Indépendance des médias : et si on dégageait Bolloré et les milliardaires ?
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 5:50RelanceRéponse directe
Comment réagissez-vous aux propos de Sarah Payou sur l'urgence de voter votre proposition de loi face à l'influence de Bolloré ?
- 8:04OuverteRéponse directe
Pourquoi selon vous le gouvernement refuse-t-il d'appeler un chat un chat sur les médias de Bolloré ?
- 8:36RelanceRéponse directe
Comment expliquez-vous le refus du gouvernement de soutenir votre proposition de loi ?
- 11:16OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il existe un actionnariat moins intéressé dans les médias ?
- 11:53FerméeRéponse directe
Un actionnaire au sein d'une rédaction sera toujours une mauvaise chose ?
- 14:46OuverteRéponse directe
Concernant le mur entre actionnariat et rédaction, est-ce que la surconcentration des médias implique d'éloigner les riches actionnaires ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:36PrésentateurFait
« Depuis deux ans, le groupe Lagardère est racheté par Vivendi, la société mère de Vincent Bolloré. »
- 0:48PrésentateurFait
« Vincent Bolloré ne se distingue pas uniquement de ses copains actionnaires par ses idées politiques d'extrême droite, mais aussi par son interventionnisme agressif dans les rédactions qu'il entend contrôler. »
- 1:00PrésentateurFait
« En dix ans, il a métamorphosé CNews, ex-ITL, et l'ensemble du groupe Canal+, puis Europe 1 et Paris Match. »
- 5:04InvitéFait
« Pour nous, c'est une ligne rouge parce que tout son parcours et toutes ses idées sont à l'opposé de ce que représente le JDD. »
- 5:38InvitéFait
« Son journal Valeurs Actuelles a été condamné pour un juge raciste sous sa direction. »
- 9:06InvitéFait
« Il achète un média qui paraît le dimanche, il n'y en a que deux. Une grande radio généraliste. Une grande télévision généraliste. Une chaîne d'information qui est sur la TNT. »
- 9:46InvitéFait
« Moi, j'appelle ça une stratégie. Une stratégie au service d'un projet politique. »
- 12:05InvitéFait
« Un actionnaire, il est là pour faire, effectivement, pour récupérer des dividendes. »
Temps de parole
- Invité65 %
- Présentateur27 %
- Invité 23 %
- Invité 33 %
≈ 0,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
La presse française non seulement se concentre, mais s'extrême-droitise. Ça va faire un mois maintenant que la grève dure au JDD, le journal du dimanche, depuis la nomination de Geoffroy Lejeune, ex-Valeurs Actuelles, à la tête de l'hebdomadaire. Mercredi 19 juin au matin, un rassemblement s'est tenu à l'initiative des grévistes du journal du dimanche. C'était à ce moment-là leur 27e journée de grève. Des leaders politiques et syndicaux comme Olivier Faure, Mathilde Panot ou encore Sophie Binet étaient là pour les soutenir. La première affaire, c'est la concentration des médias. Depuis deux ans, le groupe Lagardère est racheté par Vivendi, la société mère de Vincent Bolloré.
La seconde affaire, c'est l'influence éditoriale d'un actionnaire aux idées non seulement douteuses, mais dangereuses. Parce que Vincent Bolloré ne se distingue pas uniquement de ses copains actionnaires par ses idées politiques d'extrême droite, mais aussi par son interventionnisme agressif dans les rédactions qu'il entend contrôler. En dix ans, il a métamorphosé CNews, ex-ITL, et l'ensemble du groupe Canal+, puis Europe 1 et Paris Match. Au point de laisser par exemple une case horaire à une émission animée par des intégristes catholiques que la fraternité sacerdotale Saint-Piedis ne renierait pas. Bonjour à tous, bienvenue dans Enquête d'Esprit.
C'est une réalité plus sournoise que tous les virus, plus dangereuse que toutes les épidémies, plus contagieuse aussi que toutes les infections, mais elle est rarement évoquée et encore moins prise au sérieux. Cette réalité, ce sont les forces du mal sous toutes leurs manifestations. Elles étendent leur pouvoir dans toutes les sphères de la société. L'actualité le montre amplement pour nous conduire au désespoir. Alors que le 13 juillet se lanceront les états généraux de l'information, la députée Sophie Tallier-Pollian a décidé de bouger ses premiers pions politiques en ayant déposé mercredi matin une proposition de loi visant à garantir l'indépendance de la presse.
Outre le fait de conditionner les aides à la presse ou encore l'octroi de canaux TNT et de fréquences radio, la députée écologiste prévoit aussi la mise en place d'un droit d'agrément des journalistes sur la nomination de leur directeur ou directrice de rédaction. Histoire peut-être de remettre un peu de démocratie au sein des rédactions. C'est de ce sujet d'importance capitale dont on va discuter dans cet entretien d'actu. Bonjour Sophie Tallier-Pollian, vous êtes députée Génération et NUPES et vous avez donc décidé de prendre la question de l'indépendance de la presse à bras le corps en déposant cette proposition de loi.
