Antifa, l’incroyable histoire du jeu censuré par la FNAC
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 19 %Attaque 58 %Défensif 23 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:20OuverteRéponse directe
Quelles sont les leçons politiques à tirer de cette censure ?
- 3:22OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on dit merci à ceux qui ont fait ce coup de pub ?
- 6:24OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que contient le jeu ?
- 8:02OuverteRéponse directe
Est-ce que tout ça est dans le jeu ?
- 8:19OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est un bon outil de formation ?
- 9:20OuverteRéponse directe
L'accusation d'appel à la violence est-elle fondée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:56InvitéFait
« L'extrême droite est de façon totalement assumée à monter une cabale contre un jeu dont elle dit elle-même qu'elle n'a jamais ouvert la boîte. »
- 20:02InvitéFait
« Ce jeu le jeu antifa c'est l'école du crime c'est apprendre aux jeunes à attaquer la police. »
- 27:03PrésentateurFait
« quand t'es racisé t'as pas le choix d'être racisé alors que quand t'es d'extrême droite tu as le choix d'être d'extrême droite »
- 27:39PrésentateurFait
« l'extrême droite n'a que des actions offensives »
- 28:10InvitéFait
« nous c'est très clair pourquoi on est antifasciste parce qu'on se bat pour une société égalitaire »
- 28:23InvitéFait
« Zemmour a commencé à envoyer déjà des petites balises pour dire bon bah finalement raciste est-ce que c'est vraiment un problème »
- 30:15InvitéFait
« ils disent pas ah mais c'est horrible antifa les jeux vous vous rendez compte que c'est des gens qui défendent une société égalitaire »
- 35:09InvitéFait
« place numéro 6 Antifa le jeu ça veut dire que c'est des gens qui te disent aujourd'hui mais on sait pas ce qu'il y a dans le jeu »
- 37:18InvitéFait
« il y avait le titre d'Andino qui est un pro-Trump qui a fait une pseudo-enquête sur la scène antifasciste américaine »
- 37:56PrésentateurFait
« Maurice Rassfuch qui est donc du coup militant juif qui a milité contre la police rapport à la déportation »
- 45:14PrésentateurFait
« le racisme recule en France »
- 45:30PrésentateurChiffre
« tous les taux d'acceptation augmentent ces dernières années »
Temps de parole
- Invité52 %
- Présentateur25 %
- Présentateur 223 %
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Agitateur culturel ou encore agitateur de curiosité. Vous vous souvenez ? C'était un des slogans historiques de la FNAC. FNAC créé en 1954 par Max Terrey et André Essel, deux anciens trotskistes. Slogan qui a changé en 2004 pour devenir aujourd'hui « Libérons la culture ». Avec une promesse toute affichée, nous, à la FNAC, nous disons oui à la culture pour tous et sous toutes ses formes, comme vous voyez à l'écran. Et pourtant, ce grand acteur culturel français s'est illustré samedi et tout le week-end aux antipodes de sa promesse en censurant un jeu de plateau.
Le retirant de son site marchand, après quelques tweets offensifs provenant en premier lieu de l'eurodéputé proche de Zemmour, Jérôme Rivière, très vite suivi du célèbre, désormais célèbre, malheureusement député le péniste Grégoire de Fournasse, puis d'un gazouillis du syndicat du commissaire de police, le SCPN connu pour ses positions ultra-droitières. Quelques milliers de retweets dans la fachosphère ont ensuite suffi pour faire plier la FNAC. Lendemain, cette dernière ira répondre directement aux tweets du syndicat policier, je cite, « Nous comprenons que la commercialisation de ce jeu, je notais les guillemets, ait pu heurter certains de nos publics.
Nous faisons le nécessaire pour qu'il ne soit plus disponible dans les prochaines heures. » Le buzz sur le réseau social à l'oiseau bleu se poursuit et devient alors médiatique dans la foulée alors que les deux principaux intéressés réagissaient de nouveau. Sur Twitter toujours, le député de l'extrême droite se félicitant d'une mobilisation qui a payé, pour le citer, tandis que le syndical et le commissaire de police cite « La réponse obtenue de la FNAC » ajoutant un sobre « Merci ». Glaçant.
Évidemment, la gauche, dans toute sa pluralité, et les autres voix progressistes du pays se sont faites entendre pour dénoncer la pression de la fachosphère, mais aussi la censure et l'hypocrisie de la FNAC qui, dans le même temps, distribue « Mein Kampf » d'Aldolf Hitler dans une version originale et traduite en français ou encore le grand remplacement de Renaud Camus et bien d'autres, sans que cela ne semble poser problème de conscience, à l'enseigne depuis de jumeler avec l'Empire d'Arti.
Alors, depuis, ils sont revenus sur leur position, on en parlera tout à l'heure, et ont décidé de revendre le jeu, on en parlera tout à l'heure, mais au-delà de ce fait divers, bien que grave, qu'est-ce que ce dernier raconte du moment politique que nous traversons ? Des choses, on va pouvoir le dire ce soir. Doit-on s'alarmer de voir la fachosphère aisément obtenir gain de cause sur le terrain culturel ? Quelles sont les leçons qu'on peut en tirer d'un point de vue plus large, c'est-à-dire politiquement ? Autant de questions que je vais poser à mes deux invités de ce soir, pour ce nouvel entretien d'actu. Et j'accueille sur ce plateau, en direct, mes deux invités de ce soir.
Bonsoir à tous les deux. Bonsoir. D'abord, la journaliste indépendante et spécialiste de l'extrême droite que l'on retrouve régulièrement chez nos confrères de Politis. Bonsoir Daphné. Bonsoir. Merci d'être là. J'accueille aussi Hervé, Hervé, à ma gauche, à votre droite, à vous, à l'écran, qui n'est autre que le concepteur du fameux jeu Antifa, d'ailleurs, qui est juste ici. Merci beaucoup d'avoir accès à l'invitation ce soir. Merci à vous. Et aussi membre de la Horde qui coédite le jeu avec Libertalia. D'ailleurs, jeu qui, commençons par la bonne nouvelle, a été en rupture de stock depuis ce buzz.
D'ailleurs, je remercie la librairie Libertalia de Montreuil qui a accepté de nous prêter le tout dernier ou quasiment dernier exemplaire disponible encore aujourd'hui et qui sera de nouveau disponible courant janvier après une réimpression si j'ai bien les bonnes infos. C'est ça. Voilà. Alors, Hervé, finalement, est-ce que vous dites merci ? Est-ce que tu dis merci, pardon, à ce titre, vous voyez, puisqu'on est à un plateau en direct sympa entre gens de amis, amicaux ? Est-ce qu'on dit merci à Grégoire de Fournat et le syndicat pour ce coup de pub magistral ?
Alors, peut-être pas. Quand même. En revanche, ce qui est intéressant, enfin, l'histoire est intéressante à plusieurs... Alors, c'est vrai que le fait qu'elle se termine bien et qu'il y a eu, pour nous, un effet positif, tant mieux. Mais ce que je trouve le plus intéressant, enfin, nous, ce qu'on retient de ça, c'est d'abord la grande vague de solidarité qu'il y a eu à notre égard. Et ça, ça nous a fait chaud au cœur. Elle a été très large. Dans plein de milieux militants, les gens se sont vraiment mobilisés. Des individus aussi, beaucoup se sont mobilisés. On a reçu vraiment des centaines de messages de soutien à travers les réseaux sociaux, etc.
