Fabien Roussel : L'interview face cachée (Présidentielle 2022)
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Salut, c'est Hugo. Aujourd'hui, c'est au tour de Fabien Roussel, le candidat du Parti communiste français, de se prêter à l'exercice de mon interview face cachée. Il a d'abord été journaliste avant de s'engager en politique au Parti communiste français et devenir député du Nord en 2017. C'est la première fois qu'il se présente à l'élection présidentielle et c'est aussi la première fois depuis 2007 que le Parti communiste français présente un candidat. En effet, en 2012 et en 2017, le parti avait soutenu Jean-Luc Mélenchon, ce qui n'est pas le cas cette année.
Dans l'interview face cachée, vous l'avez vu avec les autres candidats, Fabien Roussel fait face à un écran géant sur lequel défilent des émojis. Il y a plusieurs reprises. Pendant l'interview, il va appuyer sur un buzzer pour que la roue s'arrête sur un émoji. La face cachée de chacun des émojis va révéler différents éléments qui seront à chaque fois le point de départ de questions de fond concernant son programme et concernant sa vision de la France. Alors évidemment, n'hésitez pas à vous abonner à cette chaîne YouTube pour nous soutenir et ne pas louper les interviews suivantes ainsi que les présentations des programmes des candidats et les autres vidéos qu'on fait plus généralement.
Je vous laisse avec la vidéo. Bonjour Fabien Roussel. Bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation. Est-ce que les règles sont claires ?
C'est clair.
On va pouvoir démarrer du coup. On va pouvoir démarrer sans plus tarder. Je vous invite à appuyer sur le buzzer. Non, ça va. En fait, il y a toujours un délai et ça s'arrête sur un premier émoji. C'est une affiche ou une image qui va apparaître. On va la découvrir ensemble. C'est en l'occurrence, vous le voyez très bien, votre affiche de campagne. Fabien Roussel, le défi des jours heureux, c'est un slogan que vous avez porté ici. Déjà, qu'est-ce que ça veut dire, le défi des jours heureux ?
Ça, c'est la première affiche, la première fois que l'on décide au mois de mai, décide de mettre le défi des jours heureux. Les jours heureux parce qu'on s'est dit, quand même, il y en a marre de subir à chaque fois des réformes difficiles que l'on demande aux Français et on a besoin de réformes heureuses. Voilà. Et dans cette campagne, on entend déjà ceux qui disent, vous travaillerez plus, c'est vous qui paierez, attention, il y a la dette. Nous, on dit, il y a suffisamment de richesses pour mettre en place des réformes heureuses. Donc, c'est le droit au bonheur.
C'est une référence au Conseil national de la résistance et le programme des jours heureux qui a été conçu en 1944.
C'est aussi ça. Je sais qu'en utilisant ce slogan, en choisissant ça, ça va parler aux anciens, à ceux qui connaissent un peu l'histoire, le Conseil national de la résistance a écrit le programme des jours heureux. Ils l'ont écrit à plusieurs mains. Il y avait des gaullistes, il y avait des communistes, il y avait tous ceux qui se sont engagés dans la résistance. En même temps qu'ils tenaient la mitraillette, ils écrivaient la reconstruction de la France. Et c'est ce programme-là qui a fait les 30 glorieuses. Et donc, on a pris ça.
Mais je sais aussi, pour tous les jeunes, pour qui ça ne veut rien dire, parce qu'ils n'ont pas cette référence au CNR, en fait, avec cette pandémie, j'en entends qui me disent « mais on a besoin de respirer, on a besoin de croire au bonheur, on en a envie ». Donc c'était aussi ça.
Et comme pour tous les candidats à l'élection présidentielle, on va rentrer dans le détail de votre programme, mais vous êtes à la tête du Parti communiste français. Ça veut dire quoi, être communiste, aujourd'hui, en France, selon vous ?
Le Parti communiste français, il a ses racines ici et il a une histoire dans notre pays qui est longue, qui date d'un siècle. Il est... Notre idéal est un idéal de justice, de partage et de solidarité. Ce que l'on met, ce que je mets derrière le Parti communiste français, c'est autant les congés payés, les grandes conquêtes sociales, la reconstruction de la France, la résistance, mais c'est aussi les luttes contre la décolonisation, contre l'apartheid, pour l'indépendance de l'Algérie. C'est tout ça à la fois. C'est un parti pour la paix internationaliste, mais aussi toujours aux côtés du monde du travail.
Et pour bien comprendre, c'est un courant de pensée, évidemment, politique, qui vient notamment s'opposer au capitalisme. On a eu l'occasion de recevoir un certain nombre de candidats à l'élection présidentielle à gauche ou à l'extrême-gauche, notamment Nathalie Arthaud ou encore Philippe Poutou, qui eux-mêmes se disent communistes. Nathalie Arthaud se dit communiste révolutionnaire. Est-ce que vous souhaitez sortir complètement du capitalisme ?
Je pense que ce système économique est à bout de souffle. Il faut en sortir complètement. Il a... Je vais... Pour vous... Le capitalisme en France, celui notamment qui a poussé à l'industrialisation à la fin du 19e, au début du 20e, a certainement permis des progrès dans le pays, mais en même temps, il a provoqué beaucoup d'exploitation et de souffrance pour les Français. Aujourd'hui, au 21e siècle, quand on voit qu'il faut sauver le climat, sauver la planète, eh bien, nous disons qu'il est urgent de sortir. Il est urgent de sortir de ce système dont la seule logique, c'est la course au profit. C'est l'argent à tout prix.
