La crise vue par Noël Mamère - C à Vous - 08/06/2020
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:05OuverteRéponse partielle
Votre regard sur la situation au Brésil avec un président qui fait comme Trump, mais en pire ?
- 1:09OuverteRéponse directe
Et les destructions en Amazonie continuent, se poursuivent, s'accélèrent.
- 3:24RelanceRéponse partielle
Même si ce rapprochement est ancestral, il n'a rien à voir avec le monde moderne.
- 4:34OuverteRéponse directe
Qu'a révélé cette crise du coronavirus en France ?
- 4:41RelanceRéponse directe
Qu'a-t-elle révélé, justement, des failles du système français ?
- 6:53OuverteRéponse directe
Et là, qui était le professeur Pellerin de 2020 ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:17Invité politiqueFait
« Un anthropologue qui s'appelle Marcel Mauss, qui a été à l'origine de l'anthropologie, disait que parler de fait social total, un fait social total c'est un événement qui révèle la totalité d'une culture ou d'une civilisation. »
- 0:38Invité politiqueFait
« qui, dégoûtés par la gauche, se sont reportés sur un candidat d'extrême droite, qui n'était qu'un petit militaire de seconde zone. »
- 0:52Invité politiqueFait
« il y a les Amérindiens, ceux qui aujourd'hui sont victimes à la fois du retour massif des mercenaires, des grands propriétaires terriens, qui non seulement ne se contentent pas de les éliminer, mais qui exportent également leur maladie. »
- 1:12Invité politiqueFait
« Bien sûr que les destructions en Amazonie se poursuivent. D'ailleurs, nous y avons tous une part de responsabilité. »
- 1:39Invité politiqueFait
« Pour produire, par exemple, du soja transgénique pour nourrir notre bétail ou pour faire de l'agrocarburant qui va nourrir nos bagnoles ou nos avions. »
- 1:53Invité politiqueFait
« Oui, avec un Bolsonaro qui en plus a complètement détruit les petites normes environnementales qui avaient été mises en place, notamment sous l'influence de l'ex-ministre de l'Environnement qui était une verte, Marina da Silva. »
- 2:19Invité politiqueFait
« Et donc ce que pose comme problème ce virus, ce n'est pas tellement le retour à la souveraineté, ce qu'il y aurait de pire, puisqu'on voit bien que tous les pays, face à cette pandémie qui nous menaçait les uns et les autres parce que nous avions très peur, sont revenus sur eux-mêmes et ont fait preuve d'égoïsme. »
- 3:09Invité politiqueFait
« plus nous continuerons des politiques de prédation, d'agriculture intensive, de monoculture, plus nous nous rapprochons du monde sauvage, et plus nous prenons de risque que ce monde sauvage qui porte des virus qui ne sont pas pathogènes pour lui, le devienne pour nous. »
- 3:46Invité politiqueFait
« Il analyse la grippe, ce coronavirus, comme la maladie de la mondialisation. »
- 4:09Invité politiqueChiffre
« De 2003 à 2020, il s'est passé 17 ans. »
- 4:23Invité politiqueFait
« Nous ne nous sommes pas préparés et la France fait partie de ces pays. »
- 4:51Invité politiqueFait
« Elle a révélé, alors d'abord, je pense que ce qui est le plus important, c'est la révélation de ces inégalités économiques et sociales. »
- 5:02Invité politiqueFait
« Regardons ce qui s'est passé, par exemple, dans des villes comme Clichy ou d'autres, où des familles n'arrivaient plus à nourrir leurs enfants parce que leurs enfants n'allaient plus à la cantine, ça coûtait un euro la cantine, il fallait les nourrir. »
- 7:26Invité politiqueChiffre
« la France est la championne d'Europe des... non pas des interpellations, mais il y a eu 20 millions de contrôles et 1 million d'amendes. »
Temps de parole
- Noël Mamère90 %
- Présentateur7 %
- Invité3 %
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Bonsoir Noël Mamère. Merci de votre présence. Ce soir vous signez aux éditions Les petits matins, l'écologie pour sauver nos vies. On va y revenir longuement, mais d'abord votre regard sur la situation au Brésil avec un président qui fait comme Trump, mais en pire, en plus entêté, en plus stupide. Vous êtes d'accord ?
