Jean-Philippe Tanguy : "Arrêtons le gaspillage avec l'immigration et l'Union européenne !" (BFMTV)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 68 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:04OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous êtes d'accord avec la gravité de la situation et ce montant des économies à réaliser pour éviter la catastrophe financière ?
- 0:49RelanceÉludée
La suppression d'un jour férié rapporterait jusqu'à 2,8 milliards d'euros de recettes. Ce sont des économies, en l'occurrence il propose de supprimer deux jours fériés.
- 2:59OuverteRéponse partielle
Vous avez lancé une pétition en ligne qui a recueilli combien de signatures ?
- 4:34OuverteRéponse directe
On travaille moins, beaucoup moins même que nos voisins allemands ?
- 6:16OuverteRéponse directe
Vous êtes contre la désindexation des retraites sur l'inflation et la suppression de l'abattement de 10% sur les frais professionnels pour les retraités ?
- 7:27RelanceRéponse partielle
La vraie question est : ces 10% de niche fiscale transformée en forfait à 2000 euros, ça va impacter les retraites les plus élevées. Vous devriez dire que c'est une mesure de justice.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21Invité politiqueChiffre
« Déjà dans les 43 milliards, il y a 20 milliards qui sont une espèce de reconstitution, comme l'a très bien montré le monde hier, ce qu'ils appellent un tendanciel. »
- 2:28Invité politiqueChiffre
« La logique, c'est comment un pays où il y a entre 45 et 48% de la richesse nationale qui est déjà prise en impôts, en taxes diverses, est pourtant ruiné avec 57% de dépenses. »
- 3:23Invité politiqueFait
« M. Bérou a sorti deux jours fériés qui, en fait, cherchent à négocier avec les forces politiques. »
- 6:45Invité politiqueFait
« Il n'y a pas de raison de dire que c'est la faute des retraités. Et c'est un peu le message que sous-tend depuis quelques années maintenant le gouvernement et qu'il y a un nouveau clivage qu'on veut créer dans la société française. »
- 7:16Invité politiqueFait
« S'ils voulaient désindexer les retraites, ils avaient qu'à le dire aux élections. »
- 12:41Invité politiqueFait
« Oui, il faut de la justice fiscale. Mais nous, on voulait que ça baisse des impôts sur les classes moyennes et populaires. »
- 13:34Invité politiqueChiffre
« Il y a 57% de la richesse nationale, à peu près, qui est dépensée dans les dépenses publiques, dans les services publics. »
- 14:03Invité politiqueChiffre
« Il y a seulement 1,8 milliard d'économies structurelles revendiquées par M. Bérou hier et pour 18 milliards de privations diverses. »
- 14:24Invité politiqueChiffre
« Mais il y a une hausse des dépenses publiques annoncée ce matin de 29 milliards. »
- 15:31Invité politiquePromesse
« Vous nous direz que ce n'est pas sérieux, vous verrez que quand on maîtrisera une fois plus l'immigration, quand on dira à l'Union Européenne qu'on ne peut pas augmenter en deux ans de 10 milliards la contribution. »
- 15:41Invité politiqueChiffre
« On va augmenter de 7 milliards d'euros l'année prochaine, la contribution à l'Union Européenne, c'est exactement le montant de l'année blanche. »
- 16:30Invité politiqueFait
« Il y a la formation professionnelle, qui est une gabgie hallucinante. Et il y a cette suradministration permanente de l'État. »
Temps de parole
- Jean-Philippe Tanguy53 %
- Présentateur14 %
- Locuteur 37 %
- Locuteur 87 %
- Locuteur 55 %
- Locuteur 95 %
- Locuteur 13 %
- Locuteur 23 %
- Locuteur 63 %
≈ 4,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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43,8 milliards d'euros, c'est le montant des économies voulu par François Bayrou. Est-ce que vous êtes d'accord déjà avec la gravité de la situation et ce montant des économies à réaliser pour éviter la catastrophe financière ?
