Iran, Russie, Donald Trump, Palestine ... Jean-Noël Barrot invité de LCI
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Merci de nous accorder cette interview exceptionnelle au qu d'Arscès dans le salon du billard. On va évoquer la situation de ce soir l'imminent peut-être accord entre les États-Unis et l'Iran. Les États-Unis et l'Iran, les deux disent très clairement être sur un accord imminent, proche.
Est-ce que vous avez plus d'informations sur ce sujet ? En tout cas, nous appelons les les deux parties, les États-Unis et l'Iran, à se saisir de cette opportunité, à signer cet accord ou en tout cas le conclure pour mettre fin à une situation qui clairement est insoutenable, ne fait que des perdants en Iran, aux États-Unis et au-delà. C'est ce que j'ai dit ce matin à mon homologue iranien euh en le pressant non seulement de conclure cet accord, mais en attirant son attention sur la nécessité, on y reviendra peut-être, pour accélérer la reprise du trafic maritime après le déblocage du D3 d'Ormous, de se coordonner avec cette mission internationale que nous avons mis sur pied avec le Royaume-Uni qui rassemble plusieurs dizaines de pays du monde dans une posture indépendante et strictement défensive, faire en sorte que la circulation reprenne et que donc les approvisionnements aussi, la pression sur les prix baisse et qu'on mette fin à cette à cette à cette inflation sur les prix qui impactent l'économie mondiale et donc le pouvoir d'achat des Français.
Vous avez donc échangé avec Abbasaraki aujourd'hui. On parle également d'un accord qui pourrait être conclu en Europe, peut-être en France. Je vous pose la question.
Est-ce une possibilité ? D'abord, je suis prudent puisque nos contacts avec nos homologues des deux côtés, si je puis dire, nous ont laissé penser à plusieurs reprises déjà que on était à à deux doigts à l'approche de la signature d'un accord. Les signaux positifs s'accumulent, mais il faut rester prudent et euh et encourager ou presser les deux parties à à la conclusion de cet accord.
Euh une signature devrait intervenir euh en quelque sorte peu importe le lieu, ce qui importe prêt à l'accueillir en France si nécessaire. [rires] Euh il y a pas de raison de s'y opposer. L'important c'est que ça arrive le plus vite possible parce qu'on a déjà payé un prix très élevé cette guerre qui n'est pas la nôtre que nous avons désapprouvé dès le premier jour et dont on a vu à quel point elle faisait apparaître en Europe mais ailleurs aussi le poids de nos dépendances vis-à-vis des des hydrocarbures et la nécessité de nous défaire de ces dépendances pour être plus indépendant et ne plus être impacté comme ça a été le cas depuis le 28 février dernier par des guerres qui ne sont pas les nôtres.
Est-ce que votre homologue iranien était optimiste ce matin ? Je vous dis, je je suis prudent mais les signaux positifs s'accumule. Il y a, j'ai le sentiment une volonté de part et d'autre d'aboutir à cet accord puisque euh comme nous le ressentons hein, les États-Unis et l'Iran, on voit bien euh le le prix euh qu'engendre ces blocages, ce niveau de tension dans le golfe persique et la la l'incertitude qui entoure cette poursuite potentielle de la guerre, cette reprise des hostilités.
Je crois qu'il y a maintenant une volonté d'en finir. Il faut s'accorder sur quelques détails de du texte à partir duquel le la cessation des hostilités doit être actée, le D3 d'ormous doit être ouvert et une négociation doit s'engager euh portant notamment sur l'encadrement strict du programme nucléaire iranien. Vous avez parlé notamment de ces revirements à 180° parfois du président américain qui peut annoncer des frappes puis un accord dans la foulée.
Quelle crédibilité vous apportez à la parole américaine au qu d'orsais ? Le président de la République l'a très bien dit. Nous vivons dans une époque qui est très incertaine et où il y a une forme d'imprévisibilité dans les décisions qui sont celles de l'administration américaine.
Je crois que il faut rester calme. Il faut rester calme, il faut faire preuve de sang frroid et surtout il faut tâcher de s'occuper de ce qui dépend de nous. Et c'est ce que nous avons fait depuis le début de cette guerre.