Ça, c'est quand même quelque chose qui compte, évidemment, pour nous. Un petit big up à la GAL à Lyon pour son action sur la FNAC qui nous a fait chaud au cœur. Et puis, au-delà de ça, c'est le fait que la stratégie de l'extrême droite visant à une hégémonie culturelle, là, c'est mis à nu. Et ce qu'on espère, c'est que les gens... C'est ça que nous retient de ça, d'un point de vue antifasciste. C'est que là, il va falloir quand même revenir un petit peu sur la façon dont les choses se sont organisées. Et au-delà de l'attitude de la FNAC, ce qui nous intéresse, nous, c'est surtout comment les choses se sont montées.
Parce que ce qu'on retient vraiment, c'est que l'extrême droite est de façon totalement assumée à monter une cabale contre un jeu dont elle dit elle-même qu'elle n'a jamais ouvert la boîte. Tout à fait. C'est ça qui est intéressant. Et ça, c'est vraiment le truc intéressant parce que pour eux, ce que contient le jeu n'a pas d'importance. Parce que la réalité, en fait, des choses n'a pas d'importance. Ce qui compte, c'est ce que eux veulent dire. Et c'est quoi leur projet ? C'est de diaboliser toutes les figures de résistance qui restent encore. Hier, la féministe, le wokisme, qui est le nom du droit de l'homisme aujourd'hui dans leur discours.
Et puis, bien sûr, la figure de l'antifa qui s'agit dans une espèce de renversement des valeurs de présenter comme le nouvel ennemi numéro un. Et cette stratégie, ce n'est pas la première fois qu'ils le font parce que ce qu'il faut rappeler peut-être, c'est que lors de la première édition du jeu, donc il y a un an, il y avait déjà eu. Et c'était les mêmes acteurs.
C'est-à-dire, c'était CNews, c'était les gens autour de Zemmour puisque, pour la petite anecdote, le soir du meeting de Villepinte, le 5 décembre, le soir des violences contre les militants des SOS Racisme, sur CNews, il y a Gabrielle Cluzel qui est une chroniqueuse habituelle qui a parlé déjà de l'antifa Le Jeu pour justifier en quelque sorte les violences de l'extrême droite en disant, mais regardez, évidemment, les antifas peuvent tous permettre la preuve, il existe un jeu d'embrigadement de la jeunesse et qui est vendu partout. Elle prenait l'exemple de la plus grande librairie à Tours. Voilà. Pourquoi le jeu est dans les librairies ?
Parce que le jeu est édité par un éditeur qui dispose d'un diffuseur qui le diffuse dans les librairies. Voilà.
Et justement, vu qu'on a la chance d'avoir un exemplaire du jeu entre les mains, que je te donne, comme ça, vous ne pouvez pas nous montrer, ça apparaît si beaucoup parce que c'est intéressant, je pense que beaucoup de gens se posent la question ce soir et c'est des jours de qu'est-ce que contient le jeu ? Qu'est-ce que c'est le jeu ? Alors avant de commencer, j'ai envie quand même de lire les premières phrases du but de ce jeu dans les règles du jeu. Alors on a ici le but du jeu avec quelques amis au masculin et au féminin. Vous décidez de monter un groupe antifasciste pour réagir aux exactions de l'extrême droite.
Il faudra vous donner les moyens de mettre en place des actions et comme la vie est pleine d'imprévus, les choses ne se dérouleront pas toujours comme vous l'avez espéré. Quel est le but finalement de ce jeu ? En quelques mots.
Alors c'est un... Déjà pour le type de jeu dont il s'agit, c'est un jeu coopératif donc où tous les joueurs, joueuses vont jouer dans le même but donc on ne joue pas les uns contre les autres. c'est un jeu de simulation réaliste donc on va se mettre dans une situation qui pourrait être une situation réelle et c'est un jeu d'éducation populaire dans le sens où on va en fait introduire un petit peu les bases mais sous forme ludique donc avec modestie du militantisme en fait, de terrain.
Nous on a choisi le thème de l'antifascisme parce que c'est notre lutte en ce qui me concerne depuis une trentaine d'années et on parle de ce qu'on connaît avant tout mais pour ceux qui sont sur d'autres terrains et qui joueraient à ce jeu vous allez retrouver toutes les pratiques que vous pouvez avoir pour toutes les luttes d'émancipation dans toutes les luttes sociales en fait on fait tous un peu les mêmes choses qu'est-ce qu'on fait des manifestations des rassemblements on écrit des articles on fait des pétitions on organise des concerts on fait des rencontres des débats
Et on trouve tout ça là ? Il y a tout ça dans le jeu vu que tu connais mieux que moi j'ai découvert il y a quelques heures alors que toi Daphné tu le connais un petit peu ce jeu je pense tu l'as étudié Moi du coup j'ai eu la première version de la part d'Hervé il y a un an et donc oui j'ai déjà eu l'occasion d'y jouer plusieurs fois effectivement Est-ce que tu peux en dire finalement ? Est-ce que ?
Moi je pense que c'est un bon outil de formation je pense que enfin voilà de toute façon c'est conçu comme ça à la base si je ne me trompe pas à la base c'était un outil de formation créé par la Horde qui face au succès du jeu a décidé de l'éditer sous forme de jeu de plateau mais c'est en effet c'est un outil d'éducation populaire et le jeu de société comme outil d'éducation populaire ce n'est pas quelque chose de nouveau on peut en citer plusieurs on peut citer par exemple le jeu de la ZAD qui avait eu pas mal de succès il y a le jeu des Pinson-Charlot sur ces thématiques-là l'année dernière au moment de Noël il y a Pierre Géquisal qui travaillait à l'époque pour Basta donc autre média indépendant qui avait fait qui avait fait un article qui vous recommandait en fait plusieurs jeux plusieurs jeux de société sur ce genre de thématiques donc féminisme et qui recommandait notamment Antifa le jeu voilà c'est pas quelque chose de nouveau et c'est très c'est de l'éducation populaire en fait par le jeu tout simplement l'argument principal avancé par un potétracteur donc de la Horde et de Libertalia qui produisent ce jeu-là c'est l'appel à la violence est-ce que cette accusation est fondée ?
