de la vérité. Il est enfin candidat, ce que nous savions tous, mais il le faisait en se cachant derrière son miroir. Et du coup, en refusant de répondre à toutes les questions politiques. Parce qu'au fond, il est dans un constat. Mais il n'est pas dans la proposition. Ce qu'on attend d'un candidat, c'est qu'il constate l'État. Il a son regard qui n'est pas le mien. Mais ensuite, il doit faire des propositions. Pour l'instant, il n'en a aucune, si ce n'est la stigmatisation et l'amalgame. Quand il nous explique qu'il ne fait pas la différence entre islam et islamisme, pour moi, ça relève de l'amalgame.

Et en plus, c'est une faute d'analyse basique d'un pays qui est laïque et qui respecte l'ensemble des religions. Aujourd'hui, il y a une clarté de ce côté-là. Mais de toute façon, c'est une clarté dans sa candidature. Mais ça reste quand même un boubouba de pensée. Son clip de lancement de campagne où c'est à la fois De Gaulle et à la fois Pétain. Moi, j'ai le sentiment que ça n'est pas compatible. Lui, manifestement, trouve qu'on peut mélanger les deux.

10:48
Invité

Il est en perte de vitesse ou pas ?

10:49
Paul Christophe

Je ne sais pas. Et ça aussi, de toute façon, ça n'a pas beaucoup de sens. Les sondages d'aujourd'hui ne disent pas l'élection présidentielle. Ce que je note, c'est que globalement, l'extrême droite dans ce pays est forte. Et elle était à 32-33 il y a six mois uniquement avec Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan dans les sondages. Aujourd'hui, les équilibres ne sont pas bouleversés. L'extrême droite reste à 32-33, mais avec un acteur nouveau qui est Zemmour et qui prend en partie sur les LR et beaucoup sur Marine Le Pen.

11:16
Présentateur

Est-ce que ce chiffre 32-33, peut-être même 35% pour l'extrême droite, c'est à mettre au bilan d'Emmanuel Macron ?

11:21
Paul Christophe

Non, parce que ce n'est pas nouveau. Je crois me souvenir qu'en 2002, un candidat du Front National était au second tour de l'élection. Vous avez raison sur le volume, mais quand Lionel Jospin a été écarté dès le premier tour, ce phénomène n'est pas nouveau et ça fait partie de nos échecs collectifs. Parce que ceux qui votent vers l'extrême droite ne sont pas des femmes et des hommes qui sont des fascistes. Ce n'est vraiment pas le propos. La réalité, ce sont des femmes et des hommes qui sont inquiets. Il y a dedans une part de gens qui peuvent être racistes, mais ce sont des femmes et des hommes qui sont inquiets, qui ont peur, qui ont peur de la mondialisation.

Et donc, nous n'avons pas réussi à les rassurer. On a corrigé des choses. Quand aujourd'hui, les investissements étrangers sont beaucoup plus nombreux en France que nous sommes le premier pays en termes d'attractivité de toute l'OCDE, c'est une bonne nouvelle, y compris dans ce combat contre la mondialisation. Mais il reste beaucoup de chemin à faire.

12:05
Invité

Vous parlez beaucoup économie, mais au fond, quand vous dites que les Français sont inquiets, il y a ce problème de l'identité, l'identité nationale. Au fond, c'était le sujet autour duquel Nicolas Sarkozy tournait autour de 2007. Est-ce que vous pensez que le pays n'arrive pas, au fond, à trouver une réponse collective sur cette question d'identité ? Vous pensez que c'est un faux débat ? Comment vous jugez la chose ?

12:29
Paul Christophe

Je ne sais pas si c'est un faux débat, mais je sais que quand je fais du terrain et je fais un tour de France en ce moment, et puis il m'arrive, j'ai réussi à passer quelques temps dans ma circonscription jusqu'à hier avant de vous rejoindre, on ne me parle pas de ça. Au fond, par contre, on me parle de cette entrée de Joséphine Becker au Panthéon, parce que les Français ont trouvé que ça avait de la gueule, comme on dit.

12:49
Invité

Est-ce qu'il n'y a pas de France dans ce que vous dites, au fond ?

12:51
Paul Christophe

Non, il y a peut-être une France instrumentalisée par un groupe politique qui, aujourd'hui, sur ces sujets, veut hystériser le débat, mais notre France, elle est multiculturelle, elle a toujours été ainsi. Et ceux qui veulent nous opposer, une sorte de nostalgie de la France de l'époque du noir et blanc, je repense au clip de M. Zemmour pour son lancement de campagne, la réalité, c'est que la France, elle est faite de couleurs aussi.

13:14
Invité

Donc il n'y a pas de problème ?

13:15
Paul Christophe

Non, mais bien sûr que... Attendez, vous dites ça à quelqu'un qui a mis en place une politique, par exemple, de reconquête républicaine dans les quartiers, qui a mis en place des sections départementales sous l'autorité des préfets, dans tous les départements de France pour lutter contre les radicalisations. Et donc, oui, je n'ai jamais nié qu'il y avait ces réalités-là. C'est un combat que nous devons mener, mais on ne doit pas le mener en montrant des coupables. On ne doit pas dire « Tout ce qui ne me ressemble pas est un adversaire ». Or, aujourd'hui, on voit bien qu'on a une tension dans ce début de campagne où, au fond, c'est moi contre tous les autres.

13:46
Invité

Mais il faut lui répondre à Éric Zemmour ou pas ? Parce qu'on a le sentiment quand même que la classe politique, globalement, le laisse parler tout seul.

13:51
Paul Christophe

Moi, je n'ai cessé de tenter de lui répondre. Peut-être que ma voix n'a pas suffisamment porté. D'autres aussi. Non pas parce que Éric Zemmour est candidat, mais parce que ce qu'il porte, ce qu'il dit, m'est insupportable. Parce que ce n'est pas parce qu'on est sexiste et raciste et que c'est totalement assumé l'air de rien, que ce ne serait pas grave. Et donc, oui, j'ai toujours considéré que ses propos, ses idées étaient mes adversaires politiques et je n'ai pas manqué de le rappeler à chaque fois que j'ai pu vis-à-vis de celui qui le porte, ces propos-là, Éric Zemmour.

14:18
Invité

Y a-t-il une stratégie au sein de la Macronie, BIS, pour savoir quelle est l'attitude à adopter face à Éric Zemmour, sachant qu'in fine, on se demande si ce ne serait pas mieux pour vous, au deuxième tour, de l'avoir ? Mais je sais que les politiques

14:30
Paul Christophe

sont par naturel cyniques et que nous serions toujours dans ce calcul-là. Mais je vais vous dire, vraiment, du fond du cœur, je m'en fiche. Aujourd'hui, notre objectif, c'est quoi ? C'est si Emmanuel Macron est candidat et je souhaite qu'il soit candidat, qu'il puisse porter en assumant son bilan la poursuite de la transformation aux profondeurs du pays. Il y a de grandes réformes dans ce pays que nous n'avons pas pu faire et qu'il convient de faire, j'en suis convaincu. Et donc, nous avons devant nous des objets politiques pour le pays qui sont plus importants de savoir qui sera notre adversaire au premier tour. Ils seront nombreux et au second tour, il n'y en aura qu'un.

15:02
Invité

Nicolas Sarkozy n'a pas pris parti pour l'instant, ni pour sa famille politique. Il y a dans un livre de notre consoeur, Nathalie Chuc, que l'idée que Sarkozy pour au dernier moment soutenir Emmanuel Macron, ça serait un cadeau pour vous ou un boulet ?