Bonjour, oui, c'était une nécessité après ce qui se passait au JDD et ce qui s'est passé avant à Europe 1 et ce qui s'est passé avant à ITV. On commence à être instruit de la façon dont M. Bolloré prend d'assaut des rédactions pour les transformer à sa guise et au gré de son projet politique. Donc là, il faut agir et il y a urgence. Donc effectivement, j'ai déposé cette proposition de loi qui est une proposition d'urgence qui, à mon sens, doit être votée très rapidement, mais qui, par contre, évidemment, n'est pas exhaustive. Tout ce qu'il faut faire pour assurer l'indépendance de la presse dans notre pays, c'est bien plus large que ça.
D'accord. Alors, à la différence de la proposition de loi qui avait été déposée début 2022, le groupe de la majorité porte ce texte avec vous. Un peu tout le monde, en fait, sauf les Républicains et le Rassemblement national. Il y a donc une chance que ça passe. Vous avez apporté quelques gages de consensus par rapport à la PPL de 2022 pour qu'elle soit si largement acceptée, notamment par les députés Renaissance, qu'on aurait cru réticents à la base. Je crois que les choses, elles ont peut-être bougé chez eux.
Moi, je ne suis pas référé à ce qui s'était passé avant, mais juste à ce qui se passait à ce moment-là avec la grève du JDD, qui est une lutte quand même assez remarquable, et sur le fait que, pendant la question au gouvernement et également le soir du meeting de soutien à la rédaction du JDD qui a eu lieu dans un théâtre parisien animé par RESF, par Christophe Deloire, il y avait sur le plateau, pour défendre le JDD, des députés de la majorité, députés Renaissance, des députés Modem. Donc je me suis dit, finalement, s'ils sont là, il faut aller plus loin avec eux sur ce point précis. Donc c'est ce que j'ai fait.
J'ai rédigé une proposition de loi qui vient directement, en fait, de l'association Un bout des médias. Il y a eu une tribune dans Le Monde en juin interpellant les parlementaires en disant, il faut faire ça, il faut donner un droit d'agrément aux journalistes quand on nomme un nouveau directeur ou directrice de la rédaction. Donc j'ai transformé ça juridiquement en proposition de loi et je suis allée voir les députés, les uns après les autres, qui avaient soutenu clairement le JDD. Et en fait, ça a fonctionné assez facilement.
Ouais. Alors effectivement, l'influence grandissante de Vincent Bolloré, je suppose, pose une urgence en la matière. C'est la première raison de la mobilisation, d'ailleurs, des salariés du journaliste du JDD. On le disait tout à l'heure aussi. Et d'ailleurs, la journaliste Sarah Payou nous confie son inquiétude et ses raisons de pourquoi Geoffroy Lejeune doit partir du JDD. On l'écoute.
Pour nous, c'est une ligne rouge parce que tout son parcours et toutes ses idées sont à l'opposé de ce que représente le JDD, de ce qu'est le JDD. Le journal du dimanche, depuis 75 ans, il incarne et il porte des valeurs républicaines. Depuis 75 ans, ce n'est pas un journal d'opinion. C'est un journal qui veille toujours à avoir une pluralité d'opinions, une pluralité d'idées, une pluralité de sujets dans ses pages. Et Geoffroy Lejeune nous a prouvé par son parcours, par ses idées, qu'il est à l'opposé de tout ce que nous, on défend, de tout ce que nous, on porte. C'est un journaliste qui a... Son journal Valeurs Actuelles a été condamné pour un juge raciste sous sa direction.
Geoffroy Lejeune, il assume d'être un soutien de Marion Maréchal, d'Éric Zemmour. Il assume de mener une stratégie de conquête idéologique.
Alors, tout d'abord, comment est-ce que vous réagissez aux propos de Sarah Payou, on le rappelle, journaliste au JDD ? Est-ce qu'il y a urgence, donc, du fait de l'influence grandissante de Vincent Bloré à voter votre proposition de loi, ne serait-ce que pour lutter contre la propagation des idées d'extrême droite dans les médias ?
Alors, en fait, là, ma proposition de loi, elle vise à donner davantage de droits aux journalistes pour garantir le travail d'indépendance, de garantir leur déontologie. Et c'est vrai que ça permet de garantir quand même le fait que certains d'idées complotistes ou illégales ne puissent pas être comme ça défendues, débattues comme n'importe quel autre. Après, je pense que dans la société, aujourd'hui, il faut une mobilisation générale pour qu'on puisse reposer les choses, appeler un chat un chat. Et c'est dans tout le débat public, aujourd'hui, qu'on observe une progression de plus en plus importante des idées d'extrême droite.
