Marine Le Pen : "Emmanuel Macron souhaite échapper au débat"
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12 candidats, 12 grands entretiens spéciaux, voilà ce que nous vous proposons avec Léa Salamé depuis lundi dernier et jusqu'à ce vendredi compris. Aujourd'hui, amis auditeurs, vous allez pouvoir largement interroger la candidate du Rassemblement National à la présidentielle. Alors rendez-vous au standard 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Marine Le Pen, bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur Inter. Le déroulé de cet entretien en quelques mots, trois questions sans filtre pour commencer, des réponses rapides s'il vous plaît. Ensuite un entretien sur votre programme et l'actualité dans la foulée.
La parole donc aux auditeurs d'Inter et puis des questions plus personnelles pour finir.
On a posé, première question rapide, on a posé la même question à Emmanuel Macron hier à votre place sur cette drôle de campagne, qualifiée de campagne de merde par Jean Lassalle, ou au contraire de campagne passionnante par Jean-Luc Mélenchon qui dit même que c'est la plus intéressante des trois qu'il a connues. Et vous, dans quel camp vous situez ? Vous la trouvez décevante, ennuyeuse, sacrifiée cette campagne ou au contraire passionnante ?
Écoutez, moi en tout cas, ma campagne à moi, je l'ai faite de manière sérieuse. Je suis allée sur le terrain depuis plus de six mois maintenant. J'ai évoqué je crois l'intégralité des sujets qui sont des sujets de préoccupation des Français, des sujets extrêmement divers. D'autres n'ont pas fait campagne, c'est un choix, notamment le président de la République. Il s'y prend au dernier moment, sans d'ailleurs entrer sur le fond politique, ou si peu, de manière brouillonne, désordonnée, je le crois.
Hier, il est rentré, il a répondu aux questions sur les retraites, sur les enseignants, on a posé toutes les questions pour le coup de son programme.
Oui, bon, la réalité c'est que, pardon, enfin, reprenons, il a parlé de la retraite à 65 ans et nous a expliqué qu'en fait il n'avait pas abandonné son ancienne réforme. Donc on ne sait plus si c'est uniquement repousser l'âge de la retraite ou remettre en place la retraite par points. Il a évoqué l'orientation des élèves dès la cinquième et puis il a fait marche arrière pour nous expliquer que non, en fait, il s'agissait d'aller passer quelques heures dans une entreprise à deux doigts d'inventer le conseiller d'orientation. Non, le moins qu'on puisse dire, c'est que tout cela est très brouillon, très vague, très flou.
Mais, encore une fois, il y a des candidats qui ont fait une campagne sérieuse, même si cette campagne a été peu suivie, il faut bien le dire, par les médias traditionnels.
Dans son meeting samedi, là, en tout cas, Emmanuel Macron posait ainsi les termes, selon lui, de cette présidentielle. Les Français ont le choix entre le progrès ou le repli, le choix entre le patriotisme et l'Europe d'un côté, les nationalistes de l'autre. Marine Le Pen, êtes-vous d'accord avec les termes du débat ainsi présenté ?
Non, mais, enfin, j'ai bien compris qu'Emmanuel Macron entre en campagne extrêmement tardivement, avec des arguments qui sont très datés, matinés d'ailleurs d'attaques personnelles à mon égard, mais je n'entends pas d'arguments politiques, enfin, tout ça, ce sont des anathèmes, ce sont des anathèmes qui ont vocation, précisément, à échapper au débat. Or, ils souhaitent manifestement échapper au débat. Donc, ce n'est pas parce qu'on répète 32 fois extrême droite que l'on a fait campagne. Faire campagne, c'est confronter des points de vue, confronter des arguments, confronter une vision. Je n'ai pas vu de vision chez Emmanuel Macron.
Je veux dire, son meeting était une succession, en réalité, de propositions qui partaient absolument dans tous les sens. On ne voit pas où il nous emmène, où il souhaite, en tout cas, emmener les Français. Et en cela, je trouve que sa campagne est très faible.
Alors, vous, où souhaitez-vous emmener les Français ? En 2017, vous aviez pour slogan « Choisir la France ». En 2022, on lit sur votre affiche « Marine présidente et femme d'État ». Il n'y a plus ni le mot « France » ni le mot « Le Pen ». En revanche, le mot « femme », est-ce que vous assumez de jouer la carte du genre, de la féminité, « femme d'État » ?