Cet gard n'était pas la nôtre, mais nous avons anticipé dès le départ qu'une fois les hostilités interrompues, [raclement de gorge] il faudrait faciliter d'une manière ou d'une autre la reprise du trafic. D'où cette mission qu'avec le Royaume-Uni nous avons mis sur pied et qui est capable, dès que les conditions le permettront, c'est-à-dire, je l'espère au plus vite, le déploiement de capacité militaire dans la zone pour escorter les navires, pour leur ouvrir le passage et faire en sorte qu'on revienne au plus vite au niveau de circulation qui était particulièrement levé avant euh avant le début des. Autre chose qu'on peut faire, bien c'est ce que je j'évoquais tout à l'heure, nous défaire de ces dépendances aux hydrocarbures qui en Europe nous ramène en permanence à cette question d'ormous qui pourtant se joue loin de chez nous.
D'où le plan que le président, le premier ministre ont ont lancé pour électrifier nos usages, pour faire en sorte que nos déplacements, la manière dont nous nous chauffons soient moins exposé, moins sensible à ce qui se passe pour les hydrocarbures ailleurs dans le monde. L'extérieur, [raclement de gorge] à l'extérieur et plus généralement, parce qu'il y a pas que l'électrification, si si je peux dire, euh voir comment nous accélérons euh en direction de la souveraineté européenne, un sujet que nous portons depuis longtemps, depuis 10 ans. Mais pour obtenir des résultats le plus vite possible, être moins dépendant des autres, être plus libre, plus indépendant et n'être ainsi pas contraint de subir les conséquences de crise, conflits.
On aurait tort de penser que les épisodes récents, la COVID, la guerre en Ukraine, la guerre en Iran, que tout ça va se terminer, qu'une parenthèse va se fermer. Nous entrons dans un monde où ces épisodes vont se multiplier. Si nous ne voulons pas en être les victimes ou en payer le prix, bien, il faut tout simplement réduire notre dépendance à et et accroître notre autonomie stratégique pour n'être pas dépendant des autres et donc n'être pas entraîné comme ça du indirectement dans les conséquences de conflit, de crise, de catastrophe diverses.
Mais je reviens à ma question de départ. Est-ce que euh la parole américaine est toujours crédible à vos yeux ? Je vous ai répondu, il y a une forme d'imprévisibilité dans les décisions qui sont celles des États-Unis. s'agissant de la parole, vous m'interrogez sur la parole elle-même. [raclement de gorge] On a là euh une une crise euh particulièrement grave, une escalade militaire sans précédent dans l'histoire récente dans le golfe persique.
C'est d'ailleurs ce qui nous a amené ce qui a amené le président de la République à prendre des décisions très fortes dès le début de la guerre pour envoyer des bâtiments militaires dans la Méditerranée orientale pour protéger Chypre les pays du golfe avec lesquels nous sommes liés par des accords de défense. La situation a était suffisamment grave pour pour que l'on prenne des décisions de cette ampleurlà. Euh quant à pour les Américains pas assez vous sa mais quant à l'accord quant à la je dirais à à cins revirement qu'on a pu trouver mais c'est d'une certaine manière la ce qui se produit quand vous avez deux pays qui négocient et qui tentent de parvenir à un accord.
On croit y parvenir et puis tout d'un coup il a vu des disions moins visibles tout de même monsieur le ministre. Oui, ben on effectivement il y a une un style dans la communication euh américaine aujourd'hui qui met peut-être euh dans l'atmosphère euh dans les médias, sur les réseaux sociaux plus d'informations euh qu'on en avait l'habitude. Mais je le dis, il faut regarder tout ça avec beaucoup de calme et beaucoup de sang-froid en se préoccupant d'abord de ce qui dépend de nous et de nos choix.
Est-ce que ça vous choque parfois que cette parole américaine soit aussi libre ? Non, mais je suis pas là pour être choqué. Moi, je à nouveau je ma ma mission euh c'est pas de de commenter la manière dont s'y prennent les uns ou les autres.
Mission ici c'est tenant compte de l'état du monde euh et de l'état de tension de voir comment nous pouvons au mieux défendre les intérêts des Françaises et des Français et les protéger. d'ailleurs les protéger d'abord et défendre leurs intérêts. C'est comme ça que nous raisonnons.
Et donc le reste nous le prenons un peu comme euh comme acquis si je puis dire en essayant toujours de nous concentrer euh sur ceux qui dépendent de nous. Mais encore faut-il pouvoir les comprendre monsieur le ministre. Vous arrivez à comprendre une ligne claire américaine ?