Il n'y a qu'à voir comment se propage, se diffuse quasiment à notre insu le vocabulaire de la théorie raciste du grand remplacement. Les termes sont repris, y compris jusque chez les Républicains. Et donc, en fait, c'est bien plus que dans la presse qu'on doit se préoccuper de ça et mener quasiment une contre-offensive.
Macron a même repris le terme de décivilisation. Donc ça peut aller jusqu'à la Macronie, justement.
Le terme de décivilisation, oui, est aussi un terme extrêmement connoté et qui pose une vision qui est clairement basée sur une civilisation contre une autre. Et donc, oui, qui pose des problèmes. On voit bien que là, dans le champ sémantique utilisé dans le débat public, ça dérive de plus en plus.
Et quand on a des journalistes qui sont à la fois, un, indépendants, et deux, qui sont dans une démarche d'honnêteté journalistique, c'est-à-dire de recouper, de vérifier, d'aller se confronter à la réalité qui est promue au niveau scientifique, etc., on a quand même des garanties qu'on n'utilise pas n'importe quel terme à n'importe quel escient et que, donc, on puisse avoir des bases de débat plus saines.
Justement, puisqu'on parle d'appeler un chat un chat, le gouvernement, même s'il n'a plus votre proposition de loi, a bien eu mal à appeler un chat un chat, puisqu'on se rappelle, les semaines passées, de la polémique Pam Diaï, qui, justement, avait essayé de lever la voie, qualifiant les médias de Bolloré très explicitement de médias d'extrême droite. Et donc, on avait vu une levée de boucliers de la part des Républicains. Ça, on n'est pas trop surpris. Mais y compris dans son propre camp, même au sein du gouvernement, Stanislas Guérini avait d'ailleurs défendu Europe 1 sur le plateau d'Europe 1, ce qui est assez amusant. Comment vous avez réagi, vous, à cette actualité ?
Pourquoi, selon vous, ce refus du gouvernement, justement, d'appeler un chat un chat ?
Alors, attention, il y a plusieurs choses dans ce que vous dites. Le gouvernement ne soutient pas ma proposition de loi. Il y a des députés Renaissance qui l'ont signée. Oui, les députés Renaissance. Mais j'espère que le gouvernement, justement, pourra sortir de cette forme d'ambiguïté malsaine, dans laquelle il est, à ne pas défendre, à relativiser, etc., etc. Et donc, poser clairement les bases d'une grande loi qui permettrait de lutter contre la concentration des médias. Parce que derrière, les Bollorés, on pourrait dire, bon, ils rachètent tel truc, tel autre, etc. Bon, finalement, il fait ça au gris des possibilités. Non, il y a une véritable stratégie derrière.
Il achète un média qui paraît le dimanche, il n'y en a que deux. Une grande radio généraliste. Une grande télévision généraliste. Une chaîne d'information qui est sur la TNT. Entre guillemets, d'information, elle ne l'est plus. Et il achète aussi des magazines de presse différentes. Un magazine people. Enfin, je veux dire, là, il se positionne, en fait, sur tous les types de médias. Moi, j'appelle ça une stratégie. Une stratégie au service d'un projet politique. Donc, c'est ça qu'il faut arrêter. Donc, oui, il faut arrêter ça en donnant plus de place aux journalistes et aussi en révisant la loi de 1986 qui fixe les règles contre la concentration qui sont complètement obsolètes.
Donc, la proposition de loi, c'est un petit début de droit nouveau aux journalistes. Mais il y a plein d'autres choses à faire. Par exemple, quand on parlait tout à l'heure de comment faire pour éviter cette propagation des idées, des mots de l'extrême droite, etc. Quant à journaliste travail, c'est un professionnel. Il fait attention aux mots qu'il utilise, qui ont un sens, etc. Chaque mot est pesé. Or, à CNews, par exemple, qu'est-ce qui s'est passé ? Eh bien, on a vidé la rédaction. Il n'y a plus de journalistes. Ou quasiment plus. À la place, il y a des éditorialistes. C'est-à-dire des gens qui écrivent leurs opinions. Vous voyez, la différence est très nette.
Donc, il faut aussi qu'on cadre. Et pour se dire, pour se dire un média d'information générale, il faut avoir des journalistes. C'est quand même la base. Mais je crois qu'on va être obligé de l'écrire dans la loi.