alors on invite vos spectateurs et spectatrices d'extrême droite bon ils sont peut-être pas très nombreux enfin il y en a peut-être qui sont en train de regarder voilà sur internet bah ouvrez bien les yeux les gars et les filles parce que vous allez voir ce qu'il y a dans la boîte que vos amis n'ont pas été capables de voir
exactement
donc là on a ils ont juste vu je pense qu'ils n'ont même pas vu la boîte en vrai ils ont juste regardé sur internet alors il faut pas il faut regarder de quoi c'est fait
il y a le drapeau rouge voilà alors évidemment
il y a le logo antifasciste bon ça désolé on pouvait pas vraiment faire autrement alors de quoi est fait le jeu il y a des cartes événements qui parce qu'en fait la situation c'est qu'on monte un groupe antifasciste donc les joueurs les joueuses vont se mettre dans la peau de militants on incarne des personnages qu'on appelle des militants et qui ont des compétences particulières donc il va y avoir Martine la syndicaliste il y a Alex la tête brûlée il y a Tina la polyglotte chacune et chacun ont des compétences particulières mais aussi des failles des choses qu'ils ne savent pas faire et on se met d'accord pour réagir à des événements alors par exemple prenons-en un au hasard si j'en prends au hasard des skis néo-nazis organisent un concert voilà c'est un problème qu'est-ce qu'on fait par rapport à ça un polémiste islamophobe fait une séance de dédicaces qu'est-ce qu'on fait par rapport à ça un local identitaire vient d'ouvrir ses portes qu'est-ce qu'on fait par rapport à ça etc on en pioche deux
il y a des événements qui sont très largement à ce que c'est de la réalité à chaque fois il y a un petit descriptif il n'y a rien d'inventé c'est des choses
qui se sont vraiment passées ou qui se passent encore et voilà et on peut soit suivre un scénario c'est-à-dire on peut aussi pour ceux qui aiment les jeux de rôle par exemple avec les cartes raconter une histoire ou alors on les tire au hasard pour faire juste une petite partie et à partir de là les joueurs vont se dire bon bah qu'est-ce qu'on fait et il y a 17 actions possibles dans le jeu qui sont dans trois catégories il y a des actions de rue il y a des moments de rencontre et il y a des actions de communication on va dire donc les cartes foncées c'est des actions de rue il y en a quatre à chaque fois donc là bah vous avez classiquement ça va de l'action offensive alors on en parlera tout à l'heure parce que c'est là-dessus que l'extrême droite se tripote et puis il y a les rassemblements il y a les manifs les blocages occupation donc il y a à la fois des actions on va dire qui sont les actions classiques et puis les actions
d'expression populaire et démocratique qui sont voilà
plus ou moins démocratiques et puis des actions qui sont on va dire plus à la limite de la légalité mais qui sont des actions courantes de l'action politique et puis il y a des temps de rencontre ça va concert de soutien tournoi sportif commémoration rencontre débat et enfin des tractages collage d'affiches fresques articles etc et on décide ensemble de qu'est-ce qu'on va faire pour y faire face alors au niveau du gameplay il y a un niveau de difficulté pour chaque événement et il va falloir que l'efficacité cumulée de chaque action qu'on va organiser pour faire face à cet événement soit égale ou supérieure à la difficulté de l'événement voilà c'est ça le jeu et comment on va augmenter l'efficacité de chaque action on va se donner des moyens c'est là on va jouer avec des cartes donc si par exemple je prends je suis Tina par exemple Tina la polyglotte bon bah j'ai des cartes en main je sais pas si du coup on les voit je pense qu'il y a d'autres caméras il n'y a pas de soucis ok il n'y a pas de soucis donc voilà j'ai mes cartes en main alors on choisit à chaque fois il y a un personnage de part et d'autre je peux être soit Nathan le geek soit Tina la polyglotte par exemple si j'ai des cartes bleues et je regarde ce que je peux faire que ce que je peux faire je peux écrire un texte créer un visuel fabriquer une bande-roll fabriquer des pancartes etc on découvre vraiment
l'action militante par action
voilà sachant qu'il y a des trucs que je sais pas faire par exemple je crois que Tina la polyglotte s'oriente pas très bien donc elle peut pas faire de repérage je crois qu'elle sait pas trop bien prendre des photos et inversement si je prends par exemple Nathan le geek bon bah lui forcément il va être très fort pour aller sur les réseaux sociaux il y a deux cartes et qui va le plus bon après il y a des trucs qu'il va pas faire par exemple je crois qu'il parle pas en public voilà il aime pas il y a des clichés quand même
un petit peu
alors c'est ce qu'on s'est dit on est dit on s'est si tu veux on a pas été je pense qu'on a joué un peu avec les stéréotypes c'est à dire ça nous semblait un peu ridicule de faire tout à contre courant parce qu'il fallait quand même dans la réalité il y a aussi en fait les stéréotypes ne sortent pas de nulle part on les retrouve et à certains moments on a voulu aussi quand même les questionner d'accord on est un petit peu dans un entre deux on s'est beaucoup posé la question de ça on assume le côté c'est un jeu quand même un petit peu caricatural bon bah que fait Martine Martine nous permet de louer une salle de faire des photocopies gratuites parce que c'est la syndicaliste de service bon mais dans la réalité ceux qui sont syndicalistes le savent on vient toujours nous chercher ou vous chercher quand il faut vous prouver une salle gratos ou quand il faut faire des photocopies donc c'est la réalité après on a voulu c'est joué fabriqué
par des militantes et militants j'imagine que vous avez bah oui on l'a éprouvé
dès qu'il y avait un truc qui fonctionnait pas ou que les gens nous proposaient une idée que nous on pensait qu'elle fonctionnait pas bah on l'a juste pas mise dans le jeu mais dès que quelqu'un nous disait par exemple il y a une carte on verra plus tard trop bavard au bar bon bah ça c'est une carte je crois que c'était à Caen que quelqu'un l'a suggéré on monte l'action et quelqu'un a dit à un moment ouais mais imagine si quelqu'un raconte tout bah ton blocage là il est foutu on s'est dit ah ouais c'est pas mal comme carte on va voir après comment ça se passe donc il y a 4 tours à chaque tour on pose une carte pour dire bah voilà moi par exemple pour la manif j'organise un service d'ordre et on les met sur le côté des actions qu'on organise par exemple si je veux faire une manif voilà je l'organise comme ça et on va chacun à tour de rôle poser nos cartes et ici il y a un petit numéro par exemple si j'organise une réunion unitaire il y a un petit 1 ici et j'augmente à chaque fois en fonction du nombre de cartes l'efficacité de l'action une fois qu'on a préparé l'action évidemment c'est pas parce qu'on l'a bien préparé qu'elle va forcément bien se passer il y a une troisième phase qui est la phase des imprévus il y a la météo d'abord si on est à l'extérieur et puis il y a des événements qui vont plus ou moins aider ou au contraire handicaper l'action et ça c'est pareil ça s'inspire c'est des cartes comme ça et ça s'inspire de la réalité ça peut être je sais pas moi par exemple on avait un sympathisant qui nous a aidé ah il déménage bah hop il peut plus être sur l'action c'est super complet en fait même presque complexe ça a l'air complexe sauf si on accepte que dans un jeu de simulation il faut se laisser porter par la vraisemblance c'est à dire ce qui compte c'est pas le gameplay ce qui compte c'est est-ce que dans la vraie vie ça se passerait si dans la vraie vie ça se passe on le fait si on a l'impression que le jeu à un moment ne correspond pas parce que le jeu il va vieillir aussi peut-être à un moment il ne correspondra plus aux pratiques vraiment des gens il faudra que les gens se débarrassent des cartes et on remplace d'autres évidemment puisque le cadre légal où bouge change moi je pense qu'on voit qu'en ce moment par exemple aujourd'hui pour nous par exemple faire un rassemblement ou un blocage c'était ok on voit qu'aujourd'hui c'est 10 ans de prison donc forcément ça fait un petit peu bouger les lignes parce qu'évidemment il y a la répression aussi si on regarde une case par exemple la manif vous avez ici l'échelle d'efficacité mais de l'autre côté le niveau de risque de se faire arrêter c'est-à-dire à partir du moment où on va dans la rue aujourd'hui c'est une réalité on aurait fait le jeu il y a 20 ans je pense que le niveau de risque de se faire arrêter sur telle ou telle action serait plus bas là on voit qu'il suffit d'aller dans la rue même en ayant déposé la manif et tout et on peut quand même se faire arrêter
alors là on commence à voir un peu le jeu encore une fois c'est le prétexte pour parler des méthodes des actions de l'extrême droite il y a manifestement je crois quand même là c'est assez ludique méconnaissance de la part du député Le Pénis qui a pris la parole sur Twitter et du syndicat SCPN qui dénonce encore la violence du jeu Daphné toi qui est spécialiste de l'extrême droite comment tu expliques toi cette montée au créneau immédiate automatique pour dénoncer ce jeu sans avoir vu la couleur manifestement alors il y a plusieurs facteurs déjà oui effectivement il y a probablement une méconnaissance dans le sens où je doute que Grégoire de Fournasse ait eu antifa le jeu dans les mains et il est ouvert après je pense pas que la méconnaissance soit accidentelle c'est à dire qu'il n'en a absolument rien à faire du contenu du jeu on va pas se mentir c'est l'occasion juste pour eux de lancer une polémique supplémentaire et d'occuper le plus possible l'espace public le débat public alors là il s'avère que c'est quand même plus ou moins je dirais pas un échec puisqu'il y a quand même eu un retrait même si temporaire de la part de la FNAC mais il y a eu un espèce d'effet stressant dans le sens où dans les faits antifa le jeu je suis désolée Hervé mais c'était pas très connu il y avait eu une petite polémique l'année dernière comme tu l'avais dit mais ça restait quand même assez confidentiel Libertalia reste un éditeur qui est relativement confidentiel et puis c'est un jeu qui n'est pas tiré à tant d'exemplaires que ça même si c'est plusieurs milliers donc là en fait avec cette médiatisation on a parlé du jeu sur France Inter là on a un plateau qui parle de ça le jeu a été épuisé chez Libertalia enfin voilà c'est un petit peu un effet inverse mais de manière générale en fait il y a cette dynamique à l'extrême droite qui a pour but de s'emparer d'absolument tous les sujets pour les retourner à son avantage et puis le fait aussi que là on est maintenant 91 députés d'extrême droite à l'Assemblée 89 au Rassemblement National ça leur donne une visibilité qu'ils n'avaient pas forcément l'année dernière quand ils ont tenté de faire la même polémique comme tu le racontais tout à l'heure c'est vrai qu'il y a toujours ce qui change effectivement c'est important de souligner le nombre de députés extrêmement à l'Assemblée alors là on peut parler de tentatives de cancel culture ou pas ?
