Guerre au Moyen-Orient, Jean-Noël Barrot, dissuasion nucléaire... Le "8h30 franceinfo" de Sébastien Chenu
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Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Monsieur. Bonjour Mathilde Sirot. Bonjour Paul. Le monde est secoué par la guerre au Moyen-Orient alors que les prises de parole se multiplient ces dernières heures. Je voudrais vous en faire écouter deux. Écoutons le secrétaire d'État à la défense de Donald Trump, puis le président Macron hier à deux heures d'intervalle.
« Si vous tuez des Américains, nous vous pourchassons sans hésitation et nous vous tuerons. »
« Tous ceux qui auraient l'audace de vouloir s'en prendre à la France savent le prix insoutenable qu'il y aurait pour eux à payer. »
Le président de notre parti, Jordan Bardella, demande au président Macron de réunir les dirigeants des partis représentés au Parlement pour faire un point complet, dit-il, sur les enjeux sécuritaires, géopolitiques, économiques et énergétiques. Est-ce que ça veut dire qu'au fond vous n'avez pas le réseau suffisant de diplômes, de capteurs, d'experts sur l'international et sur la géopolitique ?
Nous ne sommes pas à la tête de l'État. En matière de politique internationale, il y a un devoir d'unité nationale. Et je crois que lorsque Jordan Bardella demande qu'on réunisse l'ensemble des présidents et des responsables de partis politiques pour faire un point, et pourquoi pas demain le Parlement également pour faire un point d'étape, il fait œuvre de responsabilité. Nous devons être informés, nous devons pouvoir poser toutes les questions que nous sommes en droit de poser au ministre des Affaires étrangères en particulier, ou au ministre de la Défense, et par conséquent, ça c'est notre boulot.
Nous sommes des opposants politiques, nous, nous sommes l'opposition dans notre pays, mais ça ne nous empêche pas de pouvoir avoir un droit de regard sur la diplomatie française. Évidemment, nous n'avons pas le réseau dans le sens où on n'est pas à la tête de l'État. On ne donne pas d'ordre aux ambassadeurs, on ne missionne personne à l'international. Ça, c'est le rôle de l'État. Quand on sera évidemment à la tête de l'État, c'est nous qui convoquerons les ambassadeurs. Mais pour l'instant, nous demandons à être particulièrement et précisément informés. On a des questions.
Ça veut dire, Sébastien Chenu, que dans ce contexte de tensions très importants, vous avez besoin d'être reçu à l'Élysée par le président Emmanuel Macron pour disposer d'informations suffisamment importantes qui puissent vous permettre ensuite de vous positionner. C'est ça, en fait, le sujet.
Dans une démocratie, lorsqu'on est dans un fait, un État comme celui-ci, une actualité plutôt comme celle-ci, il est normal, il est nécessaire que le président de la République, que l'État, informe l'ensemble de la représentation nationale, des partis politiques qui constituent notre pays, ses représentants, et qu'il y ait un dialogue qui existe entre eux.
Parce que nous, nous ne disposons pas de toutes les informations et nous sommes, parce que, je le disais, nous sommes opposition, c'est notre mission que d'interroger le président de la République sur ses objectifs, mais aussi de recevoir probablement un certain nombre d'informations qui ne sont peut-être pas délivrables au grand public immédiatement.
Alors, dans vos premières réactions ce week-end, on a bien senti que vous attendiez un petit peu de voir comment ça tournait. Est-ce que vous vous y voyez plus clair ce matin, trois jours après le début des frappes, sur le but des États-Unis ?
Alors, sur le but des États-Unis, on y voit peut-être un peu plus clair. La première chose, d'abord, que moi, je veux dire, c'est témoigner de notre solidarité profonde, à la fois vis-à-vis des États avec lesquels on a des partenariats anciens. Moi, j'ai été président, dans le mandat présent, du groupe d'amitié avec les Émirats Arabes Unis. On manifeste, évidemment, un soutien particulier aux Émirats, un soutien à Israël, évidemment, qui est le premier État concerné. Et puis, pensez à nos 400 000 ressortissants, évidemment, qui sont dans ces 13 pays répartis, dans ces 13 pays du Golfe. Dont beaucoup au Liban aussi.