D'accord. Alors, justement, puisqu'on parlait du gouvernement et de si, oui ou non, il pourrait soutenir la proposition de loi, il y a un domaine sur lequel il pourrait s'aligner avec les Républicains. C'est la notion de la liberté d'entreprendre. Et selon l'avocat Stéphane Alamovitch, qui s'est exprimé dans les colonnes de La Croix, je le cite, donner davantage de droits aux salariés ne les protégera pas du bon vouloir de patrons actionnaires. Une des solutions serait de recourir à un actionnariat plus divers et moins intéressé. Alors, d'abord, la question se pose, est-ce que ça existe un actionnariat moins intéressé ? Nous, on a posé la question à Julia Cagé hier matin.
Elle était présente au rassemblement des grévistes du JDD aux Invalides. Écoutez.
C'est extrêmement problématique. En fait, ce dont il ne se rend pas compte que ce n'est pas un débat de droite versus gauche, on aurait exactement le même problème demain si vous aviez un milliardaire d'extrême-gauche. Le problème, c'est qu'il n'y en a pas beaucoup. Mais si vous aviez un milliardaire d'extrême-gauche qui allait imposer un directeur de la rédaction à l'humanité ou à Libération et qui, finalement, s'asseyait sur l'indépendance et le travail des journalistes à la manière de ce que fait Vincent Bolloré aujourd'hui, ça devrait également, finalement, choquer.
Alors, est-ce que vous êtes d'accord avec Julia Cagé ? Un actionnaire au sein d'une rédaction sera toujours forcément une mauvaise chose ? Ça n'existe pas. On est d'accord, un actionnaire désintéressé ?
Un actionnaire, il est là pour faire, effectivement, pour récupérer des dividendes. Bon, soyons clairs. Donc, il faut qu'il y ait une ligne de démarcation que ce soit étanche entre les actionnaires et les rédactions. Après, moi, je rêve plutôt de médias qui seraient uniquement possédés par leurs journalistes, par leurs lecteurs, etc., etc. Mais aujourd'hui, avec la révolution numérique, les moyens importants, nécessaires, les investissements requis pour exister dans le monde médiatique, ce n'est pas simple de se dire... Ça, c'est quand même l'idéal type, mais aujourd'hui, il y a une structure capitalistique, elle existe.
Elle existe et donc, il faut, pour essayer au maximum de la réguler, il faut mettre un mur étanche entre actionnaires et rédactions. Et en donnant le plus de droits possible aux journalistes pour empêcher une intervention, quelle qu'elle soit, dans la ligne éditoriale, dans les rédactions, etc. Après, si M. Bolloré ou je ne sais quel milliardaire d'extrême-gauche, parce qu'on les cherche quand même, et puis c'est tout à fait logique que ça n'existe pas beaucoup, qu'est-ce qu'il faudrait faire ? Ça garantit, justement, si on a une étanchéité. Mais si M. Bolloré veut créer un média, mais qu'il crée un média, avec sa ligne éditoriale, très bien.
Mais là, il impose une ligne éditoriale à un journal qui a déjà une identité. Donc, il va chercher à faire une forme d'usurpation d'identité. Tous les matins, ceux qui écoutent Europe 1 ou qui regardent l'Italie, ils ont continué à regarder un peu par habitude. Vous savez, le matin, on se lève, on allume sa radio, en général toujours sur la même station. Et petit à petit, en changeant la ligne éditoriale, on influe sur le débat public. Donc, c'est ça aussi le problème. Mais donc, des règles, c'est absolument indispensable, doivent être mises pour étanchéifier, rédaction et donner des droits aux journalistes. Les journalistes doivent avoir davantage de droits en tant que journalistes.
Et ils doivent aussi avoir davantage de protection, parce qu'il y a des droits spécifiques liés au statut de journaliste.
Mais il faut les augmenter. Le montage de Bolloré à Europe 1, ça, c'est sans doute une angoisse aussi des salariés du JDD de perdre leur emploi, parce que, je crois, le jeune...
Et d'autant plus qu'aujourd'hui, il est difficile de retrouver un emploi en tant que journaliste. Il y a une précarité de plus en plus importante parmi les journalistes. Le nombre de pigistes qui ont une carte de presse augmente, en fait, dans la part globale. Donc, la précarité, c'est aussi, évidemment, une difficulté pour garder son indépendance. Un statut protecteur, c'est une garantie d'indépendance. Donc, il y a aussi ce sujet-là à poser sur la table du statut social. Des journalistes de comment on garantit leur indépendance aussi par le fait de leur éviter une trop grande précarité.
Concernant le mur dont vous parliez entre actionnariat et rédaction, c'est peut-être Sophie Binet qui en parlait le mieux hier matin, justement, où elle remettait en question le concept de concentration des médias. Écoutez encore.