De toute façon, je n'allais pas mettre « homme d'État », si vous voulez, je suis une femme. Non, mais vous avez choisi ce slogan-là. Je choisis parce que je pense que c'est le moment où nous allons gagner cette élection présidentielle et où, donc, nous allons assumer les responsabilités qui vont avec. « Femme d'État », ça veut aussi dire « État ». Ça veut aussi dire que je veux fonder mon projet sur le sauvetage, en réalité, de l'État qu'Emmanuel Macron est en train d'affaiblir dans des conditions qui sont vraiment très inquiétantes.
Je veux dire, les décisions qui ont été prises par lui en supprimant, en réalité, le corps diplomatique, quasiment, en supprimant le corps préfectoral, en supprimant l'ENA, en autorisant une forme de privatisation rampante et l'affaire McKinsey en est une démonstration très flagrante. On remplace, en fait, les hauts fonctionnaires, la haute fonction publique, les grands serviteurs de l'État par du privé, par des gens que l'on choisit en fonction de ses affinités et non pas en fonction des qualités et de la formation qui est la leur. Eh bien, il faut à tout prix sauver l'État. Et je vais vous dire pourquoi.
Parce que l'État, c'est ce qui protège les plus modestes, c'est ce qui protège les plus faibles. Et là, effectivement, j'ai une divergence tout à fait profonde avec Emmanuel Macron.
Sur l'Ukraine, vous avez estimé jeudi dernier sur France 2 que si la guerre se terminait, Vladimir Poutine pourrait, bien entendu, ce sont vos mots, redevenir un allié de la France faisant valoir que la Russie n'allait pas déménager. Après l'horreur découverte ce week-end à Boucha, le diriez-vous toujours, Marine Le Pen, où Vladimir Poutine vient là de franchir une ligne rouge qui le met au banc des nations ?
Bon, d'abord, la réalité, c'est que la question a été posée ainsi, mais dans mon esprit, c'est la Russie dont je parlais. La question, c'est est-ce qu'on considère qu'ad vitam aeternam, la Russie doit ne plus faire l'objet de la moindre discussion ? La question, c'était Vladimir Poutine, c'est moi qui l'avais posée. Oui, mais vous avez raison. Mais vous voyez, poser en trois questions quelques minutes. Moi, je crois qu'il faut d'abord immédiatement une enquête de l'ONU. Je l'avais réclamée, encore une fois, pour Mariupol. Je la réclame, évidemment, aujourd'hui de manière générale.
Il faut que l'ONU aille sur le terrain pour effectuer une enquête, pour déterminer qui sont les responsables de ces crimes de guerre. Car, à l'évidence, lorsque des civils qui sont désarmés sont ainsi assassinés dans des conditions absolument épouvantables, il s'agit là d'un crime de guerre. Mais il y a un doute sur les agresseurs ? Non, mais ce n'est pas sur le plateau de France Inter qu'on décide ce qui s'est passé, qui est coupable, et la sanction qu'on doit mettre en œuvre. Moi, excusez-moi, mais je crois aux droits internationaux.
Je suis un avocat, alors peut-être ai-je plus d'attachement aux procédures et aux droits, mais je pense que nous avons des structures internationales qui sont là pour ça. Il faut leur faire confiance. Et il faut, encore une fois, que l'ONU enquête sur l'intégralité des faits qui ont été portés, d'ailleurs, à notre connaissance, par toute une série de vidéos depuis le début. Donc, quand les ukrainiens disent que c'est les Russes, vous demandez une enquête ? Je vous le dis de manière très claire. Les gens qui seraient convaincus d'avoir commis des crimes de guerre ne peuvent pas réintégrer le concert des nations.
En revanche, les pays, un jour ou l'autre, de toute façon, doivent faire l'objet d'une discussion. D'ailleurs, pardon, mais Emmanuel Macron continue à discuter tous les jours, d'après ses dires, avec Vladimir Poutine. Donc, c'est cela, ce que je veux dire. Quand je dis que la Russie ne va pas déménager, je dis que, oui, de toute façon, c'est un pays qui est en Europe et que, par conséquent, il faudra trouver dans l'avenir les moyens de trouver un canal de discussion pour éviter la constitution d'une gigantesque puissance sinorus qui pourrait représenter demain un danger peut-être 100 fois plus important pour la liberté et la sécurité de l'Europe.