Écoutez, sur la situation de la France, oui, sur le montant des économies, déjà moi j'invite tout le monde à ne pas reprendre ce terme du gouvernement puisque ce n'est pas des économies. Déjà dans les 43 milliards, il y a 20 milliards qui sont une espèce de reconstitution, comme l'a très bien montré le monde hier, ce qu'ils appellent un tendanciel, qui sont en fait des dépenses virtuelles qui auraient été faites s'ils n'étaient pas intervenus. Donc déjà il y a 20 milliards à retirer qui sont des artifices comptables.
Et ensuite sur les 23 milliards qui restent, il y a 1,8 milliard d'économies, c'est marqué, et il y a 18 milliards de taxes, prélèvements, spoliation, efforts diversifiés sur les Français. Donc en fait c'est un plan de 2 milliards d'économies sur les dépenses de l'État.
Il y a des économies, notamment les jours fériés, on va aller dans le détail.
Ce n'est pas une économie ça madame.
La suppression d'un jour férié rapporterait jusqu'à 2,8 milliards d'euros de recettes. Ce sont des économies, en l'occurrence il propose de supprimer deux jours fériés, le lundi de Pâques et le 8 mai.
Je suis désolé madame, on ne peut pas compter comme ça. Il n'y a personne qui nous écoute, vous faites ce que vous voulez, mais qui considère que travailler deux jours de plus, c'est des économies faites par l'État. Ça, ça n'existe pas. Les jours fériés ne sont pas un cadeau ou une dépense publique. C'est une organisation sociale, culturelle, il y a plein de choses à dire, mais ce n'est pas une économie de l'État.
Alors peut-être, pardon, là-dessus, l'économie, c'est parce qu'on parle avec la suppression de deux jours fériés, en l'occurrence 8 mai, le lundi de Pâques, c'est à peu près 5 milliards d'euros d'économies.
Alors en fait, l'économie, ce n'est pas une économie, c'est qu'il y a une recette supplémentaire, mais si on prend l'exemple du lundi de Pentecôte, qui c'est ça, celui qui avait été supprimé. Jour de solidarité. Voilà, jour de solidarité, en fait c'est la sortie d'une hausse de cotisation, en réalité de 0,3% sur la massa. L'idée étant, vous augmentez la cotisation de 0,3%, c'est ça qui rapporte, en contrepartie, vous pouvez faire travailler votre salarié un jour de plus sans le rémunérer plus. Et donc si vous faites ça, c'est le salarié qui porte en fait l'effort, mais c'est l'entreprise qui paye la cotisation.
Et si l'entreprise fait cadeau de ce jour, à ce moment-là, c'est elle qui paye complètement cette hausse de cotisation. Donc la mécanique, elle est assez fiscale en réalité.
Mais c'est bien des recettes en plus.
Oui, mais ça n'a pas été précisé. Dans ce mécanisme-là, c'est est-ce qu'il y a une contribution exceptionnelle des entreprises, en contrepartie justement de ce jour férié non rémunéré, qui sera une contribution au budget, notamment de redressement des comptes publics. Mais s'il n'y a pas cette cotisation, ça ne fera pas 5 milliards.
En tout cas, Jean-Philippe Tanguy, vous êtes contre.
Mais oui, parce que ce n'est pas la bonne logique. La logique, c'est comment un pays où il y a entre 45 et 48% de la richesse nationale qui est déjà prise en impôts, en taxes diverses, est pourtant ruiné avec 57% de dépenses. Donc ce qu'il faut, c'est réduire massivement les mauvaises dépenses, la suradministration, le mille-feuille administratif, les normes abusives, un certain nombre de tabous, le financement hors contrôle de l'immigration.
Mais pardon, je m'arrête un instant. J'insiste, pardon. J'ai plein d'idées d'économie. Oui, et on va y venir. Et vous en avez beaucoup parlé, l'immigration, s'en prendre à l'immigration à l'Union européenne. On va y revenir, mais juste sur les jours fériés. C'est un sujet qui vous tient à cœur, puisque vous avez lancé une pétition en ligne qui a recueilli combien de signatures ?
