Réticence à la vaccination : "On la retrouve partout où des plaies historiques ne sont pas cicatrisées"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:29OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est une colère désormais plus générale ?
- 1:04OuverteRéponse directe
On entend ça aussi ou c'est vraiment, ça reste vraiment sur les contraintes liées à l'épidémie ?
- 1:22OuverteRéponse directe
Alors justement, à propos de cette obligation vaccinale, quand on regarde les chiffres, on voit que finalement les soignants sont déjà très majoritairement vaccinés.
- 2:03OuverteRéponse directe
Effectivement, si on regarde la population globale, là on est quoi ? Autour d'un gros tiers seulement de personnes vaccinées ?
- 2:24OuverteRéponse directe
Comment expliquez-vous une telle réticence ?
- 3:23OuverteRéponse directe
Ce pesticide qui a été massivement utilisé dans les Antilles, alors même que sa nature cancérigène était connue.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:32Invité politiqueFait
« Non, je pense que cette colère est liée à l'obligation vaccinale pour certaines professions et voire l'application aussi du pass sanitaire. »
- 1:31Invité politiqueChiffre
« Alors globalement, c'est 85% avec certains établissements qui sont à 100% même, voire les 92, 97%. »
- 1:40Invité politiqueChiffre
« Et dans le privé, on serait autour de 92% de vaccinés. »
- 2:09Invité politiqueChiffre
« 38% c'est ça ? 38% pour la vaccination complète et 45%, 45 à 47% pour les deux doses. »
- 2:40Invité politiqueFait
« la réticence à la vaccination, on la retrouve partout où il y a des retards de développement structurel. »
- 3:20Invité politiqueFait
« La question de la chlordécone n'est pas réglée. »
- 5:32Invité politiqueFait
« nous avons mis en place, avec le président du conseil régional que je viens de rencontrer dans vos locaux, et le président du conseil du département, le Vaxibus pour aller vacciner dans les communes »
- 5:43Invité politiqueFait
« Dans ma commune, j'ai mis la vaccination à domicile, en place. »
- 5:55Invité politiqueFait
« nous avions proposé, effectivement, cette vaccination de proximité, qui a fiché, qui a manqué. »
- 6:12Invité politiqueFait
« Moi, personnellement, je vous dis, je suis pour la vaccination choisie. Je suis contre l'obligation vaccinale. »
- 6:34Invité politiqueFait
« Autant je suis contre la vaccination obligatoire, je me dis que quand on est un soignant, on devrait quand même être le premier à donner confiance au protocole sanitaire, au consensus sanitaire international. »
Temps de parole
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Troisième jour de grève générale en Guadeloupe, un mouvement contre l'obligation vaccinale des soignants et contre le pass sanitaire. Bonjour Jocelyn Sapotille.
Bonjour, bonjour sous-titrage de France Inter.
Vous êtes le maire de Lamantin, également président de l'association des maires de Guadeloupe. Vous êtes à Paris en ce moment pour le congrès de l'AMF, l'association des maires de France qui se tient cette semaine. Alors des grèves et des manifestations liées au Covid, il y en a déjà eu ces derniers mois en Guadeloupe. Les questions sanitaires restent vraiment le motif de cette mobilisation. Est-ce que c'est une colère désormais plus générale ?
Non, je pense que cette colère est liée à l'obligation vaccinale pour certaines professions et voire l'application aussi du pass sanitaire. Il y a les deux. Donc oui, ce mouvement social aujourd'hui qui fait parler de lui, voilà, a ces deux origines-là essentiellement et fondamentalement.
Parce que dans le reportage qu'on a diffusé il y a quelques minutes, on entendait certaines personnes parler de cherté de la vie, dire qu'elles gagnaient trop peu d'argent, qu'elles réclamaient des salaires plus importants. On entend ça aussi ou c'est vraiment, ça reste vraiment sur les contraintes liées à l'épidémie ?
Non, ça reste sur les contraintes liées effectivement à l'épidémie. Ça reste sur les deux sujets, l'obligation vaccinale pour certaines professions et de notre côté le pass sanitaire. Après bien sûr, vous connaissez la stratégie syndicale.
Alors justement, à propos de cette obligation vaccinale, quand on regarde les chiffres, on voit que finalement les soignants sont déjà très majoritairement vaccinés. On est quoi autour de 85% ?
Alors globalement, c'est 85% avec certains établissements qui sont à 100% même, voire les 92, 97%. Et dans le privé, on serait autour de 92% de vaccinés. Oui, on peut dire aujourd'hui que la vaccination avance en Guadeloupe, certainement à un pas un peu trop lent, mais que ça prend et que ça avance.
Alors ça, c'est si on regarde les chiffres globaux. Là, j'étais juste sur les soignants puisque c'est l'un des motifs de ce mouvement. Effectivement, si on regarde la population globale, là on est quoi ? Autour d'un gros tiers seulement de personnes vaccinées ?
Un peu plus que ça. 38% c'est ça ? 38% pour la vaccination complète et 45%, 45 à 47% pour les deux doses. Bon, en sachant bien sûr que ceux qui sont à une dose sont appelés à devenir dans trois semaines deux doses. Comment expliquez-vous une telle réticence ? Ça s'explique comme ça s'explique à beaucoup d'endroits. Il ne faut pas stigmatiser. Tout simplement, quand on fait une étude, et j'ai écrit une rubrique là-dessus, deux pages, dans le quotidien qui est le France-Antilles de chez nous, pour dire que la réticence à la vaccination, on la retrouve partout où il y a des retards de développement structurel.