Contrairement à ce que dit le gouvernement, il ne s'agit pas d'un conflit privé entre un patron et ses salariés, un actionnaire et ses salariés. Il s'agit d'un conflit qui nous concerne toutes et tous et qui a un enjeu démocratique fort. Puisque le problème posé, c'est quoi ? C'est le fait qu'aujourd'hui, un actionnaire peut débarquer dans une entreprise de presse et décider de changer la ligne éditoriale de ce qui doit être publié ou pas et débarquer comme un cow-boy. Le directeur de rédaction, le rédacteur en chef et imposer de nouvelles personnes malgré l'avis des journalistes.
Et donc, c'est pour ça qu'aujourd'hui, ce qui est en jeu, c'est la nécessité de renforcer la loi parce que la loi actuelle, elle est insuffisante. Et donc, l'ensemble des journalistes, l'intersyndicale, demande trois points. Le premier, c'est une des dispositions pour empêcher la concentration des médias dans les mains de quelques milliardaires comme aujourd'hui, ce qui pose un grave problème démocratique.
Alors, on a coupé avant les deux propositions suivantes de Sophie Binet parce qu'elle reprenait des éléments de la proposition de loi. qu'on a déjà évoqués. Mais pour la question de la concentration des médias, cette surconcentration même, parce que par moment, on peut même parler de surconcentration, est-ce que finalement, ça n'implique pas de tenir complètement éloignés les riches actionnaires des organes de presse ? Est-ce qu'il ne faudrait pas justement peut-être les empêcher de pouvoir investir dans les organes de presse ? Est-ce que la liberté d'entreprendre n'est finalement pas incompatible avec la presse ?
La liberté d'entreprendre, bon, elle est constitutionnelle aujourd'hui et on se heurte à elle très souvent, que ce soit sur la lutte contre la fraude fiscale, que ce soit sur la question de la liberté de la presse, etc. Après, le problème qu'on a, c'est que le système étatique n'est pas forcément meilleur. Il ne faudrait pas non plus une presse, il ne faut pas l'ORTF, vous voyez ce que je veux dire ? Donc, il faut qu'on trouve un équilibre aujourd'hui et c'est urgent. On ne peut pas attendre une société idéale que nous pourrions construire. Donc, c'est urgent. Donc, là, il y a une chose à faire qui est... C'est une grosse...
C'est herculéen comme travail, mais il faut vraiment là maintenant s'y atteler. C'est la révision profonde de la loi de 86. La loi de 86, elle fixe des mécaniques pour limiter la concentration pour dire finalement à partir d'un certain niveau d'implication dans la sphère médiatique. Bon, ben, c'est trop. Ça fait trop entre les mains d'un seul ou de quelques-uns. Et cette loi, elle date d'un moment où Internet n'existait pas. Oui. Donc, et en plus, elle fixe des règles qui... C'est la règle du 2 sur 3. On n'a pas le droit d'avoir plus de deux types de médias, en fait. Mais pour la presse écrite, par exemple, elle se base uniquement sur les quotidiens.
Vous voyez, par exemple, le journal du dimanche, c'est un hebdomadaire. Donc, ça ne rentre pas. Donc, elle ne prend pas en compte Internet. Et puis aujourd'hui, un média comme le vôtre, il diffuse sur Internet aussi par les partages. Vous, vous postez et puis après, c'est partagé. Mais tous les médias, c'est comme ça. Que vous alliez sur CNews, il y a peu de gens, en fait, qui regardent CNews. Par contre, ça a une audience bien supérieure à cause du fait que c'est partagé sur les réseaux sociaux.
Donc, il faut prendre en compte dans la part d'audience, pour délimiter des seuils de concentration, il faut prendre en compte dans la part d'audience toutes celles et ceux qui peuvent regarder à travers les différents médias. Aujourd'hui, la loi, elle est construite par support. Il y a la télé d'un côté, la radio de l'autre, etc. Et ça ne prend pas en compte les réseaux sociaux et Internet. Donc, maintenant, il faut arrêter cette vision par support. Un journal, le journal Le Monde, est beaucoup moins lu sur son papier que sur son site Internet. Donc, ce n'est pas la question du nombre de tirages.
C'est la question de comment est-ce qu'il est lu sur Internet et partagé, encore une fois, sur les réseaux sociaux. D'où la question de refondre totalement la loi de 1986. Parce que s'il y a un problème de concentration, c'est aussi que cette loi, elle est obsolète et certains en jouent au service de leur stratégie de promotion et de prise de pouvoir de l'extrême droite. Et c'est ça, on est complètement à la bourre. On aurait dû refondre cette loi depuis fort longtemps. C'est vrai que c'est une tâche gigantesque, mais pour le coup, il ne faut pas reculer. Il faut vraiment y aller.
Ça paraît bien évident que la loi de 1986, si elle tendait à empêcher la concentration des médias, on en est loin, là.