Moi, j'ai une ligne très claire s'agissant de l'Europe. C'est l'autonomie stratégique l'indépendance. Votre ligne mais la leure il a la volonté.
Voilà, aujourd'hui il y a la volonté de conclure un accord avec cessation des hostilités, ouverture des T3 d'Ormous, lancement d'une négociation sur l'encadrement du programme nucléaire. Pour le reste, il y a effectivement des revirements, un certain nombre de [soupir] euh de changements de pieds qui tiennent au détails, je vous ai donné les grands chapitres si vous voulez, mais qui tiennent à au contenu de chacun de ces chapitres qui font l'objet d'intense conversation entre iranien et américains. Est-ce que vous savez qui décide en Iran ?
On parle de l'ayatolin Ramene, mais on n' pas non plus de confirmation. Est-ce que vous en avez une de votre côté ? C'est un système complexe euh qui suppose qu'une forme de consensus puisse se former.
Pour ma part, j'ai un un interlocuteur qui est le ministre des affaires étrangères avec lequel nous avons négocié l'année dernière sur le programme nucléaire iranien, ce qui m'a conduit à à prendre des sanctions massives sur l'Iran à la fin du mois de septembre. C'est aussi avec lui que nous avons négocié la libération de Cécile Colleur et et [grognement] Jacques Paris. C'est Olivier Grondo avant avant eux.
Donc euh une nouvelle fois, je je euh je j'ai un interlocuteur aux États-Unis, en Iran. Euh que vousvous que pouvons-nous faire les pressés à conclure cet accord et préparer ensuite la réouverture d'ormous et la circulation du trafic. Pour le reste, si vous voulez, je vous l'esprit pyramidal de cette société iranienne.
Beaucoup de qui demande que Laay Yatola donne son feu vert. J'ai beaucoup d'estime euh si vous voulez et je remercie LCI de la couverture qui est faite euh des questions internationales qui intéressent les Français qui veulent pas être simple spectateurs mais qui veulent aussi prendre leur part, être acteur de l'action internationale que nous portons. et nous ne pouvons pas rester justement spectateur de choses qui ne dépendent pas de nous et en particulier de de choses qui dépendent essentiellement des États-Unis et de l'Iran au moment où il finalisent un accord de cessation des hostilités entre eux.
S'agissant du processus de décision euh iranien, la guerre que Israël et les États-Unis ont lancé contre l'Iran a conduit à à un certain nombre de euh de changements à la tête du régime par décapitation qui euh [raclement de gorge] euh qui semble continuer de [grognement] fonctionner de cette manière complexe qui suppose une forme de consensus et et d'équilibre entre différentes euh je dirais entre différentes parties de ce système. Euh pour ce qui nous concerne, nous avons réussi [raclement de gorge] à à obtenir des libérations d'otage. Nous avons été jusqu'à l'application de sanction dans le cadre du la négociation sur le programme nucléaire.
Nous sommes tout à fait lucides sur le le danger que fait peser sur la sécurité du projet et du Moyen-Orient, mais aussi sur l'Europe, les activités qui sont menées par le régime iranien en matière nucléaire, en matière de missile, développement d'un arsenal balistique, en matière de soutien à des groupes terroristes, Esbola, les outils. Euh, nous sommes parfaitement lucides sur cela. Nous sommes résolus à à à contribuer à la résolution de ces problèmesl et ça gestion du problème nucléaire.
En tout cas là, on pourra se revoir et vous pourrez me poser la question puisque si encadrement strict du programme nucléaire il y a il faudra nécessairement un ou en tout cas l'Iran demandera nécessairement en contrepartie que les sanctions soient levées. C'est la même mécanique qui avait conduit à l'adoption d'un accord sur le nucléaire iranien il y a 10 ans. Pour que ces sanctions soient levées, en particulier les sanctions des Nations- Unies, il faudra d'une manière ou d'une autre que la France soit consultée puisqu'il faudrait qu'elle accepte que ces sanctions puissent l'être.
Et dans ces cas-là, vous feriez quoi ? Ah ben, on va si vous voulez première étape, l'accord de cessation des hostilités de réouverture d'ormous. À partir de là, une négociation s'enclenche.
