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interviewParti socialiste (sur YouTube)· 30 août 2025 78 minAutoproduit

🔴 Mazan : culture du viol, justice complice ? - #CamPuS2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Je suis chef je suis à chef des marap que de responsabilité la boss waouh nous on a considéré qu'on remettait tout et bien nous allons nous allons démarrer. Euh bonjour à tous et à toutes et bienvenue à cette table ronde qui est consacrée à la fermaz à la culture du viol et au traitement judiciaire des victimes de viol en France. On le titre de cette table ronde est assez volontairement provocateur.

C'est affaire virgule culture de viol de point la justice est-elle complice ? Ce choix il est pas anodin. Il reflète notre volonté de ne pas édulcorer la réalité, de nommer les choses telles qu'elles sont pour mieux les combattre.

Et nous sommes dans un parti qui a à cœur de combattre ces ces ces ces pratiques. Nous partons euh dans ce dans le cadre de cette table ronde d'un cas emblématique, le procès de Dominique Péico et des 49 hommes accusés d'avoir violé sous soumission chimique Giselle Péico connue sous le nom de l'affaire Mazan. Pour rappel, je pense que vous l'avez tous et tout en tête, il s'agit de près d'une centaine de viols organisés et filmés par Dominique Péico sur sa femme Giselle Pélico, impliquant plus de 80 hommes.

Giselle Pécelico, vous le savez, a refusé que ce procès se tienne à H clos affirmant que la honte devait changer de camp. Et je vais vous le dire, ce qui a profondément choqué au-delà de l'horreur des faits, on en est tous d'accord, c'est le traitement réservé à la victime par la défense malgré des preuves accablantes et les aveux du mari, c'est encore la victime qui a été malmenée, accusée, diffamée lors de ce procès. Ce procès, il a été ultra médiatisé.

Il révèle les failles de notre système judiciaire et illustre de manière brutale la persistance de la culture du viol en France. Je vous remets juste quelques chiffres pour qu'on les ait tous bien en tête et que je pense que c'est toujours important de les rappeler. Chaque année, il y a 94000 femmes entre 18 et 75 ans qui déclarent avoir subi un viol ou une tentative de viol.

Seul 17 % des victimes portent plainte et 1 % des plaintes aboutissent à une condamnation. Je crois que c'est clair, notre système judiciaire est incontestablement défaillant. La Cour européenne des droits de l'homme a notamment été a notamment condamné la France en avril dernier pour des défaillance en matière de traitement judiciaire de violence sexuelle sur mineur et nous avons la chance d'avoir avec nous une des plaignantes qui a obtenu gain de cause auprès de la CEDH et on y reviendra.

L'objectif de cette table ronde, il est simple. On va tenter de répondre à cette question. La culture du viol, la justice est-elle complice ?

Mais surtout, nous allons chercher ensemble les moyens d'améliorer notre système judiciaire pour que la honte change réellement de camp. Et pour cette table ronde, nous avons cinq merveilleuses intervenants qui vont nous permettre de traiter l'ensemble du spectre de ce de cette problématique. Tout d'abord, Lord aussi qui est journaliste d'investigation et reporter à Chalbdo et qui a suivi de près le procès de la ferma.

Jeanne Doucelin qui est avocate au barreau de Paris spécialiste en droit privé. Manon Laurent qui est ancienante chercheuse et qui je le disais a obtenu gain de cause auprès de la CEDH. Emma Rafovic que vous êtes nombreux et nombreuses à connaître qui est député européenne et membre de la Commission égalité femme homme à à l'Union européenne et enfin Florian Volt qui est directrice des affaires publiques et juridiques à la fondation des femmes.

Et donc pour démarrer, je vous disais le point le point d'accroche de cette table ronde et le et l'affaire qui nous a tous et toutes occupé cette année, c'est l'affaire Mazan. Et donc je vais demander à Lord aussi de bien vouloir nous nous faire état de ce qu'elle a pu constater et et les ce qu'elle en retire de de ce procès. Merci merci beaucoup pour votre invitation.

Euh bonjour à toutes et à tous. Je suis vraiment ravie d'être parmi vous pour parler de de ce procès Mazan. Donc j'ai effectivement couvert ce procès 4 mois d'un procès hors norme de septembre à décembre de l'année dernière. un procès au départ boudé par certaines rédactions avant que cela prenne l'ampleur que l'on connaît et que celle devienne un procès historique. historique, je le rappelle et je voudrais en quelques mots lui rendre hommage grâce à la décision courageuse de Giselle Pélico qui a choisi donc de refuser le H clos et cet adage la honte doit changer de camp à mon avis n'a jamais été aussi effectif concret grâce à son geste grâce à cette décision car avec le refus du H clos et avec le fait que l'on puisse voir les vidéos des viols commis par les accusés consignées par Dominique Pico lui-même Et bien c'était là les accusés qui aont et d'ailleurs leurs avocats de la défense, les avocats de la défense se sont battus pour que le H clos soit maintenu.

Donc là c'était bien eux qui avaient honte et non pas Giselle Pélico. Alors on m'a dit que votre titre justice complice avait surpris car a priori effectivement le procès Mazan n'est pas l'occasion de faire le procès de la justice. C celle-ci a a fonctionné, on peut se dire, puisque les violeurs ont été condamnés, même si tous n'ont pas été retrouvés.

Je voudrais préciser d'abord que je ne critiquerai pas la justice concernant les peines auxquelles les accusés ont été condamnés. Je vais tout de suite évacuer ce sujet qui a fait polémique à la fin du procès. Euh et comme souvent maintenant, on entend à chaque décision de justice cette petite musique qui appelle à toujours condamner davantage.

Et j'ai entendu des euh des féministes et je suis moi-même féministe, hein, mais là, j'étais un peu surprise à leur réaction, à appeler à 20 ans pour chacun, par exemple, soit la peine maximale encouraient pas commis les mêmes crimes. Certains n'étaient venus qu'une seule fois, d'autres plusieurs fois et leur histoire personnelle n'était pas la même. Et je crois important de respecter l'échelle des peines et que cette peine soit individualisée.

Euh en revanche et j'en viens à notre sujet, euh il y a bien des choses à dire sur la manière dont la justice s'est déroulée dans ce procès. Ce qui a pu passer un peu inaperçu si on ne lisait pas tous les compte-rendus de ces longs mois de procès. C'est en effet le traitement extrêmement violent dont a été victime Giselle Pelic dans les premiers jours du procès, que ce soit par la cour d'ailleurs, mais surtout évidemment par les avocats de la défense.

Si bien que je pense qu'on peut parler de victimisation secondaire, ce terme qui désigne une seconde violence subie par la victime, cette fois-ci subie par les institutions judiciaires. vous l'avez dit hein, alors même que toutes les preuves étaient là, que personne ne contestait que Giselle Pélico soit victime. Et bien, elle a été pourtant malmenée pendant plusieurs jours par des questions qui je pense auraient largement pu être évitées.

D'abord les mots employés par le président de la Cour pour respecter la présomption d'innocence comme cela n'avait pas encore été jugé. Le président la Cour a insisté au départ pour que l'on parle de je cite scène de sexe. Il a même repris un des enquêteurs de police venu enfin qui était auditionné he pour témoigner de son enquête et cet enquêteur de police parlait tout simplement de viol.

Euh mais il a été repris par l'avocat euh le président de la cour euh qui a dit "Non non euh la présente soigne innocence nous conduit à ne pas parler pour l'instant de viol." Mais Giselle Pilico a pris alors la parole pour dire que ce mot, ces mots de scène de sexe l'a heurté profondément. "Ce ne sont pas des scènes de sexe, disait-elle, euh ce sont des actes de barbarie que j'ai subis." Et là, je me suis dit que la justice pourrait réfléchir à utiliser d'autres termes.

Je pense au mot viol présumé qui précise à la fois l'acte qui est euh don dont dont les personnes sont accusées sans le rendre définitif. Euh mais le plus violent venait de la part des avocats de la défense. Pendant plusieurs jours au début du procès, la sexualité de Giselle Pélico a été interrogée, disséquée dans une inversion totale des faits euh comme si euh c'était elle l'accusé.

Et comme souvent dans les procès euh pour violence sexuelle, elle devait en fait se justifier sur sa propre sexualité. comme les accusés se défendaient en disant qu'ils pensaient participer à un jeu libertin, alors même, je le rappelle, qu'elle ne pouvait pas donner son consentement, qu'elle était droguée, inerte au point que des experts parlaient de nécrophilie concernant les accusés. On a pu voir sur les vidéos qu'elle était effectivement euh dans un état totalement inerte comme une personne sous anesthésie à l'hôpital pour avoir pour pour vous donner une image.

Euh et bien euh pour euh aller dans ce dans cette idée que les accusés pensaient participer à un jeu libertin, et bien la défense a demandé à Giselle Péico si elle n'avait pas l'habitude elle-même d'aller en club libertin. et on se dit que s'il avait eu le malheur de le faire et bien la défense se serait engouffrée dans ce sujet pour la décrédibiliser. Mais euh on peut aussi se dire qu'elle aurait pu écumer les clubs libertins de la région.

Ça n'en faisait pas pour autant une femme qui n'avait pas été victime de viol à ce moment-là par ces accusés là. Euh une autre attaque à son encontre. Un avocat lui a demandé si elle n'était pas je cite exhibitionniste.

D'où venait cette attaque ? Et bien lors des des auditions, il était ressorti que Giselle Péico avait pu sortir à poil de sa douche. Je pense que un certain nombre de gens le font.

Et elle s'est trouvé obligée de répondre devant la cour. Et bien écouté, j'ai pu sortir de ma salle de bain en disant attention, je suis à poil mais ça durait 2 minutes. Euh plus violent encore pour la décrédibiliser, deux avocats de la défense ont demandé à un moment à projeter des photos retrouvées sur le disque dur de Dominique Pélico.