Je ne sais pas encore. Je n'ai pas eu les chiffres ce matin. Mais je vais vous dire, ça sent le gros rouge qui tâche. Moi, je vais vous dire ce qui se passe dans les rumeurs des couloirs de Paris. C'est qu'en gros, on nous dit depuis hier, y compris sur place, les conseillers politiques et les journalistes, qu'en gros, M. Bérou a sorti deux jours fériés qui, en fait, cherchent à négocier avec les forces politiques. Donc, il fait le gros rouge qui tâche, il crée une indignation qui est méritée parce que les Français qui travaillent, travaillent déjà beaucoup. Et le problème, c'est de faire travailler des gens qui, malheureusement, sont exclus du marché du travail.
Et qu'en fait, à la fin, il va lâcher sur les jours fériés. Donc, si c'est ça, c'est encore plus grave. Parce que le moment d'endettement de la France est suffisamment impressionnant et inquiétant pour ne pas faire de la politique politicienne en annonçant deux jours fériés, en négociant peut-être avec les socialistes d'en enlever un ou deux et dire « Ah ben, vous voyez, on a fait une grande négociation ». Si c'est ça, c'est lamentable.
Si vous le permettez, on va écouter Amélie de Montchalin ce matin. Amélie, surgit des comptes publics là-dessus sur les jours fériés.
Nous travaillons 1 607 heures par an dans notre pays. C'est ça qui est la loi, la règle. Et à la fin, quand on regarde le nombre d'heures travaillées par habitant, c'est 100 heures de moins par an en France par rapport à l'Allemagne. Donc, on a quand même devant nous, on voit bien, un enjeu de travailler plus nombreux et travailler tous un peu plus. Pourquoi ? Pas parce qu'on veut donner des leçons, mais parce que précisément un pays qui produit plus de richesses, un pays plus prospère, c'est aussi un pays qui finance mieux ses services publics et qui finance donc mieux ce que les Français attendent de lui. Cet argument-là, vous l'entendez ?
On travaille moins, beaucoup moins même que nos voisins allemands ?
Parce qu'il y a beaucoup de gens qui sont exclus injustement du marché du travail. Les jeunes ont du mal à rentrer dans le marché du travail. Nos aînés sont exclus à partir de 50 ans, soit 10 ans, visiblement. Certains employeurs estiment qu'on n'a plus rien à apporter à la société alors qu'on a beaucoup d'expérience. Les femmes sont encore discriminées et on parle très peu d'eux. Les personnes en situation de handicap qui veulent participer à la société et qui, 20 ans après les grandes lois de la Chirac sur l'inclusion, sont toujours exclues de beaucoup d'entreprises avec beaucoup de préjugés.
Donc, que ce personnel politique arrête d'accuser ceux qui travaillent de ne pas travailler assez et qu'il se pose la question de savoir pourquoi, contrairement à d'autres pays européens, les Pays-Bas, l'Allemagne, autant de personnes de bonne volonté sont exclues du marché du travail. C'est ça le vrai sujet. Donc, ce n'est pas la faute des travailleurs, c'est la faute de ces règles et de ne pas lutter contre les vraies discriminations.
C'est-à-dire que toute la journée, la société, enfin, le personnel politique français se fait passer pour des grands résistants contre les discriminations et en fait, notre pays est vraiment gangréné, pas par des discriminations imaginaires, par des vraies discriminations selon l'âge, selon le sexe et si on a des handicaps. Et ça, on en parle trop peu et ça coûte très cher aux Français. Et en plus, ça coûte de l'injustice, évidemment.
Oui, effectivement. Alors, je ne suis pas loin de partager votre analyse sur cette question des jours fériés qui sont un petit peu le chiffon rouge qui a été agité par François Bayrou. Mais pour cacher justement d'autres mesures sur lesquelles, enfin, cacher en tout cas, reléguer au second plan, des mesures qui sont très polémiques, dont on parle, que personne n'avait osé faire avec lui. Je pense notamment à la désindexation des retraites sur l'inflation et la suppression justement de l'abattement de 10% donc sur les frais professionnels pour les retraités qui toucheraient, nous dit François Bayrou, en priorité les retraités les plus aisés.
Vous êtes contre également cette mesure d'aller chercher justement des économies dans ce gros paquet que sont les retraites. Je rappelle plus de 400 milliards justement qui sont dédiés à ce poste de dépense.
