SCANDALE GABÈS : ON A FÂCHÉ UN MINISTRE, IL NOUS ATTAQUE !
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Mercredi 10 décembre dernier à l'Assemblée nationale lors des questions au gouvernement le ministre de l'Europe et des affaires étrangères Jean-No Barre a tenu des propos visant notre rédaction le média suscitant de vives réactions sur les bandes de la gauche. Dans le même temps, la France continue de soutenir le régime tunisien alors que la situation Agabè marquée par une catastrophe écologique et sanitaire à l'air de nombreuses ONG et parlementaires. Pour en parler, nous recevons Nathalie Auziol, député la France insoumise et Amine Snoussy, journaliste.
Ensemble, ils reviendront sur ces prises de position gouvernementale sur celle qu'elles disent plus largement de l'état, du débat démocratique et de la liberté de la presse. Les manifestations, le mouvement social qui a lieu à Gabèes en Tunisie pour euh protester contre la situation environnementale est une affaire tunisienne qui euh n'a pas vocation à être commentée par les autorités françaises. Les manifestations doivent pouvoir se dérouler en toute liberté et dans les respect.
Pour autant, je regrette, je déplore la désinformation diffamatoire qui est menée par un média, le le média affilié à la France insoumise contre le groupe français roulier qui produit certes compléments nutritionnels pour animaux et végétaux sur les deux sites de Gabè, mais cette activité de transformation ne génère pas de rejets toxiques. D'ailleurs, la politique de responsabilité sociale des entreprises qu'elles mettent en œuvre sur le terrain est reconnue par tous localement. Donc je vous invite à ne pas vous fier aux diffamations qu'on peut lire sur le média et à recalibrer vos réponses pour ne pas accabler ni les entreprises françaises ni les membres éminents de cette assemblée.
Bonsoir Amine. Bonsoir Amina. Alors, la chronique dont le ministre des affaires étrangères parle lorsqu'il parle de diffamation, c'est dixit qui date justement du 24 octobre dernier intitulé Gabes la France, complice d'un mini Ternobyl en Tunisie, on regarde juste un petit extrait.
Et devinez quel est le principal client qui domine les commandes déjà à l'époque ? J'appelle ça la France, mademoiselle. Ce qui intéresse les entreprises françaises à GEBS, c'est notamment le pesticide DAP 1846, largement utilisé en France, mais quasi impossible à produire sur le territoire européen en respectant les normes environnementales.
Alors, on délocalise la pollution chez les excolonies de l'Occident. Le système est connu. La fameuse relation spéciale entre la France et les pays arabes repose sur un soutien fort à l'autocrate en place.
Sissi en Égypte, Benali en Tunisie et désormais Raï ou encore feu Kaddafi en Libye. Alors, d'accord. Est-ce que bah d'abord plutôt est-ce que vous aimeriez réagir justement sur ce qu'a dit Jean-Noël Barreau peut-être ?
Bah oui, mais c'est c'est assez curieux d'ailleurs de de répondre étant donné que ce qu'il dit est complètement faux. On n jamais que ce soit dans le dixite qu'on a publié ou sur le plateau qu'on a fait sur Gabes, on n jamais cité une entreprise française en particulier. On a parlé de la responsabilité française dans le lien qu'elle a avec le groupe chimique tunisien.
Ce lien, il est documenté par plusieurs enquêtes, notamment des enquêtes du service public et notamment une enquête qui a été publiée en 2023 par le média qui est partie sur place et qui a établi euh réellement un lien fort entre la France et le groupe chimique tunisien étant donné que c'est la majorité des commandes euh qui sont faites qui viennent qui viennent d'entreprise française. Par ailleurs, historiquement, la France a toujours eu un lien très puissant avec les marchés publics tunisiens, étant donné que c'est un lien de postcolonial où la France a une priorité sur beaucoup de marchés publics tunisiens. Donc c'est ses propos à lui sont diffamatoires et il accuse le média d'avoir propagé une une information qu'il nous attribue, qu'on a jamais dit.
Et on cite bien dans le dix site d'ailleurs que je vous invite à regarder, on cite bien évidemment toutes nos sources dans la description de la vidéo. Justement, comment est-ce que vous réagissez vous en tant que que député justement quand un ministre s'attaque quand même publiquement à un médiia depuis l'Assemblée nationale ? Est-ce qu'on parle encore d'un du débat politique pardon ou c'est plutôt une forme de pression d'une certaine façon ?