Eh bien, nous, nous disons qu'il faut mettre l'être humain et la planète au cœur de toutes les logiques politiques.
Et ça passe par quoi, concrètement, en termes de grandes mesures, grands gestes ? On ne va pas rentrer dans les détails après, mais...
Non, mais ça repose sur deux principes. Deux, c'est bien sûr mieux répartir les richesses. Et ça, c'est ce que nous sommes nombreux à dire à gauche. Mieux répartir les richesses. C'est-à-dire, c'est pas normal qu'on distribue des dividendes. Nous, on nous demande de nous serrer la ceinture. Donc ça, c'est la répartition des richesses. C'est l'ISF qu'il faut rétablir, c'est tout ça. Mais nous, nous disons autre chose. C'est que les richesses, nous voulons les produire autrement. Et ça, c'est fondamental. Parce que, justement, au nom des urgences sociales, au nom des urgences climatiques, nous ne pouvons plus produire de la même manière. Il faut respecter le vivant.
Il faut respecter l'être humain. Il faut respecter la biodiversité. Il faut respecter les ressources naturelles. Donc, nous voulons produire autrement. Et pour ça, on veut se réapproprier nos moyens de production. On veut donner des pouvoirs, des nouveaux pouvoirs aux salariés dans les entreprises.
On aura l'occasion, je pense, d'en reparler pendant cette interview. On va passer, du coup, à la question suivante. Pour ça, je vous invite à appuyer sur le buzzer. Ça va ralentir progressivement et ça va s'arrêter. Le monde. Cette fois-ci, sur le monde ou une carte. C'est l'émoji carte, précisément. Derrière ça, on va découvrir donc une carte. Vous le voyez ici. C'est une carte issue. En l'occurrence, de l'AFP, l'agence France Presse. On va simplifier un peu ce qu'on voit sur cette carte pour ceux qui nous regardent et qui essaient de comprendre avec nous. Ce qu'on voit ici, c'est l'âge des réacteurs nucléaires en France. C'est une carte réalisée par l'AFP en 2021.
Qu'est-ce que déjà vous constatez de votre côté en regardant ça ?
D'abord, que nous avons un parc de centrales nucléaires important sur notre pays et que c'est plutôt une chance. Parce que c'est grâce à ça que nous avons 75 % de notre production. C'est une production d'électricité qui est décarbonée, qui est pilotable. Ça veut dire que quand on en a besoin, on appuie sur un bouton et deux heures après, on a l'électricité qui permet de répondre aux besoins. Quand on branche les voitures tous ensemble le soir, quand il y a un grand coup de froid, on ne dépend pas ni de l'éolien, ni du solaire, ni d'autres pays en cas de guerre. C'est important. Et donc, c'est pour moi important.
Après, je vois et là, je vois à travers cette carte qu'il y a des réacteurs vieux qui ont plus de 41 ans. Et donc, la deuxième chose...
Alors qu'à l'origine, ils étaient construits en général pour vivre entre 30 à 40 ans. Et là, certains...
Ce qui me fait dire qu'il est urgent, important d'investir dans la modernisation de ce parc, dans l'installation de nouveaux réacteurs, pour justement pouvoir et sécuriser, sécuriser avec de nouvelles centrales, neuves, modernes, mais aussi pouvoir sortir des énergies fossiles. Si on veut ne plus utiliser le charbon... Le pétrole et même le gaz à terme, il va falloir produire plus d'électricité. Même si on fait de la sobriété énergétique, il va falloir produire plus pour remplacer toutes ces énergies.
Et c'est là une différence majeure, pour bien comprendre votre programme, par rapport à d'autres candidats. À gauche, par exemple, il y a notamment Yannick Jadot, le candidat du parti Europe Écologie des Verts, qui explique, notamment, il a eu l'occasion de venir là aussi sur cette chaîne, qui explique qu'un réacteur qui vieillit peut potentiellement exploser, que ça peut être une région entière qui peut se retrouver désastrée. L'enjeu de la sécurité, c'est un argument qui est avancé par beaucoup à gauche pour sortir du nucléaire. Qu'est-ce que vous répondez à cet enjeu-là ?
Je dis que c'est un vrai enjeu. Ils ont raison, c'est hyper important. Et que, justement, il faut avoir confiance dans nos ingénieurs, dans nos techniciens, dans nos compétences françaises en matière nucléaire. D'ailleurs, faute d'avoir investi ces dernières années, on voit comment on a eu du mal à faire Flamanville et que ça nous coûte un bras parce qu'on n'a pas assez investi dans ces compétences. Malgré tout, dans celles qui existent et que j'ai eu l'occasion d'exister, moi, je fais confiance à ceux qui sont là-bas, il faut investir dans la sûreté, dans la sécurité et donc dans la formation. Et on ne doit pas jouer avec ça.
Il n'y a jamais eu d'incident majeur dans notre pays, heureusement. Et donc, il ne doit y avoir aucun risque de prix en matière de sécurité. Et donc, ce sont des investissements à faire, humains, matériels, pour justement garantir une stricte sécurité.
