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ChroniqueNathalie Arthaud· 19 février 2024 4 minAutoproduitActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

La grève, c'est l'arme de tous les travailleurs ! Edito du 19 février

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Nathalie ArthaudChiffre
    « Les trois quarts des contrôleurs sont en grève à la SNCF »
  • 6:00Nathalie ArthaudFait
    « La flambée des prix que nous subissons tous est bien au delà des 5 % annoncés »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

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Nathalie Arthaud

Gares quasi désertes. Les trois quarts des contrôleurs sont en grève à la SNCF, en plein chassé croisé des vacances d'hiver. Un train sur deux en moyenne est supprimé. Cette grève a déclenché une poussée de fièvre anti ouvrière. Les laquais de la bourgeoisie, qui sont les premiers à applaudir aux superprofits et qui trouvent parfaitement normal que les dividendes augmentent de 20, 30 %, se sont déchaînés contre les cheminots. En première ligne, il y avait les sénateurs. Ces messieurs se sont octroyés 700 € d'augmentation de frais de mandat car, disent-ils, les nuitées d'hôtel ont vu leur prix bondir.

Cela ne les a pas empêchés de calomnier les cheminots en expliquant qu'ils n'avaient pas à se plaindre. Ne leur en déplaise, les cheminots ne se plaignent pas, ils se battent et savent pourquoi. Ils revendiquent 500 € sur leur prime de travail. Ils veulent également des mesures d'accompagnement pour ceux qui s'approchent de l'âge de la retraite. Et puis demandent des embauches en nombre pour qu'ils soient au moins deux contrôleurs par TGV. Comme n'importe quel travailleur, les cheminots ne veulent pas que leurs salaires et leurs conditions de travail reculent.

La flambée des prix que nous subissons tous est bien au delà des 5 % annoncés, alors, quel ouvrier, quel employé, quel technicien ou aide à domicile est satisfait de son salaire ? Nous subissons tous également des suppressions d'emplois. Alors oui, de partout nous avons cette revendication-là sur les effectifs pour nos conditions de travail. Revendiquer l'augmentation de son salaire de base, c'est-à-dire du salaire qui tombe tous les mois et puis qui assure un minimum quand on est malade et qui compte aussi pour les droits à la retraite, est une préoccupation pour tous les travailleurs.

Et il faut bien sûr que cette augmentation de salaire suive les prix, c'est à dire qu'il y ait une indexation avec l'inflation que nous mesurons nous mêmes quand nous faisons les courses, quand nous faisons notre plein d'essence. C'est un combat à mener parce que même si les milliards pleuvent dans les caisses du grand patronat, il ne lâchera rien de notable sans la mobilisation et la pression du monde du travail. Alors, ce combat commence souvent dans un service, dans un atelier et d'ailleurs, ça se passe souvent à l'occasion des négociations annuelles obligatoires.

Mais pour que ce combat soit suffisamment fort et bien, il faut que l'action collective et la combativité s'élargissent et se répandent à tous les corps de métiers – et je dirais même à tous les secteurs professionnels. Les grèves de cheminots ont le don d'enrager les défenseurs du patronat parce qu'elles démontrent de façon spectaculaire le poids des travailleurs dans la société. Avec 70 % de grévistes, les contrôleurs ont considérablement perturbé le trafic.

Cela donne une idée de la force que représenteront tous les contingents de travailleurs quand ils entreront en lutte ensemble en entraînant, espérons-le, les petits agriculteurs, les artisans et petits commerçants, eux aussi écrasés par le grand capital. Il y aura toujours des parasites pour nous faire la leçon et pour nous expliquer, comme l'a fait le Premier ministre, que les travailleurs ont le devoir de travailler. Merci, monsieur Attal. Quand on appartient au monde du travail, on sait qu'on est bien forcé de travailler.

Mais on sait aussi que le droit d'encaisser, il est pour la bourgeoisie et pour le grand patronat et pour les grands actionnaires, tel Monsieur Bernard Arnault, le PDG de LVMH qui a gagné l'équivalent de un SMIC toutes les quinze secondes l'année dernière. Quel que soit notre branche d'activité, notre lutte est légitime. Alors marchons la tête haute, luttons pour nos intérêts avec l'objectif de généraliser le combat. Parce que c'est en s'unissant que les travailleurs auront la force d'inverser le rapport de force avec le grand patronat.