15:14
Paul Christophe

Je n'en sais rien, mais vous savez, moi j'ai été...

15:15
Invité

Vous avez réfléchi à la question ?

15:17
Paul Christophe

Oui, mais... Alors ? Je pense que de toute façon, son expression sera difficile dans tous les cas. Parce qu'on sent bien qu'il voit cette famille politique qui était la sienne ne plus correspondre à ce qu'il a porté. On voit qu'il trouve, et il constate que beaucoup de réformes que nous avons faites pour le pays sont des réformes qu'y compris lui n'a pas réussi à faire et qu'il aurait aspiré à faire. Et donc, il doit être dans le doute. Mais le doute est le sel de l'esprit, disait Alain.

15:43
Présentateur

Tout à l'heure, vous avez dit que c'était bien qu'Éric Zemmour soit rentré en campagne, au moins ça clarifiait les choses. Est-ce qu'il n'est pas tant que le président de la République en fasse d'eux-mêmes ?

15:50
Paul Christophe

Non, je ne crois pas. Parce que vous savez bien la France a besoin d'un exécutif. Si tous les problèmes que nous allons rencontrer dans les semaines prochaines suivantes à notre réunion, notamment sur la gestion sanitaire, devaient se suspendre, pourquoi pas ? Mais la réalité, c'est qu'il va falloir continuer à porter la France et c'est le rôle du président.

16:14
Invité

Mais M. Castaner, au fond, c'était un peu le pari de Nicolas Sarkozy quand il s'est représenté « La France a besoin de moi », il y avait la crise. Et puis ça n'a pas marché. En fait, en février, il est rentré en campagne et il n'a pas rattrapé le retard. Est-ce qu'il n'y a pas un risque compte tenu du fait qu'aujourd'hui le paysage présidentiel est connu de rester en surplomb et de jouer de son rôle de président ? Et qui lui manque à la fin quelques semaines ?

16:35
Paul Christophe

Moi, oui. Alors si on fait de l'histoire, on se souviendra aussi que Jacques Chirac avait annoncé à quelques jours près au même moment sa candidature que Nicolas Sarkozy et François Mitterrand beaucoup plus tard encore. Donc moi, je sens qu'il y a une forme d'impatience. J'ai l'impression qu'elle est plus dans notre écosystème à nous, journalistes et politiques, et je me mets dedans, évidemment, que vis-à-vis des Français qui attendent du président qu'il fasse son boulot.

16:59
Invité

France Inter Question politique

17:04
Présentateur

Christophe Castaner avec nous jusqu'à 13h et son boulot, pour reprendre vos termes, c'est aussi de gérer la crise sanitaire. Vous l'avez évoqué il y a un instant, on est entré pleinement, malheureusement, dans la cinquième vague. On a un variant inquiétant, plus de 20 cas désormais au micron en métropole depuis quelques jours. Demain, se tient un conseil de défense sanitaire, un nouveau, énième conseil de défense sanitaire. Est-ce que, selon vous, il faut prendre des nouvelles mesures, avancer les vacances scolaires, par exemple, pour sauver Noël ? D'autant plus qu'on commence à savoir que les enfants sont peut-être les principaux vecteurs de cette cinquième vague.

17:34
Paul Christophe

D'abord, le constat, celui que vous faites, d'une tension extrêmement forte, plus de 50 000 cas sur 24 heures, plus 60 % en volume d'une semaine à l'autre. Et donc, on voit qu'on a une dynamique qui est extrêmement préoccupante. la cinquième vague est beaucoup plus forte que la quatrième vague. Et donc, il faut agir sur ce sujet. 2 000 personnes en réanimation aujourd'hui. Ce que l'on constate, c'est que nous avons aujourd'hui une réponse. C'est le vaccin et le rappel du vaccin.

Et qu'aujourd'hui, nous devons faire en sorte, et dans les mesures sur lesquelles le gouvernement et le président travailleront demain, et j'ignore quelles sont ces mesures, je préfère être franc avec vous et ne pas spéculer avec vous, ça n'a pas beaucoup de sens, il faut restreindre au maximum le virus, et ce sont des mesures de freinage, toujours en ayant en tête de restreindre au minimum toutes les contraintes sur nos libertés. Et c'est la stratégie qui est la note, qui est une stratégie plutôt gagnante jusqu'à présent. Je le dis jusqu'à présent parce qu'il y a une part d'incertitude sur ce sujet.

Il y a un variant qui arrive qui, pour l'instant, ne change en rien parce que nous ne connaissons pas tout ce qu'on lui prête comme mauvaise intention. Je caricature un peu. Et donc, aujourd'hui, c'est vaccination, rappel, plus de 10 millions de personnes ont fait le rappel. Et il faut poursuivre sur ce chemin-là.

18:40
Invité

L'un des sujets, pardon, c'est ceux qui ne sont pas vaccinés. Alors, François Bayrou dit vaccination obligatoire. Vous, qu'est-ce que vous répondez ? D'autres disent transformons le pass sanitaire en un pass vaccinal. Autrement dit, vous ne pourrez avoir une vie sociale que si vous vous êtes vacciné. Quelle est votre préférence ? Pour le mérite de la clarté.

18:59
Paul Christophe

Oui, le Parti Socialiste, par exemple, préconisait ce sujet-là. Il a été discuté. On a fait un choix différent, celui de la conscience et de la responsabilité. Mais il y a effectivement, aujourd'hui, près de 10% de la population qui peut être vaccinée, qui ne souhaite pas être vaccinée, c'est une vraie anomalie et c'est une vraie irresponsabilité de leur part. Faut-il contraindre obligé ? Aujourd'hui, parce que nous avons un taux significativement élevé, ça ne me paraît pas nécessaire.

19:23
Invité

Sauf que les 2000 personnes qu'on trouve en réanimation, dont on parlait à l'instant, c'est quand même des personnes qui, dans la très très grande majorité, n'ont pas été vaccinées. Donc c'est eux, c'est eux qui font peser le poids le plus lourd à l'hôpital. 77% des hospitalisations avec un personnel hospitalier qui est désespéré de se tuer au travail à cause d'irresponsables.

19:44
Paul Christophe

Déjà, je vais confirmer votre analyse, et je me sers de ce micro pour continuer à porter cette parole de conviction. Vous avez 12 fois moins de risque si vous êtes vacciné, 12 fois moins d'avoir une forme grave et donc d'hospitalisation et ou de réanimation sur ce sujet. Ensuite, vous savez, on ne peut pas dire tout et son contraire. Il y a quelques semaines, nous étions dans l'hémicycle quand les LR nous refusaient le maintien du pass sanitaire. Et puis, quelques semaines plus tard, d'autres nous proposent, y compris les candidats d'ailleurs, à contrario de ce que leurs députés nous disaient à l'Assemblée nationale, proposent et n'excluent pas la vaccination obligatoire.

Si ça doit, vraiment, à un moment donné, monter en puissance, je ne suis pas hostile et je pense que sur un sujet aussi sensible, continuons à convaincre, continuons à réouvrir des centres de vaccination pour leur appel parce que certains ont été fermés, 50 ont été ouverts, 300 vont l'être, continuons à prendre des rendez-vous chez les pharmaciens, chez les docteurs. Il y en a de disponibles ce matin en préparant l'émission. J'ai été sur le site Vite Madose. Ça a plutôt bien marché. Oui. Ça a plutôt bien marché parce que 90% des Français le font.

