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AutreFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 7 mai 2018 22 minMixte

Richard Ferrand : "Le président de la République est comme les Français, il est impatient"

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0:00
Présentateur

Il est 8h22.

0:01
Locuteur 1

Le 7-9 de France Inter, première matinale de France. Vous êtes 3 900 000 auditeurs à nous écouter chaque matin. Retrouvez-nous aussi en vidéo sur franceinter.fr.

0:11
Présentateur

L'invité du grand entretien de France Inter ce matin est le président du groupe La République En Marche à l'Assemblée Nationale, Léa Salamé. Vous intervenez dans une dizaine de minutes. Amis auditeurs, vous aurez la parole au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et via l'application France Inter. Richard Ferrand, bonjour. Il y a un an, Emmanuel Macron était donc élu président de la République. Vous avez fait partie de l'aventure de cette campagne. Vous avez ensuite occupé le poste qui est le vôtre à la tête de la majorité. Toute la presse ce matin tire des éléments de bilan.

Dites-nous vous, personnellement, rapidement si possible, quel est votre bilan de cette année de pouvoir présidentiel ?

0:51
Richard Ferrand

Écoutez, le président de la République a montré d'abord qu'il était en capacité de redonner une place à la France sur la scène internationale. Il a montré qu'il serait le président du travail, puisque tout est fait sur cette idée de la société du travail, pour faire en sorte qu'on investisse plus, qu'on retrouve le goût d'entreprise, qu'on retrouve de l'emploi. C'est une dimension importante. Et puis le président du progrès pour tous. Progrès pour tous en faisant en sorte que l'ensemble des réformes de transformation que nous avons prises, eh bien, permettent à chacun de retrouver sa place dans la société, reconstruire l'égalité réelle dès l'éducation.

Dès l'éducation, prendre cette décision de dire, dans des lieux, dans des classes où les enfants sont en grande difficulté, et dès le début sont handicapés pour réussir plus tard, eh bien, c'est un professeur, un maître devant 12 élèves. C'est faire en sorte que l'investissement reparte, en libérant justement d'un certain nombre de taxations les capitaux. C'est faire en sorte que le dialogue social dans l'entreprise soit renforcé. C'est tout un ensemble, en vérité, de démarches

1:56
Présentateur

qui permettent de se prouver, j'imagine bien. Bien sûr, que vous venez de décrire. Êtes-vous comme Christophe Castaner, qui l'assume, amoureux du président ? Christophe Castaner l'assume, je le dis, et le trouve beau.

2:11
Richard Ferrand

Écoutez, sur ce registre des sentiments, ce n'est pas à vous et auprès de plusieurs millions d'auditeurs que je viendrai me livrer ou faire mes confidences. Non, je suis un compagnon de marche du président de la République depuis les origines et je suis heureux de continuer à marcher avec lui. Mais vous me permettrez de limiter mes expressions à cela.

2:32
Présentateur

Donc de la pudeur ce matin, Richard Ferrand. Oui, on peut le dire. Des enquêtes d'opinion analysent cette première année. Là, on va entrer dans la discussion du bilan que vous venez de tirer. Analysent donc cette première année, 55% des Français jugent négativement le bilan d'étape de la présidence. La même proportion de Français, 53%, estiment que le président ne comprend pas bien leurs problèmes. Comment analysez-vous la perception, tout de même critique, de l'action ?

2:59
Richard Ferrand

Écoutez, il est heureux que notre peuple ait un regard critique sur ses dirigeants. Ce que je constate, c'est qu'un an après l'élection, il est un peu moins que pour ses prédécesseurs immédiats. Enfin, il ne s'agit pas de se satisfaire de cela. Le président de la République, vous savez, il est comme les Français. Il est impatient. Il est impatient de mettre en œuvre l'ensemble des mesures de transformation auxquelles il s'est engagé. D'ailleurs, ce même sondage lui reconnaît qu'il fait ce qu'il dit. Ce qui, vous l'avouerez, est relativement inédit sur une période récente. Donc ça, on lui reconnaît.

Ensuite, qu'il y ait, dans des moments de transformation, des mécontentements, des frictions, des doutes, cela est bien normal et cela est bien la preuve que nous agissons. Si nous ne faisions rien, j'imagine que les critiques seraient moins vives.

3:45
Présentateur

Président des riches, des très riches, des hyper riches. Je vous laisse choisir ce que vous préférez. En tout cas, cette étiquette colle au président de la République. Exit taxe pour le dernier élément du dossier en cours. Est-ce injuste, Richard Ferrand, ou tout simplement vrai ?