Dont beaucoup, d'ailleurs, vont souhaiter être rapatriés, ce qui n'est pas une simple affaire. Maintenant, aujourd'hui, la question qui se pose, c'était est-ce que les États-Unis voulaient empêcher l'Iran de s'enrichir en uranium ? Est-ce qu'ils voulaient empêcher l'Iran d'attaquer Israël ? Ou changer de régime ? Ou est-ce que, troisième solution, ou est-ce qu'ils voulaient changer de régime ? On semble, aujourd'hui, percevoir qu'il s'agit plutôt d'empêcher, d'après ce que dit Rubio, une attaque de l'Iran, qui se serait dotée de l'arme nucléaire, en tous les cas, était proche de pouvoir s'en doter, et représentait un danger vital pour Israël.
Donc, il y avait une urgence, d'après ce que nous disent les États-Unis.
Donc, très clairement, cette guerre, aujourd'hui, elle vous paraît, à vos yeux, justifiée ?
Alors, nous, on est solidaires des manœuvres qui sont engagées par les États-Unis, même si, sur la forme, sincèrement, ce côté unilatéral ne nous plaît pas. Ce n'est pas la façon dont on imagine faire de la politique étrangère, c'est-à-dire un État qui décide, pour tout le monde, d'une intervention sans en référer à quiconque. Deux États avec Israël. Vous avez raison, deux États. Ce n'est pas exactement l'idée qu'on se fait de cela. La menace était visiblement imminente. Elle représente un danger mortel pour Israël. Il fallait donc intervenir. Et en cela, il n'y a pas d'ambiguïté. Maintenant, on connaît les Américains. Leur façon de faire n'est pas... On l'a dénoncé au moment du Venezuela.
Rappelez-vous, ça nous a valu beaucoup de critiques. On l'a dénoncé au moment du Groenland, où beaucoup étaient gênés. Parce que, visiblement, à partir du moment où on critiquait l'intervention au Venezuela, la suite, c'était que Trump aille au Groenland. Et là, ça gênait beaucoup plus de monde parce que les dirigeants du Groenland sont des démocrates, contrairement à ceux du Venezuela. Là, c'est différent. Parce qu'il y a un danger imminent. Parce qu'il y a le nucléaire qui est en jeu. Et parce qu'Israël est vraiment dans une situation où ils peuvent être anéantis par l'Iran.
Ça veut dire que, pour vous, la France doit se joindre à cette opération militaire ?
La raison pour laquelle on doit avoir des informations et pour laquelle on demande cette réunion avec le président de la République et le ministre des Affaires étrangères, c'est justement pour pouvoir acter ou pas des décisions à aller plus loin. Aujourd'hui, on n'a pas les éléments. Sincèrement, on est comme vous. On regarde l'actualité. Et ce sont les médias qui nous informent aujourd'hui.
Alors, justement, si j'ai bien compris votre propos, vous vous dites solidaires du principe des bombardements. L'étape suivante, c'est une intervention au sol. Dans un entretien téléphonique avec CNN, Donald Trump a lancé à propos de l'Iran. Nous n'avons même pas encore commencé à les frapper fort. La grande vague ne s'est pas encore produite. La grande vague arrive bientôt. Et surtout, il n'exclut pas une intervention terrestre en déclarant au New York Post « Je n'ai pas le trac, » dit-il, en matière de troupes au sol. Est-ce que vous êtes en faveur, vous, au Rassemblement National, d'une éventuelle intervention terrestre ?