Sur le banc des journalistes, on se demandait de quoi il s'agissait et à ce moment-là, on avait pas encore vu toutes les innombrables vidéos de viol. Et là, on voit apparaître des images de Giselle Péico dénudé ou en petite tenue semblant posé pour son mari pour des photos sexies. Et on voyait aussi parfois des parties intimes de son corps sans qu'on puisse vérifier d'ailleurs si c'était si ça venait d'elle ou pas.

Euh et pour la défense, il s'agissait d'insinuer le doute sur le fait que des accusés aient pu voir ces photos sexies et pensaient donc que Giselle Pélico était consentante. En fait, il détournait totalement des photos prises dans la sphère privée qui en plus avait été prise à son encontre. Et Dominique Pellic lui-même l'a l'a l'a précisé à ce moment-là puisque lui-même euh violait sa femme et prenait des photos à son insue lorsqu'elle était droguée.

Euh et euh voilà, à chaque fois euh il s'agissait pour les avocats de la défense d'un de suggérer qu'elle ne qu'elle serait un petit peu complice de son mari, qu'elle aurait peut-être quand même un peu consenti à ses viols. Dernier exemple de ces traitements très violents. Un peu plus tard dans le procès quand on avait déjà vu des vidéos des viols commis par les accusés, une avocate de la défense demande à passer une autre vidéo et là on voit une scène de viol conjugal.

On voit Dominique Péico en train de violer sa femme qui alors est éveillée et qui crie "Arrête, arrête, tu me fais mal !" Une vidéo assez insoutenable. La vidéo se termine et là on entend l'avocate de la défense avoir cette explication à au fait de projeter cette vidéo et elle nous dit regardez en comparaison combien est violent son mari, comment se comportait son mari.

Et vous avez vu les autres avocats, les autres accusés combien eux ils étaient doux avec Giselle Péico lorsqu'il la violait. Donc là, on avait une comparaison sur la manière de violer Giselle Pélico. Donc, on comprend que tous les coups sont permis lorsqu'on est avocat de la défense.

Après cette séquence, Gzel Pélico s'est dite humilié et a dû comprendre que les victimes de viol ne portent pas plainte tant le traitement qui leur est infligé lors de l'audience peut être violent. Et je pense que les audiences du procès Mazan seront peut-être regardés dans quelques années comme un cas d'école de victimisation secondaire de la plaignante. Ça a rendu son choix de rendre l'audience publique d'autant plus fort puisque le grand public a pu aussi découvrir concrètement comment peuvent être traités les victimes.

Je j'ajoute que souvent la la parole de la victime est mise en cause aussi lors de l'instruction, c'està-dire toute la phase préalable. Là, on était au moment de l'audience. Il y a aussi toute la phase de l'instruction.

C'est un sujet complexe car il est normal d'enquêter, de ne pas croire immédiatement, sans plus de vérification, évidemment le témoignage d'une victime. Aujourd'hui, on entend beaucoup le je te crois. Le je te crois est une parole militante qui est importante, je pense, à entendre pour une victime de la part de féministes, de la part de de d'association.

Euh mais évidemment, ce n'est pas euh le à propos de la justice, au propos d'un enquêteur, ni d'ailleurs d'un journaliste. On ne peut pas croire sur parole une victime. Donc il faut bien enquêter.

Mais euh moi, je ne suis pas une spécialiste de la police et de la justice non plus, mais jusqu'où enquêter et jusqu'où remettre en cause la parole de la victime ? C'est toute la question. Il y a des dossiers, un dossier dont je voudrais aussi vous donner en quelques lignes quelques quelques exemples où à toutes les étapes la parole de la victime a été décrédibilisée.

C'est le cas de la jeune Shina agressée sexuellement à l'âge de 13 ans et brûlé vive à l'âge de 15 ans à Crayille par son petit ami. Et juste quelques exemples, la policière qui avait auditionné cette jeune fille de 13 ans a écrit "Mentionnons que Shina ne montre aucune émotion. euh s'est faire fit totalement de la sidération dans laquelle peut se retrouver la victime.

Et le soir même, la médecin légiste qui l'oscultait euh avait écrit "Shina se déshabille facilement et semble n'éprouver aucune honte ni culpabilité". ces deux exemples vraiment de de sur un dossier où à toutes les étapes China a vu sa parole remise en cause. Et lors du procès là, c'est sa réputation de fille facile terme éminemment sexiste qui n'existe qu'au féminin évidemment qui était mis en avant pour la décrédibiliser.

Donc ce qu'on appelle la culture du viol est donc en effet très présente encore dans beaucoup de procès. Les PL sont malmenés par leur défense, leur sexualité, leur moralité passé au crible pour voir si ne serait pas un peu consentante quand même. Et il faut à chaque fois des victimes parfaites à la sexualité de non pour être crédible en tant que victime.

Ce sujet pose la question, on l'a vu un peu et ce sera développé davantage par spécialiste, mais la question du rôle des avocats de la défense. Ils ont effectivement en France tous les droits pour défendre leurs clients. C'est un principe absolu des droits de la défense en France.

Si encré d'ailleurs que les avocats des partis civiles qui défendaient Gisel Péico pour revenir à ce procès que j'ai interrogé sur ce sujet au départ il ne remettait pas non plus en cause la violence des avocats de la défense il pouvaiit pas se le permettre. Ils m'ont dit bah ils estimaient normal que des accusés qui risquent 20 ans de prison et bien leurs avocats fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour défendre leurs clients. Donc c'est une question complexe surtout à une époque où on remet parfois beaucoup en cause aussi la présemption d'innocence.

Donc sans remettre en cause la nécessaire défense des accusés, je pense qu'on peut se demander si la défense ne va pas se donner quelques limites hein dans le traitement des victimes. J'ai interrogé plusieurs avocats euh qui me disaient que ça a commencé à évoluer et en fait j'ai l'impression que c'est être assez subjectif en fonction de la culture de la de de la sensibilité hein de chaque de chaque avocat. Euh certains me disaient aussi que aujourd'hui si la si la la méprise et la violence envers une plaignante est vraiment caricatural, ça peut nuire aussi à l'accusé.

Mais on a vu aussi dans un dernier enfin dans le procès de part Dieu par exemple que son avocat n'a pas hésité à humilier les deux victimes si bien que c'est une des premières fois où la justice a reconnu cette victimisation secondaire. Il peut être intéressant aussi de comparer avec ce qu'il se fait à l'étranger. J'ai pu interroger un procureur au Canada qui m'explique que depuis 30 ans, il est carrément interdit de poser certaines questions qui ne seraient qui seraient pourtant évidentes en France.

Alors, c'est précisément l'article 276 du code criminel canadien qui a établi plusieurs règles en la matière autour de ce qu'ils appellent les mythe et stéréotype autour de la sexualité. Et ainsi, il est impossible de poser des questions sur les actes sexuels qu'une victime a pratiqué avant ou après l'agression qu'elle a vécu, qu'elle a subi. Par exemple, on m'a donné c cet exemple. dans le cas d'une fille qui porterait plainte pour une pénétration non consentie avec un garçon un matin, et bien la défense ne pourra pas invoquer le fait qu'elle avait une relation consentie précédemment le soir même avec lui ni même invoquer le fait qu'elle en a eu à nouveau avec le même garçon après.

Donc c'est évidemment très loin de ce qui se passerait en France. Je ne vous dis pas que c'est la solution. Moi-même je je trouve que c'est peut-être étonnant d'aller si loin dans dans l'interdiction de de poser des questions.

Voilà. Euh et puis en plus, ce n'est pas possible aux avocats d'outrepasser cela puisque avant de poser une question lors d'une audience, ils doivent déposer une requête écrite au tribunal et le juge leur donne l'autorisation de poser ou non leurs questions, ce qui n'est pas le cas en France. En France, c'est le président de la Cour qui peut aussi mettre fin à des questions.

Il a le pouvoir de police de l'audience, mais euh c'est très très rare qu'il mette un terme à des questions de la défense. Il passerait pour n'étant plus neutre dans les débats. Sans aller jusque là, plusieurs avocats de la défense me disaient qu'il serait nés de la défense, pas ceux de Mazan, mais que j'ai interviewé et qui sont habituellement en défense, me disait qu'il serait nécessaire que la profession s'autorégule.

Une pénaliste m'a dit "La loi nous accorde une grande liberté. Son corrollaire est l'obligation d'une autorégulation." Aujourd'hui, aucun texte au niveau national ne vient encadrer les droits des victimes à l'audience.

Ce sont des textes internationaux. la Convention d'Istanbul ou euh des jurisprudences de la CEDH qui propose des recommandations à la matière. Euh donc il y a encore des choses à faire, je pense au niveau législatif et au niveau surtout d'une prise de conscience des des avocats sans aller évidemment jusqu'à une interdiction pure et dure peut-être comme au Canada.

Mais c'est important d'avoir en tête aussi que il y a d'autres manières de faire au Canada et il n'y a pas pour autant euh me disait-on euh des innocents qui sont condamnés enfin en tout cas pas pas plus qu'ailleurs. Voilà, j'espère vous avoir éclairé avec ce procès qui nous a tous temps marqué. Et c'est vrai que ce débat est miné car évidemment ce sont souvent des débats passionnels.

En plus, il y a une sorte de contexte aussi de remise en cause plutôt populiste hein de de la justice et même un refus parfois de la présence même des avocats de la défense. Et pour rester sur le procès Maan, je me souviens avoir vu l'avocate de Dominique Pélico harceler, insulté en sortant du tribunal comme si Dominique Pélico qui en effet est un monstre si je sors de ma neutralité journalistique, mais de toute façon, il a été condamné, voilà, à 20 ans de prison pour avoir violé fait violer sa femme dans les conditions qu'on sait. Euh mais euh voilà, son avocate, enfin il a le droit pour autant à une défense et son avocate euh maître Zavarot a fait un travail euh qu'on peut qualifier de remarquable parce que pour le coup, elle a montré qu'on pouvait défendre euh le pire des violeurs avec beaucoup de respect envers Giselle Péico.

