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InterviewLyon Première — L'invité politique du samedi· 12 mars 2022 40 minComplaisantPortrait personnelEnvironnement & énergieLogementÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Rémi ZINCK : Maire EELV du 4e arrondissement de Lyon

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 4 %Défensif 21 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Vous êtes devenu the place to be pour les candidats à la présidentielle, c'est ça ?

  • 1:26OuverteRéponse directe

    Comment le vit le maire d'arrondissement ? Est-ce que c'est vous qui donnez l'autorisation pour ce genre de choses ?

  • 2:21FerméeRéponse directe

    En gros, il n'y a pas eu une autorisation ou une information qui a été trop demandée ?

  • 3:01OuverteRéponse directe

    Comment a vécu votre population ? Est-ce qu'elle vous en parle ?

  • 4:56OuverteRéponse directe

    Mais peut-être d'abord quelques mots pour vous découvrir au sens où, certes, vous êtes élu depuis deux ans, mais vous êtes un nouveau maire.

  • 5:10OuverteRéponse directe

    Comment est-ce qu'on devient maire du 4e arrondissement ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:46PrésentateurFait
    « Il y avait le meeting d'un des candidats à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, pour ne pas le nommer, qui avait réquisitionné le gros caillou. »
  • 1:44PrésentateurFait
    « Les projets qui passent dans les autorisations municipales, c'est des projets qui sont liés à des animations culturelles, associatives... »
  • 3:22PrésentateurFait
    « C'est une pelouse qui a été mise à l'époque, quand cette esplanade a été refaite, et qui est posée sur du substrat, parce que ce n'est pas de la pleine terre, et qui arrive en rouleau, et qu'on greffe quelque part à ce substrat. »
  • 5:31PrésentateurFait
    « Il y a eu le Covid entre les deux tours, donc on a quand même le temps de se projeter, de se préparer. »
  • 7:19PrésentateurFait
    « Moi, je l'ai eu dans les années 2000. Le sommet de la Terre à Genèsebourg, les mouvements alter-mondialistes. »
  • 14:01PrésentateurChiffre
    « Dans les années 75, il y avait 30% d'ouvriers à la Croix-Rousse. »
  • 15:08PrésentateurFait
    « C'est parfois difficile de se loger dans des bonnes conditions dans le quatrième. »
  • 16:49PrésentateurFait
    « Auparavant, il fallait faire du logement social à partir de 1 000 m² de surface habitable. »
  • 17:10PrésentateurFait
    « On a réussi à faire baisser sur le premier et quatrième arrondissement à 500 m² la surface, où à partir au-delà de cela, il faut faire du logement social. »
  • 17:53PrésentateurChiffre
    « À l'intérieur, il y a une taxonomie de logements différents en fonction de ses revenus. Et évidemment, avec 16 % à la Croix-Rousse, on est loin des 20 % auparavant et des 25 % de la loi SRU. »
  • 18:23PrésentateurFait
    « On va avoir beaucoup ce qu'on appelle le bail réel et solidaire. C'est-à-dire qu'on dissocie le foncier du bâti, ce qui permet à des gens d'acheter un appartement sans acheter le terrain, ce qui fait énormément baisser le prix de l'appartement. »
  • 22:31PrésentateurFait
    « C'est un sujet depuis 1852, à peu près, où on l'a construit. »
  • 22:44PrésentateurFait
    « Il était à l'origine planté de plusieurs centaines de platanes. »
  • 25:05PrésentateurFait
    « La métropole permet aux maires d'arrondissement qui ne sont pas élus métropolitains, ce qui est mon cas, de pouvoir assister aux séances dans ce qu'on appelle le conseil territorial des maires. »
  • 32:17Invité politiqueFait
    « oui j'ai soutenu Eric Piolle »
  • 32:36PrésentateurFait
    « Yannick a pris des positions courageuses à propos de l'Ukraine »
  • 33:00PrésentateurFait
    « même dans le mouvement écolo on est un mouvement pacifiste »
  • 34:37PrésentateurChiffre
    « actuellement la croissance elle se fait environ à 70% sur la consommation d'énergie carbone »
  • 34:51PrésentateurFait
    « dire qu'on va faire de la croissance la croissance verte c'est pour moi une petite blague »
  • 35:15PrésentateurFait
    « quand on fait 70% de sa croissance avec l'énergie carbone en même temps en face et forcément qu'au total il y aura de la décroissance »
  • 35:27Invité politiqueFait
    « je rappelle que vous êtes enseignant donc vous les côtoyez régulièrement »
  • 36:57PrésentateurFait
    « le dérèglement climatique il est lié à un dérèglement social pas l'inverse »
  • 37:07PrésentateurFait
    « c'est ce qui fait le succès chez Zemmour ce qui a pu être le cas chez Le Pen aussi »
  • 38:36Invité politiqueFait
    « des cow-boys fringants »

Temps de parole

  • Présentateur68 %
  • Invité politique30 %

1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

A Lyon, vous écoutez Lyon 1ère.

0:02
Invité politique

Lyon 1ère.

0:04
Présentateur

Lyon 1ère, l'invité politique du samedi. Avec immédiat positif, Frédéric Duval.

0:12
Invité politique

Bonjour à toutes et à tous, on est heureux de vous retrouver pour cette nouvelle émission de l'émission L'invité politique de 11h à midi le samedi sur Lyon 1ère. Je suis aujourd'hui avec Rémi Zinc. Bonjour. Bonjour. Bonjour M. le maire, puisque vous êtes le maire du 4e arrondissement. On va parler avec vous effectivement des projets, de la vie de la métropole, des élections présidentielles. Un entretien, vous le savez chers auditeurs, sans a priori ni parti pris pour surtout comprendre le quotidien de l'homme qui se cache derrière l'homme politique. Avant de parler de votre arrondissement, vous savez qu'il y a une question d'actualité.

J'avoue que j'ai regardé avec attention la semaine dernière. Il y avait le meeting d'un des candidats à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, pour ne pas le nommer, qui avait réquisitionné le gros caillou. Ce n'était pas le seul, puisque je crois que Christiane Taubira l'avait fait aussi. Yannick Jadot, peut-être, avait fait quelque chose dans ce coin-là. Vous êtes devenu the place to be pour les candidats à la présidentielle, c'est ça ?

1:03
Présentateur

Alors, en effet, il semble que la Croix-Rousse, lieu historiquement insoumis, on va dire, du temps de la Volte des Canuts, soit un peu l'endroit où beaucoup de candidats, et dernièrement deux candidats, enfin, Christian Taubira, sur l'esplanade en dessous, et Jean-Luc Mélenchon, la semaine dernière, sur l'esplanade de Roucaillou, aient besoin et a envie de venir pour porter cette symbolique dans leur message politique.

1:26
Invité politique

Et comment le vit le maire d'arrondissement ? Parce que, est-ce que, par exemple, c'est vous qui donnez l'autorisation pour ce genre de choses ?