Oui, parce que le monde a évolué. Le monde a plus qu'évolué. Donc, il y a des réflexions. Après, ce n'est pas simple, techniquement, de trouver les bonnes façons de faire. Mais pour se dire, ce n'est pas l'audimat. Ça, c'est vraiment le passé. Incluant les réseaux sociaux et les partages et les visionnages sur les différents canaux par lesquels se partagent et se diffusent les émissions de télé, les articles de presse, etc., etc.
Alors, justement, vous parliez beaucoup de démocratie dans la rédaction, du droit des journalistes au sein des rédactions. Donc, effectivement, pour entrer un peu plus dans la technicité de cet aspect de votre proposition de loi, c'est une réponse que vous tentez d'apporter au problème de démocratie dans les rédactions, c'est de permettre à ces dernières de pouvoir s'exprimer par un vote sur la nomination d'un directeur de la rédaction. C'est donc le principe du droit d'accrément qu'il y a dans votre PPL.
D'abord, il s'inscrit dans une vision globale. Je pense que, globalement, les salariés devraient avoir davantage de pouvoir dans leur entreprise. Après, les entreprises de presse, ce n'est pas des entreprises comme les autres parce que la fabrique de l'information, ce n'est pas pareil que la fabrique d'un pot de yaourt. L'information, c'est un bien public, c'est un bien particulier qui est absolument fondamental pour la démocratie. Donc, on doit donner des droits particuliers.
Donc, ces droits particuliers, ça peut être de dire, pour des journalistes, et c'est ce qui est proposé dans la loi, là, que j'ai écrite, c'est de dire, les journalistes, ils peuvent refuser un directeur de la rédaction. Ils ont finalement un droit de veto, droit d'agrément, droit de veto. Bon, c'est... L'actionnaire, il propose un an, le responsable, c'est sa prérogative. Mais par contre, les journalistes, ils peuvent dire, attendez, mais là, nous, on n'est pas d'accord. Pourquoi ? Parce que cette personne ne va pas respecter la déontologie, on le sait, de par son curriculum vitae, ce qu'il a fait avant, où il n'a pas les compétences.
Par exemple, si c'est quelqu'un qui n'est pas journaliste, enfin, vous voyez ce que je veux dire, il y a tout un tas de choses qui peuvent permettre à une équipe de rédaction, c'est aussi les journalistes en tant que collectif. Une rédaction, c'est un collectif. Parce que, par exemple, au sein du JDD, il y a une pluralité de visions. Ce n'est pas du tout monolithique. Et donc, il faudrait qu'ils se mettent d'accord et dire, on est d'accord, telle personne, tel profil, ça correspond au respect de la déontologie de notre travail, vérification des sources, etc. Donc, c'est donner ce droit aux journalistes, aux rédactions.
Et puis, ma foi, si le propriétaire du média ne veut pas mettre ça en place, eh bien, on ne le considère plus comme un média, on le considère comme une agence de com'. Il n'a pas le numéro de commission paritaire, CPPAP, qui permet d'accéder aux aides à la presse et qui permet aussi d'avoir accès à une chaîne TNT, etc. Après, on me dit, oui, mais les milliardaires peuvent se passer de ça. La TVA, qui passe à 2.1, je veux dire, ce n'est pas rien dans un modèle économique. On peut peut-être s'en passer, mais enfin, je ne suis pas sûre que ce soit si simple. en réalité.
Et l'autre idée, c'est de conditionner les aides à la presse ou l'octroi de canaux TNT. Alors, est-ce que vous pouvez peut-être préciser, pour ceux qui ne savent pas forcément comment ça fonctionne, justement, comment ça va fonctionner selon votre proposition de loi ? Donc,
en fait, il y a deux choses. Il y a pour la presse, mais aussi des médias sur Internet, etc., on demande un numéro de commission paritaire et ça permet d'avoir accès aux aides à la presse, donc notamment la TVA à un taux très bas, 2,1. Donc ça, c'est d'un côté la presse. Et puis, il y a les chaînes de télé et les radios. Pour bénéficier dans notre pays d'une chaîne de télé, c'est gratuit. Il y a d'autres pays où c'est payant, mais après, ils font ce qu'ils veulent.
Nous, c'est gratuit, mais par contre, c'est l'ARCOM, l'ex-CSA, qui délivre les canaux sous réserve de la signature d'un cahier des charges, d'une convention qui dit vous devez faire ci, vous devez faire ça et que Cegnaus, à mon sens, n'a pas respecté. D'ailleurs, il y a eu beaucoup, beaucoup, la liste est longue de mise en demeure, de toute forme de la part de l'ARCOM pour dire vous ne faites pas ci, vous ne faites pas ça. Donc, si jamais un candidat à une chaîne dit moi, je candidate mais qu'il ne met pas de droit d'agrément, il ne peut pas candidater, tout simplement. Donc, il ne peut pas avoir de chaîne, il ne peut pas avoir de canalertien, il ne peut pas, voilà.
