Pourquoi l’ONU est très préoccupé, manifestations interdites pour le 8 mai… Actus du jour
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:29InvitéChiffre
« 250 millions de personnes dans le monde sont en situation d'insécurité alimentaire aiguë. »
- 0:40InvitéChiffre
« 65 millions de personnes en plus que l'an dernier. »
- 0:44InvitéChiffre
« Ce chiffre a carrément triplé en tout juste 7 ans. »
- 2:26InvitéFait
« la Russie et l'Ukraine étaient respectivement premiers et cinquièmes exportateurs mondiaux de blé. »
- 3:16InvitéChiffre
« Il y a cette année des besoins estimés à près de 21 milliards d'euros. »
- 3:20InvitéChiffre
« l'organisation n'a levé que 13 milliards »
- 8:33InvitéChiffre
« plus de 110 incendies se sont déclarés en même temps, ravageant déjà plus de 120 000 hectares de végétation »
- 8:41InvitéChiffre
« Ça représente l'équivalent de 12 fois la surface de Paris. »
- 8:44InvitéChiffre
« Ça représente près de 30 000 habitants. »
- 9:42InvitéChiffre
« Il avance le chiffre d'1,7 million de personnes qui auraient été réunies sur le tarmac de l'ancien aéroport d'Istanbul. »
- 10:20InvitéChiffre
« L'avion arrive juste derrière, en deuxième position. Il est cité par 54% des jeunes interrogés. »
- 10:24InvitéChiffre
« Le train arrive seulement en troisième position. Il est utilisé par 35% des personnes interrogées. »
- 10:31InvitéChiffre
« 87% des jeunes interrogés disent qu'ils accepteraient sûrement un billet d'avion gratuit pour passer un week-end en Europe. »
Temps de parole
- Invité54 %
- Présentateur46 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
C'est la fin de trois ans hors du commun. Ce samedi, l'Organisation Mondiale de la Santé a annoncé la fin de l'état d'urgence sanitaire mondial contre le Covid. Même si, attention, le virus n'a pas disparu pour autant. Le monde se libère donc d'une pandémie, mais aujourd'hui, je voulais vous parler d'une autre pandémie. Une pandémie beaucoup plus silencieuse, mais au moins aussi dangereuse, même si elle fait moins la une des médias au quotidien. C'est celle de l'insécurité alimentaire. Selon les derniers chiffres que vient de dévoiler l'Organisation des Nations Unies, 250 millions de personnes dans le monde sont en situation d'insécurité alimentaire aiguë.
Ce stade d'insécurité alimentaire aiguë, c'est le dernier stade avant la famine, et c'est 65 millions de personnes en plus que l'an dernier. Et plus largement d'ailleurs, ce chiffre a carrément triplé en tout juste 7 ans. Pour Antonio Guterres, qui est le secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, ce chiffre, c'est une preuve cinglante de l'échec de l'humanité à lutter contre l'éradication de la faim dans le monde. Selon lui, on va carrément dans la mauvaise direction, et c'est donc le sujet à la une de notre format des actualités du jour aujourd'hui, que ce soit sur YouTube ou alors en version audio, en version podcast, sur toutes les plateformes de streaming.
Alors parmi les pays les plus concernés, il y a d'abord la République démocratique du Congo, où plus de 26 millions de personnes souffrent de la faim. On retrouve ensuite l'Ethiopie avec 24 millions de personnes, l'Afghanistan avec 20 millions de personnes, et ensuite le Nigeria, le Yémen, la Birmanie, la Syrie, le Soudan, l'Ukraine ou encore le Pakistan. Pour tous ces pays, les causes sont souvent multiples, et elles s'additionnent d'ailleurs. Il y a des causes économiques, il y a des guerres, il y a des violences armées, mais aussi des causes climatiques, dont on a pas mal parlé sur la chaîne ces derniers mois.
Mais ce que note en fait l'Organisation des Nations Unies, c'est que ce sont les chocs économiques qui sont la première cause de hausse d'insécurité alimentaire. Ces chocs économiques ont en fait exacerbé et amplifié des vulnérabilités et des problèmes qui étaient déjà présents. Alors de quoi parle-t-on quand on parle de chocs économiques ? Eh bien on peut citer par exemple évidemment la pandémie de Covid. Alors certes c'est une crise sanitaire au départ, mais qui a profondément déréglé les échanges économiques mondiaux pendant trois ans, et qui a donc plongé un certain nombre de pays dans la crise. On peut citer aussi évidemment la guerre en Ukraine.
