"La lutte contre l'antisémitisme est une priorité dès lors qu'on défend la République", affirme Gabriel Attal
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France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-10. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le député des Hauts-de-Seine, président du groupe Ensemble pour la République à l'Assemblée Nationale, secrétaire général du parti Renaissance et ancien Premier Ministre. Question, réaction, 01-45-24-7000 et l'application de Radio France. Gabrielle Attal, bonjour. Bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur Inter, on va revenir avec vous sur la situation politique nationale, les 100 jours de François Bayrou à Matignon, les municipales qui se profilent, mais d'abord l'actualité internationale avec votre voyage en Israël la semaine dernière et le réarmement militaire et culturel de notre continent.
Vous organisez en effet aujourd'hui un sommet pour la démocratie et les libertés, c'est un rassemblement d'une cinquantaine de dirigeants centristes européens, dont l'ancien Premier Ministre bulgare Nikolai Denkov, l'ancienne Première Ministre belge Sophie Vilmes, Stéphane Séjourné, vice-président de la Commission européenne, sera également présent. Dites-nous ce que vous attendez de ce sommet et comment vous comptez peser face à l'international réactionnaire dont parle Emmanuel Macron.
On voit aujourd'hui qu'il y a une forme de rouleau compresseur réactionnaire qui est à l'œuvre. On le voit à travers l'expression et la percée de parties d'extrême droite partout en Europe et dans les pays occidentaux, on le voit avec le soutien qu'ils reçoivent aujourd'hui de l'ightright américaine et d'Elon Musk notamment. Et face à ça, notre conviction avec Valérie Ayet, c'est qu'on doit s'organiser. Et donc on a convoqué ce sommet à Paris aujourd'hui avec une soixantaine de chefs de partis, de partis progressistes européens. Il y a trois objectifs. Le premier objectif, c'est évidemment le soutien à l'Ukraine. Comment est-ce qu'on se coordonne pour renforcer notre soutien à l'Ukraine ?
Vous savez par exemple que je porte avec Renaissance la proposition de saisir les avoirs russes, qu'aujourd'hui cette question-là...
Que vous n'êtes pas suivi sur cette question par le gouvernement.
Absolument, notamment parce qu'un des arguments qui est avancé, c'est qu'il n'y a pas de consensus européen autour de cette question. Il se trouve qu'on a une soixantaine de chefs de partis, de responsables politiques de partis progressistes européens. Si on est capable à l'issue de ce sommet de sortir avec une déclaration commune qui appelle à la saisie des avoirs russes, évidemment que ça fera progresser cette question. De la même manière, pour l'intégration de l'Ukraine à l'Union européenne, on souhaite aller plus vite. Là aussi, je pense qu'on peut arriver à s'engager tous ensemble. Ensuite, il y a l'enjeu évidemment du réarmement de l'Europe et de la capacité de l'Europe à se défendre.
On est tous, pour ces formations politiques qui vont se réunir aujourd'hui, présents dans nos parlements nationaux. Il y a 21 pays européens qui sont représentés aujourd'hui. Si on pousse tous dans la même direction, ça permettra de faire progresser les choses aussi au niveau européen. Et enfin, vous l'avez dit, comment est-ce qu'on s'organise ensemble pour parler d'une même voix, parler avec le même langage, face à ce rouleau compresseur réactionnaire, pour défendre un certain nombre de valeurs qui sont, pour ce qui est de renaissance, notre raison d'être ? Le droit des minorités, l'égalité entre les femmes et les hommes, la démocratie, la liberté d'expression.
Oui, mais comment vous expliquez ce que ce rouleau compresseur réactionnaire, comme vous dites, roule à pleine vitesse partout en Europe et notamment en France, après 7-8 ans de macronisme au pouvoir ? On a vu aux dernières européennes, aux dernières législatives, ce rouleau compresseur réactionnaire, comme vous dites, il est arrivé largement en tête. Comment expliquez-vous que le courant progressiste libéral que vous voulez incarner soit de plus en plus rejeté et comment trouver les mots pour reconquérir, pour galvaniser des gens qui disent on en a marre en fait ? On ne veut plus de vous,
enfin on veut autre chose, on veut essayer autre chose. C'est tout l'enjeu de notre rencontre aujourd'hui parce que ce que vous venez de décrire s'agissant de la France, on le voit dans à peu près tous les pays européens. Probablement qu'on n'a pas été capable de convaincre d'utiliser les bons mots, peut-être qu'on a été caricaturé parfois.