4:03
Richard Ferrand

Je pense que c'est stupide. Je pense que c'est stupide car le président de la République n'a pas à cœur de monter les Français les uns contre les autres. Il a juste à cœur de dire mieux vaut que les riches investissent en France qu'ailleurs. Ce qui, vous l'avouerez, n'est pas complètement idiot. Moyenant quoi, lorsque l'on cale notre fiscalité, qu'il s'agisse de l'ISF ou on taxe la rente, c'est-à-dire toujours et encore l'impôt sur la fortune immobilière, mais que l'on dit, il faut ensuite que les capitaux soient investis en France parce que notre économie a besoin d'investissement.

Songez que pendant les dix dernières années, la France est désindustrialisée, a connu des baisses d'investissement. Et observez que, depuis quelques mois, ce sont 1300 décisions d'investisseurs étrangers de choisir la France qui ont été prises et une hausse de près de 20%, 17% pour être précis, des investissements étrangers. Donc oui, rendre la France attractive, c'est un enjeu fondamental. D'avoir commencé par là. Non, parce que sinon, si nous voulons toujours garantir non seulement le développement de l'emploi, je veux quand même vous rappeler que le chômage, c'est bien ça qui crée la misère et qui est la première injustice dans notre pays. Il faut de l'investissement.

Oui, c'est précisément ce que note ceux qui... Et si l'on veut rendre la France attractive, on peut commencer par dire, on va taxer ceux qui viennent investir ou ceux qui peuvent investir.

5:20
Présentateur

Vous croyez vraiment que ça va ruisseler sur les gens ? Non, non. Vous n'aimez pas alors ? Vous croyez vraiment que les premiers de cordée tirent les derniers ?

5:27
Richard Ferrand

Non, je ne crois pas cela du tout. Je crois simplement que, lorsqu'il s'agit d'investir, eh bien, des investisseurs regardent ou est-ce que c'est le plus propice, à la fois en termes de qualité de travail de la part de celles et ceux qui sont en capacité de prendre tel ou tel emploi, mais aussi de voir si, ensuite, la prospérité n'est pas taxée à l'excès. Et donc, dans une compétition,

5:49
Présentateur

il ne faut pas soi-même se mettre des boulets au pied. Dans le bilan, il y a aussi le traitement réservé aux corps intermédiaires. Laurent Berger, le patron de la CFDT, dit ce matin dans les échos, je le cite, « Macron veut imposer une relation directe avec le peuple qui est dangereuse pour la démocratie ». Laurent Berger est l'homme de la main tendue, l'homme du dialogue social, à la tête d'un syndicat réformiste. Comment recevez-vous ces propos qui sont très durs ?

6:15
Richard Ferrand

D'abord, Laurent Berger, je le reçois devant un autre groupe à la fin du mois de mai. Nous avons des échanges réguliers. Ça, c'est une chose. Et je l'invite à venir dialoguer avec nous. C'est dangereux pour la démocratie. Oui, j'entends ce que ressent Laurent Berger, le temps qu'il a eu l'occasion de me le dire. C'est-à-dire qu'il juge, si vous voulez, que les relations de travail, au fond, entre les pouvoirs publics et les organisations syndicales, dont la sienne, ne sont pas assez féconds, assez fréquents. Bon, voilà. Donc, il faut entendre cela. Il faut entendre cela. Il faut en prendre note, en prendre acte. Et faire quoi, alors ?

Eh bien, sans doute approfondir plus en amont un certain nombre de consultations. Nous allons d'ailleurs le faire. Précisément, pourquoi nous le recevons au mois de mai ? Parce que c'est là que sera adoptée au Conseil des ministres la loi Pacte sur le devenir de l'entreprise. Nous sommes extrêmement attachés, nous, notre groupe de la République En Marche, que les propositions Senar-Nota se retrouvent dans cette loi sur les entreprises. Et nous voulons justement avoir les éclairages de Laurent Berger en amont.

7:16
Présentateur

Alors, on va procéder autrement, si vous permettez, Richard Ferrand. Est-ce que vous pouvez exposer clairement la doctrine de l'exécutif aujourd'hui concernant les corps intermédiaires, concernant les syndicats ? Dites-nous comment le pouvoir considère ou ne considère pas leur rôle et leur action dans la vie sociale ?