Alors évidemment la guerre en Ukraine c'est pas qu'une question économique, mais l'impact économique a été très fort et a été direct. En effet ça a contribué à faire flamber les prix des denrées alimentaires de base, comme le blé ou encore le maïs. Sur le blé par exemple, il faut savoir que la Russie et l'Ukraine étaient respectivement premiers et cinquièmes exportateurs mondiaux de blé. Or eh bien face à la menace de baisse massive de production et d'exportation au début de la guerre en Ukraine en 2022, les prix mondiaux avaient atteint quelques jours après le début de la guerre des niveaux jamais atteints, près de deux fois plus élevés que la normale.
Heureusement les prix ont à nouveau baissé pas mal depuis, mais tout de même c'est le genre de choc économique dont on parle, et qui peut avoir un impact important sur l'insécurité alimentaire, voire plus loin sur des risques de famine. Alors une fois qu'on a dit tout ça, qu'est-ce qu'on peut faire face à cette situation critique ? Bon déjà, à très court terme, l'ONU réclame plus de moyens financiers pour le programme alimentaire mondial. Le programme alimentaire mondial, c'est en fait la première organisation humanitaire au monde qui est rattachée directement à l'ONU, et qui distribue notamment une assistance alimentaire dans des situations d'urgence.
Il y a cette année des besoins estimés à près de 21 milliards d'euros. Le problème, c'est que l'organisation n'a levé que 13 milliards, donc forcément ça la contraint à réduire les rations qu'elle va distribuer. D'ailleurs là-dessus, l'organisation des Nations Unies regrette le fait que bien souvent, il faut attendre qu'il y ait des indicateurs très alarmants, qu'il y ait notamment une hausse importante des niveaux de famine pour que les pays agissent et fassent des dons. Alors que je vous le disais, l'insécurité alimentaire aiguë qu'on observe en ce moment, c'est le dernier niveau avant la famine, et ce niveau-là atteint aujourd'hui des niveaux records.
Mais à plus long terme, lutter efficacement contre l'insécurité alimentaire, ça nécessite d'agir sur plusieurs dimensions, selon pas mal de spécialistes. L'une des dimensions, c'est le fait d'améliorer les techniques de production agricole, notamment pour augmenter les quantités produites, mais sans faire flamber le besoin en énergie ou alors sans impacter l'environnement, ce qui pourrait avoir autrement des conséquences à long terme pour la population.
Et là-dessus, on note qu'il faut aussi soutenir spécifiquement les plus petits agriculteurs, qui sont les plus touchés souvent en cas de difficultés climatiques par exemple, puisqu'ils disposent de moins de moyens tout simplement pour faire face à des chocs économiques ou des chocs climatiques. Ensuite, au-delà de la question de la production, selon la Banque mondiale, il y a tout un enjeu sur la distribution alimentaire. Donc la distribution alimentaire, c'est donc les infrastructures de transport, les infrastructures de stockage, pour améliorer notamment l'acheminement de nourriture vers les régions les plus reculées.
Il faut aussi, dans plusieurs régions, promouvoir la diversification des régimes alimentaires. J'en suis conscient, c'est assez flou comme ça, mais ça peut prendre plusieurs dimensions. Déjà, en termes de production, ne pas dépendre uniquement de quelques cultures, la monoculture donc, comme on l'appelle. Et à côté, en termes de consommation, eh bien, encourager la consommation d'aliments qui ont des plus fortes qualités nutritionnelles. C'est le cas, par exemple, des légumineuses.
Enfin, et ça rejoint les autres points, et surtout, ça me paraît assez évident, mais il faut quand même le souligner, évidemment, résoudre les conflits armés est indispensable pour régler cette question de la faim dans le monde. Ça paraît donc évident, mais on le voit ici avec la guerre en Ukraine, qui a eu un impact, par exemple, sur le prix du blé. Et de la même façon, si on prend un pays comme le Yémen, la guerre civile a évidemment eu un impact absolument désastreux. Bref, on a une insécurité alimentaire dans le monde qui s'est aggravée.
