BERTRAND OU PÉCRESSE, IL NE DOIT EN RESTER QU'UN
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Je n'imagine pas remporter cette élection présidentielle sans le soutien, sans l'aide de ma famille politique.
Et que Xavier Bertrand envoie des signaux positifs à notre famille politique, je pense que tout le monde le souhaite. Ça va se décanter.
Toute division nous condamnerait à l'échec. Moi la primaire c'est un biduleux.
La réponse elle est simple, c'est parce que je me sens prête. C'est parce que je me sens prête et c'est aussi parce que j'ai la gagne.
La droite a apparemment renoncé à se s'aborder. A Nîmes, où se tenaient les journées parlementaires des Républicains, l'ambiance était au retrouvaille. Le parti a compris qu'il ne pouvait présenter deux candidats en 2022. Xavier Bertrand croyait pouvoir s'imposer naturellement. Il n'a pas réussi à creuser l'écart avec sa rivale immédiate, Valérie Pécresse.
Bonjour Blas, ravi de faire connaissance.
Vous pensez que vous allez trouver une solution pour départager le candidat ? Certainement. Le président des Hauts-de-France est donc rentré au bercail. Il se murmure aussi qu'il n'a plus d'argent pour mener sa campagne. Ce qui n'est pas le cas des Républicains.
Je n'imagine pas remporter cette élection présidentielle sans le soutien, sans l'aide de ma famille politique. Je ne l'imagine pas un seul instant. Mais je sais aussi, parce que j'ai quitté le parti voilà quelques années, que je dois faire plus d'efforts que d'autres, que je dois vous montrer que je n'imposerai pas un projet sorti d'un chapeau, mais que ce sera aussi en lien avec vous, en lien avec les députés, les sénateurs, les députés européens, les élus locaux, les adhérents. Je sais tout ça. Je sais que je dois convaincre. Mais je sais aussi une chose, c'est qu'à aucun moment il faudra tomber dans le piège de la division. Vous connaissez ma position pour la primaire.
Je n'en changerai pas. Parce que je pense sincèrement que c'est une machine à diviser.
Christian Jacob, le président du parti, et Damien Abad, le président du groupe parlementaire, sont convaincus qu'à la fin, il ne restera qu'un seul candidat ou une seule candidate.
Ça va se décanter. On arrivera à un candidat d'union et de rassemblement parce que c'est la seule condition pour gagner.
C'est important en tout cas qu'il y ait un rapprochement entre le parti et Xavier Bertrand et que Xavier Bertrand envoie des signaux positifs à notre famille politique. Je pense que tout le monde le souhaite parce qu'il apparaît aujourd'hui le mieux placé. C'est la droite qui gagne. C'est la droite des territoires. C'est le signal tout simplement qu'il veut faire avec nous, qu'il veut construire la France de demain avec une majorité parlementaire de droite. Et pour nous, c'est un signal positif. Face à Emmanuel Macron et Mme Le Pen, on ne pourra pas se permettre une double candidature et que donc il faudra choisir celui ou celle qui sera la mieux placée pour porter nos idées.
Si c'est une primaire, ça sera une primaire ouverte. Sinon, ce sera le Congrès qui est le Parlement des adhérents qui décidera tout simplement du choix du candidat. C'est aussi la conviction d'Éric Ciotti, le dernier des sarcosistes, qui affirmait il y a peu préférer Éric Zemmour à Emmanuel Macron. Bien qu'il brigue l'investiture de son parti, il n'exclut pas de s'effacer le moment venu. Écoutez bien cette réponse.
Nous, nous n'aurons qu'un candidat. Je vous le dis en conscience, dans les yeux, nous n'aurons qu'un candidat. Et il sera crédible, il sera porteur d'un grand message et d'un grand projet d'alternance pour battre Emmanuel Macron. Je me bats pour être celui-là, mais je ferai en sorte qu'au final, il y ait un rassemblement.
Le député du Vaucluse, Julien Aubert, estime lui aussi que le danger d'avoir deux candidats est écarté.
En juin, c'est ce que je craignais, mais aujourd'hui, c'est en train d'arriver, je pense qu'avant décembre, nous n'en aurons plus qu'un. Je suis même relativement serein sur ça.
Plus qu'un seul candidat, soit, mais lequel ? Car Xavier Bertrand et Valérie Pécresse sont dans un mouchoir de poche. Et la seconde ne donne pas vraiment l'impression de vouloir s'effacer.