Mais en même temps, cette semaine, j'ai fait d'autres émissions politiques et on me disait « Ah oui, mais alors vous avez lâché, vous avez reculé parce qu'en Martinique et en Guadeloupe, ils ont jusqu'au 31 décembre pour les professionnels de santé. » À un moment donné, la conviction, c'est aussi le dialogue. Et donc, moi, je préférerais toujours être un homme de dialogue qu'un homme qui impose. Mais si à un moment donné, on s'aperçoit, y compris parce qu'on est une évolution du virus et qu'on a un risque sur les services de réanimation qu'il faut être plus dur, je soutiendrai des mesures plus dures. Justement,

21:21
Présentateur

vous qui privilégiez le dialogue, vous êtes aussi parlementaire, président d'un groupe. On a beaucoup entendu les autres groupes se plaindre de l'absence de débats parlementaires sur les mesures prises par l'exécutif. Demain matin, vous nous avez même dit « Je ne sais absolument pas ce qui se dira demain matin au Conseil de défense sanitaire. Est-ce que ce n'est pas

21:37
Paul Christophe

un petit problème démocratique ? » Vous savez, on a fait 11 lois depuis le début de la gestion sanitaire. On a fait des débats autour du Premier ministre, y compris sur la stratégie vaccinale qui est venue mi-décembre, annoncer le programme et la stratégie vaccinale et que nous avons tenu jusqu'au bout. Et donc, les débats ont été nombreux. Mais ce que je sais, c'est que les débats ont été irresponsables, y compris quand ceux qui aujourd'hui disent « Ah, mais on ne débat pas assez » étaient il y a trois semaines totalement hostiles et ont voté contre le maintien du pass sanitaire comme possibilité d'être actionnés par le gouvernement. Alors ça, c'est vraiment des figures de style.

Je dirais presque un peu des figures de faux cul qui, de toute façon, alors que les moyens de contrôle existent à l'Assemblée nationale, ne sont pas utilisés par nos oppositions et qui, aujourd'hui, veulent faire procès au feu de tout bois. Soyons responsables et surtout, j'aimerais que nos oppositions soient cohérentes.

22:24
Invité

Mais donc, vous dites finalement « Changeons rien, on a le vaccin, ça suffit, on a une épidémie qui s'envole, on a 52 000 cas journaliers supplémentaires, mais on tient la barre. » Il y a quand même quelques mesures après.

22:36
Paul Christophe

« Ne changeons rien, je vous ai dit, je ne suis pas favorable aux vaccinations obligatoires tout de suite. » Oui, mais visiblement,

22:42
Invité

avancez d'une semaine, par exemple, le départ.

22:46
Paul Christophe

Mais c'est une option. Moi, je ne veux pas vous donner mon avis alors que, de toute façon, si je vous donne mon avis, vous savez ce qui va se passer, on va penser que j'ai discuté avec le président de la République hier et que je vous préannonce quelque chose. Alors, ça peut être un jeu, mais ça n'est pas le cas. Non, pas hier. Voilà, j'ai une réponse précise. Mais non, je vous dis, je pense qu'il faudra des mesures de frein supplémentaires. Des jauges, par exemple. Les jauges, par exemple. Il y a une gamme dans ces mesures de frein que le Parlement a autorisé le gouvernement à utiliser. Il lui appartient de décider la graduation.

Mais c'est globalement ce que nous avons fait depuis des mois. Et cette graduation a plutôt porté ses fruits. Donc aujourd'hui, maintenons cela. Mais je vous le dis, restreindre au maximum le virus et restreindre au minimum. les libertés.

23:29
Présentateur

J'y reviens parce qu'il y a plein de parents qui nous écoutent et plein d'enfants, peut-être, ou d'élèves. Les vacances scolaires avancées comme en Belgique, c'est quelque chose qui est sur la table, vous l'avez entendu ?

23:36
Paul Christophe

Non. Mais je ne vous dis pas... Voilà, mais je n'ai pas eu l'occasion de discuter de ce sujet. Et je ne sais pas s'il y a des discussions sur ce sujet.

23:44
Invité

Les discothèques qui restent ouvertes, il faut bouger sur ce sujet ?

23:47
Paul Christophe

Non, mais on peut faire toute une liste. Allez, François, c'est ça. Mais en même temps, j'ai le souvenir, par exemple, à l'Assemblée, ça c'était au début de l'été, mais j'ai le souvenir pendant les dix textes précédents qu'à chaque fois, on nous proposait des mesures de dérogation aux mesures de contraintes. Et alors, l'amendement pour ouvrir les discothèques, celui-ci, je l'ai entendu depuis le début de la discussion.

24:06
Invité

Ça va être une campagne présidentielle sous Covid. Est-ce que vous craignez pas ou font un effet de lassitude des Français en disant le Président de la République qui a géré depuis quelques années cette crise, qu'il n'en finit pas, on veut en finir ? Est-ce qu'il y a un risque ?

24:21
Présentateur

Les questions subsidiaires avec aussi des meetings qui n'auront pas lieu, on le voit avec Allaire la semaine prochaine, une campagne sous cloche du Covid.

24:29
Paul Christophe

Oui, ou avec instrumentalisation du Covid comme cet après-midi pour le meeting d'Éric Zemmour où lui, il fait la promotion du fait qu'il n'y aura pas de contrôle du pass sanitaire à l'entrée. Je rappelle, c'est un principe constitutionnel rappelé par le juge constitutionnel, mais il ne me semble pas inopportun d'essayer de protéger ceux qui viennent à nos meetings en demandant le pass et le masque. Bon, n'empêche, pour répondre à votre question, oui, c'est possible. Mais une chose est sûre, c'est que je n'en fais pas une lecture par rapport à la présidentielle. J'en fais une lecture d'épuisement des Français et je fais partie de cela. Mais oui,

24:57
Invité

on est en présidentielle, donc comment vous prenez en compte ce facteur et comment vous essayez de...

25:02
Paul Christophe

On ne lâche rien et on continue à gérer la crise au mieux. Et globalement, aujourd'hui, on voit que la France fait partie des pays qui ont bien géré la crise. Je sais les polémiques nombreuses. Quand dans d'autres pays qui étaient très en retard sur certaines des mesures que nous avions déjà mises en place étaient soutenues par leurs habitants, ils n'avaient pas de polémiques. On aime ces polémiques-là. Je sais le risque politique, vous avez raison, mais notre objectif, c'est de toute façon de faire face à un virus, de vivre aussi avec ce virus et d'agir au quotidien pour prendre les meilleures décisions. Est-ce qu'elles sont toutes bonnes ?

Vous savez, c'est comme dans toute action politique. Je n'en suis pas sûr. Et j'ai eu l'humilité de vous dire qu'on ne réussit pas tout et qu'on n'a pas tout réussi. Mais globalement, sur la gestion sanitaire, même le regard des Français est plutôt positif sur un gouvernement et un président qui ont pris les bonnes décisions au bon moment.

25:48
Présentateur

C'est aussi une question économique que le Covid a posée. Et on accueille Alexandra Ben Saïd qui vient vous poser des questions sur cette gestion justement économique de la crise du Covid et ce que le gouvernement l'a bien géré. Est-ce qu'il reste des inquiétudes ? Alexandra Ben Saïd, bonjour, c'est à vous.