1:32
Présentateur

Alors, quand c'est des manifestations de cette importance, le maire de Lyon est informé. Il y a une commission d'occupation du territoire, l'espace public, qui existe, dans laquelle je suis invité, ou quelqu'un de la mairie, mais c'est un projet qui ne passe pas en éthèque, c'est un projet politique. Les projets qui passent dans les autorisations municipales, c'est des projets qui sont liés à des animations culturelles, associatives...

1:55
Invité politique

Quand il y a la vogue sur le volard, par exemple ?

1:58
Présentateur

Voilà, absolument. Après, tout ce qui est religieux, manifestations religieuses ou politiques, manifestations autres, c'est la préfecture qui donne son accord. Là, c'est un peu différent, parce que ce n'est pas une manifestation au sens revendicatif, avec des filets d'un point à un autre, et des revendications. C'est un rassemblement. Donc, c'est un petit peu plus compliqué, une espèce de zone grise.

2:21
Invité politique

En gros, il n'y a pas eu une autorisation ou une information qui a été trop demandée ?

2:25
Présentateur

Voilà, mais en même temps, sachant qu'il allait venir, d'une manière ou d'une autre, la ville de Lyon a souhaité, la préfecture également, faire une réunion de sécurité, afin de vérifier quand même, en termes de sécurité, pour les gens qui viendraient. C'est quand même ça le plus important. Que les regroupements, les voitures béliers, les évacuations en cas de problème, etc., puissent être bien correctes, de manière à ce que, si jamais il y avait un problème, il n'y ait pas de conséquences dramatiques. Donc, voilà, on était quand même là-dedans, cette partie-là.

2:54
Invité politique

Succès populaire, il y a eu beaucoup de monde. Je suppose que ça n'a pas arrangé les questions de stationnement, qui sont aussi un sujet dont on en reparlera. Comment a vécu votre population ? Est-ce qu'elle vous en parle ? Est-ce qu'elle vous dit, bon, c'est quand même un peu le bazar, déjà qu'on ne peut pas se garer, comment on fait ?

3:06
Présentateur

Alors, sur l'avenue de Jean-Luc Mélenchon, c'est vrai qu'il y avait des craintes. Il y a, sur le quatrième, un sujet qui est un petit peu, je ne dis pas qu'il est drôle, mais il est, par rapport au problème que peut rencontrer notre pays, où les gens, où la situation actuelle dans le monde, il est quand même relativement exotique, c'est la pelouse de l'esplanade de Gros Cailloux. C'est une pelouse qui a été mise à l'époque, quand cette esplanade a été refaite, et qui est posée sur du substrat, parce que ce n'est pas de la pleine terre, et qui arrive en rouleau, et qu'on greffe quelque part à ce substrat. Donc, ça prend beaucoup de temps, ça prend un peu d'argent.

Elle a été refaite l'année dernière, au mois de juillet. Et donc, elle n'est pas en très bon état. Elle n'était déjà pas en bon état avant l'arrivée de M. Mélenchon. Donc, ce n'est pas dégradé par son arrivée. C'est vrai qu'elle était déjà un peu dégradée par la vogue, et puis par le fait qu'elle ne se renouvelle pas. Il n'y a pas de substrat dessous, il n'y a pas de biodiversité. Donc, il ne pleut pas beaucoup, elle sèche, il y a du vent. Donc, c'est un endroit où il est difficile de la maintenir en bon état.

4:05
Invité politique

L'avantage, c'est que vous pouviez voir le meeting de votre fenêtre, quasiment.

4:07
Présentateur

Pas tout à fait, mais je suis allé le voir pour vérifier que tout se passe bien. J'étais plus inquiet, pour voir que tout se passe bien, qu'il n'y ait pas de problème. Et ce qui s'est passé, il n'y a pas eu de problème du tout. Il y avait une très bonne ambiance, une ambiance de bon enfant, je dirais. Il y a aussi beaucoup de curieux de gens de la Croix-Rousse qui ne seraient peut-être pas allés au meeting de Jean-Luc Mélenchon ailleurs, mais qui, c'est quand même un événement, c'est quand même un candidat à la présidentielle qui a son importance. Et pour des gens qui, un dimanche, où il faisait beau...

Je pense que c'était aussi un petit peu le but de ces meetings en centre-ville, parce qu'il n'y a pas que M. Mélenchon qui le fait. Il y en a d'autres. C'est aussi d'être au plus près des habitants et pas sur un parking à 10 km du centre-ville. Il y a aussi le fait de venir au contact des habitants.

4:53
Invité politique

On parlera de tout ça et de la présidentielle tout à l'heure. Mais peut-être d'abord quelques mots pour vous découvrir au sens où, certes, vous êtes élu depuis deux ans, mais vous êtes un nouveau maire. Votre prédécesseur, David Kimmelfeld, avait une personnalité. Il était par ailleurs président de la métropolitaine, donc assez connu. Ma question, c'est comment est-ce que tout d'un coup, qu'est-ce qui s'est passé ? Comment est-ce qu'on devient maire du 4e arrondissement ? Je crois que vous êtes lyonnais et que vous avez toujours été votre famille à la Croix-Rousse.

5:17
Présentateur

Oui, en partie à la Croix-Rousse, en partie dans le 6e. Moi, j'ai grandi dans le 8e parce que mes parents se sont installés dans le 8e quand ils étaient plus jeunes. J'ai grandi dans le 8e, qui est un arrondissement que je connais bien aussi et j'ai aussi travaillé. Comment on devient maire ? C'est un peu un cheminement parce qu'on est militant. Et puis, on a la chance d'avoir parmi nous quelqu'un que je connais depuis presque 10 ans qui s'appelle Grégory Doucet et qui a déjà, en 2014-2015, disait « La prochaine fois, on va gagner Lyon ».

Alors qu'on était quand même très bas dans les sondages et on n'avait pas eu un résultat aux élections municipales de 2014 qui pouvaient laisser croire qu'on serait les nouveaux...

5:50
Invité politique

Il y croyait déjà, à ce moment-là.

5:51
Présentateur

Il y croyait, je le dis, et c'est vraiment très sincère. Parce que moi, des fois, je disais « Bon, il est gentil Grégory, mais quand même, voilà. » C'est un vrai militant sincère. Attention, je n'étais pas dépréciatif, mais je disais quand même là... Il était très persuadé et il a fini d'être très persuasif parce qu'il a construit entièrement ça. Alors, on était un certain nombre autour de lui, évidemment, après à s'être agrégé de plus en plus. Mais c'était vraiment lui, la cheville ouvrière. C'est vraiment lui qui a pensé tout ça et depuis bien avant la municipale de 2020.