Je ne peux dire qu'il ne s'agit qu'une situation effrayante. Un anthropologue qui s'appelle Marcel Mauss, qui a été à l'origine de l'anthropologie, disait que parler de fait social total, un fait social total c'est un événement qui révèle la totalité d'une culture ou d'une civilisation. Ce virus est extrêmement politique puisqu'il révèle la réalité de ce qu'est à la fois le régime dans lequel se trouvent les Brésiliens, qui, dégoûtés par la gauche, se sont reportés sur un candidat d'extrême droite, qui n'était qu'un petit militaire de seconde zone.
Et ça révèle aussi l'ampleur des inégalités parce que derrière les morts que l'on affiche sur les écrans et qui sont effrayants, il y a les Amérindiens, ceux qui aujourd'hui sont victimes à la fois du retour massif des mercenaires, des grands propriétaires terriens, qui non seulement ne se contentent pas de les éliminer, mais qui exportent également leur maladie.
Et les destructions en Amazonie continuent, se poursuivent, s'accélèrent.
Bien sûr que les destructions en Amazonie se poursuivent. D'ailleurs, nous y avons tous une part de responsabilité. C'est aussi ce que révèle ce virus qui est un élément de la mondialisation dans la mesure où ces déforestations en Amazonie, pas simplement en Amazonie brésilienne, mais aussi dans d'autres pays d'Amérique latine comme la Bolivie, qui a 25% de forêts amazoniennes sur son territoire, cette forêt amazonienne, elle est détruite pour fabriquer quoi ? Pour produire, par exemple, du soja transgénique pour nourrir notre bétail ou pour faire de l'agrocarburant qui va nourrir nos bagnoles ou nos avions.
Il y a un projet en discussion au Congrès basilien qui permettrait d'accélérer encore la déforestation.
Oui, avec un Bolsonaro qui en plus a complètement détruit les petites normes environnementales qui avaient été mises en place, notamment sous l'influence de l'ex-ministre de l'Environnement qui était une verte, Marina da Silva. Et tout ça a été effectivement jeté à la poubelle. Donc c'est effectivement très inquiétant. C'est d'autant plus inquiétant que nous avons peu de façons d'agir sur Bolsonaro au nom de la souveraineté.
Et donc ce que pose comme problème ce virus, ce n'est pas tellement le retour à la souveraineté, ce qu'il y aurait de pire, puisqu'on voit bien que tous les pays, face à cette pandémie qui nous menaçait les uns et les autres parce que nous avions très peur, sont revenus sur eux-mêmes et ont fait preuve d'égoïsme. Mais on ne peut pas considérer le monde comme une addition d'égoïsme, ce qui veut dire que derrière la question que pose le virus, il y a une question essentielle qui est celle de la solidarité, de la solidarité entre humains, mais de la solidarité aussi. Et c'est ce que ça nous révèle.
Non, entre humains et non-humains, car ce virus, il est venu de non-humains, peut-être un pangolin, peut-être une chauve-souris, mais c'est la démonstration qui n'est pas remise en cause, selon laquelle plus nous continuerons des politiques de prédation, d'agriculture intensive, de monoculture, plus nous nous rapprochons du monde sauvage, et plus nous prenons de risque que ce monde sauvage qui porte des virus qui ne sont pas pathogènes pour lui, le devienne pour nous.
Même si ce rapprochement est ancestral, il n'a rien à voir avec le monde moderne. La consommation d'animaux sauvages par les Chinois, ça ne date pas de l'ère de la globalisation.
Mais la grande différence, c'est que la globalisation, elle est due à quoi ? Elle est due à la facilité des transports, comme l'a très bien analysé un anthropologue qui s'appelle Frédéric Keck. Il analyse la grippe, ce coronavirus, comme la maladie de la mondialisation. Donc ça a été accéléré, évidemment. C'est-à-dire qu'avant, ça mettait beaucoup plus de temps. Avant, ça mettait deux ans. Aujourd'hui, ça met quelques semaines. En Asie, ils ont été payés pour savoir, avec le SRAS en 2003, que certains considèrent comme un 11 septembre asiatique. De 2003 à 2020, il s'est passé 17 ans. Et sans doute convaincu par notre puissance et le fait que personne ne pourrait changer notre mode de vie.