26:01
Invité

Bonjour, bonjour. Bonjour, Christophe Castaner. Alors, vous avez dit qu'il y aurait peut-être des mesures de freinage supplémentaires, même certainement. Le mot jauge a été prononcé. Les entreprises de l'événementiel revivent déjà les annulations en cascade, le tourisme, l'association des traiteurs de France. Vous en avez peut-être rencontré des traiteurs dans la circonscription que vous occupez demandent une aide immédiate au gouvernement. Est-ce qu'il faut dire que le quoi qu'il en coûte dont on a dit qu'il était arrêté début septembre, finalement, il faut le rétablir ?

26:28
Paul Christophe

Alors, il a été arrêté globalement parce qu'il n'était plus nécessaire. Mais les ministres, Bruno Le Maire en particulier, ont toujours veillé secteur par secteur avec les ministres compétents à adapter des mesures. Et si on a effectivement des décisions sur les jauges et que, par exemple, le secteur événementiel ne pouvait pas reprendre son activité ou la maintenir, nous maintiendrons notre politique qui est d'avoir accompagné celles et ceux qui étaient les premiers concernés par les décisions qui étaient prises pour protéger les Français. Et globalement, ce pays peut s'honorer de l'avoir fait dans de bonnes conditions et je parle sous votre contrôle.

26:57
Invité

Donc, on peut dire que ça va être du coups humain. Je pense néanmoins toujours à ces traiteurs. Ils ont des petits extras pour faire les réceptions. et en ce moment, ces petits extras perdent leurs heures de travail. Cette semaine, on a la réforme de l'assurance chômage, son second volet qui est mis en place. Ça veut dire qu'il va falloir travailler 6 mois sur les 24 derniers mois au lieu de 4 mois précédemment. La question, au moment où il y a tant d'incertitudes sanitaires et donc économiques devant nous, c'est est-ce que cette réforme qui durcit les règles, elle tombe vraiment au bon moment ?

27:26
Paul Christophe

On peut partir d'une micro-situation comme vous venez de l'évoquer et dire, mais je pourrais même vous parler des saisonniers.

27:32
Invité

C'est le secteur de la restauration, on n'est pas dans le micro.

27:35
Paul Christophe

Vous évoquiez ma circonscription, je vais vous parler des saisonniers qui vont travailler sur les remontées mécaniques et qui ont ouvert dans ma circonscription depuis hier, à Chabanon notamment. Une fois que je vous ai dit cela, oui, il y a des tensions. Mais ce que je vois par contre au quotidien, ce que nous voyons et que vous voyez au quotidien, c'est que partout, il y a des offres d'emploi et il n'y a personne pour les pourvoir. Et ça, je le vois dans mes Alpes et d'autres Provences comme nous le voyons partout dans notre pays.

Donc on a fait une réforme qui est rentrée en vigueur progressivement, qui prévoit par exemple un bonus-malus pour supprimer les contrats courts et pénaliser les contrats courts. C'est rentrer en vigueur dès le mois de septembre.

28:09
Invité

Ça sera appliqué seulement à partir de 2022 pour les entreprises. Ce qui se durcit là tout de suite, c'est vraiment pour les salariés.

28:15
Paul Christophe

J'allais y venir. Deux mesures qui sont rentrées en vigueur cette semaine, c'est le fait d'avoir travaillé six mois pour avoir son allocation sur les deux dernières années. Et c'est le fait que si vous avez un salaire supérieur à 4 500 euros brut et moins de 57 ans, vous avez une dégressivité à partir de huit mois. Moi, je pense qu'aujourd'hui, on a des situations où la situation de chômage n'encourage pas à aller vers l'emploi. Et quand on a autant d'emplois vacants dans notre pays, il faut tout faire pour accompagner celles et ceux vers l'emploi. Vous savez, on parle beaucoup de pouvoir d'achat. Moi, je suis convaincu que trouver un emploi, c'est la meilleure mesure de pouvoir d'achat.

Donc, nous le faisons, nous accompagnons, nous ouvrons des crédits de formation et donc, nous ne devons rien lâcher sur ce sujet.

28:52
Invité

C'est toujours cette philosophie que finalement, les chômeurs ont besoin d'être incités. Vous dites, il y a des situations de chômage qui ne poussent pas à trouver un travail. Il y a donc des chômeurs fainéants, paresseux...

29:02
Paul Christophe

Non, ce n'est pas mon propos et je n'ai pas dit incités, j'ai dit accompagnés. Et j'avoue que je préfère être accompagnés. Et aujourd'hui, Pôle emploi a la mission d'appeler l'ensemble des chômeurs longue durée un par un pour leur proposer du coût humain et un accompagnement, un besoin de formation, un besoin d'intégration dans l'entreprise, un emploi. Faisons-le.

29:20
Invité

Je passe à la situation de l'hôpital. Nathalie, tout à l'heure, le disait. Il y a des soignants qui disent qu'ils sont en détresse. Ils ont manifesté par milliers hier dans la rue. Quand vous les entendez, ces soignants, alors que vous avez mis 19 milliards avec le Ségur de la santé, alors que vous avez mis 10 milliards sur la revalorisation salariale, vous vous dites quoi ? Vous dites on a quand même raté quelque chose, il manque quelque chose malgré les milliards ?

29:44
Paul Christophe

Oui, on a raté quelque chose mais à quelle échelle de temps ? Le mal est ancien, nous le savons. Je vais vous parler du numerus clausus qui a été mis en place en 1971 dans notre pays. Vous savez combien il y avait d'étudiants en médecine en 1967 ? 59 800. 59 800 futurs médecins qui étaient étudiants en médecine en 1967. 1971, on met en place le numerus clausus en 1993. on est descendu à 3500 médecins formés, on est passé de 59 800 à 3500. On a fait remonter ce chiffre pour cette année on a 10 700 futurs médecins mais ça prend du temps.

Donc oui, vous l'avez dit, on a agi à la fois sur la valorisation par le salaire de ces professions, on a agi par l'investissement dans les infrastructures, partout. J'étais la semaine dernière dans l'Hérault, on met 250 millions d'euros sur le CHU de Montpellier mais on met 15 millions d'euros sur l'hôpital de proximité de Lunel.

30:36
Invité

Mais pourquoi vous les voyez encore dans la rue ? Ils le savent, ils le vivent pour certains déjà puisque l'argent commence à arriver. Pourquoi sont-ils dans la rue ?

30:43
Paul Christophe

Mais parce que les tensions restent extrêmement fortes. Au moment où on se parle, il nous manque 7500 infirmières pour arriver à pourvoir toute l'offre. Mais on n'invente pas des infirmières comme ça. Vous savez, ce que la France a fait comme d'autres pays, c'est d'aller chercher des professionnels de santé dans les pays voisins. On s'est comporté un peu comme des voyous. On a pillé aussi un certain nombre de pays voisins. Et aujourd'hui, la France d'ailleurs et nos médecins sont sollicités par d'autres pays pour partir chez eux. Il faudra faire plus. Et pour répondre simplement à votre question, on a fait beaucoup. Il faut du temps. Il faudra faire plus encore.