Et je crois que tout le parcours qu'on a eu, bien sûr que c'est un travail d'équipe, mais c'est quand même lui qui est le moteur principal de cette réussite. À la fois dans la pensée de ce qu'il fallait faire, de ce qui était nécessaire pour la ville. Donc, sur le fond, vraiment, sur sa vision de la ville. Et après, sur tout l'aspect organisationnel. Ça, ça a été aussi un gros travail. Parce qu'arriver à faire travailler des écologistes, ce n'est pas toujours très simple.

6:53
Invité politique

Vous étiez, vous le disiez, militant, mais vous avez commencé il y a longtemps. Et d'ailleurs, vous avez connu une évolution personnelle. Puisqu'on en parlait en préparant cette émission. Mais je crois que vous avez commencé du côté du gaullisme social. Qu'est-ce qui a fait le passage vers l'écologie politique, quelque part ?

7:09
Présentateur

Alors, c'est la prise de conscience que certains ont plus ou moins. Il y en a qui l'ont maintenant, il y en a qui l'ont il y a quelques années. D'autres l'auront, je l'espère, un peu plus tard. Pas trop tard non plus. Moi, je l'ai eu dans les années 2000. Le sommet de la Terre à Genèsebourg, les mouvements alter-mondialistes. Et puis, cette prise de conscience qui est quand même dans la société. Je me rappelle, c'était Nicolas Hulot qui était là aussi, qui était très fort à l'époque. Qui informait, qui dénonçait ce qui se passait. Et après, il y a une prise de conscience. J'étais aussi à l'époque jeune papa.

Ça travaille aussi quand on est parent de se dire quelle vie, quelle ville, quelle planète je vais laisser à mes enfants, quel va être leur avenir. Donc, tout ça, ça grège ensemble. Et bon, ça vous fait évoluer vers d'autres choses. Et vous passez le cap.

7:51
Invité politique

Alors, je dis que vous êtes d'une famille de soyeux. De canu. De canu. De canu, pardon. Et vous travaillez aussi pas loin, puisque vous êtes toujours prof dans un lycée professionnel, juste à côté de la mairie. Pourquoi est-ce que vous avez voulu conserver cette activité professionnelle à côté de votre mandat, qui est quand même très prenant ?

8:11
Présentateur

Parce que pour moi, la politique, comme on l'a dit, ça fait bientôt deux ans que je suis élu. Donc, à mon âge, c'est un petit moment dans ma vie. Il sera un court moment. Et mon métier, c'est l'enseignement. Alors, j'ai travaillé longtemps dans le commerce et la distribution. Après, je suis devenu enseignant. Donc, voilà, je suis là-dedans. Et c'est une façon pour moi de rester au contact de la réalité, la réalité du terrain, auprès de jeunes qui sont parfois, pour beaucoup, en difficulté d'insertion scolaire. C'est évident. Mais aussi parfois en difficulté d'insertion sociale. Ça permet quand même d'avoir un pied dans une réalité qu'il ne faut pas oublier.

Et que parfois, quand on est élu en politique, on est dans d'autres cercles, avec d'autres personnes, dans un autre milieu social. On pourrait vite oublier. Donc là, ça me le rappelle quotidiennement. Et pour moi, même si c'est difficile, c'est aussi salvateur parfois de se rappeler.

9:00
Invité politique

Est-ce que ça veut dire que quelque part, du coup, le mandat ou le fait d'être élu, ce n'est pas un métier en fait ? Comment vous le vivez ? C'est un engagement, un sacerdoce, une mission, un moment ? C'est quoi votre mandat pour vous ?

9:12
Présentateur

Je le vis comme un parcours, enfin un temps dans un parcours de militant écologiste, avec une mission qui est particulière, parce qu'elle est plus engageante, évidemment. Pour moi, c'est oui, c'est un temps. J'ai été militant avant, je le serai, je le suis toujours d'ailleurs, mais je le serai après. Et avec un moment où, dans mon temps de militant, je suis élu.

9:31
Invité politique

Et le fait d'être dans un lycée professionnel, au contact avec la jeune génération, est-ce que c'est aussi quelque chose auquel vous êtes attaché ? Puisqu'on parlera de ça tout à l'heure, mais c'est vrai que les jeunes, c'est un peu un questionnement. C'est leur rapport à la politique. Est-ce qu'ils vous regardent différemment depuis que vous êtes maire, d'ailleurs ? Alors, certains ont mis du temps à s'en rendre compte, parce que je ne leur en parle pas.

9:49
Présentateur

Vous séparez les deux ? Oui, oui, absolument, je ne leur en parle pas. Mais certains cherchent sur les réseaux sociaux, donc ils trouvent vite. Voilà, tout simplement. Après, ils posent beaucoup de questions, mais comme je veux rester dans un rapport prof-élève, j'ai...

10:02
Invité politique

On se retrouve avec plaisir pour cette deuxième partie de l'émission de l'invité politique de 11h à midi, avec Rémi Zinck, le maire du 4e arrondissement. Monsieur le maire, on parlait juste avant de votre parcours, de votre engagement. Et je me faisais la réflexion en vous écoutant, pour côtoyer régulièrement des élus, il y a un côté très, encore très frais, très joyeux, très... Est-ce qu'on peut faire, quelque part, cette fonction, s'exercer ce mandat, sérieusement, sans se prendre au sérieux ? C'est aussi peut-être quelque chose qui caractérise un peu même, peut-être, les écolos ?

10:30
Présentateur

Oui, c'est ce que j'allais vous dire. Je pense que c'est un petit peu un... Alors, il peut y avoir des exceptions, mais je pense que c'est un petit peu un trait chez nous, c'est d'être très impliqué dans les dossiers, de beaucoup travailler, et d'être un peu moins dans l'aspect très représentatif, la représentation, les élus, le protocole, d'être plus simple dans les rapports. Moi, je le pratique au quotidien, notamment, par exemple, avec les agents de la mairie, que je vois quotidiennement, puis avec les gens dans la rue, parce que même maintenant, si on a eu un masque pendant pas mal de mois, ils finissent par me reconnaître.

Ça dépend comme je suis habillé, je veux vous dire, voilà, la réalité. Quand je vais à la mairie, qu'il y a des mariages et que j'ai un costume, parce que j'en mets un pour l'occasion, ils me reconnaissent davantage. C'est comme quoi, l'habit, parfois, fait l'élu. Oui, clairement, on est bien rentrés dans le costume, d'ailleurs. Oui, tout à fait.

11:15
Invité politique

Et il y a un costume qui n'est pas trop lourd à porter, parce que vous avez commencé directement par être maire, et on sait quand même que ça change un petit peu. On parlait un peu de ce changement de regard par rapport à vos élèves, mais comment vous faites pour garder ce cap de, voilà, je fais des choses importantes, mais en même temps, j'essaie de rester accessible et simple.