Nous, on ne pense pas qu'il fallait différencier les gens sinon qu'ils soient actifs ou retraités. S'il y a des gens qui ont beaucoup plus de moyens, qui sont plus privilégiés, il faut utiliser l'outil fiscal, l'impôt sur le revenu ou d'autres, pour rééquilibrer l'effort fiscal. Mais il n'y a pas de raison de dire que c'est la faute des retraités. Et c'est un peu le message que sous-tend depuis quelques années maintenant le gouvernement et qu'il y a un nouveau clivage qu'on veut créer dans la société française.
Pendant des années, on nous a expliqué que la France était ruinée à cause de travailleurs qui soi-disant étaient des fainéants et comme si c'était leur faute s'il y avait 5 millions de chômeurs, maintenant on nous explique que c'est les retraités. Donc il faut de la justice fiscale, mais ce n'est pas une question de retraité par retraité. Et la désindexation, une fois de plus, personne n'a obligé M. Bérou, M. Attal, les Républicains et la gauche, enfin une partie de la gauche est socialiste, de promettre l'indexation il y a un an aux élections. S'ils voulaient désindexer les retraites, ils avaient qu'à le dire aux élections.
C'est trop facile d'aller aux élections, de dire l'indexation des retraites c'est sacré et après de ne pas respecter sa promesse. Il faut assumer ses promesses, dans ce cas-là il faut dissoudre.
Vous n'avez pas répondu à Aurore Malval, parce que la vraie question qu'elle vous a posée c'est à la fin, vous répondez à la première partie de sa question. La vérité c'est que ces 10%, cette niche fiscale transformée en forfait à 2000 euros, ça va impacter les retraites les plus élevées. Et donc au fond, quand on défend les plus pauvres, on devrait plutôt être favorable à cette mesure. Il ne s'agit pas de pointer les retraités. Moi j'ai au contraire l'impression qu'il y a un tabou qui a sauté hier. Ça fait 30 ans que j'entends les responsables politiques dire « les retraités sont mieux traités que les actifs, mais on n'y touche pas parce que c'est eux qui votent ».
Voilà, ça fait 30 ans qu'on ne touche jamais aux retraités. Là, pour la première fois, quelqu'un dit « si, on est désolé, il va falloir que les retraités contribuent autant que les actifs ». Et comme on ne va pas pénaliser les petites retraites, cette niche fiscale à 10% sur des frais imaginaires qui n'existent pas, puisqu'on ne travaille pas, on va la supprimer, mais pas pour tout le monde, que pour ceux qui ont des retraites plus élevées. Pardon, mais le Rassemblement national, vous qui défendez la pauvre, la veuve et l'orphelin, vous devriez dire « ça, pour le coup, c'est une mesure de justice ».
Mais ce n'est pas vrai que les retraités n'ont pas de frais. Moi, dans ma ruralité, les retraités font tourner nos communes, font tourner les associations. Si vous retirez les retraités de toutes ces activités bénévoles, il n'y a presque plus de vie sociale. Ça, c'est une réécriture de la société française telle qu'elle est.
Mais comment vous pouvez justifier qu'il y ait des frais pour travailler alors qu'ils ne travaillent plus ?
Il n'y a pas que le travail dans la vie.
Il y a le bénévolat. Donc ils ont des frais de bénévolat. Ok, très bien. C'est comme ça que vous justifiez cette niche fiscale.
C'est important de l'expliquer aux Français. Oui, à la base, cette niche fiscale, en fait, elle a aussi existé parce que c'était l'argumentaire de l'époque. C'était que tous les revenus des retraités étaient forcément fiscalisés. Ils n'avaient pas d'échappement, contrairement aux actifs. Oui, je vous jure que c'est vrai. Contrairement aux actifs qui peuvent un peu se débrouiller, avoir des revenus annexes. Les retraités, l'État connaît par définition tous leurs revenus puisque c'est l'État qui verse les pensions en France ou des sociétés d'assurance. Et c'est aussi pour ça qu'on avait créé un peu ce rééquilibrage de l'effort fiscal. Mais les retraités, ils ont beaucoup d'activités.
Je suis désolé. Moi, j'ai fait le 14 juillet dans ma circonscription, j'ai 230 communes rurales. Il y en a 230 qui peuvent tourner parce que les retraités s'investissent.