Nous sommes prêts à y participer, à y contribuer puisque nous avons cette expertise qui date de plusieurs décennies mais qui s'est euh très largement euh je dirais enrichi depuis 10 ans avec l'accord sur le nucléaire iranien. Je le disais en septembre dernier euh face à à la je dirais à l'absence de volonté de l'Iran de faire des concessions sur ce sujet. Nous avons réappliqué des sanctions.
Autrement dit, nous connaissons bien ces questions et nous sommes prêts à participer donc à euh ces ces discussions de manière constructive pour qu'elles aboutissent comme elles avaient abouti il y a 10 ans. Euh mais bien évidemment pour que nous puissions lever nos sanctions, il faudra que toutes les garanties soient apportées. S'agissant de ce ce programme nucléaire, des seuils strictement fixés, des mécaniques de vérification.
Bref, de la même manière que nous l'avons fait il y a 10 ans, nous somons exigeants. Mais vous êtes prêts à leur faire confiance aux Iraniens ? On a vu tout de même un pouvoir qui a été amoindri par décapitation comme vous l'avez dit très justement.
Est-ce que vous pensez réellement que dans cet état-là, ils sont prêts notamment à faire des concessions réelles sur le nucléaire iranien ? On l'a vu, ils ont repris l'enrichissement. Les Européens n'avaient pas claqué la porte de l'accord et pourtant ils l'ont fait.
Et nous avons tiré les conséquences de cela en réappliquant nos sanctions. Le l'accord sur le nucléaire qui a été trouvé il y a 10 ans a fonctionné. Cet accord prévoyait, je le disais, des seuils stricts sur le stock d'uranium enrichi, sur les capacités d'enrichissement, sur ce qu'on appelle aussi les capacités de militarisation avec des interdictions et cetera. et en contrepartie pour l'Iran, la levée d'un certain nombre d'embarcos.
Pendant 2 ans, euh cet accord a fonctionné et les informations dont nous disposons comme les informations de l'Agence internationale pour l'énergie atomique, démontrent qu'effectivement euh le régime iranien s'est plié aux exigences qui lui avaient été fixes. Il disait aussi qu'il n'avait pas accès à toutes les informations du côté de la IA de manière très claire. 10 ans.
Ah si, il y a 10 ans si. Je vous dis que pendant les deux premières années, le le le obligations ont été respectées. Ensuite, les États-Unis se sont retirés de l'accord, ce qui en soit ne ne permettait pas ne justifiait pas que l'Iran se détache, se dépasse de ces obligations.
La preuve, c'est que nous conservions nous français mais aussi britannique, allemand la possibilité de les de les sanctionner. l'Iran a choisi de progressivement se libérer de ses contraintes et faire progresser son stock d'uranium enrichi, ses capacités d'enrichissement ainsi que d'autres capacités. Nous l'avons appelé tout au long de l'année dernière et de l'année précédente à revenir dans les seuils qui avaient été fixés il y a 10 ans.
L'Iran l'a refusé, nous avons réappliqué les sanctions et donc l'accord effectivement doit être reconstruit de A à Z. [grognement] Cet accord sur le nucléaire ne suffira pas puisque je le disais, d'autres préoccupations majeures doivent être traitées et ce sont désormais des préoccupations majeures pour les pays du golf également, l'arsenal de missile de l'Iran, mais aussi son soutien à des groupes terroristes. Donc vous souhaitez que le balistique par exemple fasse partie de cet accord, qu'il soit traité d'une manière ou d'une autre, c'est-à-dire ben c'est-à-dire que vous avez une négociation qui va s'engager sur le programme nucléaire. pour en avoir une autre qui s'engage sur le programme domicile.
Euh les choses ne sont pas encore tout à fait fixé puisque pour l'instant on en est à négocier un accord de cesser le feu, de cessation des hostilités, d'ouverture d'ormous pertant 60 jours de négociation. Le G7 s'ouvre lundi soir, mardi matin à Évian en France. Euh l'objectif numéro 1 de cette présidence française, c'était de maintenir l'unité du G7 dans un contexte international tendu.
Après les droits de douane, mais également les invectifs parfois personnels à l'égard du président français. Comment vous qualifiez les États-Unis ? Est-ce un partenaire ?
Est-ce que c'est toujours un partenaire fiable ? Est-ce un allié ? Vous leur donnez quoi comme étiquette ?