7:36
Richard Ferrand

Écoutez, il faudrait le demander à Emmanuel Macron. Il est plus facile à joindre que Jésus, auquel Mgr Petit renvoyait tout à l'heure Mme Salamé. Donc, vous aurez sans doute l'occasion de lui poser la question, mais... N'ayant Dieu, je demande à ses seins. Alors ? Écoutez, je crois que d'abord, il est vrai qu'Emmanuel Macron a clairement démontré qu'il souhaitait que la volonté politique soit au premier rang des moteurs de l'action. Ensuite, il convient qu'il y ait des dialogues, qu'il y ait des échanges avec les syndicats, des négociations avec l'ensemble des corps intermédiaires. Mais, clairement, il s'agit de co-construire sur la base une volonté politique et pas l'inverse.

Au fond, c'est un peu un relatif changement de ce qui a pu se dérouler sous un certain nombre de quinquennats. Il n'y a pas une volonté

8:25
Présentateur

d'antagoniser le dialogue social ? Quand la CFDT dit nous sommes là, nous sommes disponibles, nous attendons, nous tendons la main, nous voulons la concertation, nous refuserions normalement une grève dure, par exemple, à la SNCF, ça n'était pas nécessaire. Pourquoi la main tendue reste comme ça en l'air ?

8:44
Richard Ferrand

Non, mais je crois que sur la SNCF, par exemple, c'est inexact de dire qu'il n'y a pas eu d'échange ou de discussion depuis le mois de janvier. Concertation, oui, négociation, non. Oui, mais la négociation, c'est maintenant. Écoutez, tout de même, les partenaires sociaux doivent quand même se saisir, c'est leur boulot, de la future convention collective qui concernera l'ensemble des travailleurs du rail lorsque les uns seront recrutés hors statut ou seront dans des compagnies privées qui viendront dans le cadre de la concurrence. Il faut bien ensemble discuter du modèle économique, ensemble de la convention collective. Donc, il y a du grain à moudre qu'ils s'en saisissent.

9:16
Présentateur

Sur les dossiers sociaux, donc, pour la SNCF, Edouard Philippe reçoit tout à l'heure les syndicats. Sur les dossiers sociaux lourds, dans l'actualité, pensez-vous, comme Bruno Le Maire, que la survie d'Air France est désormais menacée ?

9:29
Richard Ferrand

Écoutez, tout à l'heure, j'ai entendu M. Dominique Seux. Il a à peu près tout dit ce qu'il y avait de pertinent à dire sur ce sujet. Mais moi, ce que je rajouterais tout de même, c'est que le fait d'arborer le pavillon national n'est pas une garantie de survie éternelle. L'État est certes actionnaire à 14-15% dans cette compagnie, mais il faut bien comprendre aujourd'hui qu'il y a un enjeu fondamental sur la place de Paris dans le trafic aérien et sur la place de la compagnie nationale. J'avais reçu, à sa demande, le 3 avril dernier, l'ancien PDG, M.

Janaya, qui était venu, justement, m'exposer ses préoccupations sur la force de Paris comme HUB au fond, au sein de l'Europe et sur la place de sa compagnie. Et il faut faire attention. Air France, KLM, il ne peut pas y avoir KLM, la fourmi, et Air France, la cigale. Ça ne pourra pas durer aussi longtemps que les contributions. Donc, je crois que l'appel à la responsabilité qu'a lancé Bruno Le Maire doit véritablement être entendu.

10:24
Présentateur

Est-ce que le rejet, le vote non à ce référendum est un baromètre de la colère sociale,

10:30
Richard Ferrand

d'après vous ? Ce n'est pas un baromètre, c'est une expression démocratique dont il faut tenir compte puisque le président Janaya qu'en avait pris l'initiative. Mais, vous savez, redresser une entreprise, mais surtout, lui donner des perspectives d'avenir, des capacités de développement, c'est quelque chose qui prend du temps. Et ce n'est pas parce que l'on voit les premières virondelles, si je puis dire, du redressement, c'était le cas de Air France, qu'il faut pour autant estimer que le printemps est là. Il y avait encore du chemin à parcourir pour retrouver une capacité de développement et ce qui vient de se passer là crée une situation de crise dangereuse.

Ce sont les premiers de cordée, les pilotes chez Air France ? En tout cas, oui, ils font partie des premiers de cordée comme tous les autres. Une compagnie, c'est une équipe.

11:14
Présentateur

8h33, Richard Ferrand, le président du groupe La République en marche à l'Assemblée est au micro de France Inter. Léa Salamé.