Tout simplement, c'est assez simple, la puissance pique, elle peut vraiment, vraiment, vraiment le faire et dire si vous ne mettez pas dans votre fonctionnement ce droit d'agrément, ce pouvoir donné aux journalistes, vous ne pouvez pas avoir de chaîne. Donc, ça veut dire qu'on conditionne la capacité de la puissance publique à agir, donc soit les aides d'État financière, soit l'octroi d'un canal, TNT ou RTien, à la mise en place de ce droit d'agrément. C'est simple, on se demande même si ça ne pourrait pas être fait par décret, par le gouvernement, mais bon, moi, j'appelle la ministre effectivement à nous répondre à cette question.
Est-ce que cette proposition de loi, on a vraiment besoin de passer par la loi ou est-ce qu'on n'aurait pas, parce qu'il y a, je pense, un débat juridique, on ne pourrait pas directement le faire, par décret, et puis ça irait encore plus vite.
Mais il n'y a pas quand même la peur d'un effet pervers parce que selon l'orientation politique, parce qu'on peut toujours quand même prendre un peu de recul sur l'indépendance politique que peuvent avoir certaines institutions, est-ce que, par exemple, il ne pourrait pas y avoir de danger justement pour des médias indépendants ou des médias qui pourraient, à l'inverse, être jugés trop à gauche, justement de devoir refuser le numéro de commission paritaire ou justement ou l'octroi d'un canal TNT ou justement d'un conventionnement par l'ARCOM ? Est-ce qu'il n'y a pas des risques d'effets pervers de ce type ?
Je ne crois pas. Je ne crois pas parce qu'aujourd'hui, les médias qui sont des médias mais avec des journalistes qui vérifient, etc., et qui sont quand même une ligne éditoriale marquée à gauche, la rédaction, elle est construite comme ça et donc elle donnerait un droit d'agrément à quelqu'un qui correspond à cette ligne éditoriale. Bon, donc là, il n'y aurait pas de soucis. Après, si on veut, si je ne sais pas qui décide d'acheter le Figaro et d'imposer à un directeur de la rédaction venant du média, la rédaction pourrait dire non. Mais c'est normal. Les gens qui achètent le Figaro, ils savent ce qu'ils achètent. Ils ne sont pas stupides. Donc là, il y aurait une sorte d'usurpation.
Voilà, le Figaro, c'est le Figaro, puis l'Ibé, c'est l'Ibé, etc., et c'est bien. C'est bien qu'il y ait une pluralité tant qu'on respecte ta loi et qu'on ne promeut pas des idées qui n'en sont pas et qui, c'est-à-dire, qui tombent sous le coup du racisme, etc., de l'incitation à la haine raciale, etc. Donc, ce n'est pas empêcher les médias et les journaux d'avoir une ligne éditoriale. Ça, c'est la démocratie. Mais c'est le respect de l'identité des journaux et de la ligne éditoriale préexistante et du travail des journalistes. Après, sur les chaînes télé, par exemple, les chaînes, elles sont régies par d'autres règles qui sont surveillées par l'ARCOM.
Quand on vous confie un canal qui, vous n'avez pas besoin d'acheter le journal, en fait, vous zappez et ça arrive, ça vous arrive directement. Donc là, il y a des obligations particulières, des obligations de pluralisme dans la même antenne. Et ça, c'est extrêmement important. Mais, on doit se poser une question de comment on compte ce pluralisme. Ce n'est pas une question facile. Pour l'instant, on ne le compte que sur la base des invités politiques, des élus. Mais quand vous invitez, et c'est bien le problème de ces news et autres, quand vous invitez un expert qui, en fait, a un positionnement très radical et qui n'intervient pas en tant que scientifique, mais en fait, il donne son avis.
Ce n'est pas mal en soi. Je trouve ça bien en soi. Ce n'est pas un problème. Mais ce n'est pas compté aujourd'hui. Quand vous avez aussi une gestion des quotas de temps de parole politique qui met au même niveau une diffusion à 5 heures du matin ou à 18 heures, on a aussi un problème. Donc, c'est toutes ces règles qu'il faut revoir pour que quand on donne une chaîne de télé, quand on donne, oui, on la donne parce qu'il n'y a pas de retour financier. L'État, il octroie et on échange du respect d'un cahier des charges, mais il ne demande pas comme contrairement à la téléphonie ou pour avoir accès, les opérateurs payent. Là, les opérateurs ne payent pas.