Parce qu'en fin de compte, la parole publique, on ne lui fait plus confiance parce qu'on se dit, regardez, dans le temps, ça ne nous a pas rapporté grand-chose. Donc la parole officielle est remise en cause. On rencontre effectivement ces difficultés-là sur les territoires qui sont éloignés du centre. Ça, c'est vrai aussi pour la France hexagonale, ce que je dis. Donc on rencontre ces difficultés-là aussi, là où il y a des plaies historiques qui ne sont pas toujours cicatrisées. Et chez nous, c'est le cas. La question de la chlordécone n'est pas réglée.
Ce pesticide qui a été massivement utilisé dans les Antilles, alors même que sa nature cancérigène était connue.
Bien sûr, voilà.
Donc ça, ça a laissé des traces et il y a un problème de confiance aujourd'hui.
Ça pose un problème de confiance et en fait, certaines personnes, bien intentionnées bien sûr, utilisent cela comme un terroir pour pouvoir créer de la confusion, faire de la propagande, faire un travail qui n'a rien à voir avec la science et qui crée une opinion sur la vaccination. Et on lit tout ça, on mélange tout cela et la population, bien sûr, fragile à ce genre de discours et chat échaudé craint le foide, comme on dit, donc est sensible à ces arguments. Mais des arguments aujourd'hui, au fur et à mesure où on avance dans le temps, on se rend compte que la vaccination est la solution.
On se rend compte que tout ce qu'on a dit par rapport à la vaccination était globalement faux aujourd'hui. On se rend compte que la vaccination progresse dans le monde. On se rend compte que pour se protéger, mieux se protéger, effectivement, la réalité, c'est qu'il faut être vacciné. J'ai envie de vous dire, depuis quand, effectivement, on a créé le premier vaccin, Pasteur a créé le premier vaccin. C'est mon petit-fils qui a 11 ans qui me l'a dit. Dès cette époque-là, il y avait déjà des gens qui étaient contre le vaccin, papy. Et aujourd'hui, avec 200 ans, ça nous prouve que c'est la science qui avait raison.
Mais est-ce que ce discours que vous tenez, il est relayé par l'ensemble des élus locaux que vous représentez ? Je rappelle que vous êtes le président de l'association des maires de Guadeloupe. Cette incitation à l'ESFA vacciné, est-ce qu'elle est relayée par les élus ?
Peut-être pas avec le même verbe que moi, parce que moi, j'ai mon style et j'ai mon verbe. Oui, mais globalement, la grosse majorité de la classe politique, tout comme la grosse majorité des soignants et des médecins, oui, est dans ce discours et dans ce dispositif. Et non seulement nous portons le discours, mais nous mettons en place les moyens pour faciliter la vaccination. Nous avons mis en place, avec le président du conseil régional que je viens de rencontrer dans vos locaux, et le président du conseil du département, le Vaxibus pour aller vacciner dans les communes, donc un Vaxibus itinérant, des centres éphémères de vaccination.
Dans ma commune, j'ai mis la vaccination à domicile, en place. La difficulté, c'est que nous n'avons pas été suffisamment, dès le début, à mon avis, suivis et entendus par l'ARS. L'autorité régionale de santé. Voilà, parce que nous avions proposé, effectivement, cette vaccination de proximité, qui a fiché, qui a manqué.
Sauf que là, les gens qui sont en grève et qui manifestent, ce n'est pas justement parce qu'ils n'ont pas accès facilement à la vaccination, ce n'est pas ça, c'est parce qu'ils sont contre et ils ne veulent pas l'obligation vaccinale. Ce n'est pas la même chose ?
Ce n'est pas la même chose. Moi, personnellement, je vous dis, je suis pour la vaccination choisie. Je suis contre l'obligation vaccinale. Y compris pour les soignants ? Alors, pour les soignants, je dirais autre chose. Je dirais que ça doit être réglé, non pas par le politique, mais par une éthique, une déontologie du métier et de la profession. Pourquoi je vous dis ça ? Autant je suis contre la vaccination obligatoire, je me dis que quand on est un soignant, on devrait quand même être le premier à donner confiance au protocole sanitaire, au consensus sanitaire international.
Je suis désolée, l'heure tourne et il faut que je vous pose cette question. Comment on fait pour sortir de ce conflit, pour apaiser la situation aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'on peut faire ?
Par le dialogue, madame. Comme toujours, nous sommes dans une société, une démocratie. Nous sommes au sein de la République. On ne s'en sortira que par le dialogue. Donc, j'invite effectivement les différentes parties à se rencontrer. Seulement, on est aussi dans une République avec des lois et aujourd'hui, on remet en cause effectivement une loi qui a été votée et votée par des élus qui représentent la Guadeloupe, mais qui représentent la nation. Avec toute légitimité, il n'y a qu'une loi qui peut défaire une loi.
Merci, Jocelyne Sapoti, maire de Lamentin et président de l'Association des maires de Guadeloupe. Vous étiez l'invité du 5-7.