J'ajoute quand même que pour certaines formations d'extrême droite on a vu ces dernières années qu'ils cherchaient à masquer finalement la réalité de leurs projets, y compris en France, en prétendant être en faveur de l'Union européenne alors qu'ils ont un projet qui prévoit d'en sortir, en prétendant défendre un certain nombre de minorités qui sont attaquées alors que la réalité c'est qu'ils ont toujours des élus qui portent cette voie-là et cette conviction-là, que tous leurs alliés en Europe portent cette ligne-là. Donc oui, c'est un combat politique, mais je crois qu'on est capable de le mener et de l'emporter à condition d'être plus unis
et coordonnés. Sur l'Ukraine et sur les avoirs russes, pourquoi vous n'êtes pas entendu par le gouvernement ? L'explication d'Éric Clombard quand il dit que saisir les avoirs russes pourrait menacer la stabilité financière de l'Europe, vous la comprenez ? Vous comprenez cet argument ? Et pourquoi vous n'arrivez pas à convaincre ? Vous y êtes favorable ? Édouard Philippi est favorable, il nous l'a dit à ce micro-là. Et pourtant, vous n'arrivez pas à faire changer d'avis Emmanuel Macron et François Bayrou ?
C'est une question qui est difficile. J'ai été Premier ministre et en tant que Premier ministre, j'ai défendu la position qui est aujourd'hui défendue par le gouvernement. Je considère que la donne a changé. Et sur cet argument qui est de dire que ça menacerait la stabilité financière de l'Union Européenne, d'abord je pense que beaucoup d'investisseurs ont déjà intégré ce risque-là. Ensuite, je pense que la stabilité financière de l'Union Européenne serait beaucoup plus menacée par une victoire de la Russie sur l'Ukraine que par la saisie des avoirs russes par les pays européens.
Et surtout, je considère qu'avant de faire payer les Français, avant de faire payer les Européens pour notre armement et pour le soutien à l'Ukraine, on peut faire payer les Russes en saisissant ces avoirs. Et un des autres arguments qui sont mis en avant par le gouvernement, c'est l'absence d'alignement des Européens sur ce sujet. Et l'absence de consensus au niveau européen.
C'est pour ça ? Oui, notamment Victor Orban. Est-ce que vous êtes favorable à lui retirer le droit de vote ? Parce que Valérie disait ça sur France Info il y a deux jours.
Au bout de ce que je dis, Léa Salamé. Non, je ne m'appelle pas encore Valérie Salamé. C'est pour ça qu'en réunissant des formations politiques de tous les pays européens comme je le fais aujourd'hui à Paris, pour s'accorder notamment sur cet objectif de saisie des avoirs russes, probablement qu'on fera progresser ce débat-là au niveau européen et qu'on arrivera à progresser sur ce sujet. Encore une fois.
Vous souhaitez retirer le droit de vote ? Non, là je parlais des avoirs russes. Oui, je vous pose la question sur le droit de vote d'Orban. Parce que Valérie a dit qu'il faudrait lui retirer le droit de vote à Orban.
Je ne crois pas que c'est exactement ce qu'elle a dit. Je pense que ce qu'elle a dit, c'est que si l'état de droit n'est pas respecté, si sur un certain nombre de sujets fondamentaux pour l'Union européenne, il y a un certain nombre de procédures qui peuvent être engagées, il faut le faire. Je rappelle que les institutions européennes l'ont déjà fait et que vous avez notamment des fonds et du soutien financier de l'Union européenne à certains pays, dont la Hongrie, qui ont été suspendus à certains moments, précisément parce que sur l'état de droit, il manquait un certain nombre de garanties. Après, moi je regarde aussi ce qui s'est passé ces dernières années.