Dans votre programme Défense, qui est toujours sur le site, on peut y avoir accès, il est écrit que si vous êtes élu, vous rechercherez, je cite, une alliance avec la Russie sur plusieurs sujets de fond, dont la sécurité européenne, je cite, qui ne peut exister sans la Russie. La sécurité européenne ne peut exister sans la Russie. Sans doute, vous l'avez écrit avant la guerre. Oui, bien sûr. Mais quand même, c'est toujours sur le site.
Nous l'avons écrit et diffusé avant. Moi, je ne vais pas faire comme les soviétiques, c'est-à-dire rayer des gens sur les photos où ça n'aurait pas de sens, si vous voulez. Nous l'avons écrit parce que nous étions, à l'époque, évidemment, avant la guerre, dans le même état d'esprit, d'ailleurs, qu'était Emmanuel Macron. Il faut s'en souvenir. Moi, je veux bien qu'on cherche aujourd'hui à me diaboliser par personne interposée parce que c'est la fin de la campagne. Bon, c'est de bonne guerre. Mais moi, je me souviens ce que disait Emmanuel Macron quand il avait reçu Vladimir Poutine en 2019 à Brégançon, c'est-à-dire bien après l'annexion de la Crimée.
Il disait qu'il fallait réarimer la Russie à l'Europe et il exprimait sa croyance dans une Europe qui va de Lisbonne à Vladivostok, qui est en fait la ligne géopolitique, géostratégique de la France depuis le général de Gaulle. Donc, je n'étais que dans cette vision-là. Donc, vous pourriez le corriger, là, sur le livre. Maintenant, si vous voulez, là encore, comme Emmanuel Macron, vous voyez comme quoi on n'a pas que des sujets de divergence. Comme Emmanuel Macron, je considérais jusqu'à récemment que la Russie était un allié dans la lutte contre le fondamentalisme islamiste. Et c'est en cela que j'évoquais la sécurité de l'Europe.
Car la sécurité de l'Europe aujourd'hui, aujourd'hui, nous ne sommes pas dans des circonstances à pouvoir mettre en place une coopération dans la lutte contre le fondamentalisme islamiste au moment où nous nous parlons avec la Russie. C'est une évidence. Mais, voilà, j'essaye toujours d'avoir un positionnement, si vous voulez, qui soit le plus raisonnable possible, mais surtout qui prenne en considération l'intérêt de la France. Et en cela, je ne suis pas seule. Je vous rappelle que deux tiers du monde est en train de réfléchir aujourd'hui par rapport à la Russie, à ses intérêts nationaux. Vous voyez ?
Et c'est le cas de l'Inde, c'est le cas de la Chine, c'est le cas de l'Afrique, c'est le cas d'Israël, c'est le cas de la Turquie et de toute une série d'autres pays.
Dans ce contexte, Marine Le Pen, plusieurs diplomates russes ont été expulsés depuis hier de France et d'Allemagne notamment. L'UE veut décider de nouvelles sanctions contre Moscou. Emmanuel Macron, hier à ce micro, évoquait un embargo sur le pétrole et le charbon russe. Y êtes-vous favorable ?
Non, moi je suis... Pétrole et charbon. Non, je suis défavorable aux sanctions qui touchent à l'énergie parce que je sais quelles conséquences cela peut avoir sur notre économie et sur le pouvoir d'achat des Français. Donc, moi je fais clairement le choix de défendre nos entreprises, donc nos emplois, ainsi que le pouvoir d'achat des Français. Pour l'instant, nous n'avons pas les moyens de remplacer le gaz russe. Mais donc, vous n'avez pas de ligne rouge sur la question Marine Le Pen ? Je ne parle pas de temps de la France.
Quoi que fasse Poutine en Ukraine, massacrer des civils, raser des villes, on continue à acheter du pétrole, du gaz. Ce sera votre ligne si vous êtes élu ?