En parallèle, on a le changement climatique, et en plus de ça, cette année, très certainement, un phénomène météorologique qui s'appelle El Niño, et qui vient rajouter une forme d'inquiétude pour les mois qui viennent. Pour ceux qui ne savent pas ce qu'est El Niño, je vous renvoie aux actualités du jour qu'on a postées la semaine dernière. C'était à la une de nos actus du jour jeudi dernier. Ça me semblait donc essentiel d'en parler aujourd'hui, même si j'en suis conscient, c'était pas le sujet le plus positif du jour. Je vous mets des liens en description pour en savoir plus. Je vous laisse avec Paul pour les actualités en bref,
et je reviens juste après. Merci Hugo, salut à tout le monde. On commence avec les célébrations du 8 mai, pour commémorer la fin de la Deuxième Guerre mondiale et la victoire sur l'Allemagne nazie. Comme chaque année, une cérémonie a eu lieu à l'Arc de Triomphe à Paris, dirigée par Emmanuel Macron. Mais cette année, Emmanuel Macron s'est aussi rendu à Lyon pour rendre hommage à des résistants, et notamment précisément à Jean Moulin, à l'approche du 80e anniversaire de son arrestation et de sa mort, lui qui a été torturé par le nazi Klaus Barbie, surnommé le Boucher de Lyon. Pour cet hommage, Emmanuel Macron s'est rendu dans son ancienne prison, la prison de Montluc.
Et alors sur ce sujet, aussi des commémorations du 8 mai, il faut dire que plusieurs interdictions de manifester ont été décidées par les autorités aux alentours des hommages, ce qui a été critiqué. Les autorités affirment que c'est un enjeu de sécurité et de mémoire. Les opposants de leur côté disent que c'est une violation du droit à manifester. Et en parlant de manifestations interdites, justement, autre info, une manifestation d'ultra-droite qui a été organisée à Paris ce samedi fait polémique.
L'effet, c'est que près de 600 personnes ont défilé dans Paris, arborant des cagoules noires, des croix celtiques, écriant des slogans fascistes, à l'appel du groupe d'ultra-droite, le comité du 9 mai. La gauche et certains membres du parti d'Emmanuel Macron se sont indignés qu'une telle manifestation n'ait pas été interdite. Autant que la gauche pointe donc que plusieurs manifestations contre la réforme des retraites ont été interdites ces derniers jours en France. De son côté, la préfecture affirme qu'il n'y avait pas de menace d'atteinte à l'ordre public. La seule raison, selon la préfecture, d'interdire une manifestation. On continue maintenant avec plusieurs actuelles internationales.
Vous allez voir, c'est très intéressant. La première, c'est un gros changement dans la géopolitique du Moyen-Orient. On en parlait vendredi. Eh bien ça y est, c'est déjà officiel. La Syrie réintègre la Ligue Arabe. La Ligue Arabe, c'est une organisation régionale dont font partie 22 pays du Moyen-Orient, mais pas l'Iran ou Israël notamment. Et en fait, la Syrie avait été exclue de la Ligue Arabe en 2011 au déclenchement de la guerre civile syrienne, commis par le président syrien Bachar Al-Assad. Et aujourd'hui, par cette réintégration de la Syrie, les pays arabes veulent tourner la page de la guerre civile syrienne.
Ils estiment en fait que ça pourrait conduire à une solution pour mettre fin au conflit. Mais ce qu'il faut noter, c'est que c'est en tout cas une grosse victoire diplomatique pour le président syrien Bachar Al-Assad, qui depuis 5 ans tente de normaliser son régime, de le faire accepter, avec l'appui de la Russie, son grand allié. Autre actu géopolitique très marquante, cette fois direction l'Asie. Le Premier ministre japonais s'est rendu ce dimanche en Corée du Sud pour un sommet. Et c'est historique, ça faisait 12 ans que ce n'était pas arrivé. Ça témoigne d'un rapprochement entre le Japon et la Corée du Sud.
Et oui, car en fait, bien qu'ils soient voisins et tous les deux alliés des Etats-Unis, eh bien cela fait des années que les relations entre la Corée du Sud et le Japon sont très tendues. Ces tensions, en fait, elles datent de l'époque où la Corée était occupée par le Japon, entre 1910 et 1945. Alors l'une des choses qui motive ce rapprochement entre le Japon et la Corée du Sud, c'est notamment une volonté commune de contrer la Corée du Nord, dont la menace nucléaire est grandissante. On est allé au Moyen-Orient, en Asie, direction maintenant l'Amérique du Nord. L'ouest du Canada est frappé par de gigantesques feux de forêt. Ça se passe précisément dans la province de l'Alberta.
