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interviewFrançois Ruffin· 7 janvier 2026 5 min

Il pleut des larves

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

La plus grande [musique] ferme d'insectes du monde. Elle permet de produire des protéines qui elles-mêmes serviront de base [musique] à de nombreux aliments pour les hommes et les animaux. Pierre en pilote.

Pour moi, on est une entreprise où il pleut des lares. Page de pub. Page de pub parce que le site vient de publier un remarquable reportage de son journaliste Ulis Stevenon sur Insecte à Poulinville à côté d'Amien.

Insecte pour mémoire, c'est ce site inauguré par trois ministres macronis et ça devait devenir la plus grande ferme d'insecte du monde. 4 ans plus tard, tous les ouvriers sont à la porte sans même un plan social derrière alors que 600 millions d'euros 600 millions d'euros d'argent public et d'investissement privés y ont été consacrés. Pour moi, ce reportage mérite d'être vu au-delà d'unsecte.

C'est un cas d'école et c'est un cas d'école pour moi sur deux raisons. La première chose, c'est le décalage, l'immense faussée entre les discours officiels, médiatiques, ministériel et la réalité. On a une opération Potemkin du nom du premier ministre de 4 de Russie qui faisait repeindre les deventures avant la visite de l'impératrice.

Et ben là, on a le trajet avant que les caméras n'arrivent, que les ministres n'arrivent, les salariés connaissent le trajet et nettoient cet endroit-là. Mais l'envers du décor, c'est quoi ? L'envers du décor, c'est quelque chose d'absolument dégoûtant où il pleut des larves, mais vraiment physiquement, il y a des larves qui tombent du ciel, où on respire une poussière qui donne de l'aspe, qui fait gonfler les poumons où on a des insectes mais pas les insectes prévus puisqu'on a des araignées, on a des mouches, on a des cafards, on a des mythes et on a aussi des rats avec à côté de ça des planeurs, des planeurs qui sont très loin de cette réalité. les planeurs médiatiques qui viennent pendant quelques instants sur le site et qui prennent par exemple le PDG devant une machine qui en vérité n'a jamais tourné, le PDG exhibant de la farine ou de l'huile qui n'ont jamais été produites à Amien.

Mais le PDG étant lui-même un planeur puisqu'il ne met pas les pieds sur le site, sauf quand il y a des caméras. et on a des investisseurs privés comme public, la banque publique d'investissement, la BPI qui elle ne contraire rien, ne surveille rien, ne vient pas regarder ce qui se passe pour de vrai. Et donc un immense décalage du coup entre les discours et la réalité mais aussi entre les promesses futures et le présent.

Pourquoi ce décalage ? Pourquoi ce faossé ? Et la deuxième chose, le deuxième enseignement de cette vidéo et qui en fait un cas d'école, c'est qui est nié la parole des premiers concernés les salariés. les salariés qui là ont la parole dans la vidéo mais qui en vérité n'ont jamais eu la parole auprès des ministres, n'ont jamais eu la parole auprès de la BPI, n'ont jamais eu la parole auprès des investisseurs, enfin il n'existe pas et ils n'existe pas même en interne à l'entreprise.

Ils ont alerté avec des centaines de messages mais c'est comme s'ils étaient mués. On ne les a pas écouté même quand ils parlaient. Ce sont eux qui voient, ce sont eux qui sentent, ce sont eux qui respirent, ce sont eux qui produisent et pourtant ils n'existent pas.

Leurs paroles n'existent pas. Quand on me demande qu'est-ce qu'on doit changer dans le travail, la principale chose à changer dans le travail, c'est ça. la parole des salariés qui doivent être écouté, qui doit être centrale à la fois pour leur bien-être parce que là ils sont mal psychologiquement parce que on ne tient pas compte d'eux mais ils sont mal physiquement parce que par exemple il fait 0°grés dans les bâtiments et on leur dit juste de mettre davantage de vêtements parce qu'ils respirent à s'en rendre malade et à aller à l'hôpital et ça un coup pour l'ensemble de la société mais aussi parce que si on les écoutait on y aurait pas ce genre de catastrophe industrielle si on les écoutait le processus de production, il serait bien meilleur, bien plus efficace.

Vous savez, ça revient toujours à cette phrase de Jean Jorè qui disait "La révolution a fait des Français des rois dans la cité, j'en doute encore, mais elle les a laissé ser dans l'entreprise." Ben, il faut n'être roi nulle part et ser nulle part. Il faut simplement qu'on soit citoyen dans la cité et citoyen dans l'entreprise.