Les éditeurs, on les appelle les éditeurs, ils ne payent pas. Mais donc, ils doivent respecter le pluralisme. Il faut qu'on se penche davantage sur qu'est-ce que c'est le pluralisme. Et quand on se positionne pour avoir un canal de chaînes d'information, par exemple, il faut inclure dans le cahier des charges qu'on doit avoir un minimum de journalistes, de gens qui ont une carte de presse. On ne peut pas avoir une rédaction où il n'y a plus de journalistes parce que sinon, on ne fait plus du journalisme, on ne fait plus de l'information générale, on fait de l'opinion.
Et à ce moment-là, à mon sens, on peut très bien ouvrir une chaîne sur Internet, mais on ne doit pas avoir de canal TNT qui bénéficient quand même d'une audience particulière. Voilà, chaque chose doit être à sa place. Dans notre démocratie, la liberté d'expression et le débat d'idées, c'est essentiel. Et donc, il faut que les différentes options politiques s'expriment. Il doit quand même
être un minimum encadré pour qu'on ne puisse pas dire tout et n'importe quoi.
Voilà, on ne peut pas dire on fait du journalisme et en fait, on fait de la com. Ce n'est pas la même chose. On peut faire du journalisme avec une ligne éditoriale marquée à gauche ou à droite, mais on continue à faire du journalisme. On peut dire citer ses sources, les recouper, etc., et ne pas balancer des trucs non vérifiés. C'est ça la base. C'est la base qu'on doit chercher à préserver, à réguler pour garantir qu'on ne peut pas confondre propagande et journalisme.
Et puis surtout que des enquêtes ne soient pas censurées.
Exactement.
Comme ça a été le cas à Canal+, à cause de Bolloré. Absolument. On en revient toujours au même personnage.
Ce personnage-là, le problème, c'est que non seulement, évidemment, il peut parfois utiliser ses médias à des buts mercantiles ou pour aider des amis à lui, mais la difficulté supplémentaire à laquelle on est confronté, c'est qu'on voit bien sa stratégie, et c'est une stratégie politique qui a une visée politique de prise de pouvoir par des idées. Et c'est cela que les lois d'anticoncentration sont censées empêcher. Et aujourd'hui, elles sont dépassées. Il faut donc les modifier et c'est urgent.
D'accord. Pour finir, concernant le processus législatif, bon, là, il va y avoir les vacances parlementaires. Donc, on peut supposer que les débats, entre guillemets, reprendront en septembre. Je suppose que la proposition de loi va passer en commission. En théorie, il y a de bonnes chances. Ensuite, il va falloir qu'elle passe le Conseil des ministres. Et là ?
Alors, si c'est la proposition de loi, elle passe pas le Conseil des ministres, non, mais il faut trouver un créneau dans l'agenda parlementaire. Et une fois qu'elle est inscrite à l'heure du jour, à ce moment-là, elle passe en commission. Voilà. Donc, il y a deux possibilités. Il y a la possibilité de l'inscrire dans une semaine transpartisane où c'est pas le gouvernement qui a la main. Donc là, c'est pas acté encore. Donc, on va essayer d'y travailler pour obtenir un petit créneau avant décembre. Puis, il y a une autre possibilité. Le gouvernement pourrait reprendre la proposition de loi, la transformer en projet de loi et la mettre sur son temps.
Il a beaucoup de temps à l'Assemblée nationale. Et là, elle passerait au Conseil des ministres. Bon, voilà, c'est autre chose. Et puis, moi, je vais pas lâcher l'affaire. Donc, sur notamment l'article 1 de ma proposition de loi qui sont des aides à la presse, il y a peut-être possibilité de le proposer par voie d'amendement au projet de loi de finances puisqu'il s'agit de mettre en place une condition à des aides publiques financières. Donc, pour essayer de continuer à faire vivre ce débat et ces idées et espérer qu'on aboutisse le plus rapidement possible. Il y a péril dans la demeure et, évidemment, l'information est au cœur d'une démocratie qui fonctionne bien.
Donc, là, il faut nécessiter, évidemment, d'agir très vite.
Merci beaucoup, madame Sophie Tallier-Pollian. Je le répète, vous êtes députée Génération Enups à l'Assemblée nationale. Quant à nous, cet entretien est terminé. Merci à vous de l'avoir suivi. Vous le savez, l'intégrité de notre projet éditorial unique dans le PAF dépend toujours de votre soutien et de vos dons. Si nous voulons survivre à l'été et être prêts pour le grand virage de la saison 7 du Média, il nous faut mobiliser au moins 100 000 euros de dons. Déjà, 70 000 euros ont été récoltés. Merci. Rendez-vous sur lemédiatv.fr slash soutien. D'ici là, restez connectés au Média grâce à notamment la diffusion de nos programmes en 24-7 sur YouTube.
Quant à moi, je vous remercie de votre attention encore une fois et de votre confiance et je vous dis à bientôt pour une prochaine émission. Sous-titrage Société Radio-Canada