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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 17 mai 2012 11 minContradictoireFond programmatiqueÉducation & rechercheInstitutions & électionsSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Vincent Peillon

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 15 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:18OuverteÉludée

    Vous devez appliquer l'une des grandes promesses de campagne de François Hollande, les 60 000 postes.

  • 1:08OuverteRéponse directe

    Quelques questions autour des secrets de fabrication de ce gouvernement quand même.

  • 1:11FerméeRéponse directe

    Quand avez-vous appris que vous étiez désigné ?

  • 1:42RelanceRéponse partielle

    Mais en ce qui concerne la formation de ce gouvernement, est-ce que le président et le Premier ministre ont été aussi secrets qu'on a pu lire dans la presse ?

  • 2:21OuverteRéponse partielle

    Et quand vous avez lu que Martine Aubry faisait partie des noms cités pour le ministère de l'Éducation, vous vous êtes dit que c'est fichu ?

  • 3:05RelanceÉludée

    Il n'y a pas de divorce Aubry-Hollande pour reprendre le journal auquel tu faisais référence, qui est le Figaro ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:26Invité politiqueFait
    « La promesse n'est pas d'ailleurs les 60 000 postes. »
  • 0:32Invité politiqueFait
    « C'est la refondation de l'école républicaine. »
  • 1:14Invité politiqueFait
    « Le président de la République m'a appelé hier à l'heure du déjeuner et le Premier ministre dans l'après-midi. »
  • 4:12Invité politiqueFait
    « lundi matin, il y aura les évaluations, que nous allons suspendre les remontées nationales. »
  • 4:20Invité politiqueFait
    « celui-là sera abrogé. »
  • 5:55Invité politiqueFait
    « Il y aura une réunion des recteurs la semaine prochaine, qui permettra de voir quels sont les cas les plus urgents dans chaque département. »
  • 8:06Invité politiqueFait
    « Les postes qui seront recréés seront recréés à la proportionnelle des destructions. »
  • 8:21Invité politiquePromesse
    « Il sera signé très rapidement. »
  • 9:35Invité politiqueFait
    « ce n'est pas une négociation. Donc, je vais préciser que c'est une concertation. »

Temps de parole

  • Vincent Peillon77 %
  • Présentateur23 %

2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:04
Présentateur

Vincent Payon, ministre de l'éducation numéro 3 du gouvernement et ce matin l'invité de France Inter. Bonjour monsieur. Bonjour. Première expérience de ministre numéro 3 du gouvernement, le ministère réputé le plus difficile à gérer. Vous devez appliquer l'une des grandes promesses de campagne de François Hollande, les 60 000 postes. Vous avez une pression d'enfer sur les épaules ce matin. Non.

0:26
Vincent Peillon

La promesse n'est pas d'ailleurs les 60 000 postes. Elle a beaucoup plus d'ambition. C'est la refondation de l'école républicaine. François Hollande a mis le président de la République la jeunesse au cœur de son projet. Et évidemment la jeunesse c'est l'école. L'école ce n'est pas simplement un aspect de notre vie, c'est la France de demain. C'est elle qui est pénalisée. Nous avons et nous vivons une crise d'avenir. Et donc il est normal et dans le fond il est conséquent, il est cohérent d'avoir fait du ministère de l'éducation une priorité. Il y a les postes, ce sont des moyens les postes. Mais c'est pour avoir et atteindre un certain nombre d'objectifs.

Les objectifs c'est simple, c'est la réussite de nos enfants, c'est la réussite des élèves.

1:05
Présentateur

Alors on reviendra en détail sur les dossiers de l'éducation. Quelques questions autour des secrets de fabrication de ce gouvernement quand même. Quand avez-vous appris que vous étiez désigné ?

1:14
Vincent Peillon

Écoutez, le président de la République m'a appelé hier à l'heure du déjeuner et le Premier ministre dans l'après-midi. Mais nous étions déjà à la tâche, nous le sommes depuis longtemps. Il ne faudrait pas faire croire, je lis les gazettes, que tout ça ce sont des conciliabules de dernier moment. Quand on considère que la France doit se relever, que l'école a été abandonnée, qu'il faut la refonder. Le président de la République, vous le savez, était allé rendre un hommage. C'est son premier acte de président de la République au monument Jules Ferry. Ça a des chances.