11:33
Présentateur

C'est quelque chose de, enfin, évidemment, j'ai été de liste, l'élection a été longue, puisqu'il y a eu le Covid entre les deux tours, donc on a quand même le temps de se projeter, de se préparer. On avait fait un très bon score au premier tour, donc, bon, on n'a jamais l'assurance d'être élu au second, mais c'était quand même bien parti, on va dire, comme ça. Donc, techniquement, j'étais à peu près prêt, autant qu'on puisse l'être, quand on arrive et qu'on remplace une ancienne majorité. Mais c'est vrai qu'après, j'étais pas tout à fait prêt, je le reconnais, au regard des habitants vis-à-vis de la fonction de maire. Moi, je suis quelqu'un d'assez simple, assez accessible.

J'ai parfois un certain humour, alors parfois un humour grinçant, ironique, dirait certains, ce qui peut être un défaut. Parfois, je le reconnais dans la relation. Parce que ça peut être mal compris, parfois. Ça peut être mal compris, en effet. Et voilà, les gens m'appelaient, monsieur le maire, etc. Alors, je disais à mes enfants, qui sont des grands-enfants, quand même, les gens exagèrent, etc. Et puis, après, en réfléchissant avec eux, je disais, c'est vrai que David, enfin, je dis David, David Kimmelfeld, mon prédécesseur, avec qui j'ai un rapport assez direct, en public aussi, je l'appelais, je lui disais monsieur le maire.

Donc, je me dis, en fin de compte, toi-même, tu le mettais dans la position de maire, ce qu'il était à l'époque, et c'était normal. Et donc, finalement, les gens font la même chose avec toi. Parce qu'il y a une fonction qui représente quelque chose. Voilà. Et c'est vrai qu'il faut se mettre dans cette situation, d'accepter cette fonction. Et même si après, on peut le faire simplement, parce qu'à la Croix-Rousse, c'est un petit arrondissement, les gens se connaissent beaucoup, et je pense que la population n'accepterait pas quelqu'un d'autun, qui prendrait de la distance. Ça n'a jamais été le cas de mes prédécesseurs, d'ailleurs.

Mes trois prédécesseurs étaient des gens assez proches, assez dans la convivialité, l'humour. Donc, je pense qu'ils sont habitués à ce genre de relations en direct.

13:08
Invité politique

Des profils qui correspondent à ce qu'est ce quartier de la Croix-Rousse. Mais moi, ce que je voudrais, c'est qu'on découvre peut-être un peu mieux votre arrondissement, parce qu'évidemment, il y a un côté carte postale, à même une échelle internationale. Mais le quatrième, ce n'est pas que la Croix-Rousse, et vous êtes attentif à ça ?

13:23
Présentateur

Je bats en brèche l'image de la carte postale, souvent, parce que la représentation des gens qui n'habitent pas le quatrième, souvent, c'est... Alors, on en a parlé tout à l'heure, le gros caillou, le marché, le café où je bois mon petit verre de blanc, le samedi matin en allant au marché... L'aspect un petit peu caricatural, on va dire. Il existe, cet aspect-là, attention, il existe, mais c'est un moment du quatrième, et c'est un lieu du quatrième. Le quatrième, aussi, c'est des gens qui sont...

Beaucoup de femmes, de femmes un peu plus âgées, qui sont veuves, qui vivent avec des petites retraites, qui ont été employées, ouvrières dans le quatrième, à une époque, dans les années 75, il y avait 30% d'ouvriers à la Croix-Rousse. C'est aussi des quartiers avec du logement social, on en parle peu. Et puis, il y a aussi deux quais, les bords de Saône, les quais du Rhône, avec des gens qui ne sont pas sur le plateau, ils sont aussi dans le quatrième, et souvent, on les oublie dans la carte postale, mais ils sont bien là. Donc, c'est un ensemble, le quatrième.

14:19
Invité politique

Vous essayez d'être attentifs à ces différents quartiers. Je crois que c'est important. Alors, quand on arrive comme ça, et qu'on devient maire, vous l'évoquiez à l'instant, il y a une campagne, il y a un projet politique, évidemment, au niveau de la majorité écologiste, mais quelle était votre priorité, ou vous voulez dire, votre vision pour ce quatrième arrondissement si particulier ?

14:37
Présentateur

Alors, sur le quatrième, comme je le disais précédemment, il y a eu une mutation, il y a eu un changement de population qui s'est fait au fil du temps, et ça s'est un peu accéléré ces dernières années, ce qui fait que le logement est devenu très inaccessible pour beaucoup de gens. Alors, le neuf, évidemment, mais même l'ancien est devenu très cher, et ça a chassé, on peut le dire comme ça, une partie de la population qui a dû, parce qu'un enfant de plus, on ne peut pas acheter un appartement plus grand, ou on ne peut pas louer un appartement plus grand, et même parfois avec deux salaires moyens d'un couple, c'est parfois difficile de se loger dans des bonnes conditions dans le quatrième.

Donc, on avait un phénomène comme ça de gens qui partaient. Donc, nous, l'objectif, c'est de rendre cet appartement accessible à tous, quels que soient ses revenus. La mixité, c'est important, qu'il y ait des gens qui gagnent bien leur vie, voire très bien leur vie, et pourquoi pas, on n'est pas là pour exclure d'autres personnes, il n'y a pas de problème, mais il faut aussi que des gens qui ont des revenus plus modestes puissent vivre, ou certains continuent à vivre à la Croix-Rousse, ce qui n'est parfois plus le cas.

15:35
Invité politique

Donc, on travaille beaucoup là-dessus. Moi, j'ai reçu beaucoup de vos collègues maires d'arrondissement, on a l'impression que c'est devenu presque un point commun entre les différents maires d'arrondissement de préserver à la fois l'identité, une forme de mixité, et de lutter contre ce foncier. Quand on regarde les chiffres dans la presse, aujourd'hui, les augmentations sont quand même assez impressionnantes. Est-ce qu'on a les moyens ? Est-ce que vous avez les moyens ? Alors, vous passez simplement maire d'arrondissement, mais est-ce que la ville a les moyens de soit construire, soit d'encadrer comme ça s'est fait ? Comment on fait pour lutter contre ce phénomène ?

16:05
Présentateur

Alors, nous, dans le quatrième, et aussi dans le premier, parce qu'on est un peu sur les mêmes problématiques, il y a encore moins de foncier dans le premier que dans le quatrième, c'est davantage bâti, mais on est quand même très proche. On a beaucoup travaillé ce qu'on appelle le PLUH, le plan local d'urbanisme et d'habitat, qui est un peu la cartographie de la métropole avec les zones où on peut construire, pas construire, les hauteurs, les parcs à préserver, etc. Donc, c'est tout détaillé. Et ce plan local d'urbanisme a des modifications successives.

Donc là, on a fait une nouvelle modification qui est en cours d'instruction, qui sera probablement votée prochainement, où on modifie certains éléments du PLUH pour renforcer la possibilité de construire du logement social, notamment sur les constructions neuves. Auparavant, il fallait faire du logement social à partir de 1 000 m² de surface habitable. Donc, on avait beaucoup de projets à 995 m². Alors, des fois, on négociait un premier étage à l'arrière, pas très bien placé, mais ce n'est pas satisfaisant. D'abord, ce n'est pas assez en quantité et en qualité, ce n'est pas non plus satisfaisant.