Et en plus, elle a amené aussi son client à reconnaître les faits. C'était pas trop difficile puisqueil y avait aussi toutes les preuves qui étaient là. Euh mais comme quoi, c'est possible d'être un avocat de la défense et d'être respectueux des victimes.

Merci euh merci beaucoup Lor pour ton retour sur euh donc le procès de Maan et ces autres procès emblématiques, médiatiques qui ont permis euh de mettre le doigt euh sur la victimisation secondaire qui pouvait avoir lieu au moment des procès. Tu as parlé, c'est un long chemin euh du dépôt de plainte à à la à la condamnation ou pas. Et on a l'immense honneur d'avoir avec nous Manon Laurent qui a accepté de nous porter son témoignage et son expertise de plus de 17 ans de lutte pour faire reconnaître son viol jusqu'à la condamnation par la CEDH de la France sur la manière dont elle traitait les victimes de viol mineur.

Donc c'est à toi. Merci beaucoup encore maintenant. Bonjour à tous et merci Alexandra pour l'invitation.

Euh c'est la première fois que je vais en parler en public. Donc euh je vous remercie euh d'être euh voilà de de m'écouter et de voilà de m'attendre. Je m'excuse aussi euh par avance pour les mots crus et les descriptions géog graphiques euh que je ferai.

Je m'excuse tout particulièrement pour les victimes de viol et d'agression sexuelle présentes dans la salle pour qui cela peut faire penser ou revivre des moments difficiles. Je vais vous raconter mon histoire et les combats que Salah m'inspire en tant que femme et en tant que militante féministe sur le système judiciaire et les professionnels du droit. l'importance de l'inscription de la notion de consentement dans la loi, la nécessité de supprimer les expertises psychologiques, la reconnaissance des préjudices de la victimisation secondaire et l'importance du loi intégral contre les violences sexistes et sexuelles.

Je suis survivante d'un viol issu de la culture ordinaire du viol, c'est-à-dire issue des représentations stéréotypées des relations hétérosexuelles. C'était un homme que je connaissais lors d'une soirée chez moi sans couteau, sans parking sombre. J'avais 16 ans, j'organiser une soirée.

J'avais déjà flirté avec cet homme. Lors de cette soirée, il est venu, il m'a attiré dans une chambre et m'a déshabillé. J'ai dit non deux fois clairement et pourtant il une pénétration vaginale en vain.

Ensuite il m'a sodomisé parce qu'il n'a pensé qu'à sa gueule d'après ses propres explications lors de l'enquête de police. En effet, devant la police et devant la justice, il reconnaît que j'ai dit non, il reconnaît les faits. Mais Arg qu'il a compris mon refus principalement pour la pénétration vaginale.

Ensuite, je ne disais plus rien et cela valait pour lui et pour la justice comme un consentement. J'avais 16 ans, aucune expérience sexuelle et j'avais dit non. Et après, je ne suis plus là, je ne suis plus dans mon corps.

Je suis en état de sidération. C'est ce que je comprendrai plus tard. Hors de mon corps, je vois la scène de haut.

J'ai littéralement des images dans mon esprit de cette scène depuis le plafond de la chambre, une pénétration anale, puis une félation forcée pendant laquelle il me tient la tête. J'ai fait des années de thérapie pour en parler. 5 ans plus tard, pendant mes études après des engagements militants et politiques, je porte plainte parce que je n'en peux plus de me lever le matin tous les jours en me demandant si je dois porter plainte.

La plainte est prise en charge par la brigade des mineurs de Paris. Tout cela bien avant mit tout mais le dépôt de plainte se passe plutôt bien. Plutôt bien ça veut dire on met la barre assez bas en fait en considérant tous les témoignages régulièrement reliés par les associations féministes.

On ne m'a pas demandé comment j'étais habillée ou sous-entendu que c'était de ma faute au moment du dépôt de plainte. Cependant, c'est un exigence c'est un niveau d'exigence bas. Ils auraient pu m'informer ce qu'était l'état de ciddération, m'expliquer mieux ce que c'est qu'un viol et la définition pénale du viol.

L'enquête s'étale sur un an et demi. Mes familles, mes amis sont vu par la police. En décembre 2014, je suis convoqué pour une confrontation à la brigade de protection des mineurs et je saurai sur place qu'il a été mis en garde à vue pendant 24 heures et auditionné.

Lors de son audition, mon agressireur dira. Donc la brigadière le demande. Elle vous dit non pour la pénétration vaginale en vous disant qu'elle est vierge et malgré tout vous la sodomisez.

Comment cela est-il arrivé ? C'est horrible à dire mais j'ai voulu autre chose pour avoir un rapport sexuel. J'ai commencé à vouloir la et comme là elle ne m'a rien dit, j'ai pensé qu'elle était d'accord.

C'est pas bien ce que je vais dire. Après, j'avoue, j'ai pensé qu'à ma gueule, elle n'a pas bougé, elle n'a rien dit. Après, j'ai pas fait attention à savoir si elle était d'accord ou pas.

L'avez-vous forcé à avoir ce rapar ? En y réfléchissant maintenant ? Oui.

Avant, je ne l'avais jamais pensé comme ça. Oui, j'ai profité d'elle. J'ai pensé qu'à moi, mais en partant de chez elle, je n'ai pas pensé que je l'avais violé.

Et actuellement dans nos locaux, après avoir repensé à toute cette affaire, que pensez-vous ? J'ai fait une énorme connerie. J'ai commis un viol parce qu'elle n'était pas d'accord.

Par contre, elle aurait dû le dire qu'elle voulait pas. J'étais saoule. C'est quoi un viol ?

C'est quand il y a un rapport sexuel et qu'une des deux personnes n'est pas d'accord. Je reconnais que si elle n'était pas en mesure de dire non ou de me repouser, alors oui, je l'ai violé. Pour la sodomie, elle n'a jamais dit non et ne m'a jamais repoussé.

Avez-vous abusé de cette fille pour obtenir ce que vous vouliez ? Oui. Lors de la confrontation, il finira par dire "J'espère qu'elle me pardonnera, mais si elle ne le fait pas, je comprendrai.

Ce que j'ai fait, c'est mal, mais je n'arrive pas à en mettre un mot de dessus. Pour moi, j'ai abusé d'elle." En réalité, après la confrontation, mon agresseur en reconnaissant à demi mots et en demandant pardon, fait un pas vers une forme de reconstruction.

À ce moment-là, j'ai eu pour quelques semaines l'impression de reprendre le pouvoir, de faire changer la honte de camp. On ne tourne jamais la page sur un viol. On se reconstruit, on apprend à vivre avec, avec ses traumas, avec ses peurs, avec ses angoisses.

Mais la justice française n'a pas eu la même interprétation de ses paroles. Ne vous inquiétez pas, le récit va aller plus vite. Puisqu'un mois après la confrontation, la plainte a été classée sans suite par le procureur de la République pour infraction insuffisamment. caractérisé.

La justification est la suivante : n'existe aucun témoin direct des faits et le mis en cause, entendu sous le régime de la garde à vue, conteste avoir forcé votre consentement lors des relations sexuelles dénoncées alors même que vous n'étiez pas en mesure selon vous, par la prise de toxique ou la crainte ressentie, de manifester d'une quelconque façon votre opposition à de tels actes. Par cette décision, tout s'arrête. Le dossier est classé.

Il n'y aura pas de jugement, pas de procès, tout s'arrête. Il est même archivé plus vite qu'il n'en faut pour le dire. C'est ce genre de situation qui renforce la culture du viol et l'impunité des agresseurs.

C'est quand un homme admet avoir abusé d'une femme lors d'une audition devant la police et que le procureur de la République répond circuler, il n'y a rien à voir. Pour moi, c'est l'enfer qui reprend. des cauchemars, des angoisses et grâce à mon entourage et amical et militant, je décide de continuer parce que je ne comprends pas cette décision.

La formulation me rend dingue, elle m'énerve et tout d'abord, mon objectif c'est de comprendre, de récupérer le dossier. Comment on peut dire ça et s'en sortir avec rien ? On est en 2014, je change d'avocate, je demande à récupérer le dossier.

À la lecture du dossier, je comprends je ne comprends toujours pas la décision du procureur. Un an plus tard, je décide de saisir un juge d'instruction, me constituer partie civile. Il y a une enquête, deux nouvelles expertises psychologiques, une nouvelle confrontation.

J'apprends lors de cette deuxième confrontation que la première expertise psychologique a jugé que je n'avais pas de tendance à la fabulation, mais aussi l'examen révèle des troubles sur le plan identitaire et une mauvaise consolidation de mon identité sexuelle. Lors de la confrontation, cela a été interprété par l'avocat de la défense comme le fait que j'avais des doutes sur mon hétérosexualité et que j'avais donc du mal à accepter la relation que j'ai subie. En réalité, ces conclusions décrivent une adolescente qui se construit et l'identité sexuelle n'a rien à voir avec l'orientation sexuelle.

Tous les avocats ne sont pas formés à lire des rapports d'expertise médico-sychologique et c'est un problème. Par ailleurs, lors de la confrontation, mon agresseur accompagné par son avocat change sa version des faits. Il ne s'excuse plus.

Il affirme que je voulais simplement rester vierge, ce qui explique mon refus de la pénétration vaginale. Finalement, lors de cette confrontation, mon agresseur réécrit l'histoire. reconstruit une réalité dans laquelle il n'est plus coupable.

Il va même juste plus loin puisque avec son avocat, il assume que je il affirme que je n'assume pas la sodomie et la féation que j'ai subi. Finalement, la situation a changé. C'est de ma faute.

Pour ma part, avant la confrontation, je m'entraîne avec mon avocat. J'essaie d'utiliser les bons mots au bon moment, de comprendre ce qu'est l'état de sidération. J'intériorise que mon récit n'a pas convaincu que ce qui m'est arrivé n'est pas un viol, que je n'ai pas su bien m'exprimer, que je n'ai pas su dire les mots qu'il fallait.