j'aime pas le terme cancel culture c'est un terme que les médias ou tout le monde les politiques utilisent beaucoup pour taxer les militants de gauche
je dirais pas ça je dirais comme je l'ai dit tout à l'heure je pense j'insiste un peu mais pour moi c'est de la diabolisation inversée en quelque sorte enfin en tout cas c'est une forme de diabolisation c'est pas ce qui est demandé en fait réellement ce que l'extrême droite veut obtenir c'est pas l'interdiction du jeu ou que le jeu ne se diffuse pas puisque comme tu l'as dit ils s'en foutent du jeu ce qu'ils veulent faire c'est trouver un prétexte et le jeu était un prétexte pour eux pour remettre une couche sur regardez l'antifa c'est la figure aujourd'hui de l'ennemi de la démocratie ils cherchent à embrayader les enfants ils appellent à la violence etc et ça a été l'occasion de le répéter ad nauseum sur tous les médias c'est news etc je voudrais aussi donner un petit exemple parce qu'on n'a pas beaucoup parlé de la police bien sûr il y a le syndicat il y a le syndicat des commissaires mais ça à la limite c'est presque anecdotique ce que je trouve plus intéressant c'est que le soir même donc tout s'est passé en 24h c'est ça quand même qu'il faut voir donc c'est un petit peu difficile de dire que toutes ces personnes se soient mis d'accord de façon totalement spontanée moi je ne crois pas trop à ça parce qu'il y avait un sujet sur ces news par exemple d'une minute vingt sur le jeu qui commence on va dire de façon assez classique qui montre les tutoriels vidéos qu'on a fait pour expliquer comment fonctionne le jeu un peu comme je l'ai fait tout à l'heure donc ça commence bien et à un moment donné tout d'un coup le son saute l'image vacille et qui envoie à l'écran un secrétaire d'Alliance Police qui de façon complètement déconnectée de tout ce qui vient d'être dit avant explique et là je le cite texto ce jeu le jeu antifa c'est l'école du crime c'est apprendre aux jeunes à attaquer la police à s'en prendre aux personnes c'est un jeu extrêmement dangereux etc et c'est cette parole n'est pas portée par le reconquête ou le RN il est porté par Alliance Police après de la part de l'extrême droite qui s'en prenne à antifa le jeu je dirais cette bonne guerre qui cherche à faire oublier leur propre violence et la réalité de ce qu'est l'extrême droite aujourd'hui parce que c'est ça l'autre enjeu l'enjeu de l'hégémonie culturelle c'est pas simplement d'imposer ces idées c'est de faire rentrer dans la tête des gens que l'extrême droite ça n'existe pas et ça ça s'est très bien vu sur ces news dans l'émission ça se discute avec le rédacteur en chef de Valeurs Actuelles qui explique doctement qui est là en disant ce qui est très intéressant c'est que en fait le jeu antifa n'est pas du tout enfin nous fait croire qu'il existerait quelque chose comme ça de complètement inventé et ça s'appellerait l'extrême droite il faudrait lutter contre donc là à un moment les choses
c'est pas le déni
c'est une volonté la console culture pour moi elle est là ils essayent de s'auto supprimer
en fait c'est le pendant très logique Hervé du coup a parlé de la diabolisation de l'antifascisme en fait c'est le pendant très logique de la dédiabolisation du RN et de l'extrême droite avec le décalage de qu'est-ce que c'est la droite qu'est-ce que c'est l'extrême droite qu'est-ce que c'est le centre on a vu ça avec Macron qui se droitise les LR qui s'extrême droitise le congrès des LR qui a lieu ce week-end un des candidats principaux et un des leaders c'est Éric Ciotti Éric Ciotti c'est une surprise pour moi qu'il n'ait pas rejoint Éric Zemmour pendant la présidentielle Marine Le Pen qui se normalise Zemmour qui refuse le terme extrême droite qui parle d'union des droites etc en fait quand on décale ce que c'est la droite l'extrême droite et le centre on décale aussi ce que c'est la gauche et donc du coup quand on dit que Jean-Luc Mélenchon est d'extrême gauche quand on dit que Olivier Faure c'est une erreur il faut préciser Jean-Luc Mélenchon n'est pas d'extrême gauche à la rigueur on s'en fiche dans cette lecture-là ça vient tout fausser finalement du coup effectivement ça peut paraître d'extrême gauche mais quand on dit Olivier Faure du parti socialiste qui n'est pas connu pour sa radicalité se radicalise en rejoignant la nul etc en fait tout ça décale le centre politique décale du coup complètement l'hémicycle en fait la gauche la droite et le centre c'est basé sur l'hémicycle de l'Assemblée nationale et en décalant tout ça effectivement ça diabolise des choses qui n'étaient pas du tout diabolisées auparavant comme des actions qui sont en fait très classiques dans l'antifascisme tout en dédiabolisant des positions qui sont les positions de l'extrême droite des actions qui peuvent alors je me fais l'avocat du diable c'est un peu mon travail aussi est-ce qu'on peut quand même comprendre qu'un jeu reprenant les codes pour les moins radicaux du mouvement antifasciste puisse choquer l'opinion quand même est-ce qu'on peut comprendre que certaines actions comme certaines actions physiques j'ai dans ma main c'est une fameuse carte qui a fait le buzz sur les réseaux sociaux la carte Kakatov qui pour ceux qui ne connaissent pas forcément c'est la version soft du Coquelette Molotov et qui finalement a atteint l'intégrité on se souvient de l'épisode gilet jaune où les policiers avaient peur de s'en prendre je ne dirais pas ça
il faudrait peut-être le resituer dans son contexte le contexte c'est déjà le Venezuela en 2017 donc on s'appuie toujours sur quelque chose qui existe dans la réalité des mouvements sociaux et je ne dirais pas la version soft je dirais la version ludique encore une fois et c'est de jouer avec les codes ça ressemble à un cocktail Molotov mais en fait qu'est-ce qu'il y a à l'intérieur des excréments des excréments et de l'eau et pourquoi on le projette sur les policiers c'est pour qu'il pue simplement c'est pas quelque chose que ça peut être violent ça se fait le plus ça se fait le plus le plus souvent en fait ceux qui ont déjà fait des cacatofs ça ne marche pas avec des bouteilles en verre par exemple un vrai cacatof se fait dans une bouteille en plastique la plus molle possible
il faut rentrer