On a réussi à faire baisser sur le premier et quatrième arrondissement à 500 m² la surface, où à partir au-delà de cela, il faut faire du logement social. Donc là, ça veut dire que ça va vraiment permettre, chaque fois qu'il y aura un projet, d'avoir du logement social. Alors, le logement social, c'est un mot

17:23
Invité politique

qui, d'ailleurs, sans doute, n'est pas adapté au sens où c'est quelque chose qui fait peur, alors qu'en vrai, on le sait, je crois que 70 ou 80 % de la population était visible. Est-ce qu'il n'est pas temps, aussi, peut-être, de changer l'image de ce type de logement, de le raconter autrement ? Comment est-ce qu'on peut faire pour que ce ne soit pas stigmatisant, quelque part ?

17:42
Présentateur

Peut-être qu'il faudrait lui donner un autre nom que le logement social. Alors, je ne sais pas. Là, en quelques minutes, je ne vais pas vous dire. Ce n'est pas évident, mais en tout cas, c'est un souci. Voilà, mais c'est vrai que beaucoup de la population, vous l'avez dit, 70 % est allé au logement social. Alors, à l'intérieur, il y a une taxonomie de logements différents en fonction de ses revenus. Et évidemment, avec 16 % à la Croix-Rousse, on est loin des 20 % auparavant et des 25 % de la loi SRU. Donc, on cherche, non pas, bien sûr, à satisfaire la loi, parce qu'on est bien sûr contraints, mais c'est aussi une nécessité pour les habitants.

Donc, à l'intérieur de ce logement social, nous, on essaye d'être dans une mixité du logement social. On va avoir beaucoup ce qu'on appelle le bail réel et solidaire. C'est-à-dire qu'on dissocie le foncier du bâti, ce qui permet à des gens d'acheter un appartement sans acheter le terrain, ce qui fait énormément baisser le prix de l'appartement. Et ça permet d'éviter aussi la spéculation parce qu'on ne peut pas revendre tout de suite. Donc, ça permet de faire baisser cette inflation des prix.

Et en même temps, ça garantit du logement à des familles, la plupart du temps, qui veulent rester sur l'arrondissement, qui veulent y venir, sans que ça soit du logement social, je dirais, tel qu'on peut le caricaturer. Ça permet d'avoir une mixité au sein même du logement social. Et puis, il y a aussi l'encadrement des loyers qui n'est pas la seule arme, mais qui fait partie des possibilités. De l'arsenal.

19:02
Invité politique

On avait reçu l'air. Renaud Père, qui était venu nous en parler, le vice-président de la Métropole. Alors, il y a cette question du logement. Évidemment, tous les maires d'arrondissement de la majorité écolo travaillent sur cet enjeu de la végétalisation. Mais chez vous, j'ai l'impression que ça dépasse le simple fait de mettre du verre. Il y a aussi toute une dimension d'éducation à la qualité de l'air, la pollution, parce que végétaliser, c'est peut-être aussi anticiper sur des risques qui sont importants et parfois un peu négligés ou méconnus. Dans les priorités, il y avait aussi cet aspect-là.

19:32
Présentateur

Oui, parce que la végétalisation, c'est aussi lutter contre la chaleur, c'est aussi remettre la voiture à sa place à certains moments. Il faut le dire les choses. Quand on plante des arbres à certains endroits, on enlève parfois des places de stationnement. Pas toujours, mais parfois c'est le cas. C'est remettre un peu du vivant dans le minéral. Et c'est important pour des gens, si on veut avoir des villes agréables ou pas trop désagréables avec le dérèglement climatique, l'arbre a toute sa place. C'est le vivant, voilà, aussi. C'est la force du vivant.

20:02
Invité politique

Et dans les autres priorités, qu'est-ce qu'il y avait dans votre projet ? Je crois que la culture ?

20:07
Présentateur

La culture, oui, c'est vrai que on est sur un... Alors, pour le quatrième, on est sur un arrondissement, on est une population sensible à la culture, assez pointue. Et on essaie d'aller dans ce sens, c'est-à-dire encourager, programmer, soutenir les actions culturelles de qualité, accessibles. Voilà, on essaie de faire ça aussi, de rendre cette accessibilité. Voilà, c'est... C'est un sujet, en effet, assez important sur le quatrième.

20:32
Invité politique

Avec peut-être une frustration, parfois, parce que je le redis régulièrement, et c'est vrai que c'est important pour la compréhension de nos auditeurs, le maire d'arrondissement n'a pas les mêmes moyens que le maire de Lyon. C'est plus un animateur, certains disent, en termes de lobbying, d'influenceurs, d'animateurs. Comment vous définissez votre rôle de maire d'arrondissement pour faire en sorte que les projets arrivent chez vous, quelque part, et qu'ils puissent être soutenus ? C'est un petit peu tout ça.

20:56
Présentateur

Parfois, dans le lobbying, comme je dis, alors je le dis, je me caricature parfois, je dis, je grogne, je pleure, je minute parfois, je caresse, je menace, voilà, je fais tout parfois.

21:07
Invité politique

Pour essayer d'obtenir un peu,

21:09
Présentateur

même de votre propre majorité. Oui, parce que, voilà, quand on a un projet qui vous tient à cœur parce que ça correspond à un besoin de l'arrondissement, c'est sûr qu'il faut le faire valoir. Il y a des arbitrages, on le sait bien, on ne peut pas tout faire. Donc, il ne faut pas le faire pour tous les sujets parce qu'autrement, ça n'a plus d'intérêt. Il faut bien choisir ces combats, voilà, et on peut le faire. Et après, beaucoup l'animation parce que c'est un quartier qui est un petit peu abouti, on ne va pas construire, il n'y a pas de friches industrielles qui sont transformées. Donc, on est sur un quartier qui est un peu terminé, je dirais, qui est très fort.

C'est une très forte identité. Voilà. Et donc, on fait beaucoup sur l'animation. Le quatrième arrondissement, il y a un tissu associatif qui est très dense, très vivant. Donc, on est là pour essayer de soutenir. Et puis, comme le disait un de mes prédécesseurs, Dominique Bollier, il me dit, ton boulot, voilà, c'est de relier les fils à la Croix-Rousse. C'est-à-dire, quand tu as un fil d'un côté et un fil de l'autre, tu les relies entre eux, tu fais un nœud. Ça fonctionne bien. Et c'est ça, ton boulot aussi.