31:12
Invité

Et Christophe Castaner, quand vous dites que le problème n'est pas nouveau, en effet, le problème, les parlementaires ont sans doute une responsabilité également. Tous les ans, en tout cas, c'est ce que disent les manifestants, tous les ans, les parlementaires, ils votent les objectifs de dépense de santé. Et ils votent, depuis 10 ans, des objectifs de dépense de santé manifestement trop bas au regard des besoins. Et ensuite, il faut faire des économies. Les manifestants, je les cite toujours, disent, là, on sert la vis à l'hôpital public et pas la médecine de ville parce que c'est plus facile de serrer la vis à l'hôpital public.

Est-ce que ceux qui parlent ainsi, ceux qui sont dans la rue, ont raison ? Est-ce que ça aussi, ça doit changer ?

31:47
Paul Christophe

Alors d'abord, sur l'ondam, parce que c'est de cela dont on parle. J'ai hété de problème. J'ai hété, merci, je vous laisse. Mais ça me permet, moi, de raccourcir. Sur l'ondam, on a fait des efforts significatifs ces dernières années. Mais si je reprends, par exemple, mon chiffre de 7500 infirmières qui nous manquent, ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de l'argent pour les payer. C'est parce que nous n'avons pas les infirmières. Et enfin, n'opposons pas la médecine de ville et la médecine de l'hôpital. Et n'opposons pas le privé, le public sur ces sujets.

32:13
Invité

Je ne pense pas qu'ils allaient s'opposer. Je pense qu'en réalité, ils vous disent non. C'est parce qu'à nous, vous nous avez serré la vis. Ils ne cherchent pas à opposer. Ils cherchent à mieux articuler.

32:20
Paul Christophe

Les médecins généralistes ont le sentiment qu'on n'a pas revalorisé l'acte depuis suffisamment longtemps et que du coup, le métier n'est pas suffisamment attractif. Et puis des fois, on prend des mesures. Je vous en prends une par exemple. On a voté une proposition de loi il y a peu de temps pour plafonner le montant du coût par une boîte d'intérim d'un médecin à la journée avec des chiffres qui sont assez effarants parce que quelquefois, on a de besoin dans l'urgence et la seule solution, c'est un intérimaire. On avait prévu une mise en œuvre au 1er décembre ou au 1er novembre. On l'a reporté dans sa mise en œuvre.

D'ailleurs, pas totalement en conformité avec la loi que les parlementaires avaient votée mais parce qu'on savait qu'on allait mettre dans l'impasse un certain nombre d'établissements. Moi, j'ai vu des cas jusqu'à 4 000 euros la journée de médecin facturée pour un hôpital public. Et donc oui, il nous faut des réformes structurelles en profondeur. Il nous faut des moyens et sur la santé et je vais rejoindre ces manifestants. On a une approche de comptable. Vous savez, quand on a créé

33:11
Invité

le muris clausus... Vous dites qu'on a

33:16
Paul Christophe

je ne cherche pas à dire je réaffirme qu'on a fait beaucoup et qu'il reste encore beaucoup à faire. Mais quand on a mis en place le muris clausus, c'était quand même à la fois, c'était poste 68 et ceux qui connaissent le dossier savent qu'il y a une petite dimension politique vengeresse contre les étudiants en médecine de 68 mais surtout parce qu'on pensait que s'il y avait moins de médecins sur le territoire, il y aurait moins de dépenses parce que les gens iront moins voir le médecin et sûr, ils ne seraient pas là.

Ce qui est quand même un peu couillon comme raisonnement mais c'est vrai mis à la tête des hôpitaux des professionnels de la gestion et pas des professionnels de santé, tous on a contribué à cette approche gestionnaire.

33:54
Invité

Allez, je passe à l'inflation, au pouvoir d'achat. L'indemnité inflation de 100 euros que vous avez votée, ça y est, c'est paru au journal officiel, ça va concerner 38 millions de Français mais, et là, alors je vais être très concrète, une mère célibataire qui gagne 2010 euros net ne la touchera pas, une épouse, donc il y a un conjoint qui a un revenu et qui elle touche un revenu de 1900 euros, ben va la toucher. Donc l'indemnité inflation nous a dit c'est simple, c'est efficace mais est-ce que c'est vraiment équitable ?

34:21
Paul Christophe

Ben c'est, le plus simple aurait été de la donner à tous mais c'était pas équitable et c'est pour ça qu'on essaie d'avoir des mesures mais ça implique effectivement des chiffres et il y a toujours ce coup près où vous auriez pu me dire 2010 mais celle qui est à 1990 va l'avoir et l'essentiel des salariés sont en dessous de 2000, le grand essentiel, vous allez rappeler 38 millions, il y a un coup près. On a fait le choix effectivement de ne pas donner 100 euros à tout le monde y compris à des gens qui gagnent 5000 euros par mois.

34:45
Invité

Mais là, le calibrage est large, la cible est large donc vous ciblez aussi des gens qui sont en couple et qui ont des bons revenus, l'un d'entre eux va toucher cette indemnité inflation.

34:53
Paul Christophe

Vous nous reprochez d'avoir ciblé trop large et de la donner à trop de français, je ne crois pas et donc c'est toute la difficulté alors ça on l'a sur toutes nos politiques quand vous avez un effet de seuil il y a effectivement il faudrait pour chaque politique avoir un lissage du seuil et dire à l'approche des 2000 euros vous descendez vers zéro et voilà mais c'est extrêmement compliqué le Premier ministre a voulu une mesure simple et rapide elle est simple et rapide.

35:15
Présentateur

Christophe Cassanet on a beaucoup évoqué avec Alexandre Ben Saïd des lois que vous avez votées vous êtes parlementaire je le rappelle président de groupe LREM quelle est selon vous la loi qui restera de ce quinquennat ? Parce que précédemment c'est souvent le cas on a les 35 heures par exemple on a le mariage pour tous sous François Hollande c'est quoi la grande loi d'Emmanuel Macron ?

35:35
Paul Christophe

Vous savez je cherche ni grande loi ni loi qui porte le nom de tel ou tel parce que c'était un peu la tendance mais si je vous prends un seul exemple parce qu'on a parlé tout à l'heure des chiffres du chômage ce sont nos lois au pluriel qui ont été engagées pour réformer le travail dans le pays. C'était la première loi avec la loi confiance qui a été votée au Parlement promulguée à la mi-septembre pour libérer le travail. Et ensuite il y a eu toute une série de lois y compris avec des risques d'être impopulaires quand par exemple on supprime de l'ISF l'investissement sur l'économie et donc sur l'emploi on sait qu'on va avoir droit à un procès facile et nous avons eu droit à ce procès facile.

Mais c'est toute une série de textes qui font qu'aujourd'hui on atteint un taux de chômage exceptionnellement bas qu'on n'a pas connu depuis plus de 15 ans et que la France est le premier pays en termes d'attractivité de toute l'OCDE. Et donc ce sont ces lois-là sur le travail qui à mon avis seront des marqueurs de ce quinquennat mais peut-être que d'autres verront aussi des lois sociales comme l'APMA pour toutes que d'autres verront que le zéro reste à charge comme on dit c'est-à-dire le coût zéro pour les lunettes les prothèses auditives et les prothèses dentaires c'est une petite révolution que beaucoup ont rêvé faire et qu'ils n'ont jamais faite.

Il y a comme ça de nombreuses suggestions que je pourrais vous faire.

36:43
Invité

On est à l'heure du bilan est-ce que vous avez un regret ? Est-ce que vous dites au fond il manque une loi qu'on aurait pu faire et qu'on n'a pas pu ?