Le problème, c'est que nous n'avons pas la possibilité de faire autrement. Mais ce n'est pas Marine Le Pen qui a créé la dépendance de l'Europe à la Russie. Voilà, c'est Emmanuel Macron et ses amis allemands. Je veux dire, il y a un moment, il faut quand même dire les choses. Moi, je suis pour le nucléaire. Je le suis depuis longtemps. Je suis pour l'hydrogène. Je suis pour l'hydroélectricité. Je suis pour un mix qui est 100% indépendant. Ce n'est pas le choix qui a été fait par Emmanuel Macron, qui au début de son mandat, au contraire, a mis en place les conditions de l'affaiblissement de notre puissance nucléaire. Il est pour ce marché européen de l'électricité. Je suis contre.
Je suis pour sortir de ce marché européen de l'électricité. Si nous n'y étions pas, alors nous pourrions évidemment nous passer du peu de gaz russe que reçoit la France. Mais en l'occurrence, nous sommes dépendants du fait des choix allemands et du fait du soutien d'Emmanuel Macron aux choix allemands. Donc, moi, si j'avais été au pouvoir depuis 5 ans, nous ne serions pas dans cette situation de dépendance à l'égard du gaz russe.
Il me semble, mais peut-être je me trompe, que vous-même, vous avez évolué aussi sur le nucléaire par rapport à ce que vous pensiez il y a 10 ans. Non, c'est faux.
On m'avait dit que le nucléaire est dangereux. J'avais dit oui, c'est une énergie évidemment dangereuse car il peut y avoir un accident dans une centrale nucléaire. Mais pour l'instant, tant que nous n'avons aucune énergie qui soit en même temps aussi performante, aussi peu chère, aussi stable, eh bien nous ne pouvons pas nous passer du nucléaire. Voilà, c'était, là encore, je crois, une position de raison.
Autre chapitre, vous voulez soumettre par référendum votre projet pour maîtriser l'immigration et instaurer la préférence nationale. Une question technique pour commencer. Vous dites Marine Le Pen que vous le ferez en utilisant l'article 11 de la Constitution. Or, on ne peut utiliser cet article que pour des questions liées à l'organisation des pouvoirs, l'économie, les services publics, mais en aucun cas pour les réformes touchant aux droits fondamentaux et aux libertés publiques. Pour ça, il faut passer devant le Parlement. Est-ce que ça ne compromet pas vos chances de faire adopter la pierre angulaire de ce qu'est votre projet que de devoir ainsi passer devant le Parlement ?
Ce que vous dites est totalement faux. La réalité, c'est que si ce que vous dites est vrai, alors l'élection présidentielle qui va avoir lieu dans cinq jours est parfaitement illégale. car, à l'évidence, parce que c'est par référendum que la Constitution a été modifiée pour permettre l'élection directe du président de la République par les Français. Ça, c'était en 1962. En réalité, le général de Gaulle a utilisé le référendum pour modifier la Constitution. Et quelques années plus tard, d'ailleurs, un certain nombre disaient que ça avait été un coup d'État, souvenez-vous.
Et quelques années plus tard, les mêmes qui accusaient le général de Gaulle d'avoir effectué un coup d'État ont indiqué qu'il était acquis maintenant que la modification de la Constitution pouvait se faire et par l'article 11 et par l'article 89. Et vous savez qui disait ça ? François Mitterrand. C'est-à-dire celui qui avait été le plus critique à l'égard du général de Gaulle. Donc, il y a maintenant un acquis jurisprudentiel que l'on peut faire modifier la Constitution directement par référendum. Et c'est normal. Et c'est normal. Parce que la réalité...
Il y a 62 et puis il y a 69. C'est-à-dire que la dernière fois que le général de Gaulle a voulu se servir de cette procédure-là, c'était pour la régionalisation et la réforme du Sénat et ça n'a pas abouti. Donc, la procédure que vous voulez employer, le dernier état de l'art, si j'ose dire, c'est 69 et ça n'a pas abouti.
Non, mais ça n'a pas abouti parce que les gens ont voté contre.
Non, mais là,
sur le même... Non, mais c'est quoi le sujet ? Ça n'a pas abouti pas pour des raisons juridiques. Ça n'a pas abouti parce que les gens étaient contre. Mais si vous voulez, on ne peut pas faire du droit à la tête du client. On ne peut pas dire « Ah ben, le général de Gaulle a fait ça, mais lui, il avait le droit parce que c'était le général de Gaulle. Ça, ce n'est pas du droit, ça. Ça, c'est de l'anarchie, c'est n'importe quoi. Donc, je veux dire, il faut à un moment donné être raisonnable. Donc, que les Français aient la possibilité par référendum de se choisir leur loi suprême, est-ce que ce n'est pas le cœur même de la démocratie ?