Avec les États-Unis, nous sommes alliés au sein de l'OTAN notamment, mais nous sommes pas alignés. Nous sommes des alliés mais nous ne sommes pas des vassaux. Nous appartenons à un groupe de pays euh appelé le G7 qui a été créé par la France il y a 50 ans pour réunir les économies euh les plus industrialisées [grognement] à un moment de de où les économies mondiales tremblaient suite à un choc pétrolier et à une guerre au proch et au Moyen-Orient.
Et donc sans vouloir faire de comparaison, puisque comparaison n'est pas raison, nous retrouvons le même groupe de pays dans une situation de tension importante au niveau international qui nous affecte tous. Et les discussions qui auront lieu à Évian autour du président de la République permettront d'aborder d'une part les grandes crises. Et si nous avons un accord entre l'Iran et les États-Unis d'ici là, et bien la suite, l'ouverture d'Ormous, la reprise du trafic et les la négociation.
D'autant que nous avons invité au côté euh des membres du G7 les pays du golf, les pays arabes de la région. Doncala en quelque sorte la le premier échange si toutefois l'accord est trouvé sur l'après-guerre avec les pays européens, les pays arabes et les États-Unis. Au-delà de cette crise en Iran, il y a bien sûr la crise en Ukraine ou la guerre en Ukraine et puis il y a ces sujets transversaux qui indépendamment de nos positions respectives sur l'Iran ou l'Ukraine nous préoccupent tous quel que soit le pays de J7 que vous interrogez.
Le narcotrafic nous affecte tous. La question des minerais critiques et de notre dépendance excessive à à ces à ces éléments qui sont essentiels pour nos productions industriel, ça nous intéresse tous. Le cancer qui progresse dans tous les pays du G7 qui qui connaissent un phénomène de vieillissement à peu près au même rythme, ça nous préoccupe tous. les même les questions d'exposition des des enfants aux réseaux sociaux à la et leur protection à l'air de l'intelligence artificielle, ça nous préoccupe tous.
Et donc euh avec à côté, si je puis dire, des grands sujets de de crise, vous aurez aussi euh des discussions approfondies et des initiatives qui sont pris sur ces différents sujets. Parce que on a beau avoir c certains désaccords, euh il y a des questions sur lesquelles chacun voit bien de manière très claire, limpide, que si nous travaillons ensemble, que nous mettons en place des des éléments de coordination, nous nous en gros nous nous nous y gagnerons tous. Le narcotrafic par exemple, on a là face à nous des organisations transnationales avec des filiales de narcotrafic, de trafic d'armes, de trait d'êtres humains qui se jouent des frontières et qui affectent l'ensemble de nos pays.
Ben si on se coordonne, si nos douers se parlent, si nos polices se parlent, si il y a une coordination entre nos ports sur la manière dont il se sécurise, bah là avec des investissements relativement modestes, on peut obtenir des résultats très importants. Donald Trump a confirmé à LCI qu'il viendrait euh au G7. C'est toujours le cas.
Vous nous le confirmez ce soir ? C'est toujours le cas. Ah !
Et donc après le G7, est-ce qu'il y aura euh un événement à Paris ? On parle d'un dîner en normalement euh du côté de Versailles. Estce confirmer de de votre côté ?
Je ne peux pas vous confirmer le programme exact. [raclement de gorge] Ce qui est certain, c'est que il le président américain trouvera à éviant à la fois les pays du G7, pays européens, le Canada, le Japon, mais aussi les les pays arabes pour préparer avec eux la suite des opérations, c'est-à-dire l'immédiate après-guerre, la ouverture d'Hormous et cetera. [grognement] Donc pas de passage par Paris.
C'est possible. Je peux pas vous le confirmer à date. Comment vous traitez au jour le jour vos vos dossiers avec les États-Unis ?
Qui est votre interlocuteur ? Est-ce que c'est Marco Rubio ou est-ce que c'est Steve Witkoff ? Mon interlocuteur, c'est le secrétaire d'État américain Marco Rubiot qui est également conseiller diplomatique du président Trump.
Il a une double casquette mais c'est lui qui est mon interlocuteur direct. Justement euh vous avez aujourd'hui présidé la conférence des sociétés civiles israéliennes et et palestinienne pour la solution à deux États. Euh est-ce que recevoir les modérés ça suffit monsieur le ministre ?
