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speechyoutube.com· 11 mai 2026 118 minAutoproduit

🔴 Plan de déconfinement: suivez en direct le discours d'Edouard Philippe, suivi de notre édition ...

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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

relancer l'économie et peut-être assurer une certaine sécurité sanitaire. C'est un exercice très difficile pour le gouvernement.

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Invité

– Extrêmement difficile, relancer et rassurer en même temps, c'est effectivement très compliqué. Alors s'il parle de 45 minutes en une heure, ça veut dire qu'il va donner un certain nombre d'informations concrètes, on va y revenir, mais qu'il ne peut pas trop aussi rentrer dans le détail et faire en quelque sorte un catalogue de mesures et un inventaire à l'après-verre. Il va fixer un cadre général, qu'est-ce qui va refonctionner, qu'est-ce qui ne va pas refonctionner, qu'est-ce qu'on aura le droit de faire, qu'est-ce qu'on n'aura pas le droit de faire. À ce cadre général, il va ajouter un certain nombre d'exceptions, d'ajustements.

Alors sur le plan de l'organisation, on a compris par exemple que ça veut dire que le gouvernement à Paris ne déciderait pas de tout, mais qu'il y aurait une sorte d'approche décentralisée, que par exemple les régions qui ont été beaucoup moins touchées par la pandémie seraient beaucoup plus libres de leur mouvement et de leur organisation et ce sera beaucoup plus strict dans les régions qui, comme la Nôtre-Île-de-France ou les Hauts-de-France ou le Grand-Est, ont été bien davantage touchées par la pandémie. Ensuite, il faudra entrer dans le détail quand même, Hélène nous en parlait à l'instant, d'un certain nombre de mesures sectorielles.

Alors le commerce est évidemment très concerné, les transports sont très concernés aussi. On attend aussi peut-être, on verra si c'est le cas tout à l'heure, Guillaume, des annonces relatives à l'industrie automobile. Est-ce qu'il y aura des annonces, des incitations pour changer d'automobile ? Vous vous souvenez qu'il y a une dizaine de jours, quand Bruno Le Maire était sur le plateau de BFM TV, BFM Business, il avait souhaité la mise en place d'un mécanisme, disait-il spécifiquement à ce moment-là, pour encourager l'achat des véhicules électriques. Exactement, donc on verra si ça se confirme tout à l'heure.

Et puis on verra aussi de manière plus générale, dans le cadre de la politique économique et sociale du gouvernement, s'il y a des annonces de soutien supplémentaires, s'il y a des remises en cause de réformes qui étaient prévues précédemment. On pense par exemple à la réforme de l'allocation chômage, qui pourrait être sinon remise en cause, au moins ajustée. Donc il faudra donner un cap et surtout donner l'idée centrale qui est très importante, sans décourager complètement qu'on est vraiment au début d'un processus qui va être long, qui va être compliqué, qui ne va pas être linéaire ou longiligne, mais qui pourrait être interrompue, un peu chaotique.

Donc il va falloir naviguer vraiment sur une ligne de crête très délicate. 15h03, Richard Ferrand qui continue de s'exprimer,

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Présentateur

qui va passer la parole à Édouard Philippe dans un court instant, d'ici quelques secondes. Justement Emmanuel, parce qu'on continue de parler d'un plan de déconfinement pour relancer l'activité. Oui, mais vous aurez peut-être beau rouvrir les magasins, faire repartir la machine, est-ce que les consommateurs, ce n'est pas la question du jour, mais ce sera une question très rapidement, est-ce que les consommateurs seront là justement pour recommencer à consommer derrière ?

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Invité

Il y a des enquêtes qui sont faites quasi quotidiennement par tous les instituts de sondage sur ce sujet pour tester les Français. Aujourd'hui, il y en a quand même presque la moitié qui disent qu'ils vont dépenser un peu moins, un tiers qui disent qu'ils vont dépenser autant, et puis 20% qui disent qu'ils vont dépenser davantage. On voit bien qu'il y a une extrême prudence. 30% des Français craignent aujourd'hui de perdre leur emploi. Vous ne pouvez pas dépenser massivement, retourner dans les magasins, si vous craignez pour votre emploi. C'est là où encore la comparaison avec la guerre n'est pas très pertinente.

Quand vous avez l'armistice qui est signé le 8 mai 45, le 11 novembre 1918, tout le monde sait que la guerre est finie, qu'une nouvelle vie commence. Il va falloir reconstruire, rebâtir. Là, un, on ne sait pas si la guerre est vraiment finie. Est-ce qu'on n'aura pas cette deuxième vague ? On sait qu'elle n'est pas finie. En réalité, c'est plutôt ça. On sait qu'elle n'est pas finie. Et puis, est-ce que finalement, parce que là, tout le monde s'est focalisé sur les dispositifs d'urgence, chômage partiel notamment, mais qu'est-ce qui va se passer quand on va débrancher toutes ces aides ? Et ça, il y a énormément de Français qui redoutent aujourd'hui cette perte de pouvoir d'achat potentiel.

Il ne faut pas se laisser leurrer par, vous savez, ce fameux chiffre qu'on donne de 60 milliards d'épargne contrainte. Parce que oui, c'est vrai qu'il y a des Français pour qui, aujourd'hui, le problème n'est pas de pouvoir dépenser, mais de savoir où dépenser et ils ne peuvent pas acheter. Et puis, il y a ceux qui ont des problèmes de pouvoir d'achat et ils ne sont pas négligeables non plus.

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Présentateur

Alors, les consommateurs seront-ils là ? Ça, ça sera la question d'après. En tout cas, on est sur ce plan de déconfinement, première étape d'un long processus. C'est Edouard Philippe, le Premier ministre, au perchoir de l'Assemblée nationale, qui va donc s'exprimer devant un hémicycle très clair-semé, quelques dizaines de parlementaires tout au plus. Le Premier ministre, Edouard Philippe, 15h05, vous êtes en direct sur BFM Business.

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Invité

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, voilà donc le moment où nous devons dire à la France comment notre vie va reprendre. Depuis le 17 mars dernier, notre pays vit confiné. Qui aurait imaginé, il y a seulement trois mois, la place que ce mot allait prendre dans notre débat public ?

Qui aurait pu envisager une France dans laquelle, subitement, les écoles, les universités, les cafés, les restaurants, une majorité d'entreprises, les bibliothèques, les librairies, les églises, les temples, les synagogues et les mosquées, les jardins publics et les plages, les théâtres, les stades, tous ces lieux communs, pour utiliser une formule qu'affectionne le Président de l'Assemblée nationale, auraient été fermés. Jamais, dans l'histoire de notre pays, nous n'avons connu cette situation. Ni pendant les guerres, ni pendant l'occupation, ni pendant les précédentes épidémies. Jamais. Jamais le pays n'avait été confiné comme il l'est aujourd'hui.

Et de toute évidence, il ne peut l'être durablement. Car si le confinement a constitué une étape nécessaire, il pourrait, s'il durait trop longtemps, entraîner des effets délétères. Le confinement a été un instrument efficace pour lutter contre le virus, pour contenir la progression de l'épidémie, pour éviter la saturation de nos capacités hospitalières et ce faisant pour protéger les Français les plus fragiles. Depuis le 14 avril dernier, le nombre de cas de Covid-19 hospitalisés diminue. De plus de 32 000 patients hospitalisés, il est descendu à environ 28 000. Depuis le 8 avril, le nombre de cas de Covid-19 en réanimation diminue. Il dépassait 7 100. Il est désormais de 4 600.

La décrue est engagée. Elle est régulière, lente, j'y reviendrai, mais régulière. Selon une étude de l'École des Hautes Études de Santé Publique, le confinement aura permis d'éviter au moins 62 000 décès sur un mois et 105 000 lits de réanimation auraient manqué en l'absence de confinement. Je ne crois pas, Mesdames et Messieurs les députés, que notre pays l'aurait supporté. Mais un instrument ne vaut que si ses effets positifs ne sont pas, dans la durée, dépassés par ses conséquences négatives. Or, nous savons, par l'intuition ou par l'expérience, qu'un confinement prolongé au-delà du strict nécessaire aurait, pour la nation, des conséquences gravissimes.

Nous sentons que l'arrêt prolongé de la production de pans entiers de notre économie, que la perturbation durable de la scolarisation d'un grand nombre d'enfants et d'adolescents, que l'interruption des investissements en public ou privé, que la fermeture prolongée des frontières, que l'extrême limitation de la liberté d'aller et venir, de se réunir, de rendre visite à ses proches, à ses parents, présenterait pour le pays non pas seulement l'inconvénient pénible du confinement, mais en vérité celui bien plus terrible du risque de l'écroulement. Écroulement. Je n'emploie pas ce terme au hasard, mesdames et messieurs les députés. On me reproche bien plus souvent l'halitote que l'exagération.

Il nous faut donc, progressivement, prudemment, mais aussi résolument, procéder à un déconfinement aussi attendu que risqué et redouté. L'objectif du gouvernement est de présenter à l'Assemblée nationale, et grâce à elle, aux Français, notre stratégie nationale, c'est-à-dire les buts que nous recherchons et la façon dont nous allons procéder pour les atteindre à compter du 11 mai prochain. Toute stratégie repose sur des constats. Le premier d'entre eux est médical. Il tient en quelques mots simples que tous les Français doivent avoir en tête. Nous allons devoir vivre avec le virus.

Dès lors qu'aucun vaccin n'est disponible à court terme, qu'aucun traitement n'a à ce jour démontré son efficacité et que nous sommes loin d'avoir atteint la fameuse immunité de groupe, le virus va continuer à circuler parmi nous. Ce n'est pas réjouissant, mais c'est un fait. On peut espérer que le virus disparaisse de lui-même. Les spécialistes des épidémies, en tout cas certains, s'accordent pour reconnaître que cela arrive, que les épidémies s'arrêtent parfois selon qu'on sache très bien pourquoi.

On peut espérer que l'incroyable effort de recherche engagé dans le monde entier permettra de trouver sous peu un traitement et d'ici 12 à 24 mois un vaccin qui renverraient ce virus au rang des questions de santé résolues par l'intelligence et la technologie humaine. On peut tout à fait espérer tout cela, mais fonder une politique publique et organiser la vie des Français autour d'hypothèses aussi incertaines n'est pas envisageable. Il nous faut donc apprendre à vivre avec le Covid-19 et apprendre à nous en protéger. Voilà la première contrainte et voilà le premier axe de notre stratégie. Le deuxième constat est à la fois médical et politique. Il tient au risque de voir repartir l'épidémie.

La décision de confiner notre pays a permis de ralentir la circulation du virus. Elle a permis que jamais nos services de réanimation ou de soins intensifs ne soient saturés au point qu'ils n'auraient pu admettre de nouveaux patients. Elle a permis à l'engagement des soignants, à l'imagination des équipes hospitalières, à l'organisation logistique des soins de tenir en dépit d'une pression considérable jamais vue mais de tenir. Et je veux le dire une nouvelle fois ici, notre système hospitalier a tenu.

Mais il a tenu au prix d'une fatigue bien compréhensible des femmes et des hommes, au prix d'une consommation de médicaments de réanimation de consommables jamais constatés non plus, au prix d'une déprogrammation des opérations chirurgicales non nécessaires à court terme mais qui finiront bien par l'être. Le risque d'une seconde vague qui viendrait frapper un tissu hospitalier fragilisé, qui imposerait un reconfinement lequel ruinerait les efforts et les sacrifices consentis au cours de ces huit semaines est un risque sérieux, un risque qu'il faut prendre au sérieux.

Ce risque impose de procéder avec prudence, progressivement, sûrement, en reprenant notre vie selon des modalités qui permettent, semaine après semaine, de vérifier que nous maîtrisons le rythme de circulation du virus. Le deuxième axe de notre stratégie sera donc la progressivité. Le troisième élément à prendre en compte est géographique. Il tient là aussi en quelques mots. La circulation du virus n'est pas uniforme dans le pays. Certaines parties ont été durement touchées. Certains territoires connaissent encore aujourd'hui, après six semaines de confinement, un nombre quotidien significatif de nouveaux cas. Mais dans d'autres, le virus est quasiment absent.

Cette circulation hétérogène du virus crée de fait des différences entre les territoires. Pour tous ceux qui, comme moi, croient au bon sens, il n'est pas inutile, il est même très nécessaire de prendre en compte ces différences dans la façon dont le déconfinement doit être organisé. A la fois pour ne pas appliquer le même schéma dans des endroits où la situation n'est objectivement pas la même, mais aussi pour laisser aux autorités locales, notamment aux maires et aux préfets, la possibilité d'adapter la stratégie nationale en fonction des circonstances.

C'est d'ailleurs pour cela qu'avec le président de la République, nous avons décidé de dire rapidement quelle était notre stratégie nationale afin qu'au plus tôt, ceux qui vont participer à sa mise en œuvre puissent prendre leur disposition. Avec plusieurs membres du gouvernement, avec le coordonnateur interministériel Jean Castex, je rencontrerai dès demain les associations d'élus locaux et les préfets, puis jeudi les partenaires sociaux pour engager ce travail de concertation et d'adaptation du plan aux réalités de terrain. Vivre avec le virus, agir progressivement, adapter localement, voilà les trois principes de notre stratégie nationale.

A partir du 11 mai, sa mise en œuvre va reposer sur le triptyque protéger, tester, isoler. Protéger d'abord. Protéger, c'est éviter d'être infecté par le virus ou d'infecter les autres. Les médecins nous disent que la contagiosité de la maladie apparaît deux jours avant les premiers symptômes et disparaît plusieurs jours après. Ils disent également qu'une proportion non négligeable de porteurs du virus ne déclenche aucun symptôme et ne savent pas au fond qu'ils peuvent transmettre le virus. Dès lors, il est impératif que chacun puisse adopter les comportements qui permettent d'éviter la contamination.