11:25
Locuteur 2

Richard Ferrand, le secrétaire d'État Julien Denormandie a reconnu hier que la baisse de 5 euros des APL l'été dernier avait été une mauvaise décision et il a promis qu'il n'y aurait plus aucun perdant en matière d'aide au logement. En quoi c'était une erreur de baisser les APL ?

11:38
Richard Ferrand

Parce que toute politique de rabot, par définition, est une mauvaise politique. D'ailleurs, je vois qu'on reprend cette citation de Julien Denormandie et c'est très bien ainsi, mais enfin, le président de la République lui-même avait dit, je cite, c'est une connerie. Le Premier ministre avait indiqué que c'était une mesure qui n'était pas intelligente, donc nous étions tous d'accord. Simplement, elle était inévitable puisque dans le budget, je vous le rappelle, pour 2017, avait été prévu plus de 200 millions d'économies à paramètre constant, mais pendant le semestre, le premier semestre qui était électoral, personne n'avait mis en place cette mesure de 2 euros par mois.

Ce qui fait que lorsque ça a été fait en septembre et c'était dans les tuyaux budgétaires, cela a été fait... Pourquoi vous l'avez fait

12:19
Locuteur 2

cette connerie alors ?

12:20
Richard Ferrand

Parce qu'elle était... Ce n'est pas nous qui l'avons fait, si vous voulez. Elle était dans les tuyaux et tenir les engagements budgétaires qui avaient été pris devait aller au bout.

12:27
Locuteur 2

Il y a beaucoup de choses qui étaient dans les tuyaux que vous n'avez pas fait.

12:30
Richard Ferrand

Mais c'était une connerie inévitable, si je puis dire.

12:32
Locuteur 2

On a beaucoup entendu les élus La République En Marche critiquer la fête à Macron, son intitulé, son mot d'ordre qui serait porteur d'un message dangereux, d'un appel à la violence. Finalement, le rassemblement de samedi a été globalement festif et bon enfant. Est-ce que vous avez eu tort

12:50
Richard Ferrand

pour moi ? Moi, je trouve, si vous voulez, qu'il ne faut pas en faire un fromage. On est dans une démocratie. Il est bien normal que des gens qui désapprouvent notre politique le manifestent. Vous n'avez pas entendu

13:00
Locuteur 2

vos collègues. Que ce soit Benjamin Griveaux qui était à votre place la semaine dernière, que ce soit Amélie de Montchalin qui dit que l'intitulé lui-même est un appel à la violence.

13:11
Richard Ferrand

Non, non. Écoutez, moi, ce que je pense, c'est qu'on est passé de nuit debout à pique-nique assis. Bon, je veux noter qu'il y a eu 2000 policiers et gendarmes qui ont été mobilisés par nos soins, par les soins de l'État pour faire que tout se passe bien. Et au demeurant, à part tout de même un quart de Radio France qui a été dévasté, il n'y a pas eu de débordement terrible. Je crois qu'il faut, en démocratie, respecter les différentes formes d'expression des oppositions. Mais là, où en effet, un certain nombre de dirigeants politiques ont eu tort, ça a été de dire il faut que le fleuve déborde, il faut renverser Macron, a dit l'autre. Bref, je pense que les mots c'était M.

Coquerel sur Canal+, si ma mémoire est bonne. Eh bien, c'est ici même que M. Ruffin a dit je souhaite que le fleuve déborde, etc. Disons qu'il y a des accents de convocation qui sont un peu belliqueux, mais au total, ce qui s'est produit, c'est 40 000 personnes qui se rassemblent pour, au fond, dire on n'est pas d'accord avec notre monde. Puis, il y avait une dimension aussi nostalgique. On a bien vu que Jean-Luc Mélenchon, depuis le début de son échec, si je puis dire, à l'élection, il n'y a qu'un gagnant, que voulez-vous ? Eh bien, il met tout en scène pour délégitimer, illégitimer. Et puis là, c'était, pardonnez-moi, mais c'était un peu radio-nostalgie finalement.

C'est-à-dire qu'on essayait de se retrouver ensemble, de dire ça aurait été bien si on avait gagné, puis d'ailleurs tout va mal comme on vous l'avait annoncé, etc. Donc, moi, si vous voulez, je prends acte de cela. Je n'ai pas entendu beaucoup de propositions, j'ai entendu des formes de contestation. Mais la France est un pays démocratique qui entend le rester, si je puis dire.