Un autre argument avancé par ceux qui sont favorables à la sortie progressive du nucléaire, ils sont nombreux à gauche, c'est la question des déchets radioactifs dont on ne sait pas, dans certains cas, se débarrasser. Comment est-ce qu'on fait pour gérer ces déchets nucléaires ? Est-ce que c'est vraiment viable de se retrouver dans une telle situation avec des déchets qui, de fait, s'accumulent au fil des années ?
Dans toutes les productions d'énergie, dans toutes les productions d'énergie, dans toutes les produits d'électricité, on a cette question des déchets à traiter. Voilà. Même dans... C'est après que ceux-là sont radioactifs. Ah ben, et pour des centaines d'années. Mais, de toute façon, on a cette question à traiter. On l'aura avec les batteries, de la même manière. Avec les métaux rares, de la même manière. Alors, moi, d'abord, il y a les déchets des centrales d'aujourd'hui qu'il faut sécuriser, protéger, et ne pas les déléguer dans des pays étrangers, ce qui serait inadmissible. On doit en assumer la responsabilité.
Mais surtout, ce que je demande et ce que je propose, c'est d'investir dans la recherche, tout de suite, maintenant, pour faire en sorte que demain, et c'est possible, les chercheurs nous le disent, nous puissions avoir des centrales, des réacteurs nucléaires qui utilisent les déchets radioactifs. C'est-à-dire qui recyclent. Et qui fait que l'on n'a plus à avoir, à cacher, à mettre de côté ces déchets. On va les utiliser.
On va les utiliser à bure, notamment, sur certains déchets nucléaires.
Il faut utiliser, il faut investir dans la recherche. Il ne faut pas en avoir peur. Il faut la maîtriser, l'énergie nucléaire.
Dernière petite question là-dessus, parce que c'est un enjeu majeur, la question de l'énergie. Je comprends, bien sûr. Donc là, on a une carte, on le disait, du parc nucléaire français aujourd'hui. Pour résumer votre positionnement, et aussi même pour comprendre, notamment par rapport à Emmanuel Macron et les annonces qui ont été faites récemment, dans la situation actuelle, qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on construit des nouveaux réacteurs ? Je sais pas si vous êtes président. Est-ce qu'on maintient ceux actuellement en place, qu'est-ce qu'on fait avec les centrales nucléaires qui existent aujourd'hui ?
D'abord, on sécurise, on investit dans les anciennes, on protège. Et donc, il y a des travaux à faire, et il faut les faire. Deuxièmement, il faut créer de nouveaux réacteurs nucléaires. Et donc, c'est la production en série de 6 à 8 réacteurs, parce que si on en fait, ces mini-réacteurs, ensemble et en même temps, nous pourrons les faire rapidement. Il en faut 6 à 8 tout de suite. Je propose dans le même temps d'investir aussi dans les énergies renouvelables. Je ne suis pas un anti-éolien, anti-solaire. Au contraire, nous allons aussi en avoir besoin. Du solaire, de l'éolien et de la géothermie. Mais aussi, surtout, nos barrages hydroélectriques.
C'est eux, 80% des énergies renouvelables, et il faut les protéger dans un service public. C'est ça qui est important.
On entend donc votre position sur le nucléaire, et c'est une question qui vaut le coup pour comprendre vos positionnements par rapport à d'autres candidats, notamment à gauche. On va passer justement à la question suivante. Et pour ça, du coup, on relance la roue. Normalement, je vous laisse l'appuyer quand vous le souhaitez. Et la roue va ralentir sur un émoji. C'est en l'occurrence un téléphone. Quelque chose va s'afficher derrière. On va le découvrir ensemble. Alors, c'est un mème que vous avez peut-être vu, ou peut-être pas d'ailleurs, qui illustre... Alors, on n'arrive pas forcément à le lire beaucoup, donc je vais le décrire.
C'est les candidats de gauche.
Exactement. C'est quelqu'un qui est en hésitation face aux candidats de gauche parce que, de fait, il y en a beaucoup. C'est un mème sur lequel est tombé. Notamment Jean-Luc Mélenchon, lorsque je l'ai interviewé il y a quelques jours. Alors, l'idée là, c'est pas de reparler d'une union de la gauche ou de tout ça, parce qu'on est à quelques jours d'une élection. Mais c'est davantage de comprendre, justement, les différences entre chacun des candidats pour que ceux qui seraient intéressés par vos programmes puissent comprendre concrètement les distinctions. Qu'est-ce qui vous différencie, selon vous, des autres candidatures à gauche qui peuvent exister aujourd'hui ?
Bon, d'abord, je souhaite incarner une gauche populaire, laïque, républicaine, féministe, écologiste. Je mets l'ensemble de ces mots... Oui, mais on a des différences là-dessus. Je viens d'expliquer en quoi, sur la question énergétique, j'étais le seul à marquer cette différence, et je l'assume. Je suis aussi, pour prendre des sujets, par exemple, je l'ai dit dès le début de ma campagne, la question de la tranquillité publique, je l'assume, et je souhaite qu'on puisse garantir la tranquillité de tous. Et donc, je le dis, il faut investir. Investir dans la justice. Leur donner les moyens de juger et de juger. Il faut donner des moyens aussi à nos forces de sécurité intérieures.