À partir du moment où nous ne serons plus en situation de confinement, où les occasions de contact augmenteront à nouveau, il faudra les limiter, mais elles seront plus importantes qu'aujourd'hui, le respect des gestes barrières et des mesures de distanciation sociale, distanciation physique, préférons ce terme, prendra encore plus d'importance. Ces gestes barrières, tout le monde les connaît désormais, c'est notamment la distanciation physique et le lavage régulier des mains. À cela, il conviendra d'ajouter, et je dis bien d'ajouter, le port du masque dans certaines situations.

Et je souhaite revenir précisément sur ce sujet, car cette question des masques a suscité l'incompréhension et la colère de nombreux Français. Pourquoi n'y en avait-il pas pour tout le monde ? Fallait-il en porter ou les trouver ? Lorsque la crise a commencé, nous disposions d'un stock important de masques chirurgicaux, important au sens où il permettait de répondre à plus de 20 semaines de consommation normale des services hospitaliers. La production nationale était inférieure à la consommation normale, mais complétée par des importations régulières. Avec l'apparition de l'épidémie en Chine, puis son arrivée en Italie, deux éléments sont apparus clairement.

L'importation est momentanément devenue impossible et la consommation a considérablement augmenté dans des proportions incroyablement supérieures à la normale. comme tous les pays européens, comme les Etats-Unis et l'Amérique, la France a dû gérer un risque de pénurie de masques. Trois décisions ont donc été prises. D'abord, d'augmenter la production nationale de masques chirurgicaux autant que faire se peut. Ce n'est pas simple, mais nous sommes en train d'y parvenir en doublant d'abord et en atteignant bientôt cinq fois sa production initiale.

Ensuite, réserver le stock existant aux soignants hospitaliers pour garantir la fourniture de ces masques à ceux qui, en première ligne, auraient à soigner les malades. Il est arrivé, mesdames et messieurs les députés, que nous doutions de notre capacité à garantir cet approvisionnement dans la durée. Réserver les masques aux soignants, c'était mécaniquement refuser de les distribuer à d'autres. C'est un choix difficile, c'est un choix contesté, c'est un choix que j'ai estimé nécessaire. Enfin, nous avons lancé la production de masques en tissu pour compléter l'offre et ne pas dépendre des importations dont nous ne savions pas si elles pourraient reprendre et si oui, pour combien de temps.

Les scientifiques eux-mêmes ont évolué. Au début, beaucoup nous disaient que le port du masque en population générale n'était pas nécessaire, que le risque du mauvais usage était supérieur aux avantages espérés. et nous l'avons répété et je l'ai dit. Ils nous disent aujourd'hui, parfois les mêmes, qu'il est préférable dans de nombreuses circonstances de porter un masque plutôt que de ne pas en porter et il me revient donc de le dire et de faire en sorte que cela soit possible. Pendant la phase de pénurie, nous avons utilisé l'outil des réquisitions qui a été fort utile.

Depuis plusieurs semaines maintenant, depuis que nous sommes rassurés sur notre capacité à servir les soignants au sens large en masque, nous incitons l'ensemble des acteurs à se procurer des masques et les données des douanes le montrent d'ailleurs assez clairement, il rentre bien plus de masques dans le pays que le gouvernement n'en commande. Et croyez-moi, il en commande. Puisque nous recevons près de 100 millions de masques chirurgicaux par semaine désormais et que nous recevrons près de 20 millions de masques grand public lavables à compter du mois de mai. Nous avons incité les entreprises et les collectivités à se procurer également des masques.

Certaines n'ont pas attendu que nous les incitions. Nous soutiendrons financièrement les collectivités locales qui achètent à compter de ce jour des masques grand public en prenant en charge 50% du coût des masques dans les limites d'un prix de référence. Et nous avons réouvert récemment, vous l'avez probablement remarqué, les marchands de tissus et les ateliers de couture et diffusé des guides pratiques de confection de masques afin que chacun se mobilise pour en produire. Grâce à la mobilisation de tous, il y aura donc assez de masques dans le pays pour faire face aux besoins à partir du 11 mai.

Mais l'enjeu, la responsabilité des pouvoirs publics, notre responsabilité collective, c'est d'arriver dans les prochaines semaines à organiser cet effort pour éviter que certains, entre guillemets, en aient trop quand d'autres n'en auraient pas. Progressivement, nous parviendrons à une situation classique où les Français pourront, sans risque de pénurie, se procurer des masques grand public dans tous les commerces. En attendant, il faut que l'État, les collectivités territoriales, les entreprises, l'initiative privée soient complémentaires et non concurrents. Le président de la République l'a dit, nous nous appuierons sur les maires et les préfets avec le concours de tous.

J'invite toutes les entreprises, quand leurs moyens le permettent, à veiller à équiper leurs salariés. C'est une condition, elles le savent, elles le disent, de la reprise. Les régions et l'État mettront en place un appui aux TPE et aux travailleurs indépendants, au-delà des initiatives déjà prises par un certain nombre de branches ou d'organisations professionnelles. Une plateforme de e-commerce sera mise en place par la Poste, à compter du 30 avril, et distribuera à ceux qui en ont besoin chaque semaine plusieurs millions de masques grand public. L'État et les collectivités locales assureront la protection de leur personnel, en particulier ceux qui sont en contact avec le public.

Les préfets disposeront d'une enveloppe locale pour soutenir, avec les collectivités territoriales, les plus petites collectivités. Les personnels de l'éducation et les élèves des collèges recevront également des masques. Les pharmacies et la grande distribution seront invitées à vendre dans des conditions que nous définirons avec eux pour éviter les phénomènes de pénurie des masques jetables ou lavables. Les particuliers sont bien sûr invités, je l'ai dit, à se confectionner eux-mêmes des masques dans les conditions recommandées par la FNOR et par la NSM.

Enfin, nous réserverons une enveloppe hebdomadaire de 5 millions de masques lavables pour que les préfets organisent, avec les maires et les présidents de conseils départementaux, la distribution de masques à nos concitoyens qui se trouvent dans le plus grand état de précarité via les CCAS et les acteurs associatifs. Protésez donc. Testez ensuite. Là encore, les recommandations scientifiques ont évolué. Et après tout, sans doute est-ce normal face à un virus inconnu. Cette crise sanitaire renvoie décidément tout le monde à un devoir d'humilité. La doctrine initiale consistait, dans ce que nous appelions la phase 1, à tester au maximum. Et d'ailleurs, nous avons beaucoup testé en phase 1.

Lorsqu'un cas est apparu au contaminement joie et qu'il a fallu le circonscrire, nous avons testé massivement tous ceux qui s'étaient approchés de près ou de loin des malades identifiés. Mais la doctrine voulait qu'une fois l'épidémie passée en phase 3, on ne teste plus que les malades hospitalisés pour suspicion de Covid, les soignants symptomatiques et les premiers cas dans les établissements accueillant des publics fragiles. C'est ce que nous avons fait. Les temps ont changé, la doctrine de l'OMS aussi. À la sortie du confinement, nous serons en capacité de massifier nos tests. Nous nous sommes fixés l'objectif de réaliser au moins 700 000 tests virologiques par semaine au 11 mai.

Pourquoi 700 000 ? Parce que le Conseil scientifique nous dit que parce que le Conseil scientifique nous dit à ce stade que les modèles épidémiologiques prévoient entre 1 000 et 3 000 cas nouveaux chaque jour à partir du 11 mai. Parce qu'à chaque cas nouveau correspondra en moyenne le test d'au moins 20 à 25 personnes l'ayant croisé dans les jours précédents. 3 000 fois 25 fois 7 cela donne 525 000 tests par semaine. 700 000 nous donnent la marge qui nous permettra en plus des tests des chaînes de contamination que je viens de décrire de mettre en oeuvre des campagnes de dépistage comme nous l'avons déjà engagé pour les EHPAD notamment.

Pour atteindre cette cible nous avons fait sauter les verrous qui empêchaient la participation des laboratoires de recherche et des laboratoires vétérinaires à cet effort collectif. La capacité à faire sauter ces verrous sur le terrain pas seulement dans les discours est un exercice qui incite là aussi je peux vous le dire à une grande humilité. Nous avons engagé la mobilisation conjointe des laboratoires publics et privés qui peuvent aujourd'hui monter en charge très rapidement en termes de capacité. Cette mobilisation permettra de garantir sur tout le territoire un accès de proximité au prélèvement.

Nous allons enfin faire passer à 100% la prise en charge de ces tests par l'assurance maladie. En un mot tout doit être fait pour rendre la réalisation du test facile et rapide. Dès lors qu'une personne aura été testée positive nous engagerons un travail d'identification et le test de tous ceux symptomatiques ou non qui auront eu un contact rapproché avec elle. Tous ces cas contacts seront testés et seront invités à s'isoler compte tenu des incertitudes sur la durée d'incubation. Cette règle est assez simple à formuler mais elle exige pour être appliquée de façon systématique partout en France des moyens considérables.

Nous ne pourrons réussir que grâce à la mobilisation des professionnels de santé libéraux notamment médecins généralistes et infirmiers libéraux ils constitueront d'une certaine manière la première ligne dans cette recherche des cas contacts pour tout ce qui concerne la cellule familiale. Je sais qu'ils peuvent se mobiliser pour cette mission et nous les accompagnerons pour cela. En appui les équipes de l'assurance maladie assureront la démultiplication de cette démarche d'identification des cas contacts au-delà de la cellule familiale.

Dans chaque département nous constituerons des brigades chargées de remonter la liste des cas contacts de les appeler de les inviter à se faire tester en leur indiquant à quel endroit ils doivent se rendre puis à vérifier que ces tests ont bien eu lieu et que leurs résultats donnent lieu à l'application correcte de la doctrine nationale. Protéger d'abord tester ensuite et isoler enfin. L'objectif final de cette politique ambitieuse de tests c'est de permettre d'isoler au plus vite les porteurs du virus afin de casser les chaînes de transmission. L'isolement mesdames et messieurs les députés n'est pas une punition. L'isolement n'est pas une sanction.

L'isolement c'est une mesure de précaution collective. C'est une mise à l'abri. L'isolement doit donc être expliqué, consenti et accompagné. Notre politique repose à cet égard sur la responsabilité individuelle et la conscience que chacun doit avoir de ses devoirs à l'égard des autres. Nous prévoirons des dispositifs de contrôle s'ils devaient être nécessaires mais notre objectif est de nous reposer largement sur le civisme de chacun. Et on observe d'ailleurs les médecins le disent ceux qui ont eu à gérer des épidémies le disent que la conscience individuelle le respect civique des règles lorsque l'on est déclaré positif ou malade est souvent quasiment absolu.

Il reviendra aux préfets et aux collectivités territoriales de définir ensemble avec les acteurs associatifs les professionnels de santé les acteurs de la prise en charge à domicile le plan d'accompagnement des personnes placées dans cette forme d'isolement. Nous laisserons le choix à la personne testée positive de s'isoler chez elle ce qui entraînera le confinement de tout le foyer pendant 14 jours pour des raisons évidentes ou bien de s'isoler dans un lieu mis à sa disposition notamment dans des hôtels réquisitionnés. Un mot encore sur ce sujet mais un mot important.

Pourrons-nous ou devrons-nous afin d'être plus efficace nous appuyer sur les ressources extraordinaires des outils numériques. Un consortium européen a lancé un travail devant permettre la création de l'application StopCovid dont l'utilité ne peut s'envisager que de façon complémentaire à ce que je viens de décrire. Complémentaire parce que les enquêtes sanitaires que j'ai décrites qu'elles soient physiques ou téléphoniques sont vitales mais présentent une faiblesse. Elles se heurtent parfois dans les centres urbains à l'impossibilité de reconstituer les scènes de transmission dans les lieux les plus denses et notamment dans les transports en commun.

Difficile de prévenir celui qui a partagé votre rame de métro à 7h46 sur la ligne 12. Vous ne le connaissez pas, il ne vous connaît pas et la RATP ne connaît ni l'un ni l'autre. C'est l'objet du projet StopCovid qui permettrait aux personnes qui ont croisé une personne testée positive d'intégrer un parcours sanitaire sans bien entendu avoir aucune information sur l'identité de la personne croisée. Un grand nombre de responsables politiques sur tous les bancs le président de l'Assemblée nationale lui-même m'ont fait part de leur interrogation sur ce type d'instrument sur les questions que son utilisation ne manquerait pas de poser en termes de liberté publique et de liberté individuelle.

Ces questions j'ai déjà eu l'occasion de le dire me paraissent fondées. Elles doivent être posées. Elles doivent être débattues. J'ai même le sentiment qu'elles doivent faire l'objet d'un vote. Pour l'heure compte tenu des incertitudes sur cette application je serai bien en peine de vous dire si elle fonctionne et comment elle fonctionnera précisément. Je ne doute pas que les ingénieurs travailleront d'arrache-pied et réussiront à faire fonctionner ce projet. Mais dès lors que ce n'est pas le cas il me semble pour tout vous dire mesdames et messieurs les députés que le débat est un peu prématuré.

mais je confirme mon engagement lorsque l'application en cours de développement fonctionnera et avant sa mise en oeuvre nous organiserons un débat spécifique suivi d'un vote spécifique. Pour procéder au déconfinement nous allons donc partout protéger tester et isoler. Et comme je vous l'indiquais nous allons procéder progressivement et en différenciant en fonction des territoires. Progressivement d'abord. Progressivement parce qu'il ne faut pas laisser repartir l'épidémie parce que nous voulons éviter une deuxième vague parce que nous tous ici préférons éviter qu'après le confinement puis le déconfinement nous ayons à connaître d'un reconfinement généralisé.

Progressivement cela veut dire que nous préparons le 11 mai en surveillant tous les indicateurs pour vérifier département par département que nous pouvons effectivement lancer les opérations à cette date. Un exemple pour illustrer ma prudence. J'ai indiqué que nous fondions notre stratégie de test sur une hypothèse de 3000 cas nouveaux par jour autour du 11 mai. Si le confinement se relâchait d'ici là si à l'approche du 11 mai disons jeudi 7 mai il apparaissait que le nombre de nouveaux cas journaliers n'était pas dans la fourchette prévue. Que nous ne parvenions pas à casser les trop nombreuses chaînes de contamination alors nous devrions en tirer les conséquences.