Nous ne nous sommes pas préparés et la France fait partie de ces pays. Et parce qu'on a échappé au SRAS, on s'est dit, c'est bon pour les autres et nous, on va y échapper.
Justement, qu'a révélé cette crise du coronavirus en France ? Puisqu'elle a révélé les inégalités au Brésil, en France également.
Bien sûr.
Qu'a-t-elle révélé, justement, des failles du système français ?
Elle a révélé, alors d'abord, je pense que ce qui est le plus important, c'est la révélation de ces inégalités économiques et sociales. Le confinement n'a pas été le même pour tous. Il y a ceux qui l'ont vécu de manière confortable, moi par exemple, comme d'autres, et puis ceux qui l'ont vécu d'une manière tragique. Regardons ce qui s'est passé, par exemple, dans des villes comme Clichy ou d'autres, où des familles n'arrivaient plus à nourrir leurs enfants parce que leurs enfants n'allaient plus à la cantine, ça coûtait un euro la cantine, il fallait les nourrir.
Donc ça veut dire que derrière cet épisode, non seulement on a vu la réalité des inégalités, mais ces inégalités, c'est une bombe à retardement. Elles risquent d'exploser parce que ce sera, dans la mesure où nous sommes entrés dans une période de récession et de crise économique, ce sera très difficile de l'adoucir.
Et puis ça a été aussi la révélation d'un système politique, mais je n'attaque pas que le président actuel, ça a commencé bien avant, une forme d'impréparation et toujours, toujours, c'est ce que vous disiez au début de cette émission, parlant de mon bouquin, toujours cet omerta et cette incapacité des politiques, comme des scientifiques d'ailleurs, ou des techniciens, à nommer les choses, à dire les choses.
– Écoutez, il y a eu une forme de déni dans la mesure où, c'est pour ça que je parle de Tchernobyl, parce que quand il a eu lieu à la catastrophe de Tchernobyl en 1986, le lobby nucléaire a envoyé au front sur les médias un grand savant qui s'appelait le professeur Pellerin, qui était le président, le patron du SCPRI, le service des protections des rayons ionisants, qui nous expliquait que le mur, pardon, que le nuage n'avait pas franchi les frontières de la France. – Il n'a jamais été dit explicitement. – Il n'a jamais dit explicitement, oui, il m'a fait un procès pendant 10 ans sur ce thème.
– Sauf que les EVN, vous connaissez ça, quand on fait de la télé, c'est une bourse d'échange d'images internationales, à laquelle les grandes chaînes sont abonnées, et on voyait aux EVN arriver des images de Suède et d'Allemagne qui nous expliquaient que le nuage avait franchi ses frontières. Donc on pouvait se demander pourquoi ça ne s'était pas arrêté aux frontières de la France.
– Et là, qui était le professeur Pellerin de 2020 ?
– C'était le professeur Salomon, bien évidemment, qui nous a expliqué, et je ne remets pas en cause sa sincérité, ni sa bonne foi, mais qui nous a expliqué quand même qu'on n'avait pas besoin de masque, parce qu'il savait très bien qu'il n'y avait pas de masque. Donc on a adapté une politique sanitaire à une situation de pénurie, ce qui a entraîné un autre aspect, un autre, qui montre, disons que ce virus montre une autre révélation, c'est qu'on a abouti à une gestion sécuritaire de la crise sanitaire. Oui, écoutez, la France est la championne d'Europe des... non pas des interpellations, mais il y a eu 20 millions de contrôles et 1 million d'amendes. Championne d'Europe.
Moi, je pense qu'on ne doit pas infantiliser la population, et que c'est un gouvernement qui joue de cette manière sur la sécurité et le contrôle et la surveillance, c'est un gouvernement qui affiche sa faiblesse. C'est une manière de défiance vis-à-vis de la population. Quelle population ?
L'appeler au civisme, ça suffisait.
Pardon ?
L'appeler au civisme, ça suffisait.
Non, ça ne suffisait pas, mais on pouvait faire un peu plus appel à la responsabilité des gens. C'est ça que je veux dire.
