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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 11 janvier 2026 15 min

Philippe Juvin, député LR, est l'invité de la matinale de Franceinfo

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

9h34 sur France Info. Dans un instant, c'est l'interview politique et nous recevons Philippe Juvain, député LR des Hautes scèes, rapporteur général du budget. Bonjour et merci d'être avec nous euh ce matin.

Euh Marine Le Pen, on vient de le voir, aura son procès en appel qui va s'ouvrir euh mardi. Est-ce que c'est déterminant pour l'ensemble de la classe politique, pour la prochaine présidentielle ? Est-ce que vous allez regarder ça avec quand même beaucoup d'attention ?

Bah tout le monde va évidemment regarder ça. La le Rassemblement national est le premier groupe à l'Assemblée nationale en terme de de nombre de députés et donc il est évident que ce procès aura des effets politiques mais ça aura des conséquences si elle est empêchée de concourir notamment pour les les républicains. Par définition quand tu as un candidat qui qui se prépare c'est son cas à la présidence à la candidature à la présidence de la République depuis des années ne peut pas se présenter.

Oui ça a des conséquences mais je ne suis pas madame Irma. Je verrai ce qui se je je verrai comme vous et je regarderai l'actualité et au fur et à mesure on en tirera des conséquences. Ouais.

Et ce c'est grave pour la démocratie que qu'une candidate comme Marine Le Pen qui incarne le RN depuis depuis son père finalement ne puisse pas être candidate. Ça pose un problème ? Non.

La démocratie c'est un ensemble de pouvoirs dont l'autorité judiciaire. Donc on est dans un strict cadre démocratique et républicain ce procès. Il y a un ou deux éléments quand même qui enfin c'est un procès très complexe he quand vous regardez les les infractions qui sont reprochées au aux intéressés.

Euh moi, il y a je m'interroge toujours sur une des infractions. Euh on reproche en particulier à Marine Le Pen où ou ses coaccusés, je vous je ne sais pas très bien euh ou probablement à tous d'avoir entre guillemets utilisé leurs assistants parlementaires à faire de la politique entre guillemets. Et vous voyez, c'est une question quasiment de fond.

Moi, j'ai toujours plaidé pour que les parlementaires, qu'ils soient députés européens à l'Assemblée nationale ou Sénat, puissent effectivement, grâce à leurs assistants parlementaires entre guillemets, faire de la politique. J'ai du mal à voir la différence entre le travail purement parlementaire, je fabrique la loi et le travail politique qui consiste simplement de façon militante à faire connaître les positions que l'on a sur la loi que que l'on que l'on que l'on souhaite modifier. Donc euh je je crois que ce processa aussi intéressant sur le fond sur euh peut-être une mise à plat de ce que peut reprocher ou pas un homme ou une femme politique.

Hm ce qui elle est jugée pour détournement de de fonds et notamment de de fonds européens. Euh on va on va parler des médecins. Euh vous êtes médecin euh aussi euh même si vous êtes à l'hôpital, vous n'êtes pas médecin libéral mais on le voit les médecins convergent vers vers Bruxelles et hier une grande manifestation a réuni 20000 médecins à Paris.

Vous vous comprenez leur colère ? Je comprends tout à fait leur leur colère. Les médecins sont des gens très comp.

Vous avez voté le budget de la sécurité sociale ? Oui. Oui.

Oui. Mais oui. Non, c'est c'est pardon, c'est beaucoup plus beaucoup plus complexe et c'est plus profond.

Les médecins ce sont des gens très courageux qui travaillent beaucoup. Voilà, vous travaillez plusieurs dizaines d'heures par semaine dont le métier pardon n'est pas tout à fait fait le même. Je parlais avec un un collègue libéral chirurgien.

Quand vous entrez au bloc opératoire le matin à 8h que vous en sortez 5 6h plus tard plein de plein de sueurs, ça a été dur, plein de sang du patient, plein de merde du patient pardon, plein d'urine du patient euh que le patient a fait un arrêt du cœur pendant une fois ou deux que vous l'avez récupéré, bah pardon, vous ne sortez pas indemne. Vous voyez, ces quelques heures de travail, je veux dire par là que les médecins ont un travail qui n'est pas un travail de toute tranquillité. sont des gens courageux qui travaillent et on a l'impression que l'administration dans sa recherche permanente de vouloir normer toutes les activités humaines mé connaissent cela et traite très mal les les médecins.