C'est bon la réponse est en dessous de de ce qui est attendu quand on parle d'un d'un immense scandale sanitaire environnemental et de la complicité euh de la France via le rôle joué par une entreprise française et sa filiale sur place à Gabèes en Tunisie. Là la la façon dont il tourne la chose c'est à la fois pour balayer d'un revers de la main le sérieux de la France insoumise et balayer d'un revers de la main le sérieux des enquêtes journalistiques et médiatiques. Et oui, je confirme oui, le média effectivement en a parlé.
Tant mieux. en fait, mais c'est pas le seul média qu'il a fait, ça c'est dans toute la presse maintenant. Euh en fait, les les les manifestations qui ont lieu à Gabes sont tellement énorme que c'est dans la même dans la presse mainstream, le monde France 24 et effectivement avant ça, Bakita avait fait une grosse enquête au moment où Marc Fenot dont je parle dans ma question gouvernement était ministre hein d'ailleurs et sur le fait que on peut se demander s'il a pas fermé les yeux sur ce qui se passait malgré les alertes lancées.
Donc en fait c'est c'est en dessous de tout. C'est c'est pas ce qu'on attend effectivement de du du gouvernement français que j'interroge là parce qu'il me dit en plus oui mais ce sont des affaires tunisiennes mais je l'interroge là parce qu'il y a une entre au moins une entreprise française qui est impliquée là-dedans. Donc ça veut dire qu'on a quand même quelque chose à faire et quelque chose à dire là-dedans.
Bon bah il répond pas là-dessus. Oui, c'est quelque chose qui est assez courante la réponse de dire la France choisit sa souveraineté quand elle la range. Ça veut dire que les libéraux et les centristes disent maintenant euh la Tunisie on respecte sa souveraineté et cetera, donc on va pas intervenir.
Alors oui, ça c'est du d'un côté c'est c'est c'est entendable comme argument. il était cohérent. Euh la France ne respecte pas la souveraineté de la Tunisie quand elle fait des accords migratoires en échange de l'externalisation de la frontière de lieu, quand elle soutient des autocrates et qu'elle les qu'elle les renforce, que ce soit Kid maintenant ou Benali à l'époque, Bourgiba avant, quand elle nie le droit des peuples à vivre de avec un air non pollué, avec une eau non polluée et cetera, elle s'implique de facto.
Donc le fait que des députés demandent des explications, c'est pas du tout du post-colonialisme ou de l'ingérence. C'est au contraire une question légitime sur ce que fait déjà la France là-bas. Et justement, qu'est-ce que ça dit aussi enfin parce que là il a uniquement il y a eu d'autres médias comme vous l'avez dit aussi mainstream, le monde et cetera.
Qu'est-ce que ça dit aussi du rapport du gouvernement en fait à une presse indépendante ou plutôt médias en fait critique et plus largement même le pluralisme démocratique ? Là, il y a un mépris qui est quand même assez évident. Puis euh cette façon franchement euh euh par sous-entendu de de venir dire "Ah ben parce que ce média serait proche d'après lui de la France insoumise, bah du coup c'est pas crédible." Mais en fait encore une fois, bon euh c'est pas sérieux en fait.
C'est vraiment pas sérieux quand on parle de de la situation à Gabèes en Tunisie. Enfin pour resituer en fait ce qui se passe c'est bon Gab je crois que c'est dans les années 70 que le site industriel s'est développé pour transformer du phosphate et le ça sert notamment à faire des engrais qui sont extrêmement utilisés notamment dans l'agriculture française puisqu'on veut pas produire ça en France parce qu'effectivement ça pourrit tout, ça pourrit les sols, ça pourrit l'eau et ça pourrit la santé des gens. Euh et donc ces produits en Tunisie, la France en achète, en importe pour l'agriculture française.
Euh c'est quasiment impossible de le produire dans ces conditions-là sur le sol européen, soit dit en passant, les normes sont quand même très compliquées. Enfin, voilà, donc on fait en sorte que ce soit produit ailleurs, on l'achète en France. Et euh donc ça fait déjà plusieurs années que la la sonnette d'alarme est tirée sur le fait que les gens peuvent plus respirer.
Là on parle de mineurs hein maintenant qui sont hospitalisés, ils peuvent plus respirer. Oui, il y a des images qui se trouvent aussi fac les l'immobilisation, c'est les enfants qui suffoquaient en classe en cours. Il avait des scènes, des vidéos d'images d'enfants, une classe d'enfants qui n'arrivaient plus à respirer.