Donc, il ne faut pas faire contribuer les retraités les plus aisés.
Si, mais par l'outil fiscal. Mais c'est l'outil fiscal, ça ? Non, on crée une nouvelle niche dans la niche. Non, on enlève la niche. On change la niche. Donc, c'est l'outil fiscal. Non, mais c'est toujours une niche. On change la niche au lieu de créer un système lisible.
On va aller demander aux retraités ce qu'ils en pensent. On est avec Igor Saheri. Vous êtes à Gentilly sur un marché avec des retraités. Racontez-nous un petit peu comment ils accueillent cette proposition du Premier ministre.
Oui, nous nous sommes dit avec Théo Touché qu'on allait passer sur un marché de la région parisienne. Donc, à Gentilly, vous l'avez dit. pour aller chercher ces retraités qui ont écouté le Premier ministre hier à la télévision. Et qui, évidemment, pour la plupart, s'inquiètent des mesures proposées par François Bayrou. C'est le cas notamment d'Éliane et Daniel, 76 ans, il y a très peu de temps. Éliane, enfant de Gentilly, Éliane. Vous avez entendu le Premier ministre parler de la suppression de cet abattement de 10% sur vos revenus, de la non-indexation de votre retraite l'année prochaine. Quelque part, vous avez peur de perdre un peu d'argent, c'est ça ?
On va perdre du pouvoir d'achat, exactement. Et ce qui m'affole aussi, c'est les restrictions sur le remboursement des médicaments. Parce que moi, je suis prise en charge à 100% étant cardiaque. Et apparemment, on va être obligé de payer quand même une partie de nos médicaments.
Plus, sans compter le forfait de 2 000 euros qui sera ajouté quand même.
Voilà, oui, exactement, oui.
Mais au final, vous avez vraiment le sentiment que ça va être une vraie perte sèche pour votre quotidien ?
Ah, certainement, oui, certainement. Oui, oui, oui, oui.
Daniel, vous, vous avez l'impression qu'on prend toujours un peu au même, c'est ça ?
Voilà, pour moi, on tape toujours les petits. Jamais les ministres, les députés, enfin... Ils tumulent les mandats, en gros, c'est ce que vous me disiez. Les grosses têtes, quoi. Eux, ils dépensent à tort et à travers, et nous, on paye.
Vous avez une retraite d'un peu plus de 1 000 euros, c'est juste ? Vous ne pouvez pas perdre plus que ça ?
On a un bien aussi, 1 000 euros à deux, c'est pas 1 000 euros chacun. Moi, je trouve que c'est toujours les mains qui se serrent la ceinture. Eux, ils ont un train de vie, comment je peux dire ? Ils dépensent plus que nous, ce qu'ils gagnent.
Vous, si vous avez une suppression de l'abattement de 10 %, concrètement, ça va jouer sur quoi sur votre quotidien ?
Ça va jouer sur l'achat alimentaire. Les sorties, déjà, on n'en fait pas beaucoup. Les vacances, on part parce que c'est notre fille qui nous emmène. Alors, on continuera à vivre vraiment avec des petits moyens et avec des restrictions.
Merci beaucoup, Eliane. Merci beaucoup, Daniel, d'être intervenue sur BFM TV. Vous l'avez compris, Julie, inquiétude flagrante et très prononcée chez ce couple de retraités de Gentilly.
Merci beaucoup, Igor. Il y a les retraités qui sont ciblés. Il y a aussi les hauts revenus avec cette mise en place d'une contribution de solidarité pour les Français les plus fortunés, une sorte de retour, on peut dire, de l'ISF. Ça, vous êtes pour ?
On verra sur le principe. Oui, il faut de la justice fiscale. Mais nous, on voulait que ça baisse des impôts sur les classes moyennes et populaires. Après, on ne peut pas tout critiquer.
Donc ça, c'est plutôt un bon point.
Ce n'est pas que c'est un bon point. C'est qu'il y a un moment, la situation est tellement grave, qu'on ne peut pas dire non à tout. Sinon, on n'est pas sérieux. Mais vous voyez l'inquiétude de ces gens qui ont 1000 euros de retraite. On dit 1 %, 1 %, c'est 10 euros. Concrètement, c'est deux semaines de viande. Il y a des gens en France, depuis des années, qui ont une déconsommation de la viande, un certain nombre de produits. Donc, c'est très concret. On dit oui, c'est de la démagogie. Ce n'est pas de la démagogie. C'est la réalité de la vie des gens, tel qu'on le reçoit dans nos permanences.