Évidemment que oui. Sur le fond, inscrire cette priorité nationale, ça veut dire quoi dans la Constitution ? Ça veut dire quoi concrètement ? Expliquez-nous comment ce sera concrètement ? Qu'est-ce qui changera une fois que vous aurez inscrit cette priorité nationale à la Constitution ? Par exemple, vous réserverez tous les emplois aux Français, par exemple, sur un secteur en tension. Prenons les médecins. Un médecin marocain pourra travailler sous Marine Le Pen où il faudra vérifier qu'aucun Français ne veut le job pour qu'il puisse l'avoir. Comment ça va se passer concrètement ?
L'inscription de la priorité nationale dans le référendum permet de l'autoriser. C'est-à-dire de dire j'ai le droit de préférer offrir un emploi aux Français à compétence égale par rapport à un demandeur d'emploi étranger. Ça permet également d'accorder une priorité d'accès au logement social aux Français. Donc ça, très clairement, les dossiers des Français sont présentés en priorité par rapport aux dossiers des étrangers dans l'accès aux logements sociaux. Donc le patron de l'hôpital,
quand il a un job à pourvoir, quand il a un poste de médecin à pourvoir, il doit bien s'assurer que tous les Français qui pourraient postuler ne sont pas là pour pouvoir embaucher le Marocain. C'est ça votre idée ?
Il peut le faire, oui. Et je trouve que c'est tout à fait naturel. Je considère que lorsqu'on a 5 700 000 chômeurs dans un pays à compétence égale, il n'y a pas de raison de ne pas réserver une priorité, encore une fois, d'accès à l'emploi. Donc ça ne veut pas dire interdire aux étrangers de travailler, mais ça veut dire que pour tout nouvel emploi pourvu, on s'assure qu'il n'y a pas des Français qui peuvent répondre en termes de compétence à cet emploi.
Ça mérite d'être clair, mais à la fin de votre quinquennat, si vous l'instaurez, cette priorité nationale sur les emplois et sur les logements, ça veut dire que, par exemple, si on reprend le cas de notre médecin marocain, le médecin marocain qui finalement a le poste, qui travaille ici, il aura de toutes les manières moins de droits que le Français ?
Ah, mais de toute façon, Madame Salamé, dans un pays, celui qui a la nationalité française, dans un pays, qui a la nationalité, il a moins de droits que celui qui est étranger. Et c'est plutôt moins vrai en France, d'ailleurs, où les droits, au fur et à mesure du temps, ont été quasiment mis à égalité. Je viens dire et j'assume que je considère que le fait d'avoir la nationalité française doit vous donner des droits supplémentaires par rapport à ceux qui n'ont pas la nationalité française. Mais Madame Salamé, c'est déjà le cas. Pas sur la solidarité nationale. Non, mais c'est déjà le cas. Je vous rappelle quand même, et je rappelle d'ailleurs à M.
Rousseau, un constitutionnaliste d'extrême-gauche qui a écrit une longue diatribe dans laquelle il y a beaucoup d'énormité, d'ailleurs. Il va jusqu'à dire...
Il va dire que ce sont... que c'est potentiellement une restriction plus forte que les lois de Vichy qui proscrivaient l'excès de certaines professions aux juifs. pour l'article 1 de votre projet de loi.
Vous voyez, ce propos d'abord est ignoble. Bon, voilà, ça c'est déjà le jugement moral. Mais en plus, juridiquement absolument stupide puisque la ligne suivante, il critique l'interdiction qui serait faite aux étrangers de travailler dans la police. Donc ce pauvre constitutionnaliste ne sait pas que c'est déjà le cas. Donc vous voyez, quand on a un tel niveau d'incompétence, je crois qu'il faut mettre ce genre de texte à l'écart.