A chaque fois qu'il a fallu soutenir l'Ukraine, sanctionner la Russie, beaucoup ont mis en avant le risque que certains pays, notamment la Hongrie et Viktor Orban, empêchent l'Union européenne d'agir. Finalement, on y est parvenu. Donc moi je crois que c'est d'abord la conviction et parfois la pression qui permettent d'avancer.
Gabriel Attal, Emmanuel Macron a annoncé la tenue d'un nouveau sommet ce jeudi à Paris avec le président Zelensky et des alliés de l'Ukraine pour finaliser notamment le soutien à court terme à l'armée ukrainienne. Est-ce qu'on a encore la main sur l'avenir de la guerre en Ukraine quand on a l'impression que tout se joue, tout se négocie vraiment en Arabie saoudite entre les Américains, les Russes et les Ukrainiens ? Entre ces trois-là, mais pas nous.
Oui, on a encore la main. J'étais en Ukraine il y a quelques semaines. C'est la deuxième fois que je m'y rendais en six mois, l'invitation des autorités ukrainiennes. D'abord, on a la main parce que le soutien politique y compte beaucoup. Je le dis ici, les Ukrainiens qui sont aujourd'hui sur le front, qui défendent leur liberté mais aussi celle de l'Union européenne, tous les signaux politiques qui sont envoyés par les pays européens notamment, je peux vous dire qu'ils les voient et je peux vous dire que ça compte dans leur capacité à résister comme ils le font depuis trois ans.
Ensuite, on a la main parce que si on est capable de se coordonner, de prendre les bonnes décisions, on est capable de pallier un éventuel désengagement militaire qui pourrait être décidé dans le soutien à l'Ukraine. Et c'est pour ça que le sommet qui sera réuni par le président cette semaine avec des chefs d'État et de gouvernement est très important. Il fait suite à d'autres sommets qui se sont tenus pour donner aux Ukrainiens les garanties qui pourront tenir, qui seront soutenus militairement pour tenir et qu'ils pourront avoir des garanties de sécurité dans le cas d'un cessez-le-feu. Sur le réarmement militaire
dont on parle beaucoup, il y a le réarmement militaire au niveau européen, au niveau français. Comment on fait pour financer, pour trouver des fonds pour arriver à financer, à avoir 3% du PIB, 3,5% dans nos dépenses militaires ? Edouard Philippe a appelé récemment au Figaro à travailler plus. Nous devrons travailler plus si nous voulons préserver le modèle social et démocratique auquel nous sommes attachés. Il a raison. D'abord, on a commencé
à se réarmer. On n'a pas attendu aujourd'hui. Je rappelle que depuis 2017, le budget des armées en France a quasiment doublé. Donc, ces responsabilités-là, on les a prises. Ensuite, d'abord, il faut faire des économies. Je rappelle, c'est assez peu dit, qu'en 2024, l'État a dépensé moins qu'en 2023. Quand j'étais Premier ministre avec mon gouvernement, on a fait des efforts. On a décidé que les ministères allaient se serrer la ceinture. Résultat des courses, en 2024, l'État a dépensé moins qu'en 2023. Ce n'était pas arrivé depuis 15 ans que l'État dépense moins une année sur l'autre.
Ensuite... On retient quand même le dérapage financier de l'État ces derniers mois.
Mais du fait des dépenses de sécurité sociale et des collectivités locales, mais je le redis, ce n'est pas moi qui le dis, c'est l'INSEE, l'État a dépensé moins en 2024 qu'en 2023. Ça faisait 15 ans que ce n'était pas arrivé.
Le déficit est bien plus important
que ce qui était prévu
initialement. On se retrouve dans une situation où on est bloqué à la gorge et vous étiez aussi au pouvoir, aux responsabilités.
Oui, de l'État salamé parce que les dépenses sociales et les dépenses des collectivités locales ont beaucoup progressé et donc il faut continuer à agir sur ce terrain-là aussi. Ensuite, des économies d'abord et ensuite des recettes supplémentaires. Comment on a des recettes supplémentaires ? En étant plus nombreux à travailler. Moi, j'entends évidemment les voix qui s'élèvent pour demander à ceux qui travaillent aujourd'hui de travailler davantage.