Et moi, je souhaite avoir des gardiens de la paix au service du peuple, pas au service d'un gouvernement quand ils mènent des politiques antisociales. Et je souhaite investir dans des services publics pour garantir la sécurité de tous dans tous les quartiers. Donc, cette question de la tranquillité publique, moi, j'en ai fait comme un sujet de différenciation en disant, j'y tiens, et je veux la défendre et la garantir pour tous. Là-dessus, je me suis fait un peu taper, d'ailleurs. Mais... Non. Et puis, je défends une république laïque. Laïque. La laïcité en France, c'est le droit de croire et de ne pas croire, et de le garantir pour tous.
C'est aussi un État, une république, qui ne subventionne et ne reconnaît aucun culte. Et ça, j'y tiens comme à la prunelle de mes yeux.
Quand j'ai interviewé Jean-Luc Mélenchon il y a quelques jours, il disait lui-même qu'il ne comprenait pas forcément pourquoi est-ce que le Parti communiste français avait fait peu cavalier seul pour cette élection. Il disait que, justement, il voyait beaucoup de points communs avec 50% de la population, de la candidature sur le fond, sur le programme. Quelle distinction, quelle différence est-ce que vous faites, justement, avec Jean-Luc Mélenchon, plus précisément ?
Je comprends qu'il ne comprenne pas. Les deux dernières précédentes élections, nous étions ensemble. Il aurait bien aimé qu'on recommence une troisième fois. Mais d'abord, la dernière fois, on était ensemble. Ça ne lui a pas permis de gagner. Et je remarque qu'aujourd'hui, il a beaucoup moins de voix que ce qu'il avait en 2017. Donc, il a perdu une part de son électorat. Je ne suis pour rien. C'est une réalité. Et d'ailleurs, aujourd'hui, il est dans les sondages à 10-11%.
Il est en tête à gauche, aujourd'hui.
Et moi, je progresse sans lui prendre d'électeur. Ce que je remarque, c'est les gens qui me le disent. Les gens me disent, enfin, avec vous, M. Roussel, on retrouve une vraie voix à gauche. Nous ne voterons plus pour d'autres candidats. Nous ne voterons pas pour Jean-Luc Mélenchon. Je crois qu'en plus, Jean-Luc, il a aussi déçu une partie des Français quand il a dit, la République, c'est moi, par son tempérament, par ses déclarations, et qu'une présidentielle, un président de la République, ça doit aussi s'incarner. Et donc, on doit être en capacité de rassembler tous les Français. Je suis un pacificateur.
Je veux, moi, tendre la main à tout le monde et être le président de tous les Français demain. Sans sectarisme, sans outrance et sans excès. Et c'est aussi ça, peut-être, une des différences que je souhaite pouvoir incarner. Mais ce que je dis aussi, c'est que les Français ne gagneront tout seuls. Et que donc, nous devrons, au second tour, pouvoir nous unir. Et qui sait, c'est peut-être moi qui arriverai devant lui. Si, si, du coup, vous arrivez à arriver au second tour. Mais bien sûr, et c'est pour ça que je suis sans animosité, sans haine, sans adversité.
Je souhaite que l'on puisse travailler ensemble, demain, dans un gouvernement que, bien sûr, si je suis élu président de la République, je construirai avec lui, mais aussi avec toutes les autres forces de gauche. Moi, je n'ai pas, j'ai pas d'oeillères, j'ai pas d'invectives. Mais un premier tour, ça sert aussi, pour les Français, de dire ce qu'ils veulent et ce qu'ils ne veulent pas. Et on voit bien que, moi, par ma candidature, ce que j'incarne, comme je suis, comment je parle, d'où je viens, je suis un ch'ti, je m'attaque à l'évasion fiscale, je suis raide là-dessus.
Et bien, je vois que j'arrive à convaincre des gens, des abstentionnistes, même des gens qui votent à l'extrême droite, même des gens qui votaient Macron, qui me disent, ah ben lui, lui il me plaît, tiens, lui il ne parle pas comme les autres, lui, et donc ils vont voter pour moi. Donc, je pense que, au contraire, ça peut redonner des belles couleurs à une belle gauche. On a une belle droite au pouvoir, ben moi j'aimerais bien qu'il y ait une belle gauche demain.
On verra du coup comment se passe la suite de cette campagne présidentielle. Je relance cette roue, je vous laisse l'arrêter. Cette roue qui va ralentir sur autre chose. Un chronomètre, un exercice à chaque fois, c'est assez particulier. Une minute, c'est ça ? Exactement, une minute. Je vais vous poser un maximum de questions. Il faut répondre par oui ou par non.
Oui, non. Oui, mais bonsoir. C'est chaud, si je dis oui, non, mais donnez-moi quelques secondes.
Je vous laisse faire le mieux possible, sachant qu'on a fait en sorte d'avoir des questions qui sont a priori possibles de répondre par un oui ou par un non. Est-ce que vous êtes prêts ? Allez-y. Doit-on pouvoir prendre l'avion pour faire Paris-Marseille ? Oui. Faut-il réduire le temps de travail en France ? Oui. Faut-il quitter l'OTAN ? Oui. La police a-t-elle trop de pouvoir ? Non. Faut-il légaliser le cannabis ?
Non, je suis plus pour la dépénalisation.
Allez-vous remettre en place l'impôt sur la fortune ? Oui. Oui. Oui. Faut-il augmenter le SMIC à 1500 euros ?