C'est ma crédibilité qui est un jeu si je ne dis pas les bons mots au bon moment. Et le juge d'instruction classe l'affaire en 2019. Nous sommes 11 ans après les faits qui me concernent, 6 ans après ma plainte, 2 ans après l'affaire Weinstein.

Mais je continue grâce au soutien déf de mon avocate, de mon conjoint, de mes amis qui croient en moi et qui me fout entrevoir une issue. Je fais appel de la décision auprès de la chambre de l'instruction. Je me pourvois en cassation et à ce moment-là, nous savons avec mon avocate que l'objectif c'est la Cour européenne des droits de l'homme.

Les décisions de la justice française se renforcent les unes et les autres. Elles sont de plus en plus longues, en nombre de pages. Elles prennent de plus en plus de place et de temps pour justifier et expliquer l'injustifiable avec toujours la même rangain en toile de fond.

Mon mon agresseur n'avait pas conscience de forcer mon consentement. Enfin, en 2022, avec mon avocate, maître Perez Inciard, nous déposons un recours devant la CEDH. La question n'est plus de faire condamner l'homme qui m'a violé, mais bien de faire avancer la justice française, de faire condamner la France.

Notre recours s'appuyera sur des textes internationaux, notamment la convention d'Istanbul pour montrer que la justice française n'a pas fait son travail. Ce parcours judiciaire m'aura coûté cher en temps, en énergie, en argent. Entre 10 et 15000 € en total, probablement sous-estimé.

Cela n'aura pas pu être possible sans mes amis, mes conjoints, mon avocate, mais également sans le capital culturel et économique et social que j'ai hérité et à qui nous sommes inégaux face à la justice. De nombreuses femmes n'auraient pas pu se lancer dans le même combat. Le 24 avril 2025, la veille de mon anniversaire, la Cour européenne des droits de l'homme m'offre le plus beau cadeau, celui que je n'espérais plus.

Depuis 17 ans, la CEDH rassemblait trois requêtes concernant des faits d'agression sexuelle ou de viol sur mineur. Elle considère que dans chacune des trois enquêtes, les autorités juridiques et internes ont failli à protéger de manière adéquate les requérantes qui dénonçaient des actes de viol alors qu'elle n'était âgée que de 13, 14 et 16 ans au moment des faits. La CEDH m'a redonné la parole en démontrant les stéréotypes de genre, les erreurs commises par les juges d'appel pendant toute la procédure.

En 2022, quand je pose cette requête, je savais que la CEDH ne condamnerait jamais l'homme qui m'a violé, mais j'y suis allé quand même. Il n'y a pas de combat et d'avancée inutile. Aucune avancée, aucun combat seul ne sera suffisant.

Maintenant, nous avons nous avons besoin du courage militant pour ne pas nous diviser dans ces combats, ne pas minimiser des avancées, soutenir les survivantes parce que si une femme sur 6 a été violée, alors nous en connaissons toutes et tous. Il faut continuer à mener nos combats dans notre entourage proche, mais aussi dans la société, dans les institutions et dans nos associations et dans nos parties. Je vous remercie.

Merci, merci, merci pour ton témoignage car on sait tous et toutes à quel point c'est difficile et à quel point c'est précieux pour nous tous. c'est merci pour ton combat car il va tous et toutes nous aider à faire mieux à permettre à ce que des prochaines victimes bosent en fait pour gain de cause. Donc un grand grand merci.

Voilà. Euh je je sais la difficulté que c'est Jade d'intervenir après un tel un tel témoignage. Donc Jade, tu es avocate enfin plus souvent avocate de la défense.

à l'ône des différents témoignages, j'aimerais te poser la question donc d'une ton regard sur la manière dont s'est passé la faire notamment l'affaire ma mais aussi te poser la question de est-ce qu'on peut correctement défendre un accusé sans incriminer une victime et puis plus globalement parle de ce que tu veux. Merci beaucoup. Merci à tous pour votre invitation.

Évidemment, la prise de parole après après votre témoignage est est difficile, mais je vais essayer de de la faire le plus correctement possible parce que je crois que on aurait tort de parler de camp quand on parle de justice et que l'idée c'est que l'œuvre de justice, on la rende pour tous et pour toutes, que les victimes soient reconnues comme tel, que les innocents le soient aussi quand il faut qu'il le soi et la question qu'on doit se poser aujourd'hui c'est celle-ci, c'est comment on préserve et l'accès des victimes à la justice ? Est-ce qu'on là on parle de procès au moment où il arrive ? Mais on voit bien que la plus grande des difficultés en réalité c'est qu'il arrive déjà et la première problème des victimes, c'est qu'il arrive.

Mais également la présomption d'innocence. Et si aujourd'hui on n'est plus capable de dire que ces deux règles fondamentales ne sont pas des opposés mais les deux les deux phases d'une même pièce judiciaire et d'une même œit pouvoir être capable de créer ensemble, alors à la fin, on aura de nouveau un déséquilibre judiciaire qui n'est pas bon pour pour qui que ce soit. On le voit dans toutes les histoires de la justice quand à un moment donné, par exemple sur des dossiers pour en parlant de la violence sexiste ou sexuelle des enfants, on voit aussi que quand on a pas vérifié la parole, quand on l'a mal contrôlé, on a aussi détruit des vies, détruit des destins.

Et on doit être en capacité et je sais que c'est difficile de l'entendre après ce qu'on a pu entendre aujourd'hui, que notre œuvre judiciaire, elle doit se faire dans cet équilibre. Et mon travail consiste à ça. J'ai défendu des femmes, j'ai été l'avocate du hashtag balance ton port et qui l'a fait gagner devant la cour d'appel.

Je défends aujourd'hui des hommes. Donc je ne suis pas l'avocate d'un camp judiciaire ou l'avocate seulement d'hommes ou de femmes. J'ai été l'avocate de victime.

Je suis l'avocate de personnes mise en cause. Si je peux revenir à Mazan et et je pense que c'est c'est très intéressant Mazan comme exemple parce que vous avez raison un je crois que c'est un des procès les plus exemplaires que nous ayons eu en la matière et en même temps qui a montré toute la difficulté, toutes les failles et tout notre problème de perception. Il a été exemplaire parce qu'il y avait des preuves.

Et la question probatoire et c'est ce que vous disiez, elle est essentielle dans cette justice des victimes et de cette justice des violences sexistes et sexuelles. Et vous avez eu deux types de défense en réalité à Maçon. Vous avez eu la défense de Dominique Pélico et je crois qu'on peut saluer et et vous l'avez fait assez fortement la défense qui a été faite pour celui qu'on a appelé le monstre.

Mais vous aviez d'un côté un monstre pénal et d'un côté vous aviez une société malade. Et je pense que Mazan et d'ailleurs quand j'ai j'ai indiqué que j'intervenais aujourd'hui, on m'a dit "Mais pourquoi on dit le procès Maan et pas le procès pélico ?" Ce que l'on fait habituellement quand un procès pénalement dans les médias.

Et la réalité c'est on l'a pas appelé Péico parce que c'était notre procès à nous en fait. C'était le procès d'une société entière. C'est le procès d'un homme qui a abusé, qui était un violeur et un un homme violent sexuellement, mais aussi d'une société où des hommes ont considéré légitimement pour eux qu'il pouvaient transférer le consentement d'une femme à son mari parce que la réalité de ce process et que les avocats de la défense ont eu à mon sens la maladresse de ne pas vouloir entendre que on pouvait expliquer ça, on pouvait l'expliquer et on doit pouvoir expliquer ces choses-là parce que si on n'est pas capable de les comprendre et les expliquer et si on n'est pas capable de hiérarchiser les monstruosités, on ne sera pas capable de faire République, justice ensemble et démocratie.

Et autant on doit laisser la place aux victimes, autant les droits de la défense doivent continuer à exister. Mon travail à moi, il consiste à faire en sorte que la présomention d'innocence soit respectée jusqu'à la fin d'un procès, que les éléments de preuve puissent être débattus pour une raison simple, c'est que je peux avoir des amis qui ont déposé plainte pour des viols et des agressions et je peux avoir des amis accusés et dont j'aurais envie aussi que la voix dissonnante, discordante, sur lesquelles ils ont besoin de se défendre soit entendu de la même manière et c'est mon travail. La question maintenant qu'on se pose et qu'on se pose tous, c'est parce qu'on est tous d'accord sur le principe de parvenir à ça.

La question c'est comment on y on mène ce combat, comment on y parvient et pourquoi Maan finalement est un exemple assez fascinant et intéressant sur ce sujet. Faut quand même se rappeler qu'avant qu'on arrive à ce procès, il y a eu des alertes judiciaires sur cet homme qui n'ont jamais été entendus. Je rappelle qu'il y a trois callas qui sont actuellement en cours d'enquête à l'instruction de Nantire sur cet homme-là.

Ça veut dire que déjà notre premier sujet avant qu'on entre dans la question de la défense, avant qu'on entre dans la question de la présomption desnocence, c'est comment on fait pour que les victimes aient accès et surtout se sentent en capacité d'aller directement devant la justice. Vous l'avez dit, vous avez mis 5 ans à avoir le courage d'y aller. Et la réalité de ces procès aujourd'hui, quel quelle est la force d'un procès quand on le juge ? 17 18 19 ans plus tard.

C'est une faute pour les victimes parce qu'il est presque trop tard pour que la réparation intervienne même si elle est nécessaire et elle est violente aussi pour les personnes accusées parce que que deviennent les preuves 15 16 17 ans après et quel travail de vérité judiciaire on peut faire. Je continue sur d'autres exemples et effectivement moi je je pense que les avocats sont en train de changer sur ces sujets. Vous l'avez dit très bien lors on a un droit absolu de notre profession, c'est-à-dire que la parole de plaidoirie est libre.