1:42
Présentateur

Mais en ce qui concerne la formation de ce gouvernement, est-ce que le président et le Premier ministre, et le président singulièrement, ont été aussi secrets qu'on a pu lire dans la presse ? C'est-à-dire que jusqu'au dernier moment, même les personnes pressenties pour être ministre n'étaient au courant de rien ou presque.

1:57
Vincent Peillon

C'est toujours mieux. D'ailleurs, vous avez vu... Et c'était le cas ? Bien entendu, vous avez vu les spéculations. Ça fait une semaine que vous, vos collègues, vous faites et vous défaites des gouvernements. Vous imaginez bien la pression. En plus, aujourd'hui, il y a quelque chose qui s'appelle le téléphone portable. C'est assez commode. Alors, on arrive à joindre les gens partout. Et donc, vous imaginez bien que si vous dites les choses 24h, 36h, 48h avant, ce n'est pas la peine de les annoncer sur le perron de l'Elysée le soir.

2:21
Présentateur

Et quand vous avez lu que Martine Aubry faisait partie des noms cités pour le ministère de l'Éducation, vous vous êtes dit que c'est fichu ?

2:27
Vincent Peillon

Non, je me suis dit que les journalistes sont, une nouvelle fois, très mal informés. Je trouve très désobligeants, d'ailleurs, tous les commentaires qui sont faits aujourd'hui. Martine Aubry n'a jamais demandé ce poste. Vous n'avez jamais été en concurrence sur ce poste ? Il n'y a jamais eu d'Algarade entre nous. Je n'ai jamais eu François Hollande, à part hier au déjeuner, lorsqu'il m'a appelé pour me proposer ce poste, depuis son élection à présidence de la République. Et des journaux entiers, et même la une de certains journaux, c'est sur des Algarades entre François Hollande, Martine Aubry et moi-même. Je rends hommage à Martine Aubry.

Nous avons construit le projet éducatif avec elle et avec Bruno Julliard pendant deux ans. Et nous avons été en conversation en permanence sur le fond. Elle a fait un choix. Elle est la première secrétaire du Parti Socialiste.

3:05
Présentateur

Il n'y a pas de divorce Aubry-Hollande pour reprendre le journal auquel tu faisais référence, qui est le Figaro ?

3:09
Vincent Peillon

Non, ce n'est pas à celui-là que je faisais référence. C'était au Canard Enchaîné qui faisait hier sa une sur un affrontement entre Martine Aubry et moi-même. Tout ça est injuste. Tout ça est faux. Nous sommes au travail ensemble. Et ce gouvernement est là. C'est la feuille de route du président de la République. Pour redresser la France dans un contexte, je vous le rappelle, en dehors de tous ces bisbis grotesques, qui est extrêmement difficile. Vous venez de le rappeler d'ailleurs, cette question de la croissance. Obama vient d'ailleurs en appui des thèses du président de la République. C'est quand même un enjeu considérable. Le président a rencontré Mme Merkel cette semaine.

Faire que notre école de la République se remette en mouvement, permette la réussite, ça n'est pas rien. Remettre un peu de justice dans ce pays, ça va être aussi une tâche ardue. Voilà ce qui mobilise les responsables socialistes. Et je dois dire que le gouvernement présenté par Jean-Marc Héros hier se donne les moyens, y compris par le renouvellement, y compris par la parité, vous venez d'en parler, de tourner une page et de permettre ce redressement.

4:03
Présentateur

Quelles seront vos premières décisions dans les jours à venir en tant que ministre de l'Éducation ?

4:07
Vincent Peillon

Il y a beaucoup de décisions à prendre. Les premières ? Il y a beaucoup de décisions à prendre. J'ai déjà eu d'ailleurs chez vous l'occasion d'annoncer, puisque lundi matin, il y aura les évaluations, que nous allons suspendre les remontées nationales.

4:18
Présentateur

Décret d'évaluation des enseignants ?