1900 euros brut, il faut du brut. Irez-vous soutenir
l'équipe de France à la Coupe du Monde au Qatar si vous êtes élu ? Oui ou non ? C'est une vraie question. Oui, j'y serai. Faut-il abaisser le droit de vote à 16 ans ?
Non, parce que c'est un risque. Ça veut dire la majorité à 16 ans et ça veut dire aussi en matière pénale qu'ils seront jugés comme des adultes. Doit-on supprimer
la sélection à l'entrée des universités ? Oui. L'Allemagne est-elle la meilleure alliée de la France ? C'est une alliée. Dernière question. Faut-il rendre gratuit le permis de conduire pour les moins de 25 ans ? Oui. Très bien. On a juste eu le temps de faire un certain nombre de questions. On en a fait une bonne dizaine. Ça va. Irez-vous soutenir l'équipe de France à la Coupe du Monde au Qatar ? Vous êtes élu, vous avez répondu. C'est compliqué.
Pourquoi c'est compliqué ? C'est compliqué parce que je... On peut envisager un boycott diplomatique. Oui, et en même temps, il y a l'équipe de France. Quelle connerie que la FIFA ait décidé d'attribuer la Coupe du Monde au Qatar.
On le rappelle, des milliers
d'ouvriers ont été... C'est un scandale. Mais même pour le climat, pour l'être humain... C'est un scandale. C'est un scandale. Sans nom.
Est-ce qu'il y a des faits à soutenir ?
Peut-être qu'il faudrait envoyer le premier ministre ou un ministre... Comment faire ? Ou alors on n'y va pas, ou alors...
Certains envisagent un boycott diplomatique, comme c'était le cas aux Jeux d'hiver,
avec certains pays, les États-Unis notamment. Certains députés, sénateurs, communistes disent qu'il faut boycotter, qu'il ne faut pas du tout y aller, il ne faut même pas envoyer d'équipe. C'est une vraie question. Moi, je suis plutôt du côté de ceux qui disent que le sport, c'est un facteur de fraternité, d'émancipation, et donc il faut au contraire pouvoir y aller pour faire valoir ses valeurs. Et au Qatar,
ça a du sens. On va passer à la question suivante. Je relance la roue, je vous laisse l'arrêter. C'est Trou qui va s'arrêter sur un autre émoji. C'est un cadeau, mais c'est un cadeau laissé par un autre candidat à l'élection présidentielle. Un candidat vous a posé une question, on va l'écouter et je vous laisse y répondre juste après.
Fabien Roussel, on est d'accord sur le bon vin, mais... Ton vin, c'est aussi du vin bio et du vin nature, pour respecter la terre, pour qu'il y ait plus de paysans, qu'il soit payé décemment, et qu'on protège
notre santé ? Yannick Jadot, candidat des écologistes, qu'est-ce que vous lui répondez ?
Je lui réponds à cette question en disant, bien sûr, et bien sûr, et d'ailleurs, quand je dis un bon vin ou une bonne viande, puisque c'est l'expression que j'ai sortie et qu'on m'a reproché, mais c'est d'ailleurs une bonne viande produite en France. C'est un bon vin issu de nos terroirs et respectant des normes phytosanitaires importantes. Et les agriculteurs, les paysans, cherchent par tous les bouts de produire de la manière la plus saine possible et on doit les accompagner pour ça.
Et ça veut dire quoi concrètement en termes de mesures ? Est-ce qu'on interdit des pesticides ? Est-ce qu'on sort de certains éléments ? Qu'est-ce qu'on fait concrètement ?
Oui, et on soutient celles et ceux qui aujourd'hui cherchent à mettre en place des... Je sais pas si on peut se mettre d'accord sur ce terme, mais des pesticides bio. C'est-à-dire utilisant des produits naturels pour aller attaquer des mauvaises herbes, des animaux, etc. On peut le faire de manière naturelle et j'ai rencontré une start-up en Bretagne qui travaille là-dessus et cette jeune femme, ingénieure, qui est en train d'en mettre au point pour protéger les vignes et la pomme, pour faire valoir son brevet, écoutez ça, il faut 7 ans à la Commission européenne pour valider son brevet et ça lui coûte entre 100 et 150 000 euros. On n'aide pas à développer le bio en France.
On n'aide pas les chefs d'entreprise, les jeunes start-upers à mettre en place ces brevets.
Et sur les pesticides, c'est aussi un débat important y compris auprès de certains agriculteurs qui estiment qu'ils en ont besoin pour leur production, etc. Qu'est-ce que vous leur répondez à cette inquiétude qu'ils peuvent avoir alors qu'ils sont, il faut le dire, de nouveaux agriculteurs ? Déjà dans une très grande difficulté.
Mais je leur dis que on va avancer ensemble. Et les agriculteurs ils me disent mais on nous traite d'empoisonneurs. Mais nous les produits qu'on utilise sont des produits que l'on nous enseigne à l'école à utiliser. C'est ceux qui sont agréés par l'Etat. Donc si un produit est nocif, provoque des cancers, il doit être interdit. Moi j'ai une femme agricultrice de chez moi, de ma circonscription qui fait du lait et qui a des vaches. Elle dit mais moi j'empoisonne pas mes enfants. C'est incroyable. Donc permettons à nos paysans de produire sain et puis surtout faisons-le en respectant la terre et les animaux et en tenant compte du climat. Et donc en produisant local.