dans la technique il ne faut pas savoir de quoi on parle il faut que ça soit vraiment vous prenez vraiment les bouteilles d'eau vraiment les moins chères les moins épaisses et vous ne bouchez pas trop enfin voilà il faut en avoir fait déjà dans sa vie pour voir comment ça fonctionne c'est clairement quelque chose bien sûr qui est offensif à nous d'ailleurs il y a un truc qui s'appelle option offensive j'aimerais bien vous montrer l'image voilà je ne sais pas si on le voit du coup voilà c'est ça l'action la plus violente et qu'est-ce qu'elle est cette action la plus violente du coup c'est pas l'objectif l'objectif c'est que c'est ce qu'on explique il arrive il est possible je veux dire par exemple si vous avez une manifestation de néonazis et bien on peut choisir comme option stratégique que la meilleure défense c'est l'attaque problème de l'action offensive dans le jeu c'est une action qui si elle réussit est très efficace mais elle est très difficile à réussir elle a de grandes chances d'échouer et elle a un niveau de répression extrêmement élevé vous voyez par exemple dans le jeu c'est les petits dés là c'est ce qui indique le niveau de répression on voit que choisir d'aller l'action offensive c'est à un moment donné prendre aussi ses responsabilités c'est-à-dire il y a un certain nombre de risques donc ne faire par exemple dans le jeu qu'aller dans la rue des actions offensives etc ça a des grandes chances de déstabiliser le groupe ou en tout cas ça oblige à prendre en compte la répression parce que quand les gens se font arrêter après ils peuvent passer en procès il faut organiser des comités de soutien tout ça c'est prévu par le jeu pour aussi faire réfléchir aux gens aux conséquences aussi des actes qu'on choisit nous on n'a pas de jugement moral par rapport à la question de la violence parce que cette question elle est toujours mal posée c'est un peu comme celle de la liberté d'expression de quelle violence on parle mais c'est justement
la question suivante c'est-à-dire que cela pose évidemment la question de la violence évidemment puisque c'est l'argument massue avancé pour faire taire ce jeu ou ces actions là j'ai envie d'entendre d'attendre cette question-là parce que c'est une vaste question qu'on va devoir quand même aborder même rapidement parce que la violence qu'est-ce que c'est la violence est-ce que l'une vaut l'autre alors on sait l'extrême droite violente on le sait on suit ici toi dans ton travail et nous aussi ici tu peux peut-être nous rappeler quelques exemples courants mais sa violence est-elle est-elle comparable à celle de l'extrême gauche que tu peux représenter avec ce jeu ici est-ce qu'on peut imaginer dans le même cas un jeu similaire finalement aussi d'autre côté qui viendrait combattre l'extrême gauche tout se vaut finalement est-ce que c'est ça et tout doit être combattu de la même manière quand tu évoques pour rappeler quelques faits comme tu viens de le dire l'extrême droite est très coutumière des ratonnades des attaques de locaux de librairies de cortèges de manifestations enfin voilà ça c'est juste quelques petits exemples qui se sont passés très régulièrement donc il y a pas mal de médias indépendants qui font des compilations régulières de ce genre d'exactions après je pense qu'il y a une première différence à faire c'est que l'extrême droite s'attaque à des personnes pour leurs identités l'antifascisme en général combat des personnes pour des positions politiques donc c'est déjà une première différence qui est assez majeure dans le sens où l'extrême droite va s'attaquer à des personnes parce qu'elles sont parce qu'elles sont racisées parce qu'elles sont LGBT etc enfin voilà on peut rentrer dans les détails mais la première on pourrait dire que cette position là est une position politique finalement s'ils sont organisés et qu'ils vont attaquer non parce que quand t'es racisé t'as pas le choix d'être racisé alors que quand t'es d'extrême droite tu as le choix d'être d'extrême droite c'est ça la différence aussi parce que je te vois faire l'avocat du viable je te vois tenir ce raisonnement mais en fait c'est aussi la question de la différence entre l'identité et le positionnement politique évidemment les deux sont intrinsèquement liés pour beaucoup vu que ton identité affecte la façon dont tu perçois la société etc bref on va pas refaire un cours de sociologie très basique mais c'est déjà deux choses qui sont extrêmement différentes après personnellement c'est pas mon rôle de donner mon opinion sur est-ce que ça pourrait exister dans l'autre sens mais si on prend les actions de l'extrême droite qui sont quasiment tout le temps offensives en fait l'extrême droite n'a pas d'action défensive l'extrême droite n'a que des actions offensives là Hervé citait des actions défensives c'est lutter contre un concert de ce qui naît de néonazis ce n'est pas organiser un concert de métal néonazis en fait c'est ça la différence c'est que l'extrême droite est systématiquement offensive offensive contre la différence la diversité offensive contre le progressisme etc
je crois qu'il y a une autre chose qu'il faut la focalisation sur la violence elle permet aussi d'évacuer le débat d'idées parce que la question c'est pourquoi pour quelle société on se bat nous c'est très clair pourquoi on est antifasciste parce qu'on se bat pour une société égalitaire or qui défend le plus le projet le plus inégalitaire qui soit c'est l'extrême droite or elle a du mal un petit peu avec ça ça viendra il commence Zemmour a commencé à envoyer déjà des petites balises pour dire bon bah finalement raciste est-ce que c'est vraiment un problème est-ce que sexiste c'est vraiment un problème est-ce que voilà vouloir enfermer les gens dans des identités figées est-ce que c'est un problème pour eux clairement pas mais là pour l'instant ils sentent que les gens sont pas trop prêts donc au lieu d'attaquer de nous attaquer sur nos idées parce que nous pourquoi est-ce qu'on combat l'extrême droite c'est pas parce que c'est l'extrême droite c'est parce qu'elles défendent un projet de société qui est exactement aux antipodes de nous
donc il y a bien un projet il y a bien une politisation alors effectivement basé sur on pourrait dire ça encore une fois les personnes qui sont pas forcément politisées qui nous regardent soit parce qu'ils voient le jeu ils ont vu même qu'il faut comprendre
n'importe qui peut se poser cette question dans quel monde je veux vivre politisé ou pas enfin pour moi c'est des questions que personne ne peut dire mais je m'en fous moi soit tu penses que les inégalités sont naturelles vont de soi et que donc la société doit être organisée autour de ça soit tu penses que l'égalitarisme c'est un projet de société à long terme quelque chose qui doit être défendu que oui l'égalité des droits c'est important que oui l'égalité salariale c'est important que oui chacun doit pouvoir trouver sa place dans la société que l'oppression l'exploitation sont des problèmes si t'es convaincu de ça c'est que tu défends une vision égalitaire si tu penses l'inverse je pense pas qu'on puisse dire moi je rêve d'une société qui sera à moitié égalitaire et à moitié inégalitaire ça n'a aucun sens c'est soit l'un soit l'autre alors évidemment on pourrait dire oui bon bah là vous avez un projet ultra inégalitaire et puis nous on va défendre un projet ultra égalitaire si on veut si on veut mais en attendant on a vu ce que ça donnait aussi c'est ça petite piqûre de rappel les sociétés ultra inégalitaires bah dans l'histoire ça a déjà été essayé parce que souvent on dit ah bah l'extrême droite on sait pas ce que ça donnera gars si on sait en fait il y a le 20ème siècle renseigne toi donc là on peut à un moment donné dire nous on se bat par rapport à ça parce que l'extrême droite on sait ce qu'on sait on sait le projet qui est défendu quand ils disent ah c'est la violence ils disent pas ah mais c'est horrible antifa les jeux vous vous rendez compte que c'est des gens qui défendent une société égalitaire une société où tout le monde aurait les mêmes droits une société où il n'y aurait pas de racisme et tout mais quelle horreur ça vient masquer