Euh ça suffit pas mais c'est indispensable de préparer la paix et la réconciliation si vous voulez amener la stabilité et la sécurité dans cette région. ce que nous avons fait aujourd'hui à à Paris en invitant des centaines d'Israéliens et de Palestiniens à venir se rencontrer parce que de fait ils ont le plus grande difficulté du monde à le faire pour un Israélien aller en Palestine extrêmement compliqué et réciproquement et de livrer aux représentants ministériels de 15 pays du monde leur recommandation et de lancer un appel à la mise en œuvre du plan de paix, le plan de paix du président Trump et à la solution à deux États. Appelle à qui ? au dirigeant du G7 que le président de la République réunira la semaine prochaine à Éviant.
C'est indispensable que dans chacune de ces deux sociétés de ces deux peuples, les voix qui appellent à la réconciliation et qui croient dans la solution à deux États puissent être soutenu parce que après toutes les meurtrissures de la guerre et du terrorisme, vous avez la le risque que le camp de la guerre ne l'emporte sur celui de la paix. que d'un côté on se mette à nier le droit de l'autre à l'existence et à la sécurité. Et ça c'est la recette.
C'est la recette pour la guerre, c'est la recette pour le terrorisme et c'est la recette pour pour l'instabilité sur place avec toutes les conséquences que ça peut avoir en Europe et jusqu'en France. Et donc soutenir ces militants, ces activistes qui au quotidien sur le terrain et par leur plaidoyers soutiennent cette perspective des deux États. C'est indispensable si nous voulons que en parallèle des efforts diplomatiques, de la pression qui est exercée par les uns sur le Hamas, par les autres, sur le gouvernement israélien, bien que les deux peuples se rapprochent.
C'est d'ailleurs pour ça que symboliquement ces Israéliens et ces Palestiniens se sont retrouvés sur un pont à Paris parce que leur leur vision c'est bien de créer un pont entre les deux peuples. La reconnaissance de l'État de Palestine par la France en septembre 2025 était liée à la promesse d'organiser des élections dans un délai de 12 mois. Un engagement qui n'a pas été tenu par le président Mahmoud Abas.
Il n'y a même pas de calendrier électoral. Comment vous l'expliquez ? Nous demandons et je l'ai fait aujourd'hui en m'appuyant d'ailleurs sur l'aspiration légitime des Palestiniens qui étaient présents à Paris de même que les Israéliens qui pensent la même chose que des élections présidentielles et législatives soient tenues en 2026 comme le président s'y est engagé devant le président de la République et devant le prince héritier d'Arabie Saoudite.
C'est indispensable. C'est indispensable parce que un peuple comme le peuple palestinien euh ne peut se lever, se faire entendre que si il s'exprime. Et pour s'exprimer, il y a pas de manière plus naturelle, plus évidente que de se choisir un chef.
Et c'est pourquoi je je j'ai plaidé auprès de mes homologues, des 15 pays qui étaient représentés aujourd'hui pour que nous passions ce message avec de plus en plus d'acuité et d'insistance auprès du du de la présidence de l'autorité palestinienne aujourd'hui. Parce que si les efforts de de réforme ont été engagées, que ces efforts de réforme se font dans des conditions extrêmement difficiles, vu la pression qui est exercé par le gouvernement israélien sur l'autorité palestinienne, les élections, ça doit avoir lieu. Et c'est et si c'est un membre affilié du Hamas qui est élu, est-ce que vous reconnaissez ces élections ?
La France a a obtenu que la communauté internationale s'accorde l'année dernière sur un principe simple. Le Hamas doit être exclu de toute forme de participation à la gouvernance de Gaza. Ceci étant dit, j'entends souvent euh des interlocuteurs me dire "Mais vous tu plaides pour une une élection présidentielle et législative, mais tu ne crains pas de savoir ce qui va sortir des urnes." Mais on ne sait jamais ce qui va sortir des urnes avant une élection.
C'est vrai en Palestine comme c'est vrai en Israël et c'est vrai comme dans notre pays comme en France. Mais des élections permettront de donner toute la légitiminité nécessaire euh aux dirigeants de la Palestine à l'avenir pour se faire entendre et pour se faire respecter. Donc s'il y a un dirigeant qui a été soutien du Hamas ou qui est affilié d'une manière ou d'une autre au Hamas, est-ce que vous reconnaissez ces élections là ? les les engagements qui ont été pris euh c'est que euh le le Hamas, c'est tout le les affiliés du Has, ceux qui ne reconnaissent pas les les les grands principes euh d'Oslo euh et le droit d'Israël à l'existence et à la sécurité, bien ils n'ont, disons qu'ils n'ont pas vocation à participer à la gouvernance de la Palestine. et n'est pas nier une des paroles palestiniennes puisque dans les récents sondage le Hamas serait sorti victorio des urnes.