14:44
Locuteur 2

Il n'y a pas qu'eux qui écoutent Radio-Nostalgie. Il y a une dizaine de députés La République En Marche de chez vous qui envisagent de créer un groupe parce qu'ils sont peut-être pas contents, pas dans la franche opposition, disent-ils, mais à distance du gouvernement. Vous les encouragez ?

14:56
Richard Ferrand

Les dix, je ne les connais pas. Ce serait bien que vous me disiez lesquels. Non, ce qui est exact, si j'ai bien lu un hebdomadaire dominical, c'est qu'il y a un certain nombre de députés d'un autre groupe, UDI, Agir, etc., qui veulent se rassembler, qui souhaitent prendre aussi quelques non-inscrits avec eux.

15:15
Locuteur 2

C'est principalement des radicaux et quelques personnes de La République En Marche.

15:17
Richard Ferrand

Les radicaux, vous savez, ils sont dans notre groupe, que ce soit le rapporteur général du budget, M. Giraud, M. Crabal, que ce soit Bruno Quettet ou d'autres. D'accord, donc,

15:25
Locuteur 2

s'ils forment un groupe, quelle est votre vision ? Vous qui êtes président de La République En Marche, qu'est-ce que vous dites si vous voyez au sein de La République En Marche un sous-groupe se former ? Quel est votre avis ? Vous avez été très clair sur la loi Asile et Immigration, Richard Ferrand,

15:36
Richard Ferrand

ça n'existera pas. Ça n'existera pas. Nous avons notre groupe, il y a des parlementaires d'autres groupes et des non-inscrits qui veulent faire un groupe et il y en a un ou deux chez nous, paraît-il, qui seraient intéressés

15:47
Locuteur 2

à qu'ils y aillent. Et s'ils y vont, ils ne font plus partie de La République En Marche ? Vous aviez dit péché véniel si on s'abstient sur la loi immigration, péché mortel si on vote contre. Là, par exemple, si j'étais députée de chez vous, de La République En Marche et que je partais sur ce groupe, qu'est-ce que vous faites ? C'est péché véniel, péché mortel ?

16:05
Richard Ferrand

Non, non, c'est pas ça, c'est divorce. C'est évident, si on part ailleurs. Mais surtout, je voudrais vous rappeler quelque chose. Toutes celles et tous ceux qui ont bénéficié de l'investiture de La République En Marche ont à la fois signé le contrat avec la nation que portait le président de la République et l'engagement de siéger dans notre groupe. Et je ne vois aucun parjure à l'horizon. Et permettez-moi de vous dire que j'ai la conviction que les Français, ils s'en moquent de savoir comment les politiques veulent se positionner, ils veulent que l'on travaille, que l'on réussisse et que la situation du pays aille mieux.

16:38
Locuteur 2

On notera la menace de divorce. Mais ce n'est pas une menace,

16:40
Richard Ferrand

c'est un désir que vous m'exposez de la part d'un ou deux collègues.

16:44
Présentateur

D'accord, voilà, consentement mutuel. 0-1-45-24-7000. Bonjour Roger, soyez le bienvenu sur Inter.

16:51
Locuteur 5

Oui, bonjour M. Demorand, merci pour l'excellente qualité de vos émissions. Pardon, bonjour M. Ferrand. Alors, moi j'ai une question un peu délicate. je voulais savoir quelle est la position du gouvernement sur le projet de loi de la PMA élargie à tout le monde. Sachant que c'est une promesse de campagne et que toute la fachosphère est prête pour redescendre dans la rue. la manif pour tous et j'en passe c'est des meilleurs un papa, une maman. Eux, ils sont prêts. C'est dans les starting blocks. Comment va faire le gouvernement ?

17:21
Présentateur

Merci Roger pour cette question. Je vous laisse évidemment la pointe éditoriale que vous avez voulu y mettre. Richard Ferrand vous répond.

17:29
Richard Ferrand

Alors, je ne sais pas ce que le gouvernement voudra faire mais moi ce que je peux vous dire monsieur, c'est que je suis attaché à ce que nous fassions ce que nous avons dit. La PMA en fait partie. Il convient donc qu'avant la fin du quinquennat les choses soient faites et adoptées par la majorité. Jean-Pierre, bonjour.

17:47
Présentateur

Jean-Pierre, vous êtes là. Vous nous appelez de Lyon. Non, vous n'êtes pas là. Qui est en ligne alors au standard de France Inter ? David, bonjour.