Quand quand j'entends un certain nombre de responsables administratifs ou politiques du pays parler de médecins qui sont des rentiers, moi je comprends la colère de mes de de mes de mes confrères. Euh donc comment on en sort de cette affaire ? On en sort parce que il peut ils disent la régulation des armes maladies on on est contre.

Vous vous l'avez voté dans le budget de la sécurité sociale ? Si ils font référence à une disposition qui pourrait arriver dans le projet de loi sur la fraude, vous savez qui va arriver dans quelques semaines qui euh va réguler de manière très très dure euh les arrêts maladies. Considérant que les médecins sont participent à la fraude sociale, qui est une question de fraude sociale, c'est évident, qui a une explosion des dépenses de santé lié à ce qu'on appelle les indemnités journalières, c'est un vrai problème.

Ce que je conteste, c'est la mise en cause des médecins dans ce qu'ils sont dans leur activité. Mais s'il y a de la fraude, c'est qu'il y a des arrêts maladies de complaisance. Non.

Alors, peut-être oui, peut-être, mais faire des médecins des délinquants et et faire des médecins à la fois des délinquants et des rentiers, puisque ça a été dit, hein, il y a des gens qui ont dit les médecins sont des rentiers de l'assurance maladie, euh bah je je trouve que c'est les humilier et ne pas reconnaître le travail difficile qu'ils font. Donc, comment on fait pour sortir de cette affaire qui est très complexe hein ? Je pense qu'il faut d'abord les recevoir, il faut les écouter.

Elle a proposé he la ministre de la santé Stéphan, ils ont ils ont refusé, ils doivent se mettre autour de la table. Je je je veux pas faire l'arbitre des élégances entre la ministre et les médecins, mais ça fait maintenant plusieurs mois qu'il alerte en disant "Là, nous allons avoir un problème que je pense le temps a passé, ils n'ont pas été euh euh reçus comme comme il aurait fallu les recevoir." Je pense que il faut évidemment remettre à plat de santé qui dysfonctionne.

On on pourrait être mieux soigné en France aujourd'hui. Voilà, je le dis comme ça, malgré des professionnels qui se donnent beaucoup. Il faut prendre le temps de les écouter.

Ils sont ils sont part de la solution. Les médecins, c'est pas le problème, c'est la solution. Il faut les écouter et je pense qu'on peut s'en sortir.

Il y a un vrai problème si vous voulez de traitement psychologique des médecins. C'est un peu comme les agriculteurs. On a une population d'un côté qui soigne, une population qui nourrit les Français et ils ont l'impression d'être maltraités et ils le sont parfois.

Preuve de plus de mensuétude avec les agriculteurs qu'avec les médecins, vous trouvez ? Euh non, je je trouve qu'on enfin les les médecins et les agriculteurs sont deux populations importantes à la bonne vie euh de la nation et qui sont tous les et qui les deux populations ont des raisons de se sentir humilié et en particulier par un poids de normes absolument délirant qui ne fait que contrôler leur activité, les suspectant en permanence de vouloir pour les médecins être des rentiers, pour les agriculteurs de polluer la planète, voyez. Et donc, il est normal que cette deux populations disent "Stop, j'en peux plus." D'ailleurs, je vais vous dire tous les matins, je me réveille en me disant par quel miracle on n' pas eu la révolution dans ce pays parce qu'on est un pays qui a toutes les chances d'y arriver et qui euh systématiquement voit les populations qui essayent de de tirer ce pay vers le haut se faire abîmer par une hyperadministration suspicieuse.

Hm hm. La colère des agriculteurs, elle vient en partie du vote négatif du du Mercosour enfin ou en tout cas de l'adoption du du Mercosour. Est-ce que c'est une est-ce que c'est une erreur d'avoir voté ?

Non. Non mais elle elle vient de bien plus loin. Le Mercossur n'est pas en vigueur par définition puisquil n'est pas encore ratifié et pourtant pas réussi à l'empêcher.

Il devrait et pourtant l'agriculture française ne va ne va pas bien. Donc on voit bien que la question c'est pas que le mercure. La question c'est à la fois une question européenne une PAC qui ne garantit pas suffisamment les revenus des agriculteurs.

C'est une question française avec un pays français qui accumule les contraintes sur la vie des agriculteurs alors qu'ils ont un métier à eux aussi très difficile. Moi je les compare les médecins agriculteurs. Je trouve qu'il y a vraiment deux éléments en terme de de vie de vie quotidienne tout à fait comparable.

Et puis il y a une question internationale et là on vient sur le Mercosure. Je pense qu'il faudrait qu'on ait une idée très simple en tête, c'est il faut évidemment commercier avec le monde entier. Ça ça va de soi.