Parce que quand on importe des agneaux de Nouvelle-Zélande, du boeuf d'Argentine ou du poulet du Brésil bourré d'antibio,
c'est de la merde. Il y a des traités de libre-échange
mais c'est à ça qu'il faut s'attaquer. Et justement, la viande, moi je veux développer des élevages français en plein air. C'est-à-dire qu'il faut du boeuf élevé en plein air parce que les prairies, ça capte le carbone et ça respecte l'animal. Les fermes-usines, j'aime pas. Je défends les fermes, je défends les usines mais pas les fermes-usines.
On relance la roue et je vous laisse l'arrêter. Et ça s'arrête sur un émoji article. Le titre de presse va donc s'afficher à l'écran. Plutôt un titre d'article. Ici, c'est issu du Figaro, Fabien Roussel, PCF. À gauche, je veux porter les questions de sécurité. C'est une interview du Figaro qui date donc de septembre. Ça veut dire que, selon vous, la gauche ne parle pas de sécurité ? Oui. Du tout ?
Si, mais pas assez, mal, pas clair, bop, bop, bop, bop. Et donc, du coup, on manque de crédibilité. Et moi, je pense qu'au contraire, en matière de sécurité et de tranquillité publique, et je préfère ce mot-là, on a une vision progressiste à porter. C'est-à-dire avoir une police, des gardiens de la paix, des gendarmes, au service de la paix sociale et de la sécurité de tous. À Neuilly, on n'a pas de problème d'insécurité. Mais dans les villages, dans des quartiers populaires, il y en a. Je connais beaucoup d'élus, de maires communistes, et même de tous bords, qui se battent pour le maintien d'un commissariat, pour avoir plus de bleus, pour faire vivre la sécurité pour tous.
Et ça passe par quoi, en termes de mesures, très concrètement ?
Alors, je veux une police de proximité, proche des gens. C'est pour ça que je propose la création d'un service spécial, une police de proximité dotée de 30 000 hommes et femmes, statutaires, pas privées, formées, et bien formées. Mais je souhaite aussi mettre des moyens d'enquête, d'enquête avec des enquêteurs pour démanteler les trafics, avec des moyens pour aller chercher l'argent, où il est dans les banques, avec des champions d'informatique pour aller débusquer le blanchiment de l'argent. Les banques ont une responsabilité énorme.
Et ils savent, eux, quand ils ont affaire à des trafiquants, et qui fait que l'argent, c'est des billets qui rentrent, et derrière, c'est blanchi, en passant par des paradis fiscaux. Il faut attaquer les gros bonnets en les tapant aux porte-monnaies. Et donc, je veux beaucoup plus de moyens d'enquête pour attaquer les trafics, et enfin, des moyens pour la justice, qui doit pouvoir traiter en temps, en temps et en heure, quand il y a des dépôts de plaintes. C'est aussi comme ça qu'on va s'attaquer aux trafiquants.
Il y a donc davantage de moyens que vous souhaitez mettre pour aider la police ? Et pour l'égalité femmes-hommes.
Et pour l'égalité femmes-hommes. Au sein de la police ? Mais bien sûr, parce que l'égalité, protéger les femmes des violences sexuelles et sexistes, il y a un tas de mesures à mettre en œuvre. Mais c'est avoir des gens formés dans les commissariats, des femmes, des hommes, à l'écoute, au recueil de plaintes, et pas à dire aux femmes, quand même, bon, d'accord, je vais écouter votre mari, et puis c'est parole contre parole. Mais on ne peut plus faire ça, on doit protéger, protéger les femmes et croire leurs paroles. Et donc, bien sûr qu'il faut plus d'agents, de police, de gendarmes,
pour ça. C'est une question qui est revenue notamment il y a quelques mois avec le hashtag double peine, qui illustrait la difficulté de nombreuses femmes à pouvoir porter plainte après avoir été victime, par exemple, de viol. Sur la question de la police, on entend qu'il y a la question des enjeux de sécurité qui sont importants, les enjeux de moyens de la police que vous venez d'évoquer, avec les investissements que vous souhaitez faire. Il y a une autre dimension, disons, à cette question de la police, c'est le fait qu'il y ait soit une crainte, soit une haine de certains envers la police aujourd'hui en France.
C'est une question qui ressort aussi dès qu'il y a des éléments de violence policière qui peuvent être soulevés par certains médias. Est-ce que déjà vous utilisez, vous employez-vous ce terme de violence policière pour décrire certains actes qui peuvent exister ?
Je vais être très clair avec vous, c'est une des différences que j'ai, avec Jean-Luc Mélenchon et avec d'autres, justement. Je ne parle pas de violence policière et je ne parle pas de police raciste. Je dis qu'il y a de la violence de la part de policiers condamnables, innommables, et d'ailleurs, quand elle est avérée, qu'on la voit, ils doivent être sanctionnés durement. Il y a des policiers racistes et qui ont des actes racistes, qui ont des propos racistes, qui parlent mal, et ça doit être condamné. Et la hiérarchie a une responsabilité énorme de faire vivre les principes de la République. Mais j'en connais des jeunes, en fait.