effectivement on comprend la stratégie
si ils disent ça tout le monde va leur dire mais c'est quoi ton problème et d'ailleurs la FNAC ça s'est retourné contre eux parce que comment on réagit la plupart des gens on dit mais les gars il est où votre problème en fait même si c'était vrai il est où votre problème
et d'ailleurs on l'a dit enfin je l'ai dit je l'ai appris dans quelques instants on prend de l'antenne et vous avec moi que la FNAC avait changé de fusse d'épaule et finalement c'est peut-être la semaine prochaine
ils rechangeront d'avis je veux dire sans aucun doute
alors il y a aussi le rôle du syndicat quand même de commissaire de police qui est important à souligner ce rôle peut-être nouveau où les syndicats de police sont de plus en plus puissants en France avec une force de frappe médiatique dès qu'il y a un problème par exemple on va leur faire appel d'abord à eux pour expliquer ce qu'il s'est passé sur un terrain ou un autre c'est à son tweet quand même que la FNAC a choisi de répondre c'est à ce syndicat que l'entreprise a choisi d'obéir on le note quand même ça a duré quand même plus près de tout le week-end syndicat qui a réagi hier pour affirmer que non je ne sais pas si vous avez eu le tweet non il n'avait pas demandé le retrait du jeu comme l'affirment les observateurs notamment la presse ici on voit l'exemple de BFM TV repris par le Twitter du syndicat alors que dans le même temps juste avant le syndicat dans son tweet précédent commentait d'un merci comme on l'avait dans l'intro le tweet de la FNAC qui annonçait la suppression du jeu Daphne il y a quelque chose à analyser peut-être dans ce double jeu et le rôle des syndicats policiers dans tout ça ?
Ce n'est pas une nouveauté que l'extrême droite ait ce type de syndicats policiers notamment Allianz ont de très fortes de très fortes alliances en fait il y a eu une manifestation c'était il y a un peu plus d'un an devant l'Assemblée qui a rassemblé beaucoup de gens y compris certaines personnalités de gauche qui a été très très critiquée on pense notamment à Fabien Roussel mais ce n'est pas quelque chose de nouveau et en fait le projet de société de l'extrême droite pour pouvoir exister nécessite la police et on sait que dans la police et dans l'armée il y a des taux d'opinion d'extrême droite beaucoup plus élevés que dans la population générale donc ce n'est pas une surprise après effectivement ils prennent de plus en plus de place mais de manière générale en fait les extrêmes droites même prennent de plus en plus de place dans le débat public je préfère dire les extrêmes droites au pluriel parce qu'il y a en fait c'est extrêmement varié et les envisager dans leur ensemble c'est bien plus pertinent puisque ça permet de se rendre compte de l'ampleur du problème alors un mot aussi peut-être surtout sur la FNAC
peut-être avant de parler de la FNAC juste pour finir pour la police juste une petite anecdote sur CNews toujours ils ont dit ce jeu est scandaleux parce qu'il y a un jeune du quartier des Mimosas tué par la police et qu'on ose parler de ça eux ça leur a fait peut-être un câble et je pense que pour la police ils n'ont pas ouvert le jeu s'ils l'avaient ouvert ils voient ça ils trouvent ça anormal que les gens se mobilisent là-dessus moi je pense que ça c'est pareil apporté à la réflexion de vos spectatrices
bien alors je voulais avoir un mot alors on s'approche de la fin de notre entretien évidemment toutes les bonnes choses en une fin un mot sur la FNAC c'est aussi son rôle c'est quand même un acteur culturel important en France que par ailleurs j'ai tenté de contacter par tous les moyens depuis hier mais qui n'a pas souhaité me répondre alors Hervé toi qui es le concepteur de ce jeu mais aussi par dit prenante dans sa coédition avec la Horne est-ce que tu as eu des contacts des liens particuliers avec les distributeurs notamment la FNAC pendant cet événement est-ce que la FNAC n'est pas distributeur du jeu
le distributeur il est vendeur en fait c'est un grand acteur commercial culturel je ne sais pas mais commercial en tout cas c'est sûr qui pourrait nous expliquer son choix à aucun moment ni Libertalia ni nous de près ou de loin n'avons été approchés par la FNAC ni par mail ni par téléphone bon c'est facile de nous trouver d'ailleurs tous les journalistes nous ont trouvé mais eux la FNAC ils ne nous ont pas trouvé donc je pense que après c'est leur problème en interne de savoir comment effectivement les choses se sont déroulées bon j'espère qu'on le saura un jour en tout cas je pense qu'il faut continuer à demander des comptes à la FNAC sur à quel moment comment fonctionne votre chaîne de décision et à quel niveau cette décision elle a été prise on a un peu de mal à croire même si c'était le week-end que c'est un pauvre clampin caché dans un bureau qui à un moment a dit ok j'appuie sur le bouton suppression c'est un peu difficile à croire
en termes de communication c'est quand même aussi intéressant que la nouvelle arrive un samedi un samedi en réponse à un tweet ça veut dire que soit la décision a été prise plus tôt dans la semaine ce qui est probable soit enfin donc plus tôt dans la semaine comme tout s'est passé en très peu de temps la veille soit effectivement c'est une décision qui a été prise le week-end mais dans ce cas qu'est-ce qui se passe au niveau décisionnel à la FNAC pour que ce genre de décision soit prise le week-end aussi rapidement et
petite anecdote petite anecdote sur le site de la FNAC il y a éclaireurs de FNAC c'est une espèce de rubrique où ils testent ils font des compilations de revues de livres ou de là en l'occurrence de jeux ils ont fait une page sur les jeux politiques oui j'ai vu ça effectivement place numéro 6 Antifa le jeu ça veut dire que c'est des gens qui te disent aujourd'hui mais on sait pas ce qu'il y a dans le jeu mais qui au début novembre de ce mois parce que ça date pas de je sais pas quand c'est le même mois ils chroniquent un jeu en disant jouez-y sans l'avoir ouvert c'est quand même un petit problème puisqu'ils nous disent après qu'ils l'ont pas ouvert plus embêtant le lundi le jeu est retiré dès que l'erreur de FNAC ça veut dire que pendant la journée du lundi ils enterrinent la décision qu'ils ont pris le week-end c'est pas genre confusion le dimanche
bien sûr
et puis bon on a peut-être fait de la merde on va se renseigner non ils enfoncent le clou pour ensuite l'arracher le lendemain et les gars il faut peut-être à un moment donné travailler la cohérence
il y a à peine une heure ils ont effectivement changé de leur vie pas très professionnel je le trouve et on a du mal à comprendre on va peut-être creuser la question pour enquêter pour voir comment ça pourrait évidemment expliquer cette mécanique ça mérite une enquête et surtout comme on l'a vu dans l'intro que ce non-distributeur ce vendeur vend des objets culturels si on peut le laisser comme ça tout du moins problématiques comme je l'ai dit tout à l'heure des livres des ouvrages notamment Mein Kampf je trouve pas que vendre