36:51
Paul Christophe

Non parce que je ne suis pas dans cette introspection-là mais en même temps je sais que nous n'avons pas tout bien fait. Mais ce que je sais c'est qu'on a eu un quinquennat qui a été heurté par des crises majeures et que nous avons tenu bon. Et c'est ça pour moi qui est essentiel pour les français et que la France va mieux alors qu'on sort d'une crise et notamment sur l'emploi. Il y a 6 mois vous m'auriez annoncé et je n'aurais pas pu contester 1 million de chômeurs supplémentaires à la rentrée cet automne. Ça n'est pas le cas parce qu'on a mis en place des mesures comme le quoi qu'il en coûte qui ont été essentielles.

37:19
Invité

Et pour le mandat suivant est-ce qu'il y a une philosophie générale ? Est-ce que c'est donner nous le pouvoir pour qu'on continue ce qu'on a commencé à faire ou est-ce qu'il y a on a oublié de faire ça il faut vraiment s'y mettre. Est-ce que par exemple c'est une loi dépendance une meilleure situation pour les personnes âgées ? Est-ce que c'est les retraites ? Il y a quelque chose qui pourrait nous donner un cap ?

37:39
Paul Christophe

D'abord je ne crois pas du tout qu'il faille porter une candidature pour continuer à faire la même chose. Ça n'a pas de sens. Y compris parce qu'il y a de grandes lois sur lesquelles nous sommes engagés des lois institutionnelles par exemple mais aussi des lois comme celle sur les retraites qui n'ont pas abouti et qu'il faut faire aboutir. Et donc il faudra que ce quinquennat ne soit pas un quinquennat de continuité.

37:56
Invité

C'est-à-dire la rupture ? C'est un peu l'idée aussi que reprend Valérie Pécresse ? La rupture ?

38:02
Paul Christophe

Ah mais c'est normal qu'elle soit en rupture. Elle était ministre il y a dix ans et donc évidemment voilà. Mais moi je pense que de toute façon le candidat si Emmanuel Macron est candidat Emmanuel Macron devra porter un projet qui soit aussi un projet fait d'un certain nombre de lois importantes dont le pays a besoin. On en a fait.

38:21
Invité

Lesquelles ?

38:21
Paul Christophe

Non mais vous en avez cité quelques-unes. Qu'est-ce que vous aimeriez

38:24
Invité

qu'ils portent ? Chaque chose en son temps. Il y a quand même peut-être une ambiance. Est-ce que vous vous dites par exemple les gens dont parlait Alexandra, les soignants, il faut vraiment qu'on mette le paquet financièrement pour pouvoir leur donner envie de rester ? Est-ce que vous vous dites sur les personnes âgées ? Est-ce que vous vous dites quelque chose qui soit un peu...

38:39
Paul Christophe

Sur tous ces sujets je pourrais tenter de vous donner un éclairage qui n'est pas forcément celui que portera Emmanuel Macron. Mais par exemple sur la santé, je pense que beaucoup a été fait sur la valorisation des salaires, sur les infrastructures hospitalières mais qu'il faut aller plus loin sur la gouvernance et sur l'organisation même de l'offre publique de soins dans notre pays et j'intègre à l'intérieur les médecins généralistes. On a le sentiment

38:57
Invité

quand on vous écoute que finalement à 4 mois de la présidentielle en tout cas du premier tour parce qu'on est déjà à 4 mois rien n'est prêt, rien n'est écrit, il n'y a pas de programme. Je vous assure que c'est vraiment l'impression que ça donne. Donc rassurez-nous vous êtes en train de travailler ou il y a juste Emmanuel Macron qui viendra avec ses idées et derrière le parti suivra ?

39:14
Paul Christophe

J'aimerais pouvoir vous rassurer et je pense que je pourrais vous rassurer et que vous me faites confiance pour cela si Emmanuel Macron est candidat les choses sont prêtes pour qu'il puisse conduire une campagne présidentielle.

39:24
Invité

Mais il n'y a que lui qui va décider de ce qu'il y aura dans son...

39:26
Paul Christophe

Il n'y a que lui qui décidera s'il est candidat ou pas. Par contre je peux vous dire

39:29
Invité

que...

39:30
Paul Christophe

Mais il y a bien sûr de nombreuses personnes qui travaillent aujourd'hui en lien avec les différents partis politiques de la majorité présidentielle et sur tous ces sujets si je ne m'aventure pas à les mettre sur la table c'est tout simplement parce que je pense que nous avons une responsabilité là, maintenant c'est de défendre le bilan. On a une différence avec d'autres c'est que nous sommes sortants. Je fais un tour de France aujourd'hui et j'essaye d'aller un peu partout en France d'autres de la majorité le font aussi pour défendre, expliquer, expertiser, entendre les critiques sur ce bilan pour préparer la suite.

39:59
Invité

Mais quand on gagne une présidentielle sur un bilan ?

40:01
Paul Christophe

Mais on ne gagne pas une présidentielle sur un bilan mais ne pas porter le bilan c'est ne pas assumer ce que l'on doit aux Français. Et donc même si ce n'est pas bankable moi j'assume de le faire. Alors oui c'est moins sexy c'est moins intéressant c'est moins facile avec des journalistes qui évidemment sont impatients et c'est légitime et veulent la suite mais je pense qu'on a aussi cette responsabilité là de porter un regard critique mais de défendre aussi un bilan dont les parlementaires de ma majorité peuvent être fiers.

40:28
Présentateur

Justement les parlementaires de votre majorité vous êtes un homme politique professionnel si vous me permettez l'expression c'est pas une insulte c'est une réalité il y avait beaucoup de gens de la société civile certains ont annoncé que un mandat ça suffisait ils étaient épuisés ils avaient envie de revenir dans la vraie vie même si c'est peut-être aussi la vraie vie au parlement quel est votre sentiment sur ce groupe qui s'est constitué un peu de briquet de broc

40:49
Paul Christophe

il y a 5 ans ? D'abord il est tout sauf un groupe de godillots je reprends votre expression je sais que c'est pas la vôtre c'est notamment le patron de la France insoumise qui a décidé de nous appeler ainsi alors que dans son groupe je vous invite à regarder la cohérence absolue de la totalité de son groupe ils ont toujours voté comme un seul homme Jean-Luc Mélenchon et ils ont toujours voté contre là en matière de godillots franchement il y a une exemplarité du vote mais ils sont que 17 Ah oui mais enfin ça fait 17 contre à chaque fois

41:16
Invité

Quand on est 270 c'est un peu plus compliqué

41:18
Paul Christophe

Oui et à chaque fois vous remarquez qu'il y a de la diversité dans mon groupe J'ai porté le débat cette semaine sur un texte important l'IVG avec notamment la prorogation de deux semaines il y a eu des avis divergents dans mon groupe et j'assume cela Pourquoi ?