On n'a pas les éléments. Sincèrement, on n'a pas les éléments pour répondre à ça. Aujourd'hui, d'ailleurs, personne ne les a en Europe. Simplement, je vous disais en début de conversation qu'on a une solidarité, par exemple, avec les Émirats arabes unis. Alors, cette solidarité ne prévoit pas, dans les textes, une intervention militaire. Si les Émirats se font attaquer, il n'est pas prévu d'intervenir militairement. Simplement, on leur livre des rafales. Ils sont en droit d'attendre qu'on les aide. On a quand même un partenariat. On a une base qui a été touchée là-bas. Ils sont en droit qu'on les aide. Sur une intervention au sol, on est très loin d'avoir les éléments.
Et d'ailleurs, j'entends que le président de la République ne les a pas, ou en tous les cas, ne nous parle pas de cela. Il dit qu'il s'excepterait plus tard sur cette question. Voilà, parce qu'il attend des éléments, probablement. On attend tous ce genre d'éléments. Vous savez, ce sont des décisions évidemment graves, qu'on ne prend pas à la légère. Et par conséquent, ce n'est pas sur un plateau avec ce que je sais, ce que je vois à travers les médias que je vais pouvoir vous dire qu'il faut une intervention seule. Sincèrement, on n'y est pas du tout.
Vous avez évoqué la question aussi, c'est évidemment le changement de régime politique en Iran. Le président de votre parti, Jordan Bardella, a écrit sur X, « Afin qu'un changement de régime advienne en Iran, même rendu possible par ses frappes extérieures, il ne pourra être légitime et durable que s'il émane du soulèvement du peuple iranien. » Est-ce que ça veut dire que vous appelez le peuple iranien à se soulever, à retourner dans la rue ?
Bien entendu, et nous nous soutenons les initiatives qui ont été prises par le peuple iranien. Alors, je ne sais pas si c'est retourner dans la rue. En ce moment, c'est compliqué, évidemment, de retourner dans la rue sous les bombes. Mais il y aura un moment où c'est au peuple iranien et il faudra l'aider de prendre en main son propre destin. Ce ne sont pas des puissances extérieures de dire aux Iraniens qui doit demain gouverner leur pays. On parle des descendants du Shah, moi je n'en sais rien. Si les Iraniens veulent que ce soit des descendants du Shah, ils le décideront librement et souverainement.
Si ce sont d'autres courants politiques iraniens, vous savez, les Iraniens, c'est un grand peuple extrêmement cultivé, envers qui on a une dette. Je vous rappelle qu'en 79, on a quand même accueilli en France, du côté de Chantilly, l'Aliatollah Khomeini. Donc je pense que quand même, on a une dette vis-à-vis des Iraniens dans le sens où ils sont sous le joug de ce régime sanguinaire depuis des dizaines d'années. Et qu'à une époque, la France aurait peut-être pu agir autrement.
C'est un grand pays de presque 90 millions d'habitants, dont les habitants se sont plusieurs fois soulevés. Ça s'est fini plusieurs fois dans le sens. Est-ce que vous pensez que là, ça peut être potentiellement la bonne maintenant que les Américains ont décapité une partie de l'élite iranienne ?
Mais sur nous, le régime iranien n'est pas encore complètement tombé. Vous savez, ils sont relayés. C'est un régime théocratique militaire. Ils sont... L'un tombe, un autre prend le relais. Donc ce n'est pas fini. Mais ce qu'il faudra, c'est ne pas manquer d'être au devoir de l'appel du peuple iranien pour les aider à se structurer souverainement. Là encore, je le redis, ce ne sont pas des puissances étrangères de choisir les dirigeants iraniens de demain. C'est au peuple iranien. C'est un peuple qui a envie de liberté.
C'est un peuple qui a envie de tranquillité, qui a envie de paix, qui a envie de vivre en paix d'ailleurs avec ses voisins, comme ils l'ont été pendant des dizaines d'années de leur histoire, sans aucun problème. Ce sont des Perses. Nous devons vraiment être au rendez-vous de la solidarité avec les Iraniens demain.
Sébastien Chenier, on a entendu vos réserves quant à la méthode employée par le président américain. Le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrault, s'est exprimé hier matin pour procéder à un point de situation. Il en a aussi profité pour faire passer quelques messages. On l'écoute. Il est profondément regrettable que cette situation n'ait pu être réglée dans le cadre des institutions internationales qui sont les seules susceptibles de créer les fondations d'une paix.