Je ne peux pas être attaqué pour diffamation quand je plaide. Je ne peux pas être poursuivi pour des pour toutes vous dans n'importe quelle sphère publique, vous auriez des propos qui pourraient être sanctionnés par la loi de la presse sur la liberté d'expression. Lors de ma plaidoe, j'ai une liberté absolue.

Je ne peux pas être poursuivi pour les propos que je vais mener. Pourquoi ce droit existe ? Il existe parce qu'on considère que il y a un déséquilibre judiciaire de base quand on est accusé de quelque chose.

Et donc la parole de la défense, c'est la seule que l'on aura au cours d'un procès et elle doit être absolue, libre et avoir le tout la possibilité de démontrer ce qu'elle veut. La question qui se pose aujourd'hui pour les avocats au-delà du respect des victimes évident, c'est et aussi sa pertinence. Et c'est là où la justice, je crois, est en train de faire un travail important et c'est pour ça que je pense qu'on peut la critiquer, mais on peut aussi la reconnaître et vous l'avez très bien dit dans le procès de par Dieu, on a un confrère qui a été condamné et c'est la première fois pour ce type de dossier qui a une condamnation.

Ça veut dire aujourd'hui que la justice n'empêchera jamais par principe la liberté d'expression des avocats. Et je crois que ce qu'on on disait sur le Canada serait un problème parce que le problème d'un déséquilibre, c'est qu'on y répond jamais par un autre déséquilibre. Sinon, on a un risque de ce que je vous disais tout à l'heure sur la parole des enfants notamment, on voit très bien qu'après les grands procès qui ont lieu où il y a eu des des années et des années de détention provisoire non justifiées, on a repris un circle où on n'écoutait plus la parole des enfants.

Si on veut durablement que la parole des femmes, la parole des victimes globalement soit entendu, soit respecté et toute sa place, on ne peut pas rentrer dans un nouveau cycle de déséquilibre judiciaire. On a l'impératif et je pense que c'est votre impératif de personnes de gauche euh de considérer qu'un procès et dans un les accusés ont autant de droits qu'une victime et plus encore peut-être et ça va vous choquer et je suis navrée de le dire ainsi, c'est que le procès pénal et c'est toute la difficulté sur les violences textistes et sexuelles est d'abord le procès d'un accusé avant d'être celui d'une victime. Le droit pénal est réfléchi en France et c'est comme ça que l'on pense.

C'est comme ça que la philosophie du droit pénal a été faite. On c'est la société qui juge un homme. C'est pas une victime contre un accusé.

C'est la société. C'est nous. On dit d'ailleurs que elle est rendu au nom d'une peuple français.

C'est nous, société, pour les crimes les plus importants qui venons sanctionner ce qu'on appelle la la fracture sociétale sur un sujet. Donc évidemment qu'aujourd'hui quand j'écoute Manon et quand j'écoute d'autres victimes parce que j'en défends, c'est très difficile à comprendre ça. C'est extrêmement compliqué y compris parce que et vous l'avez dit tout l'enjeu de ces dossiers le procès maan est une exception.

Tous les monstres ne filment pas leur monstruosité et donc la la difficulté que l'on a c'est la règle probatoire. Mais on doit être capable de la débattre. On doit être vraiment capable de la débattre.

Maintenant la question principale c'était quel est le rôle de la défense ? Moi, je crois qu'il faut être en capacité de dire que je peux défendre un homme qui a une perception d'un moment donné, qui a une qui a une une expérience à un moment donné, qui a un vécu et que je dois être capable de l'exprimer et je n'ai pas besoin pour ça d'abîmer la personne qui est en train de l'accuser. Déjà parce qu'il y a un grand nombre de procès.

Là, on parle évidemment de choses extrêmement violentes, mais il y a aussi alors je sais que c'est un terme que vous n'aimerez pas mais il y a aussi des procès où la question du consentement, elle n'est pas aussi claire que ça paraît parce que ce n'est plus une question seulement de pénal mais une question d'éducation, de perception, de de façon dont on peut voir les choses. Et donc la question du consentement qui est à mon sens effectivement le le dernier sujet sur laquel la justice a encore beaucoup de difficultés parce que qu'est-ce qu'on fait du consentement ? où est-ce qu'on le place ?

Comment on fait en sorte que la perception de la justice reste notre philosophie pénale ? Je rappelle vraiment cette chose qui est importante, c'est que en pénal, c'est la vision de l'auteur qui est prise en considération pour juger et pour adapter la peine. Évidemment, sur ces sujets là, c'est extrêmement complexe à intégrer du coup comme phénomène et de savoir comment par la définition du consentement, par sa façon, par la compréhension qu'on en a, par la l'acceptation du fait que parfois oui, il n'y aura pas de preuve extérieure à un témoignage.

En France, c'est très compliqué aujourd'hui d'admettre qu'il ne peut y avoir pas de preuve autre qu'un témoignage. La question de de du coup de de moi, de ma façon de travailler, de comment je peux défendre des hommes sans incriminer des victimes, elle est en réalité très simple. Je peux très bien défendre un homme et être très touché par la personne qui est en face de lui dans la salle d'audience, être très touchée par son histoire, être très touchée par la complexité de ce qu'elle a pu vivre, pour la façon dont elle l'a pu le vivre et de la même manière défendre une humanité par ses failles, par ses troubles, par aussi peut-être parce que il a le sentiment d'être innocent et peut-être qu'il est aussi.

Et je pense que il faut être capable de le faire. Je pense que d'ailleurs aujourd'hui c'est ce qui fonctionne en terme de défense. Moi, je j'ai toujours défendu et je défends aujourd'hui beaucoup d'accusés.

Je n'ai jamais attaqué les victimes. J'ai été l'avocate notamment d'un homme politique qui était accusé de violence physique. Je l'ai défendu.

On a une bonne défense. Je n'ai jamais prononcé le moindre mot contre la personne qui déposait plainte. Je ne l'ai jamais accusé de mentir.

Je n'ai jamais je n'ai jamais touché à cette personne parce qu'en réalité, je pouvais totalement axer ma défense sur mon rôle à moi sans avoir besoin d'abîmer l'autre. Et j'ai presque envie de vous dire quand on a besoin d'abîmer l'autre euh c'est un peu l'apanage des faibles et ça veut dire qu'en réalité on n'est pas capable de défendre correctement ce qu'on on est censé défendre. Maintenant effectivement le le mouvement est encore complexe même si encore une fois si on parle des affaires récentes, je pense que vous l'avez vu notamment l'affaire Bedose.

Je crois que assez assez facilement cette défense ultra viiolente est aujourd'hui assez remise en cause médiatiquement mais aussi juridiquement. Vous l'avez vu pour Jérémie Assous, on l'a extrêmement vu à Mazan aussi puisque ce qu'on dit pas c'est quand même qu'une une une bonne part des avocats ont été poursuivis dans leurs barreaux locaux. Il y a eu des sanctions notamment, je sais je sais alors je suis désolé, son nom m'échappe toujours mais euh euh l'avocate qui enfin que vous connaissez tous qui s'est filmé donc effectivement a été condamné par son barreau donc com Ah si si elle a été condamnée pas.

Oui oui. Non mais là elle est en instance sur sur ça. Ouais ouais ou pardon.

Euh je sais plus je sais plus où était mon fil euh de quoi vas-y. Non les choses changent et et effectivement je je rejoins ce qu'on disait. La parole doit être absolument libre.

On doit s'autoréguler mais en fait la réalité d'une profession c'est qu'elle s'autoréluque par ses instances et nous avons des instances et nos instances aujourd'hui euh sont beaucoup plus alertes sur ces sujets. Commence à travailler sur ces sujets, commence à se dire que par ailleurs, si on ne veut pas perdre cette liberté, il faut qu'on en soit respectueux et il faut qu'on s'en serve uniquement pour défendre, pas pour abîmer, pas pour salir, pas pour régler je ne sais quel autre compte qui ne serait pas celui pour lequel on est là. Donc je crois qu'on est en capacité aujourd'hui et qu'il faut qu'on le fasse de se dire qu'il n'y a pas de camp judiciaire.

Je refuse de dire que je ne défendrai qu'un camp. Je le défendrai toujours tous les deux parce que ce sont encore une fois et je l'ai déjà dit deux phases d'une même réalité judiciaire. C'est comment on arrive à tous les stades de la procédure et notamment au tout début à respecter ces piliers fondamentaux qui sont l'accès absolu absolu des personnes qui dénoncent des faits à des juges.

Parce que la réalité c'est que quand vous arrivez dans un commissariat aujourd'hui, mais je l'ai vu encore ce matin, je défendais quelqu'un en garde à vue et j'avais une jeune femme à 1 m de mois qui était en train de raconter son agression avec un bureau plein à craquer et mon client qui est en train de parler d'une infraction financière qui n'avait rien à voir. Je ne crois pas que et on était dans le 16e arrondissement, pas au finfond de je ne sais où où il y a moins de moyens. Ils ont des moyens.

Donc ça veut dire que c'est une question de choix de façon dont on gère les choses. Et donc si on veut pouvoir faire justice ensemble, on doit être capable, y compris nous dans cette réflexion sur Maan, d'être aussi dur l'accès aux victimes que sur la présemption d'innocence. parce qu'à un moment donné, c'est c'est pour ça qu'on va avoir d'autres déséquilibres si on n'est pas capable de se dire que la présemption d'innocence, c'est le pendant de l'accès au à la justice des victimes parce que toutes les victimes qui pourront passer devant un juge, il y aura plus de problème sur la présomption d'innocence.

Et de la même manière, si vous la gardez cette présomption d'innocence, il y a pas de sujet pour l'accès aux victimes. Il faut que ces deux c'est vous savez une balance, c'est ça, c'est deux paniers. Faut jamais en enlever un au déficit d'un autre.

On l'a fait pendant 100 50 On l'a fait pendant des années de considérer que la place des victimes n'était pas dans le procès pénal. On peut pas non plus considérer aujourd'hui qu'un accusé est accusé par essence, qu'un accusé est accusé dès le départ et qu'il n'a pas le droit de se défendre. Et c'est pour ça que j'ai toujours dit il faut être méfiant avec le je te crois parce que le problème du je te crois et je comprends qu'il soit militant mais judiciairement il écarte la justice du processus.