En fait, c'est parce que j'en connais aussi des jeunes qui sont dans la gendarmerie. Des policiers dans la police. Et j'utilise cette expression, pour moi c'est, comme je défends les ouvriers, c'est des ouvriers de la sécurité. Ils en chient. C'est dur pour eux. Mais parfois c'est dur parce qu'ils sont mal employés, mal utilisés, et même, ils vivent dans un climat où effectivement, il y a des racistes. Il y en a. Il y en a des violents. Mais si la hiérarchie, elle ne condamne pas, elle ne fait pas respecter les règles de la République, et bien ça dérive. Ça part en live.
Et donc, moi je suis pour respecter cette profession, ne pas faire d'amalgame, restaurer des règles, et faire en sorte que la police soit au service du peuple. Au service de la paix.
Donc donner davantage de moyens à la police pour qu'elle puisse faire son travail sans être inquiétée. Mais à l'inverse, enfin pas à l'inverse, mais aussi sur la question des violences policières ou des violences faites par des policiers selon comment vous le dites, la question d'un meilleur contrôle, d'un meilleur suivi. Tout à fait. Et la responsabilité de la hiérarchie. On va passer à la question suivante, même si on aurait pu parler pendant longtemps de ce sujet qui est un sujet important. Je vous laisse appuyer sur le buzzer une nouvelle fois. Et... Clap. Vous êtes tombé sur l'émoji vidéo. Une vidéo va donc s'afficher à l'écran et on va pouvoir en parler ensemble.
Cette vidéo, elle a été tournée il y a un an en janvier 2021 par le journaliste indépendant Clément Lanot. Aujourd'hui, rien n'a vraiment changé. En tout cas, beaucoup d'étudiants ne s'en sortent toujours pas. Chaque jour font ainsi la queue pour récolter des aliments et pouvoir se nourrir. C'est une détresse qui est importante chez énormément de jeunes étudiants, mais pas que d'ailleurs. Qu'est-ce que vous répondez à cette urgence ? Quelles sont les premières mesures, si vous êtes président,
que vous souhaitez mettre en place pour répondre à cette urgence ? On passe un revenu étudiant pour chaque étudiant universel à partir de 850 euros qui pourra monter à 1000 euros en fonction s'il a un logement ou pas pour que plus jamais plus jamais nos étudiants soient obligés de faire la queue de l'aide alimentaire mais surtout pour qu'ils puissent étudier sans être obligés de travailler. Je suis pour rétablir la gratuité...
Juste sur ce sujet-là, c'est pour tous les étudiants ? C'est pour certains étudiants ? C'est sous quelles conditions ?
De manière universelle. Sinon, c'est un système comme les bourses en fonction des revenus, des parents. Aujourd'hui, il y a un tiers de boursiers. Et beaucoup, c'est à zéro. Ça veut dire qu'ils n'ont rien. C'est juste qu'ils payent zéro les frais d'inscription. Moi, je suis pour que ce soit universel. Y compris le fils de Bernard Arnault. Même les plus âgés ? Le fils de Bernard Arnault aura son allocation étudiante. Sauf que son père, Bernard Arnault, il paiera l'ISF et est trois fois plus cher. Je ne sais pas ce qu'il va préférer. Si ça reste Macron ou si c'est moi, à mon avis, il va préférer Macron et payer les études de son gamin plutôt que moi avec l'allocation étudiante pour tous.
Vous pourriez faire les deux. Vous pourriez vous dire qu'on taxe davantage les plus riches et on ne leur donne pas 850 euros
pour leur donner davantage au public. L'école de la République, elle est universelle. Elle s'adresse à tous. Sinon, c'est l'école privée. Et on paye en fonction de ses moyens. L'école de la République, elle est ouverte à tous. Et Bernard Arnault, il est issu de l'école de la République. Je crois qu'il a grandi à Roubaix, etc. Il était dans l'école publique. Et donc, on ne sélectionne pas à l'entrée, on ne fait pas payer ceux qui sont plus riches. L'éducation, l'école de la République, elle est universelle. C'est une richesse de faire en sorte que nos enfants, quelle que soit leur classe sociale, leur origine, leur différence, leur handicap, vivent ensemble et aient les mêmes droits.
Et c'est pour ça que je voulais vous dire, je suis pour rétablir la gratuité d'entrée et d'offrir une inscription pour les étudiants étrangers. Ça aussi, c'est une richesse pour nos enfants, qu'ils vivent ensemble. Et c'est une manière aussi d'aider et de faire de la coopération avec ces pays qui en ont besoin.
Il y a une question aussi, forcément, de moyens qui se posent. On comprend que vous souhaitez en faire une priorité à la question de l'éducation. Est-ce que vous avez une idée, du coup, de comment financer tout cela, à partir de quoi ? Est-ce que c'est justement vis-à-vis la taxation des plus riches que vous avez évoquée ici ? Comment est-ce qu'on fait en sorte de bien renouveler le système éducatif tel qu'il fonctionne,
en tant que système éducatif ? Taxer les plus riches, ça ne suffira pas. C'est clair. L'ISF, mon ISF, y rapportera 10, 12 milliards d'euros. Or, le budget de l'État, je veux l'augmenter de 100 milliards d'euros pour pouvoir répondre aux besoins. Création d'emplois dans les services publics, relocalisation, transition écologique. Donc, il va falloir aller plus loin pour remettre la main sur nos richesses. Je veux être intransigeant dans la lutte contre la fraude et l'évasion fiscale. Ça, c'est terminé. C'est terminé. Une des mesures que je mettrai en place, je ne vais pas me tromper, j'ai déposé plusieurs textes de loi dans ce domaine.