Donc les profs qui interrompent les cours et la police qui intervient et cetera. Et oui, comme vous l'avez dit, c'est quelque chose qui qui en Tunisie pour avoir couvert la Tunisie pendant très longtemps, c'est quelque chose de très très récurrent la situation à Gabè. Il a une sorte de fatalisme là-dessus de on peut pas toucher à ce groupe chimique parce qu'il est trop puissant.
Et donc non seulement ça fait un moment que ça dure, mais là c'est clair que ça il y a une une actualité très forte du fait de mobilisation sans précédent, je pense hein. Gabas, on parle de 100000 personnes d'une grève générale euh et dans un contexte où et ça je le dis aussi parce que on a communiqué avec mon groupe pour dire notre soutien au peuple tunisien dans un contexte où les manifestations de protestation sont quasiment constamment réprimées violemment par le régime en place. Et donc bah nous on dit aussi notre soutien, je pense qu'on a ce devoir là aussi d'envoyer un message de de fraternité avec les peuples en lutte.
Euh mais mais et et et ça c'est une chose mais mais par ailleurs lorsque en fait il y a une entre au moins une entreprise française entreprise rouliée qui a sa filiale phosphéa sur place donc qui participe à la transformation du phosphate qui va polluer on parle de 10 à 15000 tonnes de déchets qui sont déversés en mer chaque jour. Voilà. Enfin, notre mère est commune, hein.
Moi, je suis à Montpellier, on est à côté de la mer Méditerranée. La mer est commune. Euh, bon donc croire que tout ça se passe très loin, qu'on en a rien à faire, en fait, on va enfin on en paye le prix d'une manière ou d'une autre, si ce n'est sur notre conscience à la fin dans nos assiettes et par la mer qu'on partage.
Donc en fait, bon, il y a il y a quand même beaucoup de de de d'aspects par lesquels euh on on doit s'inquiéter et le gouvernement français devrait regarder tout cela avec beaucoup plus de sérieux, beaucoup moins de mépris et y compris faire attention à ce que les médias disent quand il y a des enquêtes qui sont faites. Ce n'est pas pour nuire, c'est pour faire en sorte d'alerter euh collectivement sur ce qui se passe et de et de faire en sorte qu'on agisse. Là c'est une il faut il faut de l'action là quand des mineurs sont hospitalisés que probablement la France a un rôle à jouer.
Bon il faut agir quoi. Justement il y a des ONG et des journalistes comme vous l'avez dit aussi qui ont dénoncé l'inaction voir la complaisance aussi des autorités françaises face à cette situation. Est-ce que la diplomatie française ferme les yeux en fait quand il s'agit d'intérêt économique ou géopolitique ?
Et on a pu voir aussi ces deux dernières années avec le génocide en Palestine. Oui, c'est assez classique en fait. C'est c'est la France post-coloniale telle qu'on la connaît.
C'est c'est ce qui en fait pour le cas de la Tunisie, c'est quelque chose où on a déjà eu le cas pratique il y a 2 ans avec l'accord migratoire UE Tunisie où la France a fermé les yeux sur des exactions horribles qui ont été commises en Tunisie qui ont résulté sur au moins 27 migrants qui ont qui sont qui sont morts dans le désert et une explosion du racisme sur place et la France a totalement été complice de ça de facto étant donné que l'accord couvre un mérandome qui couvre l'UE et la Tunisie et l'UE l'a signé en connaissance de cause et la France n'a jamais opposé quoi que ce soit à cet accord. Au contraire, ça l'arrange, c'est une externalisation des frontières comme ce qui a été fait auparavant en Turquie ou ou en Égypte. Et c'est c'est une c'est en fait c'est la la morale des droits humains universalistes qu'on nous vend avec avec la la diplomatie française.
Elle s'arrête comme vous vous l'avez dit dans la question. aux intérêts économiques et aux intérêts euh aux intérêts financiers. Avant tout, si euh on peut avoir un pays qui gère nos fron les frontières à notre place, queles que soient les exactions qu'il commettent, on va fermer les yeux.
Si on a un endroit où on peut avoir de l'engrais, même s'il s'il massacre des enfants, c'est pas les nôtres. Mais rentre là-dessus. Oui.
Et puis bon, par ailleurs, c'est Jean-Noel Barreau, enfin puisque on fait le parallèle avec le il a été interrogé de nombreuses passes sur la situation au Prochrient et déjà franchement il était très en retrait très très enfin ne jamais annoncer d'action de la part de la France, jamais s'avancer déjà prononcer le mot génocide. Enfin voilà, c'est c'est presque un gros mot alors que bon c'est c'est chiffré, c'est factuel. Bon et donc c'est clair que il on est plutôt habitué à le voir assez passif sur des questions qui relèvent complètement de son ministère.