Je le dis aux français si les indicateurs ne sont pas au rendez-vous nous ne déconfinerons pas le 11 mai ou nous le ferons plus strictement. Je préférerais croyez-moi que les modélisateurs les épidémiologistes puissent nous dire que leurs hypothèses de 3000 cas par jour au 11 mai se vérifient. Mais si tel n'est pas le cas je le dirai avec autant de clarté qu'il faudra. Hier j'ai reçu du directeur général de la santé des modélisations moins favorables. Peut-être parce que les comportements se relâchent un peu. Peut-être parce que la baisse des hospitalisations est trop lente. Peut-être aussi parce que les hypothèses sur lesquelles sont fondées ces modélisations ne vont pas s'avérer exactes.

Je le dis ici devant la représentation nationale avec solennité ces incertitudes doivent inciter à tous les Français pardon tous les Français à la plus grande discipline d'ici 11 mai et à lutter contre les risques de relâchement que nous sentons parfois monter dans le pays. Si tout est prêt comme nous le pensons le 11 mai alors commencera une phase qui durera jusqu'au 2 juin elle permettra de vérifier que les mesures mises en oeuvre permettent de maîtriser l'épidémie et d'apprécier en fonction de ces évolutions les mesures à prendre pour la phase suivante qui débutera le 2 juin et qui ira jusqu'à l'été.

C'est fin mai notamment que nous statuerons sur la réouverture des cafés et des restaurants. C'est donc en gravissant des marches de trois semaines que nous allons avancer en étant attentifs à l'effet de nos décisions et au comportement de nos concitoyens. La progressivité s'accompagne d'une différenciation selon les territoires. Je l'ai dit « Tous les territoires n'ont pas été touchés de la même manière par l'épidémie et nous espérons tous que le 11 mai si le virus continue à circuler dans certains départements sa présence sera très faible voire nulle dans d'autres.

» Il est donc logique que tout en gardant la plus extrême prudence nous proposions un cadre de déconfinement adapté aux réalités locales de l'Hexagone comme de l'Outre-mer. La Direction générale de la Santé et Santé publique France ont établi trois ensembles de critères permettant d'identifier les départements où le déconfinement doit prendre une forme plus stricte. Soit que le taux de cas nouveaux dans la population sur une période de 7 jours reste élevé ce qui montrerait que la circulation du virus reste active. Soit c'est le deuxième ensemble de critères que les capacités hospitalières régionales en réanimation restent tendus.

Soit c'est le troisième ensemble de critères que le système local de tests et de détection des chaînes de contamination ne soit pas suffisamment prêt. Ces indicateurs leur lecture seront cristallisés le 7 mai afin de déterminer quel département bascule le 11 mai dans la catégorie disons rouge circulation élevée vers circulation limitée. A compter de jeudi le directeur général de la santé présentera tous les soirs la carte avec les résultats département par département.

Cette carte guidera ainsi chaque département dans la préparation du 11 mai en rappelant l'objectif d'un confinement strict pour faire baisser la circulation du virus mais aussi le besoin de remettre sur pied le système hospitalier et de mettre en place un système de test et de détection des cas contacts efficaces. Je vous ai présenté les constats sur lesquels nous avons bâti la stratégie nationale de déconfinement puis ses instruments de santé publique. Je souhaite désormais vous présenter comment va s'organiser la vie quotidienne des Français à partir du 11 mai. Notre stratégie nationale de déconfinement fixe les règles applicables pour quelques enjeux prioritaires.

l'école les entreprises les commerces les transports la vie collective ou la vie sociale. Commençons par l'école. Le président de la République l'a rappelé le retour de nos enfants sur le chemin des écoles est un impératif pédagogique un impératif de justice sociale en particulier pour ceux qui peuvent difficilement suivre l'enseignement à distance. ce retour nous voulons le concilier avec la préservation de nos objectifs de santé publique. Pour ce faire nous proposons une réouverture très progressive des maternelles et de l'école élémentaire à compter du 11 mai partout sur le territoire et sur la base du volontariat.

Dans un deuxième temps à compter du 18 mai mais seulement dans les départements où la circulation du virus est très faible nous pourrons envisager d'ouvrir les collèges en commençant par les classes de 6ème et de 5ème. Nous déciderons fin mai si nous pouvons réouvrir les lycées en commençant par les lycées professionnels début juin. Cette décision n'a pas été prise à la légère. Nous avons consulté nous avons pesé le pour et le contre nous avons étudié ce que font les autres pays mais la réouverture des écoles est nécessaire pour garantir la réussite éducative des élèves notamment les plus vulnérables d'entre eux dont la scolarité souffre terriblement du confinement.

Les classes rouvriront dans des conditions sanitaires strictes pas plus de 15 élèves par classe. Une vie scolaire organisée autour du respect des règles barrières de mesures d'hygiène stricte et de la distribution de gel hydroalcoolique. Tous les enseignants et encadrants des établissements scolaires recevront des masques qu'ils devront porter quand ils ne pourront respecter les règles de distanciation. Sur la question des masques pour les enfants, les avis scientifiques nous ont conduit aux décisions suivantes. Le port du masque est prohibé pour les enfants en matière.

Il n'est pas recommandé compte tenu des risques de mauvais usage à l'école élémentaire mais l'éducation nationale mettra des masques pédiatriques à disposition des directeurs d'école pour les cas particuliers par exemple si un enfant présentait au cours d'une journée des symptômes le temps que ses parents viennent le récupérer. Enfin nous fournirons des masques aux collégiens qui peuvent en porter et qui n'auraient pas réussi à s'en procurer le port du masque pour les collégiens étant obligatoire. Un intense travail de préparation doit avoir lieu dans chaque académie afin que nous puissions préparer cette rentrée évidemment très particulière.

Les enfants devront pouvoir suivre une scolarité soit au sein de leur établissement scolaire dans la limite maximale de 15 élèves par classe je l'ai dit soit chez eux avec un enseignement à distance qui restera gratuit bien entendu soit en étudiant si les locaux scolaires le permettent ou dans des locaux périscolaires mis à la disposition par les collectivités territoriales si elles le souhaitent pour des activités de sport de santé de culture ou de civisme.

J'ai admiré la mobilisation de l'éducation nationale pendant le confinement le dévouement de milliers d'enseignants qui se sont mobilisés pour accueillir les enfants de soignants qui resteront accueillis bien entendu dans les temps qui viennent. l'ingéniosité de tous ceux qui se sont réinventés pour offrir à leurs élèves des modalités originales d'enseignement à distance et nous avons tous j'en suis sûr autour de nous des exemples extraordinaires d'inventivité d'engagement d'imagination pour que le lien essentiel entre le maître et son élève demeure alors même que la période de confinement était en vigueur.

Je veux laisser le maximum de souplesse au terrain en la matière et je sais que c'est ainsi que les directeurs d'école les parents d'élèves les collectivités locales trouveront ensemble avec pragmatisme les meilleures solutions. Je leur dis que nous les soutiendrons et que je leur fais confiance. Les crèches seront également réouvertes. L'accueil par groupe de 10 enfants maximum sera possible avec la possibilité d'accueillir plusieurs groupes de 10 enfants si l'espace le permet et si les conditions sont réunies pour que les groupes ne se croisent pas. Cette réduction des capacités posera au moins dans un premier temps la question des priorités d'accueil.

Les crèches accueillent déjà les enfants selon des critères économiques et sociaux et il n'appartient pas à l'État de définir ces critères à la place des gestionnaires. Il me semble néanmoins que l'impossibilité de télétravail pour un couple d'actifs ou les difficultés rencontrées par les familles monoparentales devront être prises en compte dans ces critères. Les enfants des soignants et des professeurs devraient également à mon avis être prioritaires. Le port du masque grand public sera obligatoire pour les professionnels de la petite enfance puisque les règles de distanciation physique ne peuvent pas y être appliquées.

Bien sûr, bien sûr, il n'y aura pas de port du masque pour les enfants de moins de trois ans. Le déconfinement doit aussi permettre la reprise de la vie économique. Pour cela, il faut réorganiser la vie au travail. Le télétravail doit être maintenu partout où c'est possible, au moins dans les trois prochaines semaines. Je le demande avec insistance aux entreprises. Nous en avons mesuré depuis la mi-mars le déploiement massif. personne n'en ignore les contraintes. Mais celui-ci doit se poursuivre pour limiter le recours au transport public, pour limiter plus globalement les contacts. Il n'y a pas sur ce sujet un avant et un après 11 mai.

Pour les personnes qui ne pourront pas télétravailler, la pratique des horaires décalés dans l'entreprise doit être encouragée. Elle permettra l'étalement des flux de salariés dans les transports et diminuera la présence simultanée des salariés dans un même espace de travail. S'agissant des conditions de travail, nous devons amplifier la démarche engagée par les fédérations professionnelles et le ministère du Travail pour réaliser les guides et les fiches métiers qui accompagnent les réorganisations nécessaires au sein des entreprises. 33 guides sont aujourd'hui disponibles. Il en faut environ 60 pour couvrir tous les secteurs.

J'ai demandé à Muriel Pénicaud, Madame la Ministre du Travail, qu'ils soient prêts pour le 11 mai. Cette démarche est intéressante parce qu'elle est très concrète et qu'elle associe les partenaires sociaux. Elle doit se concrétiser dans chaque entreprise sous la forme de nouveaux plans d'organisation du travail avec une attention particulière aux emplois du temps, aux gestes barrières, à l'aménagement des espaces de travail. Le port du masque devra être mis en œuvre dès lors que les règles de distanciation physique ne peuvent pas être garanties dans l'organisation du travail. J'échangerai jeudi avec les syndicats de salariés et les représentants des employeurs sur ces sujets.

Le dialogue social à tous les niveaux doit être mobilisé pour permettre le retour au travail dans un cadre qui garantit évidemment la santé et la sécurité des salariés. C'est une condition impérative. Nous échangerons également sur les mesures d'accompagnement des entreprises qui font face à des difficultés. Le dispositif d'activité partielle, qui est un des plus généreux d'Europe, restera en place jusqu'au 1er juin. Il nous faudra ensuite l'adapter progressivement afin d'accompagner la reprise d'activité si l'épidémie est maîtrisée. Bien sûr, nous continuerons à protéger les personnes vulnérables et les secteurs professionnels qui demeurent fermés.

Les commerces rouvriront également à compter du 11 mai. Aujourd'hui, seuls certains commerces essentiels sont ouverts. tous, sauf les cafés-restaurants, pourront ouvrir à compter du 11 mai. Les marchés pour lesquels l'interdiction est aujourd'hui la règle et l'autorisation l'exception seront en général autorisés, sauf si les maires ou les préfets estiment qu'ils ne peuvent être organisés dans des conditions qui permettent de respecter les gestes barrières et la distanciation physique.

Car si les commerces vont rouvrir, chacun d'entre eux devra respecter un cahier des charges strict, limitant le nombre de personnes présentes en même temps dans le magasin, en organisant les flux, afin de faire respecter la règle de la distance minimale d'un mètre par personne sans contact autour d'elle. Il devra bien évidemment veiller à la protection de son personnel. S'agissant du port du masque, le port du masque grand public sera recommandé pour les personnels et les clients lorsque les mesures de distanciation physique ne peuvent être garanties, un commerçant pourra subordonner l'accès de son magasin au port du masque.

J'ajoute enfin que l'ouverture des commerces comprendra une exception pour les centres commerciaux qui ont une zone de chalandise qui va au-delà du bassin de vie et donc qui génère des déplacements et des contacts que nous ne voulons pas encourager. Les préfets pourront décider de ne pas laisser ouvrir au-delà des sections alimentaires déjà ouvertes les centres commerciaux de plus de 40 000 m2 qui risquent de susciter de tels mouvements de population. Enfin, je l'ai dit, nous prendrons une décision sur les bars, cafés et restaurants fin mai pour décider s'ils peuvent ouvrir après le 2 juin. Les décisions relatives aux transports sont particulièrement ardues.

Les transports sont, pour une bonne part, un dispositif clé pour la reprise économique. Mais le respect de la distanciation physique et des gestes barrières y est particulièrement difficile. Je mesure l'appréhension de bon nombre de nos concitoyens avant de prendre un métro, un train, un bus, un tramway, lesquels sont parfois fort densément occupés. Nous allons prendre deux séries de décisions. D'abord, remonter au maximum l'offre de transport urbain. 70% de l'offre de la RATP sera disponible le 11 mai et nous devons remonter rapidement à l'offre nominale.

Ensuite, faire baisser la demande en favorisant le télétravail, je l'ai dit, en étalant les horaires, je l'ai dit, en demandant aux Français de considérer que les transports aux heures de pointe doivent être réservés à ceux qui travaillent. Je souhaite que dans chaque région, dans chaque agglomération, une concertation s'engage très rapidement entre les autorités organisatrices de transport, les usagers, les opérateurs de transport pour arrêter les conditions de mise en œuvre précises de ses objectifs. L'État y apportera bien sûr son concours.

S'il faut organiser les flux, réserver les transports à certaines heures à certaines populations, nous accompagnerons les autorités organisatrices de transport, nous essayerons d'y arriver ensemble. Mais il est certain que les trois semaines à venir seront difficiles et que nous devons rester vigilants. le port du masque sera rendu obligatoire dans tous les transports, métro comme bus, et les opérateurs devront au moins pour les trois semaines à venir s'organiser pour permettre, même dans le métro, de respecter les gestes barrières. Cela veut dire, par exemple, que la capacité du métro parisien sera réduite par rapport au nominal et drastiquement réduite par rapport à sa capacité normale.

qu'il faudra, par exemple, condamner un siège sur deux, favoriser par des marquages au sol la bonne répartition sur les quais, se préparer à limiter les flux en cas d'affluence. Les bus scolaires pourront circuler, mais avec la même règle du 1 sur 2, avec l'obligation de port du masque pour les chauffeurs et pour les écoliers à partir du collège. Le port du masque sera également obligatoire dans les taxis et les VTC qui ne disposent pas du système de protection en plexiglas. S'agissant des déplacements inter-régionaux ou inter-départementaux, notre logique sera inverse.