Le veto brandi par certains membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies a paralysé l'action collective, y compris lorsque le recours à la force aurait été nécessaire pour faire respecter le droit. Donc ce que Jean-Noël Barrault déplore une fois de plus, c'est en filigrane l'échec du cadre onusien, du droit international. Est-ce que vous aussi, vous le regrettez ? Est-ce que vous, quelque part, vous accusez les États-Unis de se mettre complètement en dehors de l'ordre international ?
Probablement. Mais je note, par exemple, que le ministre des Affaires étrangères n'a pas convoqué, dernièrement, depuis longtemps, l'ambassadeur d'Iran en France. Il y avait quand même matière à convoquer l'ambassadeur d'Iran en France.
Avec l'américain, ça s'est mal passé, mais il n'a pas encore convoqué.
D'accord, oui, mais enfin, non, parce que l'américain a posé un lapin, ce qui est inacceptable. Mais je trouve que, je veux dire, quand Jean-Noël Barrault roule des mécaniques, sincèrement, il devrait un peu en rabattre. L'ambassadeur d'Algérie, il ferait bien de le convoquer pour évoquer un certain nombre de dossiers brûlants. L'ambassadeur iranien, il y avait vraiment de quoi le convoquer. Pour lui dire quoi ? Vous demandez ce matin sur France Info, est-ce qu'il convoque l'ambassadeur iranien pour lui dire quoi ? Aujourd'hui, bon, ça semble un peu tard.
Mais quand le peuple iranien qui essayait de se soulever, vous y faisiez référence, était massacré par ses dirigeants, il y avait quand même matière à lui dire que la France n'acceptait pas ce genre de méthode et de pratique. Il ne l'a pas fait. Donc aujourd'hui, je pense que Jean-Noël Barrault est toujours un peu en retard d'un métro, en retard d'une réaction. Et d'ailleurs, ça montre, aux yeux de Trump, on est perçu comme des gens en retard, des gens affaiblis. Et c'est pour ça que Trump, finalement, a fait peu de cas de l'Europe.
Est-ce qu'en tant que vice-président de l'Assemblée nationale, vous voulez l'entendre, Jean-Noël Barrault, aux bandes de l'Assemblée ? Est-ce que vous demandez l'organisation d'un débat sur la situation au Moyen-Orient, au Parlement ce matin ?
Mais nous demandons ce débat à l'Assemblée nationale, en commission des affaires étrangères, en réunissant, comme le demandait Jean-Dame Bardella, les présidents de partis politiques, mais aussi devant le Parlement. Moi, j'ai eu l'occasion d'interroger plusieurs fois le ministre des Affaires étrangères en commission, qui ne dit jamais rien. Sincèrement, à un moment, ce n'est pas possible. Je veux dire, ils doivent assumer leurs responsabilités. Donc, on demande, effectivement, que nos dirigeants français viennent répondre à la représentation nationale. Le 8.30 France Info,
Paul Larouturou, Mathilde Sirot. Avec Sébastien Chenu, vice-président de l'Assemblée nationale, députée RN du Nord, avant de vous poser quelques questions politiques, Mathilde, on part dans le Finistère, à côté du sous-marin Le Téméraire.
Oui, alors, dans un contexte de menaces nucléaires de plus en plus fort, de plus en plus forte, un rehaussement de notre arsenal est indispensable. C'est ce qu'a lancé Emmanuel Macron hier depuis la base navale de l'île Longue. On l'écoute et vous réagissez juste après.
La mise en place progressive de ce que j'appellerais une dissuasion avancée. C'est pourquoi j'ai ordonné d'augmenter le nombre de têtes nucléaires de notre arsenal. Pour couper court à toute spéculation, nous ne communiquerons plus sur les chiffres de notre arsenal nucléaire contrairement à ce qui avait pu être le cas par le passé.