Vous le savez mieux que moi. Et de fait est-ce que ce n'est pas nié une partie de la pensée palestinienne de faire ça ? Je vous savez, on peut pas comment dire, on ne peut pas prédire le le déroulement d'une campagne ou le résultat des élections tant qu'on n' pas annoncé qu'elles vont se tenir.
J'ai vu aujourd'hui à Paris des personnalités palestiniennes qui me paraissent susceptible d'entraîner avec elle une majorité aujourd'hui silencieuse qui qui veut tourner la page du terrorisme et qui veut tourner la page de la guerre. Si on fait confiance si on fait confiance à la démocratie et au bon sens, on parviendra à redonner une forme de légitimité à l'autorité palestinienne. Vous avez interdit aussi de territoires, plusieurs colons, deux ministres également sionistes religieux du gouvernement de Benjamin Netaniaou.
Quel est au-delà du symbole réellement la portée de ces interdictions ? La portée de ces interdictions d'accès au territoire national pour les deux ministres du gouvernement israéen est peut-être limité. Mais la portée symbolique est particulièrement forte.
S'agissant de monsieur euh Bengvir. Nous l'avons sanctionné euh du fait de ces agissements inqualifiables à l'égard des ressortissants français de la flottille sousmoue. La flottille est une démarche que nous désapprouvons mais néanmoins, nous ne pouvons accepter euh que des euh ressortissants français soient soumis à des privations de nourriture, à de l'exposition au froid, à des violences sexuelles, à des coûts.
Et c'est pourquoi après l'avoir sanctionné sur cette base, j'ai saisi le la procureur euh de Paris euh au en vertu de l'article 40 du code de procédure pénale. Euh le parquet a lancé une une une information, une procédure euh en en qualifiant les faits de manière très grave et très sévère. Quant à monsieur Smotrich, il a été sanctionné quant à lui du fait de son soutien délibéré et financier à l'accélération de la colonisation en C de Jordanie qui seulement est contraire au droits international et au droits de l'homme mais contraire aux intérêts et à la sécurité d'Israël. car euh l'explosion des violences qui accompagne cette accélération de la colonisation sur place, c'est la recette à nouveau de tension, de ressentiment euh de guerre et de terrorisme.
Plusieurs responsables européens, diplomates européens ont dit que Kayakalas aurait utilisé le mot appartid pour qualifier Israël aujourd'hui. Est-ce que vous reprendriez ces mots ? J'ai pas entendu Kayakalas utiliser.
Elle a dit dans une conversation à H clos selon des diplomates européens. Euh je suis attentif à ne pas euh sortir de ma condition. Il y a des termes qui appartiennent aux juristes et aux historiens et qui lorsqu'ils sont utilisés comme des slogans font à mon avis plus de de mal que de que de bien pour je dirais servir l'objectif qui doit être le nôtre, c'est-à-dire la paix et la réconciliation. [grognement] Également dans le domaine culturel.
La lauréate du programme Pause menée par le Collège de France avec quatre ministères. La poétesse palestinienne Ala Alcatraoui n'a toujours pas obtenu de visa. Pourquoi ?
J'ai bon espoir que nous puissions rapidement lui permettre de venir en France ainsi qu'un certain nombre d'autres lauréat du programme pose. Pourquoi est-ce que ça a pris du temps ? parce que en raison d'abord de la situation sur place des contraintes qui s'appliquent en Israël, qui s'applique dans les pays riverins par lesquels ces lauréas doivent passer pour gagner la France [grognement] et qui sont aussi dudes ces délais au fait que nous avons veillé à à ce que un certain nombre de contrôles puisse être fait suite à à une affaire dont vous vous souvenez peut-être qui avait eu lieu l'année dernière euh et qui a conduit une jeune femme étudiante que nous avons accueilli qui était boursière du gouvernement qui est désormais au Qatar pour des propos antisémites pour pour avoir relayé sur ses réseaux sociaux des des propos antisémites qui ont suscité une vive émotion dans le pays.