22:08
Invité politique

Alors, parmi les autres priorités plus structurantes, et c'est là où on découvre ce qu'on évoquait, c'est que le maire d'arrondissement a un certain nombre de pouvoir, le maire de Lyon aussi. Et puis, évidemment, il y a des sujets qui dépendent de la métropole. On avait commencé cette émission par le boulevard de la Croix-Rousse. On va le poursuivre. L'aménagement du boulevard de la Croix-Rousse, c'est quand même un peu, je ne sais pas si c'est le serpent de mer, mais c'est quand même un sujet qui préoccupe les habitants du 4e depuis un certain temps.

22:30
Présentateur

Ah ben, c'est un sujet depuis 1852, à peu près, où on l'a construit. Voilà. C'est vrai que, bon, il est long, il s'est dégradé au fil des années parce que, comme toute voirie, ça se dégrade, évidemment. Et il était à l'origine planté de plusieurs centaines de platanes. C'était la grande avenue 19e siècle, dans le type haussmannien, on va dire, même si Haussmann n'est jamais venu à Lyon, mais dans cet esprit-là. Et les arbres ont vieilli, beaucoup ont été abattus parce que malades. Pendant longtemps, le trottoir a été un stationnement sauvage, toléré et retoléré, etc. le marché souffre d'une électrification qui est très, très défaillante. Voilà, il y a multiples problèmes de cette sorte-là.

Donc, c'est un souhait du maire de Lyon, bien sûr, de ma collègue Mme Boaga du 1er et de moi du 4e, mais aussi et surtout, je dirais, du maire de Lyon, de porter la rénovation du boulevard auprès de la métropole.

23:34
Invité politique

Ça ressemblerait à quoi le boulevard idéal de la Croix-Rousse de demain ?

23:39
Présentateur

Le boulevard idéal, ça sera un boulevard végétalisé où la déambulation piétonne soit extrêmement agréable. Voilà, ce soit ce qu'il était à l'origine, c'est-à-dire un lieu de promenade, tout simplement, quand il a été fait sur les anciens remparts. Voilà, les gens venaient déambuler, se balader. Tout en gardant le transport public, etc. Ah oui, oui, bien sûr. Donc, on est dans cette optique-là avec toutes les contraintes que je vous ai énoncées précédemment, c'est-à-dire une contrainte architecturale parce que c'est un endroit qui est soumis à la vie de l'architecte des bâtiments de France. Il y a un marché, il y a une vogue, il y a beaucoup de choses.

Il ne fait pas tout et n'importe quoi sur ce vouloir. Donc, il faut vraiment hiérarchiser les choses et ce n'est pas évident.

24:22
Invité politique

On reparlera de tous ces sujets et de bien d'autres, y compris de la campagne, dans la troisième partie de notre émission. A tout de suite. Merci de nous retrouver pour cette troisième partie de l'émission de l'invité politique de 11h à midi le samedi. On est toujours avec Rémi Zinck, le maire du 4e arrondissement. On parlait, M. le maire, juste avant la pause de ce fameux boulevard de la Croix-Rousse, des relations avec la métropole. On n'en a pas parlé plus que ça d'un point de vue de gouvernance, mais je sais que souvent nos invités nous en parlent. Vous, tout se passe bien avec le président de la métropole.

Il n'y a pas de sujet parce que certains élus, notamment de l'Ouest, et peut-être encore plus avec les questions un peu de mobilité, l'arrêt du métro, disent souvent que le président de la métropole ne les écoute pas beaucoup. Est-ce que vous avez ce sentiment ?

25:00
Présentateur

Alors, personnellement, je n'ai pas ce sentiment et je l'ai d'autant moins que, par exemple, la métropole permet aux maires d'arrondissement qui ne sont pas élus métropolitains, ce qui est mon cas, de pouvoir assister aux séances dans ce qu'on appelle le conseil territorial des maires. Et la conférence des maires de la métropole, ce qui n'était pas le cas avant. Donc, je peux aller à la conférence des maires de la métropole ou je peux voir d'autres maires de la métropole de communes de plein exercice, comme les autres, assister aux réunions et éventuellement m'y exprimer. Donc, ça, c'est quand même une possibilité qui existe et qui n'existait pas avant. Donc, voilà.

Elle existe, cette possibilité. Je regrette que, parfois, certains maires d'arrondissement qui critiquent la gestion de la métropole n'y assistent pas ou non plus. Voilà.

25:47
Invité politique

Alors, peut-être que c'est aussi, alors ça nous emmènerait un peu plus loin, mais c'est aussi un suivi de réflexion, je trouve. C'est-à-dire qu'on parle beaucoup et de plus en plus, et c'est tout à fait légitime, de concertation, de préparation, de pédagogie, d'apport citoyen. Au final, la décision, elle appartient quand même toujours aux politiques. Est-ce que trop de concertation, parce qu'il y a la Z des Feux, il y en a eu plein, il y a le téléphérique, on ne revient pas dessus. Est-ce que, vraiment, trop de concertation ne dilue pas quand même un peu soit le sens de la responsabilité, soit le sens de la décision politique ?

26:13
Présentateur

Moi, je ne pense pas que la concertation, ça dilue le sens de responsabilité politique. Au contraire, je pense que dans un temps où les gens vont moins voter, il y a un peu un rejet du politique. Je pense que c'est, au contraire, à mon sens, inclure les gens dans une responsabilité politique, dans une dimension politique, où, en participant, ils sont aussi les propres acteurs. Ils ne sont plus les spectateurs, les commentateurs de l'action politique pour ou en contre. Ils sont obligés, enfin obligés, ils sont invités, on va dire, à participer, à construire. Pour moi, c'est vraiment faire redescendre la décision politique, la participation politique à l'échelle du citoyen.

C'est, pour moi, une façon de lutter contre l'abstention. Parce que, je le vois dans le quatrième, on mène actuellement une concertation sur un espace derrière l'Amérique qui s'appelle la Maille-Cornier, où on fait travailler les gens en atelier. Ça, c'est très nouveau parce qu'habituellement, les gens, ils venaient, s'installaient et puis regardaient un diaporama où le maire ou les élus et puis des techniciens leur disaient tout le bien du nouveau projet. Alors, vous en pensez quoi ? Et puis, ben oui, c'est super ou c'est pas bon ou c'est pas là. Mais ça se faisait. Et là, on fait autre chose. On leur dit, ben là, on a un projet, il y a un petit invariant là.

Le reste, ben allez-y, proposez. Et puis, elle me dit, mais vous, qu'est-ce que vous en pensez ? Moi, en tant que citoyen, j'ai un petit avis mais après, on va voir quoi. Ça les perturbe parce que, ça veut dire, je rentre dans le fait de se dire, ben moi, je suis le maire de l'arrondissement mais je sais pas finalement. J'en sais rien. J'ai ma petite idée en tant que citoyen mais vous avez peut-être me dit quelque chose et puis je vais me dire, oui, c'est vrai, vous avez raison et puis, ouais, pourquoi pas ? Et ça, ça peut les perturber parce que je descends à leur niveau citoyen et eux, ils montent au niveau politique

27:56
Invité politique

mais ça nous permet

27:59
Présentateur

de nous rencontrer sur une problématique locale. Alors, on peut pas faire ça en diplomatie internationale, bien entendu, mais sur les problèmes de vie des gens, ce qui les concerne beaucoup finalement, on peut arriver mais ça, il faut les accompagner les gens parce que c'est nouveau, ça se passait pas comme ça avant.