Nous voulons réduire ces déplacements au seul motif professionnel ou familial ou impérieux pour des raisons évidentes de limitation de la circulation du virus. Et donc, nous allons continuer à réduire l'offre, à exiger une réservation obligatoire dans tous les trains, des GV ou non, à décourager les déplacements entre départements. Le jeudi de l'association sera bien férié, mais je dis clairement aux Français que ce n'est pas le moment de quitter son département pour partir en week-end. Enfin, le déconfinement, c'est le retour de la vie sociale. L'impatience de nos concitoyens à retrouver une vie sociale, je crois que nous la partageons tous.

J'ai d'abord une pensée pour tous nos aînés qui, au-delà du confinement, subissent la solitude à domicile et parfois l'isolement dans les EHPAD, privés pendant de longues semaines de toute visite de leurs enfants et de leurs petits-enfants. Comme vous le savez, nous demanderons à nos aînés de continuer à se protéger. Il faut qu'ils respectent des règles similaires à la période de confinement en se protégeant, en limitant leur contact et donc leur sortie. Tout cela sur le principe de confiance et de responsabilité, comme l'a annoncé le président de la République.

Il n'y aura pas de contrôle, pas d'attestation de sortie pour les plus âgés d'entre nous, mais je demande aux personnes les plus âgées, les plus fragiles, de la patience. Les visites privées, quand elles reprennent, doivent être entourées de précautions, comme les sorties. En vous protégeant, vous protégez le système hospitalier et vous protégez les plus fragiles d'entre nous. La vie sociale va reprendre, donc, mais là encore, progressivement. Je voudrais d'abord commencer par dire ce qu'il sera à nouveau possible de faire.

Il sera à nouveau possible de circuler librement, sans attestation, sauf, comme je l'ai dit, pour les déplacements à plus de 100 km du domicile, qui ne seront possibles que pour un motif impérieux, familial ou professionnel. Il sera possible, les beaux jours aidants, de pratiquer une activité sportive individuelle en plein air, en dépassant évidemment la barrière actuelle du kilomètre et en respectant les règles de distanciation physique. Il ne sera possible ni de pratiquer du sport dans des lieux couverts, ni des sports collectifs, ni des sports de contact.

Les parcs et jardins, si essentiels à l'équilibre de vie en ville, ne pourront ouvrir que dans les départements où le virus ne circule pas de façon active, les fameux départements verts. Par mesure de précaution, les plages resteront inaccessibles au public au moins jusqu'au 1er juin. S'agissant des activités culturelles, parce qu'ils ne peuvent plus fonctionner facilement, parce qu'ils peuvent fonctionner plus facilement, en respectant des règles sanitaires, les médiathèques, les bibliothèques, les petits musées si importants pour la vie culturelle de nos territoires pourront rouvrir leurs portes dès le 11 mai.

A contrario, les grands musées qui attirent un grand nombre de visiteurs hors de leur bassin de vie, les cinémas, les théâtres et les salles de concert où l'on reste à la même place dans un milieu fermé ne pourront pas rouvrir. Les salles des fêtes, les salles polyvalentes resteront également fermées jusqu'à cette marche du 2 juin.

Pour donner aux organisateurs d'événements de la visibilité, je veux préciser que les grandes manifestations sportives, culturelles, notamment les festivals, les grands salons professionnels, tous les événements qui regroupent plus de 5 000 participants et font à ce titre l'objet d'une déclaration en préfecture et qui doivent être organisées longtemps à l'avance, ne pourront se tenir avant le mois de septembre. La saison 2019-2020 de sport professionnel, notamment celle de football, ne pourra pas non plus reprendre. Quant aux lieux de culte, je sais l'impatience des communautés religieuses. Les lieux de culte pourront continuer à rester ouverts.

Mais je crois qu'il est légitime de demander de ne pas organiser de cérémonies avant cette barrière du 2 juin. Les cérémonies funéraires resteront évidemment autorisées, comme aujourd'hui, dans la limite de 20 personnes. J'ai parfaitement conscience de la charge et de la difficulté face à des décès d'appliquer cette règle, mais elle est formulée en France comme dans d'autres pays comparables, afin, là encore, de protéger les vivants. Les cimetières seront à nouveau ouverts au public dès le 11 mai. En attendant des jours meilleurs, les mairies continueront à proposer, sauf urgence, le report des mariages.

D'une façon générale, il nous faut éviter les rassemblements qui sont autant d'occasions de propagation du virus. Les rassemblements organisés sur la voie publique ou dans des lieux privés seront donc limités à 10 personnes. Mesdames et Messieurs, ces règles de vie sociale peuvent paraître compliquées. Elles sembleront sans doute sévères à certains et peut-être trop laxistes à d'autres. Au fond, ce que je vous propose de rétablir, c'est un régime de liberté dans lequel nous devons fixer des exceptions. Ces règles sont contraignantes, c'est vrai, mais je crois pouvoir compter sur le civisme de nos compatriotes pour que chacun les applique avec rigueur. Il en va de notre santé à tous.

Nous avons certainement dans ces domaines oublié des points formulés de façon incertaine des règles, omis de prévoir dans tel ou territoire une adaptation possible. C'est tout l'intérêt de la phase qui s'ouvre. Il s'agit d'enrichir ce plan tous ensemble avec les élus, avec les administrations de terrain, avec les partenaires sociaux, avec tous les Français pour être prêts le 11 mai. Ces efforts ne sont pas vains et ils nous permettront, je l'espère, de façon très concrète d'envisager la période estivale sous de meilleurs auspices.

Je donne d'ores et déjà rendez-vous aux Français à la fin du mois de mai pour évaluer les conditions dans lesquelles nous organiserons une nouvelle phase de déconfinement et prendrons en particulier des décisions sur l'organisation et la réouverture, je l'ai dit, des cafés, des restaurants, des vacances. Il est trop tôt aujourd'hui en conscience pour le faire. Pour la suite, la stratégie que je viens de présenter, l'architecture générale de ce plan de déconfinement approuvé en Conseil de défense sous la présidence du chef de l'État, n'est pas un texte législatif.

Elle exigera des décisions réglementaires ou individuelles prises par les ministres ou les préfets ou par les présidents d'exécutifs locaux dans le champ de leurs compétences. Sur quelques sujets, néanmoins, elle devra être accompagnée de dispositions législatives qui n'existent pas aujourd'hui et qui vont manquer. J'en prends deux exemples. Pour tracer les contacts, pour remonter jusqu'à ceux qui ont croisé le chemin d'un malade, il faudra sans doute faire appel à des effectifs supplémentaires pour renforcer les médecins. Et quand je dis sans doute, c'est certain. J'évoquais tout à l'heure l'appui des personnes de l'assurance maladie.

On pourrait sans doute dans ces brigades, on pourra sans doute dans ces brigades accueillir parfois les personnels des CCAS, des mairies, parfois peut-être des personnels des départements, parfois des personnels mis à disposition par les grandes associations. Je pense par exemple à la Croix-Rouge. Encore une fois, c'est aux équipes locales qu'il reviendra d'organiser ces brigades. Mais ce qui est certain, c'est qu'ils ne seront pas tous médecins. Il faudra donc que la loi les autorise à participer à ces enquêtes épidémiologiques dans lesquelles l'accès à des données médicalisées pourra être nécessaire. Autre exemple, la limitation des déplacements entre régions ou entre départements.

Dans la période de confinement, il était possible de limiter ces déplacements dans le cadre général de la loi du 23 mars. Ce ne sera plus possible une fois le confinement levé. Si nous voulons éviter que la circulation du virus ne s'accélère dans des zones jusque-là préservées, il nous faudra limiter cette possibilité de se déplacer au moins dans un premier temps. Sur ces deux sujets et sur quelques autres, il conviendra donc de légiférer. Je proposerai au Parlement d'adopter prochainement une loi qui, en plus de proroger l'état d'urgence sanitaire au-delà du 23 mai, peut-être jusqu'au 23 juillet, autorisera la mise en œuvre des mesures nécessaires à l'accompagnement du déconfinement.

Ce projet sera soumis à l'examen du Conseil des ministres samedi prochain et sera soumis au Sénat et à l'Assemblée nationale la semaine prochaine. Pour exposer cette stratégie nationale, le gouvernement a choisi d'avoir recours aux dispositions de l'article 50-1 de la Constitution. Rien dans la Constitution n'imposait au gouvernement de présenter à l'Assemblée nationale la stratégie que je viens d'exposer. On peut le déplorer, on devrait d'ailleurs, se dire qu'il faudra demain peut-être corriger ce défaut, mais nos institutions sont ainsi faites. Il aurait été, pour le gouvernement, possible de procéder à cette présentation au cours d'un journal télévisé, au cours d'une conférence de presse.

Et reconnaissons que cela s'est déjà fait de très nombreuses fois et sous tous les gouvernements de la Ve République. Nous avons choisi de réserver à l'Assemblée nationale ces annonces. Et au-delà de ces annonces, la capacité... Et au-delà de ces annonces, la capacité de réagir, de critiquer, bien sûr, d'interroger aussi le gouvernement sur ce plan, qui, comme je l'ai déjà indiqué, a vocation à être complété par les autorités locales, les organisations syndicales et patronales. Enfin, la possibilité, par le vote, pour chaque député, de dire sa position sur la stratégie que je viens d'exposer. Ce choix repose sur plusieurs raisons.

D'abord, la place évidemment éminente de cette Assemblée dans notre démocratie. Inutile d'en dire beaucoup sur une conviction que nous partageons tous. En ces temps de démocratie médiatique, de réseaux pas très sociaux mais très colériques, d'immédiateté nerveuse, il est sans aucun doute utile de rappeler que les représentants du peuple siègent, délibèrent et se prononcent sur toutes les questions d'intérêt national.

Je souligne, je souligne et, ce faisant, je considère évidemment qu'il n'y a là que l'expression d'un devoir et en aucune façon celui d'une faveur, que le gouvernement que j'ai l'honneur de se diriger a systématiquement et évidemment répondu présent à toutes les demandes de députés de leur commission sur la crise que nous connaissons. La mission d'information, les commissions permanentes, les questions au gouvernement, pendant le confinement, tout cela a continué et c'est tant mieux car le gouvernement en avait besoin.

comme nous nous y sommes engagés, nous communiquons toutes les semaines à l'Assemblée et au Sénat l'ensemble des décisions qui sont prises dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire, y compris celles qui ne relèvent en rien du domaine législatif. Face aux décisions que nous avions à prendre et que nous aurons encore à prendre, le contrôle du Parlement n'est pas un poids, c'est une chance.

Dire ici ce que je viens de dire plus tôt qu'ailleurs répond à la volonté du gouvernement, de montrer qu'en dépit de l'état d'urgence sanitaire, en dépit des difficultés évidentes à exercer ces mandats dans une période de confinement, la démocratie parlementaire reste vivante, exigeante, parfois bruyante mais indispensable toujours.

La seconde raison est qu'il nous apparaît nécessaire de permettre à chaque député qu'il soit présent dans l'hémicycle ou qu'il suive les débats à distance de se prononcer sur cette stratégie, de dire s'il l'approuve et la soutient, de dire s'il la conteste et la rejette ou de dire s'il s'abstient mais de prendre position en responsabilité comme il revient aux représentants de la nation qui ne peuvent pas, qui ne veulent pas et qui ne doivent pas être relégués au rang de commentateurs de la vie politique.

J'ai été frappé, mesdames et messieurs les députés, depuis le début de cette crise par le nombre de commentateurs ayant une vision parfaitement claire de ce qu'il aurait fallu faire selon eux à chaque instant. La modernité les a souvent fait passer du café du commerce à certains plateaux de télévision. Les courbes d'audience y gagnent, ce que la convivialité des bistrots y perd. Mais je ne crois pas que cela grandisse le débat public. Non, les députés ne commentent pas. Ils votent et ce faisant, ils prennent des positions politiques. C'est votre honneur, c'est votre mission et c'est ce que je vous invite à faire après le débat qui suivra cette déclaration.

Mesdames et Messieurs les députés, la France est dans un de ces moments où ceux qui l'aiment et la servent doivent être à la hauteur. Nous devons protéger les Français sans immobiliser la France au point qu'elle s'effondrerait. C'est une ligne de crête délicate qu'il nous faut suivre. Un peu trop d'insouciance et c'est l'épidémie qui repart. Un peu trop de prudence et c'est l'ensemble du pays qui s'enfonce. La stratégie que je viens d'énoncer a pour objet de nous permettre de tenir cette ligne de crête. Elle repose sur des choix que je viens de présenter. Elle repose sur l'action déterminée du gouvernement et de l'État sous l'autorité du président de la République.

Elle repose sur la confiance que nous plaçons dans les collectivités territoriales, dans les acteurs du monde économique et social, dans les associations. Elle repose aussi et au fond, avant tout, sur les Français, sur nos concitoyens, sur leur civisme et leur discipline. Aucun plan, aucune mesure, aussi ambitieuse soit-elle, ne permettront d'endiguer cette épidémie si les Français n'y croient pas ou ne les appliquent pas si la chaîne virale n'est pas remplacée par une chaîne de solidarité. A partir du 11 mai, le succès ne reposera pas sur la seule autorité de l'État, mais sur le civisme des Français.

En juillet 2017, dans des circonstances bien différentes, mais à cette même tribune, à l'occasion de ma première déclaration de politique générale, j'avais évoqué cette antique qualité dans laquelle les Romains puisaient leur force, la vertu, celle qui mêle rectitude, honnêteté et courage. J'étais loin d'imaginer, alors, combien cette qualité serait essentielle dans les semaines à venir pour préparer notre avenir, l'avenir de nos enfants, l'avenir de la France. Je vous remercie.

