Frédéric Lefèbvre
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:27OuverteRéponse directe
C'était une solution d'urgence inévitable selon vous ?
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Et vous n'avez pas d'inquiétude sur la mobilisation des forces de l'ordre ?
- 2:09OuverteRéponse directe
Alors, elle est au programme de l'Assemblée le 24 janvier. Est-ce qu'il faut aller plus loin ?
- 2:36OuverteRéponse directe
Cette réponse ferme des autorités, c'est une consigne du chef de l'État ?
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Est-ce qu'il faut aller plus loin, selon vous ?
- 3:32RelanceRéponse directe
Quelle que soit la teneur, cela dit, de la proposition de loi, elle a peu de chances d'être définitivement adoptée avant la présidentielle...
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:23Invité politiqueFait
« Sixième jour de grève des agents de sûreté dans les aéroports en pleine période de voyage pour les familles et les touristes. »
- 0:32PrésentateurFait
« Le droit de grève est sacré dans notre pays. »
- 0:45PrésentateurFait
« Le service public se déroule normalement. C'est la moindre des choses que l'on doit aux Français. »
- 3:16PrésentateurPromesse
« La proposition de loi telle qu'elle a été déposée par Éric Dillard me paraît une solution adaptée, mesurée, équilibrée. »
- 6:47PrésentateurFait
« Le constat du Président de la République et les engagements qu'il avait pris en 2007 étaient très clairs. »
- 8:02PrésentateurChiffre
« Bientôt, environ 500 produits pour une centaine de marques qui doivent être fabriqués en France dont la valeur ajoutée doit être au moins l'équivalent de 50% en France. »
- 9:10PrésentateurChiffre
« Deux tiers des Français préfèrent acheter des produits fabriqués en France. »
- 10:26PrésentateurFait
« Globalement, quand même, à dire que le prix est le premier critère, j'insiste. »
Temps de parole
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Il est 8h19, France Inter, le 7-9 de Bruno Duvis.
Frédéric Lefebvre, secrétaire d'Etat au commerce, à l'artisanat, au PME, au tourisme, au service, aux professions libérales et à la consommation. Et ce matin, l'invité de France Inter. Bonjour monsieur. Bonjour. Je n'ai rien oublié. Je ne crois pas. Sixième jour de grève des agents de sûreté dans les aéroports en pleine période de voyage pour les familles et les touristes. Le gouvernement mobilise aujourd'hui la police pour remplacer les grévistes. C'était une solution d'urgence inévitable selon vous ?
Écoutez, le droit de grève est sacré dans notre pays. Mais en même temps, il n'est pas question que le gouvernement laisse des touristes, vous l'avez dit, un certain nombre de nos compatriotes, qui pendant les fêtes vont prendre des vacances, vont voir leur famille, pris en otage. Et je crois que c'est, je le dis à France Inter, que le service public se déroule normalement. C'est la moindre des choses que l'on doit aux Français.
Et vous n'avez pas d'inquiétude sur la mobilisation des forces de l'ordre ? Certains syndicats de policiers disent déjà qu'ils ne sont pas là pour briser les grèves.
Oui, il faut qu'il y ait des réactions des uns ou des autres. Mais en l'occurrence, il s'agit, vous le savez, de grèves des agents qui sont chargés de faire la sécurité. Et donc les forces de l'ordre sont bien placées pour la faire. Et ils sont parfaitement en capacité de la faire. Et ils le feront si nécessaire, à tel ou tel endroit.
Si nécessaire, c'est certain. Aujourd'hui, il y aura aujourd'hui des policiers qui interviendront à la place des agents de sûreté.
Eh bien écoutez, ce sera, en tout cas, je crois, une décision attendue par les Français qui se retrouvaient bloqués. Ça devient une habitude, vous avez remarqué. À chaque fois qu'il y a des vacances annoncées, des départs annoncés, on se retrouve avec telle ou telle catégorie qui décide de faire grève et de prendre en otage les citoyens. Je crois que ça n'est pas une méthode. On a mis en place, vous le savez, ça fonctionne d'ailleurs parfaitement bien. Ça avait été très critiqué à l'époque, le service minimum dans les transports en commun. Eh bien, il y aura dorénavant, puisqu'il y a, pour le court terme, vous l'avez dit, des policiers et des gendarmes qui feront ce travail.
Mais pour le moyen terme, une proposition loi qui sera votée pour étendre le service minimum dans le transport aérien.
Alors, elle est au programme de l'Assemblée le 24 janvier. Est-ce qu'il faut aller plus loin ?
C'est à la fois le confort immédiat des citoyens et des touristes, mais c'est en même temps l'image de la France. Ça fait partie des éléments, quand on interroge dans le monde entier, les touristes du monde entier, ça fait partie des éléments qui freinent l'accès d'un certain nombre de touristes en France.