Est-ce qu'au Rassemblement National, il n'y a pas une petite part de naïveté ? Votre ligne rouge, ce n'était pas d'augmentation d'impôts, etc. Mais pour arriver, parce que vous êtes d'accord sur le chiffre par ailleurs, il faut faire plus de 40 milliards d'euros d'économie. Pour arriver à un tel montant, il fallait bien qu'il y ait des hausses d'impôts et que tous les Français mettent la main à la poche.
Non, mais il y a 57% de la richesse nationale, à peu près, qui est dépensée dans les dépenses publiques, dans les services publics.
Ce n'est pas pareil, dépenses publiques, services publics.
Vous avez raison. Effectivement, vous l'avez dit tout à l'heure, important, c'est M. Neumann qui l'a dit, important, dans les dépenses des retraites. C'est vrai. D'ailleurs, c'est intéressant ce que ce couple le dit. Le problème, c'est que les Français n'acceptent plus de sacrifices tant que les affaires de l'État ne sont pas en ordre. C'est pour ça que j'ai voulu commencer par ce chiffre quand même impressionnant, qu'il y a seulement 1,8 milliard d'économies structurelles revendiquées par M. Bérou hier et pour 18 milliards de privations diverses. Et ce matin, on apprend, par le tiré à part, c'est l'ensemble des budgets prévisionnels.
Il y aura des économies au niveau de l'État aussi, le non-remplacement d'un fonctionnaire sur trois, des agences rationalisées, etc.
Ça, il n'y a pas de problème pour le faire, ça vient de nos propositions, on soutient ça. Mais il y a une hausse des dépenses publiques annoncée ce matin de 29 milliards. Donc si vous voulez, les gens ont en permanence, ils entendent des injonctions contradictoires. Ils entendent, on va faire des économies, et le lendemain matin, ils entendent 29 milliards de hausse de la dépense publique, qui est donc supérieure à l'inflation par rapport à l'année dernière. Donc tout ça n'a pas de sens du point de vue, et les gens sont inquiets. Et donc qu'est-ce qui va se passer ? C'est aussi le sens de ce que dit cette dame sur la dépense sociale. On a aujourd'hui un phénomène de surépargne.
C'est-à-dire que des gens, en particulier les retraités, même modestes, accumulent de l'épargne parce qu'ils sont inquiets, donc on déconsomme. Et donc en fait, ce sont des fausses solutions qui aboutissent à moindre entrée fiscale, à une aggravation de la situation financière. Pourquoi ? Parce que l'économie, avant la technique, c'est de la confiance, c'est du symbole, et tous les signaux politiques, si vous voulez, qui sont envoyés par les partis qui gouvernent depuis longtemps, et en particulier depuis 2022, provoquent de l'inquiétude chez les Françaises et les Français, chez les entrepreneurs, et donc l'économie est dans une spirale infernale.
Et ils ont malheureusement raison, puisqu'il n'y a pas de perspective de redressement des finances publiques avec ce qui nous est présenté.
Et le Rassemblement National au gouvernement, ça trouve 40 milliards d'économies ? Le Rassemblement National trouverait 40 milliards d'euros d'économies ?
Si vous voulez qu'on puisse faire nos preuves, de toute façon, je pourrais vous le dire, vous nous direz que ce n'est pas sérieux, vous verrez que quand on maîtrisera une fois plus l'immigration, quand on dira à l'Union Européenne qu'on ne peut pas augmenter en deux ans de 10 milliards la contribution, vous vous rendez compte que là, on va augmenter de 7 milliards d'euros l'année prochaine, la contribution à l'Union Européenne, c'est exactement le montant de l'année blanche. Donc tous les efforts qu'on va demander à l'année blanche, c'est juste pour payer la hausse de la contribution à l'Union Européenne pour des services zéro.
Voilà, l'Union Européenne aujourd'hui ne va pas rendre de services supplémentaires à la France. Donc tout ça, c'est n'importe quoi.