Mein Kampf annoté avec un appareillage historique soit un problème en revanche diffusé moi j'aurais pris comme exemple Zemmour Alain Soral Jean Mabir Renaud Camus en fait tous les penseurs d'extrême droite ils sont tous à la FNAC
il y a un autre truc aussi c'est que souvent on a mis en avant sur les réseaux sociaux le fait qu'il y avait effectivement Mein Kampf ou Camus qui étaient vendus c'est des choses qui sont vendues sur le marketplace de la FNAC donc avec des vendeurs extérieurs pour le coup quand il y a des têtes de gondole avec le choix de la FNAC actualité politique etc là c'est un autre c'est un autre type de décision et effectivement rien qu'au niveau du paysage politique on va dire de l'extrême droite électoraliste française elle est très souvent mise en tête de gondole à la FNAC et c'est pas exactement le pendant opposé du jeu
petite blague quand on tapait Antifa le jeu une fois qu'ils l'ont retiré dans le moteur de recherche du site de la FNAC on tapait Antifa le jeu on trouvait un certain nombre de titres dont deux titres qui sont des livres d'extrême droite il y avait le titre d'Andino qui est un pro-Trump qui a fait une pseudo-enquête sur la scène antifasciste américaine et puis Oscar Fressinger le fondateur de l'UDC Suisse qui a fait aussi un livre d'antifa c'est-à-dire donc ça devenait l'UDC Suisse qui est un parti des pays d'extrême droite et donc voilà quand on tapait le mot antifa on tombait sur des livres d'extrême droite bon bah les gars pareil il faudra un moment il y a aussi
la façon dont Libertalia a été qualifiée puisqu'on a vu notamment Amaury Bucaud qui est un journaliste de police-justice qui est habitué à un petit peu appuyer des polémiques très souvent racistes sur des faits divers qui citait des livres d'ultra-gauche publiés par Libertalia et donnait comme exemple un livre de Maurice Rassfuch sur la police française Maurice Rassfuch qui est donc du coup militant juif qui a milité contre la police rapport à la déportation etc ce qui est un petit peu aussi plus qu'audacieux voire même carrément indécent de sa part de traiter de bouquin d'ultra-gauche ce type d'ouvrage en fait
d'ailleurs à propos à propos de Libertalia c'est pas pour faire pleurer dans le chemière mais il faut quand même l'annoncer depuis aussi cette polémique il y a un grand nombre de menaces qu'ils ont reçues menaces sur le lieu sur la librairie on va brûler votre librairie etc je veux dire cette violence de l'extra-droite elle s'est pas encore exprimée mais enfin elle est réelle et moi j'attends de voir aussi dans les prochains jours comment les choses vont réellement évoluer donc ça reste on en a ri un petit peu mais en même temps ça reste une affaire sérieuse
bien sûr alors pour finir il est quand même difficile de s'empêcher de faire des liens de causalité entre ce genre d'événements et l'expansion tu l'as un petit peu dit tout à l'heure du terrain médiatique de l'extrême droite en France qui est inédite depuis quelques années déjà comment alors combattre l'un ou l'autre vous allez me donner vos pistes vos idées selon vous ce phénomène le phénomène quand des poids lourds comme Vincent Bolloré pour ne citer que lui viennent donner des moyens colossaux à cette démocratisation à cette banalisation des idées extrême droite c'est là le lien de causalité qui peut être créé avec le fait que ben voilà on arrive à ce genre d'extrémité et puis encore c'est pas grand chose je dirais ça peut être jusqu'à la mort des personnes qui ont trouvé la mort à Paris ou comme ailleurs comment on arrive finalement avec ce constat là à se dire bon les gens qui nous regardent nous qui sommes autour de cette table à se dire ben voilà il y a cette piste là on la creuse pour rééquilibrer cela tu veux répondre ?
un mot de la fin peut-être pour Daphné mais comme vous voulez vas-y vas-y moi après moi je suis journaliste donc je travaille spécifiquement sur l'extrême droite donc je considère que ce travail j'imagine participe à cette question du combat contre l'extrême droite tout à fait bien sûr personnellement je fais le choix de ne travailler que pour des médias indépendants qui sont donc indépendants de cette question notamment de Vincent Bolloré je pense qu'en fait il y a une immense diversité des modes d'action contre l'extrême droite que beaucoup sont complémentaires il y a des personnes qui vont avoir la volonté d'exister dans les médias que ce soit des médias possédés notamment par Bolloré donc par exemple chez Anouna il y en a qui vont complètement refuser ça c'est une diversité des modes d'action ça se pose débat il y a certaines personnes qui sont complètement contre il y a d'autres personnes qui considèrent qu'il faut lutter contre l'extrême droite sur ses propres terrains je pense que le fait aussi que la polémique soit autour d'un jeu qui montre une diversité des modes d'action possibles c'est assez symbolique de la situation actuelle après on ne va pas se mentir là on est sur une très très forte offensive de l'extrême droite au niveau médiatique culturel politique bref elle est extrêmement présente sur absolument tous les terrains et surtout il y a une dynamique d'union en ce moment au niveau des extrêmes droites des groupes qui ne travaillaient pas forcément ensemble qui ne se fréquentaient pas forcément qui travaillent de plus en plus ensemble des liens qui ne se faisaient pas forcément avant qui se font de plus en plus ou qui sont de plus en plus apparents si on prend l'exemple de Jordan Bardella qui est donc du coup le nouveau président du Rassemblement National derrière lui il y a quelque chose qu'on appelle la GUT Connection la GUT Connection c'est donc du coup des anciens cadres du groupe Union Défense groupe qui était ultra violent le GUT qui s'est auto-dissou en faveur du bastion social puis là qui vient de renaître de ses cendres il y a quelques semaines enfin voilà il y a une dynamique d'existence que ce soit politique médiatique culturelle qui est extrêmement présente avec une dynamique d'union et je pense que la priorité aussi pour nous on va dire gens de gauche c'est aussi de travailler collectivement avec notre diversité des modes d'action et travailler un petit peu sur nos différents internes après tu partages j'imagine ce constat oui mais il y a un recul un retard sur la gauche finalement de ce genre de modèles
je pense pas c'est à dire il faut aussi remettre un petit peu les choses à leur place c'est à dire qu'il y a aussi il y a beaucoup d'auto-suggestions dans le discours de l'extrême droite d'auto-accomplissement on va dire on l'a bien vu avec la campagne Zemmour pour eux il n'y avait aucun doute il allait tout déchirer ou alors à minima être le chef de l'opposition puis on a quand même vu le résultat à l'arrivée donc je pense qu'il y a un effet loupe aussi sur la capacité de l'extrême droite parce que certes il y a une vraie offensive d'hégémonie pour gagner la guerre culturelle mais pour gagner la guerre culturelle il faut arriver avec de la culture et les artistes d'extrême droite ils sont où ?
les chanteurs d'extrême droite ils sont où ?