Et donc [soupir][souffle coupé] je je souhaite que ces lauréat du programme pause qui ont commencé depuis quelques semaines à à pouvoir rentrer en France le face tout en m'assurant que l'on que qu' que les précautions ai été prises. J'aimerais qu'on parle de la Russie et de l'Ukraine, monsieur le ministre. Euh, il y a eu une volonté réelle du président de la République de reparler, d'ouvrir les canaux de discussion en tous les cas avec Vladimir Poutine.
Emmanuel s'est même rendu à Moscou, le conseiller diplomatique de l'Élysée. Où en est-on euh de cette reprise des discussions avec Moscou et le créelin ? Les chefs d'État et de gouvernement de la France, du Royaume-Uni et de l'Allemagne se sont vu le 7 juin dernier en présence du président Zenski.
Ils ont évoqué cette question et euh comme nous l'avons dit depuis longtemps, nous n'écartons en aucun cas le la possibilité à condition que ce soit coordonné avec les Ukrainiens d'avoir un échange avec les autorités russes. Et je crois que euh il est utile que les autorités russes puissent entendre de la part des Européens quelques quelques éléments pour ne pas se tromper. Et ces éléments, quels sont-ils ? bien c'est que un les Européens vont continuer à soutenir l'Ukraine et que les autorités russes auraient tort de penser que ce soutien va s'affaiblir et je crois que c'est important qu'ell le comprennent bien au moment où elles réfléchissent à leur propre stratégie que de la pression sur la Russie va continuer de s'accentuer que nous n'allons pas cesser de prendre de nouveaux de nouvelles sanctions à l'encontre de la Russie de Vladimir Poutine.
Je pense que c'est aussi important qu'elle comprenne bien qu'elle entende notre bouche si je puis dire. Et puis trois que nous sommes déterminés à obtenir une paix durable, que nous ne faisons pas ça dans un esprit d'agressivité, que nous ne faisons pas ça parce que nous pensons que l'Ukraine à un moment donné va attaquer la Russie mais que nous voulons que la guerre s'arrête. Dans les sanctions, une grande partie des titres de séjour sont délivrés notamment par la France au Russes.
Comment vous l'expliquez ? Ça a été ce n'est pas le cas de de beaucoup de pays européens qui souhaiteraient que dans ce 21e paquet de sanctions et bien ça n'ait plus lieu du côté de la France et notamment de l'Italie et d'Espagne qui sont aussi des pays qui continuent de donner des titres de séjour à des Russes et notamment des combattants russes. H oui, ça fait partie des discussions que nous avons avec nos partenaires européens pour et que nous avons eu à plusieurs reprises. ont pas toujours été les plus fermés sur ce type de question.
Euh c'est-à-dire la manière dont euh les les visa, les les titres sont délivrés. Il y a des sujets sur lesquels on est très on est plus vigilant, plus plus euh plus réticent que d'autres. On est plus allant.
Euh je je nous nous entendons adopter un 21e paquet de sanction d'ici la mi-juillet et on va voir jusqu'où ces discussions vont nous amener. Justement, il y a une liste de 80 propagandistes qui a été donnée à la Commission européenne notamment par le groupe Renew. Ils ont voulu y ajouter Xena Fedorova qui est sur une des chaînes françaises à l'heure actuelle.
Vous avez parlé de propagandiste patenté. Est-ce que vous allez notamment lui enlever son titre de séjour ? Euh alors c'est une question qui n'appartient pas au ministère des affaires étrangères.
La première partie de la question, oui, puisque vous avez évoqué la question des sanctions européennes, s'agissant de son titre de séjour, vous savez que il y a un état de droit dans notre pays, des procédures administratives qui en l'occurrence ont été suivies et même si je l'ai dit, il me semble que madame Federova est une propagandiste patentée, que lui ouvrir, même si je n'ai rien à dire sur la liberté éditorial qui doit être préservé. Lui ouvrir des colonnes ou des studios, c'est servir la soupe de Vladimir Poutine. Mais c'est à ça n'est pas à moi de déterminer si la ligne éditoriale est correcte ou et cetera.
C'est à l'arrcom qui a été saisi de rendre son avis sur cette question. Merci monsieur le ministre pour cette interview d'Orcet. Je vous laisse avec Amiva désormais.
Jean-noël Barrot