France Inter, 8h40. Et vous avez la parole amis auditeurs pour interroger Marine Le Pen. C'est Alain qui ouvre ce dialogue. Bonjour et bienvenue. Bonjour Madame Salamé. Bonjour Madame Le Pen. Bonjour Monsieur Demorand. Bonjour. Je voudrais juste apporter une précision lorsque vous avez évoqué le problème des médecins étrangers. Je travaille depuis 38 ans dans un hôpital. Je suis cadre supérieur. Le problème des médecins étrangers, c'est que si demain ils ne sont plus dans les hôpitaux, il n'y a plus de médecins. C'était juste un aparté que je voulais faire. Ce n'est pas un problème de nationalité.
Ça ne rentre pas en contradiction avec la priorité nationale.
Les médecins français ne veulent plus aller dans certains services hospitaliers Madame Le Pen. Il faut que vous en soyez consciente.
Pardon mais j'entends votre propos mais ça ne vient pas en contradiction avec la priorité nationale puisque par définition s'il n'y a personne, s'il n'y a aucun médecin français qui postule à ce poste, alors il n'y a pas de difficulté pour embaucher des médecins étrangers. Au passage, il y a moins de médecins français aussi parce qu'il y a eu un numerus clausus pendant des décennies qui est la conséquence de l'absence de prévoyance de nos dirigeants. Ça c'était votre remarque Alain, je crois que vous aviez
une question aussi. Madame Le Pen, si vous étiez élue le 24 avril, vous allez avoir quelques difficultés pour avoir une assemblée nationale avec des députés du Front National, du Rassemblement National, pardon. est-ce que vous pouvez nous dire quelle est votre stratégie pour éventuellement vous permettre de gouverner ce pays ? Merci Alain pour cette question. Marine Le Pen.
Merci de cette question. C'est une question d'ailleurs qui se posait il y a 5 ans. Je me souviens, un certain nombre de personnes indiquaient qu'Emmanuel Macron, même s'il était élu, n'aurait jamais de majorité. Et j'avais dit, je ne le crois pas. Je pense que s'il est élu, il aura une majorité. Et de la même manière, si je suis élu, j'aurai une majorité. Parce qu'il y a une cohérence de la part du peuple français qui est un peuple d'ailleurs très politique. Quand il élit un président et que les élections législatives ont lieu immédiatement derrière, il donne une majorité au président. Donc je ne crois pas du tout à cette inquiétude d'une absence de majorité.
De surcroît, moi je souhaite mettre en oeuvre un gouvernement d'union nationale. C'est-à-dire que...
On a un auditeur, Jean, qui demande avec qui dedans, il demande des noms.
Oui, mais je ne peux pas donner de noms au moment où je vous parle. Évidemment. Je transmets la question. Non mais bien sûr. Mais de la même manière qu'aucun président ne vous dit à l'avance qui sera son premier ministre, aucun président ne peut vous dire à l'avance. Non. Qui pourra... Si, il a dit que ce serait Marion Maréchal. Qui pourra... Oui, d'accord. Et Valérie Pécresse aussi. Donc on ne sait pas trop. Qui pourra... Qui participera à son gouvernement ? Parce que ça dépend aussi du résultat des élections législatives. Ce qui est sûr, si vous voulez, c'est que je ne veux pas diriger le pays de manière partisane.
Je le dis, vous pourrez me ressortir lorsque je serai élu cette déclaration, je n'ai aucun problème avec ça. Ce que je veux, c'est construire, encore une fois, une vision pour le pays et permettre à ceux qui partagent cette vision, quelle que soit leur origine politique, à partir du moment où ils en ont les compétences, de venir travailler avec moi pour construire la sécurité de notre pays, la prospérité de notre pays, son indépendance, sa souveraineté, parce que c'est absolument essentiel.
Maude au standard. Maude qui nous appelle de Bretagne, je crois. Bienvenue.
Oui, bonjour à tous et à toutes. Alors moi, je vais d'abord juste rappeler qu'il y a le troisième volet du sixième rapport du GIEC qui est sorti hier et je voulais du coup poser la question à Madame Le Pen. En supposant que vous avez lu les résumés pour les décideurs, ce que je ne doute pas, est-ce que vous allez suivre les recommandations du GIEC qui sont sérieuses et qui demandent en fait une chose toute simple, c'est la sobriété, la baisse de la demande en consommation d'énergie, de viande ou encore de l'usage de la voiture.
Et avec une unité de temps urgente, merci Maude pour cette question, encore trois ans devant nous. Marine Le Pen vous répond.
