La prise de parole d'Emmanuel Macron après sa qualification au second tour de la présidentielle
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Merci beaucoup, merci beaucoup, mes amis, mes chers compatriotes, merci, mes chers compatriotes de métropole, d'outre-mer et de l'étranger. Ce dimanche 10 avril, vous avez été plus de 36 millions à faire valoir ce droit, ce droit conquis par les générations précédentes, qui est le droit de vote. Et je remercie tous nos compatriotes qui, dès le premier tour, ont porté leur suffrage sur ma candidature. Leur confiance, votre confiance, m'honore, m'oblige et m'engage. Vous pouvez, toutes et tous, compter sur moi pour mettre en oeuvre ce projet de progrès, d'ouverture et d'indépendance française et européenne que nous avons défendu tout au long de cette campagne.
Je veux aussi remercier toutes celles et ceux, quelques-uns sont là ici ce soir à mes côtés, qui, durant ces dernières années, ont tant donné, partout sur le territoire. Vous avez donné votre énergie, votre travail, vos jours et vos nuits. Je sais ce que je vous dois. Merci. Et j'appelle tous ceux qui, depuis six ans et jusqu'à ce soir, se sont engagés pour travailler à mes côtés, à transcender leur différence pour se rassembler en un grand mouvement politique d'unité et d'action pour notre pays. Je veux saluer l'ensemble des candidats présents au premier tour. Merci à toutes et tous, ce soir, une fois encore, de les applaudir. Merci beaucoup.
Parce que, depuis le début et depuis toujours, nous défendons des convictions avec force, mais en respectant chacune et chacun. Merci pour cela. Je sais la déception des candidats et candidats dont je viens ici d'évoquer le nom et celle de leur soutien comme de leurs électeurs. Notre démocratie, en effet, est riche de tous les engagés qui défendent leurs idées avec force et passion. Merci à eux. Et je remercie Anne Hidalgo, Yannick Jadot, Valérie Pécresse et Fabien Roussel qui m'ont, dès ce soir, apporté leur soutien. J'invite solennellement nos concitoyens, quelle que soit leur sensibilité et quel qu'ait été leur choix au premier tour, à nous rejoindre.
Nous ferons pour faire barrage à l'extrême droite. Et je suis pleinement conscient que cela ne vaudra pas soutien du projet que je porte et je le respecte. Je sais que c'est le choix fait, par exemple, par Jean-Luc Mélenchon. Mais je veux ici saluer leur clarté à l'égard de l'extrême droite et pour faire barrage à l'extrême droite. Mais dans ce moment décisif pour l'avenir de la nation, plus rien ne doit être comme avant. C'est pourquoi je souhaite tendre la main à tous ceux qui veulent travailler pour la France.
Je suis prêt à inventer quelque chose de nouveau pour rassembler les convictions et les sensibilités diverses afin de bâtir avec eux une action commune au service de notre nation pour les années qui viennent. C'est notre devoir à tous nos compatriotes qui se sont tournés vers l'abstention ou le vote extrême, soit parce qu'ils sont en colère face aux inégalités qui persistent, aux désordres écologiques, à l'insécurité du quotidien, à la difficulté de vivre dignement même quand on travaille dur, soit parce qu'ils se sentent insuffisamment représentés, écoutés, associés.
Je veux les convaincre dans les jours à venir que notre projet répond bien plus solidement que celui de l'extrême droite à leur peur et aux défis du temps. Comptez sur moi. Ne nous trompons pas. Rien n'est joué. Et le débat que nous aurons dans les 15 jours à venir est décisif pour notre pays et pour l'Europe. Voulons-nous d'une France indépendante parce que forte sur le plan scientifique, technologique, économique et militaire, agricole et culturelle ? Voulons-nous d'une France qui, par le plein emploi et par le sérieux, est capable de financer son état-providence, nos retraites, notre école, notre hôpital et nos services publics ?
En ce qui relève le défi climatique et écologique, par le nucléaire, les énergies renouvelables, la sobriété énergétique et la planification écologique ? D'une France où, par l'écologie, les factures de chauffage se réduiront et la voiture électrique pour tous viendra remplacer les coûteux pleins d'essence ? Voulons-nous d'une France plus juste pour nos Outre-mer, pour tout le territoire, pour notre hexagone ? Voulons-nous d'une France qui continue à faire confiance à la compétence ? Et ces dernières années, je veux une France qui lutte résolument contre le séparatisme islamiste, mais qui, par la laïcité, permette à chacun de croire ou de ne pas croire, d'exercer son culte.
Et pas une France qui empêche les musulmans ou les juifs de manger comme le prescrit leur religion, ce n'est pas nous. Je veux une France qui porte des progrès pour chacun, pour nos aînés, pour nos enfants, pour les travailleurs, pour les familles, pour les femmes et notamment les mères seules, pour les précaires. La pression pour tous, ce n'est pas nous. Je veux une France qui s'inscrit dans une Europe forte, continue de nouer des alliances avec les grandes démocraties pour se défendre. Pas d'une France qui, sortie de l'Europe, n'aurait pour seules alliées que l'international des populistes et des xénophobes. Ce n'est pas nous. Je veux une France.
L'esprit des Lumières, au souffle de 1789, tels sont, mes chers compatriotes, mes chers amis, les enjeux du 24 avril. Ce sont les choix que, par votre vote, vous aurez à faire dans 15 jours. Et je veux vous dire ce soir que je mettrai toutes mes forces pour convaincre chacun que le seul projet pour le pouvoir d'achat, c'est le nôtre. Que le seul projet crédible contre la vie chère, c'est le nôtre. Que le seul projet des travailleurs, de tous ceux qui sont au bord du chemin, c'est le nôtre. Que le seul projet de la France et de l'Europe, c'est le nôtre. Je croise en nous, en nous tous, quels que soient nos parcours, nos milieux. Nous tous, quels que soient nos origines, nos territoires.
Nous tous, quelles que soient nos opinions et nos croyances. Nous tous, c'est cela la France. Durant les 15 jours à venir, ne ménageons aucun effort car rien n'est fait. Soyons humbles, déterminés, allons convaincre chacune et chacun. Le 24 avril prochain, nous pouvons faire le choix d'une nouvelle époque française et européenne. Le 24 avril, nous pouvons faire le choix de l'espoir. Le 24 avril, nous pouvons faire le choix de la France et de l'Europe ensemble.
Vive la République et vive la France.
Emmanuel Macron