Concrètement, plus de 110 incendies se sont déclarés en même temps, ravageant déjà plus de 120 000 hectares de végétation à l'heure où je vous parle. Ça représente l'équivalent de 12 fois la surface de Paris. Face à ça, une vingtaine de communes ont dû être évacuées. Ça représente près de 30 000 habitants. La première ministre de la province parle d'une situation sans précédent. Ces incendies, ils surprennent en effet par leur nombre, 110 incendies en même temps, mais aussi par leur timing. Ils surviennent extrêmement tôt dans l'année, ce qui s'explique notamment par la sécheresse des sols dans la région, alors que cette province a connu un printemps très chaud et très sec.
Et c'est en tout cas une situation qui est rendue encore plus probable par le changement climatique. Cinquième actu, retour au Moyen-Orient, en Turquie précisément. D'ailleurs là, je me rends compte que l'ordre des actus qu'on a choisi n'est pas très bon pour l'empreinte carbone de ces actus. On aurait dû mettre plutôt celle-ci juste derrière la Syrie. Bon, j'arrête les plaisanteries. L'actu, c'est qu'on est désormais à moins d'une semaine des élections présidentielles et législatives. Et que ce week-end, dans la dernière ligne droite de la campagne, eh bien des meetings absolument immenses ont été organisés par les deux principaux candidats.
Il y a d'un côté Recep Tayyip Erdogan, le président au pouvoir depuis 20 ans du parti de l'AKP, et de l'autre Kemal Kirish Taroglou, 74 ans, qui est lui à la tête d'une alliance de six partis d'opposition. Ça c'est marquant, c'est la première fois qu'Erdogan fait face à une opposition unie. Et alors pour le meeting d'Erdogan, son parti parle carrément du meeting politique du siècle. Il avance le chiffre d'1,7 million de personnes qui auraient été réunies sur le tarmac de l'ancien aéroport d'Istanbul. Et plus de 10 000 bus avaient été affrétés pour l'occasion. On continuera à vous tenir au courant sur cette élection.
Pour l'instant, c'est Kemal Kirish Taroglou, le candidat d'opposition qui est en tête dans les sondages. Sixième info, retour en France. C'est un sondage d'Ipsos qu'on trouvait intéressant, qu'on voulait vous partager, sur les moyens de transport utilisés pour partir en vacances par les 18-24 ans. Ça concerne donc du coup spécifiquement les 18-24 ans qui partent en vacances, ce qui n'est pas tout le monde. La question c'était, quels moyens de transport utilisez-vous le plus souvent pour vous rendre sur votre lieu de vacances ? On pouvait donner plusieurs réponses. Et c'est la voiture qui arrive en tête. Elle est citée par 65% des jeunes interrogés.
Mais ensuite, l'avion arrive juste derrière, en deuxième position. Il est cité par 54% des jeunes interrogés. Le train arrive seulement en troisième position. Il est utilisé par 35% des personnes interrogées. Ça montre donc que l'avion continue d'être utilisé massivement pour les loisirs. Un autre chiffre l'illustre dans l'étude. 87% des jeunes interrogés disent qu'ils accepteraient sûrement un billet d'avion gratuit pour passer un week-end en Europe. Et en tout cas, il faut noter aussi que 84% des jeunes affirment que le prix est le premier critère pour le choix de leurs moyens de transport pour partir en vacances. Ce qui explique aussi pourquoi l'avion est devant le train.
Allez, on termine par une dernière actu en sport. C'est la fin d'une ère dans le football français. Jean-Michel Aulas n'est plus le président du club de foot de l'Olympique lyonnais. Alors que ça faisait plus de 35 ans qu'il était la tête du club. Il était arrivé en 1987. Il avait récupéré le club en deuxième division. Il a permis à Lyon de remporter 7 titres de champion de France de foot consécutifs chez les hommes. Et 8 coupes d'Europe chez les femmes. Ça aussi, c'est à noter. Il est remplacé à la tête de l'Olympique lyonnais par John Textor, le nouveau propriétaire américain du club.
Pensez à vous abonner pour ne pas rater le suivant, quelle que soit d'ailleurs l'application que vous utilisez pour m'écouter. Rendez-vous aussi sur YouTube ou encore sur Instagram pour d'autres contenus d'actualité exclusifs. Vous le savez, le nom des comptes, c'est HugoDécrypt. Écoutez, je crois que j'ai tout dit. Prenez soin de vous et on se dit à très vite.