Jean-François Akili nous le disait dans le journal de 8 heures, il y a eu une réunion à ce sujet lundi soir à l'Elysée. Cette réponse ferme des autorités, c'est une consigne du chef de l'État ?
Vous savez, quand le gouvernement agit, il y a une impulsion qui est donnée par le président de la République. Tout ça est très normal.
Alors aujourd'hui, ce qu'on appelle service minimum auquel vous faisiez référence, c'est l'obligation pour les grévistes de se déclarer à l'avance, de manière à ce que les compagnies puissent s'organiser, négocier, informer les voyageurs. Est-ce qu'il faut aller plus loin, selon vous ? Hier, Christian Jacob, le chef de file des députés UMP, évoquait l'hypothèse d'un véritable service minimum avec réquisition des salariés. Est-ce que vous seriez pour ?
Écoutez, moi je trouve que l'extension de ce qui marche très très bien dans le transport en commun ou au transport aérien, c'est la bonne solution. Et donc, la proposition de loi telle qu'elle a été déposée par Éric Dillard me paraît une solution adaptée, mesurée, équilibrée. Ce n'est pas la peine d'aller plus loin. Je crois vraiment que ce qui fonctionne pour le service minimum, il n'y a aucune raison que ça ne fonctionne pas pour le transport aérien.
Alors, quelle que soit la teneur, cela dit, de la proposition de loi, elle a peu de chances d'être définitivement adoptée avant la présidentielle, puisque le calendrier parlementaire est très serré, premier examen le 24 janvier, elle ne sera pas adoptée avant la présidentielle.
Écoutez, nous verrons bien. Moi, je souhaite qu'elle le soit rapidement. Il peut arriver que des textes soient inscrits en urgence quand il y a un texte qui sera très très court. Et donc, on peut imaginer qu'il le soit avec l'urgence et donc examiner rapidement et inscrire à l'ordre du jour des deux assemblées rapidement.
Est-ce que le gouvernement n'a pas sorti le bazooka un peu tôt dans cette histoire ? Les pilotes commencent à râler aussi. Le syndicat SNPL dénonce une remise en cause du droit de grève, menace d'un mouvement en février. Est-ce qu'on a pris le dialogue social par le bon bout, Frédéric Lefebvre, dans cette histoire ?
Écoutez, franchement, le service bidimum dans les transports en commun, on a entendu exactement la même chose au moment où on l'a mis en place. Et aujourd'hui, ça fonctionne très bien et ce n'est pas pour autant que le droit de grève est remis en cause. Pourquoi est-ce que ça ne serait pas la même chose pour le transport aérien ? Je crois que surtout, il y a peut-être un certain nombre de gens qui ont un peu tiré sur la ficelle et qu'à force de systématiquement, systématiquement, dès qu'il y a un départ en vacances, prendre en otage les gens, ils ont finalement récolté ce qu'ils cherchaient sans doute, c'est-à-dire une réponse ferme.
Et en même temps, ce sera ma dernière question, on entend quelqu'un comme Dominique Bussereau, ancien ministre des Transports, soutenir les revendications des grévistes en disant qu'ils gagnent 1300 euros par mois en moyenne, ils demandent des hausses de salaire, ça n'a rien de scandaleux.
Encore une fois, il ne faut pas mélanger deux choses. Le fond, des revendications qui peuvent être parfaitement légitimes, et par ailleurs, la forme, la méthode, et c'est la raison pour laquelle il est absolument normal dans une démocratie apaisée, quand il y a un service public et un service minimum.
Et question aussi sur cette expression qui est répétée par Nathalie Koscius-Comorizet, par vous-même ce matin, sur la prise d'otage. Je sais que ça fait hurler beaucoup de gens. Prise d'otage, ce n'est pas un peu fort, ce n'est pas un peu exagéré ?
Écoutez, si vous interrogez les Français qui sont concernés, ou les touristes qui sont concernés, franchement, c'est exactement le sentiment qu'ils ont. Je suis certain que les Français qui nous écoutent, pour la grande majorité d'entre eux, attendaient qu'il y ait une réaction. D'ailleurs, pourquoi pourrait-on reprocher à un gouvernement de mettre en place ce qui existe pour les transports en commun, pour le transport aérien ?
Alors, le Made in France, Frédéric Lefebvre, quelle différence faites-vous entre le label Origine France du Président de la République, Le Produire en France de François Bayrou, le patriotisme industriel de François Hollande, et le protectionnisme européen, ou même national, de Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ?
Alors, d'abord, je vais vous dire, je suis très heureux de voir que le fabriqué en France que défend le Président de la République, depuis 2009, fait des adeptes. Tant mieux !
Alors, il y a bataille sur savoir qui est le premier à avoir eu cette idée. Vous vous dites, voilà, c'est d'abord le Président de la République.