1:04:55
Présentateur

Déconfiné, progressivement, prudemment, mais résolument, voilà le propos d'Edouard Philippe, le Premier ministre qui s'est exprimé pendant une heure à l'Assemblée nationale, discours qui va être suivi de près de deux heures et demie de débat et d'un vote auprès des quelques 70-80 députés qui sont en ce moment dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale qui ont écouté le discours du Premier ministre, que nous avons écouté aussi, que nous allons débriefer jusqu'à 17h, il est 16h06, pendant quasiment une heure encore sur BFM Business avec des experts, avec des patrons qui vont se succéder à notre micro et puis édition spéciale entre 18h et 20h, bien sûr, toujours sur BFM Business pour continuer à tirer les enseignements du discours du Premier ministre.

On est toujours en plateau ici à BFM Business avec Emmanuel Lechypre qui est toujours avec nous et puis Audrey Maubert qui nous a rejoint. Bonjour Audrey. Bonjour Guillaume. Pour parler, pour résumer les principales annonces du Premier ministre, alors en rapport avec ce redémarrage de l'activité économique dont il est question aujourd'hui, pas mal d'annonces du Premier ministre cet après-midi Audrey.

1:05:54
Invité

Oui, parce qu'il a mis en avant surtout le risque de l'écroulement de l'économie s'il n'y avait pas de déconfinement et pourtant, il a répété à l'envie qu'il fallait que ce soit très progressif. On a suivi justement ce côté très progressif et la reprise de la vie économique va se faire donc progressivement. Il a appelé à maintenir le télétravail partout où c'est possible, au moins dans les trois prochaines semaines parce qu'on a vu que c'était séquencé. Les trois prochaines semaines, on va voir comment ça se passe et progressivement, il y aura d'autres étapes, d'autres phases comme il l'a souligné.

Donc au moins dans les trois prochaines semaines du télétravail pour limiter les transports publics, pour limiter les contacts. Par ailleurs, si ce n'est pas possible, eh bien la pratique des horaires décalés qui doit être encouragée. il y a en parallèle ces fameux guides, ces fameuses fiches de métier, 33 aujourd'hui disponibles. On appelle à en développer 60 pour que ça touche tous les secteurs, pour connaître toutes les bonnes pratiques à utiliser dans l'entreprise. Un nouveau plan d'organisation du travail d'une part, un nouvel aménagement de l'espace de travail aussi.

Il a plaidé pour cela et avec le port du masque si la distanciation n'est pas possible dans les espaces de travail véritablement. et ça va se poursuivre avec du dialogue social où tout ça va être dessiné. Par ailleurs, il y a toujours ces mesures d'accompagnement sur l'activité partielle qui va se poursuivre jusqu'au 1er juin, a-t-il indiqué. Ensuite, eh bien ça devra être adapté pour permettre la reprise globale de l'activité. Et puis il y a eu ce point qu'on a largement suivi sur les commerces notamment avec cette réouverture bien évidemment le 11 mai.

Sauf encore une fois pour les cafés, pour les restaurants, il y aura une décision fin mai pour voir s'il y a une réouverture au mois de juin. Et puis ce cahier des charges qui sera indispensable dans les commerces pour organiser les flux, pour protéger le personnel, port du masque recommandé encore une fois. Ainsi la distanciation n'est pas possible et le commerçant pourra exiger que le masque soit porté. En revanche, il y a cette exception par ailleurs pour les centres commerciaux qui génèrent des flux, des déplacements trop importants. les plus de 40 000 m2, ces centres commerciaux ne pourront pas rouvrir à la date du 11 mai par ailleurs.

1:08:07
Présentateur

Ce sera à discrétion des préfets, voilà ce qu'a dit le Premier ministre. Alors pour organiser ce retour progressif des salariés, évidemment beaucoup de questions autour de la façon dont les choses vont s'organiser dans les transports.

1:08:16
Invité

Oui, c'est la clé pour la reprise, c'est ce qu'il a précisé, mais il y a la difficulté de la distanciation sociale, la distanciation physique dans les transports. On s'achemine vers une montée bien évidemment de l'offre, mais remontée rapidement à l'offre, mais tout en faisant baisser la demande. En fait, on va jouer là-dessus pour limiter quand même le recours au transport public qu'une concertation a-t-il précisé soit engagée dans chaque région sur la réservation des transports, sur l'organisation des flux et là aussi, il y aura un port du masque obligatoire dans ces transports, respecter les gestes barrières, même dans le métro parisien.

Donc ça veut dire qu'on va condamner un siège sur deux pour limiter les flux précisément. Donc on va suivre encore cette mise en pratique délicate dans les transports publics.

1:09:03
Présentateur

Bien, merci beaucoup Audrey Maubère. On va voir dans quelques minutes avec Alain Griset, notamment le président de l'UDEP, comment est-ce que du côté des commerçants, des artisans, on appréhende ce discours du Premier ministre. Emmanuel Lechypre qui est avec nous, un commentaire d'ensemble sur ce plan. On disait avant d'écouter le Premier ministre, on attend un plan de bataille, justement un plan d'accompagnement, d'encadrement pour organiser ce déconfinement progressif de l'économie française. Est-ce que vous avez été convaincu ? Est-ce qu'il y a une stratégie claire pour vous Emmanuel ?

1:09:28
Invité

Oui, il y a une stratégie, mais pour ceux qui attendaient vraiment une feuille de route, il y a quand même une forme de déception parce que finalement, on a l'impression qu'on n'a pas appris énormément de choses dans cette intervention. Et ce qu'on attendait comme étant peut-être un grand discours de redémarrage, un grand discours de relance, en fait, ne s'avère qu'un point d'étape. Et là, Edouard Philippe, il a été extrêmement prudent. Il l'a dit. En fait, en gros, on va maintenant viser des fenêtres de trois semaines et puis de trois semaines en trois semaines. On verra finalement comment on peut progresser.

Mais c'est vrai qu'il a édicté beaucoup de principes qui sont déjà des principes qu'on connaissait en grande partie. Il a bien précisé, effectivement, c'est intéressant, cette différenciation locale en fonction des départements. et il y a des départements dans lesquels il sera possible que certaines activités reprennent. Dans d'autres, ce ne sera pas possible. Mais pour le reste, il a quand même beaucoup renvoyé soit aux collectivités locales, soit aux fédérations professionnelles, soit aux entreprises qui organisent le transport. Et c'est vrai que concrètement, il y a quand même beaucoup de questions qui restent en suspens.

Comment on va faire, par exemple, pour les transports scolaires dès l'instant où l'offre de bus et l'offre de chauffeurs n'est pas illimitée. Et donc, en fait, à partir de ces principes, la plupart des solutions de mise en œuvre restent finalement à trouver par les responsables locaux, par les chefs d'entreprise, par les branches, par les fédérations, etc. Donc, on a une guidance, on a une explication sur les principes.

On voit bien qu'il y a une volonté de remettre de la confiance et notamment toute la première partie du discours qui n'est pas directement économique mais qui est liée par exemple à la volonté de rassurer et de convaincre que la France serait au rendez-vous des masques à partir du 11 mai et que nous aurions chacun la possibilité d'avoir des masques. Il a beaucoup insisté là-dessus. Après, c'est vrai que pour le reste de l'activité économique, certains s'attendaient par exemple à savoir quel allait être un petit peu le calendrier pour les vacances d'été. Est-ce qu'on allait avoir des éclaircissements sur les vacances d'été ?

Non, tout ça est conditionné à la courbe du virus et il l'a clairement dit Édouard Philippe si le 11 mai on est au-delà de la cible entre guillemets des 3000 contaminations par jour et bien on prolongera le confinement.

1:12:02
Présentateur

Tout ça dépendra de la discipline des Français. Appel à ne pas se relâcher pendant les prochaines semaines.

1:12:06
Invité

sur le débranchement de tous les dispositifs on a quelques dates mais concrètement qu'est-ce qui va se passer ? Comment on va sortir de ce chômage partiel ? Comment on va accompagner les entreprises qui en auront besoin ? On n'a pas encore trop de détails là-dessus.

1:12:20
Présentateur

Alors on va aller voir du côté des TPE des artisans commerçants. Alain Griset président de l'UDEP est avec nous par liaison. Bonjour M. Griset merci d'être avec nous pour débriefer ce discours du Premier ministre. Est-ce que vous avez comme dit Emmanuel Lechypre appris des choses finalement ? Est-ce que vous avez l'impression d'avoir un cap pour vous vos adhérents artisans TPE commerçants M. Griset ?

1:12:41
Invité

Tout d'abord on a effectivement l'information mais qu'on connaissait du 11 mai qui est d'ailleurs une attente très forte chez nos collègues qui aspirent à reprendre l'activité mais maintenant on se pose beaucoup de questions. Là qu'on voit bien qu'aujourd'hui par exemple la mise en oeuvre des mesures sanitaires nous interroge sur le coût de ces mesures sur la façon dont elles vont pouvoir permettre aux entreprises de reprendre l'activité et on devine aisément que l'activité ne va pas reprendre tout de suite très vite.

Elle va être partielle parce que naturellement la distanciation et les consommateurs ne vont pas pouvoir totalement permettre à nos entreprises de pouvoir travailler comme elles le souhaitent et donc on va se poser la question de la rentabilité des entreprises et de ce qui va être mis en oeuvre pour les accompagner pendant cette période.

1:13:27
Présentateur

Mais vous avez vu que le Premier ministre a renvoyé effectivement à la suite des événements à ces fameux fiches métiers ces guides disponibles ces guides de bonne pratique pour pouvoir déconfiner au niveau des commerces dans les bonnes conditions. Ça c'est à la discrétion de qui ? Vous êtes associé vous à la réalisation de ces guides ? En gros quelle est la prochaine étape finalement ?

1:13:47
Invité

Au-delà d'être associé à l'UDP l'ensemble des branches à au fur et à mesure déposer au ministère du Travail ça doit être validé par le ministère de la Santé nos préconisations. On l'a fait pour certaines de nos branches on attend l'accord du ministère parce qu'entre le moment où on va avoir les accords et la mise en oeuvre il faut que nos collègues s'équipent et s'organisent. Donc naturellement nous sommes impatients que l'ensemble de nos branches puisse avoir la bonne information pour qu'ensuite on puisse commencer effectivement le 11 mai. Bon, rassurer un peu

1:14:17
Présentateur

Très concrètement pardon monsieur Grézé très concrètement ces guides doivent être remis à vos adhérents aux commerçants dans un délai de quelques jours. Comment ça se passe très concrètement maintenant ?

1:14:25
Invité

Concrètement l'ensemble des branches a fait des préconisations. Voilà en ce qui nous concerne nous pensons que les coiffeurs céticiennes et autres on dit nous pensons que il faut mettre en oeuvre telle disposition pour garantir la santé à la fois des salariés et des consommateurs. Ensuite les préconisations sont étudiées par le ministère du Travail et validées par le travail et la santé. Et donc cette phase-là n'est pas encore terminée en ce qui nous concerne. Et dès que cette phase-là sera terminée qu'on aura l'aval du gouvernement il faudra naturellement transmettre ça aux chefs d'entreprise et que mettre en oeuvre dans leur entreprise des différentes dispositions.

Ce qui va prendre un peu de temps donc au plus vite on aura l'accord du gouvernement au mieux ça va être.

1:15:04
Présentateur

Mais vous êtes optimiste sur le fait que tout sera opérationnel ou pourra être opérationnel au 11 mai c'est dans deux semaines à peine maintenant finalement.

1:15:11
Invité

Clairement on sait que dans les ministères actuellement c'est un peu tendu parce qu'il y a beaucoup de branches il y a beaucoup de sujets et que pour l'instant on voit bien qu'il faut qu'ils accélèrent pour qu'on ait très vite les fiches parce qu'entre le moment où on va avoir les fiches et le moment où ça va être opérationnel dans les entreprises à la limite 15 jours c'est pas trop.

1:15:30
Présentateur

Très honnêtement est-ce que tous les commerces vont pouvoir rouvrir tous ceux qui auraient l'autorisation de rouvrir en théorie vont pouvoir rouvrir dans les faits monsieur Griset ça aussi c'est une question. Il y a les salariés notamment qui ne vont revenir sur site entre guillemets que le 11 mai or on sait très bien qu'un magasin ça ne se redémarre pas comme ça d'un coup de baguette magique il faut du temps quand même.

1:15:48
Invité

C'est vrai tout à fait c'est pour ça que j'évoquais le fait que l'activité ne va pas tout de suite être extrêmement importante en tout cas en ce qui concerne les chefs d'entreprise eux-mêmes les indépendants sans aucun doute ils seront au rendez-vous le 11 mai et nous espérons pouvoir au fur et à mesure reprendre d'ailleurs on reprendra aussi en fonction de l'activité du fait que les consommateurs viennent nous voir et donc le fait qu'on puisse continuer à avoir un chômage partiel partiel est totalement indispensable.

1:16:14
Présentateur

Dernière question et on vous libère Alain Griset c'est le fait que peut-être les conditions des réouvertures seront trop handicapantes pour certains commerces dont le business model ne va peut-être pas pouvoir s'habituer à cette nouvelle façon de faire. Je pense notamment aux restaurants qui nous disent si je dois fermer la moitié de la salle et que je dois marcher à 50% je vais tourner à perte. Donc dans ce cas est-ce qu'il est vraiment opportun que je rouvre ? Est-ce que vous ne pensez pas que certains magasins certains commerces vont se retrouver dans ce genre de situation finalement ?