Donc, cette notion de dissuasion avancée en matière de nucléaire, elle comprend le lien un peu plus étroit avec d'autres pays européens. Trois principes qui restent en place. Le contrôle strictement national de l'arme nucléaire, le déploiement temporaire de capacités nucléaires françaises chez des alliés européens, et donc le renforcement de notre arsenal. Est-ce que le RN soutient cette évolution de la doctrine nucléaire qu'a annoncé le président français ?
Bon, cette doctrine nucléaire, vous l'avez dit, elle repose sur trois piliers. Deux nous semblent satisfaisants. L'un pose des questions. Sur quoi repose aujourd'hui notre arsenal nucléaire dans le pays ? Vous savez, on a un budget qui est en augmentation. Nous, les députés du Rassemblement national, avec Marine Le Pen, on a toujours voté l'augmentation du budget de la défense. On a un budget dont l'objectif est d'aller à 60 milliards d'euros. On n'y est pas encore, mais on a toujours soutenu ça. On a quoi ? 290 ogives nucléaires dans notre pays. 240 dans les sous-marins et une cinquante. Exactement.
Et donc, d'un côté, c'est dans l'aérien, de l'autre côté, c'est dans le naval avec en particulier le Charles de Gaulle. Ça, c'est l'état des lieux. Emmanuel Macron dit qu'il faut renforcer, il faut aller au-delà. On est d'accord. On plaide depuis longtemps et on est content d'être entendu depuis longtemps avec Marine Le Pen pour un renforcement de notre arsenal militaire et nucléaire. Vous êtes d'accord sur le fait de ne plus donner le nombre précis d'ogives ? Je crois que c'est... Oui, je ne vois pas d'inconvénient à ne pas communiquer sur l'état des lieux. Alors, ne plus donner au grand public, probablement.
Je pense qu'en commission défense, lorsqu'on est à huis clos, il est normal d'avoir des informations plus confidentielles. Mais je pense que lorsqu'il s'agit de l'intérêt de la France, je n'y vois pas d'inconvénient. La deuxième chose, c'est sur, j'allais dire, la doctrine de l'engagement de la puissance nucléaire. Elle doit rester souveraine. On est d'accord aussi. Et quand j'entends le président de la République le dire, je ne sais pas si ça me rassure, mais en tous les cas, j'espère que ça lève une ambiguïté, car le président de la République est quand même spécialiste de l'ambiguïté, sur le déclenchement de la puissance nucléaire.
Ça doit rester entre les mains de l'État français et du président de la République. Ben oui, parce que ça engage la nation. La puissance nucléaire, ça ne se délègue pas, ça ne s'affaiblit pas, ça ne se partage pas. Donc oui, ça, nous sommes d'accord. Deuxième pilier sur lequel nous sommes d'accord. Et puis le dernier, c'est ce qu'il appelle la dissuasion avancée. Là, ça pose des questions. Ça veut dire quoi la dissuasion avancée ? Quel est l'intérêt de faire cela ? Quels sont les contreparties ? C'est-à-dire l'intérêt d'être finalement dans une espèce de, je ne sais pas comment on peut l'appeler, de consensus global avec d'autres Européens sur la dissuasion nucléaire.
Ce qu'il appelle l'épaulement conventionnel européen. Bon, tout ça est un peu... Mais je ne vois pas bien l'intérêt et les contreparties qu'on peut en avoir. Parce que si on nous disait en échange, en échange, les pays européens vont acheter du matériel français. Vous savez qu'on a déploré que des pays européens pour leur défense n'achètent pas du matériel français. On pourrait se dire bon, il y a quelque chose. Mais là, je ne vois pas, notamment vis-à-vis de l'Allemagne ou d'autres puissances, je ne vois pas d'intérêt pour notre pays. Je ne vois pas de contreparties.
C'est ce que vous demandez. Vous demandez ce matin des contreparties à cette coopération européenne sur le nucléaire ?