Et d'ailleurs dans le Mercossure, il y a des filières qui vont y gagner. La filière de l' va y gagner. H non, en revanche, ce qu'il est inacceptable, c'est que on accepte à travers des des des traités internationaux de faire entrer sur le le territoire français des produits qui ont été traités avec des normes qui ne sont pas les normes françaises.

On impose aux agriculteurs français des obligations très dures et ces obligations ne les imposent pas aux produits qui sont apportés. Donc la vraie question c'est pas le commerce international, c'est non c'est c'est le commerce international commerce international loyal. C'estàd que ça pose pas de problème à l'Italie, ça pose pas de problème à l'Angleterre pour une raison pour une autre raison, c'est que ces pays que vous venez de citer dans le Mercosur, il trouvent des intérêts que nous n'avons pas en particulier des intérêts industriels.

C'est-à-dire que le Mercosur pour que les gens comprennent, c'est un traité de libre échange qui traite à la fois d'affaires agricoles et d'affaires industrielles. et l'Allemagne et l'Italie, vous avez ces deux pays, citer ces deux pays sont des pays qui ont une industrie très prospère, ce qui n'est plus le cas de la France et donc entre guillemets se rattrape sur l'industrie. Et nous, notre question principale, c'est l'agriculture.

Vous rendez compte que nous étions la deuxième agriculture du monde exportatrice après les États-Unis il y a quelques années. Nous ne sommes plus que la 6e. Pourquoi ? parce que tous les jours on fait de on on fait de la misère à nos agriculteurs comme on a fait aux médecins libéraux en les empêchant de travailler et en les suspectant de tous les mots.

Donc c cette question l'humiliation permanente des médecins, l'humiliation permanente des agriculteurs. Laiss faisons confiance aux médecins et faisons confiance aux agriculteurs et arrêtons de les ensevelir sous des normes les plus importantes encore tous les jours. On va parler budget avec vous rapporteur général.

Le premier ministre dit qu'il ne souhaite ni dissolution ni censur, mais il a demandé au ministre de l'intérieur de d'envisager d'éventuelles élections législatives le jour des municipales. C'est c'est une sorte de coup de bluff, c'est une sorte de pression, de menace à l'égard des socialistes pour avoir un accord de non censure. Écoutez, je l'ignore pour être très franc.

Euh ce que je sais, c'est peut-être deux choses principales. D'abord, il faut évidemment que nous ayons un budget. On peut pas durer comme ça.

Alors, on nous dit l'Espagne n'a pas de budget. Bah ouais, d'accord. Enfin, l'Espagne c'est la France, c'est pas l'Espagne.

Nous avons d'autres ambitions, la France que que l'Espagne en particulier de peser sur les affaires du monde. Et deuxièmement, ce budget, ça doit être un budget qui comprennent une chose très simple, c'est que l'objectif principal, c'est de diminuer l'endettement du pays. en 2029, entendez-moi bien, en 2029, si on ne bouge pas, si on continue les petites affaires dans notre petit coin comme ça, le le remboursement des intérêts de la dette, les intérêts simplement chaque année sera supérieur à tous les autres budgets de de de tous les autres ministères.

Donc, c'est tout simplement impossible puisque ça nous prive de marge de manœuvre. On envoie de l'argent payer les intérêts de la dette, c'est-à-dire on paye les retraites des des fonds de pension américains au lieu de de payer nos services publics. Il y a un compromis euh sur les les 5 % hein puisque c'est ça l'objectif à tenir de déficit public.

Un un accord on pourrait dire entre socialiste, LR, macroniste sur ces 5 %. Non non, il y a pas d'accord pour une raison assez simple et je vais vous la résumer. Je je suis le rapporteur général du budget.

J'ai mis sur la table une copie qui arrive à moins de 5 % mais pour faire cette copie, il faut accepter de baisser, tenezvous bien, de 2 % en moyenne en moyenne les dépenses de l'État. Voilà, je les gens disent 2,5 c'est ça, il faut arriver à moins à peu près 2 % pour baisser les dépenses de Vous avez dit 9 milliards en moins, 6 milliards de drapeau et puis 2 milliards 9 de recettes supplémentaires. Oui.

Et puis un peu plus que 6 milliards de mais peu importe dans les chiffres, l'idée c'est de faire 70 % de l'effort sur la baisse de la dépense. Moi, je crois qu'en fait nous sommes déjà champion du monde des impôts pour équilibrer un budget. Soit vous augmentez les impôts, soit vous baissez les dépenses.