Qu'est-ce que vous en pensez ?
Je considère que d'abord la priorité, ça doit être qu'on soit plus nombreux à travailler. Vous avez aujourd'hui des Français de classe moyenne qui se lèvent tous les matins, qui vont travailler, qui nous écoutent probablement à cette radio et pour échanger beaucoup avec eux, je mesure qu'ils ont le sentiment qu'on leur demande toujours plus d'efforts à eux alors que si on était plus nombreux à travailler, si la population active... Vous visez qui ?
Qui ne travaille pas ?
Aujourd'hui, vous avez un taux de chômage qui a baissé, qui est au plus bas depuis 30 ou 40 ans mais qui est encore élevé. Vous avez un taux d'emploi qui s'est amélioré mais qui est quand même encore très nettement en dessous d'un certain nombre de nos voisins, notamment des Allemands. Vous avez aujourd'hui des jeunes qui rentrent trop tard sur le marché du travail, on doit continuer à agir pour qu'ils puissent travailler. Vous avez des personnes qui sont éloignées de l'emploi et donc il faut un modèle social qui les incite davantage à travailler, qui les accompagne davantage vers l'emploi.
J'ai proposé une réforme de l'assurance chômage, vous le savez, on n'a pas pu la mettre en œuvre à cause de la dissolution mais elle est là, elle est prête et puis vous avez effectivement des seniors qui sont encore aussi trop éloignés de l'emploi. Donc moi, je considère que la priorité, ça doit d'abord être de faire en sorte qu'on soit plus nombreux à travailler avant de demander des efforts supplémentaires à ceux qui travaillent aujourd'hui.
On voulait vous entendre également sur la situation politique française alors que François Bayrou vient de dépasser les 100 jours à Matignon. Edouard Philippe, je le cite à nouveau, estime que le programme de travail des mois à venir paraît quasiment vide et il déplore un pays frappé par une espèce d'immobilité. Est-ce que vous le rejoignez sur ce constat, Gabriel Attal ? C'est l'immobilisme, il ne va rien se passer pendant deux ans ?
Moi, je lutte contre cette idée selon laquelle il ne se passerait plus rien pendant deux ans. On voit s'installer dans le débat public cette idée selon laquelle il y a une élection présidentielle en 2027, la situation est bloquée, il ne va plus rien se passer. Au même moment, vous avez Donald Trump qui prend des décrets tous les jours pour réformer son pays. La Chine qui investit massivement dans son économie. Les Allemands sont en discussion pour faire une coalition. Le jour où ils auront un gouvernement dans pas très longtemps, je peux vous dire qu'ils reprendront les réformes. D'accord, mais il se passe quoi en ce moment ? Il se passe quoi en ce moment,
Gabriel Attal ? Vous êtes président de groupe à l'Assemblée nationale. Depuis le vote du budget, il y avait le vote du budget mais c'était quand même il y a plus d'un mois. Il se passe quoi là ? On réforme sur quoi ?
D'abord, le programme de travail, c'est ce que nous, on en fait. Mon groupe, Ensemble pour la République, Renaissance, est celui qui a fait adopter le plus de textes de loi ces derniers mois de délinquance des mineurs pour sortir de cette forme d'impunité ressentie, être plus ferme s'agissant de la délinquance des mineurs, notamment quand ils sont récidivistes et qu'ils ont plus de 16 ans. Deux, un texte de lutte contre les fraudes aux aides publiques qui était très attendu aussi pour renforcer notre arsenal de luttes contre les fraudes, ce qui est aussi un enjeu de finances publiques.
Trois, un texte pour donner davantage de tâches, de compétences aux infirmières dans l'accès aux soins des Français. C'est trois exemples. Tout ça pour dire... Vous vous bougez, mais tout ça pour dire qu'on ne peut pas se permettre de faire la planche pendant deux ans en France, pendant que tous les pays dans le monde avancent. Mais c'est un message au gouvernement ? Non, c'est un message à tout le monde, c'est un message à toutes les formations politiques. On est représenté au Parlement. On a la possibilité au Parlement de proposer des réformes, de les faire adopter.