1:16:42
Invité

Vous avez raison il n'y a pas que les restaurateurs il y en a beaucoup puisque l'activité on sait bien qu'au moins les 15 premiers jours ne seront pas totales et même au-delà et donc celui de paix nous travaillons beaucoup pour qu'il y ait des mesures d'affichement des entreprises parce qu'une entreprise qui est pas capable à un moment donné elle doit fermer. notre objectif on ne ferme pas et donc on continue à travailler et j'espère qu'on va aboutir à des solutions très pratiques d'accompagnement disons-le financier des entreprises pour qu'elles puissent continuer leur activité au-delà du mois de mai du mois de juin et par la suite. C'est-à-dire

1:17:13
Présentateur

alors c'est pas l'objet du jour la question du jour mais sur l'accompagnement financier vous dites quoi ? Il faut encore plus ? Il faut prolonger le chômage partiel au-delà du 1er juin et de la même façon ou est-ce qu'il faut d'autres facilités finalement plus d'annulation de charges notamment

1:17:26
Invité

Je pense qu'il faudra sans aucun doute que le chômage partiel même s'il est partiel continu au-delà du 1er juin c'est une évidence pour nous il faudra également regarder au niveau des cotisations sociales d'ailleurs il y a le sujet non pas du report mais de l'exonération des cotisations sociales puis il va se poser une question du surcoût pour les entreprises parce que ces mesures sanitaires vont générer des coûts importants d'achat de matériel de perte de temps et donc ce surcoût il y aura un peu de solutions ou il va falloir le faire supporter aux consommateurs et ça va être difficile au vu de la situation financière de beaucoup de familles où il va falloir que l'État prenne des mesures est-ce que ça sera la baisse de TVA est-ce que ça sera la baisse de cotisation sociale mais ça ça va être un enjeu

1:18:06
Présentateur

est-ce qu'a proposé la CPME que l'État prenne en charge ces surcoûts dû aux mesures de prévention ces surcoûts pour les entreprises est-ce que vous associez à cette proposition ? Oui

1:18:15
Invité

UDP a fait ces propositions déjà depuis plusieurs jours et ce n'est pas totalement indispensable faute de quoi ce que vous avez dit sur le manque de rentabilité des entreprises créera là un nombre de fermetures considérable et donc du chômage ce que naturellement nous ne souhaitons pas

1:18:28
Présentateur

Merci beaucoup Alain Griset merci infiniment d'avoir été avec nous pour réagir au discours du Premier ministre président de l'U2P l'union des artisans commerçants notamment 16h19 on continue de débriefer les annonces du Premier ministre on parlait avec Alain Griset on va rester dans le domaine du commerce allez voir du côté d'un bijoutier pas le moindre c'est le PDG de Mauboussin Alain Neymarck qui est avec nous au téléphone Bonjour monsieur Neymarck Bonjour Merci beaucoup d'être avec nous vous êtes récemment exprimé sur notre antenne pour vous dire que vous aviez perdu finalement assez peu de chiffres d'affaires à l'occasion de cette crise c'est ça en fait vous êtes serein par rapport à ce qu'elle nous a annoncé le Premier ministre aujourd'hui monsieur Neymarck

1:19:10
Invité

Je crois que c'est très compliqué de dire qu'on est serein en face d'une crise sanitaire de cette ampleur disons que simplement le fait de rouvrir le 11 mai le point vraiment crucial c'est la manière c'est la manière avec laquelle le consommateur va avoir envie à la sortie du confinement de reconsommer on a appris que l'épargne avait augmenté je crois de 55 milliards compte tenu de l'épargne naturelle qui s'est faite nous abordons nous pour en tant que bijoutier joaillier une période extrêmement importante de l'année puisque la fête des mères est le 7 juin et donc pour nous il est vital que nous puissions rouvrir nos magasins que nous puissions accueillir nos clients dans des conditions qui fassent que le client se semble sécurisé quand il vient chez nous alors en fait on va bien évidemment adapter notre politique commerciale à la nouvelle situation on va équiper nos magasins avec tout ce qui est indispensable pour apporter un niveau de sécurité maximum on va développer entre guillemets la vente à distance on sait par exemple que sur le redémarrage du marché chinois la vente à distance a été extrêmement cruciale pour retrouver de la croissance on va favoriser les livraisons à domicile des clients enfin on va mettre en place tout un arsenal de méthodes commerciales de manière à sécuriser au maximum le consommateur qui va avoir envie de venir consommer comme je le dis à mes collaborateurs le joaillier c'est quand même quelqu'un qui accompagne l'expression de l'émotion des familles et je ne vois pas que des gens qui s'aiment n'aient pas envie de se le dire avec autant de serveurs voire même plus aujourd'hui dans une période de fragilité alors je suis évidemment interpellé par ce qui nous a été exprimé par le premier ministre dans la mesure où les centres commerciaux restent fermés oui

1:21:22
Présentateur

qu'est-ce que ça vous inspire cette mesure

1:21:24
Invité

bon pour moi c'est assez concrètement j'ai six magasins de centres commerciaux qui vont rester fermés donc bon ben voilà je peux en comprendre je peux en comprendre les raisons mais c'est clair quand même

1:21:37
Présentateur

dans ces centres commerciaux les centres commerciaux de plus de 40 000 mètres carrés a dit le premier ministre vous avez six magasins

1:21:41
Invité

enfin les grands les grands que sont venus par l'I2 la défense etc sont en décembre de plus de 40 000 mètres bon indépendamment de ça on n'a pas de précision sur ce que sera la situation des grands magasins qui est pour nous également une part non négligeable de notre chiffre d'affaires est-ce que les grands magasins seront assimilés ou aux commerces normaux ou bien au centre commerciaux il faut qu'en fait on ait également une réponse assez précise là-dessus et puis pour rebondir sur ce que disait votre précédente interlocuteur c'est vrai que la mise en offre de mesures de sécurité dans les magasins aussi bien masques gants lotions visières etc etc ça entraîne quand même un coût tout à fait important et ça va venir repérer la valeur ajoutée de l'entreprise à un moment donné où effectivement on ne sait pas à quelle vitesse la consommation va reprendre

1:22:38
Présentateur

Merci beaucoup merci Alain de Marc d'avoir été avec nous PDG de Mauboussin pour réagir aux annonces du Premier ministre on s'est intéressé depuis quelques minutes aux annonces en faveur des commerces qui pourront donc ouvrir pour beaucoup d'entre eux à compter du 1er du 11 mai prochain on va s'intéresser on va s'intéresser un petit peu à l'industrie évidemment qui tourne elle aussi au ralenti aux alentours de 40-50% Manel c'est ça l'industrie aujourd'hui 50% grosso modo c'est ça au mieux oui au mieux oui Bruno Grandjean est avec nous président de Redex président de la fédération des industries mécaniques Redex basée dans le Loiret 400 salariés qui conçoit des laminoires et des machines dédiées à l'industrie bonjour Bruno Grandjean merci d'être avec nous à 16h24 pour réagir aux annonces du Premier ministre on voit que ça commence à repartir très doucement dans certaines industries l'industrie automobile notamment est-ce que vous avez été rassuré par le discours du Premier ministre sur la capacité à accompagner le redémarrage dans les entreprises dans les usines notamment au cours des prochaines semaines notamment à compter du 11 mai de continuer ce mouvement qui est en train de s'amorcer j'ai beaucoup apprécié le discours du Premier ministre parce qu'il nous remet en situation de responsabilité en gros il nous dit il nous donne un cadre l'État fait sa part les tests les masques le traçage mais au corps intermédiaire aux responsables élus locaux chef d'établissement et évidemment au patron d'entreprise dans le cadre d'un dialogue social efficace de trouver les solutions de rétablir la confiance de reprendre le travail et ça je trouve que c'est très important assez novateur c'est une sorte de principe de subsidiarité pourquoi vouloir faire tout en haut ce qui peut être fait localement et je crois que ça ça fait progresser l'organisation de la société française donner faire confiance et s'appuyer sur le sens des responsabilités des patrons des salariés du dialogue social ça c'est très novateur et je pense que c'est la bonne direction mais avec des patrons des managers des patrons dont vous faites partie qui vont devoir ça va être le gros du travail c'est de rassurer finalement les salariés sur la capacité de l'entreprise assurer leur sécurité ça va être ça le gros du travail je lisais encore ce matin dans la presse un témoignage d'un patron qui disait voilà on a déjà tout fait on a revu les organisations physiques des postes de travail les flux de déplacement des salariés tout ce qui est vestiaire cantine voilà le travail que vont devoir effectuer sur le terrain les chefs d'entreprise dans les prochains jours finalement alors on a déjà engagé dans beaucoup d'entreprises et ça se passe plutôt bien en fait on se rend compte que les entreprises qui ont un dialogue social de qualité qui ont aussi l'accès à des outils dont on se rend compte qu'ils sont indispensables et bien sont déjà repartis et la plupart sont dans un processus de redémarrage ce qui peut être aujourd'hui un frein ce sont les transports et le Premier ministre a donné une méthode ce qui peut également être un problème c'est la garde d'enfance c'est les contingences la logistique le quotidien donc le Premier ministre a donné une méthode qui concilie je crois sécurité sanitaire confiance faite à l'échelon local et également prise en compte des contraintes économiques et du besoin de redémarrer nos usines donc il y a du très positif et je crois qu'on ne peut pas faire beaucoup mieux il ne faut pas attendre d'un coup de baguette magique qu'à Paris depuis Matignon ou l'Elysée on puisse trouver les solutions de rétablissement de la confiance et de travail dans nos usines donc c'est à nous on nous donne les clés on nous donne un certain nombre de règles une méthode et à nous de trouver les bons réglages avec nos salariés je crois que c'est la seule méthode efficace

1:26:10
Invité

Emmanuel Lechypre oui sauf que Bruno Grandjean vous dites on vous donne les clés mais si seulement c'était vrai c'est à dire est-ce que vous ne craignez pas que et d'ailleurs le Premier ministre l'a évoqué il a dit on a dû tordre le bras parfois à nos administrations est-ce que vous ne craignez pas quand même que les complications administratives soient une sorte d'entrave finalement à la gestion décentralisée que que vous dont vous vous réjouissez

1:26:34
Présentateur

on va voir si les actes suivent les paroles mais honnêtement d'après tous les retours que j'ai aujourd'hui on a une administration qui comprend le contexte qui sait s'adapter et qui laisse qui fait confiance au dialogue social moi je ne vois pas de blocage les principaux blocages ils sont dans les très grandes entreprises quand il y a finalement une lutte politique au sein des organisations syndicales et qui se traduit parfois par une surenchère mais dès qu'il y a un dialogue social de qualité de proximité je crois que l'on trouve des façons d'avancer et je ne vois pas l'administration comme un frein au redémarrage je crois que le le premier ministre a justement passé le message prenez vos responsabilités il a donné un cap une méthode avec également des perspectives on voit que toutes les trois semaines on aura un point d'avancement avec également du sur-mesure du local chaque département aura ses propres procédures donc moi je suis très satisfait de ce discours de confiance de subsidiarité d'intelligence collective de faire confiance c'est quelque chose d'essentiel très très très rapidement dernière question Bruno Grandjean vous libère dans la foulée est-ce qu'il y a pour vous il y a encore aujourd'hui un sujet autour de la responsabilité pénale de l'employeur et le risque que l'employeur un peu par souci un peu par inquiétude de tâtonner ou de ne pas faire ce qu'il faudrait faire pour assurer les sécurités de ses salariés essaye de faire durer le plus longtemps possible le recours au chômage partiel finalement dans l'entreprise est-ce qu'il y a un risque pour vous il y a ce sujet le Premier ministre a donné une piste à travers les guides qui sont établis dans chacune des filières et qui définissent les bonnes pratiques je pense qu'on peut se baser sur ces documents pour établir la solution le sur-mesure dans chaque entreprise et éviter ce risque juridique mais vous avez raison c'est un sujet qui reste tout de même ouvert mais à ma connaissance aujourd'hui en tout cas on n'est pas dans cet état d'esprit on est dans une logique de redémarrage le sens des responsabilités des salariés des entrepreneurs et je ne pense pas que le risque juridique aujourd'hui justifie des fermetures on verra l'usage on verra l'usage et ces guides sont sans doute un bon moyen de voir si on est on remplit les obligations minimales on va dire pour redémarrer donc on peut on peut utiliser cet outil pour essayer de limiter le risque juridique ce guide ces guides qu'attendent les commerçants les artisans avec beaucoup d'impatience une soixantaine de guides disait tout à l'heure le Premier ministre pour couvrir l'ensemble des professions en France merci beaucoup Bruno Grandjean merci d'avoir été avec nous président de Redex basé à Montargis dans le Loiret président par ailleurs de la Fédération des industries mécaniques il est 16h30 sur BFM Business on continue de débriefer jusqu'à 17h ce discours du Premier ministre les bases du déconfinement à partir du 11 mai puis à 17h on retrouvera et on l'accueille à l'instant c'est Grégoire Favet aux commandes d'Intégrale Bourse de 17h à 18h pour suivre la vie des marchés qui eux bien sûr continuent de vivre leur vie Grégoire Damo comment se passe la vie sur les marchés mais ça se passe plutôt bien

1:29:34
Invité

jusqu'à présent Guillaume les marchés alors je reprends l'expression d'Edouard Philippe on est sur une ligne de crête les marchés sont aussi sur une ligne de crête et évidemment cette séquence ces expérimentations de déconfinement que ce soit en France ou ailleurs ça va être une séquence très importante pour les investisseurs qui vont regarder ça avec toutes les incertitudes qu'il y a derrière voire le chemin chaotique qui attend encore l'économie dans les prochaines semaines et les prochains mois personne n'est dupe de cette situation une des clés ce sera quand même le ressort psychologique et le ressort de confiance chez les consommateurs on a vu l'effondrement de la confiance du consommateur français avec l'INSEE ce matin on le voit également aux Etats-Unis cet après-midi avec un indicateur de confiance des ménages aux Etats-Unis qui subit sa plus forte baisse jamais enregistrée donc on sait bien que le chemin va être compliqué mais pour l'instant le marché continue d'intégrer tous les facteurs de soutien qui sont déployés par les banques centrales par les Etats pour protéger l'économie avant d'entrer dans la phase de reprise et de rebond un peu plus tard on intègre notamment les dernières mesures présentées par la Commission européenne pour faciliter la capacité de prêt des banques la Commission européenne qui a assoupli le cadre prudentiel réglementaire en interprétant de la manière la plus flexible possible toutes les dispositions réglementaires et prudentielles qui entourent les banques le secteur bancaire qui rebondissait déjà fortement hier rebondit encore fortement cet après-midi une hausse de plus de 5% pour les banques de la zone euro et donc le marché a marqué de nouveaux points hauts dans son rebond le CAC 40 juste au moment du début de discours d'Edouard Philippe a touché les 4600 points ce qui nous ramène sur les niveaux du 11 mars dernier on était déjà dans la chute des marchés mais le 11 mars c'était quand même avant que la France entre en confinement le marché en Europe qui gagne entre 1,5 et 2% cet après-midi