C'est ce qui vous a aussi mis trans en colère, lorsqu'on a dit que les personnes de plus de 65 ans seraient appelées à prolonger leur confinement.
Oui, j'ai plus de 70 ans, mais ce n'est pas pour ça que je le dis, c'est que je pense qu'on est dans un pays qui éprouve un profond malaise. On le voit d'ailleurs apparaître avec ce sursaut formidable des manifestations un peu partout en Europe, qui sont en fait, et pour les écologistes et la génération à laquelle j'appartiens, c'est une grande satisfaction de voir que la justice pour le climat et la justice pour tous sont en train de se rejoindre. Tous ces jeunes qui battent le pavé à Paris, à Munich et ailleurs sont pour beaucoup d'entre eux. D'abord, ils ont entre 15 et 25 ans pour la plupart d'entre eux.
Ils ont beaucoup manifesté pendant l'année 2019 et 2020 dans les marches pour le climat. Ils appartiennent aussi à des associations qui réclament la justice climatique. Ils ont été d'une certaine manière entraînés à manifester. Et voilà que maintenant, ils se reconnaissent aussi dans les manifestations qui vont au-delà des violences policières. Ce sont des manifestations qui exigent la justice, la justice pour tous, avec un profond désir d'égalité.
Moi, j'ai été très frappé de voir, et très satisfait d'ailleurs, de voir que ce qui s'appelle la manifestation de 20 000 personnes, à laquelle aucun ne s'attendait, c'est une surprise formidable, à l'appel d'Assa Traoré, cette manifestation qui a eu lieu devant le palais de justice, elle s'est quand même terminée par la Marseillaise. Donc il faut arrêter de nous expliquer que ce sont des indigénistes, que ce sont des gens qui sont minoritaires. Non, non, non.
De la même manière qu'aux États-Unis, on assiste à un rapprochement entre les minorités afro-américaines et les blancs qui ont compris que ce n'était plus la peine, ça ne suffisait pas de parler au nom des minorités et qu'il fallait aussi qu'elles s'expriment d'abord. Je pense que ce sursaut, dans le monde d'après qui ne se présente pas très bien, ce sursaut-là, il est une raison d'espérer.
Pourquoi il ne se présente pas très bien, le monde d'après, au-delà de la récession économique, la crise sociale qui va l'accompagner ?
Il ne se présente pas très bien parce que, contrairement à ce que racontent certains de mes amis, l'écologie, ce n'est pas l'Union nationale. L'écologie, c'est un combat. Et nous avons des adversaires. J'ai entendu, par exemple, M. Roux de Bézieux, le président du MEDEF, nous expliquer non seulement qu'il fallait mettre un terme aux 35 heures, mais également baisser les normes environnementales. Je sais que...
Il a demandé un moratoire et il est revenu là-dessus.
Oui, il était temps qu'il revienne. Mais ça ne veut pas dire...
Il a demandé un moratoire sur certaines normes qui étaient imposées.
Oui, et puis, par exemple... Il est revenu là-dessus. Par exemple, je vois... Vous avez montré ces images terribles de Norilsk dans l'Arctique russe.
On va y avoir.
Ce n'est pas simplement l'effet d'une absence de contrôle de la compagnie, mais c'est aussi un effet du réchauffement climatique avec le permafrost, c'est-à-dire cette terre gelée qui est en train de se dégeler et qui provoque des catastrophes terribles. D'ailleurs, le ministre chargé de ces questions en Russie évalue les dégâts à près de 2 milliards. Oui, nous avons des adversaires. Les banques françaises, aujourd'hui, quand elles investissent, selon ce que raconte Oxfam, ce que dit Oxfam, 1 euro dans les énergies renouvelables, elles en investissent 7 dans les énergies fossiles.
Donc, il faut que nous sachions où sont nos adversaires pour pouvoir mener le combat qui va permettre d'entrer, je l'espère, un jour dans la société écologique ou dans l'âge écologique. Et si ma génération n'y est pas parvenue, elle a posé des jalons, c'est la génération qui vient, celle qu'on voit sur nos écrans tous les jours depuis mardi dernier, qui sera en charge de réparer le monde.