Oui, parce que je ne vois pas en quoi cette dissuasion avancée a un intérêt. Je ne vois pas bien quel est son objet. À part une espèce de communication européiste qui plaît au président de la République, je ne vois pas bien la finalité de tout ça.
Est-ce qu'à terme, le parapluie français, peut-être avec le britannique, pourrait venir remplacer le parapluie américain pour l'Europe ? Ce serait l'objectif ?
Non, aujourd'hui, il ne s'agit pas de remplacer quoi que ce soit. On a demandé à sortir du commandement intégré de l'OTAN plusieurs fois. Ce qui est important, c'est de maintenir notre capacité de défense nucléaire et notre décision à l'engager de façon souveraine et française. Pourquoi ? Parce que justement, il y a un désengagement en particulier des États-Unis sur la scène européenne et je pense que la France doit pouvoir elle-même continuer à être libre de ses décisions en la matière. Maintenant, qu'il y ait des coopérations, qu'il y ait des accords avec des pays souverains européens, etc. Pas de problème et on en fait tout le temps.
Est-ce que vous rediriez comme il y a exactement un an sur CNews, Emmanuel Macron a abandonné la défense de l'intérêt national parce que ce matin, on vous sent plus tendre avec le chef de l'État ?
Je ne suis pas plus tendre avec le chef de l'État. Vous avez vu ce que j'ai dit. Vous avez dit
unité nationale quand même.
Mais oui, parce qu'on est dans un... Sincèrement, nous on pense aussi à Israël, on pense à nos ressortissants, on a un devoir d'unité. On ne va pas ici prendre le plaisir de se disputer alors qu'on a 400 000 Français qui sont dans 13 pays et qu'il faut rapatrier. D'ailleurs,
la France se prépare à affrêter des vols pour rapatrier ses ressortissants les plus vulnérables, annonce à l'instant Jean-Noël Barraud.
Très bien, il faut le faire. C'est un exercice compliqué que de rapatrier nos ressortissants et puis redire tout le temps notre solidarité avec Israël, c'est essentiel. Ils ont un intérêt vital de survie. L'Iran est une menace
existentielle. Mais on est quand même très loin de l'abandon de notre souveraineté en matière nucléaire telle que vous l'avez tant dénoncée au Rassemblement National.
Pas tant que ça parce que là, j'entends, je ne sais pas si ça doit me rassurer mais en tout cas, ça peut lever des ambiguïtés le fait que le président de la République dit c'est le président de la République française qui maintient la décision sur l'outil nucléaire mais cette espèce de dissuasion avancée, on ne voit pas bien, j'en ai parlé à l'instant, on ne voit pas bien à quoi ça correspond. J'ai toujours l'impression pour tout vous dire qu'Emmanuel Macron essaie de donner un petit coup de peinture européiste à tous ses discours et qu'il a du mal à assumer le fait que la souveraineté elle est nationale. Elle n'est pas européenne, elle est nationale la souveraineté.
On sent quand même ce matin Sébastien Chenu que vous mettez en quelque sorte vos critiques en sourdine. On a vu il y a quelques jours l'eurodéputé RN, conseiller spécial de Marine Le Pen, Philippe Olivier qui menaçait le chef de l'État d'une procédure de destitution pour trahison. Ça veut dire que finalement ces menaces ne vont pas être mises à exécution ? Pas de motion de censure non plus ?
Non mais on est sur d'autres sujets. On a tenté de censurer le président de la République bien des fois. On a été bien seul. Parce que ni la LFI et ses gardiens de la révolution, pardon, sa jeune garde, ni la LFI, ni les LR, ni les socialistes n'ont jamais voté les motions de censure que nous avons proposées. Donc si vous voulez, si il y a bien un mouvement politique qui s'est opposé au président de la République tout au long de l'année, qui a combattu le budget, etc. C'est bien nous et on est prêts à le refaire sincèrement.