1:31:18
Présentateur

c'est ça ce qu'on appelle le revenge shopping mais sur les marchés peut-être ce sera à confirmer ce sera à confirmer bien évidemment mais peut-être un signe encourageant merci beaucoup Grégoire Grégoire Favec on retrouve donc Intégrale Bourse 17h-18h aujourd'hui pour suivre la vie sur les marchés en attendant on continue de débriefer nous à 16h33 ce discours du Premier ministre qui s'est exprimé pendant une heure à l'Assemblée nationale devant quelques dizaines de députés progressivement prudemment mais résolument oui il faut commencer à déconfiner a dit le Premier ministre tout à l'heure à l'Assemblée nationale Audrey Maubert on vous retrouve à 16h33 peut-être pour reparler un petit peu redonner les principales annonces d'Edouard Philippe qui vont nous emmener vers un redémarrage progressif de l'économie française

1:32:02
Invité

oui faire repartir l'économie sans faire repartir l'épidémie c'est un jeu c'est une équation difficile donc tout est dans le très progressivement une reprise de la vie économique progressive avec bien favoriser le télétravail dans les prochaines semaines parce que tout a été séquencé avec plusieurs phases donc les trois prochaines semaines du mois de mai limiter les transports publics limiter les contacts sinon et bien pratiquer des horaires décalés ça doit être encouragé aussi et puis vous en parliez ces fameux guides ces fameuses fiches métiers 33 aujourd'hui disponibles 60 espérées pour que ça touche l'ensemble des secteurs pour développer les bonnes pratiques et puis on revient évidemment sur les commerces on sait désormais que les commerces non alimentaires et bien vont pouvoir rouvrir le 11 mai précisément avec toujours ces distanciations physiques il pourra y avoir le port du masque bien évidemment recommandé ou exigé par le commerçant lui-même pas de centres commerciaux au-delà des 40 000 mètres carrés pour limiter et bien c'est va-et-vient ces flux importants et puis il y avait il y a aussi ces lieux qu'on a un peu oubliés aussi comme les cafés et les restaurants ne rouvriront pas le 11 mai comme les cinémas les théâtres les grands musées les salles des fêtes et tous ces événements et bien notamment les manifestations sportives et autres qui regroupent plus de 5000 participants et bien là il n'y a rien avant le mois de septembre donc là aussi il y a une modification et puis bien sûr sur les transports la clé pour la reprise mais là aussi distanciation sociale physique mais distanciation difficile le port du masque sera obligatoire et une réduction de l'offre bien sûr par exemple à Paris dans le métro parisien et bien il faudra limiter à un siège sur deux pour avoir ces distances précisément

1:33:43
Présentateur

Audrey Maubert merci beaucoup 16h35 Emmanuel Lechypre on le disait mais on en redit un mot sur la tonalité d'ensemble du discours du Premier ministre pour vous rien de bien nouveau finalement pas vraiment de cap on a le sentiment voilà ça nous confirme tout ça ce qu'on pensait c'est que c'est vraiment au niveau des entreprises des branches que tout ça va redémarrer finalement oui c'est à dire

1:34:00
Invité

ceux qui pensaient qu'on allait avoir un discours très vertical avec un état qui allait tout prévoir tout organiser nous dérouler un calendrier etc c'était illusoire effectivement d'anticiper ça les lignes de force quand même du discours du Premier ministre il y en a une philosophique et c'est ce qu'a évoqué Bruno Grandjean c'est cette idée de subsidiarité c'est là c'est ce qui peut à la fois générer de la déception chez certains et de la confiance de la réassurance chez d'autres c'est qu'effectivement on voit bien que ce sont beaucoup au corps intermédiaire de mettre en musique d'organiser finalement les grands principes édictés par le gouvernement c'est à dire les entreprises le dialogue entre les syndicats et les entreprises les fédérations les élus locaux à tous les niveaux il va falloir mettre en pratique ces grands discours avec effectivement des différenciations selon les départements en fonction de l'état sanitaire de chaque département ce qui alors évidemment ce discours il apparaît plus comme un point d'étape que comme un vrai tournant que comme une vraie vision mais est-ce qu'on pouvait espérer autre chose sachant qu'on a tellement eu de revirements de position depuis le début de cette crise lié notamment à l'évolution de toute la connaissance scientifique on a changé plusieurs fois de position donc apparemment il n'a pas voulu trop s'engager le premier ministre donc ce qui est sûr c'est que les gens qui attendaient par exemple d'avoir des perspectives au-delà du 1er juin sur notamment qu'est-ce qui allait se passer pour l'été et bien ils seront déçus ce qui manquait peut-être c'est quand même l'inconnu financière notamment pour les entreprises c'est-à-dire qu'en gros on arrête le chômage partiel à partir du 1er juin mais qu'est-ce qui se passe après le 1er juin pour les secteurs qui en auront besoin est-ce qu'on prolonge comment

1:35:51
Présentateur

tous les surcoûts qui sont provoqués est-ce qu'on a les moyens de prolonger est-ce qu'on a les moyens de prolonger vous entendez certaines voix qui disent il va falloir à un moment donné peut-être que le chômage partiel soit moins généreux pour ne pas inciter les entreprises à s'installer là-dedans

1:36:03
Invité

oui mais voilà mais tout ça c'est des choses que les entreprises ont besoin de savoir comment on va débrancher toutes ces aides les entreprises ont besoin de le savoir les secteurs qui vont rester confinés les secteurs qui ne vont pas pouvoir redémarrer jusqu'à quand on va les aider quand on va et parce qu'on va finir par permettre aux restaurants de rouvrir ce sera sans doute avec une table sur deux la question de la rentabilité ou du manque à gagner de toutes ces activités qui ne seront sans doute plus rentables dans un premier temps qui va les prendre en charge exactement le coût de la mise en place de toutes ces mesures de sécurité sanitaire qui va les prendre en charge donc on ne pouvait pas tout dire Edouard Philippe mais c'est vrai que rassurer peut-être sur la façon dont on sortirait financièrement et sur le plan de la politique des aides de ce confinement ça aurait été peut-être un point positif mais il est peut-être trop tôt sur le plan sanitaire pour le dire et puis effectivement Edouard Philippe ce n'est pas le Père Noël il l'a bien fait comprendre et que il faudra mettre en place sur le terrain chacun les solutions pour être efficace et performant

1:37:10
Présentateur

On continue de faire réagir industriel et commerçant à ces annonces si eux parlent d'annonce en tout cas du discours du Premier ministre Johan Petiot est avec nous directeur général de l'Alliance du commerce qui représente 450 chaînes d'équipe ce qu'on appelle l'équipement de la personne donc habillement et chaussure 27 000 points de vente 200 000 salariés Bonjour monsieur Petiot Merci d'être avec nous quelques minutes sur BFM Business est-ce que vous avez été rassuré vous par les propos du Premier ministre avez-vous déjà c'est la question qu'on pose depuis tout à l'heure avez-vous appris des choses aujourd'hui ?

1:37:40
Locuteur

Bonjour

1:37:42
Invité

Oui nous avons appris des choses lors de son discours et c'est d'ailleurs ce que nous attendions nous attendions de la clarté et de la prévisibilité alors il y a eu certains points sur lesquels nous avons été rassurés c'est que tous les commerces pourront réouvrir à la date du 11 mai et c'était un point important à savoir et à faire entendre nous avons aussi entendu qu'il faudra apprendre à vivre avec le territoire et apprendre à se protéger et donc que toutes les entreprises aujourd'hui tous les commerçants se préparent à leur réouverture pour le 11 mai et à prendre toutes les mesures qui seront nécessaires et utiles pour protéger à la fois leurs salariés et leurs clients

1:38:16
Présentateur

est-ce que votre question qu'on pose aussi est-ce que tous vos commerces vont pouvoir rouvrir parce qu'on le disait il y aura des restrictions des aménagements qui ne pourront pas être mis en place partout certains de vos commerces dont le business model ne pourra pas s'accommoder finalement est-ce que tous pourront rouvrir au 11 mai ou dans les jours qui suivent il y a déjà

1:38:36
Invité

une distinction que le Premier ministre a précisé aujourd'hui ce sont les centres commerciaux de plus de 40 000 mètres carrés dont la décision de réouverture

1:38:46
Présentateur

sera laissée aux préfets dans chaque département nous pensons aujourd'hui nous sommes convaincus que chaque centre commercial a la possibilité d'assurer la sécurité des clients et des salariés

1:38:56
Invité

mais c'est une discussion que nous aurons qu'il faudra avoir au cas par cas pour chaque site avec les préfets des départements pour les mesures barrières et les mesures de distanciation

1:39:04
Présentateur

qui seront mises en oeuvre oui nous pensons qu'aujourd'hui la très grande majorité des commerçants auront la possibilité

1:39:10
Invité

de les mettre en place donc tout le monde va se préparer pour être prêt pour le 11 mai prochain

1:39:16
Présentateur

la totalité la grande totalité de vos commerces de vos adhérents vous dites seront prêts à mettre en place ces mesures de distanciation sociale au 11 mai pour vous c'est une évidence

1:39:26
Invité

oui bien sûr en tout cas toutes et tous ils travaillent maintenant depuis plusieurs jours et ils restent encore 12 jours d'ici le 11 mai

1:39:35
Présentateur

alors Johan Petiot voilà qu'on a perdu mais dont on a entendu le message fondamentalement oui certitude qu'on sera prêt dans tout ou partie de nos commerces le 11 mai prochain pour redémarrer l'activité et mettre en place les gestes barrières dont a parlé le Premier ministre je ne sais pas si vous êtes avec nous Johan Petiot on a une petite coupure vous m'entendez ?

oui oui voilà vous nous disiez vous nous confirmiez que tout ou partie de vos adhérents seraient prêts au 11 mai prochain c'est ça la tonalité de votre message en quelques mots bien sûr ils se sont préparés ils restent encore toujours pour se préparer nous serons prêts pour le 11 mai prochain merci beaucoup merci Johan Petiot merci d'avoir été avec nous directeur général de l'alliance du commerce qui représente quelques 450 chaînes d'habillement et de chaussures 27 000 points de vente merci d'avoir été avec nous sur BFM Business 16h41 on continue de débriefer les annonces du Premier ministre pendant ce discours qui a duré près d'une heure sur BFM Business Emmanuel maintenant ça nous paraît à la fois très loin et très court ces 15 jours véritablement pour orchestrer ce déconfinement à l'échelle nationale maintenant qu'est-ce qui va se passer concrètement ?

ça va passer par le gouvernement par les élus locaux par les fédérations professionnelles

1:40:47
Invité

il reste effectivement très peu de jours puisque si vous considérez que ce discours a lieu ce mardi cette semaine il reste deux jours et la semaine suivante il reste quatre jours puisque le 1er mai et le 8 mai sont fériés donc grosso modo ça laisse six jours de travail plein pour s'organiser on l'a vu effectivement alors il y a ces guides pratiques dans chaque secteur apparemment il n'y en a que la moitié qui sont encore disponibles donc il va falloir travailler sachant que c'est un processus assez long puisque assez complexe puisque ça part des professions des fédérations ça va ensuite au ministère du travail au ministère de la santé qui valide ensuite il faudra faire redescendre les consignes après il faudra que toutes les entreprises se procurent et là on va encore avoir un afflux de demandes très probablement sur tous les matériels qui vont faire partie du triptyque indispensable protection sur les masques pourquoi pas les gants éventuellement dans certains magasins le gel hydroalcoolique donc il va y avoir ce problème logistique là aussi à régler donc la subsidiarité c'est bien c'est-à-dire donner à chacun la responsabilité et la possibilité de s'organiser au plus près du terrain et au plus près des contraintes de chacun après il faudra qu'effectivement il y ait la logistique qui suive et que ça ne compromette pas trop finalement la réouverture de toutes ces activités dans les meilleurs délais