17:57
Locuteur 6

Oui, bonjour. Bienvenue. Bonjour à monsieur Ferrand. Bonjour. Je fais partie des électeurs de gauche qui étaient plutôt séduits au début par les gouvernements qui font les bonnes idées de gauche et de droite et ça a beaucoup changé. J'avais une question sur l'égalité femmes-hommes comme quoi c'est une grande cause nationale et j'ai entendu la semaine dernière que le président s'opposerait pour généraliser le congé paternité au niveau européen pour augmenter la durée du congé paternité et justement je trouve qu'il y a beaucoup de communication mais souvent les actes ne le suivent pas.

18:33
Présentateur

Merci David pour cette question. Richard Ferrand.

18:35
Richard Ferrand

D'abord je salue David comme moi un électeur de gauche et un homme de gauche qui se pose des questions peut-être pas comme vous mais moi je m'en pose tous les jours vous savez heureusement mais sur la question qui est posée d'abord d'ici quelques jours quelques semaines nous allons nous saisir du projet de loi que porte madame Schiappa sur la répression des outrages sexistes et des violences sexuelles. Donc c'est dire que ce n'est pas abstrait prendre cet enjeu sur la correction des inégalités hommes-femmes qui sont nombreux dans notre société à échelle européenne. J'ai bien entendu.

Notre point de vue là-dessus est que chaque fois que l'on peut converger vers ce qui existe en Europe parce que nous sommes européens il faut le faire y compris lorsque cela concerne cette disposition je n'ai pas connaissance que le président ait pu prendre la position qu'indiquait monsieur il a dit que c'était cher que ça coûtait cher oui c'est sans doute exact mais ce qui est certain c'est qu'on ne va pas rater une occasion d'être européen ni même de faire plus pour l'égalité hommes-femmes. Donc ça veut dire ? Eh bien ça veut dire que lorsque la question viendra en débat soyez sûrs que nous serons nombreux parlementaires à défendre l'idée

19:45
Locuteur 2

Alors pardonnez-moi Marlène Schiappa était très claire à ce micro la semaine dernière en disant qu'elle ne soutenait pas cette mesure qui pouvait même être selon elle contre-productive c'est-à-dire cette mesure qui est actuellement à l'étude d'une directive européenne qui veut généraliser à 4 mois le congé paterniste.

19:59
Richard Ferrand

Justement il nous faut d'abord voir à quoi va aboutir cette directive européenne mais la réponse que je voulais donner à monsieur c'est que chaque fois que l'on peut converger vers des règles européennes nous le faisons et ça c'est extrêmement important et chaque fois que l'on peut prendre une mesure en faveur de l'égalité hommes-femmes nous le faisons donc voyons ce qui va sortir de cette règle européenne et ensuite la France l'intégrera dans sa propre législation.

20:24
Présentateur

Allez une dernière question bonjour Lucien bienvenue sur Inter

20:27
Locuteur 7

Bonjour monsieur Ferrand l'erreur fondamentale de la République en marche et du président Macron et qu'il paye peut-être aujourd'hui n'est-elle pas de confondre la légalité électorale de la présidentielle et la légitimité populaire sachant qu'au fond à peine 25% des électeurs ont adhéré à son programme merci

20:48
Présentateur

Merci Lucien pour cette question Richard Ferrand

20:52
Richard Ferrand

écoutez je ne crois pas que ce raisonnement soit très fondé au premier tour il y a toujours de fait deux candidats qualifiés pour le second qui sont minoritaires et ensuite au second tour des majorités claires se dessinent je veux juste rappeler que le président Sarkozy comme le président Hollande avait été élu avec un peu plus de 18 millions des voix le président Macron avec plus de 20 millions mais enfin au-delà de cela

21:17
Locuteur 2

Face à Marine Le Pen Richard Ferrand

21:19
Richard Ferrand

ils n'étaient pas

21:20
Locuteur 2

face à Marine Le Pen Nicolas Sarkozy et François Hollande

21:22
Richard Ferrand

il a tout de même réalisé 20 millions de voix on ne peut pas le contester donc je crois que dans une démocratie la légitimité la légalité ça a juste la même signification celle qui est accordée au suffrage universel Merci

21:36
Présentateur

Richard Ferrand merci d'être venu sur France Inter ce matin je rappelle que vous êtes le président du groupe La République En Marche de l'Assemblée Nationale 8h43 dans quelques instants le carrefour du 7-9 édito médias archives politiques revue de presse et humour avec Sophia Aram à tout de suite ciao