Certains d'entre vous se demandent peut-être pourquoi j'ai décidé le 21 juillet de me présenter à l'élection présidentielle. La réponse, elle est simple. C'est parce que je me sens prête. C'est parce que je me sens prête et c'est aussi parce que j'ai la gagne. Je viens de remporter une région, vous le savez, qui était réputée imprenable en 2015, parce qu'une région très à gauche. Et là, je viens d'avoir une deuxième victoire. Une deuxième victoire contre Anne Hidalgo, puisque nous avons gagné à Paris. Une victoire contre Julien Bayou, le patron des Verts. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'on a prouvé que la droite, c'était l'écologie des résultats.
Et que si les habitants voulaient de la vraie écologie, il valait mieux nous faire confiance à nous que faire confiance à monsieur Julien Bayou. Et que l'écologie des ZAD, des gauchistes, et des taxes et des interdictions de circuler, c'était pas la bonne. Et puis j'ai battu aussi et renvoyé au paddock le poulain de Marine Le Pen, Jordan Bardella, qui avait pris un peu le melon après les européennes. Et c'était bien de le faire réatterrir. Monsieur Galliero, monsieur Stéphanini, monsieur Thierry-Lau.
La réponse me plaisait bien. Mais t'as raison.
T'as totalement raison.
Mais reste à trancher la solution de départage. Valérie Pécresse plaide pour une primaire ouverte.
L'intérêt d'une primaire ouverte, c'est quoi ? C'est que tous les Français peuvent participer et donc ça donne plus d'élan. Ça permet de faire des débats auxquels toute la France s'intéresse.
Le secrétaire général du parti, Aurélien Pradié, n'est pas de cet avis.
Je pense qu'il faut d'abord qu'on s'adresse aux Français afin de s'adresser à une famille politique seulement. Je pense que la primaire, elle fabrique un rétrécissement de notre discours politique. Donc j'ai toujours été hostile. Je pense que ça crée des divisions, que c'est une machine à nous taper sur la figure. Et je n'ai pas envie de ça. Moi, la primaire, c'est un biduleux.
Bref, il y a encore du pain sur la planche. Ces journées parlementaires se sont accompagnées d'un meeting, l'occasion d'afficher une unité retrouvée. En l'absence toutefois de Xavier Bertrand, retenu dans sa région par une visite du président de la République. Les spectateurs, eux, se montraient circonspects.
Vous êtes plutôt pour qui, Xavier Bertrand ? Franchement, je n'ai pas d'avis. Non, pour l'instant, non. Moi, je ne suis pas pour la primaire. J'aime bien Xavier Bertrand, je ne vais pas le cacher. J'aime bien Valérie Pécresse.
Oui, mais c'est les deux qui sont en tête.
C'est les deux qui sont en tête.
Comment on fait pour aider par TV ?
Je ne sais pas. Justement, ils sont là. On va voir.
Moi, j'attends du renouveau pour mon parti politique. À un moment, j'ai baissé les bras. Et puis, je me suis dit, non, il faut continuer. Il faut se battre. Et surtout, on doit tuer Macron. On attend tout simplement d'avoir des bonnes nouvelles, puis d'avoir envie de partir en campagne dès janvier.
À la tribune, Gérard Larcher, le président du Sénat, y est allé lui aussi de s'encoupler sur les dangers de la division.
À la fin de cet automne, nous devrons être en ordre de marche. Tous rassemblés en ordre de marche. Ça n'est pas un mot interdit. Je ne vois pas pourquoi nous l'interdirions à nous. Tous rassemblés autour de celui ou celle qui portera nos couleurs. C'est le seul chemin possible. Celui qui nous conduira au succès. Toute division nous condamnerait à l'échec. Et ça, mes amis, nous ne pouvons pas l'accepter. Nous ne pouvons pas l'accepter collectivement. Nous ne pouvons pas l'accepter chacune et chacun d'entre nous.
Laurent Wauquiez, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, ovationné par le public, est revenu sur sa décision de ne pas être candidat à la présidentielle.
Vous le savez, moi j'ai fait un choix, c'est l'unité. Et ma seule obsession, c'est l'unité. Je veux qu'on arrive à se rassembler, à être unis. Vous n'avez pas de regrets ?
Aucun. Si l'on a assisté à un début de rapprochement, rien n'est gagné pour la droite. Le 25 septembre, les militants LR décideront du mode de désignation de leur candidat à la présidentielle. Quelle que soit la solution retenue, il faudra bien que l'un des deux postulants, Valérie Pécresse ou Xavier Bertrand, renoncent. Pour l'instant, chacun est persuadé que c'est l'autre qui va jeter l'éponge. La partie de poker menteur ne fait que commencer.
Valérie Pécresse