28:12
Invité politique

Il faut faire de la pédagogie sur comment ça fonctionne.

Alors, dans cette troisième partie qui est consacrée à la politique nationale et malheureusement exceptionnellement en ce moment internationale, c'est vrai qu'on est à quelques dizaines de jours de l'élection présidentielle, ça se rapproche inexorablement dans un contexte particulièrement délicat et douloureux et on a presque parfois la difficulté à parler de politique et on salue effectivement nous à Lyon 1ère nos confrères journalistes et il y a encore pas très longtemps le club de la presse avait eu l'excellente idée d'inviter des journalistes ukrainiennes pour leur parler de leur quotidien, de ces journalistes qui défendent la liberté d'expression parfois au péril de leur vie.

C'est vrai que ce n'est pas évident de parler de la campagne mais on va quand même essayer. Qu'est-ce que vous en pensez vous puisque du coup on a l'impression avant même cette crise terrible qu'on n'était pas forcément en train de parler des vrais sujets des gens. J'ai l'impression qu'on parlait beaucoup de sujets d'immigration, d'insécurité qui sont certes importants mais le pouvoir d'achat, l'environnement, etc. Est-ce que vous avez eu ce sentiment aussi ? Est-ce que vos habitants vous interpellent en disant bah oui mais on ne parle pas de ce qui nous intéresse ?

29:14
Présentateur

On a l'impression d'une campagne qui n'existe pas finalement c'est un petit peu la prolongation de ce qu'on voit sur ces chaînes d'opinion. J'ai dit bien d'opinion et pas d'information type CNews ou autre où c'est une espèce de brouhaha permanent où c'est la foire à la provoque qui dira le propos le plus outrancier ou le plus radical voire le plus extrémiste hélas. Et on a l'impression que la campagne s'est orientée là-dessus et que les gens s'oppositionnent pour ou contre ce genre de choses.

En effet comme vous le dites les préoccupations des gens c'est souvent le pouvoir d'achat ça peut être la retraite ça peut être leur environnement social leurs conditions de vie et même le dérèglement climatique arrive même avant les problèmes de sécurité au niveau national.

Donc on fait d'un sujet moins premier on va dire plus en retrait un sujet numéro un parce qu'il fait le buzz parce qu'il fait parler parce qu'il permet aussi de radicaliser les propos il permet de manifester des positions extrêmes et donc du coup ça fait de l'audience c'est un sujet sur lequel on peut s'emparer aussi facilement parce que c'est pas si technique que ça finalement ça finit par être très caricatural donc tout le monde peut rentrer dans l'arène quelque part de cette discussion et puis s'écharper et puis ça fait une campagne présidentielle c'est un peu décevant c'est sûr à la fin. C'est pas facile

30:29
Invité politique

d'être entendu sur les vrais sujets alors vous l'évoquiez en début d'émission vous avez connu un chemin politique et une évolution qui vous a amené à un moment à avoir cette conscience de la transition écologique nécessaire il y a une sorte de paradoxe un peu impressionnant c'est que tout le monde quelque part sent intuitivement qu'il faut faire quelque chose pour la planète et en même temps l'écologie politique entre guillemets au niveau national ne se traduit pas encore ni dans les sondages alors peut-être dans les urnes mais comment est-ce que vous expliquez ce décalage entre peut-être une conscience individuelle et une absence de concrétisation politique

31:03
Présentateur

je pense qu'il y a plusieurs facteurs alors comme il faut commencer par soi-même je pense que peut-être notre difficulté encore et c'est peut-être ce qu'on a réussi à faire à Lyon à un niveau municipal c'est de montrer de laisser imaginer ce que pourrait être une société écologique on l'a fait à Lyon en essayant de montrer ce que pourrait être Lyon écolo qu'est-ce que serait la France écologiste ça on a un petit peu encore du mal je trouve à faire comprendre aux gens ce que ce serait dans un premier temps je pense que ça ça vient de nous sûrement et on a encore des choses à améliorer de ce côté-là largement et après il y a quand même aussi les gens vous avez raison ont tous conscience qu'il faut changer il y a quand même une volonté de s'accrocher à quelque chose qui rassure et on est plutôt rassuré par ce qu'on connaît ce qu'on maîtrise voire ce qu'on a connu et apprécié que par un espèce de bonde en avant qui peut être source d'incertitude pour beaucoup de gens donc on reste sur on essaie de conserver le modèle existant et du coup ça ne marche pas c'est pas simple

32:08
Invité politique

qu'est-ce que vous diriez vous le croisez certainement vous le connaissez à Yannick Jadot qui est donc le candidat des écolos je crois que vous aviez au moment de la primaire une autre préférence oui j'ai soutenu Eric Piolle quelle était selon vous la différence maintenant que c'est votre candidat qu'est-ce qu'il manque pour que ça se traduise un peu mieux qu'est-ce qu'il faut faire pour que peut-être l'écologie politique soit mieux entendue aujourd'hui dans la campagne

32:31
Présentateur

écoutez je pense que dans le climat actuel c'est difficile c'est évident je trouve que Yannick a pris des positions courageuses à propos de l'Ukraine notamment on voit là dans le champ de la gauche des positions pas radicalement opposées mais quand même faut-il soutenir ou non la résistance ukrainienne c'est pas si simple pour tous les candidats de gauche c'est pas été si simple pour lui c'était très simple et très direct dès le départ moi j'ai approuvé même dans le mouvement écolo on est un mouvement pacifiste mais à un moment soutenir la résistance c'est pas non plus devenir belligérant donc je trouve que ça c'était un positionnement intéressant après on est oui bien sûr un mouvement écologiste donc il y a des forces réactionnaires qui sont fortes et elles ont beaucoup été entretenues aussi ça joue une campagne qui est partie tardivement voilà et donc peut-être les vrais sujets n'ont peut-être pas eu le temps de s'installer

33:28
Invité politique

parce qu'on nous disait à un moment oui la campagne elle va se lancer une fois qu'Emmanuel Macron est candidat il l'est mais certes le contexte joue là-dedans je vous entendais parler de la gauche je sais pas où en est moi ma vision ma matrice mais pendant très longtemps j'ai eu l'impression que l'écologie c'était la gauche est-ce que c'est encore le cas et est-ce que quelque part le candidat écologiste peut être un candidat de la gauche en fait