C'est parce qu'on a refusé de dire "Je t'écoute" qu'on est arrivé à "Je te crois". Mais il faut absolument que dans notre œuvre collective, on revienne au je "Je t'écoute parce que le je te crois, il est acceptable de façon militante, médiatiquement, il ne l'est déjà plus à mon sens et judiciairement, il serait catastrophique et ce serait un déni de justice." J'en ai fini ici.

Merci. Merci beaucoup Jade. Tu l'as dit, le monde judiciaire est en train de changer.

Il y a encore beaucoup à faire et la Fondation des femmes a beaucoup travaillé sur le sujet avec d'autres associations féministes et notamment sur la loi intégrale. Euh et donc ma question pour pour Floriane, c'est quelles sont les failles que vous avez identifié ? Quels sont les moyens que vous avez trouvé et que vous portez pour y remédier ?

Et puis bien sûr, si tu veux intervenir sur les précédentes interventions, c'est libre à toi. Merci, ça marche. Euh, bonjour à toutes et à tous.

Merci beaucoup pour cette invitation et merci encore Manon pour ton témoignage. simplement revenir avant de parler sur le voilà, il y a une ligne d'écoute animée par le collectif féministe contre le viol quand qui peut être utile quand ce témoignage raisonn en nous quelque chose 0800 05 95 ça fait 40 ans qu'elles écoutent des victimes de viol jeh [Musique] alors donc culture du viol justice complice simplement aussi pour revenir ce que disait Jade je crois aussi que aujourd'hui le les associations féministes et même de manière générale le la société française sur la la philosophie pénale et la philosophie qui anime la justice on n'est pas en en désaccord et je suis tout à fait d'accord avec ce qui vient d'être dit le seul notre le sujet aujourd'hui en France c'est qu'en fait la la justice française et on l'a bien entendu elle fait défaut aux victimes. Elle ne fait plus œuvre de justice pour pour les victimes de violence sexuelle.

La réalité euh glaçante, quand on parle de violence sexuelle, on l'a dit hein, c'est que la plupart des victimes ne portent pas plainte et que lorsqu'elles porte plainte euh 94 % des plaintes pour viol sont classées sans suite. Des classements sans derrière un classement sans suite, c'est un agresseur qui recommence. Euh cette impunité, elle est euh elle est dans les on la voit dans les chiffres et vraiment aujourd'hui elle est permise par les failles de notre système judiciaire euh français par son manque de moyens, par euh les préjugés sexistes qui euh persévrent qui qu'on entend encore dans la justice, le manque de formation des professionnels de justice, de tous les professionnels de justice.

On a parlé de la défense, on parle des juges, des experts bien sûr, des des psychologues par des conditions d'accueil qui sont inégales et éprouvantes pour les victimes dans les dans les commissariats de gendarmerie aujourd'hui. Voilà, en matière de violence faite aux femmes de manière générale, il y a des endroits où ça se passe très bien et il y a des endroits où ça se passe très mal. Et cette inégalité, c'est pas possible pour que les pour les victimes de violence sexuelle de jouer à la loterie.

Euh et enfin des délais aussi. Enfin voilà, il y a toute une série de de facteurs hein pour que cette justice soit défaillante. On en a déjà beaucoup parlé.

Euh des délais aussi de d'enregistrement très longs pour les victimes qui à la fois impactent la collecte de preuves et euh et aussi même la vie des victimes pendant l'enquête quand on a porté plainte et queon a euh pas de réponse euh des enquêteurs de la police de la justice parce qu'elle a pas de moyen parce que la réalité c'est que les enquêtes elles sont baclées. C'est pour ça qu'on a 94 % de classement sans suite. Et ben quand on est victime le temps est très long.

Euh un exemple simple parce que la loi intégrale contre les violences sexuelles, elle concerne les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants. Elle rassemble des organisations féministes et ensinvantistes. Et c'est très important et assez unique de prendre ce euh ce nouveau prisme.

Quand on porte plainte parce que son enfant a été euh victime d'un animateur de l'école par exemple. Voilà, comme ça peut malheureusement arriver et ben plus rien ne se passe. On porte plantes et plus rien ne se passe et tous les jours on doit emmener son enfant à l'école où il y a cet animateur.

Et ça c'est aussi voilà aujourd'hui la justice et le système judiciaire fabrique des fabriquent de l'impunité. Ce qu'il faut savoir depuis mitou c'est qu'on a vraiment dit aux victimes d'aller porter plainte et on a vu cette augmentation de de plainte. Les faits enregistrés pour violence sexuelle ont explosé depuis 2017 entre 2017 et 2023.

C'est plus 282 % de feu enregistrés, plus de 152 % de plaintes pour viol, mais toujours une justice qui peine à juger les viols avec 1 % des viols qui aboutissent à une condamnation. Donc, on nous dit allez porter plainte mais finalement c'est un abandon organisé. Je vais pas revenir beaucoup sur l'affaire puisqu'on en a beaucoup parlé.

Simplement une réflexion supplémentaire à apporter sur l'affaire, c'est que c'était donc une justice, on l'a vu patriarcale et sexiste et aussi une forme de justice de seconde zone fait qui a pas été tant soulevé que ça dans l'affaire maison. Mais finalement c'est un procès dont on a il y a des chiffres voilà la fondation des femmes, on a vu que 70 % des françaises et des Français estiment que le procès ma changé les mentalités en matière de violence sexuelle. Et pourtant ce procès, il ne s'est pas tenu devant une cour d'assise.

Et c'est pas anodin, il s'est tenu devant une cour criminelle départementale. Les cours criminelles départementales, je sais pas si vous êtes familier, c'est une nouvelle des nouvelles formes de justice qui ont été mises en place pour répondre justement à euh ce stock grandissant de plainte pour violence sexuelle. On nous a dit ce sera plus des cours d'assise, il y aura plus de juris populaire, il y aura des juges mieux formés, ils vont mieux juger.

En réalité, ce qui s'est passé, c'est simplement qu'ils ont jugé plus vite. Et on il y a des évaluations de ces cours criminelles départementales qui ont été faites. Euh on gagne une après-midi de jugement.

Alors c'est certes, c'est du temps, c'est c'est de l'efficacité logistique. Et en fait là aujourd'hui, c'est aussi ce que je veux dire, c'est que nous on plaide pour une justice qui se réconcilie avec les citoyens et les citoyennes. Les Français demandent vraiment de de l'action en matière de justice et voit bien que cette impunité et qu'il y a vraiment un problème et des défaillances de la justice face aux questions de violence sexuelle.

Et en fait en face la logique politique, elle est sur de la logique de stock, elle est sur de la logique de rapidité et ça pose vraiment des problèmes justement en terme philosophique d'accès à la justice parce que finalement qu'est-ce qu'on juge devant les cours criminels départementales aujourd'hui ? Je crois que c'est 85 % qui sont des affaires de viol. Et les affaires de viol, dans 90 % des cas, les victimes sont des femmes.

Donc en fait, on a aussi une justice à à deux vitesses. On a une justice différent pour la justice des femmes. Euh c'est un peu enfin finalement on se retrouve avec une une justice un peu de déstockage.

Et la difficulté aussi c'est que c'est une forme de de correctionnalisation avant les cours criminales départementales. Elles ont essayé instaurées pour répondre à cette critique de la correctionnalisation. C'estàd que quand on pouvait pas poursuivre pour vie, alors moi je suis pas avocate de pénaliste, donc je dis peut-être les mauvais mots.

Euh mais euh finalement la justice pour aller plus vite, retenez pour agression, on retenait agression sexuelle, ça allait, on allait devant un tribunal, c'était plus rapide. Et ce qui se passe aujourd'hui avec la cours criminelle départemental, c'est une correctionnalisation qui ne dit pas son nom puisque les cours criminelles départementales, elles sont censées juger que les viols les moins graves, si je peux je me laisserai je laisserai me corriger, euh et notamment uniquement les viols qui sont passibles de 20 ans de prison. C'estàd que toutes les dès qu'il y a des circonstances aggravantes et qu'on est sur une peine de 30 ans, normalement c'est en cours d'assis.

Or, on a pu voir, il y a une affaire très importante euh qui a eu enfin une décision très importante de la Cour deocation qui a eu lieu il y a il y a quelques temps. Euh s'agissant, vous avez certainement en tête les la les affaires de l'industrie porno porn pornographique euh pour lesquelles je sais qu'il y a Céline Pic et plusieurs des associations qui sont se tiennent au côté des victimes. C'est un un procès voilà un autre procès qui j'espère saura changer les mentalités dans cette affaire.

Si vous êtes familier de l'affaire, si vous avez lu articles notamment du monde qui racontent les faits dont il est question, il y a pas de doute qu'on est face à des au minimum des des viols avec caractéristiques sexistes, racistes et aussi on est face à des actes de torture et de barbarie. Et pourtant, la justice a écarté dans un premier temps ces circonstances aggravantes pour permettre de juger ses viols face à la dans une cour criminal départementale. Heureusement, cette décision a été contestée par les avocates des victimes et la Courte de cassation a voilà, ça sera effectivement jugé en cours d'assis et je pense qu'il faut vraiment se poser la question de pourquoi ces affaires qui sont si emblématiques, qui aujourd'hui vraiment bouleversent la la société se retrouve dans une justice un peu plus un peu moins grande et moins avec moins de solité que des affaires criminels autres.

C'était également le cas de l'affaire Joël le Squarnac où il y avait 290 victimes. Euh et je pense que c'est vraiment des questions. Et pourquoi je voulais en parler ?