Vous êtes sensible à l'appel qu'a lancé Nicolas Hulot à la sortie de ce confinement, justement ?
Je suis tout à fait sensible à ce qu'il dit, parce que je pense que Nicolas, c'est le meilleur d'entre nous en termes pédagogiques. C'est celui qui explicite le mieux ce qu'est l'écologie et la nécessité que nous avons de changer le modèle.
Ce n'est pas la tribune la plus pédagogique, celle qu'il a fait.
Mais je vais vous répondre sur Nicolas Hulot. Il appelle à l'Union nationale, d'une certaine manière. Je trouve que cette conception est un peu irénique. Elle est, en tout cas, l'exact contraire de ce que je viens de vous expliquer. Parce qu'il va y avoir forcément des affrontements, que j'espère démocratiques, évidemment, avec des forces dans la société qui ne veulent pas entendre parler des écologistes. Regardez, par exemple, au plan politique. Ça paraît dément. M. Collomb, naufrage politique, mais il y en a d'autres. Et beaucoup d'autres villes où la République en marche fait accord avec LR. Pour faire quoi ? Pour barrer la route aux écologistes ?
Et vous avez un président qui vous dit, « La dernière partie de mon mandat, ce sera une partie sociale et écologique. » Il faut arrêter de te prendre pour être des imbéciles. Il faut sortir du double discours.
Je ne crois pas que ce soit le président qui ait demandé à Gérard Collomb.
Certainement pas. Mais la plupart de ses amis qui font alliance avec la droite, puisque maintenant, on sait ce que la République en marche, c'est un mouvement de droite. Et la plupart des accords qui se font, c'est pour barrer la route aux écologistes. Écoutez, j'ai été maire de Bègle. C'est juste à côté de Bordeaux. À Bordeaux, il y a une liste écolo conduite par Pierre Hermic qui est arrivée à 96 voix du maire sortant. C'est la première fois depuis la Libération qu'il y a un deuxième tour à Bordeaux. La droite s'est associée pour barrer la route à qui ? Aux écologistes.
Noël Mamère, qu'est-ce que vous attendez concrètement d'Emmanuel Macron ?
Pour ne rien vous cacher, je n'en attends pas grand-chose. Rien du tout. Non, non, ce n'est pas ça. On ne peut pas dire ça, parce que je pense que c'est stupide et c'est tombé dans l'excès. Vous dites que l'écologie est une philosophie qui lui est étrangère ? Pardon ? Oui. Je pense que l'écologie est une philosophie qui lui est étrangère. Ce n'est pas sa formation, ce n'est pas sa culture. Il ne faut jamais oublier qu'il a 40 ans. Donc il n'est pas né dedans, si vous voulez dire. Enfin, né dedans, ça ne veut rien dire. Non, mais ça ne veut rien dire.
Oui, c'est pour ça.
Je pense qu'il a une carrière politique et une carrière domestique, si je puis dire, qui ne l'ont pas conduit vers ça. C'est un libéral qui croit encore aux vieilles lunes de la croissance et du progrès, qui sont quand même très remises en cause, pas simplement par le virus, mais par le dérèglement climatique. Parce que ce qu'il faut dire à ceux qui nous regardent, c'est qu'on va sans doute contrôler le coronavirus pour s'en prendre un autre, je ne sais pas quand, mais il y en aura d'autres. Mais j'allais dire, pendant les travaux, la vente continue.
C'est-à-dire que le coronavirus va passer, mais le dérèglement climatique, il est à l'œuvre, avec ses conséquences terribles, sociales, économiques, en termes de droits, en termes de migration, qui, on le voit bien, qui risquent de nous conduire dans le mur.
L'écologie pour sauver nos vies, aux éditions du Petit Matin.
Vous savez pourquoi je choisis ce titre ? Non. Après, j'arrête. Parce que le slogan de la campagne des Verts que j'ai conduite en 2002, c'était l'écologie pour choisir sa vie. Et je me rends compte qu'on n'a plus le joie, donc maintenant, il faut se sauver.
Sauver nos vies, aux éditions du Petit Matin. Vous restez avec nous pour continuer à commenter l'actualité. Et... ...
Noël Mamère