33:50
Présentateur

le candidat écologiste peut être un candidat de la gauche l'écologie ne peut pas se situer sur une ligne qui serait très marxiste à moins marxiste voilà elle vient d'ailleurs c'est une autre construction et qui vient d'autres d'autres sources et l'écologie souvent les électeurs ou des candidats de droite me disent moi aussi je fais de l'écologie mais on ne peut pas faire de l'écologie quand on est à droite parce que les valeurs de l'écologie elles sont à gauche c'est la sobriété c'est le partage c'est la mutualisation des ressources donc c'est tout le contraire des valeurs libérales de liberté individuelle on est que les gens parfois notamment à droite

34:25
Invité politique

au moment de la campagne de la métropole même si c'était un peu caricatural il y avait cette espèce de procès d'intention entre guillemets sur l'accusation de la décroissance c'est deux choses qui peuvent être différentes on peut croître mais raisonnablement sans décroître

34:37
Présentateur

actuellement la croissance elle se fait environ à 70% sur la consommation d'énergie carbone donc dire qu'on va faire de la croissance en conservant ça c'est fou je l'ai entendu sur votre antenne il y a quelques temps et c'est absolument faux c'est leurrer les gens évidemment que le chemin c'est la décroissance mais la décroissance pour qu'elle se passe bien il faut qu'elle soit accompagnée de mesures sociales autrement on est en difficulté on ne peut pas laisser

35:03
Invité politique

les gens sur le bord de la route évidemment la transition

35:06
Présentateur

elle est importante et dire qu'on va faire de la croissance la croissance verte c'est pour moi une petite blague elle existe mais quand on fait 70% de sa croissance avec l'énergie carbone en même temps en face et forcément qu'au total il y aura de la décroissance

35:20
Invité politique

alors on parlait de l'engagement on parlait de l'abstention on parlait aussi évidemment puisqu'on parle avenir de la planète évidemment de la jeunesse et je rappelle que vous êtes enseignant donc vous les côtoyez régulièrement moi il y a quelque chose qui me semble toujours un peu stupéfiant c'est que la jeunesse soit elle s'abstient et elle ne va pas voter soit elle s'engage ailleurs soit elle est quelque part et c'est ça qui est parfois un peu étonnant on la voit beaucoup dans des mouvements assez radicaux beaucoup chez Zemmour peut-être un peu chez Mélenchon comment est-ce que vous expliquez ça que cette jeunesse se laisse emmener par autant de radicalité

35:51
Présentateur

alors moi je ne parlerai pas de la jeunesse mais je parlerai des jeunesses parce que vous parliez de mon métier moi je suis enseignant en lycée professionnel j'ai affaire à une jeunesse et souvent dans le mouvement écologiste on me dit oui les jeunes sont dans les marges pour le climat alors je leur dis une partie des jeunes sont dans les marges pour le climat c'est-à-dire des jeunes qui souvent ont fait des études sont insérés dans la vie et ont conscience de certaines choses moi les jeunes que j'ai en face de moi ils ne sont pas sur ce modèle-là ils sont sur consommer avoir une voiture avoir son permis avoir une voiture aller chez McDo avoir son smartphone aller à la part d'yeux avoir un smartphone aller à la part d'yeux s'acheter des vêtements sans regarder parfois même l'origine etc donc c'est des jeunesses donc il y a une jeunesse je pense qui est dans un modèle de consommation qui est totalement nourrie par la publicité à outrance ils sont biberonnés à ça depuis longtemps et puis donc là c'est tout le travail des enseignants d'ouvrir vers autre chose et la réalité de ce modèle-là en termes social parce qu'on peut aussi rentrer dans l'écologie par le social moi je pense que le dérèglement climatique il est lié à un dérèglement social pas l'inverse mais et donc une autre jeunesse qui est je pense source de radicalité voilà je pense que c'est ce qui fait le succès chez Zemmour ce qui a pu être le cas chez Le Pen aussi à une certaine époque avant qu'elle fasse peut-être semblant d'adoucir au moins le discours à défaut d'adoucir le projet mais au moins adoucir le discours et chez Le Pen Père moi qui ai connu ces grands meetings quand j'étais plus jeune même si c'est pas du tout mon truc mais voilà il y avait aussi beaucoup de jeunes et chez et chez Jean-Luc Mélenchon aussi avec une autre jeunesse évidemment pas avec les mêmes valeurs bien entendu une valeur tout à fait opposée mais c'est la radicalité du projet je pense que c'est ça qui est à les jeunes

37:34
Invité politique

positionner etc d'une certaine manière alors on arrive doucement malheureusement parce que le temps passe très vite à chaque fois il faudra me réinviter et bien avec plaisir au bout de cette émission souvent je termine en disant ben voilà demain c'est dimanche est-ce qu'il y a un moment et je me doute déjà de la réponse en vous entendant où on fait moins de politique on s'arrête on fait autre chose que la politique on se souvient que vous avez gardé votre activité professionnelle les venez de mer d'élus sont très très chargés est-ce qu'il y a un temps pour autre chose pour un hobby une passion un livre de chevet pour de la musique et vous nous direz dans quelques instants le titre que vous avez choisi qu'est-ce que fait le maire du 4ème quand il ne fait pas de politique

38:07
Présentateur

alors il est connu pour être marathonien donc il court il court il court

38:13
Invité politique

puis ça monte et ça descend en plus

38:14
Présentateur

je ne cours pas sur le plateau je cours sur les berges du Rhône donc c'est assez plat il court beaucoup il a jadis il jouait du piano mais là il n'en joue plus voilà voilà c'est vrai qu'on renonce à certaines choses à un moment

38:27
Invité politique

c'est un vrai ça sert d'offrir quitter en musique parce que c'est la tradition quel est le titre que vous avez choisi et pourquoi vous avez choisi ce titre des cow-boys fringants alors peut-être expliquer qui ils sont

38:39
Présentateur

et la chanson que vous avez choisi oui alors c'est c'est un groupe canadien avec un accent qu'on connait et qui est très engagé dans l'écologie donc c'est c'est votre matinée écolo voilà donc voilà il s'appelle cette chanson ça ne savait plus rien et elle parle du fait qu'on était au courant de ce qu'il fallait faire mais on a consommé jusqu'au bout et maintenant il n'y a plus rien

38:59
Invité politique

voilà et bien on espère que ce ne sera pas le mot de la fin merci beaucoup d'avoir été avec nous je remercie de l'avoir été à très bientôt pour une nouvelle émission la semaine prochaine je recevrai votre collègue Fanny Duboux du 7ème ça sera un grand moment merci

39:11
Présentateur

merci c'était l'invité politique du samedi sur Lyon 1ère en partenariat avec Immédias Positifs le web média qui rend visible l'essentiel retrouvez tous les invités politiques en podcast sur lyonpremière.fr et sur immédiapositifs.fr écoutez votre radio Lyon 1ère en direct sur l'application Lyon 1ère lyonpremière.fr et bien sûr à Lyon sur 90.2 FM et en DAB+. Lyon

39:38
Locuteur

1ère 1ère 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1