Bien sûr, ça c'est facile à comprendre. Moi je trouve qu'on a des impôts qui sont trop élevés. Donc je veux plutôt jouer sur la baisse de la dépense.

Et donc j'ai fait cette proposition, il y a des amendements signés euh de votre de votre serviteur, sauf qu'à la fois euh recettes et dépenses ont été rejetées en commission. Donc ça veut dire que c'est ça ne fait pas grand. Non mais parce que non mais la commission euh c'est pas là où c'est le budget, c'est dans les myycles et ça commence mardi.

Donc je vais du coup vous avez bon espoir que on puisse trouver un compromis. Je sais pas. Ma la difficulté c'est que moi je pense que c'est c'est ça qu'il faut faire.

Il faut baisser la dépense publique. Faut arrêter de dire aux français de faire des efforts, il faut que l'État fasse des efforts. Mais c'est vrai que les socialistes en même temps nous disent nous on veut 7 ou h enfin ça dépend des jours, milliards de dépenses supplémentaires.

Moi, j'en veux 7 ou h en moins de dépenses. Les socialistes en veulent 7 ou h est-ce qu'on peut couper la poire en deux ? Mais non, mais si on la si on coupe la poire en deux, c'est au détriment de qui ?

C'est au détriment de la France. Donc, il y a trois possibilités techniques maintenant pour avoir un budget. Soit on va au vote mais je vois pas où est la majorité puisque moi je vous dis je 7 milliards de dépenses en moins, les socialistes veulent 7 milliards de dépenses en plus.

Donc comment faire ? Donc le vote, vous n'y croyez pas ? Le vote, je vois pas comment on y arrive.

Donc après 493, c'est-à-dire que le gouvernement met un texte en disant bah voilà, c'est mon budget, vous votez l'ascensure si vous voulez. Pour des raisons techniques qu'on pourrait expliquer, mais nous n'avons pas le temps. Il faut pas un 493 mais il faut tr votes 493.

Donc trois fois la chance que le truc déraille. Et si ça déraille et que le vote est négatif, nous n'avons pas du tout de budget. C'està-dire que ça s'arrête la discussion budgétaire stop et le budget il y en a plus.

Donc il faut tout recommencer à zéro parce que censure et parce que le texte tombe. En fait c'est comme nous travaillons actuellement sur le texte du Sénat, c'est le seul texte qui existe. Si l'Assemblée nationale ne vote pas ce texte, il y a plus de texte.

Donc il faut repartir à zéro, c'est-à-dire des mois de discussion. Et ça, je pense que c'est pas bon du tout pour le pays. Donc je le trouve peu efficace en tout cas risqué.

Et et ordonnance 3è hypothèse, les ordonnances. Là au moins les ordonnances, qu'est-ce qui se passe ? Bah le gouvernement arrive, il a écrit un texte, il a dit voilà c'est mon budget et ça s'appelle le projet de loi de finance initiale.

C'est le budget de la France. Au revoir. Merci.

Et c'est où c'est votre solution privilégiée. Je trouve qu'au moins avec ça vous garantissez que la France est un budget. C'est pas le budget que j'aurais voulu parce que il y a des choses que je ne veux pas dedans mais on pourra les modifier par la suite.

C'est pas la première fois qu'on modifiera des bêtises qu'on aura voté avec un budget rectificatif par exemple. Exactement. Voilà.

Mais au moins on a un budget et c'est fini. Alors c'est vrai le risque le risque c'est quand même la censure. Oui mais pardon et la dissolution derrière puisque d'accord.

Ouais. Alors d'abord la dissolution on verra hein. C'est vrai là il y a un risque de censure pour le gouvernement mais moi je connais le cornus.

C'est un type très bien. Il a toujours mis la France avant ses intérêts personnels. Premier point.

Et deuxième point, au moins avec les ordonnances, au moins avec les ordonnances, vous avez un budget, vous avez peut-être pas de gouvernement, mais avec le 493, vous avez peut-être ni budget ni gouvernement. Donc à choisir, je pense qu'il faut donner un budget à la France avec, je le répète, une baisse de la dépense publique. Voilà, on connaît votre option maintenant Philippe Juvain, les ordonnances pour doter la France d'un d'un budget.

Merci à vous d'avoir été notre invité député les Républicains des Hautes SC, rapporteur général du budget 9h49 sur France info. Tout de suite les informer. Restez avec nous.

Yeah.