Parce que et vous l'avez dit il y a un an il y a 5 ans cette majorité elle est constituée de femmes et d'hommes qui avaient 1000 visages différents qui n'étaient pas des professionnels comme je le suis et qui étaient des infirmières des médecins des avocats des ouvriers des agriculteurs et ils ont porté ce regard là quelquefois avec une maladresse d'expression alors on leur a fait un procès mon dieu c'était terrible ce que je sais c'est que pendant 5 ans ils n'ont rien lâché ils ont bossé qu'on a eu des discussions qu'on a quelquefois des divergences qu'on a des horizons politiques dans notre majorité assez larges et qu'on n'a pas un prêt-à-penser qui serait livré et qui s'imposerait à tous non et comme prison de groupe j'assume parfaitement quelquefois qu'il y ait des désaccords de vote au sein de mon groupe

42:12
Invité

et dans votre majorité aux mille visages vous avez parlé le mille et unième visage d'Edouard Philippe il sera sur quelle ligne et finalement est-ce qu'il y a beaucoup de différences entre lui et Valérie Pécresse

42:23
Paul Christophe

j'ai été son porte-parole mais comme porte-parole du gouvernement je ne suis pas son porte-parole aujourd'hui pour horizon parti où je ne suis pas on n'a pas l'impression que ça s'aille très bien

42:31
Invité

avec Emmanuel Macron mais je sens bien

42:33
Paul Christophe

le sens de votre formule mais je la corrigerai il n'est pas le mille et unième visage il est dans ses mille visages il a été le chef de la majorité parlementaire et évidemment il reste cet homme qui nous a guidés qui nous a éclairés qui m'a appris moi comme ministre à ses côtés et donc il apporte quelque chose ensuite oui il vient de la droite il l'assume et il est attaché à des sujets de droite il les porte et en même temps quand il dit il faut tout faire pour redresser les comptes publics ce n'est pas être de droite que de dire il faut bien gérer non non j'ai demandé c'est la différence

43:03
Invité

avec Valérie Pécresse

43:04
Paul Christophe

je lui laisserai le soin de les préciser mais je veux dire elles sont nombreuses la première c'est peut-être la cohérence et aujourd'hui quand il est candidat quand il est quand il crée son parti politique

43:15
Invité

joli lapsus

43:17
Paul Christophe

là je sens qu'elle va sortir vous pouvez le bêtiser de mon lapsus bon quand il est quand il crée un parti politique il le crée sur une politique claire qui est parfaitement en continuité du travail qu'il a fait comme premier ministre Emmanuel Macron il n'est pas Macron compatible il a été un premier ministre loyal et fidèle et il est aujourd'hui un soutien loyal et fidèle

43:41
Invité

vous venez de la gauche vous restez je pense fidèle aux valeurs de gauche est-ce que vous n'êtes pas un peu frustré de dire au fond l'homme qui arrive c'est Édouard Philippe et les structures sont parties et nous qu'est-ce qu'on a structuré pendant le quinquennat ?

43:54
Paul Christophe

attendez la maison commune Édouard Philippe on fait partie nous sommes en train de la structurer le mouvement la république en marche le travail quotidien que je mène moi comme président de groupe à l'assemblée mais depuis un an et demi pour ce qui me concerne avec le modem et avec Agir c'est ça que nous avons structuré et donc moi je ne suis pas mal à l'aise et je ne suis pas gêné de voir d'autres partis politiques soit se constituer soit nous rejoindre et c'est le cas aujourd'hui vous savez je préfère être dans la situation de ceux qui rassemblent c'est notre cas plutôt que de voir les divisions multiples et variées qui existent à droite on l'a vu chez l'LR à peine la nomination de madame Pécresse au sein de son congrès il y a des leaders de sous-courant qui commencent à partir chez Zemmour et à gauche on voit l'éclatement total de l'offre politique vous venez du parti socialiste

44:40
Présentateur

vous avez longtemps été militant, adhérent maire de Fort Calquier sous l'étiquette PS c'est quoi votre regard sur la campagne d'Anne Hidalgo

44:48
Paul Christophe

je ne la comprends pas tout simplement

44:51
Invité

qu'est-ce que vous ne comprenez pas

44:52
Paul Christophe

je ne suis pas attaqué en disant doublement des salaires pour les professeurs d'éducation nationale et puis le soir à la télé dire bon alors finalement on va élargir aussi au personnel de santé parce qu'il n'y a pas de raison je ne sais pas à qui elle parle et d'ailleurs je ne l'entends pas et je pense que les français non plus

45:10
Invité

est-ce que vous en bénéficiez de cette faiblesse de la gauche du total gauche même si on met Jean-Luc Mélenchon dedans Yannick Jadot est-ce que ça vous désespère sur le fond que la vie politique a été explosée à ce point là

45:21
Paul Christophe

d'abord elle l'est depuis plusieurs années si François Hollande ne s'est pas représenté je veux bien qu'il théorise que c'est la faute d'Emmanuel Macron c'était peut-être la faute d'un empêchement dans lequel il s'était mis lui-même et la gauche était déjà très éclatée à ce moment là moi je le regrette parce que je pense que la gauche est utile au débat mais sur quelle ligne politique est-ce que c'est celle de l'opposition systématique comme je l'entends dans la bouche des responsables du parti socialiste notamment ça n'a pas de sens prenez la mesure du dédoublement de classe dans les quartiers les plus difficiles de France nous l'avons fait la gauche en a rêvé prenez la mesure sociale sur les lunettes les prothèses dont je parlais à l'instant la gauche en a rêvé nous l'avons fait et donc ce serait bien qu'ils aient pas un réflexe automatique d'opposition systématique on voit bien qu'il y a une radicalité aujourd'hui dans tout le discours contre Emmanuel Macron que diable adressez-vous à vos électeurs et parlez-leur aujourd'hui ça n'est pas le cas

46:11
Invité

alors elle ce qu'elle dit quand même c'est tenter de réhabiliter la social-démocratie en prenant l'exemple par exemple de l'Allemagne et de plusieurs voisins européens où au fond ce courant de pensée est en train de revenir qu'est-ce qui fait qu'en France la social-démocratie soit tellement en difficulté comment vous analysez vous qui venez des rangs de la gauche

46:34
Paul Christophe

mais moi je me retrouve comme social-démocrate dans l'offre politique qu'Emmanuel Macron conduit et je pense que beaucoup d'électeurs aussi beaucoup d'électeurs aussi oui mais quand le président de la république porte et incarne le grand débat national c'est aussi une forme de social-démocratie quand et je regrette la façon dont ça s'est terminé y compris par leur comportement nous mettons en place une convention citoyenne sur le climat c'est une forme de social-démocratie ministre de l'Intérieur j'avais fait une convention citoyenne sur la question du rapport poli-citoyenneté au sein même du ministère de l'Intérieur en mettant 100 citoyens qui avaient été tirés au sort qui venaient de toute la France parce que c'est notre culture et cette culture nous la retrouvons aussi vous mélangez

47:15
Invité

démocratie horizontale et social-démocratie ce qui n'est pas tout à fait la même chose

47:18
Paul Christophe

non parce que l'émission ne suffirait pas à se plaire sur la question de la social-démocratie mais au fond est-ce que Anne Hidalgo maire de Paris est une social-démocrate quand au quotidien elle prend des mesures sans concertation au sein de Paris et sans aucun dialogue avec les maires des communes voisines du périphérique au fond la vertu de la social-démocratie c'est généralement toujours d'avoir prouvé ce qu'on était capable de faire avant d'en parler

47:41
Invité

et pour la démocratie tout simplement est-ce que la proportionnelle doit être un objectif pour le second mandat s'il y en a un parce que ça a été une promesse ça a été repoussé et quand on a des verres avec un certain score est-ce que c'est possible de continuer comme ça comme Mitterrand disait pour son deuxième septennat il n'est pas ça qu'un seul parti gouverne

