Immigration : y a-t-il de plus en plus d’immigrés en France ?
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« Un immigré est une personne née avec une nationalité étrangère, et ce, à l'étranger qui réside aujourd'hui en France. »
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« Les immigrés représentent un peu plus de 10 % de la population, c'est-à-dire près de sept millions d'individus. »
- 2:30Chiffre
« On estime que le nombre d'immigrés en situation irrégulière est d'environ 600 000 à 700 000 personnes. »
- 7:30Chiffre
« En 2050, la part des immigrés subsahariens pourrait doubler en France et représenter 3 % de la population. »
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Dire qu’il n’y a pas de problème, c’est une folie. Ce mouvement s’accélère et il va durer. C’est mon obsession.
Il faut dire stop. Ça suffit. Ces dernières années, un sujet arrive à chaque fois très vite dans les débats politiques : l’immigration.
Mais il ne s’agit pas juste de discours politique. De nombreux événements ont aussi marqué l’actualité. La situation est toujours aussi critique.
Entre la Pologne et le Bélarus. Vers la frontière grecque. En Méditerranée.
Près de Calais. Dans les rues de Paris. Alors, faisons-le point.
Comment l’immigration a-t-elle évolué jusqu’ici et que pourrait-il se passer à l’avenir ? Voilà ce que l’on sait de l’immigration en France. Dans cette vidéo, pour parler d’immigrés, nous allons utiliser la définition de l’Insee.
Un immigré est une personne née avec une nationalité étrangère, et ce, à l’étranger qui réside aujourd’hui en France. Cela signifie que même si un immigré obtient la nationalité française, il est toujours comptabilisé parmi les immigrés. OK, passons aux chiffres.
Depuis un siècle, la proportion d’immigrés a tendance à augmenter. Cette augmentation s’est surtout faite au cours de trois périodes : après la Première, puis la Seconde Guerre mondiale, durant les Trente Glorieuses. Et enfin aujourd’hui, depuis les années 2000.
Cette augmentation récente s’explique par plein de facteurs entremêlés : les immigrés venus travailler en France dans le passé qui font venir leurs familles, les étudiants internationaux, les crises humanitaires, l’espace Schengen ou encore le développement du transport aérien. Aujourd’hui, les immigrés représentent un peu plus de 10 % de la population, c’est-à-dire près de sept millions d’individus. Plus difficile à recenser, on estime que le nombre d’immigrés en situation irrégulière est d’environ 600 000 à 700 000 personnes. 10 % d’immigrés, selon l’INSEE.
Selon Eurostat, qui s’occupe des statistiques dans l’Union européenne, c’est presque 13 %. Sa définition des immigrés est plus large, mais ça permet de se comparer aux autres pays. Cela place la France un petit peu au-dessus de la moyenne européenne.
Pour aller plus loin, reprenons les chiffres de l’INSEE et ajoutons la deuxième génération, c’est-à-dire les descendants nés en France qui ont au moins un parent immigré. On englobe alors plus d’une personne sur cinq. Enfin, on peut aller encore plus loin et remonter à la troisième génération, c’est-à-dire compter les Français qui ont au moins un grand-parent immigré.
On trouve alors environ un tiers de la population. Mais concentrons-nous sur les seuls immigrés. On a vu combien vivent en France, mais cela ne nous dit pas combien arrivent sur le territoire chaque année.
Ces dernières années, on a compté plus de 200 000 entrées par an. Mais tous les ans, certains immigrés repartent, d’autres décèdent. En retranchant ces personnes-là, on obtient des estimations plus précises.
Par exemple, l’année 2017 a compté plus de 260 000 arrivées, mais cette année-là, le nombre d’immigrés présents en France a augmenté de 139 000 personnes, c’est-à-dire environ 1,2 % de la population. Mais alors, qui sont ces immigrés en question ? Ou plutôt, d’où viennent-ils ?
Eh bien, cela a pas mal évolué. Au milieu du 20e siècle, plus des trois quarts des immigrés étaient originaires de pays d’Europe. Désormais, c’est le cas pour moins d’un tiers d’entre eux.
De plus en plus, les flux viennent d’Afrique. Aujourd’hui, près de la moitié des immigrés présents en France y sont nés. Ce que l’on sait aussi à peu près, c’est où vivent les immigrés une fois en France.
Et ce que l’on peut dire, c’est que leur répartition n’est pas homogène. Ils vivent surtout dans les grandes villes, en particulier en Île-de-France, où sont installés quatre immigrés sur 10. En Seine-Saint-Denis, plus de 30 % des habitants sont ainsi immigrés.