On a la possibilité aussi, Léa Salamé, de faire des propositions qui pourront éventuellement être reprises dans un référendum. Avec le parti Renaissance, on travaille sur un projet de référendum qu'on proposera au gouvernement et au président de la République pour détaxer le travail, pour que les Français qui travaillent puissent avoir plus de leur travail grâce à une diminution de la fiscalité qu'on compenserait par des économies par ailleurs.
Sur votre proposition de loi sur la justice des mineurs, justement, elle a été adoptée à l'Assemblée nationale, elle a été largement amoindrie au Sénat et c'est notamment la droite qui l'a amoindrie, le rapporteur du texte au Sénat, le sénateur LR, Francis Piner, qui a supprimé plusieurs de vos dispositions qu'il juge rédigées dans la précipitation, parlent de mesures difficilement applicables ou de nature à fragiliser l'application des textes déjà existants. C'est un LR qui le dit ?
Oui, alors c'était en commission au Sénat et vous savez que le texte va passer en séance publique cette semaine et j'ai échangé avec un certain nombre de responsables politiques de la majorité sénatoriale et je crois que ces mesures seront rétablies. Je rappelle que le groupe LR à l'Assemblée nationale a voté ce texte. Encore une fois, moi je défends l'idée selon laquelle un mineur n'est pas un majeur. On ne peut pas juger un mineur comme un majeur, c'est ce qu'on appelle l'ordonnance de 1945. Mais un mineur de 2025 n'est pas un mineur de 1945.
Il y a aujourd'hui une forme de violence de plus en plus débridée, probablement liée aussi à une forme de banalisation de la violence sur les réseaux sociaux. Et donc avec ce texte, qu'est-ce que je prévois ?
La sanction des parents.
Non, création d'une comparution immédiate pour les mineurs qui n'existe pas aujourd'hui. Aujourd'hui, vous avez un jeune de 17 ans et un jeune de 18 ans qui se sont arrêtés pour cambriolage en récidive. Celui de 18 ans peut être sanctionné tout de suite. Celui de 17 ans va être sanctionné au bout d'un an. C'est évidemment pas éducatif comme système. Je propose d'atténuer l'excuse de minorité dans un certain nombre de cas et effectivement de mieux responsabiliser les parents.
Le conclave sur les retraites souhaitées par François Bayrou survit malgré le départ de FO, de la CGT, de l'U2P. Les membres restants, notamment la CFDT et le MEDEF, ont décidé de continuer le dialogue. À vos yeux, ce conclave a-t-il encore un sens, malgré l'annonce de François Bayrou de ne pas revenir aux 62 ans ? Ça sert à quelque chose de continuer à discuter ?
Bien sûr que ça sert à quelque chose.
Même si ce paramètre-là a été rayé de la carte ?
Et ça sert à quelque chose, y compris par rapport à ce dont on a parlé au début de cette interview. Ce qui différencie une démocratie d'un régime autoritaire, c'est pas seulement le fait de voter, c'est aussi le fait d'avoir une société civile organisée qui est respectée des syndicats qu'on met autour de la table. Donc évidemment que dans le contexte où on défend un modèle démocratique au niveau international, on doit être exemplaire en France.
Maintenant, moi, ce que je constate, c'est qu'une majorité de partenaires sociaux sont autour de la table, qui ne se cachent pas derrière cette espèce de totem des 62 ans, j'ajoute qu'on peut aussi étendre les sujets sur lesquels ce conclave est amené à se prononcer. Je parlais à l'instant de la proposition qu'on va faire pour détaxer le travail. Je pense que c'est un sujet dont les partenaires sociaux peuvent s'emparer.