Parce qu'en fait la tendance, elle est vraiment pas rassurante. Aujourd'hui, depuis euh quelques mois, le garde des sa Gérald d'Armanin parle euh de réforme qu'il appelle révolutionnaire en matière criminelle. il souhaite étendre et aller encore plus au recours avoir encore plus recours à à ses cours criminels départementales et il souhaite aussi aller vers une forme de plaidé découpable y compris en matière de viol ce qui est ce qui fait qu'on vraiment s'oriente vers une sorte de fuite en avant c'estàd qu'au lieu de renforcer la justice dont on a tellement parlé des failles ici finalement peut-être qu'on arrivera à négocier des viols dans des couloirs comme en effaçant la dimension collective et systémique de de ces de ces actes.

Alors maintenant qu'on a parlé des problèmes, une solution, la loi intégrale contre les violences sexuelles. Donc on l'a vu face à cette impunité, vraiment cette prétque de l'impunité, on est plusieurs organisations féministes de défense de droits de l'enfant, des syndicats, des ONG, donc par exemple la CGT, il y a Oxfemme, il y a toutes les grandes organisations féministes, les réseaux nationaux euh oser le féminisme, euh le planning familial, la Fédération Solidarité FM qui se sont réunis. C'est vraiment pas une idée isolée, c'est une idée générale pour proposer une plateforme de loi intégral contre les violences sexuelles.

Pourquoi intégrales ? Parce qu'elle doit répondre à l'intégralité des des sujets et vraiment prendre de front ce problème de l'impunité qui est aujourd'hui irrigue toute notre société. Donc à la fois, je vais pas revenir dessus parce que le sujet c'est la justice, mais on a évidemment des axes pour mieux prévenir, mieux éduquer face aux violences sexuelles et surtout euh dans les recommandations qu'on porte, il y a beaucoup de choses pour améliorer le parcours judiciaire euh des victimes et euh mieux juger parce que l'acte aujourd'hui c'est comment on fait en sorte qu'il y ait une réconciliation entre les citoyens histu ici qu'il faut saisir.

Donc on a 140 mesures qui viennent faciliter les plaintes, améliorer les enquêtes. Alors nous dans les propositions, on porte le fait de pas poser de questions sur le passé sexuel de la de la victime. On pensait notamment à l'affaire du 36 où ça pouvait être complètement à la fois pas du tout pertinent pour le viol en question qui est jugé et très victimisant. euh revenir sur euh annuler les enfin mettre fin aux pratiques de revictimisation, donc notamment les confrontations.

Euh d'autres choses évidemment instaurer des euh des cours d'assis spécialisé, sécuriser et faire en sorte qu'on ait une justice finalement euh qui soigne, qui prenne soin, qui euh favorise le parcours judiciaire et que ce soit plus ce parcours d'une combattante. Parce qu'en fait quand on a 94 % des viols qui sont classés ensuite, sachant qu'il y a si peu à la base de victimes qui porte plantes, c'est vraiment qu'on décourage tous les victime de viol d'aller porter plantes. Or, je crois que tout le monde a envie d'avoir confiance en la justice.

Euh alors, dernier point pour aller rapidement, c'est une loi intégrale qui se fera pas sans budget évidemment aujourd'hui aussi. Pourquoi cette justice, elle est aussi elle malmène autant les victimes ? C'est parce qu'en fait, elle n'a pas les moyens de faire son travail.

Les enquêtes sont bacelées parce qu'on manque de brigades spécialisées. On en a une par département, c'est largement peu suffisant quand on sait que je pense que les violences sexuelles, c'est peut-être ce qui est le plus les délits les plus communs au final vécus par les personnes. Euh et l'État ne met pas euh les moyens suffisances.

On avait euh chiffré qu'il faudrait au minimum 344 millions d'euros pour une politique de lutte contre les violences sexuelles ambitieuses. Et aujourd'hui, l'État met, je crois, 12 millions d'euros, donc 0,03 % du budget de l'État. Or en fait, on nous dit toujours qu' il y a jamais de moyen pour les victimes de violence sexuelle, mais le fait de pas mettre cet argent, c'est aussi recréer des générations de de vie détruites et des générations traumatisées.

Et donc cette action politique qui a été lancée il y a 1 an, elle est vraiment populaire et demandée. On y a passé récemment le cap des 100000 signatures sur la sur la pétition et puis il y a euh une coalition de de parlementaires emmené notamment par des parlementaires socialistes. Céierbo Martinez, pour Amir Chai, Laurence Rossignol, Corine Rassigan, enfin qui est beaucoup de donc 80 parlementaires de tout bord mais avec vra une vraiment impulsion des des parlementaires socialistes qui se sont saisis de ces 140 mesures pour les traduire en loi.

Et nous ce que moi ce que je suis venu dire, c'est que c'est vraiment un objet politique la loi intégrale contre les violences sexuelles dont on attend que chacun se se saisisse. En 2025, 67 % des Français estiment que la lutte contre l'impunité des agresseurs sexuels est vraiment une des priorités. C'est le le résultat d'un baromètre fait par la fondation des FM en mars et on a en réponse et on a cette faillite de la justice et on vous demande voilà, on a cet objet politique fort et rassembleur et porter porteur d'espoir dont on vous invite à vous saisir.

La constitutionnalisation de l'IVG nous a donné une leçon, c'est que un on avance et on gagne des choses. Et voilà, on demande enfin moi ce que je suis venue aussi, c'est vous demander de vous saisir personnellement de cette demande pour une loi intégrale donc enseignant les pétitions mais aussi évidemment collectivement de de toutes ces mesures qui sont fabriquées par les experts. Et l'enjeu, on l'a dit, c'est enfin je l'ai redit et je le redirai, c'est vraiment de comment on réconcilie les Français et les Françaises avec cette justice qui fait tellement défaut aux victimes de violence sexuelle.

Merci. Merci beaucoup. Merci.

Merci Floriane. Merci Floriane pour cette présentation et tout le travail mené avec la Fondation des femmes. C'est précieux. tu le dis, le chemin est encore long mais c'est aussi grâce à vous qu'on arrive à faire porter des sujets.

Ben, on est aux universités d'été du PS, donc on va parler aussi politique. Et nous avons parmi nous Emma Rafovic. Euh Emma, on a parlé euh de beaucoup de choses, on a parlé de de notamment beaucoup de problématiques, mais aussi de pistes de solutions.

Euh on a parlé de consentement, de suppression, de l'expertise psychologique, de victimisation secondaire, euh de cours d'assise spécialisé. Euh, j'aimerais avoir ton ton sentiment global et et plusieurs questions. Tu es député européenne euh d'une que peu l'Europe euh dans la dans la la les questions de traitement du viol en France et en Europe et euh et que pouvons nous porter euh politiquement au sein du PS pour pour améliorer la prise en charge et et le traitement des victimes de viol dans les procédures judiciaires ?

Merci beaucoup Alexandra. J'aimerais déjà commencer en vous remerciant toutes évidemment pour vos prises de parole avec un mot particulier pour vous, pour toi Manon. Je pense parler au nom de tout le monde ici en disant je crois que ce que tu as dit, ce que ton histoire, mais surtout la force de ton témoignage nous a profondément bouleversé et au-delà évidemment d'être touché à tes côtés et pleinement solidaire de ton récit et de ce que tu nous as raconté, de tes émotions, je crois surtout que c'est un moment qui nous appelle à beaucoup de force et à beaucoup de volonté politique.

Donc j'aimerais te remercier. Il y en a ils sont rares les moments aussi forts que celui-ci à Blois et il n'est pas aisé de prendre la suite d'un d'un tel discours, de tels mots. Et donc très très sincèrement merci beaucoup To. sait que euh où que soit notre action, dans quelle ville, dans quelle section, dans quelle fédération socialiste, dans quel hémicycle qu'il soit national, municipal, régional, départemental ou européen, euh tes mots nous accompagneront et nous donneront, je crois, beaucoup de force pour agir, je l'espère, avec efficacité contre les violences sexistes et sexuelles.

Merci à toi. Merci évidemment à Alexandra et à l'ensemble du secrétariat national à l'égalité pour l'organisation de ces tables rondes. Moi, j'avais peut-être envie de rebondir sur l'une des premières phrases que vous avez prononcé lors concernant le le titre de cette table ronde parce que je crois que c'est intéressant justement de savoir de quoi on parle et pourquoi est-ce qu'on parle ensemble. et pourquoi ces titres nous nous parlent et nous font réagir.

Et je pense que c'est sans doute aussi parce que ce titre a intéresser beaucoup de gens queon est aussi nombreux dans cette salle aujourd'hui. Vous avez parlé de ce procès par rapport au termes de justice complice et j'ai trouvé ça intéressant et finalement ce que j'ai trouvé être une des meilleure réponse à à votre interrogation était sans doute dans ce qu'a dit Jad sur finalement ce qui était singuli dans ce moment de Mazant à savoir que c'était une société entière qui se retrouvait face à elle-même face à ses dérives et il faut le dire parfois avec un sentiment d'impuissance d'impuissance face à des domination d'impuissance face Alors moi, je n'aime pas vraiment le terme de monstre. Je l'avoue.

C'est pas tout à fait mes ma manière de parler, de penser. Comment est-ce qu'on agit et comment est-ce que finalement on est fort et comment est-ce qu'on arrive à changer en tant que société face à quelque chose qui paraît inimaginable et pleinement fou. Et moi je me souviens quand ce procès a commencé déjà et là c'est mon regard peut-être justement européen par rapport à la question que tu as posé Alexandra que ce procès on en a parlé partout partout dans nos familles dans nos réunions politiques, dans notre actualité de tous les jours et moi au Parlement européen c'est un procès dont on a parlé partout en commission femme où j'ai l'honneur de siéger.

Je suis la seule députée européenne de notre délégation à être dans cette commission pour les droits des femmes et pour l'égalité. Le sujet est tout de suite arrivé. Mais qu'est-ce qui se passe ?

Comment est-ce que vous agissez ? Qu'est-ce qu'est-ce qui s'est passé exactement avec une forme euh de sidération des députés européens qui découvraient avec nous évidemment l'ampleur de l'horreur mais aussi d'ailleurs l'ampleur du courage de lespicaux ? Je pense que c'est ce parallèle et ces deux choses-là à la fois qui ont fait que ce moment est devenu un moment profondément politique pour notre société et qui nous a amené à nous poser plein de questions.