millésièmes cas il y en a de plus en plus des influenceurs des rappeurs je ne dis pas d'influenceurs des rappeurs moins je parle d'artistes je parle d'artistes si Papa Cito pour toi c'est un artiste évidemment c'est compliqué mais tu vois des guignols ils en ont plein des gens qui font du tu vois faire des likes etc c'est pas faire des vues sur Youtube je ne dis pas que ça ne compte pas bien sûr c'est important mais la culture heureusement ne se résume pas à Hanouna et Papa Cito je veux dire qu'à un moment donné tes figures de proue c'est ça je ne dis pas qu'il ne faut pas s'en inquiéter mais je voudrais aussi à un moment qu'on ait un discours nous positif c'est un petit peu pour prendre un autre exemple l'extrême droite invente peu pour ainsi dire pas et quand elle semble innover en fait elle nous pique nos idées à nous je prends l'exemple du bastion social il y a quelques années tout d'un coup tout le monde se dit ah l'extrême droite trouve des squats mais ils sont trop forts les gars ça fait des années nous qu'on ouvre des squats et on en ouvre tout le temps et on continue à en ouvrir quand eux ils sont passés à autre chose mais je ne dis pas qu'il ne fallait pas en parler mais ils faisaient croire en mettant en scène c'est un peu comme génération identitaire génération identitaire ils inventent rien en vrai en niveau de la communication politique par contre ils vendent leurs produits ils ont des moyens ils ont des bons moyens pour vendre leurs produits ça c'est vrai
un exemple très récent de ça c'est les occupations de fac dans l'esprit collectif c'est une technique de gauche l'année dernière la cocarde Lyon qui est donc un mouvement d'extrême droite lyonnais étudiant a occupé un amphithéâtre c'est une reprise des modes d'action et de gauche et eux c'était et très explicite dans leur discours c'était ok on va faire comme la gauche parce que comme ça on sera écouté bon au final ça fait relativement un flop mais c'est une reprise de ces modes d'action
et puis il y a aussi au niveau des idées pareil je veux relativiser un petit peu pour pas que les gens parce qu'il y a un truc il y a un espèce d'effet de suffocation des fois disant mais l'extrême droite ils sont trop forts l'extrême droite ils sont partout non l'extrême droite ils n'étaient pas trop forts ils n'étaient pas partout et même au niveau dans le discours ambiant bon bah moi je vais faire le vieux con mais il y a 30 ans les horreurs racistes et sexistes qu'on entendait ou qu'on voyait dans la publicité mais ça n'a mais c'était mais aujourd'hui quelqu'un ferait ça mais il serait il serait banni tout de suite enfin il y a un moment donné quand même pas mal de points sur lesquels l'extrême droite a reculé elle évidemment elle essaye de masquer ça en se victimisant en disant voilà mais c'est la faute au lobby au machin au truc la réalité c'est que il y a aussi je ne dis pas que c'est linéaire je ne dis pas qu'il y a une voie du progrès mais sur un certain nombre de questions de société parce que nous on voit bien comme on se positionne souvent du point de vue de l'extrême droite eux ils sont désespérés de l'état de la société pour eux tout est foutu il n'y a plus rien à faire à part la guerre civile parce que l'immigration c'est toujours plus les théories du genre qu'ils ont essayé le wokisme le wokisme en fait la réalité c'est que ça se banalise tout ça et pour eux ils ont beau le dénoncer etc on a l'impression comme ça qu'ils occupent beaucoup d'espace pour le faire et là pour le coup ils sont sur des positions plutôt défensives qu'est-ce qu'ils avancent c'est quoi les choses nouvelles entre guillemets qu'ils arrivent à mettre dans la tête des gens alors bien sûr il y a une banalisation du racisme c'est vrai mais je ne pense pas que les gens soient tellement plus racistes tu vois aujourd'hui qu'il y a 30 ans tu te rends compte que l'extrême droite avant ils disaient les bougnoules maintenant ils disent les migrants
mais c'est même prouvé statistiquement ce que dit Hervé sur le fait que par exemple le racisme recule en France c'est Nona Meilleur qui est donc politologue qui gère le baromètre français sur le racisme et l'antisémitisme et donc c'est un baromètre qui est annuel et ce qui est montré c'est qu'il y a différents degrés d'acceptation selon les classifications par ce baromètre et que dans les faits tous les taux d'acceptation augmentent ces dernières années pas forcément dans le débat public mais dans l'esprit collectif et au niveau des statistiques après point négatif ce qui peut pousser finalement la radicalisation des acteurs des mouvements d'extrême droite
mais pas seulement en fait il y a une acceptation mais de tout il y a aussi une plus grande acceptation de l'extrême droite dans le paysage c'est à dire pour le coup elle s'est normalisée elle a tout fait pour elle s'est banalisée et ça c'est vrai que c'est inquiétant parce que les gens ne l'identifient plus comme telle et donc il y a l'évidence antifasciste qui pouvait exister il y a quelques décennies aujourd'hui l'antifascisme en tant que tel est devenu une lutte à défendre ne serait-ce que parce qu'il faut à nouveau démontrer mais c'est stimulant intellectuellement et politiquement il faut à nouveau démontrer que l'extrême droite existe de quoi elle est faite quelles sont les idées qu'elle défend quels dangers elle représente et ça c'est un petit peu je dirais le challenge des antifas de maintenant on voit vers où on va
et possibilité finalement l'horizon n'est pas si obscur c'est bien de le rappeler qu'il y a une différence entre le temps médiatique le temps politique et effectivement de rappeler que le temps collectif réel ancré dans la réalité est encore une fois différent merci à tous les deux d'avoir accepté merci beaucoup merci Hervé je rappelle que tu es membre de la Horde et concepteur du jeu Antifa qui est bien étalé sur cette table on va peut-être faire une partie plus tard en tout cas ça m'intéresse de le voir à retrouver chez Libertalia
bien sûr au mois de janvier parce que là il n'y en a plus les précommandes alors c'est toujours possible en fait de le commander mais les gens qui commandent aujourd'hui ne l'auront qu'en janvier
il faut recréer il faut réimprimer merci aussi à toi Daphné on te retrouve entre autres chez Politis oui avec des petites surprises demain à 17h raconte-nous rapidement nos lecteurs assidus nos lecteurs assidus se seront rendus compte que notre site est actuellement en maintenance puisque nouvelle formule nouveau site rendez-vous demain soir avec plein de surprises et puis évidemment vous pouvez retrouver mes articles sur l'extrême droite si vous voulez vous renseigner sur le GUD il y en a un qui est sorti la semaine dernière non il y a deux semaines pardon et voilà à bientôt à bientôt merci à tous les deux quant à vous qui nous regardez qui nous suivent en direct chez vous je vous remercie d'avoir suivi l'émission en direct ou en replay puisque c'est en replay juste après vous pouvez maintenant le partager la partie de cette vidéo sur vos réseaux merci aussi à toute l'équipe technique du média sans qu'il y ait peu de choses seraient possibles ici je me fais la voix de tous les médias pour vous remercier encore vous toutes celles et ceux qui abonnez mensuellement et donateurs de l'actrice ponctuelle nous soutenez nous dans notre travail journalistique ici au quotidien continuez continuez parce que plus on sera plus fort nous serons rendez-vous sur lemédiatv.fr pour nous rejoindre dans cette aventure médiatique ilédite moi je vous retrouve ici même heure même endroit la semaine prochaine mardi prochain pour un prochain épisode de toujours debout d'ici là bonne soirée merci à tous
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