Parce que par ailleurs, pardonnez-moi, vous avez effectivement proposé un contre-budget, c'était à l'automne dernier. Vous proposiez parmi les mesures, la baisse de la TVA sur l'énergie, sur un panier de produits de première nécessité, etc. pour un montant total de 17 milliards d'euros. Ce n'est pas comme ça qu'on fait des économies ici ? Oui, c'est populaire, mais est-ce que c'est comme ça qu'on trouve 40 milliards d'euros d'économies ?
Pour relancer la consommation, madame, parce que la première source, c'est la TVA. Aujourd'hui, la TVA, elle a pu le rendement espérer. Mais on pourrait repenser de tout cela. Mais il y a aussi beaucoup d'économies dans ce qu'on propose. J'en ai parlé, je pourrais vous en citer d'autres. Il y a la formation professionnelle, qui est une gabgie hallucinante. Et il y a cette suradministration permanente de l'État. On assume la suppression de deux échelons administratifs. tapés à la hache dans les normes. Lesquels ? Comment ? Lesquels ? Les échelons, les intercommunalités et les régions.
En l'État, vous votez la motion de censure ?
Ah ben là, oui, on ira vers la censure. Une fois plus, il faut expliquer aux Français, il va y avoir des négociations. Moi, je pense, comme madame l'a dit, qu'il y a une provocation sur... Enfin, elle n'a pas dit provocation, mais qu'effectivement, ces jours fériés semblent un aspect de négociation. On verra. Nous, on est là pour protéger les Français du pire. Bon, mais la différence...
Mais vous pourriez prendre le risque d'une dissolution avec une Marine Le Pen qui ne pourrait pas se représenter ?
Mais ce n'est pas un risque. Il y a l'injustice que suit Marine Le Pen. Mais si M. Bérou croit que Marine Le Pen va mettre son destin électoral avant l'opportunité de prendre le pouvoir et d'appliquer le plan de redressement qu'on prévoit pour les Français, M. Bérou se trompe profondément. Nous, on n'a aucune difficulté, contrairement aux socialistes hier, qui visiblement était un peu ennuyés, à aller aux urnes avec une dissolution et à dire aux Français, voilà la situation budgétaire. Même sans Marine Le Pen ? Mais Marine Le Pen, elle continuera à diriger notre force politique, ou qu'elle soit. Elle a suffisamment d'influence et de charisme pour pouvoir diriger notre famille politique.
Sauf qu'ensuite, pardon, mais... Même si, évidemment, c'est une injustice. Sauf qu'ensuite, vous n'aurez pas de majorité non plus. On verra. C'est mathématique. Ah non, non, non. Moi, je pense que le soi-disant Front républicain, là, je ne suis pas sûr qu'il fonctionne une deuxième fois, vu la situation.
Et vous ne pensez pas que les Français, ils en ont marre des dissolutions à répétition ?
Moi, je pense surtout qu'ils en ont marre d'être dans une espèce de marasme et qu'il y a la poussière sur le tapis qui fait une montagne insupportable pour les gens. Voilà, je pense que vu ce qu'on nous a proposé hier, beaucoup de gens vont se dire qu'il faut mieux se débarrasser de ce système et donner sa chance à une nouvelle force politique qui fera ses preuves. Et puis, voilà, et on verra. Parce qu'on nous accuse de plein de choses. Eh bien, écoutez, chuche. On nous accuse à la fois de proposer des choses soi-disant pas sérieuses et de ne pas vouloir le pouvoir. Donc, nous, on veut le pouvoir. On veut faire nos preuves.
Et moi, je vous promets que si, au bout d'autant d'années de politique que M. Béroud, avec autant de responsabilités, j'ai ce résultat, j'irais me cacher au fond d'un gros trou.
Tout le monde est sur votre ligne ? En quelques secondes, aura. Tout le monde est sur cette ligne ?
Tout le monde veut aller aux élections. Et nous, on estime qu'on nous a quand même, comment dire, bloqué l'accès au pouvoir l'année dernière. Et que le bilan de tout ça, c'est cette catastrophe, entre autres.
Jean-Philippe Tanguy