Et encore une fois on parle de d'intérêt économique mais moi ce que je mets en avant dans ma question au gouvernement euh ça a déjà été mis dans le débat public. On parlait de Vakita, le fait que l'ancien ministre de l'agriculture Marc Fenot a accueilli dans son cabinet le l'ancien directeur chargé de la stratégie du groupe roulier. Ben c'est Vakita qui en parle par exemple pour la première fois.
Alors c'est pas c'est des faits quoi. Il a classé ça sous la diffamation et cetera mais c'est juste factuel. Donc enfin et par ailleurs, bah ça ça fait que tout le monde s'est interrogé.
En tout cas, les les médias qui se sont emparés de ça se sont interrogés sur ben pourquoi à ce moment-là on parle d'agriculture, on parle d'engrais de la façon dont les engrais sont produits. Pourquoi en fait le ministre de l'agriculture ne s'est pas saisi de cette affaire-là alors que effectivement des alertes étaient déjà données que franchement enfin on aurait jamais dû laisser la la situation s'aggraver et et et prendre des proportions comme comme ça enfin là comme elle est actuellement. Donc oui, bon bah c'est le gouvernement macroniste quoi.
Et justement plus largement, est-ce qu'on euh est-ce que vous estimez justement que l'exécutif entretient aussi un climat qui est quand même assez délétaire vis-à-vis des journalistes qui sont critiques ? On l'a vu sur d'autres sujets aussi ces dernières années, on a l'impression qu'il suffit qu'on pointe euh le doigt sur quelque chose qui ne fonctionne pas et automatiquement les journalistes ou en tout cas les médias sont soit diffamés soit discrédités. Bah, je trouve que ça dépend des médias, ça dépend des sujets.
Il y a le traitement n'est pas toujours le même. Je veux dire, bon bah bon là clairement il a il a il a traité le média de manière extrêmement méprisante. Euh je sais pas, je pourrais donner d'autres exemples, mais moi par exemple, je je dénonce le fait que sur certaines chaînes de télé, vous faisiez un un tout à l'heure un plateau sur le sujet de l'islamophobie.
Bah, il y a des plateaux télé, des chaînes télé qui clairement alimentent ça au quotidien qui 365 jours par an euh vont traiter de sujets qui euh sont clairement islamophobes, nourrissent l'islamophobie. Je pense à ces news hein, par exemple. Enfin, voilà, c'est un secret pour personne.
Non, mais et bah euh à quel moment il s'insurge sur le fait que des chaînes télé ben alimentent un climat islamophobe, raciste à longueur de temps ? Elles sont où les paroles dures de de monsieur Barreau ou du reste du gouvernement sur ce genre de de sujet là ? Bon voilà, enfin il y a quand même une géométrie.
C'est c'est comme sur beaucoup de sujets, il y a un double standard en fait hein selon les sujets, selon les médias. Bon voilà. Mais justement sur ce sujet là, il y a aussi reporter sous frutière qui avait mené une enquête pour expliquer pourquoi ces news et ne respectaient pas les règles de l'ARCOM.
Mais l'ARCOM a dit que finalement en fait ces news respect règles et le gouvernement en fait a repris cette verbime pardon en expliquant que ces news n'étaient pas d'extrême droite. Ouais. Bon, il s'appuie sur ce qui les arrange en fait.
Voilà. C'est c'est vraiment enfin il y a des sujets qui enfin comment dire je pourrais citer par exemple l'exemple de la loi immigration qui s'appuie clairement sur des non seulement des idées d'extrême droite mais le programme du du Rassemblement national et du Front National même à l'époque. Donc je veux dire bon ils choisissent un petit peu comment voir les choses et il s'agit ils choisissent aussi sur quoi s'appuyer quoi.
Et là bah c'est clair qu'en l'occurrence sur le sujet de ce qui se passe à Gabes en Tunisie, bon bah la réponse est clairement insuffisante. En dessous de ce qu'on attend, c'est pas une façon de traiter ce qui est un des plus gros scandales sanitaires et environnementals de notre siècle. qui choisissent leurs journalistes.
C'est ça la différence, c'est qu'il y a une volonté de de d'avoir une sorte d'objectivité journalistique euh qui est en fait un un mythe fondateur du journalisme français où l'objectivité, la neutralité sont des formes de centrisme. Et c'est les journalistes que préfèrent la Macronie parce que c'est des gens qui vont toujours se cadrer en se mettant au milieu de de la du spectre politique et qui vont avoir l'air équilibré, gentil et cetera. les journalistes qui assument une ligne éditoriale comme au Média, comme à Blast, comme à Luma, comme à Média Part, ça c'est des journalistes qui qui qui les dérangent et qui pour le coup ne peuvent pas ne peuvent pas ne peuvent pas ne se ne n'ont pas peur de dire les mots.