Une des mesures, c'est le prélèvement à la source des bénéfices des multinationales. Au moins ça, ça on peut le faire tout seul.
Qu'est-ce que ça veut dire très concrètement ?
Le prélèvement à la source de nos impôts, ça y est, c'est fait. On l'a mis en place, on sait le faire. Moi, je demande que les bénéfices des multinationales soient taxés à la source, comme tout le monde, avant que ces bénéfices ne partent au Luxembourg. Et ensuite aux îles Caïmans, comme c'est le cas aujourd'hui. Rien que ça, le régime Murphy, ça s'appelle, c'est la possibilité pour une entreprise de décider de payer les impôts dans le pays où elle a une filiale et où les impôts sont moins chers. C'est honteux, c'est du vol, c'est du racket. Ça nous coûte 20 milliards d'euros. 20 milliards d'euros au moins dans le budget de l'État. C'est une source énorme.
Et donc, les délinquants en col blanc, c'est terminé. Moi, je veux une finance éthique au service du pays. Tous ensemble. C'est retrouver la maîtrise de nos richesses.
Donc, ce prélèvement à la source sur les bénéfices dont vous évoquez, ça devrait rapporter combien ?
Ça, c'est tout de suite 20 milliards d'euros. La lutte contre la fraude et l'évasion... Par quoi ? Par an ? Oui, c'est par an. Mettre fin à ce régime, c'est 20 milliards d'euros. La lutte contre la fraude et l'évasion fiscale, en tout, c'est 80 milliards d'euros par an qui manquent au budget de l'État. Vous voyez, je ne dis pas qu'on va les récupérer tout de suite. Mais pour moi, c'est un objectif. Ensuite, bien sûr, quand je dis que nous voulons produire différemment les richesses, c'est que nous voulons faire en sorte que les emplois que nous allons créer en France, et nous voulons créer des emplois, créent de la richesse. 5 millions d'emplois, c'est mon objectif en 5 ans.
5 millions d'emplois, c'est 650 milliards d'euros de PIB en plus. C'est plus de gens qui cotisent et donc c'est un financement... Mais voilà, c'est de la TVA, c'est des impôts, c'est de la richesse que l'on crée. C'est un cercle vertueux. C'est vers ça que l'on doit
aller. On va passer à la dernière question. Je relance la roue et je vous laisse l'arrêter quand vous le souhaitez. Vous appuyez deux fois à chaque fois sur le... Au cas où. Au cas où. On tombe sur l'émoji du drapeau français. C'est une question sur laquelle tombent tous les candidats en fin d'interview. Vous allez en fait devoir reprendre une formule, la formule de François Hollande face à Nicolas Sarkozy en 2012, le fameux « Moi président ». Alors, pour vous aider là-dessus, évidemment, le reprendre à votre compte, il va y avoir des débuts de phrases qui vont s'afficher à l'écran.
Je vais vous laisser lire une phrase et compléter comme vous le souhaitez en une phrase à chaque fois, exactement. Et je vous laisse commencer avec la première qui s'affiche à l'écran.
« Moi président, les jeunes, je souhaite pouvoir leur garantir l'égalité des droits, quelle que soit leur couleur, leur origine, leur religion, leur handicap. L'égalité pour la jeunesse, c'est ma priorité. Moi, président, mon ennemi sera toujours la finance, mais à la différence de Hollande qui l'a dit, la finance n'est pas invisible. Elle a des noms, elle a des adresses, et moi je les connais et ils participeront à la reconstruction de la France.
Moi, président, ma première mesure sera de tout de suite augmenter les salaires, augmenter les retraites pour pouvoir redonner du pouvoir d'achat à tous ceux, toutes celles qui travaillent et à ceux qui ont passé une vie au travail pour pouvoir vivre dignement de son travail. Moi, président, les plus riches participeront tout simplement à la reconstruction de la France et à restaurer un véritable budget au service de la nation, au service de l'emploi, au service du climat. Tout le monde doit participer et avec moi, président, les plus riches
participeront. Et le dernier ?
Moi, président, la France sera la France des jours heureux, celle qui restaura une république sincère, une république au service du peuple, de l'égalité des droits de tous, une république laïque, universaliste, féministe, écologiste. Merci
Fabien Roussel d'avoir accepté de répondre une nouvelle fois à toutes ces questions. Merci Hugo. Je précise d'ailleurs pour tous ceux qui nous regardent que cette vidéo, comme pour tous les autres candidats à la présidentielle qui viennent ici, s'accompagne d'une vidéo de décryptage de votre programme où on présente 10 mesures majeures portées dans votre programme qui sera disponible dans les prochains jours directement sur cette chaîne YouTube.
D'ailleurs, pour ceux qui nous regardent, pour découvrir toutes les autres interviews déjà publiées et aussi les décryptages des programmes, vous pouvez vous abonner directement ici et vous pouvez aussi découvrir sur Instagram d'autres contenus exclusifs, de comparaison notamment des programmes des candidats. Encore merci Fabien Roussel pour son présence aujourd'hui. Et de notre côté, on se dit à très vite.
Fabien Roussel