Oui, alors j'ai lu le résumé effectivement du GIEC. Permettez-moi de vous dire que l'objectif de la neutralité carbone, vous savez, en 2030, je l'ai dit, consisterait en réalité, vous parlez de modération, mais c'est plus que de la modération puisqu'il faudrait en fait être dans la situation de l'année où on a été totalement en confinement à cause du Covid. Donc on voit bien que ça a été, c'est-à-dire l'arrêt en réalité d'une partie majoritaire de l'économie. Donc je suis absolument d'accord sur la volonté bien sûr de la stratégie qui consiste à baisser les émissions carbone, mais je n'ai pas les mêmes moyens que le GIEC. Pourquoi ?
Parce que moi, je crois que c'est grâce au nucléaire et grâce à l'hydrogène que nous réussirons à décarboner totalement notre énergie. Je pense que la décarbonation de l'industrie, c'est 19% des émissions par l'électrification et la production d'hydrogène vert doit être une priorité. Je pense qu'il faut s'attacher prioritairement également au logement passoire thermique et électrifier le plus possible le chauffage. Je pense qu'il ne faut pas donner des ambitions qui sont intenables en matière de véhicules automobiles mais prévoir en fait un éventail de technologies de voitures propres.
Et puis fondamentalement je vous dis le mix énergétique que je propose qui est 100% indépendant je l'ai dit et 100% décarboné et autonome.
Il nous reste deux minutes pour les questions de fin mais d'abord je voudrais vous interroger sur une affaire depuis 24h tous les candidats commentent l'affaire Jérémy Cohen du nom de ce jeune homme décédé à Bobigny après avoir été percuté par un tramway on apprend qu'il fuyait en fait une agression par un groupe d'individus la famille veut que la justice fasse son travail et refuse la récupération politique n'y a-t-il pas quand même une instrumentalisation politique à 5 jours du premier tour alors que la justice n'a pas établi les faits encore ?
Non mais la vraie question c'est est-ce qu'il n'y a pas eu une instrumentalisation en cachant ces faits ? Voilà c'est ça la vraie question parce que que ces faits soient absolument bouleversants évidemment que ça bouleverse évidemment que ça nous touche tous évidemment que comme parents comme responsables politiques comme français ça nous touche tous mais la vraie question c'est est-ce qu'on n'a pas en réalité travesti cet acte affreux qui a consisté à frapper à molester un jeune juif handicapé qui du coup s'est enfui et est mort en fait de cette fuite éperdue parce qu'on ne voulait pas parler de cela au moment de la campagne présidentielle
Est-ce que vous voyez vous ? Vous pensez que ça a été caché c'est ça ? C'est ce que vous pensez ?
C'est pas un accident enfin je veux dire il suffit de voir la vidéo pour s'apercevoir que tout ça n'a rien d'accidentel c'est évidemment un acte criminel donc pourquoi avoir caché ça en accident ?
C'est une vraie question moi je me pose la question de savoir s'il ne faut pas une enquête parlementaire parce que le sujet évidemment bouleverse tout le monde il faut que la lumière soit faite et après tout une enquête parlementaire permettra de savoir qui d'abord est-ce que cette dissimulation a été volontaire en tout cas je peux vous dire que la volonté des parents est admirable moi je veux dire je les ai trouvés admirables leur volonté leur pugnacité à faire émerger la vérité sur la mort de leur fils méritent vraiment un vrai hommage deux questions rapides en dix secondes pour finir
meilleur et pire président de la cinquième république là on rentre dans les arrêts de jeu meilleur général de Gaulle le pire Emmanuel Macron
on va vous laisser tousser
pardon
allez la dernière question à part vous qui a fait une bonne campagne à vos yeux ?
Jean-Luc Mélenchon incontestablement a fait une bonne campagne
un président n'a pas d'amis dit Françoise Giroud vous êtes d'accord avec ça ? on va vous laisser reprendre votre souffle non mais oui
elle a raison bien entendu le président n'a pas d'amis il doit avoir une seule encore une fois obsession un seul objectif c'est la défense des intérêts de la France et des français et à chaque fois qu'il y a des copinages on s'aperçoit comme dans l'affaire McKinsey que en réalité ça cache des problèmes très lourds
Marine Le Pen merci d'avoir été au micro d'Inter ce matin il est 8h49
France Inter
Marine Le Pen