Et quand on voit qu'il y a des liens entre une entreprise française et en une catastrophe sanitaire à Gabèes, on va dire qu'ils sont complices. va pas dire que potentiellement il y aurait quelque chose à creuser, à voir et cetera. Si les faits sont là, on va on va pas on va pas attendre on va pas attendre que Jean-Noel Barreau l'avoue publiquement dans un grand moment à l'Assemblée nationale, on va le dire.
Donc c'est c'est ça là, je pense que qui qui les dérange. Je pense que je pense que cette info n'aurait absolument pas été traitée par des chaînes comme BFM ou C News et cetera parce que c'est pas intéressant pour eux. Ça ne rentre pas dans leur cadrage éditorial.
Euh et que du coup euh je c'est d'autant plus important que les médias indépendants soient là pour euh pour euh pour agacer la Macronie. Justement, que devrait faire selon vous le gouvernement français après les avoir interpellé sur ce sujet et d'une certaine d'une certaine façon montrer aussi leur implication directe ou indirecte ? Voilà, il faut faut agir.
Mais en fait, ils auraient dû agir déjà il y a longtemps parce que euh précisément c'est grâce à des médias indépendants que ce sujet-là est venu sur euh euh a été posé sur la table. Euh là euh on est vraiment à un moment qui est critique. Euh on va de la santé de de de centaines de personnes de mineurs.
Euh le la l'entreprise rouliée a été mentionnée à de nombreuses reprises dans de nombreuses enquêtes. On peut pas juste dire euh oh bah les entreprises françaises, il faut genre les les protéger, arrêter de les critiquer vis-à-vis de de l'étranger. Non, si s'il y a quand même c'est plus qu'un soupçon là que elle se comporte mal, qu'elle participe à un désastre sanitaire écologique, on ferme pas les yeux là.
Il faut vraiment se pencher là-dessus arrêter en fait. Si si là, on en est même plus, je veux dire, on pourrait dire bon dans le doute, on pourrait voir là, il y a déjà des gens qui qui souffrent, qui qui risquent leur santé, leur vie. Donc là, il faut enfin en fait, il faut mettre un une grosse pause sur l'activité qui est là-bas et et démêler et faire enfin faire en sorte en fait qu'il n'y ait que ça n'existe plus.
Ça c'est là enfin c'est les sols sont détruits, la le littoral est détruit, les gens ne respirent plus littéralement, ils étouffent. On ne peut pas se satisfaire d'être de participer à à ce désastre. C'est c'est pas possible.
Oui, ça m'a fait penser que de lors des premières mobilisations sociales à Gabèes, l'un des slogans c'était laissez-nous respirer. C'est c'est en fait c'est ça qu'on réalise pas peut-être à ce à un tel niveau de pollution de l'air. Les gens se plaignent d'asphyxie dans leur quotidien.
Ça veut dire qu'il y a des gens qui ont des troubles respiratoires dans la semaine très régulièrement, qui ça fait partie de leur quotidien depuis des années et que à chaque fois qu'ils se plaignent, le gouvernement leur dit "Non, il y a pas de lien, vous inquiétez pas, ça n'a rien à voir avec l'usine chimique qui est en train de de polluer là juste à côté de vous, rien à voir." Et d'ailleurs, ça dans un document rarté qui est sorti il y a 6 ans qui utilisait le même titre, enfin le même pas exactement le même titre mais qui réutilisait l'expression de mini Ternobyl euh dans le dans le dans le dans le documentaire parlait déjà de la responsabilité française et parlait déjà du fait que la France remplissait les les carnets de commande et il parlait du fait que un des enjeux du gouvernement tunisien de l'époque qui était donc avant Kaisayed mais aussi des des des gouvernements occidentaux, c'était que la Tunisie n'établisse pas de lien entre l'usine chimique et la le nombre de maladies respiratoire sur place. Donc il y a il y a il y a pas de données chiffrées par exemple qui attestent des données de santé qui peuvent attester du lien.
C'était un objectif assumé pour empêcher le fait que cette catastrophe n'explose au grand jour. Merci beaucoup Nathalie, merci d'avoir été avec nous sur ce plateau. Merci Amine Suns Sì.
Jean-noël Barrot