Aujourd'hui, ce que fait Emmanuel Macron, ce qu'a fait Emmanuel Macron de notre industrie, quand vous voyez les chiffres aujourd'hui sur le nombre d'emplois dans le privé et le nombre d'emplois dans le public, vous vous dites que ce n'est pas possible. Les emplois dans le secteur public ont augmenté de, je crois, 14 000 postes pendant que le privé perd du terrain et que la France se hisse parmi les pays où il y a le plus de chômage. Enfin, sincèrement, le bilan d'Emmanuel Macron, il est catastrophique.
Dans notre civilisation de l'image, il y en a une qui a été extrêmement commentée hier, je ne sais pas si vous l'avez vue. Emmanuel Macron a mis en scène son arrivée sur la base navale en faisant filmer son avion escorté de quatre rafales. Qu'avez-vous pensé de cette image ? C'est ça, où il est toujours gênant,
Emmanuel Macron. Il ne peut pas s'empêcher de faire du spectacle. Il ne peut pas s'empêcher de se donner en image, de faire de la com. Soyons un peu respectueux des Français qui, aujourd'hui, j'ai rappelé les chiffres très mauvais de l'emploi industriel, etc. Soyons un peu sobres. Emmanuel Macron manque tellement de sobriété. On a l'impression qu'il fait de l'image parce qu'il n'a pas grand-chose d'autre à dire. Il a quand même fait un discours de 47 minutes hier. Oui, d'accord, mais on a l'impression que l'image chez lui remplace tout. La com remplace tout pour masquer probablement les résultats.
Et puis surtout, je vais vous dire, pour masquer le fait que la France soit affaiblie dans une Europe affaiblie par ses décisions. Car si l'Europe est affaiblie, si Trump ne prend pas soin de prévenir les pays européens, c'est parce qu'il considère qu'on n'est pas au niveau. Il considère que la politique décroissante que soutient Emmanuel Macron, que la politique des accords internationaux qui plombent notre agriculture, etc., que soutient Emmanuel Macron, fait que l'Europe ne vaut plus grand-chose à ses yeux.
Il reste deux semaines avant le premier tour des élections municipales. Jordan de Bardella a annulé une conférence de presse en raison du lourd contexte international. Quel impact cette guerre aura sur les municipales d'après vous ?
Je ne sais pas quel impact ça aura parce que ça détourne probablement le regard de beaucoup de Français de ces élections municipales. Moi, je dis que c'est un scrutin important. J'appelle nos compatriotes à se saisir de leur bulletin de vote pour dire ce qu'ils pensent de la politique française et de ce qu'ils vivent depuis tant de mois. J'appelle aussi à sanctionner la France insoumise qui est quand même le seul parti politique en France qui a émis des réserves sur le fait de déstabiliser le régime pourri iranien. Il faut quand même l'entendre. Mélenchon a émis des réserves sur le fait qu'on déstabilise le régime iranien qui est à peu près le pire au monde actuellement.
Donc, si vous voulez, à un moment, il faut savoir ce qu'on veut et ces révolutionnaires de carton-pâte doivent être sortis par les urnes.
Sébastien Chenu, il est 8h57 et comme chaque jour, c'est la question qui a retrouvé sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, la question qui voyage. Une question qui paraît simple en apparence mais Sébastien Chenu qui dit beaucoup aussi en matière de géopolitique pour les choix de votre parti politique. Quel serait le premier voyage dans une capitale, la première destination à l'étranger pour un président du Rassemblement National ?
C'est une excellente question et je pense qu'Israël serait le pays le plus à même. Vous n'allez pas en Allemagne ? Je pense que l'Allemagne on peut... La tradition. Oui, c'est la tradition mais justement on n'est pas obligé de suivre la tradition. Moi je pense qu'évidemment aller en Israël, soutenir Israël, continuer à entretenir une relation de qualité qui a été tellement abîmée par le président de la République avec Israël me semblerait être une bonne idée mais ce sera le choix de la présidente de la République Marine Le Pen qui je l'espère sera candidate et élue dans quelques mois.
Merci beaucoup Sébastien Chenu.
Merci Mathilde Siro. Merci à tous.
Jean-noël Barrot