1:42:14
Présentateur

Il est 16h43 l'Assemblée nationale donc le discours du Premier ministre qui a duré une heure là en ce moment c'est le débat qui a commencé on voit Jean-Luc Mélenchon qui est en train de s'exprimer à la tribune de l'Assemblée nationale les différents groupes politiques vont s'exprimer et puis il y aura vote après de ce fameux plan vote dans la soirée de ce plan qui sera donc mis en place à partir du 11 mai prochain on continue d'évoquer les conséquences notamment les enseignements de ce discours sur les commerçants on le disait on en parlait tout à l'heure avec l'Alliance du commerce et puis avec les industriels et aussi qui sont en quête de réponse on est en ligne avec Philippe Darmaillon le président d'ArcelorMittal France par ailleurs président de l'UIMM l'Union de la Métallurgie bonjour monsieur Darmaillon merci beaucoup d'être avec nous quelques minutes encore cet après-midi sur BFM Business même question est-ce que vous avez appris des choses du discours du Premier ministre est-ce que vous êtes rassuré sur la capacité à rassurer parce qu'on sent bien que c'est ça qui va être l'enjeu rassurer les salariés qui oeuvrent au quotidien dans les usines les rassurer qu'ils peuvent reprendre le travail en toute sécurité finalement écoutez le Premier ministre a reconnu que le risque d'écroulement de l'économie est majeur et donc je pense que ça c'est important pour l'ensemble des salariés et l'ensemble des chefs d'entreprise de savoir qu'ils sont là pour quelque chose et pour corriger effectivement une situation qui est assez grave et potentiellement même très dangereuse pour l'emploi et pour l'économie française Le deuxième point que moi j'ai retenu sur cette intervention c'est bien sûr la réouverture de la demande la réouverture des commerces dans des conditions sanitaires bonnes et indispensables et le Premier ministre a été très long là-dessus mais l'élément générateur qui pour les industriels est important c'est que enfin la demande peut repartir et donc ils peuvent retravailler on ne peut pas travailler produire si effectivement ce que l'on fait n'est pas n'est pas vendu n'est pas reconnu par les clients et donc ça c'est un deuxième point qui est très important au fond la stratégie que nous suivons à lui-même qui se résume en deux mots c'est finalement des process des protocoles de santé et puis du dialogue social je trouve que le Premier ministre a été tout à fait dans ce sens aujourd'hui et donc ça nous donne ou ça me donne et ça nous donne beaucoup de courage pour continuer clairement nous restons dans une situation où le virus est partout et potentiellement peut toucher nous toucher tous et donc il faut apprendre à vivre dans ce contexte et apprendre à vivre tout en continuant à exercer à vivre et à continuer à exercer une activité tous dans nos métiers question sur ces guides ces fiches métiers dont parlait tout à l'heure le Premier ministre une soixantaine de guides disait-il pour couvrir l'ensemble des professions dont vont devoir dont vont devoir que vont devoir apprivoiser les chefs d'entreprise notamment et leurs salariés au cours des prochains jours pour pouvoir redémarrer dans la mesure du possible l'activité le 11 mai est-ce que le timing ne vous paraît pas un peu serré finalement pour que chacun fasse sienne ces nouvelles modalités de fonctionnement au quotidien finalement écoutez pour ce qui me concerne la métallurgie nous sommes prêts nous sommes prêts depuis la deuxième semaine après le début du confinement nous avons préparé ces guides nous avons préparé ces protocoles et ces protocoles ont même été négociés dans certaines entreprises avec les organisations syndicales et pour ce qui nous concerne on a travaillé avec les organisations syndicales sur la philosophie de ce confinement en entreprise donc nous nous sommes prêts nous étions là prêts à démarrer la seule condition pour démarrer était d'avoir les commerces qui de nouveau sont ouverts les concessions automobiles etc sans ça on ne pouvait pas redémarrer à plein et on restait dans une situation d'activité partielle donc là on peut entrevoir à partir de maintenant une activité une activité qui démarre alors bien sûr les commerçants vont devoir créer ce type de protocole dans les magasins et apprendre à leurs clients à se comporter mais vous savez finalement les clients depuis deux mois commencent à avoir l'habitude ils vont au supermarché ils vont dans les magasins d'alimentation et donc ce sera la même chose donc il va falloir effectivement un certain temps de transposition mais on a jusqu'au 11 mai pour le faire et je vous assure que dans un commerce un petit commerce c'est pas complètement sorcier de s'organiser et bien évidemment le ministère du travail en plus aide avec le guide par métier qu'il a fait et donc je pense que ça va se faire assez vite en tous les cas entre maintenant et le 11 mai on a quelques jours pour effectivement se préparer dans tous les commerces et dans tous ceux qui n'ont pas déjà fait cette démarche et je pense que c'est tout à fait c'est tout à fait jouable en tous les cas dans l'industrie l'automobile l'acier l'aéronautique ce sont des choses sur lesquelles on travaille déjà depuis trois semaines ça va demander aux chefs d'entreprise et aux ressources humaines de déployer en plus de ce qu'ils font d'ordinaire des montagnes de pédagogie quand même on imagine beaucoup d'entreprises monsieur Darmaillor on est en face que soit direction salarié syndicat on est en face d'un ennemi commun donc il s'agit en étant convaincu qu'on ne pouvait pas rester chacun confiné chez soi un vitam aeternam on a une obligation de nous organiser et on est face à un ennemi commun donc je pense que c'est faisable merci beaucoup Philippe Darmaillan merci beaucoup d'avoir été avec nous quelques minutes cet après-midi encore sur BFM Business président d'ArcelorMittal et président de l'UIMM merci d'avoir été avec nous pour décrypter souhaitons-nous bon courage absolument merci d'avoir été avec nous quelques minutes par écran interposé 16h49 on a parlé des commerçants on a parlé des industriels de leurs attentes et puis il y a eu des choses aussi des confirmations sur tout ce qui concerne l'organisation du travail dans les entreprises comment accompagner le retour de beaucoup de salariés à partir du 11 mai dans les entreprises françaises on est en duplex avec Laure Closier qui suit vous le savez au quotidien ces questions de vie de vie de bureau bonjour Laure on n'a pas eu finalement beaucoup de choses de nouveau sur l'organisation du travail deux éléments sur les masques et le télétravail mais pour l'instant c'est à peu près tout Laure finalement rien de plus de nouveau aujourd'hui

1:48:35
Invité

oui il y a deux choses à retenir effectivement ce sont ces masques qui ne sont pas obligatoires c'est une recommandation mais celui qui ne le fait pas en gros il met en risque ses salariés donc le Premier ministre le dit il invite les entreprises à équiper leurs salariés donc en gros tout le monde va le faire d'ailleurs les commandes ont déjà commencé il l'a dit il y a notamment Croissance Plus par exemple qui a fait 1,5 million de commandes rien qu'à travers un prestataire pour équiper ces entreprises donc le masque il va falloir vous y faire certes ce n'est pas obligatoire mais c'est évident que dans les grands groupes français vous y aurez le droit dans les plus petites entreprises et pour les indépendants il a annoncé des aides donc le travail avec le masque c'est à partir du 11 mai c'est évident ensuite sur la question du télétravail c'est pareil c'est évident ça va continuer au moins jusqu'au 2 juin si ce n'est plus il y a déjà des entreprises qui ont annoncé que d'ici l'été vous serez en télétravail les règles ne vont absolument pas changer

1:49:37
Présentateur

mais qu'est-ce que est-ce que ça va satisfaire les entreprises est-ce qu'il y a beaucoup d'entreprises qui attendaient je ne sais pas moi finalement un plan de déconfinement officiel est-ce que c'était ça leurs attentes finalement ?

1:49:49
Invité

j'ai entendu quasiment chez tous vos invités les entreprises n'attendaient pas un plan de déconfinement officiel présenté par le Premier ministre pourquoi ?

parce qu'ils ont très largement commencé à poser la question et qu'ils prennent des mesures qui sont bien supérieures à ce qu'on pourrait leur imposer les entreprises elles ne veulent pas prendre le risque juridique elles sont traumatisées par le cas Amazon elles sont traumatisées par l'idée de pouvoir être un lieu de contamination donc elles vont bien plus loin que de simples recommandations à corps par exemple vous serez quatre dans l'ascenseur pas plus chez PSA fin de l'espace café chez Veolia il y aura des tests on réfléchit dans certaines grandes entreprises à mettre en place une circulation pour pas que les salariés se croisent donc vous êtes dans une boîte vous aurez des mesures extrêmement restrictives c'est évident le travail ne sera plus comme avant et ça c'est pas des annonces du Premier ministre c'est un plan de déconfinement qui se négocie avec les représentants des salariés en ce moment dans les boîtes

1:50:44
Présentateur

c'est aussi un sentiment que nous partageons tous intrinsèquement désormais merci beaucoup Laure Laure Closier qui suit pour nous jour après jour vous savez la vie de bureau la vie de bureau tous les jours à 8h50 sur BFM Business on voulait dire un mot aussi 16h52 rapidement de ce qui va se jouer dans les transports parce que là aussi des choses vont évoluer on est au téléphone avec Jean-Baptiste Thouette journaliste à la rédaction de BFM Business bonjour Jean-Baptiste l'offre de transport va être adaptée à la situation voilà ce que nous a dit le Premier ministre en quelques mots tout à l'heure

1:51:14
Invité

c'est exactement ça Guillaume il faut s'attendre surtout à un véritable casse-tête en perspective alors ce sera masque obligatoire pour tout le monde et surtout distanciation comment va-t-on pouvoir tenir la distanciation dans les transports publics alors Edouard Philippe apporte un élément de réponse nous allons limiter le recours au transport public ça veut dire que les entreprises vont devoir mettre en place des horaires décalés pour limiter les flux dans les transports à partir du 11 mai la RATP par exemple va remettre en route 70% de son offre mais notez bien donc masque obligatoire mesure de distanciation ce qui veut dire qu'il va falloir condamner un siège sur deux qu'il va falloir installer des marquages au sol qu'il va falloir préparer des agents pour limiter les flux donc quand je vous parle d'un véritable casse-tête en perspective ça va être très compliqué Edouard Philippe aussi a expliqué que les réservations seront obligatoires à la SNCF il s'agit de décourager les déplacements entre départements et malheureusement ce qu'il a dit aujourd'hui ne vient pas répondre aux inquiétudes qui sont exprimées ces dernières semaines par tous les acteurs du transport public et même de l'aviation je pense par exemple à Anne Rigaye la directrice générale d'Air France qui expliquait devant le Sénat que la distanciation n'était pas compatible avec la reprise Jean-Pierre Farandou le patron de la SNCF expliquait que la santé c'était bien mais qu'il fallait aussi penser à la reprise à l'intérêt économique or un TGV qui est rempli à moins de 60% ce sont des pertes économiques supplémentaires donc clairement le transport le secteur du transport est parti pour rester encore un long moment dans une certaine incertitude

1:52:44
Présentateur

dans une certaine incertitude merci beaucoup Jean-Baptiste Jean-Baptiste tu es avec nous sur BFM Business 16h54 dans quelques minutes vous retrouverez Grégoire Favey pour Intégralbourg juste allez 2-3 minutes Emmanuel Lechip qui est toujours avec nous en plateau pour tirer un enseignement de ce discours ce qu'on appelle communément la synthèse point fort point faible si vous me passez cette expression oui

1:53:03
Invité

alors on voit bien que l'objectif essentiel c'était de remettre de la confiance un petit peu de redonner confiance à tous les agents économiques alors on pensait que ce serait en traçant des perspectives peut-être jusqu'à l'été et là effectivement on a été peut-être un peu déçu parce que ce qui s'annonçait comme l'annonce d'un grand plan a surtout été un point d'étape la prudence la prudence absolument il tire les leçons là de ce qui des reproches qu'on a pu faire à ce gouvernement depuis le début de la crise qui était d'avoir souvent changé d'avis changé de pied etc mais il a changé d'avis ce gouvernement au gré finalement des changements d'avis aussi des scientifiques sur la viralité qui est dangereux qui n'est pas dangereux etc et ça bon ça a été compliqué ça a contribué à affaiblir un petit peu la confiance donc ça il a été assez bon j'ai trouvé sur l'aspect qui est un aspect crucial pour les français sur les convaincre qu'on aura enfin les masques et là il a aligné les chiffres il a manipulé un peu les équations et cet aspect là était relativement convaincant c'est un peu une nouvelle méthode aussi une espèce de modestie qui remet l'Etat à sa place en disant ben voilà faisons fonctionner le principe de subsidiarité c'est-à-dire que nous l'Etat on décrète les grands principes mais après ce sera au niveau local en fonction de la situation sanitaire en fonction de la particularité de chaque zone de chaque entreprise de prendre ses décisions et d'appliquer concrètement nos décisions donc ça veut dire les chefs d'entreprise ça veut dire le dialogue avec les partenaires sociaux ça veut dire les fédérations professionnelles ça veut dire les maires ça veut dire les préfets qui vont devoir s'impliquer dans la mise en musique quotidienne de cette sortie de confinement qui sera effectivement très progressive et ça ce côté finalement où on donne de la responsabilité aux agents économiques et bien on voit que tous les chefs d'entreprise qui ont réagi chez nous ont apprécié et sont satisfaits finalement on les laisse gérer au mieux cette situation après il y a des questions qui restent en suspens même sur des points qui ont été précisés comme les transports par exemple et Jean-Baptiste Huet vient de le dire ok on a édicté les grandes lignes mais concrètement comment on va faire pour maintenir cette distanciation dans les transports je ne suis pas sûr que les français qui vont devoir emprunter les transports en commun pour aller travailler aient été complètement rassurés par le discours du premier ministre et puis il y a quand même peut-être des points qui restent en suspens on voit bien par exemple qu'il y a tout un tas d'activités qui vont devoir être aidées encore bien au-delà de la date du 1er juin et même quelle que soit la date de réouverture et comment on était pas là pour parler argent mais bon d'accord mais comment on va financer cette économie du 1 sur 2 qui n'est pas rentable pour beaucoup d'entreprises donc comment on va les accompagner ça aurait été au moins puisqu'on était dans les principes un engagement sur les principes de dire bon ben voilà tant que les entreprises n'auront pas retrouvé une activité normale qu'est-ce qui se passe est-ce qu'on débranche quand même tous les dispositifs et notamment on pense au chômage partiel est-ce qu'on l'arrête vraiment au 1er juin est-ce qu'on le maintient dans les secteurs qui ne pourront pas reprendre comme hôtellerie, restauration sans doute on attendait peut-être des précisions sur les baisses de charges cotisations qu'est-ce qui va être annulé les critères ou pas non ça n'était encore une fois qu'un point d'étape

1:56:35
Présentateur

ça c'est l'instant Bruno Le Maire pour tout ce qui est grosso

1:56:37
Invité

oui c'est effectivement l'instant Bruno Le Maire mais enfin Edouard Philippe est quand même le Premier ministre et il a cette polyvalence normalement théorique que lui confère son poste

1:56:49
Présentateur

discours emprunt d'une grande humilité voilà merci beaucoup Emmanuel merci à tous d'avoir été avec nous depuis 16h pour réagir au discours du Premier ministre édition spéciale à partir des 18h autour de Karine Verniol avec des représentants patronaux syndicaux le patron de la marque Peugeot sera là Marc Rochet président d'Air Caribe bon le secteur aérien beaucoup d'acteurs qui seront là pour réagir au discours du Premier ministre et puis dans un instant donc 17h-18h intégrale bourse avec Grégoire Favet très bonne journée sur BFM Business édition spéciale sur BFM Business du lundi au vendredi débat controverse et pédagogie dès 9h nick

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