Mais là, l'objectif de la CFDT, qui est la seule qui reste autour de la table, c'est encore de bouger sur les 64 ans. Vous le savez,
vous l'avez lu. Je sais bien et c'est pour ça que ce conclave a été lancé. Ce que je dis, c'est qu'il y a d'autres sujets dont on peut parler. J'ai fait la proposition aussi qu'on fasse évoluer notre système de retraite vers la capitalisation. Je pense que ça peut être un sujet dont le conclave s'empare. Et enfin, je pense qu'on ne parle pas suffisamment en France de l'organisation du travail, du sens au travail, de la qualité de vie au travail. Et ça aussi, je pense que c'est un enjeu majeur pour les partenaires sociaux et le gouvernement. Deux questions rapidement,
s'il vous plaît, Gabriel Attal, parce qu'on a une question au standard également qu'on aimerait vous poser. Gérald Darmanin a menacé de démissionner s'il n'était pas suivi sur la question du port du voile dans le sport. Il veut l'interdire. Et vous, quelle est votre position ?
Moi, je défends la laïcité, la vraie, celle d'Aristide Briand. J'ai été amené à prendre des décisions, notamment en tant que ministre de l'Éducation nationale, pour faire respecter la laïcité dans les établissements scolaires en interdisant le port de la Baia et du Camis, qui manifestait ostensiblement une appartenance religieuse pour ce qui est du sport. Je considère, comme le gouvernement, puisque c'est manifestement la ligne du gouvernement, que lorsque vous participez à une compétition sportive, vous représentez d'autres personnes. Et que quand vous représentez d'autres personnes, c'est mieux de ne pas manifester une appartenance politique ou religieuse.
Est-ce que ça veut dire que je suis pour, comme le proposent certains, l'interdiction du port de signes religieux dans l'espace public, dans la rue, pour tout le monde ? Non, parce que ça n'est pas la laïcité.
Mais vous êtes pour interdire le port du voile dans les compétitions sportives.
Les signes religieux, je pense que c'est important de rappeler qu'il n'y a pas seulement le voile dans les compétitions sportives, dès lors que vous représentez une équipe et vous représentez d'autres personnes. Nicolas.
Oui, on passe au standard où nous attend Nathalie. Bonjour, bienvenue. Bonjour. On vous écoute. Alors, merci de me recevoir. Bonjour, monsieur Gabriel Attal. j'ai eu l'occasion de vous rencontrer ces derniers mois deux fois. La première fois, le 7 octobre 2023 au campus Renaissance Talence Renew à Bordeaux où vous n'étiez que ministre de l'éducation nationale. J'avais fait un selfie avec vous, j'étais heureuse. D'accord. Alors, posez votre question, Nathalie, s'il vous plaît. Posez votre question. Oui, oui, je vous ai revu le 13 février 2025 à Talence en Gironde. Je vous ai posé une question sur la prise en charge entre guillemets de l'antisémitisme en France.
Vous ne m'avez pas vraiment répondu. Je vous demande aujourd'hui, lundi, à 48 heures de l'agression d'un rabbin en France, en France, que comptez-vous faire à Orléans ? Je suis inscrite au parti Renaissance. Je vous soutiens. Que comptez-vous faire ? Essayez d'aider la communauté juive de France pour essayer de faire que ce genre d'acte n'ait plus lieu. Merci, M. Attal. Merci infiniment pour votre appel. Gabriel Attal vous répond.
Ce qui s'est passé à Orléans ce week-end, c'est profondément révoltant et ça indigne quand on défend la République. Qu'un homme, un rabbin, en l'occurrence, puisse être agressé aux côtés de son fils parce qu'il est juif en France, on ne peut pas accepter une situation pareille et malheureusement depuis le 7 octobre 2023, on a vu les actes antisémites exploser en France. Évidemment que la lutte contre l'antisémitisme c'est une priorité dès lors qu'on défend la République et avec Renaissance on a toujours évidemment défendu cette ligne de lutte implacable contre l'antisémitisme.
Je l'ai fait en tant que membre de goût du gouvernement à chaque fois que j'en ai eu l'occasion dans les postes qui m'ont été confiés à l'éducation nationale notamment en renforçant les sanctions contre tous les actes tous les propos antisémistes, racistes, discriminatoires dans les établissements scolaires, en renforçant la sécurité des écoles juives aussi en France qui sont évidemment menacées. Je l'ai fait en tant que Premier ministre en renforçant les financements et le soutien au lieu de culte juif en France qui sont aussi menacés. Il faut évidemment poursuivre une lutte implacable contre l'islamisme, l'islam radical qui est évidemment un des vecteurs de l'antisémitisme.