48:00
Paul Christophe

je le pense

48:02
Invité

donc vous êtes pour la proportionnelle

48:05
Paul Christophe

non mais je suis pour une dose de proportionnelle c'est bien aussi d'avoir des réponses courtes des fois de la pro la question qui m'est posée je pense vraiment qu'il nous faut de la proportionnelle et une représentation plus conforme à la réalité politique qui existe et en même temps je ne souhaite pas avoir l'instabilité qu'on a connue sous la quatrième république on a bien vu sur ces quinze dernières années les crises que nous avons traversées et nos institutions et la stabilité de nos institutions permettent à un président de la république quel qu'il soit je viens de parler des quinze dernières années aussi d'incarner cette stabilité de protéger la France

48:38
Invité

alors pour prolonger est-ce que vous pensez qu'il faudra aussi porter des réformes constitutionnelles pour faire un peu plus respirer cette cinquième république où au fond tout le bilan se fait sur la verticalité l'homme solitaire et où on voit que les challengers sont beaucoup sur ce créneau de il décide tout seul et puis rien n'existe autour de lui

48:59
Présentateur

et où le parlement que vous représentez ici est souvent présenté comme une espèce de chambre d'enregistrement des décisions de l'exécutif

49:05
Paul Christophe

il y a deux choses il y a les caricatures qui sont faites y compris sur cette accusation du parlement et je vous assure que ça n'est pas le cas au quotidien de toute façon ceux qui théorient ça sur les plateaux sont ceux qui ne sont jamais dans l'hémicycle sauf qu'ils viennent quelques minutes faire une capsule vidéo et qu'ils repartent après mais n'empêche et je reprends votre question je pense que notre système démocratique aujourd'hui est usé et qu'il nous faut lui donner de l'air qu'il faut donner de la souplesse regardez la question du RIP comme à la montée du référendum d'initiative populaire pendant les manifestations des Gilets jaunes au fond d'un coup c'est venu et oui c'est un besoin aujourd'hui il y a une défiance vis-à-vis des sachants vous rappelez que j'ai été lu maire de Fort-Calquier quand j'ai été lu maire en 2001 si je devais abattre un arbre tout le monde pensait que c'était logique parce que l'arbre était malade et vieillissant et qu'il menaçait des enfants qui passaient en dessous quand j'ai quitté mon mandat de maire en 2017 mes services savaient que avant d'abattre un arbre il fallait faire de la communication voire même une réunion publique parce que j'étais considéré comme un assassin d'arbre et donc on voit bien qu'aujourd'hui il faut prendre le temps et prendre le temps ça se fait sous plein de formes les conventions citoyennes les réunions publiques et pourquoi pas aussi des référendums qui peuvent être organisés et multipliés sur plein de sujets moi je pense vraiment que nous devrons non pas changer la 5ème République mais lui donner un souffle une proximité travailler sur les différents échelons j'étais le ministre de l'Intérieur en gestion du premier Covid j'ai théorisé le couple je suis possessif et un peu peu modeste mais j'ai théorisé le couple préfet-maire parce que je disais au préfet tous les soirs sur chacune de vos décisions construisez un consensus avec les maires du territoire parce qu'on a besoin de je pense que cette modestie aussi pour l'Etat elle est indispensable dans ce rapport avec les collectivités locales mais les collectivités locales aussi doivent s'interroger quand on voit le chiffre de participation aux élections régionales et aux élections départementales on voit une chose c'est que les présidents ou présidents de sortants ont super bien communiqué sur leur personnalité pas sur leur région et pas sur leur département vous avez été

51:00
Présentateur

ministre de l'intérieur cet après-midi il y a le grand meeting d'Eric Zemmour on annonce des manifestations antifa contre la présence de ce meeting la tenue de ce meeting comment doit réagir la République face à ces dangers et lequel est le plus dangereux

51:16
Paul Christophe

le plus grave selon vous vous savez je pense que les idées d'Eric Zemmour sont graves sont condamnables et ont souvent été condamnées d'ailleurs mais par contre je pense que dans une démocratie elles ont le droit de s'exprimer et je ne suis pas favorable à ces mobilisations qui cherchent à empêcher et cet après-midi le ministre de l'intérieur va mobiliser des forces pour protéger ceux qui viennent à ce meeting et c'est normal c'est cela la République soit on considère qu'il n'y a qu'une ligne politique qui peut s'exprimer et toutes les autres sont condamnables mais ça s'appelle une dictature et il faut assumer que nos adversaires politiques puissent porter une parole et allons-nous sur le champ politique pour la contester cette parole il y a une discussion cette semaine sur une proposition de résolution portée par le groupe GDR sur le fait d'interdire à un candidat condamné pour la xénophobie de se présenter à la présidentielle nous ne l'avons pas voté pour plein de raisons y compris parce que M.

Zemmour a un procès qui est pendant et que ça aurait été une façon de faire pression sur la justice que de voter cette résolution mais moi je veux dire je ne veux pas laisser au juge le soin de décider qui peut se présenter à une direction et qui ne peut pas

52:19
Invité

c'est 500 signatures parce que la question se pose depuis la publicité des noms il est possible qu'il ne les recueille pas est-ce que ça serait un déni de démocratie s'il ne les avait pas

52:27
Paul Christophe

c'est pas un déni de démocratie parce que la démocratie c'est la constitution mais je ne trouverais pas normal qu'il ne les ait pas ensuite ne me demandez pas de demander à mes amis mères de donner leur parrainage à Eric Zemmour mais objectivement je pense que ce système qui est un système de tri pour éviter que n'importe qui fasse n'importe quoi et se présente à la présentielle était opportun à un moment donné peut-être qu'on peut le réinterroger

52:47
Invité

Pour ressembler à quoi ? Vous avez quelques idées ?

52:50
Paul Christophe

Peut-être on prendra le temps d'y réfléchir mais peut-être qu'effectivement aujourd'hui on peut Jean-Luc Mélenchon avait fait ça mais peut-être un peu trop modestement sur le nombre de soutiens numériques qu'il a sollicité mais effectivement 150 000 il avait dit c'est ça ? Voilà on pourrait avoir un système ambitieux les formes aujourd'hui de démocratie peuvent changer et la question d'une mobilisation citoyenne à travers le numérique peut aussi être un référent utile Dans une heure justement

53:15
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon prendra la parole à la Défense est-ce que vous allez regarder avec autant d'attention son meeting que celui d'Éric Zemmour ?

53:22
Paul Christophe

Je pense que je ne regarderai aucun des deux cet après-midi parce que c'est dimanche après-midi

53:28
Présentateur

Vous faites quoi

53:29
Paul Christophe

dimanche après-midi

53:30
Présentateur

plutôt que de regarder des meetings ? C'est quand même votre métier non ?

53:32
Paul Christophe

Non mais je blague D'abord je vais me reposer de cette émission et de la préparation de cette émission laissez-moi un peu de temps tranquille et ensuite oui je vais vous dire la vérité je regarderai les deux et j'essaierai de voir les deux et ce que je n'aurais pas vu je le regarderai cette nuit en décalé Vous allez passer une bonne nuit

53:47
Présentateur

Ça va être super Merci beaucoup Christophe Castaner de nous avoir accompagné en direct jusqu'à 13h Merci Nathalie Merci Françoise Merci Karine Merci Alexandra Merci Beaucoup de merci Également Alexandre Gilardi et Jean-Philippe Ballas pour la préparation de cette émission Laurent Baudouin et André Yannos étaient à la réalisation On se retrouve dimanche prochain midi pile en direct pour un nouveau numéro de Questions politiques Merci

54:14
Locuteur

Merci Merci