À l’inverse, dans la Manche, c’est moins de 3 %. Cette répartition inégale est encore plus notable quand on ajoute la seconde génération. Immigrés et descendants d’immigrés composent près des deux tiers de la population de Seine-Saint-Denis.
Dans la Manche, c’est moins de 5 %. Ce qui nous amène à la dernière question : Comment cela va-t-il évoluer ? Dans les années à venir, il est probable que la proportion d’immigrés dans la population augmente pour deux raisons principales.
La première raison ne vient pas de l’immigration elle-même, mais de la population française. Celle-ci s’accroît petit à petit. Oui, mais sa croissance est de moins en moins le fait de ce que l’INSEE nomme la population non-immigrée, c’est-à-dire les gens nés en France ou les Français à l’étranger.
Cette croissance de plus en plus faible de la population non-immigrée s’explique par deux phénomènes. D’abord, depuis une quinzaine d’années, de plus en plus de personnes non-immigrées quittent la France, la plupart du temps pour des études ou du travail, ceux qui reviennent en France sont moins nombreux. Mais surtout, ce qui explique cette faible croissance de la population non-immigrée, c’est la baisse du solde naturel.
Moins de bébés, davantage de morts. L’augmentation, ici en bleu, ralentit. Résultat, en proportion, l’immigration occupe une place de plus en plus importante.
En 2006, 26 % des habitants supplémentaires étaient des immigrés. En 2017, ce chiffre est passé à 44 %. Par ailleurs, les immigrés contribuent aussi à la hausse de la population en faisant des enfants.
La fécondité des femmes immigrées est un peu plus élevée que celle des femmes non-immigrées. Ainsi, alors que les femmes immigrées représentent 10 % de la population, elles contribuent à 19 % des naissances. Cela ne dure pas.
Les descendantes d’immigrés ont une fécondité similaire à celle de la population non-immigrée. Mais la deuxième raison de la hausse de la part d’immigrés tient tout simplement à une probable augmentation des migrations, notamment en provenance de l’Afrique. C’est ce qu’affirme le Fonds monétaire international dans un rapport publié en 2020.
L’organisation avance surtout deux arguments. D’abord, d’ici 2050, l’Afrique devrait gagner plus d’un milliard d’habitants. Ensuite, le continent est en croissance économique.
Et paradoxalement, lorsqu’une région pauvre se développe, le nombre de personnes qui émigrent a, au départ, plutôt tendance à augmenter. Pour une raison simple : davantage de monde a les moyens de partir. C’est ce qui s’est passé en Chine, au Mexique ou au Maroc, par exemple.
En 2018, le démographe François Héran avait tenté de calculer ce que cette hausse pourrait représenter en Europe, et notamment en France. Il précise d’abord qu’on observe aujourd’hui que seuls 15 % des migrants africains rejoignent le continent européen. L’immense majorité s’installe dans d’autres pays d’Afrique.
D’après ses calculs, en 2050, la part des immigrés subsahariens pourrait doubler en France et représenter 3 % de la population. Les immigrés originaires d’Afrique du Nord augmenteraient aussi, mais moins vite. L’immigration venue d’Europe devrait, elle, continuer à baisser.
Alors, il ne s’agit là que d’estimations et qui ne font pas l’unanimité. Si, en 2015, les immigrés subsahariens représentaient 1,5 % de la population, en cinq ans, ce chiffre est passé à 2 %. Dans 30 ans, il est donc possible qu’ils puissent dépasser les 3 %.
En réalité, les démographes sont surtout d’accord pour dire qu’il est impossible de prévoir correctement l’immigration. Cela peut beaucoup varier selon des événements imprévisibles, une guerre, une crise économique ou, à l’inverse, une crise sanitaire comme celle liée au Covid qui a provoqué la fermeture des frontières. Enfin, à l’avenir, on ne connaît pas les conséquences qu’auront les catastrophes climatiques, par exemple.
Merci à tous d’avoir regardé cette vidéo. L’immigration est un sujet très large qui soulève de nombreux enjeux. Ici, nous avons choisi d’apporter un éclairage quantitatif sur l’évolution de l’immigration.
Mais il existe un autre aspect de la question, comment les immigrés s’intègrent au sein des sociétés, ce qui fera peut-être l’objet d’une prochaine vidéo. Ces deux aspects de la question migratoire sont aujourd’hui souvent mélangés et utilisés par les défenseurs de ce qu’on appelle la théorie du grand remplacement, une théorie non-scientifique et xénophobe, notamment véhiculée par la droite et l’extrême droite, et qui repose sur des analyses subjectives et politiques. Ce n’était pas le sujet de cette vidéo qui s’appuie sur des données transparentes.
Vous trouverez d’ailleurs toutes les sources en description.