C'est ce qu'on a fait ces dernières années en fermant un certain nombre de lieux de culte, d'associations qui prêchent la haine et l'antisémitisme en décidant de dissoudre certaines associations en collectif. Je pense au CCIF qu'on a dissous en Conseil des ministres qu'il faut évidemment poursuivre sur cette voie.
Et s'agissant de Renaissance d'Ensemble pour la République, à l'Assemblée nationale, on propose aujourd'hui un certain nombre de textes pour aller encore plus loin, notamment via la députée Caroline Yadant qui a déposé une proposition de loi qui a été co-signée d'ailleurs par des membres de beaucoup d'autres groupes à l'Assemblée, y compris François Hollande, je crois, qui a signé sa proposition de loi qui vient de mon groupe Renaissance pour aller plus loin dans la lutte contre l'antisémitisme.
On a dépassé le temps et il y a trois petites questions rapidement. À Paris, Rachida Dati est-elle la meilleure candidate ?
On répondra à cette question cet été. Vous savez qu'on travaille sur les élections municipales, qu'on a une boussole pour ces élections municipales, c'est comment est-ce qu'on est le plus utile. Dans un certain nombre de cas, ça voudra dire se présenter sous nos propres couleurs avec des personnalités issues de Renaissance qui ont travaillé un projet. Je pense à Thomas Cazenave à Bordeaux, Violette Spilbout à Lille et d'autres. Dans d'autres cas, ce sera se mettre derrière un maire sortant ou une maire sortante parce qu'il a bien travaillé ou socialiste, pourquoi pas ?
Parce qu'il a bien travaillé, parce qu'il a des valeurs qui sont les nôtres, parce qu'il a des projets qui se rapprochent des nôtres et parfois, ce sera se mettre derrière une personnalité qui n'est pas de notre parti mais qui peut incarner l'alternance mieux que nous. Vous me posez la question sur Paris. Et vous à Paris ? On n'a pas pris la décision encore de la personnalité qu'on soutiendrait à Paris. Et vous ? Mais Léa Salamé, un, la question, ce n'est pas que Paris, d'abord. Moi, je fais toujours attention à ce qu'on rappelle qu'il y a 36 000 communes en France et qu'il n'y a pas que Paris, évidemment. Ensuite, ce n'est pas que moi la question.
La question, c'est comment est-ce qu'on est le plus utile à Paris comme partout ailleurs ?
Mais vous, vous pourriez être candidat ou pas ?
Ce n'est pas prévu, non, non. Vous savez, moi, là, aujourd'hui, je suis à la tête de mon parti. Je cherche à reconstruire ma famille politique. Je cherche à être utile aux Français. Vous avez compris que ma ligne, c'est de faire en sorte qu'on puisse agir dans les deux ans qui viennent, qu'on n'arrive pas à se résoudre à ce qu'on ne puisse plus rien se passer en France dans les deux ans qui viennent et à préparer, évidemment, un projet pour le pays. Et il y a donc Lyon aussi, Jean-Michel Hollasse, à Lyon ? Vous pouvez me faire toutes les villes les unes après les autres. Non, mais on a des personnalités issues de renaissances qui sont d'expérience à Lyon.
Je pense à Thomas Rudigoz, Jean-Michel Hollasse, qui est une personnalité de la société civile. Il n'appartient pas à notre parti, manifestement réfléchi, à se présenter. Ce sont vos couleurs. On va, je ne crois pas, je crois qu'il veut se présenter comme une personnalité indépendante et il a tout à fait la possibilité. Et donc, on va travailler, réfléchir à un éventuel soutien, mais on n'en est pas là aujourd'hui. Merci.
Gabriel Attal d'avoir été au micro de France Inter ce matin. Merci à vous.
Merci beaucoup.
Gabriel Attal