4:20
Vincent Peillon

Non, celui-là sera abrogé. Là, je parle de l'évaluation des élèves en CM2, qui vont commencer cette semaine, tous les parents. Mais j'aurai l'occasion d'y revenir. Il y a aussi un temps d'écoute. Et ma première pensée, je dois vous le dire, après 30 ans de passion, c'est à l'ensemble des personnels, et à l'ensemble de ceux que je vais rencontrer. La passation de pouvoir avec Luc Châtel aura lieu tout à l'heure, à 9h, quand je quitterai vos studios, qui se consacre à l'éducation de nos enfants. Le président de la République a dit très nettement, il va y avoir une inversion de valeur.

Ce n'est pas simplement l'argent, c'est le mérite, c'est le dévouement, c'est le sens de l'intérêt général, c'est la préparation de l'avenir. Voilà quelles ont été les valeurs de la République, les valeurs que l'on doit retrouver. Et vous savez, il y a beaucoup de métiers, le vôtre d'ailleurs, qu'on ne choisit pas uniquement pour des considérations financières, mais parce qu'on pense qu'on a un rôle à jouer dans la démocratie, et une certaine idée de celle-ci. C'est vrai pour ceux qui nous soignent, c'est vrai pour ceux qui éduquent nos enfants.

Et donc, aujourd'hui, dans les jours qui viennent, à partir des propositions que nous avons faites depuis plusieurs mois, qui sont bien connues, qui ont reçu l'assentiment que je redévelopperai, je veux que tout le monde se rassemble autour de cette cause. On ne réformera pas l'école française, contre les professeurs ou sans les professeurs, mais pas non plus contre les parents d'élèves, sans les parents d'élèves. Et donc, nous allons avoir ce travail d'écoute avec les uns et les autres.

5:39
Présentateur

Proposition que vous développerez, dites-vous, quand aurez-vous une idée des calendriers un peu plus précis ? Je pense notamment aux créations de postes, un millier dès la rentrée de septembre prochain dans le primaire. Quand saurez-vous où, précisément, affecter ces professeurs ?

5:55
Vincent Peillon

Il y aura une réunion des recteurs la semaine prochaine, qui permettra de voir quels sont les cas les plus urgents dans chaque département. Il y a, vous savez, des postes qui vont concerner les réseaux d'aide spécialisés aux enfants. Les RASED. Il y a des fameux RASED. Il y a des postes qui concernent l'absence de remplacement possible aujourd'hui. Il va falloir que nous regardions, y compris avec un diagnostic très précis des départs à la retraite, ce que nous pouvons faire pour accorder aux jeunes enseignants qui arrivent un minimum de formation. Elle a été détruite. Ce calendrier, il est en réalité en route.

Croyez-le bien, nous faisons un travail d'orfèvre depuis plusieurs semaines et nous allons maintenant le faire avec tous les personnels mobilisés du ministère. Je sais qu'ils ont envie d'être engagés dans cette grande cause parce qu'elle a du sens.

6:38
Présentateur

Sur les postes créés, un millier d'enseignants dans le primaire, est-ce que, comme on peut le penser après le discours de mardi de François Hollande, priorité aux quartiers populaires et aux zones rurales ? Première question. Deuxième question, y aura-t-il d'autres créations de postes hors enseignants, des surveillants, des agents dans les écoles dès cette rentrée 2012 ?

6:56
Vincent Peillon

Le président de la République a demandé à ce qu'au moins 2000 postes supplémentaires soient créés à la rentrée, qui peuvent être des assistants en pédagogie, qui peuvent être des personnels qui accompagnent les enfants handicapés. Ce nouveau corps dont il souhaite la création et sur lequel nous travaillons, de personnels qui sont là pour assurer la sécurité dans les établissements les plus difficiles. Et donc, vous savez, toute la rentrée 2012, elle a été préparée par la droite. Elle devrait d'ailleurs se dérouler dans de mauvaises conditions. 14 000 suppressions de postes, pas d'écoute des personnels. Nous remédions, nous allons remédier le plus rapidement possible.

On ne pourra pas tout faire à ces situations. Et donc, il y a, oui, d'autres postes qui vont être créés à la rentrée.

7:36
Présentateur

Priorité au public sur le privé ?