Je pense aussi d'ailleurs que quand on parle de ce procès et et des différentes peines, parce que c'est aussi de ça dont on parle souvent à la fin, en réalité le sujet n'était plus tellement celui-là à la fin du process. C'était pas le sujet des peines à combien de d'années, combien de les les coupables étaient condamnés, mais c'était plutôt comment est-ce qu'en tant que société on peut éviter que ça arrive à nouveau et comment est-ce qu'on peut collectivement être prêt en tant que société pour affronter les violences d' sexité sexuelles qui ne vont pas disparaître, mais comment est-ce qu'on peut finalement parler d'égalité, parler de consentement, comment est-ce qu'on peut en effet travailler sur toutes ces jugesl ? comment est-ce qu'ussi on peut donner plus de place et plus de pouvoir et plus de capacité d'agir à la justice ?

Parce que moi je me souviens aussi que euh la juge qui a mené euh l'instruction de ce procès, elle l'avait dit même à la barre euh que euh quand elle a reçu le dossier concernant euh les viols de Giselle Pélico, elle avait 90 autres dossiers qu'elle devait mettre en instruction en même temps et que elle avait exceptionnellement demandé à des collègues à elle si certains pouvaient être pris en charge parce que finalement elle ne se sentait pas, elle était tellement surchargée. Il y a eu ce moment-là assez fort finalement où on s'est rendu compte aussi que la justice, au-delà de la manière d'ailleurs dont on qualifie euh les avocat de la défense et ça, mais parfois était face aussi à un manque de moyen structurant. Et je rejoins pleinement ce qu'on a dit.

Si on veut une justice qui fonctionne, et bien il faut prendre conscience que comme tout service public, il faut des moyens à la hauteur et qu'aujourd'hui ce n'est pas à la hauteur. Quand on parle d'autres pays européens et de voir là où parfois les choses sont plus efficaces concernant la lutte contre la violence sexuelle, évidemment, on parle souvent nous de l'Espagne et de ce qui a été mené notamment par le gouvernement de Pro Sanchez. La réalité c'est que l'axe principal de la politique de préopançaise en matière de lutte contre les violences et sexuelles, c'est de l'investissement et c'est de dire qu'il faut des moyens pour lutter contre les violences, que il ne suffit pas d'un changement de définition, qu'il ne suffit pas d'un changement ou d'amendement à certains articles de loi, mais qu'il faut des moyens et que la réalité, c'est qu'on ne peut pas exiger autre chose aujourd'hui.

Suite. Moi je crois que effectivement ce procès a posé beaucoup de nouvelles questions dans le débat public y compris pour nous d'ailleurs et nous a amené à nous questionner sur ce qu'on pouvait dire. Qu'est-ce que finalement nous pouvions dire nous en tant que socialiste ? et et je vous remercie pour le travail qui a été mené sur la loi intégrale.

Je pense que c'est vraiment fondamental sur par exemple les nouvelles proposition à faire sur quoi est-ce qu'on pouvait faire des bouger et évidemment est arrivé au Parlement européen tout le débat autour du consentement et de l'introduction de la notion de consentement dans la définition européenne du viol. Pour revenir peut-être sur ce sujet, moi je ne crois pas qu'une seule modification de la loi d'une définition juridique va changer en tant que tel le paradigme qui touche aujourd'hui dans la société la lutte contre les violences sexuelles. Par contre, je crois oui que nous avons besoin de cette notion de consentement aujourd'hui. nous en avons besoin à la fois parce que je pense très sincèrement que y compris quand nous avons tous écouté le récit de Manon, mais quand nous entendons tous les jours des récits de femmes qui nous parlent de des violences qu'elles ont subis, je pense que cette notion de consentement, elle est profondément importante et qu'elle nous permet aussi d'être plus efficace notre réponse à la fois juridique mais aussi sociale et politique à ce fait de société que sont les violences.

Et donc je sais que c'est un débat mais moi je suis favorable à ce qu'on le porte. D'ailleurs, il faut le dire, au Parlement européen et au niveau européen, c'était Emmanuel Macron qui avait bloqué euh qui avait bloqué à l'époque avec Victor Orban et d'autres chefs d'État le changement de cette définition au niveau européen. C'est la pression publique euh de certains faits de société, notamment les procès de Maon qui ont amené Emmanuel Macron à exprimer un une position avec un revirement avec cependant euh, vous le savez la constance d'Emmanuel Macron.

Donc, on ne sait pas exactement où est-ce que ça va aller à la fin. Moi en tout cas, je pense que c'est un sujet que nous nous devons porter avec force. Pourquoi ? parce que ce n'est pas uniquement une question juridique, mais c'est aussi, je le pense, un tournant dans la conception sociale du viol que nous avons.

Nous ne pouvons pas uniquement penser que les violeurs, et ça d'ailleurs été, je pense, un des chocs du procès de Mazan, ne sont que finalement des hommes qui se trouvent dans des ruelles sombres et qui prennent par surprise leurs victimes. La majorité des violeurs sont des hommes qui sont connus de leurs victimes, qui aussi, il faut le dire, ne sont pas dans les clichés qui parfois sont relayés par le patriarcat. Quand on parle uniquement finalement dans de ces manières-là, la réalité c'est qu'on on loupe quelque chose et je pense que ça fait partie des raisons pour lesquelles finalement à la fin il n'y a qu'un % euh des viols qui sont également condamnés. ce que vous évoquiez.

Je crois que on a quelque chose à faire de puissant aux par socialistes pour finalement être bien plus efficace. Je pense que ça passe par ces deux volets, mais aucun ne doit être négligé et moi je n'aimerais pas qu'on pense que la définition du viol ou même d'ailleurs la question d'introduction de nouvelles règles juridiques soit un élément suffisant pour régler la question de la lutte contre les violences. Les associations demandent 1 milliard ou 2 milliards, je ça a changé 3 milliards.

Non, je je 3 milliards. Et je pense que c'est important. Il faut aujourd'hui l'écouter.

C'est une question de moyens, c'est une question de définition de d'outils juridiques et ensuite c'est une question de d'appropriation politique de ces sujets. Aux Parti socialistes, nous devons porter la question de la lutte contre les violences sexuelles. Nous devons porter la question de l'égalité entre les femmes et les hommes comme une question absolument prioritaire.

Jamais nous ne pouvons traiter cette question et je suis heureuse parce que d'ailleurs cette édition de Blois le montre grâce au travail du secrétariat national à l'égalité. Cette question n'est pas une question accessoire. Ce n'est pas les deux dernières mesures d'un programme, la lutte contre les violences sexuelles, tout comme d'autres sujets, mais l'égalité entre les femmes et les hommes, c'est pour nous une question structurante du projet politique socialiste.

On ne peut pas penser que le socialisme en 2025 ou le socialisme demain en 2027 dans le projet qui nous amènera à la présidentielle, potentiellement à des législatives avant encore au municipal peut se faire en mettant les femmes et la question de l'égalité dans le titre 5 d'un programme qui viendra finalement entre les rues ou je sais quel autre sujet. La question de l'égalité, elle traverse tout. Elle traverse tout.

Elle traverse aussi nos pratiques en interne et je me permets de le dire parce que je sais que c'est aussi le travail qui a été mené, c'est de dire que comme il faut un une loi intégrale, il faut aussi un travail exemplaire intégral à l'intérieur de nos organisations. Quand on voit les travaux qui ont été menés pour lutter contre les violences à l'intérieur de nos organisations, puisque aucune n'estrire dans l'absolu et que tout peut arriver y compris chez nous, je pense sincèrement que nous avons encore du chemin à faire. Tout n'est pas terminé. mais euh que nous allons dans le bon sens.

Euh mais j'aimerais qu'on puisse se dire aux partis socialistes que euh quand on va porter nos projets politiques dans toutes les élections à venir déjà je pense qu'on si on doit être uniquement cynique parce que nous ne sommes jamais si on doit être uniquement cynique je pense qu'aujourd'hui plus aucun citoyen, plus aucune citoyenne ne regarderait la gauche sérieusement dans les yeux si elle oubliait 52 % de la population et les femmes. Ensuite, je pense que après avoir fait le temps des femmes et je me permets d'heur de saluer aussi toutes les secrétaires fédérales qui ont travaillé sur sur ce projet, si on ne se donnait pas les moyens d'être exemplaire sur l'égalité, sur notre projet féministe de transformation radicale de la société pour faire en sorte que les citoyennes françaises soient les égals des citoyens français, et bien on raterait quelques quelque chose qui finalement nous enlèverait et nous nous écarterait de notre idéal. Nous, on est socialiste, on dit qu'on va on part du réel pour aller jusqu'à l'idéal et ben l'égalité entre les femmes et les hommes, c'est un idéal dont on ne peut pas se défaire.

Merci pour cette table ronde vraiment passionnante. Merci euh merci, merci à vous. Merci à tous et toutes pour votre attention.

Euh vous savez, on a un programme très très chargé et une actuelle actualité politique qui a encore plus bouleversé notre programme d'université université d'été. Euh donc malheureusement, je pourrais pas euh passer sur on est obligé de terminer à 15h30. Donc on va pas pouvoir passer à à des phases de questions-réponses, mais on est toutes et toutes à votre disposition.

Je sais pas si certains d'entre vous voulent peut-être donner un petit mot de la fin ou interagir sur ce qui a été dit. Bon euh bah je vous remercie pour votre attention euh et Emma sois-en sûr le Parti socialiste et à travers lui le secrétariat national sera présent pour toujours continuer ses combats et à votre disposition aussi si vous avez la moindre question. Merci. [Applaudissements] Tu as le titre Et là aussi

🔴 Mazan : culture du viol, justice complice ? - #CamPuS2025 — Emma Rafowicz · Pourquijevote