Non, ce n'est même pas le sujet. Vous savez, le constat du Président de la République et les engagements qu'il avait pris en 2007 étaient très clairs. Un pays où l'industrie a été sacrifiée, un pays où les ouvriers n'étaient plus calculés par les pouvoirs publics, est un pays qui perd une partie de son identité. C'est la raison pour laquelle le Président de la République a fait d'une priorité l'industrie française. Et la grande différence entre acheter français et acheter ce qui est fabriqué en France, donc acheter la qualité française, c'est que ce qui compte, ce n'est pas une marque française qui serait fabriquée à l'étranger.
Mais ce qui compte, c'est même une marque étrangère, pourquoi pas, fabriquée en France avec les savoir-faire français qui créent de l'emploi en France. Et vous avez cité le label France Origine Garantie. Voilà, qui est dans le projet de loi sur la consommation actuellement des infus. Non, le label France Origine Garantie, il existe déjà. Il a été mis en place. Il y a aujourd'hui une...
Le principe, je le dis rapidement, c'est d'étendre ce qu'on connaît déjà, l'alimentation, à d'autres secteurs.
Alors, c'est deux choses différentes. Le label France Origine Garantie, ça existe déjà. Ça a été mis en place en 2010. C'est aujourd'hui une quarantaine de produits pour une quinzaine de marques. Bientôt, environ 500 produits pour une centaine de marques qui doivent être fabriqués en France dont la valeur ajoutée doit être au moins l'équivalent de 50% en France. Moi, je suis dans le texte qui est aujourd'hui examiné par le Parlement. Nous sommes au Sénat. De détendre l'IGP, l'indication géographique protégée, qui est bien connue parce qu'elle a protégé les produits alimentaires dans notre pays.
Vous savez, le pruneau d'Agin, le bris de mots, on peut multiplier les exemples, de l'étendre pour les produits artisanaux et les produits industriels. À quel délai ? On va pouvoir protéger le couteau-la-guiole, la faïence de gien, les émeaux de brillard. Je pourrais multiplier les exemples. Alors, le dispositif, il est dans le texte qui, je l'espère, sera définitivement adopté au mois de février avec derrière cette action de labellisation qui est très importante puisque on est dans un pays où les Français considèrent, et ils ont raison, que le fabriqué en France, ça veut dire la qualité. Et donc, deux tiers des Français préfèrent acheter des produits fabriqués en France.
Le premier critère restant le prix, évidemment.
Oui, mais 75% des Français considèrent qu'il vaut même mieux payer un peu plus cher des produits de qualité. D'ailleurs, vous savez, après, ça dépend de l'écart. C'est la grand-mère de mon épouse qui disait, elle était de Haute-Loire, je n'ai pas les moyens d'acheter de la mauvaise qualité.
Alors, je ne sais pas si vous avez vu cette enquête sur Rue89. Sur le thème, j'ai essayé d'acheter français fabriqué en France et je me suis presque ruiné dans tous les secteurs. Bricolage abîme en produits de beauté. Le made in France est plus cher. Je me souviens de l'exemple le critère du prix reste le critère numéro 1 pour l'achat des consommateurs français et le made in France passe après.
Encore une fois, je viens de le dire, je vais rappeler cette phrase de bon sens. Je n'ai pas les moyens d'acheter de la mauvaise qualité. Quand vous achetez de la bonne qualité, ça dure plus longtemps et donc sur la durée, ça vous coûte moins cher. Vous savez, les gens le comprennent parfaitement. C'est pour ça que je vous le dis, dans toutes les enquêtes, ils sont très nombreux, une très grande majorité, très large majorité après faire réacheter de la qualité. Mais ce qui est très important, c'est qu'aujourd'hui, ils ne peuvent pas... Globalement, quand même, à dire que le prix est le premier critère, j'insiste.
Bien sûr, mais ce que je veux dire, c'est qu'ils ne peuvent pas s'y retrouver aujourd'hui. Parce que vous voyez fleurir des étiquettes made in France, 100% français, sans qu'il n'y ait aucun moyen de vérifier. C'est la raison pour laquelle moi je préside le Conseil National de la Consommation dans lequel il y a à la fois des entreprises et les associations de défense des consommateurs qui travaillent depuis un certain nombre de mois sur la dématérialisation des informations sur les produits.
Et je leur ai demandé pour la rentrée, une fois qu'on va avoir les labels, qu'on puisse construire une carte d'identité des produits qui permettra aux consommateurs via les codes barres, via les flash codes de connaître l'origine des produits.
Frédéric Lefebvre, secrétaire d'État au commerce, au tourisme, à la consommation et l'invité de France Inter jusqu'à 8h01 45 24 7000 et franceinter.fr pour toutes vos questions. Nous nous retrouvons après la revue de presse.