7:38
Vincent Peillon

Je ne suis absolument pas, ni le président de la République, ni le Premier ministre, pour rallumer une guerre scolaire qui d'ailleurs est terminée, heureusement, à part quelques rajouts depuis 1905. Nous savons vivre ensemble, nous avons des règles pour vivre ensemble. La laïcité est d'abord une école de tolérance. Et donc, les postes qui ont été détruits, c'est assez simple, ont été détruits et dans l'éducation publique et évidemment dans le privé. Eh bien, les postes qui seront recréés seront recréés à la proportionnelle des destructions. C'est un impératif, vous savez tout le temps, de justice. Donc, il n'y a pas d'idéologie.

Il y a de la justice et cette justice devrait produire de l'efficacité.

8:13
Présentateur

Alors, abrogation du décret sur l'évaluation des enseignants, vous l'avez dit tout à l'heure. L'allocation de rentrée scolaire, plus 25%. Ce décret-là sera signé dès la semaine prochaine ?

8:21
Vincent Peillon

Il sera signé très rapidement.

8:22
Présentateur

Quel sera le rôle de votre ministre délégué, Mme Georges-Paul-Angevin ? Ministre délégué à la réussite éducative, ça veut dire quoi ?

8:29
Vincent Peillon

Ça veut dire que c'est notre obsession. Et je suis ravi d'avoir Georges-Paul-Angevin avec son expérience, sa personnalité à mes côtés. Mais concrètement, que fera-t-elle ? Eh bien, elle va travailler spécifiquement. Vous savez, la réussite éducative, c'est la grande affaire. Et donc, on a besoin de pouvoir se concentrer sur un certain nombre de dispositifs que nous allons proposer. Pourquoi la grande affaire ? Parce que le problème français, c'est bien l'échec, la machine à trier. Quelques-uns réussissent, beaucoup échouent. Et en plus, même parmi ceux qui réussissent un peu, souvent l'insertion professionnelle est très difficile.

Donc, c'est pour bien marquer que la priorité du ministère, ça va être la réussite de tous les élèves. Elle aura des dossiers transversaux. Alors, vous pouvez penser à l'éducation prioritaire. Vous pouvez penser au travail que nous devons faire avec les plus jeunes. Elle sera présente à mes côtés sur tous les dossiers.

9:15
Présentateur

Alors, au-delà des mesures d'urgence qu'on a évoquées, une négociation avec les syndicats est prévue cet été pour préparer la loi d'orientation qui doit être votée à l'automne ou discutée à l'automne. On connaît le poids des syndicats dans l'éducation. Est-ce que vous direz toujours oui aux syndicats ? Est-ce que vous saurez leur dire non ?

9:33
Vincent Peillon

D'abord, sans doute. Mais ce n'est pas une négociation. Donc, je vais préciser que c'est une concertation. L'idée de François Hollande, c'est qu'il faut passer un nouveau contrat entre l'école et la nation. L'école, elle n'appartient pas à quelques-uns. Elle n'appartient pas aux professeurs seulement. Elle n'appartient pas aux parents d'élèves seulement. Elle appartient à la France. Chaque fois que la France a été grande, c'est la première république, c'est la troisième, c'est juste après la guerre, c'est quand elle a été capable, parce que c'est ça son identité, la France. C'est l'école, c'est le savoir, c'est le libre jugement. Eh bien, elle a été capable de se réunir autour de son école.

C'est ce que nous allons faire. Nous avons le sens de l'intérêt général. Il n'est jamais une addition d'intérêts particuliers. Mais nous avons le respect de chacun. Donc nous allons écouter tous ceux qui veulent entrer dans cette concertation. Les syndicats, bien entendu, ils représentent les parents d'élèves aussi. Les parents d'élèves, bien entendu. Les grandes associations d'éducation populaire, évidemment. Les experts aussi. Tous ceux qui veulent participer à cette refondation de l'école républicaine sont le bienvenu. Mais l'intérêt général ne sera pas la résultante d'intérêts particuliers. Ce n'est pas une négociation, c'est une concertation.

10:36
Présentateur

J'ai bien retenu la distinction. 01 45 24 7000 France Inter.fr pour vos questions au ministre de l'éducation Vincent Péillon qui nous quittera à 8h45 pour aller prendre possession de son ministère. Sous-titrage Société Radio-Canada